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Nouveau musée Lalique à Wingen-sur-Moder

Dimanche 14 août 2011

Musee-LaliqueDepuis son ouverture, début juillet 2011, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder connait un succès constant. Outre la présentation des œuvres de René Lalique et de ses successeurs, le visiteur se voit offrir les clés qui rendent intelligible le contexte artistique, culturel, social et technique dans lequel elles ont été créées. Des documents iconographiques, audiovisuels et multimédias permettent d’approfondir la visite et de mieux connaître un joaillier d’exception qui deviendra aussi grand maître du verre. Pour le mois d’août, l’équipe dirigeante du Musée propose des activités complémentaires : des visites multilingues commentées pour les adultes, un atelier où les enfants créent leur propre bijou à partir de modèles tels que libellule, guêpe ou papillon. Des comptines mènent les tout petits à la rencontre des animaux et des plantes dessinés par René Lalique.

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A gauche : Stand Lalique à l'exposition 1900 © Lalique SA, Au centre : René Lalique © Lalique SA, A droite : Usine Lalique en 1924 © Musée Lalique

Alors que des collections prestigieuses de bijoux Lalique sont déjà accessibles au public au musée Gulbenkian de Lisbonne, au musée des Arts Décoratifs de Paris ou au musée Lalique d’Hakone au Japon, le musée alsacien a pris le parti de mettre en valeur l’ensemble de la création de l’artiste. Avec plus de 550 pièces exposées – dessins, bijoux, flacons, arts de la table, luminaires, vases … -, il présente toutes les facettes d’une œuvre multiforme. C’est à Wingen-sur-Moder, là où René Lalique avait choisi de créer une deuxième usine en 1921, que le musée est aménagé aujourd’hui. Il est implanté sur un ancien site verrier qui fut en activité entre 1715 et 1868. La tradition verrière dans les Vosges remonte à la fin du XVe siècle car la région offrait à la fois la matière première, la silice, et le combustible, le bois des forêts.

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A gauche : Ornement de corsage Hirondelles - René Lalique, 1886/87 © Shuxiu Lin, collection privée, Au centre : Pendentif 2 paons - René Lalique © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Ornement de corsage Jasmin - René Lalique, vers 1899/1901 © Shuxiu Lin, collection privée

Clamant haut et fort que mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe, René Lalique fut l’un des plus importants créateurs de bijoux Art nouveau et Art Déco de France. Il a renouvelé la joaillerie en associant à l’or et aux pierres précieuses des matières jusque là méprisées telles la corne, l’ivoire, les pierres semi-précieuses, l’émail ou le verre. Au départ, ses bijoux ont surtout séduit une élite intellectuelle et artistique.

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A gauche : Sarah Bernhardt © Lalique SA, Au centre : Broche pour Izéil de Sarah Bernhardt © Lalique SA, A droite : Dessin de 2 ferrets, 2 coléoptères et feuilles - René Lalique © Musée Lalique

Entre 1891 et 1894 par exemple, Sarah Bernhardt lui commanda, au fil de ses rôles, diadèmes, colliers, ceintures et autres accessoires de scène qui contribuèrent grandement à sa notoriété. Révélé au grand public à l’occasion du Salon de 1895 et présenté trois ans plus tard par Emile Gallé comme l’inventeur du bijou moderne, René Lalique a connu la consécration à l’Exposition universelle de 1900. Dès lors, il recevra des commandes du monde entier. La muséographie souligne le rôle déterminant joué par Calouste Sarkis Gulbenkian dans la carrière de l’artiste. Ce financier, magnat du pétrole et collectionneur averti, a acquis en vingt ans pas moins de cent cinquante bijoux et objets d’art exceptionnels que l’on peut aujourd’hui admirer à Lisbonne, à la Fondation qui porte son nom.

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A gauche : Dessin assymétrique collier émeraudes - René Lalique © Lalique SA, Au centre : broche "La nymphe rose" - René Lalique, vers 1906/1908 © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Pendentif femme libellule ailes ouvertes - J.L Stadler, vers 1898/1900

Las d’être plagié le bijoutier d’avant-garde s’est ensuite tourné vers d’autres horizons. La fabrication des bijoux l’avait familiarisé avec les matières vitrifiables et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il a découvert le verre, qui va devenir sa nouvelle passion. Lalique l’utilise progressivement pour remplacer avantageusement les gemmes, car le verre peut être conçu et fabriqué en fonction du projet final. René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue. Il expérimente aussi la technique du soufflage dans un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.

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A gauche : Dessin pectoral égyptien haneton ailes ouvertes - René Lalique © Musée Lalique, Au centre : Dessin plaque collier de chien - René Lalique © Musée Lalique, A droite : Dessin vol de chauve souris et étoiles - René Lalique © Lalique SA

Sa rencontre avec François Coty le conduit non seulement à dessiner mais aussi à produire des flacons de parfum. Ce fut sa manière à lui d’appliquer la philosophie de l’Art nouveau qui entendait réconcilier Art et Industrie. Peu à peu, René Lalique a ensuite diversifié ses productions. Dans le domaine du verre aussi, Lalique s’est démarqué de ses prédécesseurs en mettant en valeur les qualités naturelles du verre : limpidité et transparence. Au plan de la forme, il privilégie simplicité, pondération, symétrie. Créateur éclectique, il s’est intéressé aux Arts de la Table et à l’architecture religieuse. Il a aussi signé des bouchons de radiateurs pour les luxueuses automobiles des Années folles, la décoration de wagons de l’Orient Express ou la salle à manger du paquebot “Normandie”

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A gauche : Flacon fraîcheur - René Lalique, 1919 © Lalique SA, collection Silvio Denz, Au centre : Flacon "Leurs âmes pour d'Orsay" - René Lalique, 1913 © Lalique SA, collection Silvio Denz, A droite : Flacon "Bouchon 3 hirondelles" - René Lalique, 1920

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Broche Cléopâtre - René Lalique, vers 1897/1899 © Rami Solomon et Kineret Levy Studio, collection privée

Son inspiration, René Lalique l’a puisée dans la nature, essentiellement la faune et la flore. Il a aussi eu l’audace d’utiliser le corps féminin comme élément d’ornementation. Tout au long de sa vie, il s’est nourri des grands mouvements artistiques universels sans pour autant se départir de sa personnalité. En 1900, l’écrivain Pol Neveux soulignait que les chefs d’œuvres des Égyptiens, des Italo-Grecs n’ont jamais été considérés d’un œil plus pénétrant que celui de Lalique ; de même l’art des Byzantins, des Florentins et des Japonais ne fut plus jalousement étudié que par lui. La Maison Lalique perpétue aujourd’hui l’œuvre de son créateur en procédant à la fois à la réédition de pièces anciennes emblématiques et à l’édition de modèles contemporains où les créateurs d’aujourd’hui s’inscrivent dans la même ligne de rigueur et d’excellence.

  • Musée Lalique – Rue de Hochberg – 67290 Wingen-sur-Moder – info@musee-lalique.com – Tél : 03. 88. 89. 08. 14.
  • Atelier artistique pour enfants de 7 à 12 ans “Au fil des insectes” : Filles et garçons s’inspirent de la nature pour créer leur propre bijou à partir de modèles : libellule, guêpe, scarabée ou papillon – Tous les mardis du mois d’août, à 13h30, 15h30, 17h30, durée 1h30
  • Visites commentées du musée en août : En français, tous les jours à 10h30 et du lundi au samedi à 14h30

Exposition bijoux Art nouveau en Autriche

Vendredi 15 juillet 2011

Exposition-bijoux-Art-nouveauLe Léopold Museum de Vienne accueille actuellement une superbe exposition de bijoux Art nouveau. Les 150 pièces exposées – boucles de ceinture, peignes, broches, diadèmes, bagues, colliers – offrent un panorama exceptionnel des créations les plus marquante de la fin du XIXème et du début du XXème dans toute l’Europe. L’essentiel des bijoux présentés ont été prêtés par le Hessisches Landesmuseum de Darmstadt et proviennent de la collection constituée dès 1952 par le bijoutier de la cour néerlandaise, Karel A. Citroen.

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A gauche : Broche en or, platine, technique du plique-à-jour, pierre de lune, diamants cut, diamants, perles, émail - Design et réalisation Eugène Feuillâtre, 1902, Au centre : Broche Fuchsia en or, opales, diamants cut, diamants - Design Georges Fouquet et réalisation Charles Desrosiers, 1902, A droite : Peigne "Paons" en corne, or et topaze - Design René Lalique, 1904/1905 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Tous les grands noms de l’Art nouveau sont exposés au Léopold Museum. Une place particulièrement importante est réservée aux créateurs parisiens et notamment à René Lalique. Par la richesse des couleurs et des formes de ses somptueux bijoux, il a révolutionné le design et su séduire le gotha mondial. On peut également admirer des œuvres de Lucien Gaillard, inspirées de l’art japonais, de Georges Fouquet qui collabora longtemps avec Alphonse Mucha. Les bijoux de l’émailleur André-Fernand Thesmar, relèvent pour la plupart de la technique ancestrale Chinoise de l’émail cloisonné – l’émail vitrifié est versé entre de fines bandes d’or, d’argent ou de cuivre – et de la technique du “plique à jour” qui permet d’obtenir un effet proche du vitrail.

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A gauche : Pendentif en argent, plaqué or, opale, émeraudes - Design Franz Delavilla et réalisation Oscar Dietrich Co., 1911 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK / Georg Mayer, Au centre : Broche Papillon en or jaune, émail, diamants, rubis - Design Gustav Fischmeister et réalisation Rozet et Fischmeister Co., 1910 © Fa. Rozet & Fischmeister, Wien, Privatbesitz/Rozet & Fischmeister Co., Privately owned, photo Craig Dillon, A droite : Pendentif en argent, plaqué or, corail, ivoire - Design Joseph Emanuel Margold et réalisation Oscar Dietrich Co., 1912 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK/Georg Mayer

René Lalique marqua au début de son influence l’art nouveau viennois. Gustav Fischmeister qui fut son élève a participé à l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris. Mais rapidement, les ateliers autrichiens ont inventé leur propre style à travers la “Wiener Werkstätte” fondée en 1903.

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A gauche : Broche en argent et or - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1905 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, Au centre : Broche en or, nacre, pierre de lune, opale, lapis-lazuli, tourmaline, grenat - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1910 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, A droite : Pendentif en or et opale - Design Eduard Josef Wimmer-Wisgrill et réalisation Wiener Werkstätte, 1911 © Collection privée, Courtesy Neue Galerie New York, photo Decorative Arts Consult

Ses plus célèbres représentants Kolo Moser et Josef Hoffmann, étaient convaincus que les bijoux ne devaient pas servir à indiquer le niveau de richesse de celle qui les portent mais à affirmer son individualité. Ils ont souvent préféré les pierres semi-précieuses et l’argent aux diamants et à l’or.

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A gauche : Boucle de ceinture en argent, plaqué or, disques en nacre, perle baroque - Design Hans Christiansen et réalisation J. Friedmanns Nachfolger D & M. Lowenthal/Frankfurt am Main, 1901 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photon Hessisches Landesmuseum Darmstadt, A droite : Pendentif en or, platine, émail, perles, rubis et diamants - Design et réalisation Fa. Wild & CIe, Pforzheim, 1900-1905 ? © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photo Hessisches Landesmuseum Darmstadt

Le style allemand est représenté par Hans Christiansen ; le danois par Georg Arthur Jensen ; le néerlandais par Bert Nienhuis et le belge par Philippe Wolfers.

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A gauche : Pendentif oval avec chaine en or, émail, turquoise - Design Bert Nienhuis et réalisation L. W. Van Kooten, 1910, Au centre : Peigne en argent et opales - Design et réalisation Georg Arthur Jensen, 1909-1914, A droite : Pendentif "Orchidée ailée" en or, émail, verre, rubis, diamants cut, diamants, perles - Design et réalisation Philippe Wolfers, 1902 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Sont également exposés des œuvres du légendaire orfèvre russe Peter Carl Fabergé, célèbre par les œufs réalisés pour la famille du Tsar. On ne peut oublier non plus la Grande-Bretagne, berceau du mouvement Arts & Crafts, avec des artistes tels William Hair Haseler ou Henry Wilson.

  • Exposition L’éclat d’une époque – Bijoux Art nouveau européen (Glanz einer Epoche Jugendstil-Schmuck aus Europa) – Leopold Museum – MuseumsQuartier, Museumsplatz 1 – 1070 Wien – Autriche
  • Du 25 février au 25 juillet 2011

Brune ou blonde, la chevelure féminine dans l’art et le cinéma

Mardi 4 janvier 2011

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Pénélope Cruz dans "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, 2009 © Photo E. Pereda et P. Ardizzoni/El Deseo, graphisme Lot 49/Cinémathèque française

Recouverte d’une immense “chevelure”- œuvre d’Alice Anderson -, la façade de la Cinémathèque française annonce une exposition originale, “Brune Blonde”, qui convie le visiteur à réfléchir sur la représentation de la chevelure féminine au cinéma, mais aussi dans l’art et la société. Héritier de la peinture et de la littérature, le cinéma prolonge la fascination pour la chevelure féminine et la gestuelle qui lui est liée en lui donnant de surcroit le mouvement. En outre, selon l’expression d’Alain Bergala, commissaire de l’exposition : “Parler de la chevelure, c’est embrasser l’histoire de l’art et celle de nos sociétés. Blonds ou roux, coupés courts ou portés longs, relevés ou lâchés, les cheveux des femmes entretiennent depuis toujours un rapport étroit à l’histoire des sociétés et à la mythologie.”

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A gauche : Vue extérieure de La Cinémathèque française pendant l'exposition Brune Blonde. La façade accueille la sculpture intitulée "The Isolated Child" d'Alice Anderson, constituée de 5000 mètres de cheveux de poupée, A droite : Cette installation rejoint l'espace d'exposition - Sculpture "The Isolated Child - Alice Anderson, 2010 - Courtesy Alice Anderson © Photos Notes Précieuses

Depuis l’avènement du VIIème Art, les stars d’Hollywood et des studios européens se sont substituées aux figures légendaires incarnées par la peinture, de Botticelli à Mucha en passant par les préraphaélites, pour forger de nouveaux archétypes féminins.

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A gauche : Scénographie de l'exposition © Photo Notes Précieuses, A droite : Pénélope Cruz portant des boucles d'oreilles en forme d'oeil dans le film "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, 2009 © Photo Emilio Pereda et Paola Ardizzoni/El Deseo

Amplement relayés par les magazines et la publicité, les modèles se fondent en grande partie sur la coiffure.

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A gauche : Scénographie de l'exposition, Au milieu : Sérigraphie faite à partir d'encre sur toile et acrylique représentant Lana Turner - Andy Warhol, 1985, The Andy Warhol Museum, Pittsburgh, A droite : Scénographie représentant Les blondes dans les magazines © Photos Notes Précieuses

Dans les années 20, les jeunes femmes portent des cheveux courts à la Louise Brooks ; dans les années 30, c’est une chevelure platinée à la Jean Harlow et dans les années 40, de longues mèches ondulantes à la Véronika Lake. Vers 1950, la mode est aux coiffures lâchées, comme celle de Brigitte Bardot et en 1960 aux coupes androgynes comme Jean Seberg … La plupart de ces actrices sont blondes et la blondeur a envahi le XXème siècle occidental car elle est accessible à chaque femme grâce aux produits colorants. Aujourd’hui, cet impérialisme est nettement en recul avec la montée de nouveaux modèles venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. On ne peut oublier, non plus, que la blondeur fut aussi l’instrument de mise à l’écart de minorités - noirs ou latinos aux Etats-Unis – ou symbole d’une prétendue pureté aryenne dans l’Allemagne nazie.

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A gauche : Lithographie de l'affiche française "La Môme vert de gris" de Bernard Borderie - Jean Mascii, 1952 - Cinémathèque française, Paris, Au milieu : Offset de l'affiche allemande "Die Büchse der Pandora" ("Loulou") de Georg Wilhem Pabst - Bottlik, 1929 - Cinémathèque française, Paris, A droite : Huile et collage sur toile "La storia del Cinema (L'histoire du cinéma) - Mimmo Rotella, 1991 - Cinémathèque française, Paris © Photos Notes Précieuses

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Blondes, brunes ou rousses au cinéma - Films de l'exposition © Notes Précieuses

En ce qui concerne la blondeur, l’Occident n’a cessé d’osciller entre le pur et l’impur, le bien et le mal, l’innocence et la tentation … Le cinéma a hérité de cette ambiguïté. Originellement symbole de pureté, la femme blonde peut aussi se révéler être une vamp, garce sulfureuse et vénéneuse. C’est l’éternelle rivalité brune / blonde. David Lynch, a compliqué l’équation : dans “Mulholland Drive“, blondes et brunes ne sont plus rivales, mais les deux faces d’une même figure féminine. On notera que les rousses ne sont arrivées au cinéma qu’avec le Technicolor. Le travestissement permet aussi de jouer avec la frontière des genres. Quoiqu’il en soit, Hitchcock, Mizoguchi, Bunuel, Antonioni, Bergman, Godard, Lynch, Fassbinder … ont, à travers la chevelure féminine, développé des thématiques fortes telles que la rivalité, le changement d’identité, le fétichisme voire le sacrifice.

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De gauche à droite : Tirages photographiques contrecollés sur aluminium représentant Elizabeth Taylor sur le tournage de "Suddenly last Summer" ("Soudain l'été dernier") de Joseph L.Mankiewicz - Burt Glinn, 1959 - Courtesy Burt Glinn/Magnum Photos - Marilyn Monroe sur le tournage des "Misfits" ("Les Désaxés") de John Huston - Eve Arnold, 1960 - Courtesy Eve Arnold/Magnums photos - Brigitte Bardot - Philippe Hasman, 1951 - Courtesy Philippe Halsman/Magnum Photos - Simone Signoret sur le tournage de "The Deadly Affair" de Sidney Lumet - Eve Arnold, 1966 - Courtesy Eve Arnold/Magnum Photos © Photo Notes Précieuses

La gestuelle cinématographique de la chevelure – voiler/dévoiler, relever/lâcher, dénouer, brosser, orner … – s’inscrit dans une longue tradition iconographique, particulièrement riche au XIXème siècle. Les cinéphiles français ont sur ce point leurs images cultes telles Catherine Deneuve défaisant son chignon dans la maison close de “Belle de jour” de Luis Buñuel ou Anna Karina faisant voltiger sa chevelure dans “le Petit Soldat” de Jean-Luc Godard.

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A gauche : Huile sur toile de lin "I lived for an hour, 1967" (J'ai vécu pour une heure, 1967) - Mc Dermott et MC Gough, 2008 - Collection Colony capital Europe, courtesy Jérôme de Noirmont, Paris © Cinémathèque française, au milieu : Plaque d'acier et tresse de cheveux "senza titolo" (sans titre) - Jannis Kounellis, 1969 - Centre Pompidou, Musée National d'art moderne/Centre de création industrielle, Paris, A droite : Encre sur papier "Paysage-chevelure" - Marie Drouet, 2008/2009 - Collection de l'artiste © Photos Notes Précieuses

Au fil de l’exposition, il apparait clairement que, tant sur la pellicule qu’en peinture, la chevelure a cessé d’être un simple appendice pour devenir principal vecteur d’émotion. Chez Antonioni par exemple, toujours en mouvement, les cheveux de Monica Vitti prennent une valeur émotionnelle indépendante du personnage. Certains sculpteurs font également du cheveu une œuvre en soi, tel Jannis Kounellis qui expose le fétiche capillaire sur un fond-socle, réactivant la fascination que la tresse a exercé sur Freud en tant que “pagne primitif “. Comment ne pas évoquer ici aussi, les bijoux de sentiments qui, sous le Second Empire, laissaient la part belle aux cheveux. Il s’agissait de médaillons où étaient conservés les cheveux d’un être aimé disparu ou d’un enfant, de bracelets tressés en cheveux ou de chaînes tissées.

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A gauche : Relief en papier mâché peint représentant un bouclier avec le visage de Méduse - Arnold Böcklin, 1897 - Musée d'Orsay, Paris, Au milieu : Planche à la mine de plomb représentant une tête de femme couronnée de corail, étude de corail (Heliopora coerulea) - Gustave Moreau - Musée National Gustave Moreau, Paris, A droite : Planche à la plume et encre brune, mine de plomb sur papier calque contrecollé comportant étude en rapport avec Galatée - Gustave Moreau, 1880 - Musée National Gustave Moreau, Paris © Photos Notes Précieuses

La chevelure suscite de nombreuses métaphores poétiques : une vague, un ruisseau, un banc d’algues, un rideau végétal mais aussi un nid de serpents. Dès la Renaissance, à travers les récits et les représentations picturales, Méduse, monstre marin à la chevelure formée de serpents, est un sujet de fascination. Les amateurs de bijoux retiennent que, dans la mythologie, le corail est né du sang de sa tête. Ovide, raconte dans “Les Métamorphoses” que, voyant qu’au contact de ce sang les algues se pétrifiaient, les nymphes transformèrent d’autres algues de la même façon.

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A gauche : Tableau "Bruna Brunelleschi" - Dante Gabriel Rossetti, 1878 © Fitzwilliam Museum, University of Cambridge, A droite : Extrait du film de l'exposition © Photo Notes Précieuses

La chevelure se prête volontiers aux accessoires. Ils augmentent sa présence, voire sa charge érotique. On retrouve déjà rubans, diadèmes, guirlandes de fleurs, bijoux de tête et autres aigrettes dans les tableaux des grands maitres. Imaginerait-on, comme le souligne le catalogue de l’exposition, la Fornarina de Raphaël sans son turban ou les Léda de Tintoret sans leurs diadèmes de nacre ? Dante Gabriel Rossetti, un des fondateurs du mouvement préraphaélite, transforme par des jeux de lumière la chevelure des femmes qu’il peint en une matière aussi précieuses que la soie et l’or, notamment dans “Bruna Brunelleschi”. De même, comme chez les autres préraphaélites, les bijoux – principalement les bijoux orientaux – occupent dans ses oeuvres une place prépondérante. Il aime parer les cheveux fauves ou bruns aux reflets cuivrés de ses modèles de barrettes en fleurs exotiques multicolores ou de doubles bijoux de tête en forme de spirale.

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A gauche : Lithographie couleur "Têtes byzantines, Brune" - Alphonse Mucha, 1897, Mucha Trust Cambridge, A droite : Lithographie couleur "Têtes byzantines, blonde" - Alphonse Mucha, 1897, Mucha Trust, Cambridge © Photo Notes Précieuses

Dans la lignée des Préraphaélites, l’Art nouveau, privilégie lui aussi le rôle créatif de la décoration. Chez Klimt ou Mucha, l’ornementation est essentielle. Florale, aquatique ou aérienne, la longue chevelure féminine est dans les oeuvres de Mucha un motif à part entière. Dans ses lithographies “Têtes byzantines”, les coiffures sont serties de tiares, de perles et de pierres précieuses. Il s’inspira aussi des ondulations, des arabesques pour créer des bijoux raffinés, tout comme René Lalique. Les épingles et surtout les peignes s’imposèrent comme les instruments indispensables au maintien des volumineux chignons très en vogue dans les années 1890. Mucha et Lalique perpétuent le culte de la femme fleur. Pour Lalique, la chevelure est l’emblème de la féminité, de la sensualité, voire de l’érotisme. Il utilise aussi dans ses bijoux la chevelure serpent, symbole de vie et de séduction, faisant de la femme l’incarnation du péché. Tantôt animal ou végétal, la femme est innocente ou vénéneuse.

  • Exposition Brune Blonde, une exposition arts et cinéma – la cinémathèque française – 51, rue de Bercy – 75012 Paris
  • Du 6 octobre 2010 au 16 janvier 2011
  • Catalogue de l’exposition Brune Blonde, la chevelure féminine dans l’art et le cinéma – Coédition Skira Flammarion/Cinémathèque française – Ouvrage publié sous la direction d’Alain Bergala et Anne Marquez, 2010

Lalique à Moscou

Jeudi 23 décembre 2010

L'art-de-René-LaliqueDans le cadre de l’année France-Russie, le Musée du Kremlin à Moscou a organisé une importante exposition dédiée à René Lalique. Les quelque deux cents pièces présentées sont représentatives de l’œuvre d’un créateur qui a profondément marqué l’art et la culture européenne du début du XXème siècle. Dans le domaine de la joaillerie et de la verrerie, René Lalique est incontestablement une des références de l’Art Nouveau. Outre les nombreux bijoux et objets exposés, une place importante est laissée aux esquisses, études et modèles.

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Pendentif "jeune fille glycine" en or et émail - Lalique, paris 1898/1900, collection privée

L’exposition présente la production de Lalique durant la fin du XIXème siècle et dans les premières décennies du XXème. Il s’agit de montrer la puissance de son art et la richesse de ses innovations dans le travail du métal, de l’émail, du verre et également dans l’assemblage de matériaux jusqu’alors peu utilisés. Une place importante est consacrée à la joaillerie : près de 70 bijoux précieux sont présentés. Dans l’histoire de la joaillerie, le nom de René Lalique (1860-1945) occupe un rang aussi important que Karl Fabergé, Frédéric Boucheron, Louis-François Cartier ou Louis C. Tiffany. Mais avec lui, la valeur d’un bijou n’était plus évaluée en fonction du nombre de ses pierres précieuses. C’est la créativité et l’esthétisme poétique qui prévalent. Il choisit ses matériaux en fonction de leur symbolisme et de leur forme. Lalique, qui ne dédaigne pas pour autant les pierres précieuses, utilise également des pierres semi-précieuses, pierres fines (notamment l’opale et la pierre de lune), plus malléables, capables de donner un relief et une riche gamme de nuances jusqu’alors inhabituelles en joaillerie. Il aime aussi les gemmes organiques : nacre, ivoire, corne, perles … Ses thèmes de prédilection sont la femme, la nature, le monde végétal et animal.

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Diadème "Orchidée Cattleya" en ivoire, corne, or, émail, diamants old cut - René Lalique, Paris 1903/1904, collection privée

L’exposition du Kremlin revêt un caractère exceptionnel car il y a très peu de  créations de Lalique dans les collections publiques russes. Les œuvres présentées ici sont prêtées par les musées et les collections privées les plus prestigieux de France, du Portugal, des USA, du Japon et du Danemark. En outre, si l’on excepte deux expositions à Saint Petersbourg au tout début du XXème siècle, c’est la première exposition d’une telle ampleur sur l’art de René Lalique en Russie. Cela ne signifie pas pour autant que le créateur n’ait pas été reconnu en Russie de son vivant : en 1896, en visite officielle  à Paris, le Tsar Nicolas II s’est vu offrir une coupe décorative en verre et en argent signée Lalique. Fidèle à sa politique de valorisation des chefs d’œuvre artistiques du siècle dernier, le musée du Kremlin avait présenté en 2007 une exposition Cartier qui avait, elle aussi, remporté un vif succès attestant de l’intérêt que portent les Russes à la joaillerie du XXème siècle.

  • Exposition L’Art de René Lalique – Assumption Belfry – Musée du Kremlin – Moscou
  • Du 17 septembre 2010 au 10 janvier 2011

Bijoux d’artistes, du modernisme à l’avant garde, au musée National d’Art de Catalogne

Mercredi 10 novembre 2010

Bijoux-d-artisteQuelle relation les artistes du XXème siècle ont-ils entretenu avec le bijou ? Comment ont-ils contribué à le faire évoluer ? C’est à ces questions que s’efforce de répondre l’exposition Joyas de artista, Del modernismo a la vanguardia (Bijoux d’artistes du modernisme à l’avant garde) qui se tient au musée National d’Art de Catalogne à Barcelone. Elle réunit quelque 350 pièces, où les bijoux se confrontent aux peintures, sculptures, photographies, tissus et autres objets … Une exposition sur ce thème est une première en Espagne. Elle réunit des artistes tels que René Lalique dont le nom est immédiatement associé au bijou. Elle nous fait également découvrir la face la plus inédite d‘un Rodin, Dalí, Calder ou Picasso, pour ne citer que ceux là.

A gauche : L'oeil du temps de Salvador Dalí, 194, Fondation Gala-Salvador Dalí © Salvador Dalí, Fondation Gala-Salvador Dalí, VEGAP, Barcelona, 2010, Au milieu : Vue de l'exposition © Photo Julia Somoza, A droite : Collier Mari jaloux d'Alexandre Calder, 1940, The Metropolitan Museum of Art, New York. © Calder Foundation New York/ VEGAP, Barcelona, 2010

Depuis fort longtemps, des artistes plasticiens ont décliné leur art sous forme de bijoux. Mais il faut attendre l’Art Nouveau pour qu’ils assument pleinement cette discipline. Le concept d’abolition des frontières artistiques ne se développera qu’à partir des années trente. C’est pourquoi les responsables de l’exposition s’en sont tenus à ce XXème siècle particulièrement fertile au plan artistique. L’exposition est conçue en trois temps.

De gauche à droite, en haut : Ornement de vêtement de Boucheron, Disseny de Lucien Hirtz, 1925, Collection Boucheron, París © Boucheron, Paris - Broche, buste de femme, de René Lalique, 1900-1901 Musée Calouste Gulbenkian- Archive photographique © René Lalique, VEGAP, Barcelone, 2010 - Broche de Lluís Masriera, 1920-1930, Collection Bagués-Masriera © Lluís Masriera, VEGAP, Barcelone, 2010, En bas de gauche à droite : Amour maternel de Josep Llimona et Lluís Masriera, 1901 Col. Particulière © Lluís Masriera, VEGAP, Barcelona, 2010 - Broche d'oeillet de Lluís Masriera, 1904, Col. particulière © Lluís Masriera, VEGAP, Barcelona, 2010 - Broche La España replegada de Manuel Capdevila / Ramon Sarsanedas, 1937, Museu Nacional d’Art de Catalunya - MNAC © Museu Nacional d’Art de Catalunya. MNAC, Photos : Calveras, Mèrid, Sagristà

Sont d’abord présentés les artistes joailliers qui firent du bijou un territoire de créativité, perméable aux courants artistiques. Ce qui fait la valeur de leurs œuvres, ce ne sont plus, comme dans la joaillerie classique, les gemmes et les métaux précieux. C’est le design et l’innovation, notamment dans l’emploi de matériaux peu orthodoxes : cristal, bois, cuir, pierres semi précieuses. Les bijoux mystérieux de Lalique furent rapidement salués par la critique et acquis par des musées et de riches collectionneurs. En parallèle, sont présentées les œuvres du peintre et joaillier Lluis Masrieran qui introduisit à Barcelone ce nouveau style. On peut admirer ses riches émaux aux couleurs variées qui confinent à la peinture et à la sculpture.

A gauche : Collier, anneau, boucles, broche d'Alexander Calder, années 40, Col. particulière, Barcelone © Calder Foundation New York/ VEGAP, Barcelona, 2010, Au milieu : Broche de Josef Hoffman, 1905, Col. Particulière © Galerie bei der Albertina, Zetter, Vienna, A droite : Lèvres de rubis - Salvador Dalí, 1949 Fundació Gala-Salvador Dalí ©Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, VEGAP, Barcelona, 2010

Dans un deuxième temps, on peut admirer les bijoux conçus par des artistes non joailliers. Cette seconde partie met en relation les bijoux qu’ils ont réalisés avec leurs œuvres majeures dans les disciplines où ils ont acquis leur notoriété. On y trouve les plus grands noms : Hector Guimard, Paco Durrio, Manolo Hugué, Herich Heckel, Pablo Gargallo, Julio González, Joaquim Gomis, Ramón Teixé, Anni Albers, Charlotte Perriand, Alexandre Calder, Henri Laurens, Hans Arp, Pablo Picasso, Georges Braque ou Salvador Dalí.

En haut, de gauche à droite : Jeune garçon jouant de l'harpe de Manolo Hugué, 1934-1941, Museu Nacional d’Art de Catalunya - MNAC © Museu Nacional d’Art de Catalunya. MNAC. Photo : Calveras, Mèrida, Sagristà - Cléopatre de Pablo Gargallo, 1900 Coll particulière © Pablo Gargallo, VEGAP, Barcelona, 2010 - “Drei Badende” (3 baigneurs) de Erich Heckel, 1912 Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg, photo: Kiemer & Studio für werbefotografie © Erich Heckel, VEGAP, Barcelona, 2010, En bas de gauche à droite : Epingle de cravate de Pablo Gargallo, 1914-1915 Col. particulière © Pablo Gargallo, VEGAP, Barcelona, 2010 - Broche d'Hector Guimard, 1909, The Museum of Modern Art - MoMA © 2010 Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

Si, à partir des dessins de Braque ou Dali, des joailliers professionnels ont réalisé des bijoux avec des matériaux nobles tels les rubis, les saphirs ou les diamants, d’autres artistes ont réalisé des bijoux entièrement de leurs mains, ouvrant une nouvelle voie d’expérimentation plastique, notamment en utilisant des matériaux nouveaux. Raymond Teixé utilise le fer, le verre, les émaux et la corde. Les bijoux du sculpteur Joseph de Creeft sont réalisés avec des restes de métaux provenant de son automobile. L’architecte et dessinatrice Charlotte Perriand, le photographe Joachim Gomis en collaboration avec Manuel Capdvila, utilisent quant à eux des objets trouvés. Ici, les bijoux, qui sont réalisés par les artistes eux mêmes, préservent la spontanéité de leur geste créatif. Leur champ d’exploration va bien au-delà de la fonction conventionnelle du bijou.

A gauche : 30 ans d'Otho Lloyd, Museu Nacional d’Art de Catalunya - MNAC © Museu Nacional d’Art de Catalunya. MNAC, photo: Calveras, Mèrida, Sagristà, A droite : Nancy Cunard de Man Ray, 1926, The Metropolitan Museum of Art - MoMA, photo: The Metropolitan Museum of Art/Art Resource/Scala Florence © Man Ray Trust, VEGAP, Barcelona 2010

Parce que les bijoux contribuent à attirer l’attention, à magnifier la beauté formelle et donner un style à la personne qui les porte, la troisième partie de l’exposition explore la relation entre le corps et le bijou. On y montre une sélection de vêtements et des photographies des années trente, lorsque la photographie a trouvé sa place dans les revues de mode. La maison d’édition Condé Nast, éditrice de Vogue, consciente du potentiel de la photographie, s’était donnée pour objectif de donner une identité et un style à la femme moderne. Des photographes étrangers au monde de la mode, comme Edward Steichen ou Man Ray firent partie de ces artiste/artisans  qui rendirent publiques ces visions rutilantes et évocatrices, où corps et bijou sont en symbiose.

Autour de l’exposition sont prévus du 11 au 25 novembre des conférences et tables rondes et des ateliers, journées destinés aux enfants et public scolaire et professionnel pendant la durée de l’exposition.

On notera que le Musée du Temps de Besançon avait consacré en 2009 une exposition consacrée aux bijoux d’artistes comportant des œuvres de Picasso, Dali

  • Exposition Bijoux d’artiste, Du modernisme à l ‘avant-garde (Joyas de artista, del modernismo a la vanguardia) – Musée National d’Art de Catalogne (MNAC) – Salle des expositions temporaires – Palais National, Parc de Montjuïc – 08038 Barcelone – Espagne – Du 27 octobre 2010 au 13 février 2011
  • Cycle de conférences et tables rondes “Le bijou sur le chemin de l’Art” : Jeudi 11 novembre à 18h30 : “Le bijou : symbole, statut, ornement, art, dessin” dirigé par Pilar Vélez, Docteur en Histoire de l’Art et membre de l’Académie Royale Catalane des Beaux Arts de San Jordi – Jeudi 18 novembre à 18h30 “Arte/Oficio – Oficio /Arte”, traite de l’apport des artisans créateurs (arts décoratifs, bijoutiers …) à l’art et des relations des artistes avec ce type de métier dirigé par Daniel Giralt-Miracle, critique et historien d’art et de dessin et membre de l’Académie Royale des Sciences et des Arts de Barcelone – Jeudi 25 novembre à 18h30 : Table ronde “Le pouvoir de l’attraction du bijou” dirigé par Daniel Giralt-Miracle avec la participation de Susana Solano, Chus Burés, Òscar Tusquets et Joan Villa-Grado – Auditorium du MNAC – Accès libre – Renseignements : 936 220
  • Atelier pour les enfants (de 6 à 12 ans) ¡ Eres una joya ! : 14, 21, 28 novembre 2010, 5, 12, 19 décembre 2010 de 11h30 à 13h30

Collier serpent, or blanc et pierres précieuses, et exposition au Cannet en hommage à René Lalique

Jeudi 15 juillet 2010

René Lalique

René Lalique © Lalique

A l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de René Lalique, la ville du Cannet (Alpes Maritimes) rend hommage à ce créateur d’exception dont les thèmes fondateurs se résument aux trois “F” : la Femme, la Flore et la Faune. Une exposition, présentée à l’Espace Bonnard en collaboration avec la maison Lalique, rassemble une collection d’objets de décoration. Si, malheureusement pour les amateurs, aucun bijou n’est présenté au Cannet, le visiteur peut néanmoins appréhender la puissance et la richesse de celui qui bouleversa les traditions esthétiques du 19ème siècle et fut aussi le précurseur du bijou moderne.

Collier Serpent René Lalique

A gauche : Dessin original - René Lalique, 1898-1900, A droite : Collier Serpent, pièce unique réalisée en 2010 à l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de René Lalique © Lalique

Pour honorer René Lalique, dont le dessin a toujours été l’instrument premier de ses créations, la société Lalique édite également un collier, unique et jamais réalisé jusqu’à présent, d’après un dessin original de 1898-1900. Il représente un serpent. Ce choix n’est pas anodin ; le serpent et la symbolique qui s’y attache – vie, séduction et virilité – ont souvent été traités sous de nombreuses déclinaisons : ornement de corsage, flacon, vase et bien sûr bijoux …  René Lalique a réalisé ses “premiers serpents” pour son amie Sarah Bernhardt.

Collier or blanc diamants émeraudes

Collier en or blanc, diamants et émeraudes - Beat Messerer, d'après le dessin original de René Lalique © Lalique

C’est le joaillier et gemmologue Zurichois Beat Messerer qui a réalisé cet hommage, sous forme d’un collier en or blanc ornementé de 812 pierres précieuses pour un poids total de 17,90 carats. Légèrement flexible, grâce à un dispositif d’articulation caché à l’intérieur du serpent, le collier peut épouser le cou. Une attention particulière a été portée au choix des pierres qui le composent, à l’instar du diamant poire D-IF ornant la tête du serpent et des deux émeraudes des yeux. Cette œuvre de haute joaillerie a nécessité plus de 700 heures de travail. Elle sera vendue aux enchères avant le fin de cette année. Son prix estimatif est de 220 000 €.

  • Hommage à René Lalique – Espace Bonnard – Rue des Orangers, jardin du Tivoli – 06115 Le Cannet
  • Du 10 juillet au 22 août 2010

Bijoux, accessoires et costumes de Divas

Vendredi 25 juin 2010

Le Centre National du Costume de Scène de Moulin (Allier) rend actuellement hommage aux Divas, qu’elles soient chanteuses d’opéras, actrices, meneuses de revue ou stars de la chanson. L’exposition “Vestiaire de Divas” présente une centaine d’effets – vêtements, bijoux et autres accessoires – qui ont contribué à leur aura. Elles sont une trentaine et se nomment entre autres Hortense Schneider, Sarah Bernhardt, Cecile Sorel,  Marie Bell, Maria Callas, Isabelle Adjani ou encore Zizi Jeanmaire, Edith Piaf ou Dalida … En parcourant l’exposition, et à la lecture du somptueux catalogue qui la complète, on entre de plain pied dans la légende de ces grandes dames. On peut aussi mesurer l’évolution du concept même de Diva au fil du temps.

Costume-et-pendants-d'oreilles

A gauche : Coiffure turban avec pendants d’oreilles, garnie de strass et de pierres turquoises. Robe longue style années 1930 avec bustier en tulle brodé de paillettes et de strass et jupe en mousseline - Costume pour le rôle de Lulu, acte I, scène 3, Opéra d'Alban Berg, A droite : Collier de pampilles de pierres irisées bleu foncé, strass et perles or attenant à la robe. Coiffure perruque recouverte de crin noir et ornée de différents bijoux. Robe brochée avec patchwork de lamés, dentelles et galons or, recouvert de tulle noir. Manteau à longue traîne en soie, recouvert de dentelle vieil or et tulle noir - Costume pour le rôle de Clytemnestre d'Elektra, opéra de Richard strauss - Collections CNCS/ONP © Photos : CNCS, Pascal François

Les costumes de scène témoignent des moments magiques qu’ont connus acteurs et spectateurs lors des représentations. A l’aube du XIXe siècle, les Divas - Diva est alors synonyme de cantatriceimposaient leurs choix artistiques : rôles, partenaires, mises en scène, et bien sûr accessoires et costumes. Les bijoux de luxe, les parures, la robe constituent la panoplie de la diva. Les tenues rivalisaient d’éclat : pierres précieuses, perles et paillettes, strass, plumes, somptueux tissus, riches broderies et fourrures. L’émulation était grande, chacune souhaitant faire mieux que sa rivale du moment. Chanteuses et comédiennes ont longtemps été propriétaires de leurs costumes, comme l’exigeaient leurs contrats.

Bijou casque et costume de scène

A gauche : Collier en métal patiné or avec sequins. Turban en soie et lamé or, avec diadème en métal or et sequins. Grande robe tunique en soie avec traîne doublée de lamé or. Etole en mousseline avec paillettes cuivre - Costume porté par Jessy Norman pour le rôle de Didon, Opéra Didon et Enée d'Henry Purcell - Collections CNCS/ONP, A droite : Bijou casque au cimier de plumes pour l'Africaine, Opéra de Meyerbeer, créé à l'Opéra de Paris en 1865 - Collection BNF, BMO © Photos : CNCS, Pascal François

Au théâtre, Sarah Bernhardt (1844 – 1923), plus que toute autre, veillait de près à ses tenues de scène. Elle les dessinait parfois elle même et accordait une grande importance aux bijoux, énormes, somptueux, voyants. Colliers, bagues, broches, fibules et diadèmes, devaient chatoyer sous les feux de la rampe. “La Divine” achetait ses bijoux à René Lalique ou à Georges Fouquet et les faisait dessiner par Mucha. Plus tard, Lucienne Bréval (1870-1935), tragédienne lyrique de l’Opéra de Paris, adorait aussi les bijoux, à la ville comme à la scène. Certains d’entre eux lui furent offerts par Sarah Bernhardt. A chaque création de rôle, elle faisait réaliser les bijoux qu’elle porterait sur son costume : ainsi une double agrafe pour son manteau de la Walkyrie, un trident en diamants, des bracelets de différents styles et tailles. A titre personnel également, nombreuses sont les artistes qui, à l’instar de Mary Garden ou d’Adelina Patti (1843-1919) se voient couvrir de bijoux et de diamants par leurs nombreux admirateurs. “La Patti” n’était-elle pas surnommée “la diva aux millions“?

Bracelet et broche Sarah Bernhardt

A gauche : Bracelet émaillé, A droite : Broche représentant les masques de la Tragédie et de la Comédie avec inscription "A Sarah Bernhardt, la gloire de l’art français, décembre 1896" - René Lalique, 1896 - Collection Comédie-Française © Photos : CNCS, Pascal François

Après la Seconde Guerre Mondiale, le public s’intéressera surtout aux stars d’Hollywood … jusqu’à l’arrivée de Maria Callas (1923-1977) qui dirigera à nouveau les projecteurs vers les cantatrices. Pour Médée, son unique rôle au cinéma en tant qu’actrice, Maria Callas porte un costume pour le rituel impressionnant. Piero Tosi, créateur des costumes (en collaboration avec Umberto Tirelli), se souvient que Pasolini, le réalisateur, voulait des costumes et accessoires des cultures méditerranéennes antiques. Il dut effectuer de nombreuses recherches sur les femmes sardes, marocaines, tunisiennes et sur le bijou traditionnel et ancien. Ce qui donnera cette longue robe, manteau et mantille agrémentés de nombreux colliers archaïques, tribaux, colliers de boules de métal travaillées et diadème.

Bijoux Maria Callas

A gauche : Bijoux imposants, accumulation de colliers de type archaïque ou tribal. Robe et manteau brodés dans un tissu lourd et précieux. Voile et diadème. Poignard et hache, armes archaïques - Collection Palazzo Pitti, Florence © Photo : Mario Tursi, A droite : Collier avec boules de métal travaillées - Collection Jewel House, Rome © Photo CNCS, Pascal François - Bijoux et costume du rituel portés par Maria Callas dans le film Médée de Pier Paolo Pasolini, 1969

Aujourd’hui, nos Divas, quelle que soit leur discipline, interviennent moins directement dans les choix artistiques. Ce sont les costumiers et le metteur en scène qui les habillent, pour respecter l’unité esthétique de la production ; ce qui n’exclut pas que l’artiste manifeste certaines exigences car le costume est son outil de travail, sa “seconde peau”, qui doit lui permettre de donner libre cours à son talent. Si beaucoup d’entre elles,  aimaient les bijoux, le plus souvent parce qu’ils étaient offerts par leurs admirateurs, certaines Divas de la deuxième moitié du XXème siècle ont eu une attitude plus distanciée. Jane Rhodes, par exemple, affirme n’en avoir porté qu’un ou deux dans toute sa carrière, n’étant généralement guidée dans ses choix que par des engouements “affectifs”.

Colliers ethniques

Colliers ethniques - Collection Jewel House, Rome - Bijoux portés par Maria Callas dans le film Médée de Pasolini © Photo CNCS, Pascal François

“Vestiaire de Diva” : une exposition à ne pas manquer, sans oublier le catalogue, pour découvrir ces merveilleux costumes qui constituaient l’univers des Divas. En effet, le Centre National du Costume de Scène n’expose pas de collections permanentes, compte tenu de la fragilité des matériaux. Dépôt de la Bibliothèque nationale, la Comédie-Française et l’Opéra de Paris, il a pour mission la conservation, l’étude et la valorisation d’un ensemble de plus de 9 000 costumes ainsi que de toiles de décors peints.

Bijoux de théâtre

Bijoux de théâtre, bustiers soutiens-gorge pour les spectacles du Palais Garnier - Collections BNF, BMO © Photo : CNCS, Pascal François

Pour compléter cette exposition, le CNCS organise différents stages et ateliers autour du thème de la Diva. Vous pourrez participer le 16 août et le 27 décembre au stage “De la rue à la scène, bijoux et parures de Divas” animé par Cécile Vallet, créatrice textile. Après croquis et étude préparatoire, vous pourrez exprimer votre créativité en réalisant un accessoire. Les petits ne sont pas oubliés avec l’atelier Bijoux et parures le 9 juillet et 13 août, animé par Bérangère Giraud, créatrice de bijoux. Ils iront à la découverte du bijou à travers les parures présentées et réaliseront eux mêmes un bijou original. Les enfants s’amuseront également avec Cécile Vallet, créatrice textile, à transformer un accessoire du quotidien pour le rendre exceptionnel en suivant l’atelier “C’est Extraordinaire” le 13 juillet et 31 août. Ils pourront aussi créer des coiffes avec différents matériaux à l’atelier “Coiffure et couvre-chefs” le 3 août avec Céline Deloche, costumière.

  • Exposition Vestiaire de Divas, de Maria Callas à Dalida … – Centre National du Costume de Scène – Quartier Villars, Route de Montilly – 0300 Moulins – Du 5 juin au 31 décembre 2010
  • Catalogue Vestiaire de Divas – Sous la direction de Delphine Pinasa – Coéditions CNCS, Gourcuff Gradenigo
  • Stages De la rue à la scène, bijoux et parures de Divas – Le 16 août et 27 décembre 2010, de 10h30 à 17h30 – Dès 16 ans et adultes – Animation : Cécile Vallet, créatrice textile – Tarifs : 20 € (-25 ans), 50 €
  • Ateliers Bijoux et parures – Le 9 juillet et 13 août 2010 – De 10h15 à 12h30 pour les 4 à 6 ans – De 16h à 18h, dès 7 ans, familial – Animation : Bérangère Giraud, créatrice de bijoux – Tarif : 5 €
  • Ateliers Extraordinaire – Le 13 juillet et 31 août 2010 – De 10h15 à 12h15 pour les 4 à 6ans – De 16h à 18h dès 7 ans, familial – Animation : Cécile Vallet, créatrice textile – Tarif : 5 €
  • Ateliers Coiffure et couvre-chefs – Le 3 août 2010 – De 10h15 à 12h15, pour les 4 à 6 ans – De 16h à 18h dès 7 ans, familial – Animation : Céline Deloche, costumière – Tarif : 5 €