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L’Or des Amériques

Mardi 22 décembre 2009

afficheordesameriques2Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris consacre une passionnante exposition à l’Or des Amériques. Des illustrations et plus de 280 objets rares, vidéos ou dispositifs originaux ponctuent un véritable parcours initiatique à travers le continent américain. Pourquoi avoir privilégié ce continent ? Parce qu’il est particulièrement riche en métal jaune et, sans doute plus qu’ailleurs, l’or y fut le symbole de la puissance, de la richesse absolue et a attisé toutes les convoitises.

Ornement frontal en or martelé, argent et cuivre avec traces de cinabre rouge - Le visage central porte un couvre-chef en forme de demi-lune et est entouré de deux jaguars au corps dentelé - Mochica, Pérou, - 200 avant JC – 600 après JC - Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Ornement frontal en or martelé, argent et cuivre avec traces de cinabre rouge - Le visage central porte un couvre-chef en forme de demi-lune et est entouré de deux jaguars au corps dentelé - Mochica, Pérou, - 200 avant JC – 600 après JC © Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Ici, le visiteur voyage aussi dans le temps. Il découvre que plus de 2000 ans avant notre ère, le continent américain est essaimé d’une multitude de peuples aux coutumes les plus diverses. Mais une constante les réunit : tous associent le précieux métal à l’astre solaire et lui attribuent un rôle religieux ou une symbolique de pouvoir. Les plus anciens métallurgistes se trouvent dans les Andes où les rivières regorgeaient de pépites. Deux techniques sont alors privilégiées : le martelage à froid et la fonte à la cire perdue pour les objets en or massif. Chaque civilisation a développé sa propre esthétique, certaines accentuant les parures de la tête, d’autres portant plutôt attention au corps.

Couronne en or martelé - Représentation du dieu aux bâtons portant une ceinture de têtes de serpents, et canines de félin, mains et pieds griffus. Et personnages à serres d’oiseaux, de la bouche desquels sort un être ailé - Chavin, Pérou, 900-200 avant JC - Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Couronne en or martelé - Représentation du dieu aux bâtons portant une ceinture de têtes de serpents, et canines de félin, mains et pieds griffus. Et personnages à serres d’oiseaux, de la bouche desquels sort un être ailé - Chavin, Pérou, 900-200 avant JC © Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

L’exposition souligne aussi combien  la fièvre de l’or a joué un rôle important dans la conquête par les Européens de ce qu’ils appelaient le nouveau monde. Aux XVème et XVIème siècles, l’appel de l’or donne naissance aux mythes les plus fous. C’est la quête permanente de l’Eldorado. Les Amériques prennent alors la tête des producteurs d’or mondiaux et supplantent l’Afrique.

Prospecteurs au travail dans la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska - Underwood & Underwood, 1904

Prospecteurs au travail dans la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska © Underwood & Underwood, 1904

Au XIXème siècle, 65% du total de l’or mondial provient des mines américaines. Durant ce siècle et le suivant, l’or a joué un rôle essentiel dans la vie des américains et contribué à forger leur mentalité. Le chercheur d’or est intimement associé à l’esprit pionnier : colonisation de nouveaux territoires, naissance et mort subites de villes entièrement dévolues au métal jaune ; constitution ultra rapide de fortunes colossales et ruines tout aussi brutales …

En 1980, au Brésil, dans les mines d'or de la Serra Pelada, 22 000 "hommes-fourmis", aussi mal équipés qu’au siècle dernier, remontent des tonnes de roches sur leur dos dans l’espoir de trouver une pépite   © S. Salgado

En 1980, au Brésil, dans les mines d'or de la Serra Pelada, 22 000 "hommes-fourmis", aussi mal équipés qu’au siècle dernier, remontent des tonnes de roches sur leur dos dans l’espoir de trouver une pépite © S. Salgado

Par delà même les spécificités américaines, l’exposition du Muséum d’Histoire Naturelle met en relief tout ce qui fait la valeur de l’or. C’est un métal rare : au total, seulement 160 000 tonnes d’or ont pu être extraites depuis le début de l’humanité. Il se conserve très bien : il est quasiment inaltérable, comme l’atteste la qualité des objets en or exhumés par les archéologues, même plusieurs millénaires après leur enfouissement. L’or est malléable et donc facile à travailler. Pour augmenter sa rigidité, on doit l’allier à d’autres métaux comme l’argent ou le cuivre. Selon la composition, sa teinte jaune tend alors vers le blanc, le rouge ou le rose.

Or natif en feuille trouvé en 1959 dans la mine de Red Ledge Nevada County, Californie, États-Unis © Harold and Erica VanPelt

Or natif en feuille trouvé en 1959 dans la mine de Red Ledge Nevada County, Californie, États-Unis © Harold and Erica VanPelt

L’exposition offre un tour d’horizon complet, accessible à tous publics dès l’âge de 8 ans, sur le plus mythique des métaux précieux. Un métal dont l’aura n’est pas prête de se ternir.  Si, pour fabriquer des colliers, bracelets ou des bagues, la joaillerie utilise toujours plus des ¾ de l’or extrait chaque année, l’or reste une valeur refuge en termes financiers. C’est aussi un composant incontournable des instruments de haute technologie : dans les télécommunications, l’électronique … Dans les années soixante, c’était déjà un élément des casques des astronomes de la Nasa.

  • Exposition Or des Amériques – Muséum National d’Histoire Naturelle – Jardin des Plantes, Galerie de Géologie et de Minéralogie – 36, rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Paris
  • Du 8 avril 2009 au 11 janvier 2010

Les perles de culture dorées des Philippines

Mercredi 25 novembre 2009

Elles portent un nom étrange, Pintada Maxima. Elles sont géantes et on les trouve dans les mers du sud. Ce sont des huîtres. Si elles étaient les vedettes de l’émission “Sept à Huit” sur TF1 le 22 novembre, c’est qu’elles produisent une variété de perles parmi les plus recherchées au monde. Les caméras de Fabrice Babin nous ont conduit aux Philippines, pour nous faire découvrir la culture des perles de nacre dorée. Le premier producteur mondial – un Français – a entrouvert les portes de son univers.

Dans la presqu’île de Palawan, au Sud de Manille, les parcs à huîtres s’étendent à perte de vue. Ils sont protégés nuit et jour par des gardes puissamment armés. On comprend cette prudence car ils abritent trois millions d’huîtres dont un grand nombre produiront chacune une perle dorée d’une rare beauté. Elle pourra être vendue jusqu’à 4000 euros pièce ! Les plus belles sont réservées à la joaillerie et s’adressent à des clients particulièrement fortunés, comme le sultan de Brunei : un collier peut atteindre 150 000 euros.

Il faut cinq ans pour produire une perle dorée d’un diamètre de 14 à 15 mm. Le processus est très sophistiqué et sélectif. D’abord cette huître perlière ne se reproduit pas naturellement. La reproduction s’effectue in vitro dans des laboratoires ultra sophistiqués sur lesquels veille en permanence un personnel attentif. A deux ans, les huîtres subissent une sélection draconienne avant d’être “greffées”. On y introduit un noyau de nacre naturel. Pour se protéger de ce corps étranger, l’huître le recouvre de nacre. La Pintada Maxima a une pigmentation dorée naturellement qui se transmet sur la perle : plus la coquille a une pigmentation dorée, plus la perle sera dorée. Une fois greffée et après sélection, l’huître retourne à la mer et repose pendant trois ans à quelques mètres sous l’eau, en attendant sa maturité. Moins d’une sur quatre produira une perle acceptable.

Les secrets de reproduction ; les critères de sélection, de contrôle ; la technique de la greffe – acquise auprès d’un maître japonais -  sont un capital inestimable. Jacques Branellec, le producteur français de Manille, s’est d’abord intéressé à la culture de la perle noire de Polynésie avant de s’installer au Philippines où il a bâti son empire. Aujourd’hui 300 employés travaillent dans ses fermes perlières sur l’archipel des Palawan où il possède une île entière.

Si vous êtes amateur de perles de culture et perles fines, allez visiter le site qui a été réalisé suite à l’exposition Perles, une histoire naturelle” du Muséum National d’Histoire Naturelle en 2007/2008.

  • Documentaire Chasseur de perles – Sept à Huit, TF1 – Reportage de Fabrice Babin