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Bijoux ethniques Maori au musée du Quai Branly

Vendredi 20 janvier 2012

Expo-quai-BranlyL’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” du Musée du quai Branly nous permet d’approcher la culture d’un peuple des antipodes, les Maori. En provenance du musée de Nouvelle-Zélande “Te Papa Tongarewa”, les sculptures, parures, bijoux, et autres objets du quotidien ou rituels qui sont présentés nous livrent leur signification sociale ou religieuse. Preuve que la culture Maori est toujours vivante, des œuvres d’artistes autochtones contemporains – vidéos, peintures, photographies, bijoux, objets de cérémonie réinterprétés … – ponctuent l’ensemble du parcours de l’exposition et prolongent ou éclairent les trésors ancestraux.

Peuple-Maori

A gauche : Hinemoa Awatere portant un taiaha lors d'une marche de protestation traditionnelle (Hikoi) contre la nationalisation des plages et fonds marins à Wellington en 2004, détail de la photo - Michael Hall, 2004, A droite : Membres de Haumanu, un groupe qui se consacre au renouveau des traditions musicales maories, détail de la photo - Mickael Hall, 2006 © Mickael Hall

Le goût de la matière est profondément ancré dans la culture des Maori, qui vivent en communion profonde avec la nature. Ils utilisent surtout le bois de totara, qui est imputrescible, et une néphrite très dure, le pounamu – plus communément appelé “Jade Néo Zélandais” – auquel ils attribuent la force vitale. A l’entrée de l’exposition, les visiteurs sont d’ailleurs invités à toucher la précieuse pierre pour détourner le mauvais sort. La sculpture domine dans les œuvres Maori. Tous les matériaux sont traités avec un art accompli du détail et notamment les magnifiques proues de pirogue ou les emblématiques panneaux de maisons de réunions. Ces œuvres sont chargées de symboles car la mythologie veut que les ancêtres des Maori soient arrivés sur la terre de Nouvelle-Zélande en pirogue, bateau auquel sont donc associées les notions de généalogie et de lien entre les peuples. Quant aux grandes maisons communautaires sculptées et érigées au XIXème siècle, elles représentent le corps d’un ancêtre à l’intérieur duquel on trouve refuge. Elles ont toujours un rôle aujourd’hui.

Tatouage-Maori

"Nga Manu Taikura" (le coeur de l'arbre Totara), photographie. De gauche à droite : Donna Lynn Moeahu, Vianney Douglas, Hema Temara, Hinemoa Awatere - Norman Heke pour Te Papa, 2004 - Tirage d'exposition, 2011 © Photo Notes Précieuses

Tout comme les bateaux d’exception et les maisons communautaires, le tatouage est un des éléments fondamentaux qui structurent la société Maori. Le “moko”, en tant que signifiant indélébile, affirme l’identité culturelle de celui qui le porte en décrivant ses accomplissements et sa place dans la tribu. Les Maori sont passés maitres dans l’art d’inciser la peau et de la colorier à l’aide de pigment noir. Les motifs ressemblent beaucoup aux sculptures sur bois et on notera à l’origine, les Maori se servaient des ciseaux à bois pour graver la peau. Au début du XXème siècle, l’art du tatouage avait presque complètement disparu. C’est vers la fin du siècle que sa pratique amorça son renouveau. L’exposition présente des exemples traditionnels et contemporains. Sont exposés des objets usuels et cérémoniels : kit de tatouage, statuettes gravées, entonnoir gravé …  ainsi que des photographies.

Premier-art

A gauche : Moulage du visage du chef Wiremu Te Manewha en plâtre peint - Gottfried Lindauer et Sir Walter Buller, vers 1885, A droite : Poupe de canoë en bois et coquillages - Tribu Ngati Toa Rangati, 1800-1900 © Photos Notes Précieuses

On peut aussi admirer le masque en plâtre du visage d’un chef, réalisé vers 1885.

Bijou-ethnique-Maori

A gauche : Hameçon en os et fibre - Auteur inconnu, 1500-1800 - Nouvelle Zélande © Museum of New Zeland Te papa Tongarewa, Au centre : Pendentif Hei Tiki en forme d'hameçon en jade de Nouvelle Zélande (Hei matau) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Iwi (tribu) inconnue - Acquis en 1991, A droite : Pendentif Hei tiki en forme de créature marine en jade de Nouvelle Zélande te Puawaitanga (1500-1800) ou début de la période Te Huringa (1800-1900) - Don d'Alexander Turbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

L’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” explore l’identité maori, en présentant des symboles extérieurs du “mana“, la force spirituelle qui réside dans les personnes, les animaux et même les objets inanimés. Ces signes extérieurs sont les “taonga” parmi lesquels on peut découvrir en parallèle des trésors ancestraux et des parures contemporaines. Datant de 1100 à 1300, des pièces d’un extrême raffinement brillent par l’exubérance de leurs motifs et l’inventivité de leurs formes.

Dessin-Maori

A gauche : Scénographie de l'exposition, A droite : "Nemesis" en poussière de diamant et paillettes sur toile - Reuben Paterson, 2005 - Iwi (tribu) Ngati rangitihi, Ngai Tuhoe - Prêt de l'artiste et de la Gow Langsford Gallery © Photos Notes Précieuses

Les créations contemporaines témoignent également d’une grande habileté.

Tiki-Maori

A gauche : Pendentif Hei tiki en corian et coquille de paua (abalone) - Rangi Kipa, 1966 - Iwi (tribu) Te Ati Awa Ki Taranaki, Ngati Maniapoto, Ngati Toa rangatira, Ngati Tama - Acquis en 2003, A droite : Pendentif Hei Tiki en pounamu (jade de Nouvelle Zélande), coquille de paua (abalone), pigments - Te Puawaitanga (1500-1800) - Acquis en 1972 © Photos Notes Précieuses

Elles comprennent notamment des pendentifs que portent, aujourd’hui encore, les chefs Maori. Le pendentif en effet symbolise les liens entre les hommes, le monde des esprits et l’environnement naturel. Le pendentif anthropomorphe hei tiki, est le plus apprécié. Il confère à celui qui le porte le prestige et l’autorité non seulement de celui qui l’a fabriqué, mais aussi de tous ceux qui l’ont porté avant lui.

Pendentif-requin

A gauche : Pendentif en dent de cétacé - Te Puawaitanga (1500-1800) - Tribu inconnue, région de Hokianga, Northland - Acquis en 1958, ancienne collection Webster, A droite : Epingle de cape en os et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) ou Te Huringa I (1800-1900) - Attribué à la tribu te Ati Awa - Don d'Alexander Turnbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

Ces bijoux peuvent avoir la forme d’une chauve souris, d’une créature possédant un corps humaine et une queue de poisson, d’hameçon stylisé, de dent de requin … On peut également découvrir un rare pendentif en dents de cétacés comportant un visage.

Peigne

A gauche : Peigne d'ornement en os de baleine et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Ancienne collection Oldman, don du gouvernement néo-zélandais, 1992, A droite : Pendentif Ngarara (lézard) en os de baleine - Nga Kakano (1100-1300) ou Te Tipunga (1300-1500) - Iwi (tribu) inconnue, région de Gisborne - Acquis en 1914 © Photos Notes Précieuses

On retrouve le “mana” dans les peignes aristocratiques du XVIIIème siècle. Les chefs Maori relevaient leurs cheveux en chignons élaborés, ornés de plumes d’oiseaux et de “heru”, peignes d’ornement qui, comme tout ce qui est associé à la tête – considérée comme sacrée -, était traité avec le plus grand soin. Le “mana” est aussi dans le tissage et on le trouve dans la collection contemporaine de ceintures d’hommes qui est exposée.

Broche-or

Broche en or jaune 18 carats en forme de rameau de pöhuehue ou Muehlenbeckia complexa (Pohuehue, Muehlenbeckia complexa, muehlenbeckie) - Areta Wilkinson, 1969 - Tribu(Iwi) Ngai Tahu - Acquis en 2004 © Photo Notes Précieuses

On peut également admirer une broche en or ayant la forme d’une plante grimpante de Nouvelle Zélande. Ce bijou d’une joaillière maori contemporaine inclut des reproductions détaillées de plantes récoltées par l’explorateur James Cook dans les années 1870.

  • Exposition Maori, leurs trésors ont une âme – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 4 octobre 2011 au 22 janvier 2012

Agate, quartz, aigue marine et autres pierres gemmes au musée de minéralogie de l’école des Mines

Samedi 31 juillet 2010

L’exposition “Notre terre, ce joyau” qui se tient actuellement au Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech présente, pour la première fois à Paris, un ensemble d’une centaine de pièces issues des plus grandes collections privées et publiques européennes. Il s’agit à la fois de pierres brutes, véritables chefs d’œuvre de la nature, et de minéraux mis en valeur par des lapidaires.

Le visiteur peut ainsi découvrir des agates, ferites, quartz alpins, pegmatites … Ces pierres ont été trouvées en l’état, dans leur milieu naturel. Il peut aussi admirer des objets artistiques nés de la main de l’Homme. Le catalogue qui complète l’exposition nous confirme que, déjà, nos ancêtres du néolitique façonnaient des bijoux à partir de minéraux dont ils appréciaient la dureté, l’inaltérabilité, la couleur, la transparence, la brillance … Ils conféraient bien souvent un caractère surnaturel à ces pierres rares, si différentes des cailloux ordinaires. Cette incapacité à admettre une origine naturelle aux pierres précieuses a perduré des millénaires, dans toutes les civilisations et sur tous les continents.

Dom Pedro

"Dom Pedro" Omdas Maritimas Aigue Marine Design: Bernd Munsteiner © Henn GmbH

L’exposition comporte des pierres gemmes taillées et des sculptures sur minéraux précieux présentés par la firme Henn d’Idar-Oberstein en Allemagne. Au premier rang de ces pièces se trouve le Dom Pedro III. C’est une pierre pyramidale d’une hauteur de 36 cm et d’une base carrée de près de 10 cm de côté, pesant le poids exceptionnel de 10 395 carats ! Cette aigue marine, d’une teinte et d’une pureté parfaite, a été sculptée en l’honneur des deux empereurs qui ont créé le Brésil moderne : Dom Pedro I et II. Elle est le fruit d’une complicité entre Axel Henn, qui a découvert le cristal au Brésil à la fin des années 80, et Berndt Munsteiner qui l’a sculpté. C’est la plus belle aigue marine jamais traitée par ce dernier.

Bagues or et émail

A gauche : Bague en or 18 carats et émail, diamants poire tanzanite, tourmaline coussin, poire aquamarine et saphir bleu coussin, A droite : Bagues en or 18 carats et émail, cabochons en rubellite tourmaline et grenat mandarin - Photos : Courtesy of Henn of London Ltd. Londres, Angleterre © Henn of London Ltd -Photographie Dom Pedro : Courtesy of Henn GmbH, Idar-Oberstein, Allemagne © Henn GmbH - Photographies (y compris le Dom Pedro) : Lichtblick Fotodesign - Hiltrud & Jürgen Cullmann Schwollen

MédaillonsPar ailleurs, cinq écrins contiennent des parures en graphite ciselé faisant partie du trophée offert au Conservatoire des Arts et Métiers par Jean-Pierre Alibert (1820-1905), découvreur du graphite et des jades de Sibérie. Ornés de néphrite et de diverses pierres dures, ces camées, broches, boucles d’oreilles, décorations et ornements sont l’œuvre de ciseleurs et monteurs d’une particulière habileté. A l’époque où ces pièces ont été réalisées, à la fin du XIXème siècle, Carl Fabergé avait fait de la “néphrite de Sibérie” l’une des pierres favorites des cours européennes.

Boucles d'oreilles en graphite

Boucles d'oreilles, broches, camées, médaillons en graphite - Collection JP Alibert - Photographies : © Musée des Arts et Métiers

On peut voir aussi des acquisitions récentes d’un grand collectionneur italien, Adalberto Giazotto, montrant des créations actuelles de la “minéralogie artistique” ainsi que des ambres du Musée de la Terre à Varsovie. La collection de minéraux du Musée, l’une des plus importantes au monde, reste bien sûr accessible pendant l’exposition.

  • Exposition Notre terre, ce joyau – Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech – 60, boulevard Saint-Michel – 75006 Paris
  • Du 4 mai au 27 août 2010
  • Catalogue Notre terre, ce joyau, à la découverte de la beauté minérale – Editions de l’Analogie