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L’opale mise à l’honneur au 48ème salon Euro minéral et Euro Gem

Mardi 14 juin 2011

Euro-mineralComme chaque année depuis plus de vingt ans, professionnels de la minéralogie et amateurs éclairés se retrouvent fin juin à Sainte Marie aux Mines. Cette ville de 5000 habitants située sur le versant alsacien du massif des Vosges organise en effet les salons Euro Mineral & Euro Gem où sont exposés et négociés minéraux, fossiles, météorites, gemmes et bijoux. Avec près de 1000 participants – 65 pays sont représentés – et plus de 31 000 visiteurs, Sainte Marie aux Mines est devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable sur le circuit mondial du négoce de minéraux, au même titre que Munich en Allemagne et Tucson aux Etats-Unis.

pierres-precieuses

A gauche : Epidote-quartz de France, Au centre : Vanadinite sur Hollandite du Maroc, A droite : Wulfenite du Mexique © Photos G. et F. Barras-Gautier

Euro Mineral est le plus important marché de gros d’Europe pour les minéraux, les fossiles et les pierres travaillées. Selon la revue professionnelle américaine “Mineral Record”, c’est aussi le “show préféré des Américains en Europe“. Des journées sont réservées aux professionnels ; des expositions de prestige et des attractions sont par ailleurs mises en place pour le grand public ainsi que des animations pédagogiques pour les enfants.

Pierre-fine

A gauche : Calcite du Kazakhstan, Au centre : Fluorite sur Pyrite du Pérou © Photos G. et F. Barras-Gautier, A droite : Opale © Photo Boris Garaud

Chaque année, un thème est à mis à l’honneur. En 2011, c’est l’Opale, pierre aux mille feux qui, selon l’écrivain et naturaliste romain Pline l’ancien, “retrouve le feu subtil de l’escarboucle ou du rubis, l’éclat purpurin de l’améthyste, le vert de mer de l’émeraude… “. Les organisateurs de l’exposition ont reconstitué un site d’exploitation de l’Opale et présentent différents gisements d’Australie, des USA, d’Ethiopie, du Mexique et du Brésil. Autour d’un atelier de lapidaire artisanal et d’un établi de joaillier, des vitrines scénographiées offrent une sélection de bijoux et d’Opales taillées de toutes origines. Laurent Louis, Eric Humbert, Thierry Vendome, Lydia Courteille exposeront leurs créations joaillières autour de cette pierre semi précieuse. On peut également admirer de nombreuses opales brutes et assister à des conférences autour de l’opale et des gemmes.

Opale-bijoux

A gauche : Créations Thierry Vendôme © Photos Thierry Vendome

Cette année, le visiteur peut aussi contempler d’impressionnants fossiles en provenance du site de Messel en Allemagne ainsi que les minéraux de la mine de Saint Laurent le Minier dans le Gard : particulièrement la barytine qui, lorsqu’elle se présente en pompons isolés d’un blanc éclatant posés parmi des cristaux de sphalérite bruns rouge est très recherchée par les collectionneurs et les musées. On découvre aussi : la galène, la tétraédrite et la bournonite dont les cristaux maclés en roue d’engrenage peuvent atteindre 10 cm.

  • 48ème Salon européen Euro minéral & Euro Gem – 68160 Saintes-Marie aux Mines – Alsace
  • Journées professionnelles : Du 23 au 24 juin 2011, de 9h à 19h
  • Journées grand public : Du 25 au 26 juin 2011, de 9h à 19h (sauf le 26, à 18h)

Les Médicis : L’art instrument de pouvoir

Mardi 28 décembre 2010

Le Musée Maillol accueille actuellement le “Trésor des Médicis“. Les quelque 160 pièces sélectionnées ponctuent les principales étapes de l’histoire d’une famille qui, du XVe au XVIIIe siècle, a collectionné et initié de nombreux chefs-d’œuvre du patrimoine mondial. Ce sont les Médicis qui ont encouragé et soutenu Fra Angelico, Botticelli, Michel-Ange ou encore Raphaël … Ils ont également porté les arts mineurs à leur apothéose. L’exposition du Musée Maillol est l’occasion pour les Parisiens – aidés par l’imposant, mais nécessaire, arbre généalogique situé dès l’entrée – de pénétrer au cœur même de la plus célèbre des dynasties florentines et de mesurer combien ses représentants ont su efficacement mettre l’art au service du pouvoir politique. Le bijou, bien entendu, n’est pas absent de ce panorama. Il est particulièrement présent lorsqu’on évoque les deux reines de France – Catherine et Marie de Médicis -  et Anne Marie Louise, dernière représentante de la lignée à qui l’on doit la conservation de ce trésor.

Raphael-Angelico

A gauche : Huile sur toile représentant le portrait de Tommaso Inghirami dit Fedra Inghirami - Raphaël, 1510 - Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina, A droite : Détrempe sur panneau représentant la sépulture des Saints Côme et Damien et de leurs trois frères - Fra Angelico, vers 1438/1440 - Florence, Museo di San Marco © Photos : Archivio Fotografico della Soprintendenza per il Polo Museale Fiorentino

Ayant amassé une immense fortune, les Médicis ont régné sur Florence du début du XVème siècle jusqu’à l’extinction de leur dynastie, à la mort du grand-duc Jean-Gaston en 1737. Durant trois siècles, le clan familial n’a cessé de s’entourer d’artistes, de peintres, de sculpteurs, d’orfèvres, de musiciens, de poètes et de savants. Cette ouverture sur l’art et la science fut un atout politique considérable.

Botticelli-Michel-Ange

A gauche : Détrempe sur bois représentant l'adoration des Mages - Sandro Botticelli, 1475/1476 - Florence, Galleria degli Uffizi © Photo : Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze, A droite : Marbre représentant Apollon David - Michel Ange, 1525/1530 - Florence, Museo del Bargello © Photo Scala, 2010, Florence, courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali

Cosme, véritable fondateur de la dynastie, se plaisait déjà à dire qu’il n’avait pas de meilleurs ambassadeurs dans les cours européennes que ses artistes et ses objets d’art. Son petit-fils, Laurent le Magnifique, qui revendiquait sa passion pour les camées antiques et achetait des vases de pierre dures pour des sommes colossales, a consacré cette “République des arts“. Esthète et érudit, Jean, second fils de Laurent, devenu Pape, a donné une nouvelle ampleur au mécénat familial, relayé par Jules, fils illégitime du frère de Laurent.

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A gauche : Verseuse en nacre et vermeil gravé - Manufacture chinoise et flamande, XVIe siècle - Florence, Museo degli Argenti © Photo: Archivio Fotografico della Soprintendenza per il Polo Museale Fiorentino, A droite : Scénographie de l'exposition représentant le Cabinet des merveilles. On y trouve notamment : la verseuse en nacre et vermeil citée précédemment, un collier composé de 70 coquillages sur cordelette végétale - 16ème siècle - St Domingue, culture Taïno, un pendentif avec une sirène en or, émaux, 5 diamants, 26 rubis et 7 perles (V.1570-1580) - Orfèvre flamand © Photo musée Maillol

Devenu Pape à son tour sous le nom de Clément VII, Jules est passé à la postérité pour avoir mené Catherine de Médicis au trône de France. L’élection de Cosme Ier en tant que duc de Florence a ouvert une nouvelle ère de mécénat intense. Il a repris la collection de médailles anciennes de Laurent le Magnifique et rassemblé dans son cabinet de Calliope de curieuses collections, allant des pierres naturelles aux bijoux de Cellini. Le Grand-Duc François a, quant à lui, rassemblé “… un bel écrin de choses rares et précieuses par la valeur et la facture” : ambre, perles, coquillages, vases en cristal de roches et lapis-lazuli, porcelainesAnne Marie Louise, dernière représentante de l’illustre famille après la disparition de son frère Jean-Gaston, a consacré les dernières années de son existence à la charité et au mécénat constituant une ultime collection d’objet précieux. Celle qui fut connue également sous l’appellation d’Electrice Palatine a fait en sorte qu’après sa mort, tous les trésors des Médicis restent à Florence, “à la disposition de toutes les nations”.

Bague-Eleonore-de-Tolède

Huile sur bois représentant le portait d’Eléonore de Tolède - Agnolo Bronzino, 1543 - Prague, Narodni Galerie v Praze © Photo : Narodni Galerie, Prague, Czech Republic, Giraudon, The Bridgeman Art Library Nationality. Eléonore de Tolède tenait particulièrement à une bague, représentée ici à son auriculaire. Cette bague, exposée à Maillol, est en onyx, or et traces d'émail (1 et 2ème siècle après JC) - Art romain (l'intaille), orfèvre florentin (la monture), vers 1539-1543

Placée sous la protection de Clément VII, Catherine de Médicis (1519-1589) a épousé le futur roi Henri II. Elle a apporté avec elle une dot de 28 000 écus de bijoux et de nombreux objets créés pour la circonstance telle une cassette en cristal de roche réalisée par Valerio Belli. Les bijoux qu’elle portait avaient pour objet de mettre en valeur sa jeunesse, tel un camée monté sur un cadre d’or enrichi de vingt-neuf rubis. Ils devaient aussi asseoir  son statut : la jeune femme veillait en effet à se montrer toujours parée de vêtements et de joyaux à la hauteur de son rang. Les 7 perles rares offertes par Clément VII se retrouvent dans le portrait attribué à Germain Le Mannier. Transmises à Marie Stuart, ces perles attireront la convoitise d’Elizabeth d’Angleterre, qui les confisquera à son profit.

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Huile sur toile représentant le portrait de Marie de Médicis - Frans Pourbus, 1611 - Florence, Palazzo Pitti, Galleria Palatina © Photo : Archivio Fotografico della Soprintendenza per il Polo Museale Fiorentino

Passionnée de bijoux et disposant elle aussi d’une dot importante, Marie de Médicis (1573-1642), fille de François Ier grand-duc de Toscane, a épousé le roi de France Henri IV en 1600. Dès son arrivée à la cour, elle s’efforça de faire élaborer une iconographie pour légitimer son rôle de reine et de mère du Dauphin. Les portraits qui la représentent en habits royaux la montrent vêtue de robes constellées de bijoux et de perles. Dans le portrait en pied brossé par Frans Pourbus, elle arbore 300 grosses perles et diamants taillés en plaque.  Son rôle de reine est symbolisé, sur sa couronne, par le diamant Sancy, une pierre indienne de quarante-cinq carats qu’elle avait elle même acquise en 1604.

Camée-onyx-et-bijou-or-émaux-diamants

A gauche : Camée en onyx et sardonyx représentant Poséidon et Athéna luttant pour la domination de l'Attique- Art romain (?), milieu du Ier siècle avant JC © Photo : Soprintendenza speciale per i Beni archeologico di Napoli e Pompei, A droite : Bijou berceau au nouveau né en filigranes d’or, émaux, diamants, perles et soie - Orfèvre hollandais (Amsterdam), vers 1695 - Florence, Palazzo Pitti, Museo degli Argenti © Photo : Archivio fotografico della soprintendenza di Firenze

Bien que fort dévote, Anne Marie Louise affectionnait également beaucoup les bijoux. L’œuvre présentée à l’exposition, à laquelle elle portait une particulière affection, va bien au delà de la simple recherche d’apparat. Ce bijou hollandais de la fin du XVIIème siècle, en perles, pierres et émaux, lui fut offerte par son mari. Il s’agissait de conjurer la stérilité familiale qui la frappait. Mais ce berceau contenant une perle gravée n’eut pas l’effet bénéfique escompté : l’union d’Anne Marie Louise demeura stérile. Ainsi s’est éteinte la dynastie des Médicis.

  • Exposition Trésor des Médicis – Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris
  • Du 29 septembre 2010 et prolongation jusqu’au 13 février 2011

Travail de la nacre à Méru

Lundi 30 août 2010

La nacre

Nacre grise © Musée de la Nacre et de la Tabletterie, photo : Eric Van Ees Beeck

Comment Méru, petite ville Picarde située à 50 km au nord de Paris, a-t-elle pu être consacrée il y a un siècle “capitale mondiale de la nacre”, matériau venu du bout du monde ? Témoignage vivant de ce qui fut l’activité dominante d’une région durant plusieurs siècles, le Musée de la Nacre et de la Tabletterie apporte la réponse. Il permet de découvrir les produits les plus significatifs des tabletiers et de se familiariser avec les matières premières qui ont servi à les confectionner, au premier rang desquels se trouve la nacre. Installé dans une ancienne boutonnerie, le musée a également reconstitué des ateliers de production.

Musée de la Nacre et de la Tabletterie

A gauche : Vue extérieure du Musée de la Nacre et de la Tabletterie, A droite : Atelier de fabrication des boutons en nacre © Photos : Eric Van Ees Beeck

Broches nacre

Broche en nacre Hoguet © Musée de la Nacre et de la Tabletterie, photo : Eric Van Ees Beeck

Le travail de la nacre remonte au XVIIème siècle. Dès cette époque, les paysans s’étaient révélés être d’habiles artisans. Durant les longs mois d’hiver, ils façonnaient à domicile des objets de luxe pour les grossistes parisiens. Rapidement, la tabletterie devint une activité à plein temps. Outre la nacre, ils travaillaient aussi l’ivoire, l’os, l’ébène, la corne et l’écaille. Ils fabriquaient des dominos, des accessoires de toilette, des couverts de table, des bijoux, des boutons … Dans certains domaines – montures d’éventail, dièses de piano, boules de billard, jumelles de théâtre, crosses de revolvers -, une grande partie de la production était exportée : en Europe, en Afrique et en Amérique. La renommée internationale de Méru était acquise.

Artisan boutonnier

Artisan boutonnier © Musée de la Nacre et de la Tabletterie, photo : Eric Van Ees Beeck

Progressivement, les boutons en nacre, qu’ils soient gravés ou teints, qu’ils soient destinés aux manteaux, aux chemises ou aux bottines, ont pris le pas sur les autres productions. Le début du XXème siècle marque aussi le passage de l’artisanat à l’industrie. Dans les années 1910, plus de 10 000 personnes exercent ce métier. Les beaux coquillages nacrés, comme l’huître perlière, le burgau, la goldfish ou le troca, s’ils étaient récoltés en Australie, au Japon ou encore à Tahiti, arrivaient par wagons entiers en gare de Méru. Le titre de “Capitale mondiale” n’était pas usurpé.

Boutons nacre

Boutons nacre © Musée de la Nacre et de la Tabletterie, photo : Eric Van Ees Beeck

La tabletterie a quasiment disparu au milieu du XXème siècle, étouffée par les matières plastiques. Seuls aujourd’hui quelques artisans maintiennent l’emploi de la nacre dans la région, principalement dans la bijouterie. Le Musée entend, lui aussi, préserver le savoir-faire grâce à ses propres spécialistes. Ils produisent à faible échelle des articles traditionnels qui sont vendus sur place. Ils répondent en outre régulièrement à des commandes émanant de professionnels de la bijouterie ou de la Haute-Couture, preuve que le luxe reste une savante synthèse de savoir-faire et de matières naturelles.

  • Musée de la Nacre et de la Tabletterie – 51, rue Roger Salengro – 60110 Méru

Agate, quartz, aigue marine et autres pierres gemmes au musée de minéralogie de l’école des Mines

Samedi 31 juillet 2010

L’exposition “Notre terre, ce joyau” qui se tient actuellement au Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech présente, pour la première fois à Paris, un ensemble d’une centaine de pièces issues des plus grandes collections privées et publiques européennes. Il s’agit à la fois de pierres brutes, véritables chefs d’œuvre de la nature, et de minéraux mis en valeur par des lapidaires.

Le visiteur peut ainsi découvrir des agates, ferites, quartz alpins, pegmatites … Ces pierres ont été trouvées en l’état, dans leur milieu naturel. Il peut aussi admirer des objets artistiques nés de la main de l’Homme. Le catalogue qui complète l’exposition nous confirme que, déjà, nos ancêtres du néolitique façonnaient des bijoux à partir de minéraux dont ils appréciaient la dureté, l’inaltérabilité, la couleur, la transparence, la brillance … Ils conféraient bien souvent un caractère surnaturel à ces pierres rares, si différentes des cailloux ordinaires. Cette incapacité à admettre une origine naturelle aux pierres précieuses a perduré des millénaires, dans toutes les civilisations et sur tous les continents.

Dom Pedro

"Dom Pedro" Omdas Maritimas Aigue Marine Design: Bernd Munsteiner © Henn GmbH

L’exposition comporte des pierres gemmes taillées et des sculptures sur minéraux précieux présentés par la firme Henn d’Idar-Oberstein en Allemagne. Au premier rang de ces pièces se trouve le Dom Pedro III. C’est une pierre pyramidale d’une hauteur de 36 cm et d’une base carrée de près de 10 cm de côté, pesant le poids exceptionnel de 10 395 carats ! Cette aigue marine, d’une teinte et d’une pureté parfaite, a été sculptée en l’honneur des deux empereurs qui ont créé le Brésil moderne : Dom Pedro I et II. Elle est le fruit d’une complicité entre Axel Henn, qui a découvert le cristal au Brésil à la fin des années 80, et Berndt Munsteiner qui l’a sculpté. C’est la plus belle aigue marine jamais traitée par ce dernier.

Bagues or et émail

A gauche : Bague en or 18 carats et émail, diamants poire tanzanite, tourmaline coussin, poire aquamarine et saphir bleu coussin, A droite : Bagues en or 18 carats et émail, cabochons en rubellite tourmaline et grenat mandarin - Photos : Courtesy of Henn of London Ltd. Londres, Angleterre © Henn of London Ltd -Photographie Dom Pedro : Courtesy of Henn GmbH, Idar-Oberstein, Allemagne © Henn GmbH - Photographies (y compris le Dom Pedro) : Lichtblick Fotodesign - Hiltrud & Jürgen Cullmann Schwollen

MédaillonsPar ailleurs, cinq écrins contiennent des parures en graphite ciselé faisant partie du trophée offert au Conservatoire des Arts et Métiers par Jean-Pierre Alibert (1820-1905), découvreur du graphite et des jades de Sibérie. Ornés de néphrite et de diverses pierres dures, ces camées, broches, boucles d’oreilles, décorations et ornements sont l’œuvre de ciseleurs et monteurs d’une particulière habileté. A l’époque où ces pièces ont été réalisées, à la fin du XIXème siècle, Carl Fabergé avait fait de la “néphrite de Sibérie” l’une des pierres favorites des cours européennes.

Boucles d'oreilles en graphite

Boucles d'oreilles, broches, camées, médaillons en graphite - Collection JP Alibert - Photographies : © Musée des Arts et Métiers

On peut voir aussi des acquisitions récentes d’un grand collectionneur italien, Adalberto Giazotto, montrant des créations actuelles de la “minéralogie artistique” ainsi que des ambres du Musée de la Terre à Varsovie. La collection de minéraux du Musée, l’une des plus importantes au monde, reste bien sûr accessible pendant l’exposition.

  • Exposition Notre terre, ce joyau – Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech – 60, boulevard Saint-Michel – 75006 Paris
  • Du 4 mai au 27 août 2010
  • Catalogue Notre terre, ce joyau, à la découverte de la beauté minérale – Editions de l’Analogie

Bijoux gemmes et pierres gemmes pour l’exposition inaugurale du Pôle Bijou de Baccarat

Jeudi 3 juin 2010

L’exposition inaugurale du Pôle Bijou de Baccarat se déroulera du 5 juillet au 31 octobre 2010. Elle sera consacrée aux pierres gemmes et proposera aux visiteurs de découvrir la nature minérale sous tous ses aspects.

De la formation à la commercialisation des gemmes, de leur taille à leur classification, le visiteur découvrira diverses facettes de ces pierres qui nous fascinent tant.

Après un bref rappel de l’histoire de la pierre et de la gemme en bijouterie, l’exposition intitulée “Les Bijoux Gemmes” mettra également en avant la création contemporaine et le rapport qu’elle entretient avec les pierres.

A gauche : Bague Bourgeon en or forgé, chrysobéryl oeil de chat - Martin Spreng, Galerie Elsa Vanier, A droite : Broche Corail en argent, céramique, verre et corail - Julie Rouault

Cette exposition est l’occasion de découvrir les œuvres de créateurs de bijoux qui proposent une vision originale de la gemme et du bijou. Environ trente artistes, aux univers parfois très différents, seront présentés. Parmi eux : André Ribeiro, Ornella Iannuzzi, Seconde Nature, Vitalis Kubach, Thierry Vendôme, Lydia Courteille, Jacqueline Cullen, Cat Priem, Dieter Lorenz, Tasso Mattar, Siegfried De Buck, Max Mazlo, Benedikt Aichele, Daniel Koch, Astrid Meyer, Julie Rouault, Maryline Fontenelle, Yiry Ledecky, Laurent Louis, Dilip Jindal, la Galerie Elsa Vanier et ses créateurs Hélène Courtaigne Delalande, Martin Spreng, Agathe Saint Girons, Sonia Yael

A gauche : Collier Silver Stone en argent, caillou, et corde d'acier - Vitalis Kubach, A droite : Bague Cubic Crystallization en argent, rhodié noir et feuille d'or sur cubes, pyrite sertie - Ornella Lannuzzi © Simon Armitt

En parallèle, deux expositions complémentaires seront proposées : du 5 juillet au 5 septembre, l’exposition “Le Grenat de Perpignan, une gemme de caractère, présentée en collaboration avec l’Institut du Grenat, le Syndicat artisanal des bijoutiers des Pyrénées orientales et la Confrérie du Grenat de Perpignan. C’est la première fois depuis 1937, année de l’exposition internationale de Paris, que cette bijouterie se met en scène en dehors des Pyrénées Orientales. Cette exposition sera par la suite présentée à Barcelone et à Perpignan en décembre. Le catalogue, qui paraîtra en juillet 2010, permettra de découvrir le grenat, le métier de grenatier et la fabrication de bijoux en grenat de Perpignan. L’autre exposition complémentaire, “l’Art de la taille”, se tiendra du 6 septembre au 31 octobre et permettra de découvrir l’art du lapidaire en présentant différents tours de taille et de multiples démonstrations.

A gauche : Pendentif Galet en pâte résine, corde de guitare, argent vernis polyuréthane - Marilyne Fontenelle, A droite : Bague Engrenage en bronze brossé et micromartelé, argent brossé et hématite - Max Mazlo

L’exposition se tiendra au “Pôle Bijou Galerie“, bâtiment de 500 m2 rénové, situé en plein centre ville et destiné à accueillir expositions, conférences, formations dans le cadre du Pôle Bijou … Il se trouve dans un cadre privilégié verdoyant, à proximité immédiate des commerces et des attraits touristiques de la ville de Baccarat.

  • Exposition Les bijoux Gemmes – Pôle Bijou de Baccarat, Galerie – Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20 rue Humbépaire – 54120 Baccarat- Du 5 juillet au 31 octobre 2010
  • Exposition Le Grenat de Perpignan, une gemme de caractère – Pôle Bijou de Baccarat – Du 5 juillet au 5 septembre 2010
  • Catalogue de l’exposition Le Grenat de Perpignan – Laurent Fonquernie – 40 pages – Edition APHPO, Institut du Grenat – Parution juillet 2010 – Prix : 10 € – Possibilité de le commander dès maintenant. Pour plus d’informations : contact@institutdugrenat.com
  • Exposition L’Art de la taille – Pôle Bijou de Baccarat – Du 6 septembre au 31 octobre 2010

Bijoux ethniques et pierres gemmes au Musée Barbier Mueller de Genève

Mardi 16 mars 2010

MQT COUVERTURE PARURES.inddDans une exposition originale, présentée actuellement à Genève, les bijoux de la collection Barbier-Mueller dialoguent avec des pierres gemmes et des cristaux multicolores réunis par un représentant de la quatrième génération des Mueller. Les bijoux occupent une place importante dans les collections initiées par Josef Mueller en 1907 et poursuivies par ses héritiers. Les quelque deux cents bijoux ethniques sélectionnés ici relèvent de toutes les époques et de tous les continents – les parisiens avaient pu en découvrir certains en 1994 au Musée des Arts Décoratifs. Ils racontent leur histoire et sont indissociables de la culture et de la pensée des peuples qui les ont produits.

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien  - Période VI (environ 1000-1500 après JC ?) - Costa Rica ou région de Diquis ? A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Inde du Sud - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien - Période VI (environ 1000-1500 après JC) - Costa Rica ou région de Diquis A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle - Inde du Sud © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

Mais si l’Homme concrétise ses ambitions esthétiques en usant le plus souvent des matériaux offerts par son environnement, une mise en perspective des bijoux n’en suscite pas moins certaines interrogations. Par exemple : pourquoi, durant l’antiquité, les populations d’Afrique, d’Asie ou des Amériques ont-elles si peu utilisé les pierres semi-précieuses alors qu’elles étaient très prisées en Europe ? Certes, il existe les colliers vieux de trois mille ans de la civilisation de Chavin (Pérou) constitués de boules de cristal de roche. Mais comment se fait-il que ces mêmes civilisations andines, disposant à profusion de cristaux d’améthyste, les aient ignorés ?

Autres questions : pourquoi les Congolais n’ont-ils jamais incorporé l’amazonite – plus dure et d’un bleu plus raffiné que la turquoise – dans leurs parures, alors qu’ils l’exportaient au Maroc où les Berbères en étaient friands ? L’agate ou le lapis-lazuli sont absents des bijoux des tribus turkmènes, du Beloutchistan ou des Bédouins. Mais pour leur part, les peuples qui ont occupé les mêmes régions du Moyen et du Proche-Orient avant notre ère, cherchaient, eux, par tous les moyens à se procurer ces mêmes pierres.

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso - A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or, XIXème XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien, XIXème XXème siècle - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

L’exposition offre une place de choix à la pratique des fondeurs de bijoux en alliage de cuivre. Les “bronzes” africains sont généralement en laiton, mélange de cuivre et de zinc et non de cuivre et d’étain et la technique employée est celle de la “cire perdue“. On peut admirer les “bronzes” remarquables des Yoruba du Nigeria ainsi que ceux des populations voltaïques, leurs “concurrents” les plus actifs.

Après Genève, l’exposition sera présentée au Musée Barbier-Mueller d’Art Precolombíen de Barcelone et au Gold of Africa Barbier-Mueller Museum de Cape Town (Afrique du Sud).

  • Exposition Bijoux de l’homme (collections du musée Barbier-Mueller) et Bijoux de la terre (collection Alexis Barbier-Mueller) – Musée Barbier-Mueller de Genève – Rue Jean Calvin, 10 – 1204 Genève
  • Du 1er décembre 2009 au 15 septembre 2010

Louis XIV, grand collectionneur de gemmes

Mercredi 27 janvier 2010

louis-XIV-l-homme-et-le-roi-1Pour la première fois, le château de Versailles consacre une grande exposition à Louis XIV. Plus de 300 œuvres permettent d’approcher la personnalité d’un des plus célèbres monarques français. On y perçoit, bien sûr, le personnage public dont l’image a été construite pour la postérité : le roi de guerre menant ses troupes au combat, le roi mécène protecteur des arts, le roi très Chrétien défenseur de l’Église … Mais derrière le souverain, l’exposition révèle aussi l’homme à travers ses goûts personnels.

Protecteur des arts, le roi était un amateur éclairé et éclectique. Son goût le portait vers des domaines aussi variés que l’architecture, la musique, les jardins, la peinture, la sculpture, les gemmes, les marqueteries de pierre dure, les manuscrits enluminés … Il a formé son jugement au contact des artistes avec lesquels il entretenait des relations suivies. Louis XIV était aussi collectionneur. Dans le Petit Appartement à Versailles, il aimait s’entourer de tableaux et sculptures mais aussi de joyaux, camées, médailles ou autres miniatures. C’est avant tout de Mazarin, dont les collections lui étaient familières, qu’il tient son engouement pour les objets précieux.

En parcourant l’exposition, on peut admirer notamment une des plus belles pièces de la collection de gemmes de Louis XIV : une nef en lapis-lazuli, enchâssée dans une monture d’orfèvrerie ornée de figures d’or émaillé et d’argent doré, chef d’oeuvre de l’orfèvrerie italienne du XVIème siècle. Louis XIV affectionnait particulièrement les gemmes. Selon des dessins d’époque, ces vases en pierres rares, – fines et précieuses magnifiquement serties – étaient disposés sur des consoles, devant des parois de miroirs. Le roi y mêlait souvent des petites sculptures en bronze. Sa collection, qui se composait de 823 gemmes, surpassait largement celles de ses prédécesseurs et celles des autres souverains européens. À la même époque, pareille abondance et diversité – agate, sardoine, jaspe, jade, lapis, améthyste ou cristal de roche – ne se retrouvait guère que chez son fils aîné, le Grand Dauphin.

  • Exposition Louis XIV, l’homme et le roi – Château de Versailles
  • Du 20 octobre 2009 au 7 février 2010