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Bijoux de la Couronne de France : Nouvelles acquisitions du Musée du Louvre

Lundi 6 septembre 2010

JoaillerieA partir du 16 septembre, pour la première fois, le public pourra admirer le Grand Nœud de Corsage de l’Impératrice Eugénie. Ce joyau, provenant des Diamants de la Couronne de France, sera exposé au Musée du Louvre dans la salle de la Collection Thiers du département des Objets d’Art (aile Richelieu, 1er étage, salle 74), à proximité des appartements de Napoléon III.  C’est grâce à la Société des Amis du Louvre que le musée a pu faire revenir des Etats-Unis ce bijou exceptionnel, réalisé en 1885 par le joailler François Kramer. C’est grâce également  aux crédits que la Société avait mis à sa disposition que le Louvre a pu préempter, lors de la vente Yves Saint Laurent – Pierre Bergé, la Boîte à portrait de Louis XIV. Ce portrait a été présenté à Versailles à l’automne 2009, lors de l’exposition “Louis XIV, l’homme et le roi“. Il est actuellement en réserve et sera bientôt exposé au Département des Objets d’Art. Née en 1897, la Société des Amis du Louvre compte aujourd’hui près de 70 000 membres. C’est le premier mécène privé du Louvre. Depuis sa fondation, 704 œuvres d’art ont été acquises et offertes aux huit départements du musée.

Joaillerie Noeud de corsage

Grand Noeud de Corsage de l'impératrice Eugénie © Musée du Louvre 2008, Martine Beck-Coppola, avec l'aimable autorisation de la Société des Amis du Louvre

Le Grand Noeud de Corsage de l’impératrice Eugénie : Le dessin du nœud, assorti de glands de passementerie, s’inspire librement de modes de la fin du XVIIème siècle. L’œuvre est composée de 2934 diamants dont 2438 pèsent 140 carats. Le sertissage est entièrement ajouré, articulé et traité en relief, afin que les pierres puissent scintiller au moindre mouvement. En fait, il ne s’agit là que d’une pièce d’un ensemble plus conséquent commandé par Napoléon III lors de l’exposition Universelle de 1855. L’Empereur avait passé des commandes à huit grands joaillers parisiens afin de promouvoir le savoir-faire français. Parmi les réalisations, il y avait une parure de feuilles et fruits de groseilliers par Bapst et Kramer comportant une longue guirlande, un devant de corsage, une suite de broches à pampilles et une ceinture. Cette ceinture, œuvre du  jeune François Kramer, réunissait à elle seule 4500 diamants. Mais, dès 1864, l’impératrice avait renoncé à porter une pièce aussi imposante pour n’en garder que l’élément central, adapté en grand nœud de corsage.

Boîte à portrait

Boîte à portrait de Louis XIV (après restauration), de face et de dos © Les Amis du Louvre 2009, photo : Adrien Dirand, avec l'aimable autorisation de la Société des Amis du Louvre

La boîte à portrait de Louis XIV : Ce joyau, dû au miniaturiste Jean Petitot (1607-1691), a conservé sa riche garniture : sur la face quatre-vingt douze diamants brillent autour du buste émaillé du roi Louis XIV, sommé de la couronne fleurdelisée ; au revers, tout en émail, le chiffre royal au double L entrelacé est environné de rinceaux. Si de telles boites étaient dans la première moitié du XVII ème siècle des objets de sentiment, Louis XIV en a fait, à partir des années 1660, des instruments du pouvoir royal. Il les distribuait comme marques de distinction honorifique aux dignitaires étrangers, aux hommes de guerre et aux fidèles serviteurs de la monarchie. En dehors de celle-ci, seules deux autres boîtes sont aujourd’hui connues : l’une conservée à Bologne, qui a aussi gardé tous ses diamants, l’autre conservée au musée de La Haye, mais qui n’est plus qu’une carcasse émaillée, sans ses pierres.  L’or et les pierreries ont causé la perte de ces boîtes trop coûteuses. La boîte présentée au Louvre est sans doute la plus ancienne : l’âge du roi incite les spécialistes à proposer une date proche de 1670.

  • Le Grand Noeud de Corsage de l’impératrice Eugénie (collection permanente, Aile Richelieu, 1er étage, salle 74), à partir du 16 septembre 2010 et la boîte à portrait de Louis XIV – Musée du Louvre
  • Société des Amis du Louvre – 75058 Paris Cedex 01

Louis XIV, grand collectionneur de gemmes

Mercredi 27 janvier 2010

louis-XIV-l-homme-et-le-roi-1Pour la première fois, le château de Versailles consacre une grande exposition à Louis XIV. Plus de 300 œuvres permettent d’approcher la personnalité d’un des plus célèbres monarques français. On y perçoit, bien sûr, le personnage public dont l’image a été construite pour la postérité : le roi de guerre menant ses troupes au combat, le roi mécène protecteur des arts, le roi très Chrétien défenseur de l’Église … Mais derrière le souverain, l’exposition révèle aussi l’homme à travers ses goûts personnels.

Protecteur des arts, le roi était un amateur éclairé et éclectique. Son goût le portait vers des domaines aussi variés que l’architecture, la musique, les jardins, la peinture, la sculpture, les gemmes, les marqueteries de pierre dure, les manuscrits enluminés … Il a formé son jugement au contact des artistes avec lesquels il entretenait des relations suivies. Louis XIV était aussi collectionneur. Dans le Petit Appartement à Versailles, il aimait s’entourer de tableaux et sculptures mais aussi de joyaux, camées, médailles ou autres miniatures. C’est avant tout de Mazarin, dont les collections lui étaient familières, qu’il tient son engouement pour les objets précieux.

En parcourant l’exposition, on peut admirer notamment une des plus belles pièces de la collection de gemmes de Louis XIV : une nef en lapis-lazuli, enchâssée dans une monture d’orfèvrerie ornée de figures d’or émaillé et d’argent doré, chef d’oeuvre de l’orfèvrerie italienne du XVIème siècle. Louis XIV affectionnait particulièrement les gemmes. Selon des dessins d’époque, ces vases en pierres rares, – fines et précieuses magnifiquement serties – étaient disposés sur des consoles, devant des parois de miroirs. Le roi y mêlait souvent des petites sculptures en bronze. Sa collection, qui se composait de 823 gemmes, surpassait largement celles de ses prédécesseurs et celles des autres souverains européens. À la même époque, pareille abondance et diversité – agate, sardoine, jaspe, jade, lapis, améthyste ou cristal de roche – ne se retrouvait guère que chez son fils aîné, le Grand Dauphin.

  • Exposition Louis XIV, l’homme et le roi – Château de Versailles
  • Du 20 octobre 2009 au 7 février 2010