Parure, bijoux et pierres précieuses du Trésor de Cheapside Hoard

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JewelsLes trésors font toujours rêver ! Pas seulement pour leur valeur marchande, mais aussi pour leur part de mystère. Le Trésor de Cheapside n’échappe pas à la règle. Une quantité impressionnante de diamants, émeraudes, rubis, montres, bijoux et autres objets précieux ont été trouvés en 1912 dans une cave de Cheapside, à Londres. C’est ce trésor que Le Museum of London présente aujourd’hui au public, pour la première fois dans son intégralité. La découverte de ces quelque 500 bijoux et pierres précieuses d’exception a fait le bonheur des historiens qui peuvent à loisir explorer l’époque élisabéthaine et le Londres des Stuart. Dans le catalogue, magnifiquement illustré, qui accompagne la présentation The Cheapside Hoard – London’s Lost Jewels, Hazel Forsyth, la commissaire de l’exposition, livre un aperçu de ses recherches. Elle reconnait aussi que les émules de Sherlock Holmes n’ont pas (encore ?) réussi à percer tous les secrets du Trésor de Cheapside. A qui appartenait-il précisément ? Quand et pourquoi fut-il caché là ? Pourquoi n’a-t-il jamais été récupéré ?…

Trésor

Le trésor de Cheapside Hoard © Museum of London

Un joaillier à la base du trésor

L’hypothèse la plus plausible avancée à ce jour est que ce qui constitue le Trésor de Cheapside était le stock d’un joaillier qui aurait caché les pierres et bijoux qu’il détenait avant le Grand incendie qui a détruit Londres en 1666.

Camée

A gauche : Camée byzantin en améthyste représentant St George et St Demetrios – 6ème siècle après JC, A droite : Camée en onyx représentant une fable d’Esope, le chien et l’Ombre © Museum of London

Quelques pièces sont antiques. Certains camées et intailles remontent à l’empire Byzantin.

Bague camée

A gauche : Anneau en or et émail et camée en pierre de lune représentant une grenouille, A droite : Camée en agate blanche et bleue représentant une tête de femme © Museum of London

On peut également admirer un camée en sardoine dont la datation est plus incertaine.

Camée Cléopatre

A gauche : Camée en sardoine représentant une reine ptolémaïque, A droite : Chaine en or émail et turquoise © Museum of London

Il représente une reine de la dynastie des Ptolémées, probablement Cléopâtre.

Bague emeraude

A gauche : Pendentif en or, rubis et diamants, A droite : Bague en cabochon d’émeraude © Museum of London

Joaillerie du XVIème et XVIIème siècle

Mais la plupart des bijoux constituant le trésor datent du XVIème et du début du XVIIème, période qui marque un tournant dans l’histoire de l’art joaillier. Les plus récents datent de la période des Stuart, comme cette cornaline gravée aux armes de Stafford.

Cornaline

A gauche : Broche Salamandre en émeraude, diamant et émail, A droite : Intaille en cornaline avec les insignes héraldiques des Stafford © Museum of London

Le Cheapside Hoard apparait donc comme une source fondamentale de nos connaissances sur les bijoux de cette époque : motifs, techniques et matériaux utilisés. Parmi les plus beaux joyaux du trésor, on note la présence d’une broche en or, émeraudes et diamants, en forme de salamandre. Au temps des Tudor et des Stuart, cet animal légendaire était réputé pouvoir passer à travers le feu sans dommage.

Pierres

A gauche : Bloodstone sculpté en forme de feuille de fraise, A droite : Quartz Oeil de chat sculpté en forme de singe © Museum of London

Des pierres précieuses attestant de nombreux échanges

Emeraudes de Colombie, diamants d’Inde, émaillage effectué en Europe, ce bijou atteste que Londres était à la fois un puissant centre d’artisanat et de consommation ostentatoire, au carrefour de l’Ancien et du Nouveau Monde.

Pierres précieuses

A gauche : Pendentif en or, émail, saphirs et spinelle, A droite : Pendentif en or, émeraudes, saphirs roses et spinelle © Museum of London

De manière générale, les matériaux utilisés – émeraudes de Colombie, spinelles de Ceylan, rubis et diamants indiens, mais également des améthystes, des grenats, des opales, et autres pierres d’origine géographique moins lointaine – révèlent l’ampleur du négoce européen des pierres précieuses à cette époque d’exploration et de découverte.

Emeraude

Montre en émeraude de Colombie © Museum of London

Au chapitre du spectaculaire s’inscrit une montre de poche dont le mécanisme est inclus dans un énorme cristal d’émeraude de taille hexagonale en provenance de Colombie. Le cadran est en or et incrusté d’émail vert foncé.

Pendentif croix

A gauche : Montre de bord en laiton doré, A droite : Pendentif reliquaire en or et émail en forme de croix © Museum of London

Une autre belle montre, en laiton doré cette fois, est signée G. Ferlite horloger genevois exerçant au début du XVIIème siècle. C’est le seul objet de la collection qui est signé.

Bague ancienne

A gauche : Bague en or et diamant, A droite : Chaine en or, améthyste et diamants © Museum of London

Très ouvragée, une bouteille de parfum en or, émail blanc et plaques d’opale, dont l’un est une plaque opaline de calcédoine, comporte également des rubis, des saphirs roses et des diamants. La chaîne de suspension est en or.

Camée Elisabeth 1er

A gauche : Bijou en forme de bouteille de parfum, A droite : Camée en onyx représentant Elizabeth I © Museum of London

Le Trésor de Cheapside comporte également un camée d’Onyx qui représente la reine Elizabeth I à la fin de son règne. Il s’agit d’un des 30 portraits connus de la souveraine, particulièrement désireuse d’affirmer son pouvoir notamment par une garde-robe richement décorée et des accessoires somptueux.

Pierre précieuse émeraude

A gauche : Émeraude de Colombie sculpté en forme de perroquet, A droite : Pendentif raisin © Museum of London

On peut aussi admirer des pendentifs – vraisemblablement des boucles d’oreilles – comportant des grappes de raisins en émeraude sculptées ainsi qu’une émeraude colombienne sculptée en forme de perroquet.

Collier femme ancien

A gauche : Chaîne en or et émail avec motifs floraux, A droite : Chaîne en or, émail, perles, améthyste et heliodor © Museum of London

Après 300 ans d’enfouissement du Trésor de Cheapside, c’est un « miracle », concèdent les spécialistes, que l’émaillage ait été préservé et que les chaînes soient restées en bon état.

Bijoux perles

A gauche : Pendentif en or, émail et perles, A droite : Chaine en perles © Museum of London

Les perles, en revanche, surtout présentes sur les boucles d’oreilles et épingles à cheveux, ont moins bien résisté.

Bague

Médaillon reliquaire, diptyque représentant la tête du Christ et de la Vierge Marie © Museum of London

L’existance de faux bijoux

L’exposition Cheapside Hoard offre aussi une ouverture sur le monde plus clandestin des contrefaçons au XVIIème siècle.

Contrefaçon

Contrefaçons de spinelles © Museum of London

On peut notamment voir deux pendentifs réalisés à partir de cristal de roche coupé, poli et teint. Ce savoir-faire d’exception conduit les experts à attribuer ces pièces à Thomas Sympson, un bijoutier connu pour avoir réalisé des pierres contrefaites d’une qualité trompeuse.

  • Exposition The Cheapside Hoard, London’s lost jewels – Museum of London – 150 London Wall – London EC2Y 5HN – Grande Bretagne
  • Du 11 octobre 2013 au 27 avril 2014

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