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Louis XIV, grand collectionneur de gemmes

Mercredi 27 janvier 2010

louis-XIV-l-homme-et-le-roi-1Pour la première fois, le château de Versailles consacre une grande exposition à Louis XIV. Plus de 300 œuvres permettent d’approcher la personnalité d’un des plus célèbres monarques français. On y perçoit, bien sûr, le personnage public dont l’image a été construite pour la postérité : le roi de guerre menant ses troupes au combat, le roi mécène protecteur des arts, le roi très Chrétien défenseur de l’Église … Mais derrière le souverain, l’exposition révèle aussi l’homme à travers ses goûts personnels.

Protecteur des arts, le roi était un amateur éclairé et éclectique. Son goût le portait vers des domaines aussi variés que l’architecture, la musique, les jardins, la peinture, la sculpture, les gemmes, les marqueteries de pierre dure, les manuscrits enluminés … Il a formé son jugement au contact des artistes avec lesquels il entretenait des relations suivies. Louis XIV était aussi collectionneur. Dans le Petit Appartement à Versailles, il aimait s’entourer de tableaux et sculptures mais aussi de joyaux, camées, médailles ou autres miniatures. C’est avant tout de Mazarin, dont les collections lui étaient familières, qu’il tient son engouement pour les objets précieux.

En parcourant l’exposition, on peut admirer notamment une des plus belles pièces de la collection de gemmes de Louis XIV : une nef en lapis-lazuli, enchâssée dans une monture d’orfèvrerie ornée de figures d’or émaillé et d’argent doré, chef d’oeuvre de l’orfèvrerie italienne du XVIème siècle. Louis XIV affectionnait particulièrement les gemmes. Selon des dessins d’époque, ces vases en pierres rares, – fines et précieuses magnifiquement serties – étaient disposés sur des consoles, devant des parois de miroirs. Le roi y mêlait souvent des petites sculptures en bronze. Sa collection, qui se composait de 823 gemmes, surpassait largement celles de ses prédécesseurs et celles des autres souverains européens. À la même époque, pareille abondance et diversité – agate, sardoine, jaspe, jade, lapis, améthyste ou cristal de roche – ne se retrouvait guère que chez son fils aîné, le Grand Dauphin.

  • Exposition Louis XIV, l’homme et le roi – Château de Versailles
  • Du 20 octobre 2009 au 7 février 2010

Les fastes de la Cour de Russie

Lundi 18 janvier 2010

a-la-cour-russieTout connaître sur la Cour de Russie au XIXe siècle, c’est ce que propose pour quelques jours encore le Musée de l’Hermitage d’Amsterdam qui a ouvert ses portes en juin dernier. Cette antenne de la célèbre institution homonyme de Saint Pétersbourg expose 1800 objets précieux sélectionnés parmi les 3 millions de pièces détenues en Russie. Ces trésors retracent l’histoire flamboyante du règne de six souverains allant de Paul Ier à Nicolas II, le dernier des Tsars qui fut tué par les Bolcheviks en 1918.

Cette présentation fait apparaitre la hiérarchie sociale complexe en Russie à cette époque et donne un aperçu du faste des grandes fêtes à la Cour. L’opulence transparait dans les costumes exposés, les vases de jaspe, de porphyre ou de lapis-lazuli, les tabatières et les bijoux de Fabergé, la porcelaine de Sèvres … Elle apparait aussi dans les toiles exposées. Quelques joyaux retiennent particulièrement l’attention tels la broche en forme de A, pour le prénom de la Tsarine Alexandra Feodorovna. On a retenu également quelques bijoux de Fabergé.

De gauche à droite : Monograme en or, argent et diamants d'Alexandra Feodorovna - Photographie : Herman van Heusden en Ruud van der Neut et Portrait d'Alexandra Feodorovna

De gauche à droite : Monogramme en or, argent et diamants d'Alexandra Feodorovna - Portrait d'Alexandra Feodorovna - Musée de l'Hermitage de Saint-Pétersbourg, Russie 2008 © Herman van Heusden

Tous les objets exposés sont prêtés par l’Hermitage de Saint-Pétersbourg qui, pour sa part, expose aujourd’hui environ 65 000 objets d’art répartis dans les 350 salles du musée. L’ouverture de l’Hermitage d’Amsterdam est la continuation de plus de 300 années de liens privilégiés entre Amsterdam et Saint-Pétersbourg. N’oublions pas que Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par Pierre le Grand, sur le modèle d’Amsterdam où il avait séjourné sept ans plus tôt.

De gauche à droite : Broche Fabergé boucle en or, diamants à facettes rose, perles et émaux et Broche fleur Fabergé en or, agate, diamants, argent, fin du XIXe siècle et Coupe Fabergé en agate, argent et almandins - Musée de l'Hermitage, St. Petersbourg, 2008 Herman van Heusden

De gauche à droite : Broche boucle Fabergé en or, diamants à facettes rose, perles et émaux - Broche fleur Fabergé en or, agate, diamants, argent, fin du XIXe siècle - Coupe Fabergé en agate, argent et almandins - Musée de l'Hermitage de Saint-Pétersbourg, Russie 2008 © Herman van Heusden

  • Exposition At the Russian Court – Hermitage Amsterdam – Amstel 51 – Amsterdam
  • Du 20 juin 2009 au 31 janvier 2010

La pierre brute, objet d’étude des écoles de bijouterie européennes

Lundi 11 janvier 2010

affichebijouxeuropeensLe vernissage de l’exposition “Bijoux européens” dans le cadre du projet “Quand la pierre brute devient bijou” se tiendra à la Cité de l’Or de Saint-Amand-Montrond le 19 janvier prochain. L’exposition se rendra ensuite au Portugal, en Grèce, en Italie et en Belgique. Les élèves de huit écoles de bijouterie européennes sont engagés dans cette opération originale et ambitieuse. Il s’agit de prospecter des minéraux de différentes natures à travers l’Europe et de créer des bijoux à partir des matériaux bruts récoltés. Les résultats de leurs recherches et leurs créations sont ensuite présentés au public lors de cette exposition.

Bague - Julie Leduc

Bague - Julie Leduc

C’est l’occasion pour de jeunes apprentis bijoutiers de sortir de leurs frontières et de découvrir in situ de nouveaux matériaux. En 2009, les Français – étudiants du lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand-Montrond -, ont exploité du manganèse en Italie ainsi que de la braunite, du jaspe et de la serpentine, les Belges de Namur ont découvert la pierre volcanique d’Auvergne et ceux d’Anvers, – avec les Lettons et les Portugais – ont travaillé le marbre blanc de Grèce. Les Italiens ont récolté les pyrites et hématites de l’Ile d’Elbe ; les Slovaques ont travaillé des diamants bruts rapportés d’Anvers et les Grecs ont prospecté à la fois l’ambre de la baltique et la pierre de Volvic.

Elèves du lycée professionnel Jean Guéhenno en prospection minéralogique dans la mine de manganèse de Gambatosa en Italie.

Elèves du lycée professionnel Jean Guéhenno en prospection minéralogique dans la mine de manganèse de Gambatosa en Italie.

Le projet “Quand la pierre brute devient bijou” est soutenu par l’Union Européenne à travers le programme Comenius. Il est conçu par et pour les élèves qui rédigent parallèlement des chroniques sur leurs travaux et les publient dans le journal lycéen Le Mur et sur le net. Tous les établissements se sont mobilisés autour de leurs équipes. Il en va ainsi des 220 élèves bijoutiers du lycée Jean Guéhenno : à travers le journal Le Mur et l’association européenne du PLE “Parlement lycéen Européen“, réseau pédagogique et professionnel européen autour du bijou. De telles initiatives illustrent la dynamique pédagogique de cet établissement qui vise à donner à chaque élève l’ouverture nécessaire au développement de ses capacités.

A noter que Sylvie Lambert, doctorante à la Sorbonne et auteure du livre “La bague, parcours historique et symbolique”, sera l’invitée d’honneur de l’exposition. Elle donnera le jour du vernissage une conférence sur “La bague à travers le bijou contemporain”.

  • Exposition Bijoux Européens 2010 – Quand la pierre brute devient bijou ! – Espace Serge Vinçon, Cité de l’Or – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond
  • Du 19 janvier au 4 février 2010

L’Orfèvrerie byzantine, signe de richesse et pouvoir

Lundi 4 janvier 2010

affiche-byzanceParce qu’elle se trouve au carrefour des mers et des continents ; parce qu’elle est le creuset de multiples civilisations, Istanbul – aujourd’hui mégapole de quatorze millions d’habitants – revendique une histoire riche de huit mille années de brassage culturel et d’évolution permanente. En témoignent ses noms successifs : Byzance, Nouvelle Rome, Constantinople, Konstantiniyye puis Istanbul. Dans le cadre de la Saison de la Turquie en France ; les Galeries Nationales du Grand Palais à Paris mettent en lumière les périodes les plus brillantes de cette histoire.

L’exposition présente de manière chronologique près de 500 objets du quotidien, manuscrits, gravures, livres … et bien sûr, même s’ils sont moins présents que nous l’aurions souhaité, des bijoux et parures. Utilisés à l’origine – leur usage remonte à la fin du paléolithique – à des fins protectrices et talismaniques, ils deviennent rapidement aussi objets d’ornement et signes de richesse, durant les périodes hellénistique et romaine notamment. Les orfèvres utilisent une grande variété de techniques pour travailler l’or et l’argent : repoussage, moulage, filigrane, émaillage, sertissage de pierres précieuses, semi-précieuses ou d’imitation en verres

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), découverts à Izmit (Nicomédie) - Milieu du IIIème siècle avant JC - Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

De gauche à droite : Bracelet en or représentant Dyonysos et Boucle d'oreille en or représentant une femme ailée (Nikè), milieu du IIIème siècle avant JC - Découverts à Izmit (Nicomédie), Istanbul, Musée archéologique © Istanbul Archeology Museums - Bahadir Taskin

L’orfèvrerie byzantine développe son propre style à partir du IVème siècle mais s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Les boucles d’oreilles sont alors particulièrement prisées. Elles sont en or repoussé et comportent souvent des pierres précieuses montées en pendentif. Les bagues, gravées, décorées et serties sont quant à elles souvent la marque d’une union ou un signe de noblesse. Les colliers sont formés avec des chaines auxquelles sont suspendus des amulettes, des médaillons, des pièces de monnaie ou des pendentifs. Les dames de la noblesse portent souvent aussi des bracelets.

Les cérémonies officielles, les processions et autres grands événements princiers ont laissé de nombreux témoignages des signes de pouvoir. A la fin du XVIème siècle, la capitale de Soliman est le reflet de la puissance et de la richesse de l’Empire. Les  splendeurs de la cour et les cérémonies urbaines glorifient l’Empire et son souverain. Les cavaliers en armure sur des chevaux richement parés représentaient la splendeur ottomane. De nombreux exemples de chanfreins ont été retrouvés.

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi Palace Museum/Bahadir Taskin et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis - Fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi Topkapi Palace Museum /Bahadir taskin

De gauche à droite : Chanfrein en cuivre doré (tombak), seconde moitié du XVIème siècle et Miroir circulaire à long manche en jade, or et rubis, fin du XVI et début du XVIIème siècle - Istanbul, Musée du Palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Bahadir Taskin

Le luxe côtoie aussi le quotidien des puissants dans une multitude d’objets domestiques. Le miroir présenté ici provient du trésor du palais de Topkapi. Il est doublement significatif : il atteste de l’importance du bain pour les Byzantins, comme pour les Ottomans, et le travail est représentatif de l’orfèvrerie de palais de la fin du XVIème au premier quart du XVIIème siècle. La pierre de jade dans laquelle on incrustait des pierres précieuses, était perçue dans l’art islamique comme un matériau de grande valeur car très difficile à tailler. En outre, depuis la nuit des temps, on lui prêtait également des propriétés bénéfiques.

Deux siècles plus tard, l’architecture et les arts de la cour soulignent toujours la splendeur et l’isolation qui font la gloire du sultan. Tous les objets qu’il emploie – guerriers, religieux, cérémoniels, ou domestiques – sont fabriqués dans les matériaux les plus précieux. Cette boule décorative incrustée de pierres précieuses, par exemple, était destinée à être suspendue au-dessus du trône du sultan comme symbole de sa puissance et de sa magnificence. Utilisées en tant que parures des turbans des sultans ottomans, les aigrettes sont également le signe de leur magnificence et de leur pouvoir.

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, ribis, perle et plume - XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses - XVIII et XIXème siècle Istanbul, Musée du palais de Topkapi Topkapi palace Museum/Hadiye Cangökçe

De gauche à droite : Aigrette en or, émeraude, diamant, rubis, perle et plume, XVIIIème siècle et Suspension décorative, orfèvrerie, or et pierres précieuses, XVIII et XIXème siècle - Istanbul, Musée du palais de Topkapi © Topkapi Palace Museum - Hadiye Cangökçe

Quelques repères historiques

Byzance a été fondée par les Grecs au VIIe siècle avant Jésus-Christ. L’occupation romaine ajoute à cette cité commerciale prospère l’activité propre à la présence de garnisons. En 330, à la suite de la scission entre les empires romains d’Orient et d’Occident, la ville devient Constantinople et conforte jusqu’à la fin du Moyen Âge sa position de capitale économique, politique, militaire et religieuse. La quatrième croisade instaure le droit occidental dans la première moitié du XIIème siècle, avant la restauration puis la prise de pouvoir par le Sultan Mehmet II en 1453. Celui-ci bâtira la capitale d’un nouvel empire musulman. Son règne et ceux de ses successeurs transformeront le visage d’Istanbul à coup de grands travaux : conversion des édifices chrétiens, construction du nouveau palais et d’un fort sur la côte est du Bosphore, édification de mosquées … Néanmoins, des communautés non musulmanes demeurent et la cité reste cosmopolite.

  • Exposition De Byzance à Istanbul. Un port pour deux continents – Galeries Nationales du Grand Palais – 3, avenue du Général Eisenhower, square J. Perrin – 75008 Paris
  • Du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010

L’Or des Amériques

Mardi 22 décembre 2009

afficheordesameriques2Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris consacre une passionnante exposition à l’Or des Amériques. Des illustrations et plus de 280 objets rares, vidéos ou dispositifs originaux ponctuent un véritable parcours initiatique à travers le continent américain. Pourquoi avoir privilégié ce continent ? Parce qu’il est particulièrement riche en métal jaune et, sans doute plus qu’ailleurs, l’or y fut le symbole de la puissance, de la richesse absolue et a attisé toutes les convoitises.

Ornement frontal en or martelé, argent et cuivre avec traces de cinabre rouge - Le visage central porte un couvre-chef en forme de demi-lune et est entouré de deux jaguars au corps dentelé - Mochica, Pérou, - 200 avant JC – 600 après JC - Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Ornement frontal en or martelé, argent et cuivre avec traces de cinabre rouge - Le visage central porte un couvre-chef en forme de demi-lune et est entouré de deux jaguars au corps dentelé - Mochica, Pérou, - 200 avant JC – 600 après JC © Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Ici, le visiteur voyage aussi dans le temps. Il découvre que plus de 2000 ans avant notre ère, le continent américain est essaimé d’une multitude de peuples aux coutumes les plus diverses. Mais une constante les réunit : tous associent le précieux métal à l’astre solaire et lui attribuent un rôle religieux ou une symbolique de pouvoir. Les plus anciens métallurgistes se trouvent dans les Andes où les rivières regorgeaient de pépites. Deux techniques sont alors privilégiées : le martelage à froid et la fonte à la cire perdue pour les objets en or massif. Chaque civilisation a développé sa propre esthétique, certaines accentuant les parures de la tête, d’autres portant plutôt attention au corps.

Couronne en or martelé - Représentation du dieu aux bâtons portant une ceinture de têtes de serpents, et canines de félin, mains et pieds griffus. Et personnages à serres d’oiseaux, de la bouche desquels sort un être ailé - Chavin, Pérou, 900-200 avant JC - Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

Couronne en or martelé - Représentation du dieu aux bâtons portant une ceinture de têtes de serpents, et canines de félin, mains et pieds griffus. Et personnages à serres d’oiseaux, de la bouche desquels sort un être ailé - Chavin, Pérou, 900-200 avant JC © Museo Arqueológico Rafael Larco Herrera, Pérou

L’exposition souligne aussi combien  la fièvre de l’or a joué un rôle important dans la conquête par les Européens de ce qu’ils appelaient le nouveau monde. Aux XVème et XVIème siècles, l’appel de l’or donne naissance aux mythes les plus fous. C’est la quête permanente de l’Eldorado. Les Amériques prennent alors la tête des producteurs d’or mondiaux et supplantent l’Afrique.

Prospecteurs au travail dans la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska - Underwood & Underwood, 1904

Prospecteurs au travail dans la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska © Underwood & Underwood, 1904

Au XIXème siècle, 65% du total de l’or mondial provient des mines américaines. Durant ce siècle et le suivant, l’or a joué un rôle essentiel dans la vie des américains et contribué à forger leur mentalité. Le chercheur d’or est intimement associé à l’esprit pionnier : colonisation de nouveaux territoires, naissance et mort subites de villes entièrement dévolues au métal jaune ; constitution ultra rapide de fortunes colossales et ruines tout aussi brutales …

En 1980, au Brésil, dans les mines d'or de la Serra Pelada, 22 000 "hommes-fourmis", aussi mal équipés qu’au siècle dernier, remontent des tonnes de roches sur leur dos dans l’espoir de trouver une pépite   © S. Salgado

En 1980, au Brésil, dans les mines d'or de la Serra Pelada, 22 000 "hommes-fourmis", aussi mal équipés qu’au siècle dernier, remontent des tonnes de roches sur leur dos dans l’espoir de trouver une pépite © S. Salgado

Par delà même les spécificités américaines, l’exposition du Muséum d’Histoire Naturelle met en relief tout ce qui fait la valeur de l’or. C’est un métal rare : au total, seulement 160 000 tonnes d’or ont pu être extraites depuis le début de l’humanité. Il se conserve très bien : il est quasiment inaltérable, comme l’atteste la qualité des objets en or exhumés par les archéologues, même plusieurs millénaires après leur enfouissement. L’or est malléable et donc facile à travailler. Pour augmenter sa rigidité, on doit l’allier à d’autres métaux comme l’argent ou le cuivre. Selon la composition, sa teinte jaune tend alors vers le blanc, le rouge ou le rose.

Or natif en feuille trouvé en 1959 dans la mine de Red Ledge Nevada County, Californie, États-Unis © Harold and Erica VanPelt

Or natif en feuille trouvé en 1959 dans la mine de Red Ledge Nevada County, Californie, États-Unis © Harold and Erica VanPelt

L’exposition offre un tour d’horizon complet, accessible à tous publics dès l’âge de 8 ans, sur le plus mythique des métaux précieux. Un métal dont l’aura n’est pas prête de se ternir.  Si, pour fabriquer des colliers, bracelets ou des bagues, la joaillerie utilise toujours plus des ¾ de l’or extrait chaque année, l’or reste une valeur refuge en termes financiers. C’est aussi un composant incontournable des instruments de haute technologie : dans les télécommunications, l’électronique … Dans les années soixante, c’était déjà un élément des casques des astronomes de la Nasa.

  • Exposition Or des Amériques – Muséum National d’Histoire Naturelle – Jardin des Plantes, Galerie de Géologie et de Minéralogie – 36, rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Paris
  • Du 8 avril 2009 au 11 janvier 2010

Teotihuacan : Objets rituels et parures

Lundi 14 décembre 2009

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Impressionnés par la beauté du lieu et la majesté des constructions, les Aztèques baptisèrent cette cité abandonnée depuis 600 ans : Teotihuacan, “le lieu où naissent les dieux”.

Le musée du quai Branly consacre une exposition évènement à cette puissance de l’ancien Mexique, qui a prospéré pendant près de huit siècles, depuis 100 avant J-C ; avant de s’éteindre mystérieusement en 650 après J-C.

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico Photo : Martirene Alcantara

Sculpture anthropomorphe en serpentine, pierre verte et coquillage © Consejo National para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Mexico © Photo : Martirene Alcantara

Outre la quinzaine de sculptures provenant du temple du Serpent-à-Plumes, on peut admirer des fresques murales, des masques, des figurines, des bijoux et autres objets en céramique, taillés ou polis, sertis de pierres ou de coquillages, issus de sépultures et éclairant la signification et la place des rites funéraires régis par les lois du cosmos.

Les 450 objets exposés racontent le rayonnement de la ville, son urbanisme, sa croissance, son artisanat, son organisation politique et religieuse … Ils permettent aussi de se plonger dans le quotidien de la cité. Les statuettes en céramique notamment nous renseignent sur les différentes classes de la société au travers de leur apparence vestimentaire, de la coiffure et des bijoux.

Musée du Quai Branly Photographe : Antoine Schneck

Masque avec ornement d'oreilles et incrustations en pierre verte, diorite et coquillage © Musée du Quai Branly © Photographe : Antoine Schneck

Des bijoux en os et coquillages

Les objets artisanaux exposés provenaient des quelque 400 ateliers et plus, répartis dans la cité. Ils témoignent de techniques élaborées et sophistiquées, révélées dans la variété des matériaux. Associés à des pierres vertes ou des plumes fines, les coquillages sont souvent utilisés pour façonner des objets de prestige dont les membres de l’élite se paraient pour affirmer leur supériorité. On les enterre également comme offrandes funéraires.

Collier en coquillage et dents humaines - Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico Photographe : Martirene Alcantara

Collier en coquillage et dents humaines © Consejo Nacional para la Cultura y las Artes, Instituto Nacional de Antropologia e Historia, mexico © Photographe : Martirene Alcantara

L’Obsidienne

On ne peut également évoquer la cité sans parler de l’obsidienne. Toutes les civilisations mésoaméricaines du plateau central du Mexique (Teotihuacan est situé à 2 275 mètres d’altitude dans les hautes-terres semi-arides du centre du Mexique) sont liées aux gisements de cette pierre.  Habituellement de coloration gris-noir, elle se distingue dans la région de Teotihuacan par sa coloration vert doré. Sa texture vitreuse en fait un matériau idéal pour la fabrication d’outils, d’armes, de parures, ou d’objets rituels, et ce dans toutes les couches sociales.

L’ensemble exceptionnel présenté au musée du quai Branly offre une occasion unique au public européen de comprendre le rôle de Teotihuacan dans le monde mésoaméricain. Même si des zones d’ombre subsistent, principalement concernant la disparition brutale de cette civilisation avancée.

  • Teotihuacan, cité des Dieux – Musée du quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 6 octobre 2009 au 24 janvier 2010

Résultats du concours Jeunes créateurs “Bijou d’enfance” du Pôle Bijou de Baccarat

Lundi 30 novembre 2009

affiche2Le premier concours “Bijou d’Enfance” du Pôle Bijou de Baccarat vient de se terminer. Il a été instauré pour favoriser la promotion des jeunes créateurs et leur permettre de se faire connaitre auprès des professionnels. Le thème, volontairement très large de l’enfance, pouvait être abordé sans restrictions aucune, comme en témoigne la diversité des œuvres présentées. Les lauréats ont reçu leurs prix le 28 novembre dernier.

Dans la catégorie pièces uniques, l’univers des arts forains a séduit les jurés qui ont couronné Emmanuelle Loison pour “L’équilibriste”. Il s’agit d’une bague mobile qui s’inspire d’un vieux jouet populaire. Ce bijou a été réalisé sans croquis préalable, à partir de plaques et fils d’argent. L’anneau est creux : les différentes découpes sont montées comme les pièces d’un puzzle et soudées, avec des motifs de spirales – qui signifie le recommencement – ressoudés dessus. L’anneau, lui, est écrasé au marteau. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en option objet, Emmanuelle Loison est âgée de 32 ans. Elle a démarré son activité professionnelle en 2005 en créant la marque Tetsuko.

Bague mobile "L'équilibriste" - Emmanuelle Loison - Catégorie pièces uniques

Bague mobile "L'équilibriste" - Emmanuelle Loison - Catégorie Pièces uniques

Dans la catégorie pièce de série, le jury a primé les “Perlingots” de Lily Alcaraz. Le point de départ du projet est un regard porté sur la façon dont les jeunes enfants créent des formes imaginaires à partir d’une forme de base. La créatrice est partie d’une forme simple : la pyramide, qui rappelle les berlingots de l’enfance. Elle a retenu deux tissus : l’étamine de laine pour son aspect doux et mat et le pongé de soie pour son côté soyeux et lumineux. Chaque bijou décline une gamme différente de couleurs. Le tissu est teint au préalable, puis mis en volume par deux coutures machine, un rembourrage et une dernière couture à la main. Les perles pyramidales sont enfilées grâce à un fil de nylon invisible ou un fil de fer. Agée de 24 ans, Lily Alcaraz est diplômée de l’école Duperré et de l’ANAT (Atelier National d’Art Textile). Elle a créé un bureau de design textile et un atelier de tissage manuel.

Collier "Perlingots" - Lily Alcaraz - Catégorie Pièce de série - Photographie : Véronique Huygue

Collier "Perlingots" - Lily Alcaraz - Catégorie Pièce de série - © Photographie : Véronique Huygue

Les enfants ont, eux aussi, décerné leurs prix. Ils n’ont pas su cacher leur penchant pour les friandises en plébiscitant le “Collier cerises” de Valérie de Roquemaurel (pièces de série) et “Gourmandises” de Savannah Dusson (pièces uniques). On notera que ces pièces ont également été primées par leurs ainés qui leur ont accordé respectivement les premier et deuxième place dans leur catégorie pour le “prix du public”.

"Collier cerises" - Valérie de Roquemaurel - Prix du jeune public et prix du public, pièce de série

"Collier cerises" - Valérie de Roquemaurel - Prix du jeune public et prix du public, pièce de série

Collier "Gourmandises" - Savannah Dusson - Prix du jeune public et prix du public, pièces uniques

Collier "Gourmandises" - Savannah Dusson - Prix du jeune public et prix du public, pièces uniques

Cité de l’Or à Saint-Amand-Montrond : Pour découvrir l’or sous tous ses aspects

Samedi 7 novembre 2009

Cité de l'Or

Cité de l'Or

Depuis qu’un bijoutier parisien, lassé du tumulte de la capitale, a décidé en 1888 d’ouvrir son atelier à Saint-Amand-Montrond, l’histoire de la Ville est intimement liée à l’or et à la bijouterie. Car le parisien a fait des émules et aujourd’hui une dizaines d’entreprises de la filière emploient localement plus de 350 spécialistes. Cinq tonnes d’or sont traitées chaque année – soit 10% du marché national – ce qui place le pôle berrichon au 3éme rang, immédiatement après Paris et Lyon. En 2006, Saint-Amand-Montrond a été labellisé “Pôle technologique de la Bijouterie” parmi les pôles d’excellence rurale.

Pour célébrer le précieux métal, une Cité de l’Or a été érigée il y a quatre ans. Ce bâtiment, en forme de pyramide, abrite musée, salles de spectacle et d’expositions ainsi que divers services aux entreprises. L’espace muséographique, interactif et ludique, raconte l’histoire de l’or, ses utilisations et ses transformations : de l’extraction au bijou fini en passant par les applications industrielles. Un spectacle utilisant la technique du théâtre optique évoque les légendes et les réalités de l’industrie bijoutière locale. On peut aussi assister à des démonstrations de coulée de lingots d’or.

Fabrication d'un lingot d'or

Fabrication d'un lingot d'or

A la Cité de l’Or, le bijou occupe une place centrale ; une collection de 260 pièces témoigne d’un siècle et demi de tradition bijoutière. Des expositions temporaires sont également régulièrement organisées. Ainsi, du 19 janvier au 4 février 2010, se tiendra l’exposition “Bijoux Européens 2010” dans laquelle les élèves du Lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand-Montrond, – le plus gros établissement français de formation de la filière Art du Bijou et du Joyau – sont intimement impliqués .

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Si vous voulez vous familiariser avec le monde du bijou, si vous voulez savoir comment l’or est extrait de la terre ou des rivières ; pourquoi il est rose, jaune, gris ou rouge ; comment se fabrique le célèbre collier en maille palmier  – la spécialité locale ! – …., Saint-Amand-Montrond vous attend, au coeur de la France, sur les bords du canal de Berry.

  • La Cité de l’Or – Rue Pelletier Doisy – 18208 Saint-Amand-Montrond

Bijoux oeuvres d’art

Vendredi 16 octobre 2009

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

L’exposition Bijoux d’Artistes au Musée du Temps de Besançon, dont nous avons parlé récemment, est prolongée jusqu’au 15 novembre.

Si vous n’avez pas le temps de vous y rendre en journée, profitez de la nocturne du samedi 14 novembre de 19h à 23h avec des visites à 20h30 et 21h30 (entrée et visite guidées gratuites).

Une occasion supplémentaire d’aller admirer ces bijoux œuvres d’art signés par les plus grands noms de l’art moderne et contemporain : Giacometti, César, Picasso, Niki de Saint-Phalle …

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 15 novembre 2009

Quand Dali était joaillier

Lundi 28 septembre 2009
Pendentif Dali Gala en or - Dali d'or

Pendentif Dali Gala en or - Dali d'Or®

A l’occasion du 20ème anniversaire de la disparition de l’artiste, l’Espace Dali présente “Dali d’Or et Bijoux de Gala”. Cette exposition qui se tiendra du 16 octobre au 20 janvier prochains, regroupe la collection de bijoux et d’objets  luxueux et fantasmagoriques conçus par le maître Catalan dans les années 1960.

A l’instar du Roi Soleil, dont le profil ornait les Louis d’Or, Dali avait décidé lui aussi de battre monnaie. En frappant ses Dali d’Or® il a voulu restituer la splendeur et l’extravagance des fastes de Louis XIV. Chaque pièce est à son effigie ou à celle de sa muse Gala. Dans la continuité de cette exposition, l’Espace Dali présente en exclusivité sa collection de sculptures en or magnifiées par des diamants, rubis, émeraudes et saphirs. La Montre Molle, l’Eléphant de Triomphe, la Vénus Spatiale sont quelques unes des sculptures-bijoux que le visiteur pourra découvrir.

Suivant la voie tracée par les grands maîtres de la Renaissance, Dali s’est exprimé de multiples manières. Il fut à la fois peintre, sculpteur, graveur, photographe, écrivain, cinéaste, “designer”, architecte et …  joaillier. Son ecclectisme se manifeste aussi à travers les matériaux utilisés. Or, platine, pierres précieuses, perles, et diverses matières nobles deviendront, par son bon vouloir, des végétaux ou des animaux symboliques. Au coeur de Montmartre, plus de 300 oeuvres composent depuis 18 ans l’exposition permanente – la seule en France – consacrée à Salvador Dali. Elle s’enrichit régulièrement d’expositions temporaires à thèmes. Une précédente exposition commémorative s’est tenue au 2ème trimestre 2009 et présentait  “Dali à l’oeuvre”.

  • Exposition Dali d’Or & Bijoux de Gala – Espace Dali – 11, rue Poulbot – 75018 Paris
  • Du 16 octobre 2009 au 20 janvier 2010
Danseuse dalienne en or et rubis I.A.R. Art Resources Ltd

Danseuse dalienne en or et rubis © I.A.R. Art Resources Ltd