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Création artistique et règne animal au musée des arts déco de Paris

Vendredi 8 avril 2011

Expo-arts-decoSi la pratique de l’art marque la rupture de l’Homme avec son animalité, l’animal n’en reste pas moins pour lui, depuis le Paléolithique, un motif central d’inspiration. L’accrochage actuel de la galerie d’études du musée des Arts décoratifs à Paris en témoigne. Les 400 œuvres  – mobilier, arts de la table, mode, textile, jouets, affiches, bijoux … – présentées dans le cadre de l’exposition “Animal” révèlent les différentes manières dont l’Homme s’approprie l’animal et l’intègre à son quotidien. Le parcours du visiteur est balisé par sept thèmes qui vont de l’animal parure à l’animal héro superstar en passant par l’animal décor.

Mode-animal

A gauche : Escarpins en peau de python - John Galliano, Paris, 2000 - Achat 2002, Au milieu : Manteau en fourrure de vison, collection automne-hiver 1984 - Frédéric Castet pour Christian Dior - Coll. UFAC, don du créateur, 1985 et Panneau de diptyque "Splendeurs", huile sur toile - Ernest Duez, France, 1874 - Don Raymond Duez, 1933 © Photos Notes Précieuses, A droite : Veste en fausse fourrure - Jean-Charles de Castelbajac, vers 1985 © Jean Tholance

Les matières animales concourent depuis la nuit des temps à l’embellissement des personnes et des objets. Si la fourrure servit surtout à nos lointains ancêtres à se protéger du froid, elle symbolisa très vite aussi richesse et pouvoir. Par ailleurs à côté des fourrures et peaux, la laine et la soie, contribuent à la confection de vêtements, beaux et confortables, tandis que coquilles, plumes, nacre, os, galuchat, écailles … sont largement utilisés pour fabriquer des accessoires et des bijoux d’exception.

Bijoux-corail

A gauche : Peigne en perles fines, émail, or, écaille - Gaston Chopard, Paris vers 1902 - Don Mme Gaston Chopard, 1953, Au milieu : Collier en perles et cabochons sculptés en corail, or - Italie ?, époque Second Empire (1852-1870) - Don Moutard, 1982, A droite : Fragments de coraux - Legs Madeleine Bougenaux, 1961 et Bracelet en écaille de poisson, velours - Angleterre, époque Restauration (1814-1830) - Achat 2004 et Bracelet avec cadenas en forme de cœur en corail facetté, or - Don Henri Vever, 1924 © Photos Notes Précieuses

Chacun s’accorde à affirmer la suprématie de ce qui vient de l’animal sur les matières synthétiques. De leur côté, les fourreurs, nacriers, tabletiers ou plumassiers évoquent tous le caractère noble et fragile des matériaux qu’ils travaillent.

Chapeau-plume

A gauche : Tour de tête en têtes d'oiseaux et minoches de grèbe - France, vers 1920 - Coll. UFAC, don anonyme, Au milieu : Chapeau en velours de soie et chouette hulotte recomposée - France, vers 1912 - Coll. UFAC, A droite : Coiffure de dame chinoise en pierres fines, verre, fils métalliques, fibres textiles, vannerie, carton, papier, plumes de martin-pêcheur - Chine, XIXè siècle - Dépôt Fondation Baronne Salomon de Rothschild, 1923 © Photos Notes Précieuses

Les animaux sont aussi sujet à motif iconographique. Artisans et designers tantôt reproduisent le détail qui deviendra ornement, tantôt transposent la forme même de l’animal. Du réalisme le plus poussé à la stylisation la plus épurée, l’animal est décliné au gré des courants artistiques et des supports.

Lalane-francois-xavier

A gauche : Rhinocéros en peau d'autruche, nacre et verre - Leila Menchari pour Hermès, Paris 1978 - Prêt de la maison Hermès, A droite : Secrétaire Rhinocéros en laiton, corne de rhinocéros, bois gainé de tôle de laiton polie, cuir, acier - François-Xavier Lalanne, France 1966 - Acquis grâce au mécénat de Grégory et Regina Annenberg Weingarten/The Annenberg Foundation 2010, Musée des Arts Décoratifs © Photos Notes Précieuses

Que ce soit en pierre, bois, métal, porcelaine ou verre, poissons et oiseaux ont toujours été les sujets les plus explorés. À la fin du XVIIIe siècle par exemple, les oiseaux de Buffon offrent à la céramique un registre d‘illustration inépuisable … Mais chaque époque a son animal de prédilection et l’exotisme des années 1920 a ouvert la porte à toute une ménagerie importée de pays lointains.

Jeanne-Lanvin

A gauche : Grille Paons en fer forgé - Jean Pérot auteur du modèle et Léon Conchon, ferronnier, Paris vers 1922 - Don Mme Lambert-Lévy,1950, A droite : Chaise longue en bronze ayant appartenu à Jeanne Lanvin - Armand-Albert Rateau, 1925 © Photos Notes Précieuses

En Europe, les arts de la table ont accordé une place importante aux animaux. Soupières, terrines ou plats annoncent le menu. C’est par exemple la terrine destinée à recevoir le pâté de volaille qui se pare des atours du faisan ou de la perdrix. De même, la sinuosité du serpent s’adapte parfaitement aux anses, poignées ou becs verseurs. Par sa forme, le serpent – démon tentateur pour les chrétiens, mais symbole de fécondité pour les peuples premiers – a beaucoup inspiré également les créateurs de bijoux et de mode. Le boa a même donné son nom à un accessoire

Oeuvre-de-niki-de-saint-phalle

A gauche :Vase en faïence stannifère, décor de petit feu - Stoke-on-Trent, manufacture de Minton (depuis 1793), vers 1855 - Don M. Pannier, 1921, Au milieu : Pouf Serpent noir en polyester peint - Niki de Saint-Phalle, France 1994 - Don de Nikki de Saint-Phalle, 2001, A droite : Jardinière en bronze ciselé, ajouré et patiné, emploi de bronzes japonais (dragon et vase) - Edouard Lievre, auteur du modèle et fondu par Ferdinand Barbedienne, Paris 1870-1880 et Japon, époque Edô (1603-1868) et 2ème moitié du XIX ème siècle - Don Roberto Polo, 2005 © Photos Notes Précieuses

L’animal fantastique alimente l’inspiration des artistes qui ont produit des objets souvent étonnants dans tous les domaines des arts décoratifs. La profusion des représentations – sirènes, griffons, chimères, dragons … – est révélatrice de la place qu’occupent ces personnages dans l’imaginaire collectif. L’animal plus commun est également porteur d’une force symbolique. La marque Peugeot a longtemps associé ses voitures à la puissance du lion par exemple.

Pub-vache-qui-rit

A gauche : Lithographie La vache qui rit, agence Damour publicité - Benjamin Rabier, 1949 Jean Tholance, Au milieu : Lithographie Grateful Dead, Steppenwolf, Staple Singers, Santana - Lee Conklin, San Francisco, 1968 Jean Tholance, A droite : Lithographie couleur Peugeot, Gaillard Affiche - Georges Favre, 1928 Jean Tholance

L’homme a aussi tendance à prêter ses propres traits de caractère à l’animal. Bêtise, fierté, arrogance, ruse, fidélité ont leurs représentants dans le bestiaire des fables et contes et, plus récemment, de la BD, du cinéma et de la publicité. Félix le chat, Babar, Donald ou encore La vache qui rit, sont devenus des personnages emblématiques dans notre société de l’image. Les animaux phares véhiculent toutes sortes de valeurs : positives ou négatives, parfois décalées. C’est parfois le chien philosophe Snoopy ou l’extravagante Panthère Rose qui nous permettent de sortir des sentiers battus et d’échapper à la morosité quotidienne.

Bijoux-createurs-animaux

A gauche : Bague en guipure de soie et noeuds coréens d'Aude Tahon, Boucles d'oreilles en plumes collet de coq, fil de soie, jaspe, agate de Cécile Boccara, Collier panthère noire en cuivre émaillé, cristal de roche, onyx de Salomé Osorio, Bague en argent et Galuchat de Dewa © Photos Notes Précieuses

Il suffit de parcourir le site de vente en ligne Notes Précieuses pour constater que les jeunes créateurs de bijoux sont souvent également inspirés par l’animal : on trouve une bague en galuchat chez Dewa, boucles d’oreilles en plumes et pierres fines chez Cécile Boccara, bague en soie chez Aude Tahon, bijoux en nacre chez Titli … et toute une collection de bijoux originaux consacrée au monde animal chez Salomé Osorio.

  • Exposition Animal – Musée des Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 18 février 2010 à novembre 2011

Les créations surréalistes et poétiques des Lalanne

Mercredi 28 avril 2010

Absentes des musées parisiens depuis 1977, les œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne peuvent être actuellement (re)découvertes au musée des Arts Décoratifs de Paris. L’exposition couvre 40 années de créations d’un couple d’artistes qui a toujours fait “exposition commune”. Dans un décor de jardin de château et rassemblées autour de différents thèmes illustrant la variété de leur création, plus de 150 pièces invitent le visiteur à découvrir l’univers de sculpteurs décidément inclassables. Leurs œuvres vont de la sculpture monumentale aux objets du quotidien : sièges, objets de table ou bijoux.

François Xavier Lalanne et Claude Lalanne

François-Xavier et Claude Lalanne en 1976 - Premier plan : Chameaux en mousse polyester gainée de toile et peau de brebis, manèches, teintée, armature en acier et bois, tête en fonte d'aluminium patine noire - François-Xavier Lalanne, 1973 - Au fond : Minotaure en bronze - François-Xavier Lalanne © Pierre Boulat, Cosmos

François-Xavier Lalanne (1927-2008) s’est formé à l’Académie Julian. En 1952 il a rencontré sa future femme, Claude, de deux ans son ainée qui, elle, a suivi les cours de l’École des Arts décoratifs de Paris. Leur première exposition personnelle commune s’est tenue en 1964 sous le titre Zoophites. François-Xavier y présentait le Rhinocrétaire, premier rhinocéros bureau en laiton et Claude des Choupattes, mi-chou mi-animal. Le ton de leur production était donné et une longue collaboration allait commencer avec le galeriste Alexandre Iolas, défenseur des surréalistes et des nouveaux-réalistes. D’emblée, les Lalanne ont été reconnus. Des collectionneurs prestigieux tels les Rothschild, les Noailles ou Yves Saint Laurent ont salué leur talent et l’État, également, leur a passé de nombreuses commandes.

Rhinocrétaire et choupatte Lalanne

A gauche : Rhinocrétaire II en laiton, corne de rhinocéros, bois gainé tôle de laiton, queue en cuir avec armature en acier - François-Xavier Lalanne, 1966 - Musée des Arts décoratifs, Paris, ADAGP © Les Arts décoratifs, photo Jean Tholance, A droite : Choupatte en cuivre et bronze - Claude Lalanne - Collection particulière, photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Toute la carrière de ces deux artistes est tendue par la volonté de désacraliser la sculpture, en lui rendant une dimension familière, voire un usage. Une sculpture, selon eux est faite pour être regardée, mais également touchée. On l’ouvre aussi parfois, on s’y assoit, on la porte au cou … C’est ainsi que les animaux facétieux de François-Xavier ont dans leur ventre des fonctions cachées : ses moutons sont aussi des sièges ou des banquettes et l’un de ses hippopotames s’ouvre pour devenir baignoire … Les animaux permettent aussi une multiplicité des formes. Claude, elle, moule et assemble les corps, les feuilles, les pommes, les choux.

Atelier Lalanne et Gorille de Sureté Lalanne

A gauche : Atelier de François-Xavier Lalanne - Photo de Paul Kasmin, 2008, A droite : Gorille de sûreté II en bronze, armure acier, serrure à chiffre - François-Xavier Lalanne, 1970 - Collection particulière, Photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Si les Lalanne ont en commun des partis pris esthétiques forts, leurs productions respectives n’en sont pas moins bien distinctes. Ils aimaient à dire qu’ils faisaient “table commune, mais atelier séparé”. D’abord, chacun a développé un savoir-faire spécifique. François-Xavier, a trouvé dans la sculpture son principal mode d’expression. Il transforme la matière. Il préférait la technique du métal repoussé et soudé, tout en s’intéressant ponctuellement à la résine de polyester ou au cuir. Il a lui-même exécuté ses grandes sculptures de laiton ou cuivre. Les œuvres de Claude sont réalisées à partir des techniques liées à l’empreinte, au moulage et à la galvanoplastie, procédé fondé sur des principes électrolytiques qui lui permettait de reproduire feuilles, fleurs ou fruits sur des supports variés.

Collier laiton et couverts en argent

A gauche : Collier Soleil en bronze et laiton - Claude Lalanne, vers 1970 - Collection particulière © DR, A droite : Couverts en argent - Claude Lalanne, 1966 - Réalisés pour Alexandre Iolas - Collection particulière, photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Leur différence se remarque également au plan des thèmes abordés : à lui le bestiaire espiègle ; à elle la nature. On doit à Claude des pièces plus intimes, voire plus baroques. Son travail est délicat et fin. Son inspiration, c’est le monde imaginaire, le surréalisme et l’Art Nouveau et ses références constantes à la nature dénotent un sens réel de la poésie. Elle travaille beaucoup le bronze. Très tôt aussi, elle s’est intéressée aux bijoux qu’elle a d’abord réalisés pour elle-même puis pour les autres notamment pour Yves Saint Laurent ou Alexandre Iolas. Exposés pour la première fois en 1966, ses bijoux prendront par la suite des formes variées et se prolongeront en ceintures, petits sacs et chapeaux.

Bracelet bronze et Pomme bouche

A gauche : Bracelet Bouche en bronze - Claude Lalanne, vers 1975 - Collection particulière, A droite : Pomme bouche d'Alan en cuivre galvanique et bronze - Claude Lalanne - Collection particulière, 2008, photo DR © ADAGP

Bijoux et accessoires de mode sont réalisés par galvanoplastie. Il s’agit soit de pièces uniques, soit d’éditions de la galerie Art Curial. Ses bijoux s’inspirent de la nature et du végétal comme la broche Anémone en or (1972), boucles d’oreilles à deux feuilles en alliage cuivreux (1974), bracelet petit papillon en bronze patiné doré (1978), collier Libellule en or (1980), collier Groseille en or (1979). Certaines pièces comme le sautoir Ronces en argent (1975) ou les broches serpent en métal plaqué or (1994), sont en rupture avec les conventions du bijou parure. Parmi les pièces exposées, on remarque particulièrement pour leur parti pris surréaliste les bagues “Bouts de doigts en or” (1970) qui prennent la forme du doigt et l’”Oreille de Teeny” en or (1970). Claude a également produit de petites sculptures, proches de l’univers du bijou, comme les pommes montres ou les montres oignons. On remarque que le thème de la pomme revient souvent, comme un hommage à Dali. Afin d’évoquer la partie la plus intime de son travail, ces pièces sont présentées sur le mobilier du quotidien de Claude.

Une rétrospective à ne pas manquer pour découvrir ou redécouvrir deux artistes marquants. Laissant une large place aux photographies, le catalogue de l’exposition replace judicieusement le travail des Lalanne dans l’histoire de la sculpture et des arts décoratifs.

  • Exposition Les Lalanne – Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 18 mars au 4 juillet 2010
  • Catalogue Les Lalanne – Sous la direction de Béatrice Salmon et Dominique Forest – Texte d’Olivier Gabet, conservateur du patrimoine – Editions Les Arts Décoratifs

Ateliers de creation de bijoux pour enfants

Samedi 10 octobre 2009

Il n’y a pas d’âge pour aimer les bijoux et s’initier à la création. Pour les vacances de la Toussaint et de Noël, plusieurs ateliers d’enfants consacrés au bijou seront ouverts au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Ces ateliers d’une durée de 2 h, prévoient la visite de la Galerie des Bijoux.

Parce que la machine est source d’inspiration pour les créateurs d’Art déco, les enfants de 4 à 6 ans pourront associer écrous et rondelles métalliques aux strass pour composer un bijou.

Par ailleurs, les 7-10 ans pourront quant à  eux procéder à la métamorphose d’éléments collectés au cours de leurs promenades – brindille, plume, caillou … A partir de ces “petits trésors”,  ils imagineront et réaliseront une parure : le “bijou de grand chemin”.

Non spécifiquement consacrés aux bijoux, de nombreux ateliers sont également prévus – pour tous les âges – autour de la couleur rouge : la palette des rouges, la signification du rouge … Et il y en a bien d’autres encore !

Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre des nouvelles activités qui viennent d’être mises en place par le Musée en appui des expositions temporaires. Nous avons retenu ici ceux qui sont en relation avec les expositions dont nous avons rendu compte dans Le Magazine Notes Précieuses : Bijoux Art Déco et Avant Garde et  Aussi rouge que possible … . Depuis les années cinquante, le Musée des Arts Décoratifs multiplie les initiatives pour rendre ses collections accessibles au plus grand nombre. Il propose ainsi des visites guidées, des conférences et des ateliers de création. Une large part de cette démarche pédagogique est dédiée aux enfants : initiations autour du mobilier, de la mode, du jouet et bien sûr du bijou.

  • Atelier Luxe et mécanique, un bijou Art déco – Galerie des Bijoux – Enfant de 4 à 6 ans : 26 octobre et 9, 24 et 30 décembre 2009
  • Atelier Bijou de grand chemin – Galerie des Bijoux – Enfant de 7 à 10 ans : 29 octobre et 28 décembre 2009
  • Atelier Couleur rouge – Galerie d’Etudes/Aussi rouge que possible … – Enfant de 4 à 6 ans  : 29 octobre et 28 décembre 2009
  • Atelier Mon petit chaperon rouge – Galerie d’Etudes/Aussi rouge que possible …  – Enfant de 4 à 6 ans : 26 octobre, 4 novembre, 16, 22 et 31 décembre 2009
  • Stage 3 séances Fil rouge ! – Galerie d’Etudes/Aussi rouge que possible … – Enfant de 7 à 10 ans : du 2 au 4 novembre 2009
  • Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris

Le Rouge dans tous ses états

Vendredi 11 septembre 2009

Affiche Little Red Riding Hood - John Hassal vers 1898 - Bibliothèque des Arts Décoratifs - Photo : Laurent Sully-Jaulmes

Affiche Little Red Riding Hood - John Hassal vers 1898 - Bibliothèque des Arts Décoratifs - Photo : Laurent Sully-Jaulmes

Omniprésent depuis les origines de l’humanité, le rouge se conjugue en une infinité de nuances. Les “grands” de ce monde en ont fait leur couleur phare et sa force symbolique est sans égal. Artistes et artisans y ont toujours puisé leur inspiration. On ne peut que louer l’initiative du Musée des Arts décoratifs de Paris qui présente l’exposition “Aussi rouge que possible …” et nous livre, grâce à une sélection de 400 objets issus de son Fonds, le rouge dans tous ses états.

Des origines naturelles nombreuses

Il existe des matériaux et substances rouges à l’état naturel comme le porphyre et le corail. Mais la plupart des matières telles que les textiles, la céramique, le verre, la laque d’Orient, doivent être teintées dans la masse ou peintes. L’origine du colorant est multiple. Si la plus ancienne est minérale – oxyde de fer, carbonate de cuivre, ocre – , la couleur rouge a également été extraite de plantes – garance, carthane … – ou d’animaux – murex, cochenille.

Bracelet avec cadenas en forme de coeur en corail et os - Bijoutier, Paris 1838 - Les Arts Décoratifs - Photo : Jean Tholance

Bracelet avec cadenas en forme de coeur en corail et os - Bijoutier, Paris 1838 - Les Arts Décoratifs - Photo : Jean Tholance

Une palette de nuances infinies

De composition chimique depuis le début du XIX° siècle, le rouge n’a nullement perdu sa première place au hit parade des couleurs. De l’orangé à l’amarante, en passant par le vermillon et le pourpre, le rouge se décline sous mille et une nuances. Il constitue la palette la plus riche des couleurs connues et les créateurs s’en sont souvent emparés pour donner une dimension secrète ou précieuse à certains de leurs accessoires ou vêtements.

Une symbolique forte

La symbolique attachée à la couleur rouge est en effet très forte. Les pierres précieuses en particulier révèlent ses vertus. Les rubis ornent les vêtements d’apparat des rois et de l’élite. Cette pierre rouge, de la famille minérale du corindon, signe la  sacralité du pouvoir.

La symbolique du rouge a évolué au fil des siècles et selon les civilisations mais n’a jamais rien perdu de sa force. Au XXème siècle encore, le Petit Livre Rouge de Mao Zédong a galvanisé les foules révolutionnaires et le “Rouge Baiser” a marqué l’émancipation de la femme, sans parler du Petit Chaperon Rouge qui continue de bercer les peurs enfantines …

Emblématique, artistique, technique, c’est véritablement le Rouge dans tous ses états que l’on peut découvrir au Musée des Arts Décoratifs.

Gouache réhauts d'or sur papier, page d'album de dessin - Maison Petiteau, Paris, 1850 - 1878 - Les Arts Décoratifs - Photo : Jean Tholance

Gouache réhauts d'or sur papier, page d'album de dessin - Maison Petiteau, Paris, 1850 - 1878 - Les Arts Décoratifs - Photo : Jean Tholance

  • Exposition Aussi Rouge que possible … – Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 19 mars 2008 au 3 janvier 2010

Le Rouge inspire également les créateurs présents sur la boutique Notes Précieuses, notamment Cécile Boccara.

Collier Pourpre - Cécile Boccara - Boutique en ligne notesprecieuses.com Notes Précieuses

Collier Pourpre - Cécile Boccara - Boutique en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses

Boucles d'oreilles Poppy - Cécile Boccara - Boutique en ligne notesprecieuses.com Notes Précieuses

Boucles d'oreilles Poppy - Cécile Boccara - Boutique en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses

Bijoux Art Déco et Avant Garde

Mercredi 8 juillet 2009

Les amateurs de bijoux n’ont plus que quelques jours pour découvrir les “Bijoux Art Déco et Avant Garde – Jean Després et les bijoutiers modernes” au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Cette superbe exposition, qui rassemble plus de trois cents pièces des années 1930 ferme ses portes le 12 juillet prochain.

Au fil de la visite, nous sommes conviés à un voyage dans l’univers de la modernité. Avec Jean Després naît toute une génération de bijoutiers qui va apporter un souffle radicalement novateur par rapport à la conception plus convenue de l’esthétisme.

Glorifiant la mécanique, ces créateurs sont portés par l’évolution technique et les grands courants artistiques de l’époque : cubisme, constructivisme … Les bijoux sont traités de façon structurée, voire architecturée, largement inspirés par la machine. Jean Després n’hésite pas à intituler ses “bijoux moteurs” : “broche bielle” ou “broche villebrequin”.

  • Exposition Bijoux Art Déco et Avant garde, Jean Deprés et les bijoutiers modernes – Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 19 mars au 12 juillet 2009

Pendentif en argent, or, laque et citrine - Jean Després 1932 - Collection Stéphanie Seymour Brant - © Bruce M. White 2008

Pendentif en argent, or, laque et citrine - Jean Després 1932 - Collection Stéphanie Seymour Brant © Bruce M. White 2008

Certaines créatrices contemporaines trouvent dans l’univers Art Déco la source de leur inspiration. Elsa Cernogora, sous la marque Zaëlle a ainsi crée une “bague Art déco“, en vente sur notre boutique en ligne Notes Précieuses.

Bague Art Déco - Zaëlle © Notes Précieuses

Bague Art déco - Zaëlle - Boutique en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses