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Bijoux joaillerie des Cours en Europe à Monaco

Jeudi 8 septembre 2011

Expo-MonacoLe Grimaldi Forum de Monaco consacre cette année son exposition d’été aux Fastes et Grandeur des Cours en Europe. Les quelque sept cents œuvres exposées témoignent de la vie, du rôle et des passions des figures impériales, royales et princières qui ont marqué l’Histoire européenne du XVIIème au XXème siècle. Outre de nombreux portraits et tableaux, les visiteurs découvrent des objets d’art ainsi que des costumes, des meubles et des bijoux révélateurs d’une époque et de la personnalité des souverains auxquels ils ont appartenu. Chaque Cour se voit dédier une salle ; ce qui permet de respecter l’identité, l’histoire et la culture de chacune des maisons souveraines.

Couronne-diamant

A gauche : Adélaïde-Marie (1833-1916), seconde épouse du grand-duc Adolphe, huile sur toile - Carl Ferdinand Sohn CARL, 1855 © Cour Grand-Ducale de Luxembourg, Imedia, droite : Grand diadème de la Maison de Nassau - Premier tiers XIXè siècle. Le plus grand et le plus ancien diadème de la collection grand-ducale - Collection Cour Grand-Ducale © Imedia

L’exposition Fastes et Grandeur des Cours en Europe montre combien, dans une Europe aux frontières fluctuantes, les destins se sont croisés au gré des mariages et des alliances. Le voyage à travers les siècles auquel elle nous convie permet également d’entrer dans l’intimité de personnages et de couples célèbres, voire mythiques. On y découvre aussi l’importance des “cadeaux officiels” qui permettaient aux Etats de se mesurer les uns aux autres avec des moyens autres que la guerre. L’ambre de la Baltique est particulièrement significatif à cet égard. On peut dire que si la Prusse fut définitivement reconnue en tant que duché souverain, c’est largement grâce aux somptueux cadeaux d’ambre faits aux monarques européens. Par ailleurs, privilège royal, l’ambre était devenu rapidement la principale ressource de l’Etat prussien et avait fait la richesse du pays, au départ grâce aux immenses commandes de la Perse.

Broche-ancienne

A gauche : Miniature de Christian IX et Louise du Danemark © The Danish Royal Collection, Amalienborg, A droite : Epée "au dragon" © The Danish Royal Collection, Rosenborg

Charles de Bourbon, roi de Naples, surtout célèbre pour avoir lancé les fouilles archéologiques d’Herculanum et de Pompéi, contribua à la création de la fabrique de porcelaines de Capodimonte. Il créa également une manufacture de soie et de pierres dures ainsi qu’une manufacture de tapisserie dont les produits étaient recherchés et lui servaient parfois de monnaie d’échange avec les autres monarques. La porcelaine joua également un rôle important à la cour de Saxe. Auguste Le Fort lui vouait une véritable passion, au point d’échanger avec le roi de Prusse un régiment complet de soldats-dragons contre une centaine de porcelaines de Chine … C’est aussi sous son règne et sous son impulsion que fut découvert le secret de la porcelaine dure qui devint le véritable “or blanc de la Saxe”.

Collier-or-diamant

A gauche : Collier en or, argent, diamants, diamants roses - Estevão de Sousa, XIXème siècle © Palácio Nacional da Ajuda, Luisa Oliveira, Divisão de Documentação Fotográfica, Instituto dos museus e da conservação, A droite : Ordre de la Toison d’or en rubis - Atelier de Johann Melchior Dinglinger, 1772 - Dresde, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, Grünes Gewölbe © Grünes Gewölbe, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, Jürgen Karpinski

L’exposition montre aussi comment, afin de présenter ses riches collections, Auguste le Fort réaménagea une partie de son palais pour en faire le premier musée ouvert au public. Les salles d’exposition, qui avaient reçu le nom de “Voûte verte“, recelaient un véritable trésor composé de parures de diamants, de rubis, de saphirs, d’émeraudes et de pièces d’orfèvrerie-joaillerie dues au talent de Johann Melchior Dinglinger.

Josephine-de-Beauharnais

A gauche : Détail du portrait en pied de l’impératrice Joséphine - Henri-François Riesener (1767-1828) - Malmaison, châteaux de Malmaison et Bois-Préau © RMN, Daniel Arnaudet, A droite : Boîte de présent avec le portrait de l'impératrice Joséphine - Paris, Fondation Napoléon © Fondation Napoléon, photo Patrice Maurin-Berthier

Lorsqu’on évoque la France, on ne peut ignorer Joséphine de Beauharnais, célèbre pour ses très nombreux bijoux, parures de diamants, perles, émeraudes et saphirs, et pour ses centaines de robes, souvent représentés sur ses nombreux portraits.

Bijoux-joaillerie-en-malachite

A gauche : Diadème de l'Impératrice Joséphine - Musée d'Art et d'Histoire, Palais Masséna, Nice © Photo Musée Masséna, ville de Nice, Claude Germain, A droite : Parure de malachite Paris, Fondation Napoléon © Fondation Napoléon, photo Patrice Maurin-Berthier

L’exposition révèle aussi combien, sous le règne d’Alexandre II, le séjour des Russes sur la Côte d’Azur fut profitable à la Région au plan du développement touristique et économique. Les grandes maisons de la Place Vendôme, profitèrent également des haltes dans la capitale des souveraines russes en route vers la Riviera française. En 1859, l’impératrice Alexandre, puis en 1864 l’impératrice Marie Alexandrovna se sont ainsi rendues chez Mellerio dits Meller et en 1880, pour son dernier voyage sur la Côte d’Azur, l’impératrice a passé commande chez Boucheron. Une salle est consacrée à la famille Esterhazy qui, depuis le XVIIème siècle, investissait dans l’art et les bijoux. Lorsqu’en 1867 les bijoux des Esterhazy furent vendus aux enchères, le marché du diamant menaça de s’écrouler … Les pierres précieuses furent acquises par Charles Lewis Tiffany, qui procéda à de nouveaux montages.

Robe-ancienne

A gauche : Portrait en buste de la reine Sophie Magdalena de Danemark - Pasch © Hans Thorwid, Nationalmuseum, Stockholm, Au centre : Robe du soir "Arlésienne" en soie recouverte de tulle, broderies de perles blanches, noires et argentées, collection hiver 1912-1913 - Worth (Paris/Londres), 1912 - Oslo, The National Museum of Art, Architecture and Design © Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design, Stiftelsen Kunstindustrimuseet i Oslo, photo Teigens Fotoatelier AS, A droite : Charles III (1818-1889), Huile sur toile - Karl Wilhelm Friedrich Bauerle, 1868 - Collection du Palais princier de Monaco © Archives du Palais Princier, G. Luci La

En ce qui concerne le Portugal, les extraordinaires pièces d’orfèvrerie française illustrent la récente richesse du pays au milieu du XVIIIe siècle. Joseph Ier avait passé à François-Thomas Germain, orfèvre de Louis XV, une très importante commande dont un ensemble de quatre services d’argent décorés de ses armoiries. Ces pièces sont toujours présentes dans les collections du Portugal.

Elisabeth-Autriche

A gauche : L’impératrice Elisabeth en costume d’apparat, détail de l'huile sur toile - Georg Raab, 1879 - Hofburg Wien, Sisi-Museum © Bundesmobilienverwaltung, photo Tina King, A droite : Portrait d'Elisabeth jeune mariée, huile sur toile - Franz Russ, 1856 - Fondation privée © Esterhazy Esterházy Privatstiftung, Schloss Eisenstadt, photo Gerhard Wasserbauer, Wien

L’impératrice Elisabeth d’Autriche, plus connue sous le nom de “Sissi“, est également présente à l’exposition. En 1879, les noces d’argent de l’empereur François Joseph et de l’impératrice furent l’occasion de redonner une image publique du couple impérial. C’est la dernière fois où elle posa pour un portrait officiel. A la soirée célébrant l’événement, l’impératrice, portait les joyaux que l’empereur lui avait offert en cadeau de mariage. Composée d’un diadème, d’un collier, d’un corsage et de boucles d’oreilles, cette somptueuse parure de rubis provenait de l’héritage de Marie-Antoinette. Cet ensemble, dont la trace s’est perdue depuis 1918 faisait partie des bijoux privés des Habsbourg.

Louis-Baviere

A gauche : La Reine Thérèse de Bavière (1792-1854), épouse du roi de Bavière, Louis Ier, huile sur toile - Pino Bauer d’après Joseph-Karl Stieler, 1833 - Munich, Bayerisches Nationalmuseum © Bastian Krack, Bayerisches Nationalmuseum München, A droite : Louis Ier (1786-1868), roi de Bavière de 1825 à 1848, huile sur toile - Atelier de Joseph Karl Stieler, après 1826 - Munich, Bayerische Verwaltung der staatlichen Schlösser, Gärten und Seen © Propriété du Wittelsbacher Ausgleichsfond, résidence Munich, photo Bayerische Schlösserverwaltung, München

Des films – documentaires et fiction – éclairent l’exposition ainsi que le catalogue illustré au sein duquel on remarque les contributions de Wilfried Zeilser, Hans Ottomeyer, Dirk Syndram, Ilsebill Barta et Stephan Körner.

  • Exposition Fastes et grandeur des Cours en Europe – Grimaldi Forum Monaco, Espace Ravel – 10, avenue princesse Grace – 98000 Monaco
  • Du 11 juillet au 11 septembre 2011
  • Catalogue de l’exposition – Co-édition Grimaldi Forum Monaco/ESFP (Editions Skira Flammarion Paris)

Splendeurs du temps des Maharajas : Des joyaux d’exception

Jeudi 4 mars 2010

maharajaLa chute de l’Empire britannique et l’indépendance de l’Inde en 1947 ont porté un coup fatal à leur magnificence, mais les Maharajas continuent de nous fasciner. Deux expositions permettent d’approcher leur univers. Pour découvrir les costumes des cours princières, la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent propose “Les derniers Maharajas” tandis que le musée The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich prend le relais du Victoria and Albert Museum de Londres et produit la somptueuse exposition “Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts”.

costumes-maharajaSi le colonisateur britannique n’a pas confisqué la richesse des Maharajas, il a ôté à ces princes guerriers leur moyen d’expression favori : le droit de faire la guerre. Ceux-ci ont donc eu tout le loisir de se consacrer au plaisir et à la valorisation de leur image. La fin du Raj fut une époque bénie pour la création qui stimula, comme jamais auparavant, le talent des artisans indiens. C’est toute la richesse de cette production que propose aujourd’hui la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, en collaboration avec la Hutheesing Heritage Foundation. Les costumes des cours princières des derniers Maharajas se déclinent ici en une profusion de couleurs et de matières précieuses : or, argent, soie, brocart, broderies …  Une soixantaine de modèles et accessoires illustrent cette période où l’apparat tient lieu de langage officiel.

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing - Photographie : Dominique Cohas

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing © Photographie : Dominique Cohas

Même magnificence à Munich qui célèbre, après Londres, ces grands amateurs d’art et mécènes qui dirigèrent l’Inde. C’est à une véritable leçon d’Histoire que nous sommes conviés. L’exposition raconte les Maharajas du XVIIIème siècle jusqu’en 1947, date de l’indépendance indienne. C’étaient des chefs religieux, militaires et politiques avant que le colonisateur ne les relègue à l’unique fonction de mécènes et protecteurs des arts. Quelques 250 objets, tous plus somptueux les uns que les autres, retracent cette évolution. Une place importante est réservée aux bijoux, des bijoux d’exception. Rien d’étonnant à cela si l’on suit Rudyard Kipling pour qui Dieu avait créé les Maharajahs pour que l’Homme puisse connaître la splendeur des Palais et des Joyaux

Détail d'une toile représentant la procession de Maharao ram Singh II de Kota Kota - Victoria and Albert Museum V et A Images Victoria and Albert Museum, London

Aquarelle sur papier représentant la procession de Maharao Ram Singh II de Kota Kota - 1850 - Détail - Victoria and Albert Museum © Image Victoria and Albert Museum, London

le-collier-de-patiala1Le visiteur peut admirer des bijoux de turbans, des épées de cérémonie, des parures d’éléphants … Tous ces objets sont issus des métaux et pierres les plus précieux. On découvre également de somptueux tapis incrustés de perles, rubis, émeraudes et diamants. Il apparait également que par leurs commandes d’un luxe infini, les Maharajas participèrent activement au début du XXème siècle au développement et au rayonnement des plus prestigieux joailliers et des plus grandes maisons de luxe européennes. De fastueuses commandes furent passées aux maisons Cartier et Van Cleef & Arpels. Parmi ces commandes, celle de l’emblématique collier de Patiala, la plus importante jamais passée à Cartier. Ce collier de cérémonie comptait 2 930 diamants – dont le fameux De Beers – pour près de mille carats. Achevé en 1928 il symbolise le faste dans lequel vécut Bhupindar Singh, souverain de Patiala (Penjab). Arte a diffusé, il y a quelques années, un documentaire d’Yvon Gérault – aujourd’hui disponible en DVD – racontant l’histoire de ce joyau, disparu pendant plusieurs décennies puis restauré aussi fidèlement que possible, sans toutefois le précieux diamant De Beers.

Collier de Patiala

Collier de Patiala - Cartier, Paris 1928 - En 2002, restauration du collier avec de nouvelles pierres : platine, diamants, zirconia jaune, zirconia blanc, topazes, rubis synthétiques, quartz fumé et citrine © Cartier Collection

  • Exposition Maharaja : Pracht der indischen Fürstenhöfe / Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts – The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung – Theatinerstrasse 8 – 80333 München – Allemagne   ››»  Du 12 février au 24 mai 2010
  • Exposition Les derniers Maharajas, costumes du grand Durbar à l’indépendance (1911 – 1947) – Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent – 5, avenue Marceau – 75116 Paris  ››»  Du 10 février au 9 mai 2010
  • Film documentaire Le collier de Patiala – Yvon Gérault – Idéale Audience – 2003 – Prix du documentaire historique au FIFAP à l’UNESCO en 2004

Les fastes de la Cour de Russie

Lundi 18 janvier 2010

a-la-cour-russieTout connaître sur la Cour de Russie au XIXe siècle, c’est ce que propose pour quelques jours encore le Musée de l’Hermitage d’Amsterdam qui a ouvert ses portes en juin dernier. Cette antenne de la célèbre institution homonyme de Saint Pétersbourg expose 1800 objets précieux sélectionnés parmi les 3 millions de pièces détenues en Russie. Ces trésors retracent l’histoire flamboyante du règne de six souverains allant de Paul Ier à Nicolas II, le dernier des Tsars qui fut tué par les Bolcheviks en 1918.

Cette présentation fait apparaitre la hiérarchie sociale complexe en Russie à cette époque et donne un aperçu du faste des grandes fêtes à la Cour. L’opulence transparait dans les costumes exposés, les vases de jaspe, de porphyre ou de lapis-lazuli, les tabatières et les bijoux de Fabergé, la porcelaine de Sèvres … Elle apparait aussi dans les toiles exposées. Quelques joyaux retiennent particulièrement l’attention tels la broche en forme de A, pour le prénom de la Tsarine Alexandra Feodorovna. On a retenu également quelques bijoux de Fabergé.

De gauche à droite : Monograme en or, argent et diamants d'Alexandra Feodorovna - Photographie : Herman van Heusden en Ruud van der Neut et Portrait d'Alexandra Feodorovna

De gauche à droite : Monogramme en or, argent et diamants d'Alexandra Feodorovna - Portrait d'Alexandra Feodorovna - Musée de l'Hermitage de Saint-Pétersbourg, Russie 2008 © Herman van Heusden

Tous les objets exposés sont prêtés par l’Hermitage de Saint-Pétersbourg qui, pour sa part, expose aujourd’hui environ 65 000 objets d’art répartis dans les 350 salles du musée. L’ouverture de l’Hermitage d’Amsterdam est la continuation de plus de 300 années de liens privilégiés entre Amsterdam et Saint-Pétersbourg. N’oublions pas que Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par Pierre le Grand, sur le modèle d’Amsterdam où il avait séjourné sept ans plus tôt.

De gauche à droite : Broche Fabergé boucle en or, diamants à facettes rose, perles et émaux et Broche fleur Fabergé en or, agate, diamants, argent, fin du XIXe siècle et Coupe Fabergé en agate, argent et almandins - Musée de l'Hermitage, St. Petersbourg, 2008 Herman van Heusden

De gauche à droite : Broche boucle Fabergé en or, diamants à facettes rose, perles et émaux - Broche fleur Fabergé en or, agate, diamants, argent, fin du XIXe siècle - Coupe Fabergé en agate, argent et almandins - Musée de l'Hermitage de Saint-Pétersbourg, Russie 2008 © Herman van Heusden

  • Exposition At the Russian Court – Hermitage Amsterdam – Amstel 51 – Amsterdam
  • Du 20 juin 2009 au 31 janvier 2010