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Bracelets manchettes et bijoux de tête de Frank Sorbier à Riom

Jeudi 4 août 2011

Exposition-modeL’exposition Gueules d’atmosphère !, au Musée Mandet de Riom, présente actuellement les créations métal du couturier Frank Sorbier. L’artiste récupère des éléments d’orfèvrerie traditionnelle en métal argenté et en argent pour composer des accessoires Haute Couture et des portraits plein d’humour. Fourchettes, couteaux dépareillés, cuillères à sucre, pelles à tarte, louches à crème, salières et poivrières s’unissent pour former des “Gueules d’atmosphère” aux noms suggestifs : Jolie Frimousse, Tête de bougresse, Face de carême ou Binette d’aristo … En 2009 et 2010, pour ses collections d’été, le couturier a conçu également plusieurs créations et bijoux Haute Couture à partir d’éléments en métal argenté.

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A gauche : "Faciès Culturel" - Frank Sorbier, Au centre : "Face de Carême" - Frank Sorbier, A droite : "Gueule d'atmosphère"- Frank Sorbier © Photos Pierre Belhassen

Des bijoux couture comme des bijoux de tête ou des bracelets manchettes mais aussi portraits, bustiers-armures, casque de déesse ont été réalisés, sous le contrôle de Frank Sorbier, au sein de l’atelier d’orfèvrerie Richard. La démarche du créateur est celle de la récupération, du détournement, de l’aventure. L’artiste met aussi en avant la rencontre d’univers aux techniques différentes mais qui se rejoignent dans une commune exigence d’excellence.

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A gauche : Bracelet manchette - Frank Sorbier Haute Couture © Photo Piero Biasion, A droite : Parure de tête et bracelets manchettes - Frank Sorbier Haute couture © Photo Piero Biasion

Maître d’Art, Frank Sorbier a un talent multiforme. Il a réalisé des costumes de scène d’Opéra, mais aussi ceux de Mylène Farmer et Johnny Hallyday. De nombreuses sociétés et marques prestigieuses – Swatch, General Motors, Grey Goose, Devernois, Cartier … – ont également fait appel à lui.

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A gauche : Robe bustier - Frank Sorbier Haute Couture © Photo Piero Biasion, A droite : Robe "Rue de la Comète"- Frank Sorbier Haute Couture © Photo Pierre Belhassen

Réputé pour ses collections d’orfèvrerie ancienne et contemporaine, le musée Mandet de Riom est l’endroit idéal pour présenter les œuvres de Frank Sorbier. Les créations poétiques et originales du couturier montrent comment les arts décoratifs traditionnels peuvent évoluer voire se métamorphoser. En tous cas, elles attestent qu’un couturier peut donner libre cours à ses passions de la table à travers son art.

  • Exposition Gueules d’Atmosphère ! Le couturier Frank Sorbier remet le couvert au musée Mandet de Riom – Musée Mandet – 14 rue de l’Hôtel de Ville – Riom
  • Du 14 mai au 28 août 2011

Objets d’art de Méroé

Mercredi 19 mai 2010

Méroé un empire sur le NilLe Louvre consacre actuellement une exposition au vaste empire qui s’était constitué autour de Méroé, cité née au IIIème siècle avant notre ère sur les bords du Nil, à 220 kilomètres au nord de l’actuelle Khartoum. Près de deux cents oeuvres – constituées essentiellement de prêts du musée de Khartoum et de grands musées européens – permettent au visiteur d’approcher les systèmes de pouvoir et de croyances d’une civilisation antique où se mêlent des influences culturelles multiples ; influences que l’on retrouve aussi au niveau de la vie quotidienne, de l’artisanat et de l’art.

Durant six siècles, Méroé fut la capitale d’un empire qui s’étendait sur plus de 1700 kilomètres le long du Nil et de ses grands affluents du sud. Cet empire, qui se place historiquement dans la continuité des grands royaumes de Kerma et de Napata, a été marqué par des influences croisées issues de l’Égypte, de la Méditerranée, de la Grèce, de Rome et, bien sûr, de l’Afrique. Son déclin progressif, à partir du IIIe siècle de notre ère, est dû essentiellement à la montée du christianisme.

Monarchie centralisée, le royaume de Méroé réunissait aussi bien des agriculteurs sédentaires que des pasteurs nomades. Le roi, responsable devant les dieux, était garant de l’ordre du monde. Et, parce qu’à Méroé on croyait en une vie après la mort et à la nécessité d’emporter un bagage funéraire, les témoignages archéologiques son abondants. Les tombes de la famille royale et de l’élite, tout comme les temples et palais, ont livré des objets de grande qualité qui attestent la maîtrise des artisans méroïtes dans le travail de la faïence, du verre et des métaux précieux. Les motifs décoratifs et les techniques sont souvent empruntés aux civilisations voisines ; ce qui ne signifie pas pour autant que le style méroïtique se réduise au simple amalgame d’éléments étrangers.

Bracelet à fermoir

Bracelet à fermoir en or, pâtes de verre et émail, au décor géométrique en cloisonné, provenant du trésor de la reine Amanishakheto - Méroé, nécropole nord, 1ère moitié du 1er siècle après JC - Munich, Staatliches Museum Ägyptischer Kunst, AS 2455 © Jürgen Liepe

L’orfèvrerie, notamment, offre une synthèse de techniques autochtones, pharaoniques et grecques, comme en témoignent les pièces du fabuleux trésor de la reine Amanishakheto (1ère moitié du 1er siècle après J-C.), découvert au début du XIXème siècle. La variété des motifs des anneaux, des bagues, des sceaux, des bracelets et des colliers permet de mieux comprendre les ornements royaux que l’on trouve sur les reliefs des temples et les chapelles des pyramides. Les bracelets sont ornés d’un décor en cloisonné qui repose sur la création de petites alvéoles juxtaposées et serties de matières colorée. Ces alvéoles sont en fils plats, dans le respect de la tradition égyptienne. Les surfaces planes sont animées de touches de couleurs, comme les créations du Moyen et Nouvel Empire, mais s’en distinguent par l’utilisation de l’émail (vert et bleu) en lieu et place des pierres fines et pâtes de verre taillées. Les artisans de Méroé affirment ainsi la prépondérance de la polychromie dans leur production. Les clous d’oreilles ronds, pour oreilles percées, sont fortement influencés par les modèles grecs fabriqués depuis l’époque archaïque (vers 620-40 avant J.C.). Ils sont formés d’un disque aux parois coniques décoré de représentations inspirées du panthéon pharaonique ou de motifs végétaux stylisés. Les bagues rappellent les bagues-cachet du Nouvel Empire Egyptien (vers 1550 -1069 avant J.C.). Elles ont un chaton, parfois rond mais le plus souvent ovale, orné d’une scène figurative gravée ou ciselée. Leur monochromie, due à leur fonction de scellement, est une exception dans le répertoire très coloré des bijoux de Méroé.

Boucles d'oreilles

Clou d'oreille en or décoré d'une déesse mère - Méroé, nécropole Ouest, 1er et IIIème siècle après JC - Musée National de Khartoum, Soudan, 1974 © Musée du Louvre 2010, photo : Christian Décamps

Pour l’essentiel, les objets du quotidien sont en argile et en métal. Les potiers ont produit deux types de céramique décorée : l’une faite au tour dans une argile blanche, l’autre montée à la main dans une argile cuite dont la couleur va du brun au noir. Pure création méroïtique, la céramique blanche est souvent peinte, parfois estampée. Gobelets, bols et coupes sont faits de kaolin ; leurs minces parois sont illustrées de thèmes naturalistes - végétaux, animaux – ou des symboles répétés. La céramique noire, quant à elle, est produite au Soudan depuis la préhistoire. Les jarres, gobelets, bols, écuelles, modelés ou façonnés au colombin, portent des décors composés de motifs géométriques incisés ou imprimés au peigne qui évoquent l’aspect extérieur des vanneries. Méroé constituait aussi un foyer majeur d’artisanat du métal qui relève d’une antique tradition africaine.

Jarre

A gauche : Jarre globulaire à décor en terre cuite, exécuté au peigne pivotant. Décor : 10 bovins à cornes conduits par un pasteur - Ouad ben Naga, 1ère moitié du 1er siècle après JC © Musée du Louvre 2010, photo Georges Poncet A droite : 3 fours de potier et de briquetier, quartier industriel de Mouweis © Olivier Cabon, mission archéologique du Louvre au Soudan

“Méroé, un empire sur le Nil” fait découvrir au visiteur une civilisation peu connue. L’exposition consacre une importance particulière aux recherches archéologiques menées dans la région par les équipes françaises. Jusqu’à très récemment, le Louvre n’avait aucune tradition archéologique au-delà de la 1ère cataracte du Nil.

  • Exposition Méroé. Un empire sur le Nil – Aile Richelieu, entresol – Musée du Louvre
  • Du 26 mars au 6 septembre 2010

L’Orfèvrerie byzantine, signe de richesse et pouvoir

Lundi 4 janvier 2010

affiche-byzanceParce qu’elle se trouve au carrefour des mers et des continents ; parce qu’elle est le creuset de multiples civilisations, Istanbul – aujourd’hui mégapole de quatorze millions d’habitants – revendique une histoire riche de huit mille années de brassage culturel et d’évolution permanente. En témoignent ses noms successifs : Byzance, Nouvelle Rome, Constantinople, Konstantiniyye puis Istanbul. Dans le cadre de la Saison de la Turquie en France ; les Galeries Nationales du Grand Palais à Paris mettent en lumière les périodes les plus brillantes de cette histoire.

L’exposition présente de manière chronologique près de 500 objets du quotidien, manuscrits, gravures, livres … et bien sûr, même s’ils sont moins présents que nous l’aurions souhaité, des bijoux et parures. Utilisés à l’origine – leur usage remonte à la fin du paléolithique – à des fins protectrices et talismaniques, ils deviennent rapidement aussi objets d’ornement et signes de richesse, durant les périodes hellénistique et romaine notamment. Les orfèvres utilisent une grande variété de techniques pour travailler l’or et l’argent : repoussage, moulage, filigrane, émaillage, sertissage de pierres précieuses, semi-précieuses ou d’imitation en verres

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), découverts à Izmit (Nicomédie) - Milieu du IIIème siècle avant JC - Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et Boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), milieu du IIIème siècle avant JC - Découverts à Izmit (Nicomédie), Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

L’orfèvrerie byzantine développe son propre style à partir du IVème siècle mais s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Les boucles d’oreilles sont alors particulièrement prisées. Elles sont en or repoussé et comportent souvent des pierres précieuses montées en pendentif. Les bagues, gravées, décorées et serties sont quant à elles souvent la marque d’une union ou un signe de noblesse. Les colliers sont formés avec des chaines auxquelles sont suspendus des amulettes, des médaillons, des pièces de monnaie ou des pendentifs. Les dames de la noblesse portent souvent aussi des bracelets.

Les cérémonies officielles, les processions et autres grands événements princiers ont laissé de nombreux témoignages des signes de pouvoir. A la fin du XVIème siècle, la capitale de Soliman est le reflet de la puissance et de la richesse de l’Empire. Les  splendeurs de la cour et les cérémonies urbaines glorifient l’Empire et son souverain. Les cavaliers en armure sur des chevaux richement parés représentaient la splendeur ottomane. De nombreux exemples de chanfreins ont été retrouvés.

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi Palace Museum/Bahadir Taskin et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis - Fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi Topkapi Palace Museum /Bahadir taskin

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis, fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Bahadir Taskin

Le luxe côtoie aussi le quotidien des puissants dans une multitude d’objets domestiques. Le miroir présenté ici provient du trésor du palais de Topkapi. Il est doublement significatif : il atteste de l’importance du bain pour les Byzantins, comme pour les Ottomans, et le travail est représentatif de l’orfèvrerie de palais de la fin du XVIème au premier quart du XVIIème siècle. La pierre de jade dans laquelle on incrustait des pierres précieuses, était perçue dans l’art islamique comme un matériau de grande valeur car très difficile à tailler. En outre, depuis la nuit des temps, on lui prêtait également des propriétés bénéfiques.

Deux siècles plus tard, l’architecture et les arts de la cour soulignent toujours la splendeur et l’isolation qui font la gloire du sultan. Tous les objets qu’il emploie – guerriers, religieux, cérémoniels, ou domestiques – sont fabriqués dans les matériaux les plus précieux. Cette boule décorative incrustée de pierres précieuses, par exemple, était destinée à être suspendue au-dessus du trône du sultan comme symbole de sa puissance et de sa magnificence. Utilisées en tant que parures des turbans des sultans ottomans, les aigrettes sont également le signe de leur magnificence et de leur pouvoir.

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, ribis, perle et plume - XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses - XVIII et XIXème siècle Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi palace Museum/Hadiye Cangökçe

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, rubis, perle et plume, XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses, XVIII et XIXème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Hadiye Cangökçe

Quelques repères historiques

Byzance a été fondée par les Grecs au VIIe siècle avant Jésus-Christ. L’occupation romaine ajoute à cette cité commerciale prospère l’activité propre à la présence de garnisons. En 330, à la suite de la scission entre les empires romains d’Orient et d’Occident, la ville devient Constantinople et conforte jusqu’à la fin du Moyen Âge sa position de capitale économique, politique, militaire et religieuse. La quatrième croisade instaure le droit occidental dans la première moitié du XIIème siècle, avant la restauration puis la prise de pouvoir par le Sultan Mehmet II en 1453. Celui-ci bâtira la capitale d’un nouvel empire musulman. Son règne et ceux de ses successeurs transformeront le visage d’Istanbul à coup de grands travaux : conversion des édifices chrétiens, construction du nouveau palais et d’un fort sur la côte est du Bosphore, édification de mosquées … Néanmoins, des communautés non musulmanes demeurent et la cité reste cosmopolite.

  • Exposition De Byzance à Istanbul. Un port pour deux continents – Galeries Nationales du Grand Palais – 3, avenue du Général Eisenhower, square J. Perrin – 75008 Paris
  • Du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010