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Bijoux gemmes et pierres gemmes pour l’exposition inaugurale du Pôle Bijou de Baccarat

Jeudi 3 juin 2010

L’exposition inaugurale du Pôle Bijou de Baccarat se déroulera du 5 juillet au 31 octobre 2010. Elle sera consacrée aux pierres gemmes et proposera aux visiteurs de découvrir la nature minérale sous tous ses aspects.

De la formation à la commercialisation des gemmes, de leur taille à leur classification, le visiteur découvrira diverses facettes de ces pierres qui nous fascinent tant.

Après un bref rappel de l’histoire de la pierre et de la gemme en bijouterie, l’exposition intitulée “Les Bijoux Gemmes” mettra également en avant la création contemporaine et le rapport qu’elle entretient avec les pierres.

A gauche : Bague Bourgeon en or forgé, chrysobéryl oeil de chat - Martin Spreng, Galerie Elsa Vanier, A droite : Broche Corail en argent, céramique, verre et corail - Julie Rouault

Cette exposition est l’occasion de découvrir les œuvres de créateurs de bijoux qui proposent une vision originale de la gemme et du bijou. Environ trente artistes, aux univers parfois très différents, seront présentés. Parmi eux : André Ribeiro, Ornella Iannuzzi, Seconde Nature, Vitalis Kubach, Thierry Vendôme, Lydia Courteille, Jacqueline Cullen, Cat Priem, Dieter Lorenz, Tasso Mattar, Siegfried De Buck, Max Mazlo, Benedikt Aichele, Daniel Koch, Astrid Meyer, Julie Rouault, Maryline Fontenelle, Yiry Ledecky, Laurent Louis, Dilip Jindal, la Galerie Elsa Vanier et ses créateurs Hélène Courtaigne Delalande, Martin Spreng, Agathe Saint Girons, Sonia Yael

A gauche : Collier Silver Stone en argent, caillou, et corde d'acier - Vitalis Kubach, A droite : Bague Cubic Crystallization en argent, rhodié noir et feuille d'or sur cubes, pyrite sertie - Ornella Lannuzzi © Simon Armitt

En parallèle, deux expositions complémentaires seront proposées : du 5 juillet au 5 septembre, l’exposition “Le Grenat de Perpignan, une gemme de caractère, présentée en collaboration avec l’Institut du Grenat, le Syndicat artisanal des bijoutiers des Pyrénées orientales et la Confrérie du Grenat de Perpignan. C’est la première fois depuis 1937, année de l’exposition internationale de Paris, que cette bijouterie se met en scène en dehors des Pyrénées Orientales. Cette exposition sera par la suite présentée à Barcelone et à Perpignan en décembre. Le catalogue, qui paraîtra en juillet 2010, permettra de découvrir le grenat, le métier de grenatier et la fabrication de bijoux en grenat de Perpignan. L’autre exposition complémentaire, “l’Art de la taille”, se tiendra du 6 septembre au 31 octobre et permettra de découvrir l’art du lapidaire en présentant différents tours de taille et de multiples démonstrations.

A gauche : Pendentif Galet en pâte résine, corde de guitare, argent vernis polyuréthane - Marilyne Fontenelle, A droite : Bague Engrenage en bronze brossé et micromartelé, argent brossé et hématite - Max Mazlo

L’exposition se tiendra au “Pôle Bijou Galerie“, bâtiment de 500 m2 rénové, situé en plein centre ville et destiné à accueillir expositions, conférences, formations dans le cadre du Pôle Bijou … Il se trouve dans un cadre privilégié verdoyant, à proximité immédiate des commerces et des attraits touristiques de la ville de Baccarat.

  • Exposition Les bijoux Gemmes – Pôle Bijou de Baccarat, Galerie – Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20 rue Humbépaire – 54120 Baccarat- Du 5 juillet au 31 octobre 2010
  • Exposition Le Grenat de Perpignan, une gemme de caractère – Pôle Bijou de Baccarat – Du 5 juillet au 5 septembre 2010
  • Catalogue de l’exposition Le Grenat de Perpignan – Laurent Fonquernie – 40 pages – Edition APHPO, Institut du Grenat – Parution juillet 2010 – Prix : 10 € – Possibilité de le commander dès maintenant. Pour plus d’informations : contact@institutdugrenat.com
  • Exposition L’Art de la taille – Pôle Bijou de Baccarat – Du 6 septembre au 31 octobre 2010

7ème Biennale des Métiers d’Art à Saint Amand Montrond

Jeudi 18 mars 2010

biennale-des-metiers-dartLes 23, 24 et 25 avril prochains, la Ville de Saint‐Amand‐Montrond organise la 7ème édition de la Biennale des Métiers d’Art. Soixante exposants appartenant à trente cinq métiers différents valoriseront leur savoir‐faire. Cette année encore, le bijou occupera une place importante. Un espace sera réservé aux métiers de la bijouterie et l’on pourra rencontrer dix artisans bijoutiers, un lycée professionnel – le lycée Jean Guéhenno -, un bijoutier fabricant et deux villes labellisées Ville et Métiers d’Art pour la bijouterie : Baccarat et Saint-Amand-Montrond.

Echanges, animations et démonstrations sont au programme. L’objectif de cette manifestation est de fournir un lieu de rencontre à tous les acteurs du monde de l’artisanat d’art et de la formation. Il s’agit aussi de faire découvrir les métiers artistiques au grand public – durant le week end – et aux scolaires – le vendredi. Tous les collèges (élèves de 3ème) et lycées de la région Centre sont invités à participer.

Gageons que l’édition 2010 connaîtra un grand succès, à l’image du “cru” 2008 où les exposants avaient pu partager leur passion avec plus de 6000 visiteurs, dont 750 scolaires. La 7ème Biennale se tiendra au sein de la Cité de l’Or et du complexe “salle Aurore”. Et, pour la première fois cette année, chaque visiteur recevra un ticket lui permettant de visiter à tarif réduit la Maison de l’Or, espace muséographique interactif et ludique. De plus, les œuvres présentées pourront être achetées.

  • 7ème Biennale des Métiers d’Art – Cité de l’Or – Espace Serge Vinçon et complexe  “salle Aurore” – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond
  • Du 23 au 25 avril 2010 : Journée scolaire le 23 avril, de 9h à 17h et journées grand public les 24 et 25 avril, de 10h à 19h

Colloque à Bruxelles : Regards croisés sur le bijou

Mardi 9 mars 2010

bijouBonne nouvelle pour ceux qui s’intéressent au bijou à la fois au plan artistique et culturel. L’Université Libre de Bruxelles et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique organisent, en partenariat avec le Pôle Bijou de Baccarat, un colloque international : “Parures, Bijoux et Ornements – Histoire d’un Art de faire corps et de faire sens”. Il se tiendra à Bruxelles les 25 et 26 mars prochains.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du cours d’Arts décoratifs du professeur Brigitte D’Hainaut-Zveny (ULB), qui étudie les formes et les usages du bijou de l’âge de bronze aux créations actuelles. La volonté ici est de croiser analyses et expériences. Les conférenciers viennent d’horizons les plus divers : universitaires, historiens d’art, conservateurs de musées, galeristes, experts … Ils alterneront exposés de synthèse et études de cas. Pour conclure, une table ronde réunira six créateurs belges de renom qui s’essayeront à définir la place du bijou dans la société contemporaine.

  • Colloque Parure, Bijoux et Ornements : Histoires d’un art de faire corps et de faire sens – Musées royaux d’Art et d’Histoire – Grand auditorium – Parc du Cinquantenaire, 10 – 1000 Bruxelles
  • Le 25 et 26 mars 2010, de 9h à 17h

Le Pôle Bijou de Baccarat célèbre le cristal et la coopération entre créateurs

Vendredi 5 mars 2010

bijoux-createurLe Pôle Bijou de Baccarat et l’association “Label Parure” organisent, du 15 au 27 mars prochains, une exposition à l’Espace Gruber de la CCI de Nancy. Les créateurs de bijoux lorrains y présenteront des pièces de cristal qu’ils ont librement interprétées. Parallèlement, chaque jour, un artisan fera découvrir les caractéristiques et les spécificités de son métier.

Une telle exposition symbolise les synergies progressivement développées sous l’impulsion du Pôle Bijou. La Cristallerie de Baccarat a offert un bloc de cristal permettant à chacun de réaliser l’œuvre de son choix. Les artisans créateurs se sont mis au travail et, pour leur création, ont beaucoup échangé avec d’autres acteurs du domaine du bijou : partage d’expériences et de techniques. Depuis plus de deux ans, en effet, les professionnels lorrains du bijou se rassemblent chaque mois à Baccarat pour parler de leur métier sous tous ses aspects : artistiques, techniques, économiques … En décembre 2009, ils ont institutionnalisé ces rencontres en créant “Label Parure“, association des talents créatifs du bijou et de la parure en Lorraine.

  • Exposition Créateurs de Bijoux … – Chambre de Commerce et d’Industrie de Nancy – Espace Gruber – 53, rue Stanislas – Nancy
  • Du 15 mars au 27 mars 2010

Stages Techniques de bijouterie et Pâte d’argent pour amateurs de bijoux

Lundi 25 janvier 2010

bijouterie-joaillerieBonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment les bijoux et souhaitent s’initier à la création ou veulent se perfectionner en bénéficiant d’un encadrement professionnel. En 2010, le Pôle Bijou de Baccarat propose des stages de pratique amateur. Il y en aura pour tous les goûts : pour ceux qui veulent maîtriser les techniques de base et les gestes fondamentaux dans les différentes phases d’élaboration d’un bijou ; pour ceux aussi qui souhaitent plutôt donner libre cours à leur inspiration créatrice en bénéficiant de conseils avisés.

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Parce que la découpe est la première étape dans la réalisation d’un bijou en métal, Jacky SchwartzBijoutier Joaillier –  formera (les 6 et 7 mars) à l’utilisation du bocfil : montage et démontage de la lame, sciage droit, sciage courbe, évidage dans une plaque … Une fois découpés, les divers éléments doivent être ébarbés et ajustés. Daniel KochBijoutier et lapidaire – initiera (les 12 et 13 juin) au maniement de la lime et de la toile abrasive qui permettent de préparer finement chaque élément à assembler. Marie ChabrolBijoutière et gemmologue – traitera (les 4 et 5 septembre) du polissage,  étape ultime de la réalisation d’un bijou. C’est à cet instant qu’on lui donne tout son brillant … ou son aspect sablé ou satiné. José FrançoisBijoutier horloger – enseignera (les 6 et 7 novembre) le perçage et le fraisage. Ces techniques décoratives permettent d’alléger une surface pleine, de l’aménager de trous et de créer des motifs en transparence.

Stagiaires au travail

Stagiaires au travail

Alexandre RadenkovikBijoutier filigraniste – accompagnera quant à lui les stagiaires (du 5 au 9 juillet) dans la composition d’un pendentif à partir de l’assemblage de trois triangles découpés dans différents métaux : laiton, cuivre…  Angela Baduel-CrispinCréatrice de bijoux – animera des stages sur le travail de la “pâte d’argent”. Inventée au Japon dans les années 1990, cette pâte est composée de micro-particules d’argent mélangées à une base organique non toxique. Très malléable, elle permet de créer toutes sortes de pièces. Après cuisson à très haute température, on obtient un objet dense qui peut être poli, émaillé, soudé … Les 10, 11, 12 avril et les 23, 24 et 25 octobre, des stages “premiers pas” permettront d’acquérir les principes et techniques de base du modelage de la pâte. Dans des stages plus spécialisés, ceux qui sont déjà familiers de ce matériaux pourront apprendre à fabriquer des fermoirs et attaches (13, 14 et 15 février) : fermoir crochet au fil d’argent intégré, fermoir menottes, cône de finition pour colliers multi fils “toggle”… Les 22, 23, 24 mai, un autre stage concernera la réalisation de bagues à partir de deux modèles différents dont l’un avec sertissage d’un oxyde de zirconium et l’autre sous forme d’un mélange cuivre et argent.

  • Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20, rue Humbépaire – 54120 Baccarat – Tél : 03. 83. 76. 06. 99.

Résultats du concours Jeunes créateurs “Bijou d’enfance” du Pôle Bijou de Baccarat

Lundi 30 novembre 2009

affiche2Le premier concours “Bijou d’Enfance” du Pôle Bijou de Baccarat vient de se terminer. Il a été instauré pour favoriser la promotion des jeunes créateurs et leur permettre de se faire connaitre auprès des professionnels. Le thème, volontairement très large de l’enfance, pouvait être abordé sans restrictions aucune, comme en témoigne la diversité des œuvres présentées. Les lauréats ont reçu leurs prix le 28 novembre dernier.

Dans la catégorie pièces uniques, l’univers des arts forains a séduit les jurés qui ont couronné Emmanuelle Loison pour “L’équilibriste”. Il s’agit d’une bague mobile qui s’inspire d’un vieux jouet populaire. Ce bijou a été réalisé sans croquis préalable, à partir de plaques et fils d’argent. L’anneau est creux : les différentes découpes sont montées comme les pièces d’un puzzle et soudées, avec des motifs de spirales – qui signifie le recommencement – ressoudés dessus. L’anneau, lui, est écrasé au marteau. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en option objet, Emmanuelle Loison est âgée de 32 ans. Elle a démarré son activité professionnelle en 2005 en créant la marque Tetsuko.

Bague mobile "L'équilibriste" - Emmanuelle Loison - Catégorie pièces uniques

Bague mobile "L'équilibriste" - Emmanuelle Loison - Catégorie Pièces uniques

Dans la catégorie pièce de série, le jury a primé les “Perlingots” de Lily Alcaraz. Le point de départ du projet est un regard porté sur la façon dont les jeunes enfants créent des formes imaginaires à partir d’une forme de base. La créatrice est partie d’une forme simple : la pyramide, qui rappelle les berlingots de l’enfance. Elle a retenu deux tissus : l’étamine de laine pour son aspect doux et mat et le pongé de soie pour son côté soyeux et lumineux. Chaque bijou décline une gamme différente de couleurs. Le tissu est teint au préalable, puis mis en volume par deux coutures machine, un rembourrage et une dernière couture à la main. Les perles pyramidales sont enfilées grâce à un fil de nylon invisible ou un fil de fer. Agée de 24 ans, Lily Alcaraz est diplômée de l’école Duperré et de l’ANAT (Atelier National d’Art Textile). Elle a créé un bureau de design textile et un atelier de tissage manuel.

Collier "Perlingots" - Lily Alcaraz - Catégorie Pièce de série - Photographie : Véronique Huygue

Collier "Perlingots" - Lily Alcaraz - Catégorie Pièce de série - © Photographie : Véronique Huygue

Les enfants ont, eux aussi, décerné leurs prix. Ils n’ont pas su cacher leur penchant pour les friandises en plébiscitant le “Collier cerises” de Valérie de Roquemaurel (pièces de série) et “Gourmandises” de Savannah Dusson (pièces uniques). On notera que ces pièces ont également été primées par leurs ainés qui leur ont accordé respectivement les premier et deuxième place dans leur catégorie pour le “prix du public”.

"Collier cerises" - Valérie de Roquemaurel - Prix du jeune public et prix du public, pièce de série

"Collier cerises" - Valérie de Roquemaurel - Prix du jeune public et prix du public, pièce de série

Collier "Gourmandises" - Savannah Dusson - Prix du jeune public et prix du public, pièces uniques

Collier "Gourmandises" - Savannah Dusson - Prix du jeune public et prix du public, pièces uniques

Le Pôle Bijou de Baccarat : Un projet ambitieux

Jeudi 29 octobre 2009
Monique Manoha dans son atelier

Monique Manoha dans son atelier

Entretien avec Monique Manoha, Chargée de Mission

Monique Manoha a découvert le bijou contemporain aux Ateliers de Fontblanche, école d’art nîmoise aujourd’hui disparue. Elle s’y était inscrite, sans réelle vocation à l’origine, après un parcours de travailleur social et d’urbaniste. Elle fut rapidement fascinée et émue par ce “qui se dégage de ces sculptures de petite taille”. Elle en a également exploré la dimension humaine : “lorsqu’on façonne un bijou, on travaille pour quelqu’un, pas pour un musée”. Elle a aussi beaucoup réfléchi à la dimension sociale du bijou : objet de célébration d’un rite ou langage du corps.

En 1998, Monique Manoha a ouvert un atelier de bijoux d’artiste. Comme elle éprouvait le besoin d’expliquer pour chaque œuvre son cheminement artistique, elle s’est résolument placée dans une démarche pédagogique et a créé la Biennale du bijou contemporain, qui s’est tenue à Nîmes de 1999 à 2005.

Sa connaissance du bijou, ses réseaux universitaires et artistiques, elle les met aujourd’hui au service du Pôle Bijou de Baccarat qu’elle coordonne depuis septembre 2006.

Elle livre, dans un entretien accordé au Magazine Notes Précieuses, les ressorts de ce projet ambitieux, porté et géré par la Communauté de Communes du Cristal.

Notes Précieuses : Quand le Pôle Bijou de Baccarat va-t-il ouvrir ?

Monique Manoha : L’inauguration est prévue en juin 2010. Plus exactement, ce seront deux bâtiments, réhabilités en centre ville, qui seront inaugurés : le premier destiné à accueillir des entreprises de la filière bijou ; le deuxième réservé aux expositions temporaires et comportant également des show-rooms, des espaces dédiés à la pratique amateur … Dans les faits, le Pôle bijou fonctionne depuis plusieurs années déjà, mais “hors les murs”.

NP : De quand date ce projet ?

MM : Tout a commencé en 2003, avec le Plan social – et la suppression afférente de 300 emplois – qui a frappé la cristallerie Baccarat SA, principal employeur de la ville. Il fallait créer des emplois de substitution et accueillir de nouvelles entreprises. L’idée du Pôle bijou a germé et pour élaborer ce plan ambitieux – coût global 2 millions d’euros -, la Direction de Baccarat SA a travaillé en étroite collaboration avec les services spécialisés de l’Etat et les collectivités locales. L’obtention du label “Excellence rurale”, en juillet 2006, a réellement consacré la naissance du Pôle Bijou.

NP : Pourquoi avoir privilégié le bijou ?

MM : Le domaine du bijou s’est très rapidement imposé. Pour plusieurs raisons. D’abord la vente de bijoux en cristal représentait plus du quart du chiffre d’affaires de la société Baccarat SA. Et comme cette activité faisait largement appel à la sous-traitance, il y avait là un premier débouché possible pour les entreprises de la filière. De plus, le secteur du bijou est un secteur porteur.

NP : N’y avait-il pas aussi des “arrières pensées” touristiques ?

MM : Le bijou peut effectivement présenter un atout supplémentaire pour la ville au plan touristique. Baccarat accueille chaque année 50 000 visiteurs, attirés par la renommée de son cristal. La présence du Pôle Bijou devrait contribuer à augmenter la durée moyenne des séjours. N’oublions pas non plus que la Lorraine est une des régions françaises les plus riches artistiquement et à terme, Baccarat peut être un pôle fédérateur des métiers d’art de la Région.

NP : On déborde là du cadre d’un plan de reconversion classique …

MM : Certainement car, très vite, quatre axes de développement se sont imposés : le développement économique, la mise en valeur du bijou et de la filière bijoutière, la Recherche et Développement, la formation. La coexistence de ces quatre axes est essentielle car ils se nourrissent les uns les autres.

NP : Parlez nous d’abord du volet économique …

Il s’agit d’accueillir des entreprises du secteur de la bijouterie au sens large. A ce jour, quatre entreprises de la filière se sont déjà installées (traitement de surface, prototypage, joaillerie, développement bijoux d’enfant) ainsi que des artisans créateurs. L’objectif à terme est d’accueillir au moins une dizaine d’entreprises. La prochaine ouverture du bâtiment proposant des locaux industriels doit faciliter leur implantation.

Ancienne taillerie de Baccarat SA en travaux. Ce bâtiment abritera les entreprises du Pôle bijou.

L'ancienne taillerie de Baccarat SA, actuellement en travaux, accueillera en 2010 les entreprises labellisées Pôle Bijou.

NP : Le Pôle Bijou conserve-t-il un lien privilégié avec la société Baccarat SA ?

MM : Les entreprises “labellisées Pôle Bijou” ont naturellement une grande proximité avec la société Baccarat SA (qui compte toujours 700 employés). Mais elles ne souhaitent pas s’en tenir au seul domaine du cristal.

NP : Quelles difficultés rencontrez-vous ?

MM : Avec un projet aussi ambitieux, c’est forcément compliqué. On part de rien et on se heurte parfois à la peur de l’inconnu. Par exemple, en 2007, nous avons mis en place un “Club des créateurs réunissant les professionnels lorrains de la filière bijou. Au départ, la plupart des entreprises se vivaient avant tout comme concurrentes entre elles. Ce n’est qu’au fur et à mesure des rencontres que leurs dirigeants ont pris conscience qu’ils avaient plein de choses à partager et faire ensemble.

NP : Venons en au deuxième volet : qu’entendez-vous par mise en valeur du bijou et de la filière bijoutière ?

MM : C’est la mise en scène du bijou. Un bâtiment entier sera bientôt consacré aux expositions, show-rooms … Dès 2010 une grande exposition sera montée sur le thème “Bijoux gemmes”, sous tous ses aspects : joaillerie mais aussi extraction avec tous les problèmes pendants. Notre volonté est de mieux faire connaître, aussi bien aux relais d’opinion qu’au grand public, le bijou sous toutes ses facettes. Avec l’exposition “Interroger le matériau”, nous avons tenu dès l’automne 2006 à bien positionner l’action du Pôle bijou. Il s’agissait de montrer la diversité de la filière et d’attester qu’il peut y avoir des bijoux haut de gamme issus de matériaux non conventionnels.

NP : Qu’en est-il de l’axe Recherche et Développement ?

MM : C’est l’axe où nous sommes le moins avancés, mais nous travaillons à l’élaboration d’un cahier des charges pour être classés “Pôle d’innovation de l’artisanat” d’ici trois ou quatre ans. Notre ambition est d’intervenir aussi bien au plan technologique – process technique et matériaux – que des sciences humaines. Le bijou doit être reconnu comme un champ d’études sérieux qui permet de mieux comprendre la société et l’histoire du corps humain.

NP : Et la formation ?

MM : En matière de formation, nous menons depuis l’origine un important travail de fond : rencontres avec syndicats professionnels, les écoles, les fédérations, les chambres de commerce et de métiers … Les nombreuses manifestations – expositions, colloques, rencontres, concours – que nous avons organisées depuis 2006 nous ont également permis d’affiner notre réflexion sur ce volet. L’exposition “A la découverte des écoles du bijou” a permis de découvrir en 2007 le savoir faire d’écoles de bijouterie belges et françaises ; le concours “Jeune créateur” a positionné le Pôle sur le plan de la découverte de nouveaux talents, de même que le concours “Bijou d’enfance” qui se déroule actuellement. En 2007, des journées d’études ont réuni 120 personnes en provenance de Suisse, d’Allemagne, du Royaume Unie, de Belgique.

NP : Concrètement, que comptez-vous faire dans le domaine de la formation ?

MM : Un de nos objectifs est de promouvoir les travaux des écoles et de valoriser les métiers du bijou. Trop souvent en France – comme c’est le cas pour les travaux dits manuels – on porte un regard condescendant sur ces métiers. Pourtant, c’est un fait, les “bijoutiers” reçoivent de vraies formations comportant un volet “culture générale” dans un cursus qui peut durer 6 ans !

Nous souhaitons bien évidemment également mettre en place des formations. En 2008, nous avons créé des stages pratiques où  des amateurs venus de toute la France ont bénéficié de l’enseignement des créateurs locaux. Dès 2010-2011, nous envisageons la mise en place de formations professionnelles.

NP : Quel regard portez vous sur le bijou en France aujourd’hui ?

Le marché du bijou est “pollué” par les bijoux bas de gamme. Et il n’y a pas réellement d’outils permettant de mener une vraie réflexion au plan national. La géographie du bijou ne se limite pas à la Place Vendôme. Il n’y a pas réellement de publication spécialisée en France, et le bijou est souvent traité en “parent pauvre” dans la presse grand public. De plus, les quelques rares expositions de prestige consacrées au Bijou se tiennent le plus souvent à Paris …

NP : Que peut apporter le Pôle Bijou de Baccarat ?

MM : Notre ambition est “d’élever le niveau” en créant un espace où chacun pourra satisfaire son besoin de connaissances. Plus on forme le public, plus on lui donne à voir des choses de qualité, plus on le rend exigeant.

NP : Et vous avez bon espoir ?

MM : A l’échelle régionale, nous suscitons un intérêt certain tant de la presse que du public et bénéficions du soutien des instances officielles. Alors que le Pôle Bijou n’existe pas encore physiquement, c’est bon signe.

  • Interview réalisée le 7 octobre 2009
  • Pôle Bijou de Baccarat – Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20 rue Humbépaire – 54120 Baccarat

Concours “Bijou d’enfance” à Baccarat

Mercredi 23 septembre 2009
Collier Bright footprint - Pièces de série - Julie Coq

Collier Bright footprint - Pièces de série - Julie Coq

Le Pôle Bijou qui ouvrira ses portes à Baccarat (Meurthe et Moselle) fin 2009 vient de lancer son premier concours international. Le thème : concevoir un bijou “autour de l’enfance” (“souvenir de l’enfance” ou “évocateur de la partie d’enfant encore vivante en chacun de nous” …). Les candidats sélectionnés peaufinent actuellement leurs prototypes, qui seront exposés à l’Hôtel de Ville de Baccarat du 24 octobre au 28 novembre prochains. A cette occasion, le Jury consacrera les gagnants. Un “prix du public” et un “prix du jeune public” seront également décernés.

Ce concours, réservé aux étudiants et aux professionnels en activité depuis moins de 5 ans, a connu un vif succès : 95 participants ont fait parvenir un projet. Ils viennent de tous horizons, de France bien sûr, mais aussi du Costa Rica, des USA, du Canada, d’Israël, des Pays Bas, de Finlande, du Royaume Uni, de Belgique.

Le jury, composé de personnalités de la bijouterie, des métiers d’arts et d’élus de la Communauté de Communes du Cristal a procédé, en avril, à une première sélection à partir des dessins, descriptifs, argumentaires, et maquettes. La moitié des dossiers présentés ont été retenus selon des critères de créativité, d’esthétisme et de faisabilité. Des contraintes de prix ont également été fixées. Pour la catégorie pièce de série (de 50 à 100 exemplaires), le prix unitaire “grand public” doit se situer entre 150 et 350 euros et pour la catégorie pièce unique, entre 350 et 700 euros.

Nous publierons bien entendu les résultats de ce concours.

  • Exposition grand public Bijou d’enfance – Hôtel de Ville, galerie d’exposition – 2, rue Adrien Michaut – 54120 Baccarat
  • Du 24 octobre au 28 novembre 2009

Bracelet scrabble - Pièce unique - Marine Dagorne

Bracelet scrabble - Pièce unique - Marine Dagorne