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Exposition Bijoux européens 2012

Vendredi 3 février 2012

Expo-bijouxOn ne change pas une formule qui marche. Pour la seconde année consécutive, les lycéens bijoutiers de dix écoles européennes ont appris et utilisé des techniques en usage dans d’autres pays que le leur pour créer des bijoux. Ce projet, baptisé “Raconte-moi un bijou !” en référence au Petit Prince de Saint-Exupéry, est soutenu par l’Union Européenne à travers le programme Comenius. Les bijoux de tous les participants sont présentées dans une exposition collective itinérante. Comme l’an passé, la première a lieu au Musée de la Cité de l’Or de Saint-Amand Montrond. Les suivantes se tiendront : en février à Namur, début mars à Madrid, fin mars à Volos (Grèce), en mai à Lisbonne puis à Porto, en juin à Anvers, en juillet et aout en République Tchèque. Tous les événements en relation avec le projet sont régulièrement relatés dans “Le Mur“, journal des lycéens du lycée Guéhenno, et sur son site internet.

Expo-bijoux-europeens

A gauche : Vernissage de l'exposition "Raconte-moi un bijou !" à la Cité de l'Or, A droite : Les terminales BMA en République Tchèque dans la première phase du projet : Repérages des techniques sur le sertissage de grenats de Bohême © Lycée Guéhenno, Le Mur

Chacun des bijoux exposés est le fruit d’une démarche originale. Chaque école partenaire est intégrée dans un patrimoine local où se mêlent histoire du métier et traditions artisanales. L’objectif est de faire partager cette culture spécifique et les pratiques locales avec d’autres établissements qui, comme le lycée de Saint Amand Montrond, sont engagés dans une pédagogie de projet. Cette fertilisation croisée des connaissances s’effectue par un apprentissage classique et a multiplication des rencontres entre les étudiants, les professionnels et les artisans créateurs de bijoux.

Bague-grenat

A gauche : Bague - Aline Marchaise, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Comenius 2012, Au centre : Pendentif - Leila Traballoni, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Bijou création Comenius 2012, A droite : Bijou création - Eva Decostanzi, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Comenius 2012 © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens français sont allés en République Tchèque découvrir les prestigieux grenats de Bohême.

Pendentif-medaillon

A gauche : bijou création Comenius 2012, Mārtiņš Ēlerts, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie, Au centre : bijou création Comenius 2012, collectif, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie A droite : bijou création Comenius 2012, Aivis Bērznieks, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie © Lycée Guéhenno, Le Mur

Tout comme les lycéens Lettons de Liépaja, ils ont travaillé le sertissage de ces grenats sur argent, en s’inspirant de l’école de Turnov.

Bijoux-filigrane-en-argent

A gauche : Bijou création Comenius 2012 - Tereza Prášilová - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque, Au centre : Bijou création Comenius 2012 - Martina Kratka - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque, A droite : Bijou création Comenius 2012 - Tereza Novakova - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les éléves Tchéques ont, pour leur part, intégré la méthode du filigrane de Valenza tandis que les Italiens de l’école Cellini à Valenza ont utilisé les procédés du ciselage et du métal repoussé découverts à Lisbonne.

Bijoux-metal

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Jürghen Uku, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie, Au centre : Bijou création Comenius 2012, collectif, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie, A droite : Bijou création Comenius 2012, Valentina Sellitto, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens de Lisbonne ont réinvesti les méthodes artisanales de l’émaillage et de la granulation enseignées à Madrid,

Bijoux-contemporains-metal

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Maria Medeiros, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, PortugalAu centre : Bijou création Comenius 2012, Débora Bastos, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, PortugalA droite : Bijou création Comenius 2012, Inês Martins, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, Portugal © Lycée Guéhenno, Le Mur

tandis que ceux de Porto ont utilisé les techniques traditionnelles de gravure sur os découvertes à Turnov.

Collier-blanc

A gauche : bijou création Comenius 2012, Martina Teixeira, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal, Au centre : bijou création Comenius 2012, Catarina Costa, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal, A droite : bijou création Comenius 2012, Cláudia Baltarejo, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les étudiants d’Anvers ont travaillé sur les techniques “mokume” de Volos et

Mokume

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Stéphanie Van de Rydt, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Ali Dzangoyan, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique, A droite : Bijou création Comenius 2012, Batoul Lakkis, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique © Lycée Guéhenno, Le Mur

les Grecs se sont inspirés des techniques d’argenterie et d’orfèvrerie découvertes à Anvers.

Bijou-contemporain-argent

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Maria Karagianni, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Elena Erishova, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce, A droite : Bijou création Comenius 2012, Fofo Kondouri, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce © Lycée Guéhenno, Le Mur

L’école belge de Namur est allée découvrir les techniques artisanales d’émaillage et de damasquinage à Madrid.

Bracelet-manchette-femme

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Ulrike Sandow, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Aloïs Loviny, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique A droite : Bijou création Comenius 2012, Ramon Salvatore, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens espagnols ont quant à eux travaillé les anciennes pratiques de filigrane découvertes à Lisbonne et Porto.

Bijoux-animaux

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Isabel Villarón Castro, Escuela Arte 3, Madrid, Espagne, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Cibeles Bello, Escuela Arte 3, Madrid, EspagneA droite : Bijou création Comenius 2012, Antonia Juanes, Escuela Arte 3, Madrid, Espagne © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les douze bijoux présentés par l’équipe du lycée professionnel Jean Guéhenno sont des créations des lycéens de Terminale du Brevet des Métiers d’Art : Marion Andrieu, Clément Bonnet, Mathilde Bouet, Célia Dabiel, Eva Decostanzi, Ségolène Guéno, Aline Marchaisse, Adeline Meignin, Gaël Morcillo, Christine Recamier, Lauriane Sourdeaux, et Leila Traballoni.

Xavier-Massonnaud

A gauche : Les 50 délégués de 6 écoles de bijouterie et une partie de l'équipe française se consultent à propos du projet "Raconte-moi un bijou !", programme européen Leonardo, A droite : Xavier Massonnaud, invité d'honneur des journées européennes © Lycée Guéhenno, Le Mur

L’établissement de Saint-Amand Montrond propose tous les niveaux de formations aux métiers du bijou et dispose d’un équipement de pointe. Il pratique une pédagogie de la réussite cherchant à favoriser l’autonomie de chacun. Ancien élève du Lycée Jean Guéhenno - il a fait partie de la première promotion de BMA de l’établissement -, Xavier Massonnaud est l’invité d’honneur de l’exposition.

  • Exposition Bijoux européens 2012, Raconte-moi un bijou ! – Cité de l’Or, pyramide des métiers d’art, espace Serge Vinçon – Saint Amand Montrond
  • Du 18 janvier au 6 février 2012, de 10h à 12h et de 14h à 17h30

Exposition de bijoux des écoles européennes en bijouterie joaillerie à la Cité de l’Or

Mercredi 19 janvier 2011

Bijoux-européens-2011Cette année à nouveau, Saint-Amand Montrond ouvre le bal. C’est au Musée de la Cité de l’Or que se tient actuellement la première exposition 2011 des travaux des étudiants bijoutiers européens réalisés dans le cadre du projet Comenius  “Raconte-moi un bijou !”. Les collections seront ensuite présentées : en février à Namur, en mars à Madrid, en avril à Liépaja (Lettonie), en mai à Porto, en juin à Anvers, de juillet à septembre en République tchèque, en octobre à Valenza et en novembre à Lisbonne. Cette exposition itinérante est l’aboutissement de tout un processus de création qui multiplie les rencontres entre les étudiants et des professionnels et artisans du bijou pour la pérennisation non seulement des techniques mais de tout un savoir faire. Toutes ces expériences sont en outre relatées dans le journal des lycéens et sur le site internet Le Mur, l’information étant partie intégrante du projet.

Formation-bijouterie-joaillerie

A gauche : Dans les locaux du journal Le Mur, Lucie et Pauline présentent les projets du lycée professionnel Jean Guéhenno réalisés à partir de la pierre volcanique, A droite : Axana Fouilloux, designer et conférencière venue d'Italie discute avec des lycéens de Première BMA de Jean Guéhenno © Photos : Lycée Jean Guéhenno, Journal Le Mur

Clin d’œil au Petit Prince de Saint-Exupéry, “Raconte-moi un bijou !” évoque les rêves de l’enfance, les apprentissages de l’adolescence et plus généralement la transmission des connaissances. Dix écoles de bijouterie européennes y ont engagé leurs étudiants avec l’aide de l’Union Européenne dans le cadre du programme Comenius. Parce que chaque pays a sa propre histoire, sa propre culture et ses propre traditions artisanales, les élèves de chaque école partenaire ont dû, pour créer leurs bijoux, découvrir et intégrer les savoir faire traditionnels locaux.

Vernissage-exposition-bijoux

A gauche : La délégation de l'école belge d'Anvers présente officiellement ses travaux à Jacques Lambermont, le maire adjoint chargé de la Culture à Saint-Amand Montrond lors du vernissage de l'exposition, A droite : Vernissage de l'exposition © Photos : Lycée Jean Guéhenno, Journal Le Mur

Ainsi, en s’inspirant d’objets exposés au château Sterckshof, les lycéens d’Anvers ont travaillé les techniques d’argenterie ; ceux de Namur ont créé des pièces contemporaines en utilisant le procédé de la dinanderie.  A l’école de Turnov (République Tchèque), on a avant tout appris à tailler les grenats de Bohême. Les élèves de Volos (Grèce) se sont, eux, inspirés des bijoux du musée archéologique de leur ville et en ont étudié le filigrane. Les Italiens de l’école Cellini à Valenza ont surtout travaillé les méthodes d’emboutis, de la ciselure, de la gravure et du filigrane.

Formation-bijouterie-joaillerie-exposition-bijoux

A gauche : Pic à cheveux - Moussa Atabaev - Ecole Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten (SIHA) - Anvers, Belgique, Au milieu : Collier pendentif - Maria Leonor Oliveira - Ecole Escola Secundaria Antonio Arroio (ESAA), Lisbonne, Portugal, A droite : Pendentif "Eye Shadow" en laiton, technique de "lavradinho". Idée conceptuelle : "La réalité est subjective dans les yeux du spectateur" - Cláudia Pascoal - Ecole Escola Secundaria Soares Dos Reis (ESSR) - Porto, Portugal © Lycée Jean Guéhenno, Journal Le Mur

Les lycéens de Liépaja (Lettonie) ont quant à eux découvert et utilisé d’anciennes techniques de découpage et de forgeage. Ceux de Lisbonne ont réinvesti le savoir faire artisanal du métal repoussé et du filigrane, tandis qu’à l’école de Porto, on est revenu à la tradition du “lavradinho” et  du “caseado” pour travailler le métal. Les Madrilènes ont utilisé les anciennes formules de filigrane, d’émaillage et de damasquinage.

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A gauche : Collier pendentif - Mº Dolores Rodriguez Melero - Ecole Escuela de Arte n°3 - Madrid, Espagne, Au milieu : Collier - Elodie Peigneux - Ecole Institut des Arts, Techniques et Artisanats (IATA) - Namur, Belgique, A droite : Broche - Lada Vosejpková - Ecole Střední Uměleckoprůmyslová Škola (SUPS) - Turnov, République tchèque © Lycée Jean Guéhenno, Journal Le Mur

Les Français ont appris à tailler les pierres volcaniques de Volvic en Auvergne et à y pratiquer l’émaillage.

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A gauche : Colliers pendentifs - Dainis Ozonilins - Ecole Liepājas Mākslas Vidusskola (LMV) - Liepaja, Lettonie, Au milieu : Broche - Aimilia Tzioti - Ecole Municipal Vocational Training Institute of Volos (DIEK) - Volos, Grèce, A droite : Pendentif - Lucie Meurgue - Lycée Professionnel Jean Guéhenno (LPJG) - Saint-Amand Montrond, France © Lycée Jean Guéhenno, Journal Le Mur

L’exposition permet donc d’admirer une vaste palette de créations, les collections présentées par chaque école étant fortement personnalisées. Designer et maquettiste en haute joaillerie, Axana Fouilloux est cette année l’invitée d’honneur de la manifestation. Elle fait bénéficier les apprentis bijoutiers de son expérience qui se situe entre France et Italie : détentrice d’un BMA obtenu au lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand Montrond, elle a poursuivi sa formation en gemmologie et aux techniques de lapidaire à Valenza, puis est devenue créatrice pour l’une des plus importantes entreprises de haute joaillerie italienne.

  • Exposition Bijoux Européens 2011 “Raconte-moi un bijou !” – Cité de l’Or, Espace Serge Vinçon – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond – Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h15 et de 13h45 à 17h30
  • Exposition Européenne – 10 écoles de bijouterie partenaires du projet – Du 19 janvier au 31 janvier 2011
  • Pierres de Volvic et Pierres de Madrid – Terminales CAP et BMA du lycée professionnel Jean Guéhenno – Du 7 février au 11 mars 2011

Formation en bijouterie joaillerie au lycée professionnel Jean Guéhenno

Vendredi 2 juillet 2010

Broche créateur

Broche - Fabien Ratane - Pièce d'examen TDMA

Le lycée professionnel Jean Guéhenno de Saint Amand Montrond occupe une place importante dans la formation en bijouterie et joaillerie en France. Yves Denieul, proviseur du Lycée, répond aux questions du Magazine Notes Précieuses.

Notes Précieuses : En quelques mots, pouvez vous présenter la formation bijoutière au Lycée Jean Guéhenno ?

Yves Denieul : C’est le plus grand centre français de formation bijouterie joaillerie. Notre établissement compte 230 élèves dans ce secteur. L’enseignement se prodigue à tous les niveaux : CAP, BMA et DMA. Nous bénéficions également de mentions complémentaires en joaillerie et sertissage.

NP : Comment intègre-t-on le lycée ?

YD : 60 places sont disponibles en première année de CAP bijouterie joaillerie. Les élèves sont sélectionnés sur dossier. Ils viennent de la 3ème , ou se réorientent après une 2nde. Le diplôme s’obtient en deux ans. De nombreux élèves passent ensuite en BMA Art du bijou et du joyau (deux ans d’études également) et certains ensuite en DMA. Les élèves d’autres établissements intègrent directement au niveau BMA à travers la procédure d’orientation post- CAP-BEP. L’entrée en DMA Art du bijou et du joyau, se fait avec la procédure affectation post-bac. Nous avons aussi un CAP en un an de 15 places pour ceux qui ont le baccalauréat avec une sélection sur dossier.

NP : Les élèves qui se lancent dans le métier ont-ils toujours conscience de ses caractéristiques ?

YD : En général, pas vraiment. Au départ, l’enseignement des techniques bijoutières, c’est déconcertant ; il faut beaucoup de persévérance et d’abnégation. Apprendre ici, c’est faire et refaire, car le travail du métal, ce n’est pas facile. Pour les débutants, la période difficile se situe à la fin du 1er et au cours du 2ème trimestre, car on ne se voit pas avancer. Au bout d’un an généralement, on arrive à maîtriser suffisamment les techniques pour obtenir quelque chose. Faire un bijou, c’est avant tout scier, percer, limer … Il faut aussi apprendre à penser en trois dimensions … Mais, ceux qui ont été pugnaces et persévérants sont récompensés lorsqu’ils peuvent réaliser leur première pièce. Pour la plupart, nos étudiants sont enthousiastes.

bague créateur en argent et collier créateur

A gauche : Bague - Claudia Guillerme - Pièce d'examen TDMA, A droite : Collier - Claudia Guillerme - Pièce d'examen TDMA

NP : Quels sont les principaux atouts de votre établissement ?

YD : Nous bénéficions d’une bonne image auprès des élèves – qui viennent de toute la France – et d’une bonne renommée auprès des professionnels ; on prend facilement en stage un élève de Guéhenno. Historiquement, nous avons toujours été à la pointe. Le premier BMA ainsi que le premier DMA en établissement public ont été ouvert à J. Guéhenno .

Une volonté d’aller de l’avant avec un parc machine qui évolue sans cesse pour être proche de celui des entreprises. En DMA, nous apportons une bonne pratique machine à nos élèves et en prototypage rapide. C’est apprécié des professionnels. L’établissement a été labellisé lycée des Métiers en 2004.

NP : Le fait d’être situé à Saint-Amand est-il un atout supplémentaire ?

YD : Tout d’abord, étudier à Saint Amand, c’est vivre dans un environnement calme et verdoyant. C’est un point important pour des parents dont les enfants vont vivre loin d’eux. Le lycée est en cours de restructuration. Nous avons un très bon travail de partenariat avec la municipalité de St-Amand. La Mairie accueille toutes nos expositions dans un endroit prestigieux : la Cité de L’Or. De notre côté, nous essayons d’aider la municipalité à développer son Pôle bijou et Métiers du Luxe. En soi, c’est un plus d’avoir un centre de formation à côté d’entreprises des métiers du luxe.

Broche créateur et bague créateur

A gauche : Broche - Aline Heitz - Pièce d'examen TDMA, A droite : Bague - Aline Heitz - Pièce d'examen TDMA

NP : C’est important le partenariat avec les entreprises durant la scolarité ?

YD : C’est essentiel. Nos élèves découvrent beaucoup en entreprise sur le plan purement métier mais aussi sur les aspects gestion du temps, respect des contraintes … Nous recevons également des professionnels dans nos classes. Cette année, un sertisseur est venu voir comment “travaillaient nos élèves”. Pour nos élèves, le regard des professionnels ainsi que leurs conseils sont très importants.

NP : Les entreprises de la région doivent être beaucoup sollicitées …

YD : Enormément, mais pas seulement les entreprises locales. Nos élèves partent en stage dans toute la France. Le processus est toujours le même. Durant les premières années de leur scolarité, ils cherchent avant tout un stage près de leur domicile. Puis, au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur cursus, ils sont plus motivés, plus exigeants et la recherche est plus ciblée. Ils visent alors plutôt l’entreprise – quelle que soit sa localisation – qui leur apportera le plus dans le domaine qui les intéresse.

Collier et broche

A gauche : Collier et pendentif - Christelle Moreau - Pièces d'examen TDMA, A droite : Broche - Christelle Moreau - Pièce d'examen TDMA

NP : Y a t il des échanges européens ?

YD : Saint-Amand Montrond est au centre de l’hexagone, mais nous sommes ouverts sur l’Europe. C’est bien que les jeunes de toutes les nationalités puissent échanger. Cette année, dans le cadre de Léonardo, en 1ère année de BMA, sur une classe de 29 élèves, 4 sont allés en Belgique, 7 en Italie et 2 au Portugal. Pour notre part, nous avons accueilli 4 Belges (pendant 15 jours) et des Italiens. Ces élèves font des stages en entreprise et l’école facilite leur présence sur place et assure le suivi de cette formation. A terme, nous souhaiterions envisager des échanges d’élèves sur une plus longue période, mais ce processus coûte cher et on se heurte à des problèmes de financement.

NP : Vos projets pédagogiques vont également au delà de la réalisation de bijoux …

YD : Oui, Le Mur, organe d’expression des élèves bijoutiers, est un outil pédagogique d’ouverture. Il parle de la vie au lycée, de notre travail, des projets pédagogiques … Les élèves travaillent dans l’univers du bijou. Ils visitent, découvrent d’autres expériences, rapportent des matériaux, rencontrent des “collègues” … ; alors ils prennent des notes, rédigent des articles et les publient. Au départ – il y a maintenant plus de vingt ans -, tout cela s’affichait seulement en interne, d’où le nom du Mur. Aujourd’hui, Le Mur est un véritable magazine, renommé, et complété par un site internet. Des échanges européens ont été initiés à travers ce journal et l’association européenne du PLE “Parlement lycéen Européen des écoles de bijouterie et presse lycéenne”. Un réseau pédagogique et professionnel rassemble des écoles de bijouterie européennes autour de projets communs tels que des expositions itinérantes du type “Quand la pierre brute devient bijou“… Deux enseignants et deux élèves ont représenté le lycée Guéhenno à l’Assemblée Générale du “Parlement” qui s’est tenue fin mai à Namur.

Collier créateur et pendentif

A gauche : Collier - Cyrielle Moreau - Pièce d'examen TDMA, A droite : Collier et pendentif - Cyrielle Moreau - Pièce d'examen TDMA

NP : Globalement, quelle est la répartition garçon / fille ?

YD : A tous les niveaux, on constate une tendance forte à la féminisation. Aujourd’hui, tout ce qui est ”artistique” attire plus les filles que les garçons. L’occupation de l’internat est un indice significatif à Saint-Amand Montrond, car nos élèves viennent de toute la France. Il y a dix ans, on dénombrait deux garçons pour une fille ; aujourd’hui, le rapport est inversé. Notons aussi qu’il y a cette année une classe d’une quinzaine d’élèves où l’on ne compte  qu’un seul garçon.

NP : Quels sont actuellement les débouchés dans la filière bijou ?

YD : Sur ce point, comme dans de très nombreux secteurs, la crise économique a pas mal changé la donne. Avant la crise, un tiers de nos élèves diplômés en sertissage partaient travailler en Suisse. Mais cette filière s’est pour l’instant tarie. De façon beaucoup plus générale, on trouve moins facilement de travail aujourd’hui car beaucoup d’ateliers ferment. Ce sont les sous traitants qui souffrent le plus. En revanche, les artisans qui réalisent des bijoux à la demande – autour d’une pierre, par exemple – ou les entreprises à forte capacité créative résistent mieux.

Boucles d oreilles créateur et collier

A gauche : Boucles d oreilles - Jessica Clemenceau - Pièce d'examen TDMA, A droite : Collier et pendentif - Jessica Clemenceau - Pièce d'examen TDMA

NP : Y a-t-il des stratégies de substitution pour vos diplômés ?

YD : Parfois, les élèves prolongent leurs études : ceux qui ont fait du Design continuent leurs études dans des ateliers de création. Par ailleurs, certains utilisent les acquis de leur enseignement – minutie et persévérance – pour s’orienter vers d’autres métiers, notamment l’électronique. Après le CAP, d’autres mettent à profit leurs compétences techniques pour s’orienter vers la vente en bijouterie

NP : Ne sont-ils pas tentés de se mettre à leur compte ?

YD : Quelques uns effectivement deviennent auto-entrepreneurs, surtout après le DMA. Mais, la plupart de nos élèves s’estiment trop jeunes et n’ont pas envie de se lancer. Ils préfèrent généralement continuer à apprendre et mieux connaître le métier. Ils ne sont pas tentés non plus par la reprise de bijouteries, alors qu’elles sont nombreuses à fermer faute de successeur. Il est vrai aussi, qu’en France, on manque de soutien pour s’établir. Les structures aidantes actuelles, du type pépinières, sont insuffisantes. Il faudrait s’inspirer de ce qui se fait dans le domaine artistique ou du spectacle avec des lieux de création encadres et aidés.

Bague créateur et collier

A gauche : Bague - Jessica Clemenceau - Pièce d'examen TDMA, A droite : Collier et pendentif - Jessica Clemenceau - Pièce d'examen TDMA

NP : Quelles sont les qualités requises pour réussir à la sortie du lycée ?

YD : Toujours beaucoup de soin et de persévérance. Encore de l’écoute et le sens de l’observation pour capter le savoir faire chez les autres. Les métiers d’artisanat en particulier nécessitent de l’opiniâtreté. La formule célèbre de Boileau “vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage” s’applique particulièrement au secteur bijoutier.

NP : Formez vous également des adultes ?

YD : Nous avons pour ambition de dispenser de la formation pour adultes. Nous avons fait nos premières armes dans le sertissage. Pour les années à venir, nous nous orientons vers la formation de trois adultes par an, pas plus. Il ne s’agira pas d’une formation ex-nihilo, mais d’un perfectionnement dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation).

Bagues créateur

A gauche : Bague - Cyrielle Moreau - Pièce d'examen TDMA, A droite : Bague - Claudia Guillerme - Pièce d'examen TDMA

NP : Quel regard portez vous sur la bijouterie en France ?

YD : En France, on est un peu traditionaliste : il manque sans doute une catégorie de bijoux entre joaillerie – dont le prix  d’un bijou se monte à quatre chiffres et plus – et la fantaisie tout venant – à deux chiffres. Il manque une tranche de bijoux de qualité – à 3 chiffres – pour qui aime la qualité sans se ruiner. Cette tranche intermédiaire permet de changer plus souvent de bijou, même si l’on n’a pas des revenus très conséquents.

NP : Peut-être êtes vous, vous mêmes, trop classique dans vos formations.

YD : Je ne pense pas. Notre mission première est de préparer les élèves à des examens pour lesquels nous avons des programmes à respecter. Au départ, la formation que nous dispensons est essentiellement celle de joaillier. Après le DMA, certains créateurs mélangent les matériaux. La création ne se réduit pas en effet à un matériau unique, ni obligatoirement très prestigieux. Dans les échanges européens, nos élèves ont appris avec enthousiasme des Italiens que des pierres moins précieuses que celles utilisées en joaillerie traditionnelle, une fois taillées pouvaient avoir de très jolis reflets. Mais, quoiqu’il en soit, nos anciens élèves l’attestent, ce n’est qu’au prix d’une bonne formation qu’on a les coudées franches pour laisser libre court à ses capacités créatrices et pouvoir réaliser ce que l’on aime.

  • Interview réalisée le 19 mai 2010
  • Lycée professionnel Jean Guéhenno – 31 rue des Sables – 18200 Saint Amand Montrond – Tél : 02. 48. 96. 24. 30. – Mail : ce.0180025e@ac-orleans-tours.fr

7ème Biennale des Métiers d’Art à Saint Amand Montrond

Jeudi 18 mars 2010

biennale-des-metiers-dartLes 23, 24 et 25 avril prochains, la Ville de Saint‐Amand‐Montrond organise la 7ème édition de la Biennale des Métiers d’Art. Soixante exposants appartenant à trente cinq métiers différents valoriseront leur savoir‐faire. Cette année encore, le bijou occupera une place importante. Un espace sera réservé aux métiers de la bijouterie et l’on pourra rencontrer dix artisans bijoutiers, un lycée professionnel – le lycée Jean Guéhenno -, un bijoutier fabricant et deux villes labellisées Ville et Métiers d’Art pour la bijouterie : Baccarat et Saint-Amand-Montrond.

Echanges, animations et démonstrations sont au programme. L’objectif de cette manifestation est de fournir un lieu de rencontre à tous les acteurs du monde de l’artisanat d’art et de la formation. Il s’agit aussi de faire découvrir les métiers artistiques au grand public – durant le week end – et aux scolaires – le vendredi. Tous les collèges (élèves de 3ème) et lycées de la région Centre sont invités à participer.

Gageons que l’édition 2010 connaîtra un grand succès, à l’image du “cru” 2008 où les exposants avaient pu partager leur passion avec plus de 6000 visiteurs, dont 750 scolaires. La 7ème Biennale se tiendra au sein de la Cité de l’Or et du complexe “salle Aurore”. Et, pour la première fois cette année, chaque visiteur recevra un ticket lui permettant de visiter à tarif réduit la Maison de l’Or, espace muséographique interactif et ludique. De plus, les œuvres présentées pourront être achetées.

  • 7ème Biennale des Métiers d’Art – Cité de l’Or – Espace Serge Vinçon et complexe  “salle Aurore” – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond
  • Du 23 au 25 avril 2010 : Journée scolaire le 23 avril, de 9h à 17h et journées grand public les 24 et 25 avril, de 10h à 19h

La pierre brute, objet d’étude des écoles de bijouterie européennes

Lundi 11 janvier 2010

affichebijouxeuropeensLe vernissage de l’exposition “Bijoux européens” dans le cadre du projet “Quand la pierre brute devient bijou” se tiendra à la Cité de l’Or de Saint-Amand-Montrond le 19 janvier prochain. L’exposition se rendra ensuite au Portugal, en Grèce, en Italie et en Belgique. Les élèves de huit écoles de bijouterie européennes sont engagés dans cette opération originale et ambitieuse. Il s’agit de prospecter des minéraux de différentes natures à travers l’Europe et de créer des bijoux à partir des matériaux bruts récoltés. Les résultats de leurs recherches et leurs créations sont ensuite présentés au public lors de cette exposition.

Bague - Julie Leduc

Bague - Julie Leduc

C’est l’occasion pour de jeunes apprentis bijoutiers de sortir de leurs frontières et de découvrir in situ de nouveaux matériaux. En 2009, les Français – étudiants du lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand-Montrond -, ont exploité du manganèse en Italie ainsi que de la braunite, du jaspe et de la serpentine, les Belges de Namur ont découvert la pierre volcanique d’Auvergne et ceux d’Anvers, – avec les Lettons et les Portugais – ont travaillé le marbre blanc de Grèce. Les Italiens ont récolté les pyrites et hématites de l’Ile d’Elbe ; les Slovaques ont travaillé des diamants bruts rapportés d’Anvers et les Grecs ont prospecté à la fois l’ambre de la baltique et la pierre de Volvic.

Elèves du lycée professionnel Jean Guéhenno en prospection minéralogique dans la mine de manganèse de Gambatosa en Italie.

Elèves du lycée professionnel Jean Guéhenno en prospection minéralogique dans la mine de manganèse de Gambatosa en Italie.

Le projet “Quand la pierre brute devient bijou” est soutenu par l’Union Européenne à travers le programme Comenius. Il est conçu par et pour les élèves qui rédigent parallèlement des chroniques sur leurs travaux et les publient dans le journal lycéen Le Mur et sur le net. Tous les établissements se sont mobilisés autour de leurs équipes. Il en va ainsi des 220 élèves bijoutiers du lycée Jean Guéhenno : à travers le journal Le Mur et l’association européenne du PLE “Parlement lycéen Européen“, réseau pédagogique et professionnel européen autour du bijou. De telles initiatives illustrent la dynamique pédagogique de cet établissement qui vise à donner à chaque élève l’ouverture nécessaire au développement de ses capacités.

A noter que Sylvie Lambert, doctorante à la Sorbonne et auteure du livre “La bague, parcours historique et symbolique”, sera l’invitée d’honneur de l’exposition. Elle donnera le jour du vernissage une conférence sur “La bague à travers le bijou contemporain”.

  • Exposition Bijoux Européens 2010 – Quand la pierre brute devient bijou ! – Espace Serge Vinçon, Cité de l’Or – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond
  • Du 19 janvier au 4 février 2010

Cité de l’Or à Saint-Amand-Montrond : Pour découvrir l’or sous tous ses aspects

Samedi 7 novembre 2009

Cité de l'Or

Cité de l'Or

Depuis qu’un bijoutier parisien, lassé du tumulte de la capitale, a décidé en 1888 d’ouvrir son atelier à Saint-Amand-Montrond, l’histoire de la Ville est intimement liée à l’or et à la bijouterie. Car le parisien a fait des émules et aujourd’hui une dizaines d’entreprises de la filière emploient localement plus de 350 spécialistes. Cinq tonnes d’or sont traitées chaque année – soit 10% du marché national – ce qui place le pôle berrichon au 3éme rang, immédiatement après Paris et Lyon. En 2006, Saint-Amand-Montrond a été labellisé “Pôle technologique de la Bijouterie” parmi les pôles d’excellence rurale.

Pour célébrer le précieux métal, une Cité de l’Or a été érigée il y a quatre ans. Ce bâtiment, en forme de pyramide, abrite musée, salles de spectacle et d’expositions ainsi que divers services aux entreprises. L’espace muséographique, interactif et ludique, raconte l’histoire de l’or, ses utilisations et ses transformations : de l’extraction au bijou fini en passant par les applications industrielles. Un spectacle utilisant la technique du théâtre optique évoque les légendes et les réalités de l’industrie bijoutière locale. On peut aussi assister à des démonstrations de coulée de lingots d’or.

Fabrication d'un lingot d'or

Fabrication d'un lingot d'or

A la Cité de l’Or, le bijou occupe une place centrale ; une collection de 260 pièces témoigne d’un siècle et demi de tradition bijoutière. Des expositions temporaires sont également régulièrement organisées. Ainsi, du 19 janvier au 4 février 2010, se tiendra l’exposition “Bijoux Européens 2010” dans laquelle les élèves du Lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand-Montrond, – le plus gros établissement français de formation de la filière Art du Bijou et du Joyau – sont intimement impliqués .

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Si vous voulez vous familiariser avec le monde du bijou, si vous voulez savoir comment l’or est extrait de la terre ou des rivières ; pourquoi il est rose, jaune, gris ou rouge ; comment se fabrique le célèbre collier en maille palmier  – la spécialité locale ! – …., Saint-Amand-Montrond vous attend, au coeur de la France, sur les bords du canal de Berry.

  • La Cité de l’Or – Rue Pelletier Doisy – 18208 Saint-Amand-Montrond