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Bijoux ethniques Maori au musée du Quai Branly

Vendredi 20 janvier 2012

Expo-quai-BranlyL’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” du Musée du quai Branly nous permet d’approcher la culture d’un peuple des antipodes, les Maori. En provenance du musée de Nouvelle-Zélande “Te Papa Tongarewa”, les sculptures, parures, bijoux, et autres objets du quotidien ou rituels qui sont présentés nous livrent leur signification sociale ou religieuse. Preuve que la culture Maori est toujours vivante, des œuvres d’artistes autochtones contemporains – vidéos, peintures, photographies, bijoux, objets de cérémonie réinterprétés … – ponctuent l’ensemble du parcours de l’exposition et prolongent ou éclairent les trésors ancestraux.

Peuple-Maori

A gauche : Hinemoa Awatere portant un taiaha lors d'une marche de protestation traditionnelle (Hikoi) contre la nationalisation des plages et fonds marins à Wellington en 2004, détail de la photo - Michael Hall, 2004, A droite : Membres de Haumanu, un groupe qui se consacre au renouveau des traditions musicales maories, détail de la photo - Mickael Hall, 2006 © Mickael Hall

Le goût de la matière est profondément ancré dans la culture des Maori, qui vivent en communion profonde avec la nature. Ils utilisent surtout le bois de totara, qui est imputrescible, et une néphrite très dure, le pounamu – plus communément appelé “Jade Néo Zélandais” – auquel ils attribuent la force vitale. A l’entrée de l’exposition, les visiteurs sont d’ailleurs invités à toucher la précieuse pierre pour détourner le mauvais sort. La sculpture domine dans les œuvres Maori. Tous les matériaux sont traités avec un art accompli du détail et notamment les magnifiques proues de pirogue ou les emblématiques panneaux de maisons de réunions. Ces œuvres sont chargées de symboles car la mythologie veut que les ancêtres des Maori soient arrivés sur la terre de Nouvelle-Zélande en pirogue, bateau auquel sont donc associées les notions de généalogie et de lien entre les peuples. Quant aux grandes maisons communautaires sculptées et érigées au XIXème siècle, elles représentent le corps d’un ancêtre à l’intérieur duquel on trouve refuge. Elles ont toujours un rôle aujourd’hui.

Tatouage-Maori

"Nga Manu Taikura" (le coeur de l'arbre Totara), photographie. De gauche à droite : Donna Lynn Moeahu, Vianney Douglas, Hema Temara, Hinemoa Awatere - Norman Heke pour Te Papa, 2004 - Tirage d'exposition, 2011 © Photo Notes Précieuses

Tout comme les bateaux d’exception et les maisons communautaires, le tatouage est un des éléments fondamentaux qui structurent la société Maori. Le “moko”, en tant que signifiant indélébile, affirme l’identité culturelle de celui qui le porte en décrivant ses accomplissements et sa place dans la tribu. Les Maori sont passés maitres dans l’art d’inciser la peau et de la colorier à l’aide de pigment noir. Les motifs ressemblent beaucoup aux sculptures sur bois et on notera à l’origine, les Maori se servaient des ciseaux à bois pour graver la peau. Au début du XXème siècle, l’art du tatouage avait presque complètement disparu. C’est vers la fin du siècle que sa pratique amorça son renouveau. L’exposition présente des exemples traditionnels et contemporains. Sont exposés des objets usuels et cérémoniels : kit de tatouage, statuettes gravées, entonnoir gravé …  ainsi que des photographies.

Premier-art

A gauche : Moulage du visage du chef Wiremu Te Manewha en plâtre peint - Gottfried Lindauer et Sir Walter Buller, vers 1885, A droite : Poupe de canoë en bois et coquillages - Tribu Ngati Toa Rangati, 1800-1900 © Photos Notes Précieuses

On peut aussi admirer le masque en plâtre du visage d’un chef, réalisé vers 1885.

Bijou-ethnique-Maori

A gauche : Hameçon en os et fibre - Auteur inconnu, 1500-1800 - Nouvelle Zélande © Museum of New Zeland Te papa Tongarewa, Au centre : Pendentif Hei Tiki en forme d'hameçon en jade de Nouvelle Zélande (Hei matau) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Iwi (tribu) inconnue - Acquis en 1991, A droite : Pendentif Hei tiki en forme de créature marine en jade de Nouvelle Zélande te Puawaitanga (1500-1800) ou début de la période Te Huringa (1800-1900) - Don d'Alexander Turbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

L’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” explore l’identité maori, en présentant des symboles extérieurs du “mana“, la force spirituelle qui réside dans les personnes, les animaux et même les objets inanimés. Ces signes extérieurs sont les “taonga” parmi lesquels on peut découvrir en parallèle des trésors ancestraux et des parures contemporaines. Datant de 1100 à 1300, des pièces d’un extrême raffinement brillent par l’exubérance de leurs motifs et l’inventivité de leurs formes.

Dessin-Maori

A gauche : Scénographie de l'exposition, A droite : "Nemesis" en poussière de diamant et paillettes sur toile - Reuben Paterson, 2005 - Iwi (tribu) Ngati rangitihi, Ngai Tuhoe - Prêt de l'artiste et de la Gow Langsford Gallery © Photos Notes Précieuses

Les créations contemporaines témoignent également d’une grande habileté.

Tiki-Maori

A gauche : Pendentif Hei tiki en corian et coquille de paua (abalone) - Rangi Kipa, 1966 - Iwi (tribu) Te Ati Awa Ki Taranaki, Ngati Maniapoto, Ngati Toa rangatira, Ngati Tama - Acquis en 2003, A droite : Pendentif Hei Tiki en pounamu (jade de Nouvelle Zélande), coquille de paua (abalone), pigments - Te Puawaitanga (1500-1800) - Acquis en 1972 © Photos Notes Précieuses

Elles comprennent notamment des pendentifs que portent, aujourd’hui encore, les chefs Maori. Le pendentif en effet symbolise les liens entre les hommes, le monde des esprits et l’environnement naturel. Le pendentif anthropomorphe hei tiki, est le plus apprécié. Il confère à celui qui le porte le prestige et l’autorité non seulement de celui qui l’a fabriqué, mais aussi de tous ceux qui l’ont porté avant lui.

Pendentif-requin

A gauche : Pendentif en dent de cétacé - Te Puawaitanga (1500-1800) - Tribu inconnue, région de Hokianga, Northland - Acquis en 1958, ancienne collection Webster, A droite : Epingle de cape en os et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) ou Te Huringa I (1800-1900) - Attribué à la tribu te Ati Awa - Don d'Alexander Turnbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

Ces bijoux peuvent avoir la forme d’une chauve souris, d’une créature possédant un corps humaine et une queue de poisson, d’hameçon stylisé, de dent de requin … On peut également découvrir un rare pendentif en dents de cétacés comportant un visage.

Peigne

A gauche : Peigne d'ornement en os de baleine et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Ancienne collection Oldman, don du gouvernement néo-zélandais, 1992, A droite : Pendentif Ngarara (lézard) en os de baleine - Nga Kakano (1100-1300) ou Te Tipunga (1300-1500) - Iwi (tribu) inconnue, région de Gisborne - Acquis en 1914 © Photos Notes Précieuses

On retrouve le “mana” dans les peignes aristocratiques du XVIIIème siècle. Les chefs Maori relevaient leurs cheveux en chignons élaborés, ornés de plumes d’oiseaux et de “heru”, peignes d’ornement qui, comme tout ce qui est associé à la tête – considérée comme sacrée -, était traité avec le plus grand soin. Le “mana” est aussi dans le tissage et on le trouve dans la collection contemporaine de ceintures d’hommes qui est exposée.

Broche-or

Broche en or jaune 18 carats en forme de rameau de pöhuehue ou Muehlenbeckia complexa (Pohuehue, Muehlenbeckia complexa, muehlenbeckie) - Areta Wilkinson, 1969 - Tribu(Iwi) Ngai Tahu - Acquis en 2004 © Photo Notes Précieuses

On peut également admirer une broche en or ayant la forme d’une plante grimpante de Nouvelle Zélande. Ce bijou d’une joaillière maori contemporaine inclut des reproductions détaillées de plantes récoltées par l’explorateur James Cook dans les années 1870.

  • Exposition Maori, leurs trésors ont une âme – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 4 octobre 2011 au 22 janvier 2012

Bijoux en plumes et colliers de dents au musée quai Branly

Mercredi 13 juillet 2011

Quai-branly-expoLa troisième grande exposition d’anthropologie du Musée du quai Branly à Paris est une invitation à découvrir la “Fabrique des images” telle qu’elle fonctionne sur tous les continents : en Afrique, en Europe aux XVème et XVIème siècles, chez les Indiens d’Amazonie, les Inuit d’Alaska ou encore chez les Aborigènes d’Australie. Les 160 œuvres et objets présentés – parures, miniatures, fétiches, masques, peintures … – permettent de décrypter certaines grandes productions artistiques et matérielles de l’Humanité. Le parcours de l’exposition invite le visiteur à passer successivement par les quatre visions du monde que sont l’animisme, le totémisme, le naturalisme et l’analogisme. Nous nous sommes attardés sur la première partie qui traite de l’animisme et où il apparait notamment que bijoux et parures ne s’apprécient pas, loin s’en faut, d’un seul point de vue esthétique.

Musee-parisien-quai-branly

A gauche : Vue extérieure du musée du Quai Branly, A droite : Vue intérieure du musée du Quai Branly © Photos Notes Précieuses

Très schématiquement, l’animisme est la généralisation aux animaux, plantes, esprits d’une intériorité de type humain. Autrement dit, il est admis que toute espèce est pourvue d’une “âme”. Ainsi, dans les forêts d’Amazonie et d‘Insulinde, dans la Taïga et la toundra d’Amérique du nord et de Sibérie, chaque espèce est sensée vivre en société, chacune avec sa “culture” propre qui dépend du point de vue porté sur les autres en fonction de son apparence physique. Le monde perçu et utilisé par le toucan n’est pas celui du piranha, qui n’est pas non plus celui du serpent, ni du jaguar ni de tel ou tel groupe humain. Pour les sociétés animistes, la plupart des êtres ont une intériorité semblable mais ils habitent des corps aux capacités différentes. Les parures, les armes et les vêtements distinctifs des humains sont également vus comme des attributs “naturels” analogues aux corps des plantes et des animaux.

Bijoux-plumes-indiens

A gauche : Paire de boucles d'oreilles, Ramphastos vitellinus Buprestidae (élytres) - Amérique, Rio Xingu - Population Aguaruna, A droite : Couronne en plumes (Amazona farinosa, Ara ararauna, Ara chloroptera, Casmerodius albus, Cracidae sp.), vannerie, coton - Amérique, Amazonas - Population Baniwa © Musée du Quai Branly, photos Thierry Ollivier, Michel Urtado

Les indiens d’Amazonie transforment les corps humains en images, en empruntant des attributs et des motifs aux animaux. Lorsqu’ils arborent des plumes, des crocs, des griffes, des élytres de coléoptères ou des écailles, c’est pour capter à leur profit les aptitudes des espèces animales auxquelles ils ont emprunté tel ou tel attribut physique. Plus on ajoute de pièces animales, plus on étend grâce à elles les dispositions physiques des humains. C’est pourquoi certaines parures peuvent compter des plumes d’au moins huit espèces distinctes d’oiseaux.

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A gauche : Collier constitué de dents animales montées sur une fibre végétale tressée - Amérique, Amapá, Au centre : Collier composé de plusieurs cordons de coton sur lesquels sont montées 38 dents de jaguar dont la hauteur varie. Il y a une série de fils passés entre chaque dent, entrecroisés et enroulés pour donner de l'unité et de la solidité à l'ensemble. C'est un fin travail de sparterie. Le jaguar jouait le rôle d'un animal funeste dans la magie noire des Munduruku. Seul animal que l'on pouvait tuer sans raison utilitaire. - Amérique, Rio Tapajos - Population Munduruku, A droite : Collier en piquants de porc-épic montés sur de la fibre végétale - Amérique, Pará - Population Kuben Kran Ken © Musée du Quai Branly, photos Thierry Ollivier, Michel Urtado

Quant aux colliers, principalement faits de dents, ils témoignent du désir de s’approprier les capacités prédatrices des grands fauves. Par le biais de tous ces ajouts, l’Homme cherche à retrouver ses facultés originelles perdues. Les mythes racontent en effet que tous les êtres vivants avaient à l’origine un même type de corps conçu par analogie avec celui des humains mais combinant l’ensemble des capacités aujourd’hui réparties entre les différentes espèces qui peuplent la Terre.

  • Exposition La Fabrique des images – Musée du Quai Branly, mezzanine Ouest – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 16 février 2010 au 17 juillet 2011

Bijouterie et parure orientale vues par Christian Lacroix au musée des arts premiers

Mercredi 9 mars 2011

Exposition-Orient-des-femmesLe musée du Quai Branly à Paris présente un ensemble de 150 costumes et parures traditionnels de femmes orientales. Ils proviennent d’une vaste zone allant du Nord de la Syrie au désert du Sinaï. Ces vêtements sont postérieurs à 1880 et ont été réalisés et portés par des villageoises ou des Bédouines qui se transmettaient leur savoir faire de mère en fille. Tissus brodés, manteaux, voiles, coiffes, bijoux en argent et accessoires ont été sélectionnées par le couturier Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée du quai Branly.

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A gauche : Musée des Arts Premiers quai Branly © Photo Notes Précieuses, A droite : Christian Lacroix lors du montage de l'exposition © Musée du quai Branly, photo Cyril Zannettacci

En ce début du XXIème siècle, la montée du fondamentalisme et la globalisation culturelle ont mis à mal une tradition vestimentaire séculaire. Alors que la garde-robe des femmes orientales est le plus souvent aujourd’hui synonyme de noir épais, les organisateurs de l’exposition ont voulu exposer ces tenues d’antan chatoyantes qui révèlent les influences culturelles persanes, turques, byzantines superposées tout au long de l’histoire du Proche-Orient.

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A gauche : Robe syrienne (Thob) en tissu de coton, broderies de soie - Quteifeh (province du Rif de Damas), vers 1930, Musée du Quai Branly, Au milieu : Robe de fête palestinienne Thob karmasq en tissu de coton et soie, broderies de soie, Lydda (région de Jaffa), vers 1925, Collection Widad kamel kawar, A droite : Robe moderne palestinienne © Photos Notes Précieuses

L’exposition laisse la part belle au vêtement - que les femmes confectionnaient amoureusement, surtout en prévision de leur mariage – , mais n’exclut pas le bijou ni la parure. Le catalogue de l’exposition, lui aussi, donne un coup de projecteur sur le bijou qui a joué un rôle important dans tout le Moyen Orient.

Robe-orientale-quai-branly

A gauche : Robes syriennes, Au milieu et à droite : Robes de fête jordaniennes, Au milieu : Thob 'obb - Al-Karak, vers 1935 , Tissu synthétique, broderies de soie, Collection Widad kamel kawar, A droite : Thob chirch en tissu de coton et broderies de coton - Al-Ramtha, vers 1960, collection Widad kamel kawar © Photos Notes Précieuses

Jusqu’au milieu du XXème siècle, les femmes des tribus itinérantes comme celles des villages se paraient de très beaux bijoux en argent : parures de tête élaborées, ceintures, pendants d’oreilles, anneaux de nez, bagues, colliers, anneaux de bras, bracelets aux poignets et aux chevilles.

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A gauche : Anneau de chevilles - Deir az Zaur, vers 1930, Mission Robert Dumesnil du Buisson, Musée du quai branly, Au milieu : Elément de coiffe de femme, A droite : Collier Bijab karaki - Al kark, vers 1920, Collection Widad kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Le bijou remplissait plusieurs fonctions, souligne Marjorie Ramson. C’était tout d’abord une importante assurance permettant  aux femmes qui les possédaient de faire face financièrement aux aléas de la vie. Ils marquaient aussi le statut social : certains étaient portés pour la célébration du mariage, d’autres après la naissance du premier enfant

Bijoux-ethniques

A gauche : Collier, Au milieu : Scénographie de l'exposition, A droite : Ceinture (chwayhiyé) - région de As Salt, vers 1925, Collection Widad kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Nombreuses également étaient les femmes qui croyaient aux vertus prophylactiques des bijoux. On attribuait une vertu magique de protection à des formes déterminées, aux pierres semi-précieuses ou aux perles de verre de même couleur, à des matières comme l’ambre, le corail ou la turquoise. Des écrits saints étaient parfois enchâssés dans des pendentifs.

Bijou-ethnique

A gauche : Parure de visage (burqa) - Péninsule du Sinaï, début du XXè s, Au milieu : Collier (bughmé) - Région de Jaffa, Palestine, vers 1880, Musée du quai Branly, A droite : Collier (qiladat samaké) - As Salt, vers 1920 - Collection Widad kamel kawar © Photos Notes Précieuses

On ne peut négliger non plus la fonction esthétique. L’argent ornait les poignets, les doigts, les têtes, les cous, les tailles et les poitrines, pour attirer l’attention et réhausser la beauté naturelle des femmes.

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A gauche : Collier (kirdân) - Jérusalem, vers 1920/1930, Musée du Quai Branly, Au milieu : Collier (chawkar), Bédouines du Néguev, vers 1940, Collection Widad Kamel Kawar, A droite : Parure de visage - Péninsule du Sinaï, XXè siècle © Photos Notes Précieuses

Chacun des bijoux a son style propre, son caractère, et porte la marque d’une identité tribale, nationale ou régionale. Les bijoux syriens, palestiniens, saoudiens et yéménites, fabriqués pourtant avec les mêmes matériaux, suivant les mêmes techniques, et montrant les mêmes motifs, restaient bien distincts.

Bijoux-tete-ethniques

A gauche : femme de Bethléem de Palestine, vers 1925 avec coiffe (chatwé) et voile de tête en tissu de coton, corail et sequins, musée du quai Branly et mentonnière (znaq sab' arwâh) en argent, collection Widad Kamel Kawar et robe de fête (thob malak) en tissu de coton et soie, applications de soie, broderies de soie et filés métalliques, musée du quai Branly et veste (taqsiré) en velours de soie doublé de coton et broderies de soie, coton et filés métalliques, musée du quai Branly, Au milieu : Bédouine de la péninsule du Sinaï, vers 1935 avec parure de visage (burqa') de la tribu Al Akharsa, coiffe (sakrouj) de la tribu Al Tiyâha, mante (qun'a) de la collection WidadKamel Kawar et robe de mariage (thob kebir) de la tribu Al Tiyâha en tissu de coton, applications de soie et broderies de soie de la collection Widad kamel kawar, A droite : Femme de Ma'an en Jordanie, vers 1930 avec parure de tête ('urjé) en tissu de soie, pièces de monnaie, collection Widad kamel kawar et robe de fête (thob qameh) en tissu de coton et soie, collectyion Widad kamel kawar et manteau de fête (qombaz) en tissu de coton et soie, collection Widad Kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Antoine Touma, quant à lui, met l’accent sur la situation privilégiée de la Syrie, qui se trouve à la confluence de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Dans les villes, l’art de vivre turc s’est imposé et la tenue d’apparat était uniquement portée dans la maison. Les tenues extérieures ne laissaient apparaître que le visage et les mains, sans aucun fard ni bijoux. Les bijoux citadins se limitaient au collier ras de cou constitué de pièces de monnaie en or ou argent, cousues sur un bandeau d’étoffe.

Parure-bijou-ethnique

A gauche : Coiffe de Bédouine (sakrouj) en coton , argent, verre, monnaies et cauris, pierre, tissage armure toile, broderie au point de croix, applications - Début du 20è s, Péninsule du Sinaï, tribu Tayyâha, Au milieu : Voile de visage de bédouine (burqa') en coton, argent, verre, coquillages, tissage armure toile, broderie au point de croix, application, tressage - 1920/1930, Péninsule du Sinaï, tribu 'Ayaydah, A droite : Elément de coiffe de femme en argent travaillé au repoussé - Fin du 19è ou début du 20è siècle Syrie © Musée du quai Branly, Photos Thierry Ollivier, Michel Urtado,

Les villageois, eux, ont gardé les costumes de leurs lointains ancêtres. Les bijoux sont d’une variété et d’une profusion étonnantes. Ils sont fabriqués par les artisans chrétiens de Damas et d’Alep. Gardiens du patrimoine ancestral, les Bédouins ne se sont laissés influencer par aucun des conquérants de leur sol. On trouve ainsi des boucles de ceinture en argent doré, incrustées d’émail noir et serties de pierres semi-précieuses, qui ne sont portées que par les Bédouines de haut rang.

  • Exposition L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 – Paris – Du 8 février au 15 mai 2011
  • Catalogue L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix, Coédition Acte Sud et Musée du Quai Branly, 2011

Joaillerie Baba au musée du quai Branly

Lundi 1 novembre 2010

Baba-BlingLe musée du Quai Branly à Paris, présente actuellement “Baba Bling, Signes intérieurs de richesse à Singapour”, une exposition consacrée aux descendants des communautés chinoises qui se sont intégrées dès le XVe siècle à Singapour. Les quelque 480 objets présentés marquent l’identité Peranakan, désignant ces communautés qui ont incorporé de nombreux aspects de la culture malaise. L’exposition se concentre sur les “Baba”, Peranakans d’origine chinoise. Les meubles et les textiles, la porcelaine et les nombreux bijoux exposés témoignent d’une culture luxueuse et raffinée. Les pièces exposées datent pour la plupart de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, période d’essor économique. Les familles enrichies se sont particulièrement attachées à acquérir des bijoux de valeur : pour se parer et pour marquer leur rang social, mais aussi pour se prémunir contre de possibles revers financiers …

Broche

En haut à gauche : Ensemble de broches en or avec diamants taillés rose (kerosang), fin XIXème, début du XXe siècle © Collection du Musée des Civilisations Asiatiques, Singapour, Don de M. Edmond Chin, En bas à gauche : Broche en forme d'étoile en or et sertie de 93 diamants ronds, brillants et taillés, début XXe siècle © Collection du Musée des Civilisations Asiatiques, Singapour, A droite : Nonya de Penang parée de bijoux (femme peranakan). Penang, fin XIXe, début XXe siècle © Lee Hin Ming Collection, courtesy of National Archives of Singapore

Les Peranakan commandaient leurs bijoux à des artisans chinois, indiens et malais, ainsi qu’à des bijoutiers européens ; ce qui explique le mélange des motifs, des formes et des techniques. Les styles ont souvent évolué au fil des modes. Certains bijoux, comme les épingles à cheveux, ont progressivement disparu au fur et à mesure que les Nonyas (équivalent féminin de Baba) de Singapour portaient les cheveux de plus en plus courts. Longtemps pourtant, elles ont porté des groupes de trois épingles dont la tête avait généralement la forme d’une fleur. Le Kerosang, ensemble de broches, qui était couramment utilisé pour fermer les chemisiers a lui aussi évolué. Dans sa forme première, il était composé d’une broche mère, plus grande, portée entre deux broches filles. Au fil des temps, sa taille a progressivement diminué, des broches plus petites étant mieux adaptées pour fixer le tulle en dentelle, très prisé à partir des années 1930.

boucle ceinture

De gauche à droite : Ceintures et Kerosang © Notes Précieuses

Autre mutation, les premiers bracelets peranakan - de simples fils de métal torsadés – furent progressivement remplacés par des pièces en or suasa (de 9 carats) ou en argent, parfois serties de diamants. Les premières ceintures cérémoniales, souvent constituées de milliers d’anneaux ou de liens montés en chaîne ont, pour leur part, été remplacées par la ceinture plastron, faite de segments, ou panneaux, assemblés à l’aide de petits anneaux de métal.

ceinture bijou

A gauche : Ceinture en argent et carrés de nacre avec dessins d'oiseaux et de fleurs en argent © Collection du Musée des Civilisations Asiatiques, Singapour, emprunté au Dr Ho Pui San, A droite : Couple de mariés chinois peranakan. Singapour/Malacca, milieu XIXe, début XXe siècle © Lee Hin Ming Collection, courtesy of National Archives of Singapore

On n’arborait pas les mêmes bijoux tous les jours et lors des cérémonies importantes. Les bracelets torsadés ou peu ornés étaient portés communéments, alors que les plus fins, sertis de diamants, étaient exhibés par les femmes aisées lors des grandes occasions. De même, il n’était pas convenable qu’une Nonya n’ait pas d’ornements d’oreilles. Dès l’âge de dix ans, les filles avaient les oreilles percées et portaient des clous d’oreilles. Les pendeloques étaient réservées aux jeunes mariées et aux jeunes femmes lors d’événements exceptionnels. Les pendentifs, ornés de fleurs, d’insectes ou d’oiseaux, se portaient aussi bien au dessous qu’au dessus des vêtements.

femme-bijoux

A gauche : Nonya de Penang portant un kerosang serong (ensemble de trois broches), Penang, milieu XIXe, début XXe siècle © The Peranakan Association Collection, courtesy of National Archives of Singapore - En haut à droite : Broche en argent et perle avec un jade (kerosang) façonnée d'après un blason britannique, avec le lion sur la gauche, la licorne sur la droite et l'aigle sur le dessus © Collection du Musée des Civilisations Asiatiques, Singapour, don de M. Edmond Chin - En bas à droite : Amulette en argent en forme de poisson portée par les Chinois Peranakan pour se protéger des éléments " impurs " pouvant apporter la maladie ou la mauvaise fortune © Collection du Musée des Civilisations Asiatiques, Singapour, don de Mme Wee Liu Kim

Les bijoux tenaient également leur place lors des cérémonies d’échange de cadeaux avant le mariage. Outre la dot en espèces – remise dans une pochette rouge – les présents comprenaient un jambon de porc (symbolisant la virginité de la mariée), une paire de bougies rouges, des vêtements, des fruits et des bijoux. De petits ouvrages en perles ou brodés destinés à son futur époux étaient confectionnés par la mariée. Pour elle même, elle confectionnait : pantoufles, ceintures, bourses, étuis à cigarette ou genouillère.

Bijoux enfants

A gauche : Portrait de quatre enfants chinois peranakan portant des amulettes, Singapour, fin XIXe siècle © Courtesy of National Heritage Board - Au centre : Amulette en forme de Qilin, fin XIXe, début XXe siècle © Collection of the Asian Civilisations Museum, Singapore - A droite : Couple de mariés chinois peranakan avec leurs pages, Singapour/Malacca, fin XIX début XX siècle © Courtesy of National Heritage Board

La mort d’un proche réclamait, elle, la sobriété. Traditionnellement, les femmes en deuil ne devaient pas porter de bijoux en or, ni en argent massif ou doré. Les bijoux de deuil étaient sertis de perles ou de nacre plutôt que de pierres précieuses. Le deuil se déroulant sur trois ans, certaines couleurs, telles le bleu et le vert, étaient progressivement autorisées. Des bijoux sertis de saphirs bleus ou verts, pouvaient ainsi être portés à la fin de la période de deuil.

ceinture

A gauche : Femme peranakan vêtue d'un baju panjang (longue tunique), Penang, fin XIXe - début XXe siècle © The Peranakan Association Collection, courtesy of National Archives of Singapore - A droite : Ensemble de trois broches en or fabriquées à partir de trois pièces de dollars américains serties dans des cadres floraux, 1920s ou 1930 © Collection of the Asian Civilisations Museum, Singapore

Certains bijoux étaient par ailleurs réputés avoir une fonction protectrice. Les prêtres taoïstes et bouddhistes les fabriquaient en imprimant des motifs sculptés dans du bois sur du papier jaune et les plaçaient dans des boîtes à porter autour du cou. On les donnait surtout aux jeunes enfants, jugés plus vulnérables, mais de nombreux adultes portaient également ces amulettes pour se protéger des forces maléfiques et des esprits malveillants.

Bijoux femme

De gauche : Chinoise peranakan le premier jour des cérémonies de mariage, Singapour/Malacca, fin XIXe, début XXe siècle © Lee Hin Ming Collection, courtesy of National Archives of Singapore - A droite : Portrait d'ancêtre d'une Nonya (femme peranakan), fin XIXe - début XXe siècle © Collection of the Asian Civilisations Museum, Singapour

“Baba Bling, Signes intérieurs de richesse à Singapour” est une exposition passionnante et foisonnante où les bijoux, loin s’en faut, ne sont pas oubliés. La culture “baba” étant menacée de disparition du fait d’un bouleversement du mode de vie, les conservateurs de musées malais ont commencé à collecter les objets Peranakan dans les années 1980. Ils voulaient garder ce témoignage d’une communauté qui a laissé sa culture d’origine s’imprégner des influences de leur pays d’adoption.

Baba Bling au quai Branly

A gauche : Vue de l'exposition © Notes Précieuses - A droite : Panneaux de l'exposition © Musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde

  • Exposition Baba Bling, Signes intérieurs de richesse à Singapour – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 5 octobre 2010 au 30 janvier 2011

Création contemporaine chez les Adivasi

Dimanche 11 juillet 2010

Pour quelques jours encore, le Musée du Quai Branly à Paris rend hommage à l’Inde. Il s’agit d’un hommage particulier qui ne sacrifie pas ici à l’immanence du sacré dans un pays fortement attaché à ses traditions et à ses croyances. L’exposition “Autres maîtres de l’Inde” explore la richesse créative de ces peuples isolés qui vivent dans des zones montagneuses ou forestières.

Peu connus en occident, ceux qu’on nomme Adivasi comptent pourtant globalement soixante millions de personnes toutes détentrices de pratiques culturelles originales et subtiles. Les pièces exposées Quai Branly, que viennent éclairer photographies, gravures et documents d’archives, montrent souvent des oeuvres inspirées de la modernité tout en étant respectueuses des traditions.

A gauche : Bhuta © Musée du quai Branly, photo : Antoine Schneck, A droite : Statuette en bronze représentant un éléphant - Bastar, Asie, population Gond © Musée du quai Branly, photo : Thierry Ollivier, Michel Urtado

Le visiteur découvre successivement une dizaine d’univers spécifiques représentatifs de différents peuples Adivasi. Chaque communauté est caractérisée par ses productions artistiques et rituelles : ce sont les imposantes et magnifiques sculptures en bois du culte des bhuta ; les masques en bronze bastar ; les bas-reliefs d’argile des femmes de Chhattisgarh ou encore les peintures rathava … Nous parlerons ici plus particulièrement des oeuvres des Naga, les seules pour lesquelles des bijoux sont exposés. Ces bijoux sont tous dus à des artistes du XXème siècle. On peut admirer un collier pendentif en perles de verre et têtes humaines en laiton, un collier perles de verre et aluminium et une ceinture de femmes en perles de verre, os et coquillages. Les tribus Naga, originaires des montagnes du nord-est de l’Inde, accordent une importance majeure à l’égalité entre hommes – guerriers et protecteurs – et femmes – en charge du foyer et de la nourriture. On retrouve cette distinction dans leurs créations : sculptures guerrières et armures d’une part, textiles et bijoux d’autre part. Malgré la christianisation, leur créativité reste largement inspirée par leur animisme d’origine.

A gauche : Toile en acrylique représentant un aéroplane - Nankusia Shyam - Collection Leka et Anupam Poddar © Photo Aditya Arya, A droite : Acrylique sur papier représentant un aéroplane en forme d'oiseau - Dileep Shyam - Collection Lekha et Anupam Poddar © Photo Aditya Arya

L’exposition “Autres maîtres de l’Inde” met aussi en avant une dynamique des cultures qui se situe entre tradition et adaptation à la modernité. Après l’indépendance en 1947, les pouvoirs publics indiens ont encouragé l’artisanat dans les campagnes en tant que vecteur de développement de l’emploi et des échanges commerciaux. Cette politique favorisa la naissance d’une iconographie plus contemporaine. Au cours des trente dernières années, de nombreux artistes issus des communautés tribales – essentiellement pardhan gond et bhil – se sont installés en ville. Ils sont aujourd’hui plus de cent cinquante. L’expérience de la vie citadine leur a ouvert de nouveaux horizons. Ils transforment les images de locomotives, automobiles, ou aéroplanes en créatures issues de l’univers mythologique propre à leur communauté ou simplement nées de leur subjectivité. Le visiteur de l’exposition peut ainsi découvrir une série de peintures populaires contemporaines ainsi que les oeuvres de deux artistes mondialement connus : Jivya Soma Mashe (tribu Warli) et Jangarh Singh Shyam (peuple Gond).

A gauche : Pigment sur papier représentant un oiseau imaginaire, A droite : Pigment sur papier représentant un serpent imaginaire - Jangarh Singh Shyam - Autorisation Radfhika et Abhishek Poddar, collection Abhishek et Radhika Poddar © Photo Gireesh GV

  • Exposition Autres maîtres de l’Inde – Musée du quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 30 mars au 18 juillet 2010

Teotihuacan : Objets rituels et parures

Lundi 14 décembre 2009

AFFICHE_TEOTIHUACAN

Impressionnés par la beauté du lieu et la majesté des constructions, les Aztèques baptisèrent cette cité abandonnée depuis 600 ans : Teotihuacan, “le lieu où naissent les dieux”.

Le musée du quai Branly consacre une exposition évènement à cette puissance de l’ancien Mexique, qui a prospéré pendant près de huit siècles, depuis 100 avant J-C ; avant de s’éteindre mystérieusement en 650 après J-C.

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico Photo : Martirene Alcantara

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage © Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico © Photo : Martirene Alcantara

Outre la quinzaine de sculptures provenant du temple du Serpent-à-Plumes, on peut admirer des fresques murales, des masques, des figurines, des bijoux et autres objets en céramique, taillés ou polis, sertis de pierres ou de coquillages, issus de sépultures et éclairant la signification et la place des rites funéraires régis par les lois du cosmos.

Les 450 objets exposés racontent le rayonnement de la ville, son urbanisme, sa croissance, son artisanat, son organisation politique et religieuse … Ils permettent aussi de se plonger dans le quotidien de la cité. Les statuettes en céramique notamment nous renseignent sur les différentes classes de la société au travers de leur apparence vestimentaire, de la coiffure et des bijoux.

Musée du Quai Branly Photographe : Antoine Schneck

Masque avec ornement d'oreilles et incrustations en pierre verte, diorite et coquillage © Musée du Quai Branly © Photographe : Antoine Schneck

Des bijoux en os et coquillages

Les objets artisanaux exposés provenaient des quelque 400 ateliers et plus, répartis dans la cité. Ils témoignent de techniques élaborées et sophistiquées, révélées dans la variété des matériaux. Associés à des pierres vertes ou des plumes fines, les coquillages sont souvent utilisés pour façonner des objets de prestige dont les membres de l’élite se paraient pour affirmer leur supériorité. On les enterre également comme offrandes funéraires.

Collier en coquillage et dents humaines - Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico Photographe : Martirene Alcantara

Collier en coquillage et dents humaines © Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico © Photographe : Martirene Alcantara

L’Obsidienne

On ne peut également évoquer la cité sans parler de l’obsidienne. Toutes les civilisations mésoaméricaines du plateau central du Mexique (Teotihuacan est situé à 2 275 mètres d’altitude dans les hautes-terres semi-arides du centre du Mexique) sont liées aux gisements de cette pierre.  Habituellement de coloration gris-noir, elle se distingue dans la région de Teotihuacan par sa coloration vert doré. Sa texture vitreuse en fait un matériau idéal pour la fabrication d’outils, d’armes, de parures, ou d’objets rituels, et ce dans toutes les couches sociales.

L’ensemble exceptionnel présenté au musée du quai Branly offre une occasion unique au public européen de comprendre le rôle de Teotihuacan dans le monde mésoaméricain. Même si des zones d’ombre subsistent, principalement concernant la disparition brutale de cette civilisation avancée.

  • Teotihuacan, cité des Dieux – Musée du quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 6 octobre 2009 au 24 janvier 2010