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Bijoux de mariage de l’Impératrice Marie-Louise à Compiègne

Vendredi 9 avril 2010

marie-louiseL’espace d’un week-end, fin mars 2010, les ombres de Napoléon et de Marie-Louise ont à nouveau plané sur Compiègne. Une rétrospective costumée a commémoré l’arrivée, il y a 200 ans, de la future impératrice. Dans le même temps était inaugurée une exposition majeure pour la connaissance du Premier Empire : “1810, la politique de l’amour ; Napoléon et Marie-Louise à Compiègne”. Cette exposition, qui célèbre le bicentenaire du deuxième mariage de l’Empereur, s’attache à montrer les somptueux aménagements du palais de Compiègne et de son parc pour séduire et accueillir dignement la jeune femme. Plus de 200 œuvres y sont rassemblées : peintures, dessins, sculptures, costumes, soieries … et quelques bijoux.

Regroupant des cadeaux de mariage, des commandes pour le trousseau de la souveraine et des pièces de mobilier, l’exposition est organisée selon une logique chronologique et souligne la portée politique de l’alliance de Napoléon avec la plus ancienne famille impériale régnante d’Europe. Dans son tableau “Les adieux de Marie-Louise à sa famille à Vienne, le 13 mars 1810″, Pauline Auzou peint Marie-Louise lorsqu’elle renonce à la couronne d’Autriche et distribue les bijoux et diamants provenant de sa mère à ses nombreux frères et sœurs. Ce dépouillement complet lui permettra d’arriver à Compiègne “complètement française”.

Détail du portrait en buste de l’Impératrice Marie-Louise, huile sur toile  - Baron Gérard François - Musée du Louvre, département des Peintures, Paris © RMN, Hervé Lewandowski

Détail du portrait en buste de l’Impératrice Marie-Louise, huile sur toile - Baron Gérard François - Musée du Louvre, département des Peintures, Paris © RMN, Hervé Lewandowski

Elle ne manquera pas de bijoux par la suite, à titre personnel ou au titre des bijoux de la couronne. Le mariage impérial fut l’occasion de commandes d’un faste sans précédent dans le domaine de l’orfèvrerie et de la joaillerie. Le trousseau de l’Impératrice ne comprenait pas moins de soixante et onze parures. Les plus somptueuses étaient en diamants, perles, émeraudes, brillants et opales. Il y en avait aussi de plus modestes. En parcourant l’exposition – où la part faite aux bijoux apparait trop restreinte à notre goût -, on peut admirer une parure originale, mais modeste pour l’époque. Ce qui tend à prouver que les reines ne dédaignaient pas les bijoux fantaisies, à condition qu’ils soient à la mode. C’est d’ailleurs paradoxalement leur moins grande préciosité qui a préservé ces pièces de modifications ultérieures.

Parure de bijoux de Marie-Louise : collier, peigne, deux bracelets, boucles d oreilles pendantes en or et micromosaïque de pâte de verre - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli

Parure de bijoux de Marie-Louise : collier, peigne, deux bracelets, boucles d oreilles pendantes en or et micromosaïque de pâte de verre - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli

La parure de bijoux exposée à Compiègne est prêtée par le Louvre. Elle est constituée d’un collier, d’un peigne, de deux bracelets et boucles d oreilles pendantes. Sur une monture en or d’inspiration antique, finement ciselée de motifs de feuilles et de grappes de vignes, sont fixées de petites mosaïques de verre figurant, sur fond bleu, des monuments antiques romains. Certains sont identifiables : tombe de Cecilia Metella au centre du peigne, le Forum ou Tivoli. Les dix médaillons de cette parure proviennent probablement d’ateliers de mosaïstes romains spécialisés dans cette technique miniaturiste, qui était très à la mode sous le Premier Empire. La monture en revanche fut confiée à François-Regnault Nitot, le joaillier officiel de la Cour.

Détails du collier appartenant à la parure de Marie-Louise. A gauche : Médaillon en mosaïque de verre, A droite : Monture en or ciselée de motifs de feuilles et de grappes de vignes - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli

Détails du collier appartenant à la parure de Marie-Louise. A gauche : Médaillon en mosaïque de verre, A droite : Monture en or ciselée de motifs de feuilles et de grappes de vignes - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli

La vitrine consacrée aux bijoux comporte également une montre, en émail bleu et diamants, décorée du chiffre de Marie-Louise, œuvre conjointe de Breguet et de Marie-Etienne et François-Regnault Nitot. Au titre des bijoux propre à l’empereur, qui était aussi roi d’Italie, on peut admirer l’insigne de l’ordre de la Couronne de fer du Royaume d’Italie en or, argent, diamants et brillants, saphirs, rubis et émail prêté par le Musée de l’armée. Cette pièce de François-Regnault Nitot présente une couronne lombarde à pointes d’où émerge un aigle impérial aux ailes déployées et surmontant le profil de Napoléon.

Une exposition à ne pas manquer. Elle s’accompagne d’un somptueux catalogue qui la complète et l’éclaire.

  • Exposition 1810, la politique de l’amour – Napoléon 1er et Marie-Louise à Compiègne – Musée National du palais Impérial de Compiègne – Place du Général de Gaulle – 60200 Compiègne
  • Du 28 mars au 19 juillet 2010
  • Catalogue 1810, la politique de l’amour – Napoléon 1er et Marie-Louise à Compiègne – Editions de la Réunion des musées nationaux, 2010

L’art verrier sous Louis XIV

Mercredi 24 mars 2010

verreries-royales-dorleansGrâce à Bernard Perrot, des chefs-d’œuvre – pièces de prestige ou verres du quotidien – sont nés de la Verrerie Royale d’Orléans, puis de celle de ses successeurs à Fay-aux-Loges (Loiret). À l’occasion du tricentenaire de son décès, le musée des Beaux-Arts d’Orléans consacre une exposition à celui qui fut le plus célèbre artiste verrier du siècle de Louis XIV. Pour la première fois sont rassemblés, autour de la collection du Musée historique et archéologique de l’Orléanais, près de 200 pièces prêtées par des musées et des collectionneurs français et européens.

Bernardo Perrotto (1640- 1709), né en Italie, immigré en France et naturalisé en 1666 est le produit d’une longue tradition de l’art verrier : pratiqué en Italie et diffusé en Europe par des migrations successives depuis le XVème siècle. C’est parce que la ville d’Orléans bénéficiait d’une situation privilégiée – approvisionnement facile en bois, en sables et proximité de Paris pour les débouchés – que le jeune homme, à 28 ans, y a créé la Verrerie Royale. Il va très rapidement contribuer aux avancées techniques et artistiques du moment. D’emblée, il est reconnu pour ses découvertes comme le verre rouge transparent. La cathédrale d’Orléans fut ainsi le premier monument à retrouver des vitraux rouges. On lui doit également l’émail, l’imitation de la porcelaine importée d’Orient, des pierres dures comme l’agate, le lapis-lazuli … Il était aussi reconnu pour ses innovations comme le procédé du verre coulé en table pour réaliser notamment les grands médaillons représentant le Roi et, vraisemblablement, le duc d’Orléans.

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, oncolore, cadre en bois sculpté et doré - bernard Perrot - Orléans entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais A.7162, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et à droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince transparent, incolore et rouge - Attribué à bernard perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Paris, Les Arts décoratifs, musée des Arts décoratifs 23438, © Paris, Les Arts décoratifs, photo : Jean Tholance

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, incolore et cadre en bois sculpté doré - Bernard Perrot - Orléans, entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et A droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince, transparent, incolore et rouge - Attribué à Bernard Perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Les Arts décoratifs, Musée des Arts décoratifs de Paris © Les Arts décoratifs de Paris, photo : Jean Tholance

A la lumière de découvertes historiques récentes, l’exposition propose un éclairage neuf sur la production de verre du XVIIème siècle. On y découvre de nouvelles pièces attribuées à Perrot. Sont également livrés des secrets de fabrication pour lesquels il avait obtenu l’exclusivité du Roi puis du Régent. On sait par exemple aujourd’hui que le rouge transparent, dont la formule avait été perdue au Moyen Âge, était obtenu en associant l’or et l’arsenic. On sait aussi que l’aiguière marbrée de rouge, œuvre majeure de Perrot prêtée par le musée d’Écouen, est opacifiée aux arséniates de plomb alors que d’autres pièces porcelanées le sont à l’antimoine. Du musée des Beaux-Arts de Dijon viennent d’exceptionnels vases en verre transparent ambré, auxquels l’étamage intérieur donne l’aspect de l’or, comme c’est également le cas pour des salerons, flacons et autres objets précieux.

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot, Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée national de la Renaissance E.Cl. 8626, © RMN photo presse / Gérard Blot A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot, Orléans ou Fay-aux-Loges en 1727 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais 2006.2.3, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo François Lauginie

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot - Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée National de la Renaissance © RMN, photo : Gérard Blot et A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot - Orléans ou Fay-aux-Loges, 1727 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie

La production d’objets de luxe de Perrot est le plus souvent liée aux arts de la table : flacons, gobelets, vases, aiguières… Certaines des pièces annoncent les nouveaux usages qui rompent avec les traditions culinaires médiévales au profit de la gastronomie française. D’autres pièces sont purement décoratives comme des statuettes figurant des putti ou des bergers de fantaisie ; mais il n’y a pas à proprement parler de bijoux. Beaucoup à découvrir néanmoins sur un matériau, le verre, jusqu’ici mal connu du grand public. L’étape s’impose donc à Orléans d’autant qu’on peut en profiter pour visiter les collections permanentes du musée des Beaux-Arts qui, comptant parmi les plus anciens musées français, offre un vaste panorama de la création artistique en Europe du XVème au XXIème siècle.

En marge de l’exposition, on notera les Colloques des 28 et 29 mai prochains organisés en collaboration avec l’Association française pour l’archéologie du verre.

  • Exposition Bernard Perrot, Secrets et chefs-d’oeuvre des verreries royales d’Orléans – Musée des Beaux-Arts d’Orléans – 1, rue Fernand Rabier – 45000 Orléans – Du 13 mars au 27 juin 2010
  • Colloque Perrot et l’influence des verriers d’Altare et de Venise sur les productions françaises et européennes des XVIIème et XVIIIème siècles – Le 28 mai 2010
  • Colloque Actualité de la recherche sur l’histoire et l’archéologie du verre, de la plus haute Antiquité aux périodes contemporaines, en France et à l’étranger – Le 29 mai 2010

Splendeurs du temps des Maharajas : Des joyaux d’exception

Jeudi 4 mars 2010

maharajaLa chute de l’Empire britannique et l’indépendance de l’Inde en 1947 ont porté un coup fatal à leur magnificence, mais les Maharajas continuent de nous fasciner. Deux expositions permettent d’approcher leur univers. Pour découvrir les costumes des cours princières, la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent propose “Les derniers Maharajas” tandis que le musée The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich prend le relais du Victoria and Albert Museum de Londres et produit la somptueuse exposition “Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts”.

costumes-maharajaSi le colonisateur britannique n’a pas confisqué la richesse des Maharajas, il a ôté à ces princes guerriers leur moyen d’expression favori : le droit de faire la guerre. Ceux-ci ont donc eu tout le loisir de se consacrer au plaisir et à la valorisation de leur image. La fin du Raj fut une époque bénie pour la création qui stimula, comme jamais auparavant, le talent des artisans indiens. C’est toute la richesse de cette production que propose aujourd’hui la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, en collaboration avec la Hutheesing Heritage Foundation. Les costumes des cours princières des derniers Maharajas se déclinent ici en une profusion de couleurs et de matières précieuses : or, argent, soie, brocart, broderies …  Une soixantaine de modèles et accessoires illustrent cette période où l’apparat tient lieu de langage officiel.

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing - Photographie : Dominique Cohas

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing © Photographie : Dominique Cohas

Même magnificence à Munich qui célèbre, après Londres, ces grands amateurs d’art et mécènes qui dirigèrent l’Inde. C’est à une véritable leçon d’Histoire que nous sommes conviés. L’exposition raconte les Maharajas du XVIIIème siècle jusqu’en 1947, date de l’indépendance indienne. C’étaient des chefs religieux, militaires et politiques avant que le colonisateur ne les relègue à l’unique fonction de mécènes et protecteurs des arts. Quelques 250 objets, tous plus somptueux les uns que les autres, retracent cette évolution. Une place importante est réservée aux bijoux, des bijoux d’exception. Rien d’étonnant à cela si l’on suit Rudyard Kipling pour qui Dieu avait créé les Maharajahs pour que l’Homme puisse connaître la splendeur des Palais et des Joyaux

Détail d'une toile représentant la procession de Maharao ram Singh II de Kota Kota - Victoria and Albert Museum V et A Images Victoria and Albert Museum, London

Aquarelle sur papier représentant la procession de Maharao Ram Singh II de Kota Kota - 1850 - Détail - Victoria and Albert Museum © Image Victoria and Albert Museum, London

le-collier-de-patiala1Le visiteur peut admirer des bijoux de turbans, des épées de cérémonie, des parures d’éléphants … Tous ces objets sont issus des métaux et pierres les plus précieux. On découvre également de somptueux tapis incrustés de perles, rubis, émeraudes et diamants. Il apparait également que par leurs commandes d’un luxe infini, les Maharajas participèrent activement au début du XXème siècle au développement et au rayonnement des plus prestigieux joailliers et des plus grandes maisons de luxe européennes. De fastueuses commandes furent passées aux maisons Cartier et Van Cleef & Arpels. Parmi ces commandes, celle de l’emblématique collier de Patiala, la plus importante jamais passée à Cartier. Ce collier de cérémonie comptait 2 930 diamants – dont le fameux De Beers – pour près de mille carats. Achevé en 1928 il symbolise le faste dans lequel vécut Bhupindar Singh, souverain de Patiala (Penjab). Arte a diffusé, il y a quelques années, un documentaire d’Yvon Gérault – aujourd’hui disponible en DVD – racontant l’histoire de ce joyau, disparu pendant plusieurs décennies puis restauré aussi fidèlement que possible, sans toutefois le précieux diamant De Beers.

Collier de Patiala

Collier de Patiala - Cartier, Paris 1928 - En 2002, restauration du collier avec de nouvelles pierres : platine, diamants, zirconia jaune, zirconia blanc, topazes, rubis synthétiques, quartz fumé et citrine © Cartier Collection

  • Exposition Maharaja : Pracht der indischen Fürstenhöfe / Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts – The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung – Theatinerstrasse 8 – 80333 München – Allemagne   ››»  Du 12 février au 24 mai 2010
  • Exposition Les derniers Maharajas, costumes du grand Durbar à l’indépendance (1911 – 1947) – Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent – 5, avenue Marceau – 75116 Paris  ››»  Du 10 février au 9 mai 2010
  • Film documentaire Le collier de Patiala – Yvon Gérault – Idéale Audience – 2003 – Prix du documentaire historique au FIFAP à l’UNESCO en 2004

Bijoux et Vanités

Mercredi 3 février 2010

affiche-vanites“Vanité des vanités, tout est vanité” … Au IIIème siècle avant Jésus Christ, les textes de l’Ecclésiaste mettaient en balance l’oeuvre dérisoire de l’Homme face à la mort. Ensuite, c’est l’Art qui a pris le relais dans ce rappel à l’humilité. A travers 150 pièces originales, le Musée Maillol met aujourd’hui en perspective les différentes approches de la mort selon les époques et les artistes. En remontant le fil du temps, l’exposition “C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst” nous convie à un véritable parcours initiatique où le bijou tient une place non négligeable.

Le visiteur commence par découvrir les vanités contemporaines. D’emblée, des oeuvres fortes l’interpellent. La sérigraphie du crâne en poussières de diamants de Damien Hirst “For the love of God, Laught” par exemple, voisine avec un crâne en mouches du même auteur “The fear of death (Half Skull)”. À se demander si le chef de file de la YBA Generation, parvient à choisir entre le beau et le réaliste pour représenter la mort.

Une chose en tous cas est certaine, depuis la fin du XXème siècle, la représentation de la mort est foisonnante dans l’art et déborde largement de son champ. Crânes et ossements ont également envahi notre quotidien et s’affichent sur les vêtements et les pochettes de CD … Les créations morbides ont évolué selon les époques. Les vanités médiévales soulignaient la brièveté de la vie et l’inutilité des biens terrestres ; les vanités actuelles sont plus agressives et évoquent les totalitarismes et l’évolution pernicieuse de la société moderne.

Bague en or et émail représentant un crâne traversé par un serpent - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Bague "Alchimie" en or et émail, représentant un crâne traversé par un serpent - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

L’exposition “Les Vanités” consacre une large place aux oeuvres picturales et met en perspective les approches de la mort selon Le Caravage, Géricault, Cézanne, Braque, Ernst ou Picasso, mais aussi selon Warhol, Uklanski ou Hirst pour ne citer que ceux là. Mais, parce qu’en occident, les bijoux sont eux aussi le reflet des mentalités et des angoisses, ils ont ici une place importante. Du Moyen Age à l’époque contemporaine, les sentiments mortifères se sont aussi largement exprimés par les bagues, colliers et bracelets.

Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

De gauche à droite : Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Boucles d’oreilles à pendants "Tempus fugit" composées de deux miniatures sur argent représentant des vanitas en or et diamants - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Pour la première fois sont exposées en France de très nombreuses pièces créés par la dynastie des Codognato. Depuis 1866, ces joaillers vénitiens ont produit, dans la plus grande discrétion, des bijoux chargés de symboles mortuaires. Les pendentifs, colliers et bagues en forme de crânes et d’ossements sont entourés d’or, d’émail, de pierres précieuses. S’inspirant parfois des peintres du Grand Siècle ou plus récemment de surréalistes tel Magritte, les Codognato ont su fasciner des acheteurs aussi prestigieux que d’Annunzio, Visconti, Onassis, Cocteau, Hemingway, Diaghilev, Manet, Wharol ou Elton John.

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, Bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle/Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

D’autres bijoux, prêtés par le galeriste et collectionneur parisien Yves Gastou, sont davantage liés aux phénomènes sociaux contemporains. Délaissant les bagues Renaissance, censées rappeler à chacun qu’il va mourir ou les bagues de deuil du XIXème siècle, Yves Gastou s’est concentré sur les bijoux où la mort devient symbole agressif de contestation et d’anarchie. On peut ainsi redécouvrir les bagues viriles et barbares réalisées par Suzanne Gulliver pour les Hells Angels dans les années 1950. On peut admirer également les créations fantastiques plus récentes du hollandais André Lassen. On notera encore, pour l’anecdote, que les grands joaillers parisiens ne sont pas totalement absents de l’exposition. Helmut Newton “Shakespeare – Crâne et collier de diamants” a photographié aux rayons X un modèle qui porte un collier de diamants Van Cleef and Arpels.

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

  • Exposition C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst – Fondation Dina Vierny, Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris
  • Du 3 février au 28 juin 2010

Louis XIV, grand collectionneur de gemmes

Mercredi 27 janvier 2010

louis-XIV-l-homme-et-le-roi-1Pour la première fois, le château de Versailles consacre une grande exposition à Louis XIV. Plus de 300 œuvres permettent d’approcher la personnalité d’un des plus célèbres monarques français. On y perçoit, bien sûr, le personnage public dont l’image a été construite pour la postérité : le roi de guerre menant ses troupes au combat, le roi mécène protecteur des arts, le roi très Chrétien défenseur de l’Église … Mais derrière le souverain, l’exposition révèle aussi l’homme à travers ses goûts personnels.

Protecteur des arts, le roi était un amateur éclairé et éclectique. Son goût le portait vers des domaines aussi variés que l’architecture, la musique, les jardins, la peinture, la sculpture, les gemmes, les marqueteries de pierre dure, les manuscrits enluminés … Il a formé son jugement au contact des artistes avec lesquels il entretenait des relations suivies. Louis XIV était aussi collectionneur. Dans le Petit Appartement à Versailles, il aimait s’entourer de tableaux et sculptures mais aussi de joyaux, camées, médailles ou autres miniatures. C’est avant tout de Mazarin, dont les collections lui étaient familières, qu’il tient son engouement pour les objets précieux.

En parcourant l’exposition, on peut admirer notamment une des plus belles pièces de la collection de gemmes de Louis XIV : une nef en lapis-lazuli, enchâssée dans une monture d’orfèvrerie ornée de figures d’or émaillé et d’argent doré, chef d’oeuvre de l’orfèvrerie italienne du XVIème siècle. Louis XIV affectionnait particulièrement les gemmes. Selon des dessins d’époque, ces vases en pierres rares, – fines et précieuses magnifiquement serties – étaient disposés sur des consoles, devant des parois de miroirs. Le roi y mêlait souvent des petites sculptures en bronze. Sa collection, qui se composait de 823 gemmes, surpassait largement celles de ses prédécesseurs et celles des autres souverains européens. À la même époque, pareille abondance et diversité – agate, sardoine, jaspe, jade, lapis, améthyste ou cristal de roche – ne se retrouvait guère que chez son fils aîné, le Grand Dauphin.

  • Exposition Louis XIV, l’homme et le roi – Château de Versailles
  • Du 20 octobre 2009 au 7 février 2010

L’Orfèvrerie byzantine, signe de richesse et pouvoir

Lundi 4 janvier 2010

affiche-byzanceParce qu’elle se trouve au carrefour des mers et des continents ; parce qu’elle est le creuset de multiples civilisations, Istanbul – aujourd’hui mégapole de quatorze millions d’habitants – revendique une histoire riche de huit mille années de brassage culturel et d’évolution permanente. En témoignent ses noms successifs : Byzance, Nouvelle Rome, Constantinople, Konstantiniyye puis Istanbul. Dans le cadre de la Saison de la Turquie en France ; les Galeries Nationales du Grand Palais à Paris mettent en lumière les périodes les plus brillantes de cette histoire.

L’exposition présente de manière chronologique près de 500 objets du quotidien, manuscrits, gravures, livres … et bien sûr, même s’ils sont moins présents que nous l’aurions souhaité, des bijoux et parures. Utilisés à l’origine – leur usage remonte à la fin du paléolithique – à des fins protectrices et talismaniques, ils deviennent rapidement aussi objets d’ornement et signes de richesse, durant les périodes hellénistique et romaine notamment. Les orfèvres utilisent une grande variété de techniques pour travailler l’or et l’argent : repoussage, moulage, filigrane, émaillage, sertissage de pierres précieuses, semi-précieuses ou d’imitation en verres

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), découverts à Izmit (Nicomédie) - Milieu du IIIème siècle avant JC - Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et Boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), milieu du IIIème siècle avant JC - Découverts à Izmit (Nicomédie), Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

L’orfèvrerie byzantine développe son propre style à partir du IVème siècle mais s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Les boucles d’oreilles sont alors particulièrement prisées. Elles sont en or repoussé et comportent souvent des pierres précieuses montées en pendentif. Les bagues, gravées, décorées et serties sont quant à elles souvent la marque d’une union ou un signe de noblesse. Les colliers sont formés avec des chaines auxquelles sont suspendus des amulettes, des médaillons, des pièces de monnaie ou des pendentifs. Les dames de la noblesse portent souvent aussi des bracelets.

Les cérémonies officielles, les processions et autres grands événements princiers ont laissé de nombreux témoignages des signes de pouvoir. A la fin du XVIème siècle, la capitale de Soliman est le reflet de la puissance et de la richesse de l’Empire. Les  splendeurs de la cour et les cérémonies urbaines glorifient l’Empire et son souverain. Les cavaliers en armure sur des chevaux richement parés représentaient la splendeur ottomane. De nombreux exemples de chanfreins ont été retrouvés.

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi Palace Museum/Bahadir Taskin et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis - Fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi Topkapi Palace Museum /Bahadir taskin

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis, fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Bahadir Taskin

Le luxe côtoie aussi le quotidien des puissants dans une multitude d’objets domestiques. Le miroir présenté ici provient du trésor du palais de Topkapi. Il est doublement significatif : il atteste de l’importance du bain pour les Byzantins, comme pour les Ottomans, et le travail est représentatif de l’orfèvrerie de palais de la fin du XVIème au premier quart du XVIIème siècle. La pierre de jade dans laquelle on incrustait des pierres précieuses, était perçue dans l’art islamique comme un matériau de grande valeur car très difficile à tailler. En outre, depuis la nuit des temps, on lui prêtait également des propriétés bénéfiques.

Deux siècles plus tard, l’architecture et les arts de la cour soulignent toujours la splendeur et l’isolation qui font la gloire du sultan. Tous les objets qu’il emploie – guerriers, religieux, cérémoniels, ou domestiques – sont fabriqués dans les matériaux les plus précieux. Cette boule décorative incrustée de pierres précieuses, par exemple, était destinée à être suspendue au-dessus du trône du sultan comme symbole de sa puissance et de sa magnificence. Utilisées en tant que parures des turbans des sultans ottomans, les aigrettes sont également le signe de leur magnificence et de leur pouvoir.

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, ribis, perle et plume - XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses - XVIII et XIXème siècle Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi palace Museum/Hadiye Cangökçe

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, rubis, perle et plume, XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses, XVIII et XIXème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Hadiye Cangökçe

Quelques repères historiques

Byzance a été fondée par les Grecs au VIIe siècle avant Jésus-Christ. L’occupation romaine ajoute à cette cité commerciale prospère l’activité propre à la présence de garnisons. En 330, à la suite de la scission entre les empires romains d’Orient et d’Occident, la ville devient Constantinople et conforte jusqu’à la fin du Moyen Âge sa position de capitale économique, politique, militaire et religieuse. La quatrième croisade instaure le droit occidental dans la première moitié du XIIème siècle, avant la restauration puis la prise de pouvoir par le Sultan Mehmet II en 1453. Celui-ci bâtira la capitale d’un nouvel empire musulman. Son règne et ceux de ses successeurs transformeront le visage d’Istanbul à coup de grands travaux : conversion des édifices chrétiens, construction du nouveau palais et d’un fort sur la côte est du Bosphore, édification de mosquées … Néanmoins, des communautés non musulmanes demeurent et la cité reste cosmopolite.

  • Exposition De Byzance à Istanbul. Un port pour deux continents – Galeries Nationales du Grand Palais – 3, avenue du Général Eisenhower, square J. Perrin – 75008 Paris
  • Du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010

Mellerio dits Meller, un joaillier chez les hénokiens

Mardi 29 décembre 2009

leshenokiensQu’est-ce qu’un hénokien ? C’est le membre d’une association qui regroupe les entreprises familiales créées il y a plus de 200 ans, toujours en activité et dont le capital reste détenu par les descendants des créateurs. Le reportage “Dynasties de Légende” sur France 5 nous a récemment proposé la saga de trois de ces sociétés : une entreprise d’hameçons, une soierie et une joaillerie. C’est bien sûr cette dernière qui a plus particulièrement retenu notre attention.

Les deux frères, Olivier et François Mellerio dirigent aujourd’hui Mellerio dits Meller qui est la plus ancienne joaillerie au monde. Ils descendent d’une longue lignée d’entrepreneurs qui ont toujours su valoriser leur art tout en s’adaptant à l’évolution des marchés.

Jean-Baptiste Mellerio, 1765-1850

Jean-Baptiste Mellerio, 1765-1850

La famille Mellerio, originaire de Craveggia, petit village lombard, est arrivée en France au XVIème siècle. Un siècle plus tard, elle développe son activité de joaillerie. Grâce au privilège royal accordé en 1613, de pouvoir faire commerce des bijoux sans acquitter de patente, l’entreprise a su rester au premier rang dans son domaine. Ce privilège sera aboli à la Révolution, mais elle n’en continuera pas moins à prospérer sous Napoléon, la Restauration et le Second Empire. Les Mellerio seront les premiers joailliers à s’installer près de place Vendôme en 1815.

Depuis quatre siècles, l’histoire de Mellerio est intimement liée à celle de la Société et des puissants. A l’origine, en tant qu’orfèvre, l’entreprise fabriquait les objets du culte. Aujourd’hui, c’est le fournisseur officiel des coupes de Roland Garros, du Ballon d’or, de la Cravache d’or …, pour la célébration d’autres cultes. La société réalise aussi des épées d’académiciens.  Hier destinés aux Rois, archevêques, ou grandes familles nobles, les bijoux qui sortent de ses ateliers sont à présent conçus pour les “princes” de la finance et du pétrole. Sur le fond toutefois, rien de changé : chaque pièce – ou presque – est unique et entièrement élaborée et façonnée au sein de la société. La maison Mellerio travaille essentiellement sur commande ; elle conçoit également deux collections annuelles de nouveaux modèles qu’elle propose à ses clients.

Collier Clair de Lune - Mellerio dits Meller

Collier Clair de Lune - Mellerio dits Meller

Au XXIème siècle, Mellerio fonde toujours sa communication sur son expertise, peaufinée au fil des siècles. L’appartenance au cercle très restreint des hénokiens conforte son image. Car, être hénokien c’est synonyme de transmission d’un savoir-faire de génération en génération ; de respect des valeurs familiales. C’est aussi un enracinement profond et une fidélité à la terre qui vous a vu naître. La famille Mellerio a toujours valorisé ses racines lombardes. C’est sans doute pourquoi l’Eglise du village natal (1500 habitants seulement) est dotée de chasubles, tissus et autres objets fastueux et ostentatoires que doivent lui envier bien des cathédrales.

  • Documentaire Dynasties de Légende : Des pierres précieuses aux soieries royales – Jean Etienne Frère et Dominique Pipat – Patly productions 2008 - France 5

Teotihuacan : Objets rituels et parures

Lundi 14 décembre 2009

AFFICHE_TEOTIHUACAN

Impressionnés par la beauté du lieu et la majesté des constructions, les Aztèques baptisèrent cette cité abandonnée depuis 600 ans : Teotihuacan, “le lieu où naissent les dieux”.

Le musée du quai Branly consacre une exposition évènement à cette puissance de l’ancien Mexique, qui a prospéré pendant près de huit siècles, depuis 100 avant J-C ; avant de s’éteindre mystérieusement en 650 après J-C.

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico Photo : Martirene Alcantara

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage © Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico © Photo : Martirene Alcantara

Outre la quinzaine de sculptures provenant du temple du Serpent-à-Plumes, on peut admirer des fresques murales, des masques, des figurines, des bijoux et autres objets en céramique, taillés ou polis, sertis de pierres ou de coquillages, issus de sépultures et éclairant la signification et la place des rites funéraires régis par les lois du cosmos.

Les 450 objets exposés racontent le rayonnement de la ville, son urbanisme, sa croissance, son artisanat, son organisation politique et religieuse … Ils permettent aussi de se plonger dans le quotidien de la cité. Les statuettes en céramique notamment nous renseignent sur les différentes classes de la société au travers de leur apparence vestimentaire, de la coiffure et des bijoux.

Musée du Quai Branly Photographe : Antoine Schneck

Masque avec ornement d'oreilles et incrustations en pierre verte, diorite et coquillage © Musée du Quai Branly © Photographe : Antoine Schneck

Des bijoux en os et coquillages

Les objets artisanaux exposés provenaient des quelque 400 ateliers et plus, répartis dans la cité. Ils témoignent de techniques élaborées et sophistiquées, révélées dans la variété des matériaux. Associés à des pierres vertes ou des plumes fines, les coquillages sont souvent utilisés pour façonner des objets de prestige dont les membres de l’élite se paraient pour affirmer leur supériorité. On les enterre également comme offrandes funéraires.

Collier en coquillage et dents humaines - Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico Photographe : Martirene Alcantara

Collier en coquillage et dents humaines © Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico © Photographe : Martirene Alcantara

L’Obsidienne

On ne peut également évoquer la cité sans parler de l’obsidienne. Toutes les civilisations mésoaméricaines du plateau central du Mexique (Teotihuacan est situé à 2 275 mètres d’altitude dans les hautes-terres semi-arides du centre du Mexique) sont liées aux gisements de cette pierre.  Habituellement de coloration gris-noir, elle se distingue dans la région de Teotihuacan par sa coloration vert doré. Sa texture vitreuse en fait un matériau idéal pour la fabrication d’outils, d’armes, de parures, ou d’objets rituels, et ce dans toutes les couches sociales.

L’ensemble exceptionnel présenté au musée du quai Branly offre une occasion unique au public européen de comprendre le rôle de Teotihuacan dans le monde mésoaméricain. Même si des zones d’ombre subsistent, principalement concernant la disparition brutale de cette civilisation avancée.

  • Teotihuacan, cité des Dieux – Musée du quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 6 octobre 2009 au 24 janvier 2010