Louise Bourgeois à la Maison de Balzac : création textile autour d’Eugénie Grandet
Lundi 24 janvier 2011
La Maison de Balzac à Paris accueille la présentation des œuvres que Louise Bourgeois a dédiées à Eugénie Grandet. Cette exposition, “Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet…”, est une création originale spécialement conçue par l’artiste, peu avant sa mort, pour ce musée. C’est aussi l’aboutissement d’une longue réflexion d’une artiste qui affichait un attachement particulier à ce personnage de Balzac, affirmant même : “J’aime cette histoire, ce pourrait être l’histoire de ma vie”. Le visiteur peut découvrir une vingtaine d’œuvres : créations textiles, peintures, eaux fortes, collages … Toutes évoquent le temps qui passe. On retrouve aussi l’humilité des ouvrages de dame, avec perles, boutons, fleurs artificielles … Mais ici, comme le souligne l’essayiste Jean Frémon : “Le monogramme brodé L.B., marque traditionnelle du trousseau, devient la signature de l’artiste”.

A gauche : Louise Bourgeois, 2008 © Photo : Dimitris Yeros, Adagp, Paris 2010, Au milieu : Gouache sur papier représentant Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photo : Christopher Burke, Adagp, Paris 2010, Courtesy Cheim & Read, Hauser & Wirth and Galerie Karsten Greve, A droite : Buste de Balzac en terre cuite - Anatole Marquet de Vasselot, 1868 © Photo Notes Précieuses
A la maison de Balzac, aucune création gigantesque dont la sculptrice était coutumière. On ne retrouve pas non plus les araignées tisserandes ou les broches araignées de cette artiste majeure du XXème siècle que les plus grands musées mondiaux – Moma, Tate Modern, Guggenheim, Pompidou … – ont exposée. Ici, Louise Bourgeois est revenue à la couture et à la broderie pour des compositions plus intimistes : créations textiles en soie, plastique, feutre, verre et fil sur tissu. Pour elle, c’était surtout un mode de création lié au souvenir de sa mère qui était tisserande. A travers cette technique, elle nous livre plusieurs séries de tableaux qui évoquent le temps qui passe, les occupations inutiles, le flétrissement, la solitude.

Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photos Notes Précieuses
L’essayiste Jean Frémon le remarque dans son ouvrage éponyme : “Louise Bourgeois n’a certes rien d’une ignorante fille, mais elle s’est néanmoins reconnue dans cette humble activité couturière. Les torchons et les mouchoirs, souvent usés, qui sont les supports de la plupart des œuvres réunies ici, sont ceux de son enfance, rapportés de France et entassés dans des armoires pendant toutes ces années en attendant le bonheur d’être recyclés en oeuvres d’art”.

A gauche : Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009, Au milieu : Matériaux mélangés sur tissu : verre et fil sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 , A droite : Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photos Notes Précieuses
Publiée en 1833, Eugénie Grandet met en scène le père Grandet, un vigneron frustre et avare. Sa femme, que l’insensibilité de son mari étiole, finit par se tuer. Et sa fille Eugénie se renferme peu à peu sur elle-même pour devenir une vieille fille amère. La rencontre, un siècle plus tard, de l’artiste plasticienne et de l’immense écrivain était inéluctable. Balzac traite des tensions familiales, de l’adolescence, de la douleur et de la solitude, autant de thèmes que Louise Bourgeois a explorés depuis ses premières peintures à la fin des années 1930. Si Eugénie Grandet est ici le personnage central, c’est qu’elle y voit “le prototype de la femme qui ne s’est pas réalisée“, rejoignant Balzac qui évoquait cette femme qui, “faite pour être magnifiquement épouse et mère, n’a ni mari, ni enfants, ni famille”.
- Exposition Louise Bourgeois : Moi Eugénie Grandet … – Maison de Balzac – 47, rue Raynouard – 75016 Paris
- Du 3 novembre 2010 au 6 février 2011
ague, boucle d’oreille, bracelet, broche, camée, gourmette, médaillon, parure, pendentif … , le bijou s’expose sous toutes ses formes au musée du Temps à Besançon. Toutes les pièces sont prestigieuses, comme en témoignent les signatures de leurs créateurs : Picasso, Man Ray, Arp, Calder, Giacometti, Dubuffet, César, Niki de Saint-Phalle, Ben, Louise Bourgeois … C’est à une promenade inédite dans l’art moderne et contemporain que nous convient les quatre vingt douze artistes représentés.

