Bijoux en or et art grec antique au musée du Louvre
Mercredi 11 janvier 2012
Les cinq cents œuvres – dont plusieurs inédites – exposées au Louvre dans le cadre de l’exposition “Au Royaume d’Alexandre le Grand” retracent l’histoire de la Macédoine antique : du XVe siècle avant notre ère jusqu’à la Rome impériale. Grâce aux découvertes archéologiques récentes, le visiteur peut prendre la totale mesure de la richesse du patrimoine artistique de la Grèce du Nord. Des trésors funéraires intacts nous permettent d’approcher différents aspects de la civilisation macédonienne tels la production artistique, l’organisation du royaume, l’éducation, le monde des hommes et celui des femmes. On peut admirer des objets précieux et des bijoux exceptionnels qui témoignent de la virtuosité des artistes d’alors.

Mosaïque de la chasse au lion, galets enduits - 325 av. J.-C. - Pella, Maison de Dionysos (original) - Pella, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism /Archaeological Receipts Fund
Dès la fin de l’âge du bronze la Grèce du nord a vu émerger des dynasties royales. Si certains souverains ont laissé une empreinte forte, c’est sous le règne de Philippe II (359-336 av. J.-C.) que la Macédoine a pris sa réelle ampleur. C’est toutefois son fils Alexandre le Grand qui jouira de la plus grande renommée et sera élevé au rang de héros, voire de dieu vivant.

A gauche : Sarcophage attique Thessalonique en marbre, contenant deux urnes et des bijoux - Dernier quart du IIe s. ap. J.-C. (vers 180 ap. J.-C.) - Paris, musée du Louvre © RMN, René-Gabriel Ojéda, A droite : Portrait d'Alexandre en marbre - IIIe siècle av. J.-C. - Aux environ de Pella - Pella, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund
Il monta sur le trône de Macédoine à vingt ans, en 336 av. J.-C., et renversa l’empire Perse qui menaçait constamment la Grèce depuis plus de 150 ans. Il fit rayonner la culture hellénique de façon durable, de l’Egypte à l’Inde. Les récentes découvertes sur ce site de Vergina, première capitale du royaume de Macédoine sous le nom d’Agai, ont été déterminantes dans la connaissance de la Région.

A gauche : Couronne de feuilles de chêne en or - Deuxième moitié du IVe s. avant J.-C. - Vergina (Aiga), sanctuaire d’Eukleia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Couronne à feuilles et fleurs de myrte en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Stavroupolis (près de Thessalonique), rue Oraiokastrou, tombe à ciste - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund
Les archéologues ont mis au jour plusieurs sépultures royales, parmi lesquelles celle de Philippe II. Les trésors découverts témoignent des richesses locales. Les défunts étaient inhumés avec leurs armes, leurs ustensiles, leurs bijoux. Une tombe féminine de la nécropole de Sindos, près de thessalonique, est présentée dans son intégralité. Elle comprend notamment une paire de boucles d’oreilles, un collier de perles et pendeloques et des épingles en or. Dans une autre tombe, datant de 520 avant J.-C, le visage du défunt est entièrement dissimulé derrière un casque en bronze et un masque en or. Cette découverte ne va pas sans intriguer les chercheurs car une telle tradition funéraire avait disparu en Grèce depuis l’époque des tombes à fosse de Mycènes aux XVIIe et XVIe siècles avant J.-C … Des objets retrouvés dans des nécropoles sur les cotes de Macédoine témoignent quant à elles de l’importance des échanges commerciaux à l’époque. On y trouve en effet des œuvres importées : vases attiques chiotes, corinthiens, ou d’Asie Mineure.

A gauche : Bracelet à têtes de bouquetin en or - Première moitié du IIIe s. av. J.-C. - Evropos, Kilkis - Kilkis, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Casque de type illyrien en bronze et masque en or - Vers 520 av. J.-C. - Sindos, tombe 115 - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/ Archaeological Receipts Fund
Au IVe siècle av. J.-C., l’art de la Grèce du Nord est à son apogée. Les techniques se sont développées pour atteindre un niveau de maîtrise remarquable dans tous les domaines : céramique, sculpture, mosaïques, travail du métal et de l’ivoire, invention du verre transparent, bijouterie de haute qualité. Dans ce dernier domaine, l’influence du monde oriental se conjugue avec le savoir faire des artisans locaux qui sont de réels virtuoses notamment dans la maîtrise de la granulation et du filigrane. On peut par exemple admirer un magnifique bracelet d’or (première moitié du IIIe siècle avant J.-C) dont le jonc se termine par deux têtes de bouquetins aux détails morphologiques ciselés.

A gauche : Bague en or avec chaton en sardoine - Fin du IVe - début du IIIe s.av. J.-C. - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Collier en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Sédès (act. Thermi), tombe 3 (1938) - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund
Autre joyau : une chaine d’or tressée qui se termine par deux têtes de lion ; le crochet du fermoir est dissimulé par un nœud d’Héraklès dont les 4 extrémités se terminent par des têtes de lion plus petites. On remarque également des boucles d’oreilles en or à tête de lion. Ce type de bijou, très apprécié en Macédoine, est apparu dans le monde grec à la fin du IVème siècle avant JC. Les boucles étaient portées de telle sorte que le mufle du lion soit contre le lobe de l’oreille. Les boucles d’oreilles, élément incontournable de la parure féminine, sont une forme de valorisation et d’ostentation sociale.

A gauche : Couronne de feuilles de lierre et corymbes en or - Troisième quart du IVe s. av. J.-C. - Apollonia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Diadème en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Sédès (act. Thermi), tombe 3 (1938) - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund
Les parures, bijoux, objets de la vie quotidienne qui sont exposés en disent long sur la condition féminine d’alors. En Macédoine, la femme était vêtue d’une longue tunique de laine ou de lin, et d’un manteau. Elle se maquillait, se parfumait et se parait de bijoux d’or, d’argent parfois mêlés de pierres semi précieuses.

A gauche : Médaillon en or des jeux de Véroia, en l’honneur d’Alexandre et de sa famille - 225-250 ap. J.-C. - Egypte, Aboukir - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Statère en or d'Alexandre III - IVe s. av. J.-C. - Apollonia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund
Aux époques archaïques et classiques, la femme macédonienne a vécu cloîtrée dans le gynécée. Les conquêtes d’Alexandre, qui favorisaient l’avènement d’un monde nouveau, lui permirent de paraître plus souvent en public. Elle continue cependant à vivre dans un univers différent de celui des hommes. On peut également admirer une magnifique statuette en terre cuite dont la polychromie est quasi intacte, ou encore un coffret à bijoux à vernis noir décoré d’un collier d’or sur le couvercle.
- Exposition Au royaume d’Alexandre Le Grand, la Macédoine antique – Le Louvre, hall Napoléon – 75058 Paris – France
- Du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012
L’exposition “




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