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Bijoux créateurs, bijoux fantaisie et joaillerie à La Cave Royale Ackerman

Jeudi 1 septembre 2011

Exposition-bijoux-AckermanA l’occasion de son bicentenaire, la société Ackerman, entend associer les arômes et la pétillance de ses vins au génie créateur des artistes et artisans. Le leader des vins effervescents dans le Val de Loire célèbre ainsi les bijoutiers et joailliers de la Région de Loire et leur propose ses caves comme lieu d’exposition. Durant le week-end du 10 et 11 septembre, le public est convié à découvrir le travail de plus d’une vingtaine d’hommes et femmes, créateurs de bijoux aux talents multiformes. Saumur étant la capitale nationale de la médaille, Ackerman lie ainsi naturellement son savoir-faire à celui d’une tradition régionale.

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A gauche : Cave Ackerman © Ackerman, A droite : Patère "Bijoux" - Cécile Chollet © Cécile Chollet

Au sein des caves historiques Akerman, les visiteurs sont conviés à suivre un parcours qui leur permet d’acheter : bijoux créateurs, bijoux fantaisie et joaillerie. Ils sont amenés aussi à découvrir les savoir faire liés au domaine du bijou. Héritiers d’une longue tradition de fabricants d’objets de piété, les maîtres médailleurs Pichard et Balme montrent par exemple comment on frappe les médailles. Les élèves de l’Institut de Bijouterie de Saumur, établissement de la CCI de Maine-et-Loire, initient aux métiers de la bijouterie et de la gemmologie. Romain Leborgne procède quant à lui à des démonstrations de sertissage avec binoculaire. Le visiteur ne peut oublier qu’il se trouve dans des caves vinicoles : des stands sont dédiés aux dégustations des trois cuvées Ackerman : Cuvée Royale, Cuvée Crémantissime et Cuvée Excentrique. Il a également la possibilité de parcourir le nouveau circuit pédagogique et ludique “Voyage au centre de la Bulle” mis en place cette année.

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A gauche : Pendentif perle de Tahiti - Cyndi Esquilat © Cyndi Esquilat, Au centre : Collier, bracelet et boucles d'oreilles en argent et perles de Tahiti - Jean Rhetiere © Jean Rhetiere, A droite : Bague crochet en fil d'argent et perles d'eau douce - Catherine Bonis © Catherine Bonis

Les créateurs de bijoux présents sont : Jean Rhetiere, spécialiste des perles de Tahiti ; Elisabeth Jan qui travaille le verre selon plusieurs techniques et affectionne particulièrement l’art du bijou ; Evelyne Cauchebrais et Evelyne Lefrou qui façonnent des bijoux colorés en porcelaine avec des perles de verre au chalumeau ;

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A gauche : Bracelet en cuir et argent - Sylvie Naulin © Sylvie Naulin, Au centre : Collier pendentif et bague en argent et perle - Caroline Brossolasco © Caroline Brossolasco, A droite : Bague en argent et opale - Gérard Gal © Gérard Gal

Sylvie Naulin (Ultreïa) qui associe à l’argent des matériaux naturels tels le cuir, le bois et les pierres fines ; Sophie Ducomte qui laisse guider son inspiration par les tissus, rubans et passementerie ; Gérard Gal dont les bijoux en bronze ou en argent mettent en valeur la beauté des pierres fines ; Françoise Coëslier (Atelier Verre de Jade) qui crée des pièces uniques en verre ; Bastien Thibault (BJ Création) qui crée des bijoux à partir de fleurs naturelles, cultivée ou cueillies au gré de ses promenades ; Cécile Chollet (Céci’pop) qui, à partir du bois et du métal, imagine des bijoux et des objets originaux ;

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A gauche : Collier en perles de verre - Elisabeth Jan © Elisabeth Jan, Au centre : Collier textile - Sophie Ducomte © Sophie Ducomte, A droite : Collier en fleur naturelle et résine - Bastien Thibault © Bastien Thibault

Exposent également : Claudine Vérité (Aux couleurs d’Ardoise) qui fabrique des bijoux et des accessoires de mode avec l’ardoise de Trélazé pour support principal ; Martina Hejmalova (Made By Me) qui, à partir d’anciennes vaisselles, crée ses bijoux selon la technique du vitrail ; Sandrine Lemoal qui pose et cuit de l’émail bijoutier sur cuivre ou sur paillon d’or et d’argent ; Isabelle Leclere (Trésors d’Isabelle) qui conjugue le lin avec des perles nacrées et des cristaux ; Catherine Bonis spécialiste du crochet en fil d’argent ; Marie-Jeanne Moreau (Bijoux et merveilles) qui, passionnée de bijoux anciens, conjugue émotions et savoir-faire pour donner naissance à ses bijoux ; Arnaud Fossey (atelier AF) qui utilise le polycarbonate, matériau innovant et inexploité dans le domaine de la bijouterie ;

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A gauche : Collier - Martina Hejmalova © Martina Hejmalova, Au centre : Bracelet en lin et perles nacrées - Isabelle Leclere © Isabelle Leclere, A droite : Collier en résine et textile - Frédérique Martin © Frédérique Martin

On remarque aussi les stands de : Lydia Truin (Atelier Galerie Rouges Email) qui est continuellement à la recherche d’association de matériaux pour faire vivre ses créations ; Frédérique Martin qui s’est tournée vers le textile ; Caroline Brossolasco (Atelier Miril) qui transpose en bijoux les motifs des arts premiers et des légendes ; Marie Copet qui a fait de la réticulation sa spécialité ; Cyndi Esquilat (Opianob’art) qui présente une collection de bijoux en argent, pierres fines, perles de Tahiti et pierres de lave ; Céline Jacquemard et Henri Laporte dont l’imagination est stimulée par  la nature insolite et l’architecture ; Adeline Parmentier qui crée, transforme et répare des bijoux en or, argent, platine, pierres fines, perles et pierres précieuses.

  • Exposition, démonstrations, dégustations Art du bijou et de la médaille – La Cave Royale Ackerman – 19 rue Léopold Palustre – Saint Hilaire Saint Florent – 49412 Saumur
  • Du 10 septembre (de 14h à 19h) au 11 septembre 2011 (de 10h à 13h et de 14h à 18h), entrée libre

Bijoux en porcelaine et céramique à New York

Vendredi 19 août 2011

Expo-bijou-ceramiqueL’exposition A bit of Clay on the Skin : New Ceramic Jewelry, se tient actuellement au Museum of Arts and Design de New York (MAD) et présente une collection exceptionnelle de bijoux contemporains en porcelaine et céramique. Comme son titre le suggère, elle évoque la transformation d’un matériau humble, la terre, en un objet raffiné et sensuel, le bijou. Plus de cent œuvres sont sélectionnées et mises en scène par la créatrice d’origine allemande Monika Brugger, qui partage son temps entre son travail personnel et l’enseignement du bijou à l’ENSA de Limoges et à l’ESAD de Strasbourg. Dix-huit artistes de toutes origines géographiques sont représentés dont certains sont mondialement reconnus. Dédié à la création contemporaine et à la transformation artistique des matières, le MAD de New York est le lieu idéal pour une exposition sur le bijou contemporain, ce vaste champ d’expérimentation qui se situe aux frontières de l’art, du design et de l’artisanat. Initiée par la Fondation d’Entreprise Bernardaud, Un peu de terre sur la peau a également été présentée à Limoges en 2010.

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A gauche : Collier "Zig Zag" en porcelaine et argent de la collection "Woodland" - Terhi Tolvanen, 2007, Finlande © Francis Willemstijn, Au centre : Collier " Mokume" en porcelaine - Shu-lin Wu, 2008/2009, Taiwan © Hsiao-Yin Chao, A droite : Collier "Spakenburg" en céramique et corde de chanvre de la série Zuiderzeewerken II - Willemijn de Greef , 2009, Pays-Bas © Frans Kup

Le bijou a longtemps ignoré la céramique, hormis pour la réalisation de bagues sigillaires en faïence dans l’Égypte ancienne ou les imitations d’or en terre cuite dorée dans la Grèce et la Rome antique. C’est en 1773 que son emploi resurgit en Angleterre grâce à Joshiah Wedgwood qui invente une pâte de grès fin imitant le jaspe. Il produit des bijoux aux motifs romantiques à la manière des camées. Aujourd’hui, bien qu’encore largement liée dans notre imaginaire aux arts de la table, la céramique a réinvesti le domaine du bijou. C’est indéniablement la porcelaine qui a la faveur des créateurs car elle offre de multiples possibilités. Qu’elle soit utilisée par modelage ou coulage, seule ou en association avec le métal, le bois ou la pierre, elle peut changer d’apparence, de couleur et de surface. Lisse et pure, elle épouse toutes les formes recherchées … à condition d’en maîtriser les techniques et les contraintes, particulièrement celle liée à sa forte rétraction lors de la cuisson.

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A gauche : Pendentifs "Wearable gold 2" en porcelaine, or 24 carats, plaqué or 18 carats - Ted Noten, 2000, Pays-Bas © ATN, Atelier Ted Noten, Au centre : Broche en porcelaine et cuivre - Rian de Jong, 2007, Pays-Bas © Rian de Jong, A droite : Broche " Inventarium" en argent, porcelaine et caoutchouc - Katja Prins, 2002, Pays-Bas © Eddo Hartmann

Parure intime, le bijou est un objet qui parle du corps, des liens tissés avec les humains et la nature. La personnalité du créateur passe à travers ses œuvres ; ce qui explique la grande diversité des pièces exposées. Si les artistes ont de multiples origines géographiques, les Pays-Bas sont largement représentés dans cette exposition avec des bijoutiers de renom tels Peter Hoogeboom qui a déplacé sa micro-vaisselle de l’univers de la table à celui de l’ornement corporel ; Evert Nijland qui, en les posant sur le corps, rappelle à notre bon souvenir ces “parures intérieures” disparues avec la modernité et Ted Noten qui fut un des premiers à réagir contre l’appauvrissement du bijou-accessoire en proposant des œuvres jouant sur l’émotion et l’humour. Viennent également des Pays-Bas : Willemijn de Greef qui s’inspire des outils, matériaux et costumes folkloriques de sa région d’origine ; Rian de Jong dont les bijoux sont des “trésors de voyages” conçus comme autant de témoignages de ses destinations lointaines ; Manon van Kouswijk dont les recherches tournent autour de la perle qui exerce toujours au fil des siècles la même fascination dans l’univers féminin et Katja Prins dont les pièces parlent de la distorsion existant entre la chair d’humain, par nature chaude, vivante et ultrasensible, et le monde médical, hygiénique et froid, auquel nous confions notre destin.

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A gauche : Service de table "Breakfast at Tiffany's" en céramique, laiton doré, textile et bois - Natalie Luder, 2009, Suisse © Anaïs Bucher, A droite : Collier "Kitchen garniture" en grès et fil - Gésine Hackenberg, 2003/2010, Allemagne © Gésine Hackenberg,

Parmi les autres artistes de renommée internationale, on reconnait l’allemande Gésine Hackenberg qui tisse avec humour des liens serrés entre les domaines de la table et du corps, tous deux emblématique de notre désir de représentation sociale ; la créatrice franco espagnole Marie Pendariès qui questionne le poids de nos rituels sociaux à travers la parure et la jeune taïwanaise Shu-lin Wu Taiwan qui, ayant assimilé les influences multiples d’une formation internationale, conçoit des bijoux dont la délicatesse et la simplicité constituent la synthèse de toutes ces expériences acquises. Renouant avec les “petits objets de vertu” du XIXème siècle, les bijoux de la finlandaise Tiina Rajakallio sont composés de cheveux, d’argile et diverses matières. Une autre finlandaise, Terhi Tolvanen mélange des matériaux précieux avec d’autres plus naturels tels que la céramique, le bois ou des coquillages.

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A gauche : Collier "Purity" en porcelaine, ouate, cheveux humains, argile, gomme laque - Tiina Rajakallio, 2008, Finlande © Tiina Rajakallio, Au centre : Collier "Rococo" en porcelaine et lin - Evert Nijland, 2009, Pays-Bas © Heddo Hartmann, A droite : Soucoupe et collier "Pearl Grey" en porcelaine, perles, verre, bois, plastique - Manon van Kouswijk, 2004, Pays-Bas © Uta Eiesnreich

De Suède, vient Yasar Aydin dont les formes organiques sont inspirées par l’anatomie, le monde minéral et les fossiles et de France, la jeune Carole Deltenre qui, s’inscrivant dans la longue tradition du camée, représente des sexes féminins pour aider ses modèles à crier haut et fort que “leur corps leur appartient”.

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A gauche : Bagues" Flüchtige Momente" en porcelaine et argent - Luzia Vogt, depuis 2006, Suisse © Luzia Vogt, Au centre : Bague "Ohne Titel" en céramique dentaire et acier - Andi Gut, 1997/2000, Suisse © Gedusa Arndt, A droite : Broches "Nymphes" en porcelaine et argent - Carole Deltenre, 2007/2009, France © Carole Deltenre

La Suisse permet de découvrir : Andi Gut qui, parce que l’outillage de précision du bijoutier est sensiblement semblable à celui d’un dentiste, utilise l’univers de l’orthodontie pour façonner ses bijoux ; la plasticienne Natalie Luder qui, avec son nouveau service à dessert en forme de jeu pervers, bouscule les principes ancestraux de la convivialité occidentale par un arrangement inhabituel des “inégalités” entre convives … ; Luzia Vogt qui réutilise, en fragments découpés sertis de larges rubans d’argent, des bibelots que l’on trouvait dans les maisons familiales autrefois et Christoph Zellweger dont les œuvres oscillent entre “naturel” et “artificiel” et semblent autant de ponts lancés entre l’art et la science.

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A gauche 1 : Collier "Spanish Collar" en céramique et argent de la collection "Handle with care" - Peter Hoogeboom, 1995, Pays-Bas © Photo Henni Van Beek, A gauche 2 : Installation "La dot" 28 pièces en porcelaine - Maria Pendariès, 2008, France © Maria Pendariès, A droite 1 : Collier "Let me" en porcelaine et silicone - Yasar Aydin, 2008, Suède © Yasar Aydin, A droite 2 : "Seeds" en porcelaine et cuir - Christoph Zellweger, 2001, Suisse © Corné Bastiaansen

L’exposition sera présentée au Musée des Arts Décoratifs de Paris à partir du 8 mars 2012.

  • Exposition A bit of Clay on the Skin : New Ceramic Jewelry – Museum of Arts and Design – 2 Columbus Circle # 1 – New York, NY 10019-1800 – États-Unis – Du 15 mars au 4 septembre 2011
  • Exposition Un peu de terre sur la peau – Musée des Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris – Du 8 mars au 27 mai 2012

Bijoux de Braque à Saint Dié des Vosges

Jeudi 21 juillet 2011

Braque-Georges-oeuvresSaint-Dié-des-Vosges est une étape incontournable pour les amateurs de bijoux d’artistes. Une exposition permanente permet d’admirer les bijoux créés par le maître lapidaire Henri-Edouard Heger de Loewenfeld d’après l’œuvre de Georges Braque. Cinquante deux bijoux sont présentés dont treize ont été réalisés en un seul exemplaire, les autres ne dépassant pas les sept exemplaires. Ils proviennent de la prestigieuse collection des cent Bijoux de Braque, née de la brève mais intense collaboration entre le peintre et le maître lapidaire. La collection complète fut exposée au pavillon de Marsan du Louvre en 1963 avant de parcourir le monde durant trente ans et connaitre un extraordinaire succès : 120 expositions et 5 millions de visiteurs ! Ayant noué des liens étroits avec Saint-Dié-des-Vosges, Heger de Loewenfeld fit don à la ville de 52 de ses sculptures précieuses afin qu’elles soient “accessibles en permanence au public”. L’exposition est abritée par la Tour de la Liberté, aujourd’hui édifice emblématique de la cité vosgienne, qui avait été initialement érigé à Paris pour commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Clin d’œil artistique, cette Tour n’a-t-elle pas la forme d’un oiseau ?

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A gauche : Tour de la Liberté © Ville de Saint Dié des Vosges, A droite : Vue intérieure de l'exposition © Photo Notes Précieuses

À 79 ans, à la fin de sa vie, Braque avait pris conscience du fait que son œuvre comportait peu de sculptures, contrairement à celle d’un Picasso par exemple. En 1961, pour l’aider à pérenniser sa production dans des “matières dures”, il fit appel à Henri-Michel Heger de Lowenfeld, célèbre pour ses créations animalières en pierres dures enrichies de métaux précieux.

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A gauche : Broche "Iris" en or blanc et saphir, représentant un oiseau - Georges Braque, A droite : "Odysseus" en labradorite, or émail et opale du Mexique représentant un poisson - Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

Sur des feuilles de papier, Georges Braque peignait à la gouache ses oiseaux, ses têtes, ses poissons, ses chevaux tandis que le maître lapidaire les traduisait en trois dimensions. Les œuvres majeures du peintre ont ainsi été synthétisées en cent-dix peintures, dont certaines sont exposées aujourd’hui à Saint Dié.

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A gauche : Clip "Thyria" en or érodé et rubis représentant un oiseau - Georges Braque, A droite : Broche "Hemera" en turquoise, saphir bleu, diamant et or représentant un oiseau - Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

Jusqu’à sa mort, en août 1963, Braque a non seulement élaboré la maquette de chacun des bijoux mais veillé à leur réalisation dans diverses pierres et métaux. C’est le maitre lapidaire qui attribuait à chaque pièce des noms tirés de la mythologie grecque, mais il s’assurait toujours de l’approbation du peintre.

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A gauche : Parure "Pandia" en or avec motifs lunaires - Georges Braque, A droite : Clip "Rhodos" en fil d'or et citrine madeire représentant une étoile - Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

Les bijoux de Braque sont une forme d’aboutissement de la carrière d’un créateur qui occupa une place centrale dans le paysage artistique du XXe siècle. Sa notoriété est due essentiellement à sa peinture : après être passé par le fauvisme, c’est lui l’inventeur – bientôt accompagné par Picasso – du cubisme. Il adopta ensuite un style très personnel. Considérant comme essentielle l’expression du mouvement et de l’espace, il donna aux objets des formes simples : poissons, têtes humaines inspirées de l’Antiquité, chevaux et surtout oiseaux.

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A gauche : Vue intérieure de l'exposition, Au centre : Sculpture "Séléné" - Georges Braque, A droite : Sculpture "Phaéton" - Georges Braque © Photos Notes Précieuses

Si, sur le tard, Georges Braque a pris conscience du peu de sculptures dans ses réalisations, cette discipline n’a jamais été totalement absente de son œuvre. En 1911, il avait créé des sculptures en papier qui, trop fragiles, ont aujourd’hui toutes disparu. Entre 1932 et 1938, il a aussi crée des plâtres gravés. Le manque de toiles et de tubes de peinture durant la guerre l’a aussi dirigé vers des recherches plastiques réalisées à partir de matériaux simples. La plupart de ces œuvres se trouvent aujourd’hui au musée Georges Pompidou, à Paris. Mais c’est avec ses bijoux que Braque a en quelque sorte rattrapé le temps perdu pour donner à ses sujets un volume que la peinture ou la gravure ne permettent pas. C’était essentiel à  ses yeux ; n’a-t-il pas confié à Heger de Loewenfeld que “L’objet est à l’espace ce que la musique est au silence” …

  • Exposition permanente Les bijoux de Georges Braque – La Tour de la Liberté – Parc Jean Mansuy – Saint-Dié-des-Vosges
  • Des vacances de Pâques aux vacances de la Toussaint : du mardi au dimanche, de 14h à 18h, sauf jours fériés – Des vacances de la Toussaint aux vacances de Pâques : du mardi au vendredi (sauf vacances scolaires, du mardi au dimanche), de 14h à 18h, sauf jours fériés

Exposition bijoux Art nouveau en Autriche

Vendredi 15 juillet 2011

Exposition-bijoux-Art-nouveauLe Léopold Museum de Vienne accueille actuellement une superbe exposition de bijoux Art nouveau. Les 150 pièces exposées – boucles de ceinture, peignes, broches, diadèmes, bagues, colliers – offrent un panorama exceptionnel des créations les plus marquante de la fin du XIXème et du début du XXème dans toute l’Europe. L’essentiel des bijoux présentés ont été prêtés par le Hessisches Landesmuseum de Darmstadt et proviennent de la collection constituée dès 1952 par le bijoutier de la cour néerlandaise, Karel A. Citroen.

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A gauche : Broche en or, platine, technique du plique-à-jour, pierre de lune, diamants cut, diamants, perles, émail - Design et réalisation Eugène Feuillâtre, 1902, Au centre : Broche Fuchsia en or, opales, diamants cut, diamants - Design Georges Fouquet et réalisation Charles Desrosiers, 1902, A droite : Peigne "Paons" en corne, or et topaze - Design René Lalique, 1904/1905 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Tous les grands noms de l’Art nouveau sont exposés au Léopold Museum. Une place particulièrement importante est réservée aux créateurs parisiens et notamment à René Lalique. Par la richesse des couleurs et des formes de ses somptueux bijoux, il a révolutionné le design et su séduire le gotha mondial. On peut également admirer des œuvres de Lucien Gaillard, inspirées de l’art japonais, de Georges Fouquet qui collabora longtemps avec Alphonse Mucha. Les bijoux de l’émailleur André-Fernand Thesmar, relèvent pour la plupart de la technique ancestrale Chinoise de l’émail cloisonné – l’émail vitrifié est versé entre de fines bandes d’or, d’argent ou de cuivre – et de la technique du “plique à jour” qui permet d’obtenir un effet proche du vitrail.

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A gauche : Pendentif en argent, plaqué or, opale, émeraudes - Design Franz Delavilla et réalisation Oscar Dietrich Co., 1911 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK / Georg Mayer, Au centre : Broche Papillon en or jaune, émail, diamants, rubis - Design Gustav Fischmeister et réalisation Rozet et Fischmeister Co., 1910 © Fa. Rozet & Fischmeister, Wien, Privatbesitz/Rozet & Fischmeister Co., Privately owned, photo Craig Dillon, A droite : Pendentif en argent, plaqué or, corail, ivoire - Design Joseph Emanuel Margold et réalisation Oscar Dietrich Co., 1912 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK/Georg Mayer

René Lalique marqua au début de son influence l’art nouveau viennois. Gustav Fischmeister qui fut son élève a participé à l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris. Mais rapidement, les ateliers autrichiens ont inventé leur propre style à travers la “Wiener Werkstätte” fondée en 1903.

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A gauche : Broche en argent et or - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1905 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, Au centre : Broche en or, nacre, pierre de lune, opale, lapis-lazuli, tourmaline, grenat - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1910 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, A droite : Pendentif en or et opale - Design Eduard Josef Wimmer-Wisgrill et réalisation Wiener Werkstätte, 1911 © Collection privée, Courtesy Neue Galerie New York, photo Decorative Arts Consult

Ses plus célèbres représentants Kolo Moser et Josef Hoffmann, étaient convaincus que les bijoux ne devaient pas servir à indiquer le niveau de richesse de celle qui les portent mais à affirmer son individualité. Ils ont souvent préféré les pierres semi-précieuses et l’argent aux diamants et à l’or.

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A gauche : Boucle de ceinture en argent, plaqué or, disques en nacre, perle baroque - Design Hans Christiansen et réalisation J. Friedmanns Nachfolger D & M. Lowenthal/Frankfurt am Main, 1901 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photon Hessisches Landesmuseum Darmstadt, A droite : Pendentif en or, platine, émail, perles, rubis et diamants - Design et réalisation Fa. Wild & CIe, Pforzheim, 1900-1905 ? © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photo Hessisches Landesmuseum Darmstadt

Le style allemand est représenté par Hans Christiansen ; le danois par Georg Arthur Jensen ; le néerlandais par Bert Nienhuis et le belge par Philippe Wolfers.

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A gauche : Pendentif oval avec chaine en or, émail, turquoise - Design Bert Nienhuis et réalisation L. W. Van Kooten, 1910, Au centre : Peigne en argent et opales - Design et réalisation Georg Arthur Jensen, 1909-1914, A droite : Pendentif "Orchidée ailée" en or, émail, verre, rubis, diamants cut, diamants, perles - Design et réalisation Philippe Wolfers, 1902 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Sont également exposés des œuvres du légendaire orfèvre russe Peter Carl Fabergé, célèbre par les œufs réalisés pour la famille du Tsar. On ne peut oublier non plus la Grande-Bretagne, berceau du mouvement Arts & Crafts, avec des artistes tels William Hair Haseler ou Henry Wilson.

  • Exposition L’éclat d’une époque – Bijoux Art nouveau européen (Glanz einer Epoche Jugendstil-Schmuck aus Europa) – Leopold Museum – MuseumsQuartier, Museumsplatz 1 – 1070 Wien – Autriche
  • Du 25 février au 25 juillet 2011

Schmuck 2011 à l’Espace Solidor de Cagnes sur Mer

Mercredi 8 juin 2011

Le-Schmuck-espace-solidorL’Espace Solidor de Cagnes-sur-Mer accueille le “Schmuck 2011” qui s’est tenu, comme chaque année, en mars à Munich. C’est la première fois que cette exposition, référence internationale pour le bijou contemporain, est présente en France. Le Schmuck a déjà été invité à New York en 2006, à Padoue en 2007, à Birmingham et à Lodz en 2008, et à Melbourne en 2009. Ce n’est toutefois pas le premier contact de Cagnes sur Mer avec cette manifestation : l’année dernière, la ville avait organisé l’exposition “Cagnes hors les murs” à l’Institut Français de Munich.

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A gauche : Collier "Ratte" en argent patiné - David Bielander, 2010, A droite : Broche en parchemin, papier et argent - Hsuan-Ying Ho, 2009

Depuis 1959, le Schmuck se produit au sein de la foire internationale des métiers de l’artisanat de Munich. Cette exposition temporaire regroupe chaque année les créations des plus grands artistes en provenance des cinq continents. En 2011, elle réunit 62 créateurs de 26 nationalités différentes sélectionnés parmi 650 candidats. Au palmarès des pays les mieux représentés, on trouve : l’Allemagne avec 13 exposants, suivie par le Japon, l’Italie et les Etats-Unis. Pour la première fois cette année sont présents des créateurs de bijoux en provenance de Chine, du Mexique et de Turquie.

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A gauche : Broche "Beetlejuice" en zircone, argent, résine, laque, scarabée - Märta Mattsson, 2010, A droite : Collier en papier, peinture, charbon, colle, lin - Attai Chen, 2010

Pour Rüdiger Joppien, le commissaire de l’exposition qui effectuait en 2011 sa dernière prestation avant son départ en retraite, le Schmuck est indispensable car cette exposition “montre la prodigieuse richesse d’idées qui foisonnent de toute part, dresse un bilan et motive à créer“. Il est en effet important de découvrir ces artistes qui bousculent les conventions, en s’appuyant sur des matériaux aussi divers que le bois, le papier, l’or ou l’argent pour éveiller en nous cette réflexion indispensable à la connaissance.

  • Exposition Internationale de bijoux contemporains, Schmuck 2011 – Espace Solidor – Place du Château – Haut de Cagnes – Renseignements : 04. 93. 73. 14. 42.
  • Du 21 mai au 28 août 2011, du mercredi au dimanche, de 14h à 18h (19h en juillet et août), entrée libre

Le style Van Cleef and Arpels à l’honneur à New York

Jeudi 12 mai 2011

Exposition-bijoux-joaillerieLe Cooper-Hewitt Museum de New York propose actuellement l’exposition Set in Style : The Jewelry of Van Cleef & Arpels dont l’objectif est de mettre en valeur l’apport du joaillier dans l’évolution du design au XXème siècle. Pour l’occasion, la célèbre maison de la Place Vendôme a ouvert ses archives de dessins et esquisses et prêté des pièces exceptionnelles. Parmi les 350 bijoux, montres, accessoires de mode et autres objets d’art exposés, nombreuses sont les œuvres qui ont été créés spécifiquement pour le marché américain. Il est vrai que l’installation de la société aux Etats-Unis durant la seconde guerre mondiale l’a considérablement rapprochée du goût américain.

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A gauche : Vue de l'exposition "innovation" © Photo Matt Flynn, Smithsonian Institution, Au centre : Broche "Oiseau" transformable en boucles d'oreilles or jaune, saphirs, diamants jaune et blanc porté par Ganna Walska - Van Cleef & Arpel, 1971, New York, , Courtesy of, Private Collection, Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels, A droite : Broche "Camargo" en platine, diamants, rubis, émeraudes - Van Cleef & Arpels , New York, NY, 1942,, Private Collection , Photo: Christie’s

Organisée par Sarah Coffin, conservatrice du département Product Design and Decorative Arts, et mis en scène par le designer français Patrick Jouin, l’exposition “Set in Style : The Jewelry of Van Cleef & Arpels” présente une sélection de bijoux permettant à la fois de déterminer les sources de création du joaillier et de mieux souligner ses spécificités et son style. Le parcours du visiteur est organisé autour des six thèmes qui reflètent l’esprit Maison : Innovation, Transformation, Nature, Exotisme, Mode et Célébrités.

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A gauche : Broche Bouquet en platine, Mystery Set rubies, diamants - Van Cleef & Arpels, Paris, France, 1937 , California Collection , Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels, Au centre : Broche Peony en or, platine, diamants, Mystery Set rubis - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 1937 , Van Cleef & Arpels Collection , Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels, A droite : Bracelet Jarretière en diamants, rubis, platine ayant appartenu à Marlène Dietrich - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 1937 , Courtesy of Private Collection, New York , Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels

D’emblée, depuis son ouverture Place Vendôme à Paris en 1906, Van Cleef & Arpels a joué un rôle de premier plan dans la haute joaillerie française et internationale. Si à l’origine certains clients décidaient du design et parfois même apportaient leurs pierres précieuses, Van Cleef & Arpels imposa rapidement son style, qui reposait notamment sur des techniques avancées. Le légendaire “Mystery Setting” est illustré ici par la broche “Peony“. Cette technique, brevetée en 1933, permet de dissimuler toute trace de monture de la pierre et donne l’illusion de bouquets de pierres précieuses. L’exposition, bien sûr, met l’accent sur l’habileté des artisans tant dans le montage de ces joyaux que dans la sélection des gemmes.

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A gauche : Bracelet Zip en or jaune, diamants - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 1952 , California Collection , Photo Tino Hammid, Au centre : Broche Kikumakie en or jaune, bois, laque, diamants - Van Cleef & Arpels , Paris, France, and Japan, 2004 , Van Cleef & Arpels Collection , Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels, A droite : Dessin : Passe-partout chain necklace/belt with floral clips - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 1947 , Van Cleef & Arpels’ Archives , Courtesy of Van Cleef & Arpels

Autre spécificité de Van Cleef & Arpels : les bijoux transformables. L’ exposition présente entre autres une broche oiseau ayant appartenu à Ganna Walska, dont les ailes peuvent se transformer en boucles d’oreilles et la queue en broche. La technique du “Zip”, quant à elle est illustrée par un collier qui se “contracte” pour devenir bracelet. La difficulté technique d’une telle réalisation est telle qu’il s’est passé plus de vingt ans entre le moment où la Duchesse de Windsor a passé commande et où la pièce de joaillerie a pu être finalisée : 1930 – 1951 ! La nature a toujours été un thème de prédilection des designers maisons, mais ils se sont toujours éloignés de la réalité naturaliste. Pour eux, par exemple, les roses n’ont pas d’épines et les oiseaux sont sans griffes. Le papillon est un motif récurent d’illustration et ses ailes sont rendues par une multitude de matériaux successifs allant de la nacre à l’émail.

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A gauche : Padlock watch owned by Paulette Goddard - Van Cleef & Arpels , New York, NY, 1940 , Diamonds, platinum , Van Cleef & Arpels Collection , Photo Patrick Gries/Van Cleef & Arpels, Au centre : Indu Necklace owned by Maharani of Baroda - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 1950 , Diamonds, emeralds, platinum , Maharani of Baroda , Van Cleef & Arpels’ Collection , Photo Katharina Faerber, A droite : Scylla necklace with detachable clip - Van Cleef & Arpels , Paris, France, 2008 , Diamonds, white gold , Courtesy of Private Collection , Photo: Patrick Gries/Van Cleef & Arpels

L’exotisme, style dominant les années vingt, a aussi été à l’origine de très belles créations. L’Egypte des Pharaons et l’Inde des Maharadjahs ont été des sujets forts d’inspiration. On ne peut négliger qu’au début du XXème siècle, les Maharadjahs étaient aussi d’importants clients de Van Cleef & Arpels. L’exposition n’oublie pas non plus de célébrer celles qui ont possédé ces joyaux. Sont ainsi exposées la tiare portée par Grâce Kelly à son mariage, le bracelet d’émeraude de Daisy Fellowes et d’autres pièces éblouissantes créées spécialement pour la Duchesse de Windsor, Eva Peron, Jacqueline Kennedy Onassis ou encore Elizabeth Taylor. L’amateur de suspense peut également admirer le bracelet “Jarretière” porté par Marlène Dietrich dans le film “Stage Fright”  (Le grand alibi) d’Alfred Hitchcock.

  • Exposition Set in Style : The Jewelry of Van Cleef & Arpels – Cooper-Hewitt, National Design Museum – 2 East 91st Street – New York NY 10128
  • Du 18 février au 4 juillet 2011

Bijoux fantaisie, période 1900-1940, exposés à Rome

Vendredi 6 mai 2011

Exposition-bijoux-fantaisie-de-luxeIls sont faux ! Pourtant, ils sont beaux ; certains même très beaux ! C’est pourquoi le Musée Boncompagni Ludovisi de Rome a tenu à mettre à l’honneur les bijoux fantaisie de la période 1900 – 1940. L’exposition “Falsi ma belli” présente les bijoux réunis au fil des ans par la journaliste-écrivain Nicoletta Pietravalle qui, pour l’occasion a sélectionné plusieurs centaines de pièces parmi ses collections de colliers, bracelets, boucles d’oreilles, épingles, broches et ceintures, poudrier et sacs à main. Outre le plaisir des yeux, l’exposition satisfait notre curiosité concernant l’évolution des sociétés occidentales de la première moitié du XXème siècle en matière de mode et de produits de luxe. Une série de photographies, affiches publicitaires, et cartes postales d’époque rappellent les occasions et situations dans lesquelles ces bijoux et accessoires étaient portés.

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Bijoux de l'exposition © Museo Boncompagni Ludovisi

L’exposition “Falsi ma belli” n’est pas seulement un témoignage de l’idéal esthétique et comportemental de la femme à l’époque. Elle souligne également l’engouement nouveau, né aux Etats Unis cinquante ans plus tôt, pour les bijoux composés de métaux moins nobles et d’imitations de pierres précieuses. A l’aube du XX° siècle, le développement économique est à l’origine d’un accroissement de la consommation et d’une forte demande pour les produits de luxe en particulier. Mais il en fallait pour toutes les bourses. Pour satisfaire la demande d’une nouvelle clientèle toujours croissante et exigeante – celle des classes moyennes – sont nés des accessoires et ornements composés de “métaux semi précieux” et pierres synthétiques qui ont donné naissance à un nouvel artisanat de haut niveau … ce qui a contribué à faire du faux bijou une catégorie en soi !

En complément de l’exposition, le Musée Boncompagni présente une sélection de vêtements de l’époque 1900 – 1940 issus de ses propres collections.

  • Exposition Falsi ma belli. Il gioillo d’imitazione 1900-1940 dalla collezione di Nicoletta Pietravalle – Museo Boncompagni Ludovisi per Arti decorative, il Costume e la Moda dei secoli XIX e XX – Via Boncompagni, 18 – Rome – Italie
  • Du 29 mars au 15 mai 2011

Bijoux de l’artiste contemporain Jean Pierre Dussaillant et trésors du musée Hôtel Bertrand à Châteauroux

Mardi 26 avril 2011

Bijoux-artistes-DussaillantLe Musée-Hôtel Bertrand de Châteauroux présente actuellement une centaine de bijoux de Jean-Pierre Dussaillant, créateur contemporain également peintre, graveur et sculpteur. Pour ses bijoux, l’artiste utilise tous les matériaux qui l’inspirent. Même s’ils peuvent parfois surprendre, comme le souligne Michèle Naturel, Directrice des Musées de Châteauroux : “Ils ne sont que rivets, boulons, cornière métallique (ramassée sur une plage de l’Ile de Ré), brûleurs de becs de gaz, de becs de chalumeaux … mais ils mettent en valeur d’autres matériaux très prisés depuis toujours : corail, pierres dures, perles fines, pâte de verre”. Redimensionnées à partir de sculptures, les œuvres exposées sont de vrais bijoux … qui se portent.

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Jean-Pierre Dussaillant © Photos Studio Langereau

Formé à l’école du classicisme Art-déco par deux Prix de Rome, Ducos de la Haille et Bertola, Jean-Pierre Dussaillant,  maîtrise à la fois le dessin, la forme, la couleur, les matériaux. Dans le somptueux catalogue de l’exposition, Jean-Pierre Melot le définit  comme “sculpteur d’abord, occupé à habiter l’espace“. Il précise “Les contours nerveux de ses reliefs s’inscrivent délibérément dans le vide. La simplification des formes le conduit à l’essentiel. [...] Le contour de la sculpture est devenu dessin, sa couleur s’est muée en patine : l’artiste en jouant sur les effets attendus des matériaux a crée son langage personnel.”

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A gauche : Bagues "Papillon" en laiton, or ou argent, corne - Jean-Pierre Dussaillant, Au centre : Broche "Fantôme" en laiton et argent - Jean-Pierre Dussaillant, A droite : Collier "Ruban" en laiton et argent - Jean-Pierre Dussaillant © Photos Studio Langereau

Pour définir plus généralement le bijou d’artiste, laissons la parole à Jean-Pierre Dussaillant pour qui c’est “un geste esthétique et affectif“. Il distingue deux catégories d’œuvres. La première est, selon lui, composée de bijoux “réalisés dans les matériaux de l’atelier avec une touche de folie ou de rêve et très souvent aussi avec une part de jeu“. Il évoque alors Calder” bricolant l’après-midi, sur son établi, ses fils de laiton, pour témoigner le soir de son génie et de son affection à la personne chez qui il se sait invité”. La seconde est plus sophistiquée, dans l’esprit du travail général de l’artiste, comme les bijoux coulés et sertis de pierres précieuses réalisés par Georges Braque.

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A gauche : Broche "Baiser" en argent - Jean-Pierre Dussaillant, 1994, Au centre : Collier "Caïn" en laiton, or, verre - Jean-Pierre Dussaillant, A droite : Bague "Arbouse" en laiton, argent, aluminium, verre, perles mobiles - Jean-Pierre Dussaillant © Photos Studio Langereau

Par sa petite taille précise Jean-Pierre Dussaillant, le bijou “vous permet de vous offrir encore plus facilement aux autres”. Redevenant pur esthète, il met aussi en garde la femme qui “ne devrait pas porter plus de quatre bijoux à la fois …”.

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A gauche : Collier "Vague" en bronze patiné, or, perles de culture - Jean-Pierre Dussaillant, Au centre : Broche "Rébus" en laiton, or et argent - Jean-Pierre Dussaillant, A droite : Bague "Cactus" en laiton, or, verre - Jean-Pierre Dussaillant © Photos Studio Langereau

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Bague en or et pierres précieuses d'un abbé de Déols - XIème siècle - Collection du musée © Musée Hôtel Bertrand

La présentation du Musée-Hôtel Bertrand est un événement car les expositions exclusivement consacrées aux bijoux d’artistes contemporains sont plutôt rares. Et peu d’artistes reconnus se sont consacrés à la création de bijoux. Ceux de Hans Arp, Braque, Cocteau, Dali, Niki de St Phalle, Louise Bourgeois, Calder … sont restés des productions confidentielles et marginales qui ont peu contribué à la notoriété de ces créateurs.

On pourra par la même occasion, découvrir pour la première fois les “Trésors” des collections des musées de Châteauroux : bijoux, parures et peintures évoquant l‘histoire du bijou, de l’époque gallo-romaine à nos jours.

  • Exposition Bijoux d’artiste, Jean-Pierre Dussaillant, et trésors du musée – Musée Hôtel Bertrand, Musées de Châteauroux – 2, rue Descente des Cordeliers – 36000 Châteauroux – tél : 02. 54. 61. 12. 30. – Du 18 février au 29 mai 2011
  • Visite guidée de l’exposition par Jean-Pierre Dussaillant – Samedi 14 mai 2011, à 20h30 et 21h30
  • Catalogue de l’exposition Bijoux d’artiste, Jean-Pierre Dussaillant – Musées de Châteauroux, 2011

Réflexions sur le bijou contemporain français

Vendredi 18 février 2011

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© Photo La Garantie

Designer, essayiste, commissaire d’expositions et lui même créateur de bijoux, Benjamin Lignel livre, pour le Magazine Notes Précieuses, ses réflexions sur le bijou contemporain et nous parle de l’exposition itinérante “Also known as jewellery” qu’il a organisée conjointement avec Christian Alandete.

Notes Précieuses : Comment est née l’exposition “Also known as jewellery” actuellement présentée aux Ateliers de Paris ?

Benjamin Lignel : L’idée de l’exposition coïncide avec la création en 2007 de l’association pour le bijou La Garantie, association destinée à promouvoir le bijou dans ses différentes pratiques. Créer une exposition internationale pour faire découvrir le bijou contemporain français constituait l’un des trois projets de départ de l’association.

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Collier "Mutter tag" en bitume, papier, fibre de lin, pyrite, onyx, fer - Pièce unique - Babette Boucher, 2006 © Photo Babette Boucher

NP : Quels étaient les deux autres projets de la Garantie ?

BJ : D’abord en 2008, une Journée d’étude à Normale Sup sur le bijou, ses fonctions et ses usages, de la préhistoire à nos jours, organisée par Cécile Michaud et Delphine Lesbros. Cela  a permis de croiser l’analyse d’une vingtaine de doctorants de différentes disciplines. C’était passionnant. Deuxième projet : nous avons réuni les trois départements de formation spécialisés en France dans le bijou contemporain qui se trouvent à Paris (AFEDAP), à Strasbourg (ENSAD) et à Limoges (ESAD). Cette manifestation aussi a été un succès permettant des confrontations intéressantes entre formateurs, créateurs, galeristes … En référence à l’Oktoberfest de Munich, nous l’avions baptisée Dezemberfest : ce projet a été mené par Emmanuel Lacoste et moi-même.

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Collier "8/9B-C" en porcelaine émaillée, cuivre - Claire Baloge, 2007 © Photo Enrico Bartolucci

NP : Le champ de l’exposition, lui, est délibérément international …

BJ : Oui. Il s’agissait de montrer à l’étranger des œuvres de très haute qualité pour convaincre qu’en France aussi il se passe quelque chose dans le domaine du bijou contemporain. Notre ambition avec Christian Alandete était de répondre, par cette exposition, au manque de visibilité des bijoutiers contemporains français à l’étranger.

NP : Le  bijou contemporain français est à ce point inexistant dans le monde ?

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Broche "Chardon" en or, fer - Ulrike Kämpfert, 2005 © Photo Enrico Bartolucci

BJ : Très souvent à l’étranger, on me pose la question “qu’est ce que vous faites en France” ? Dans le tout petit milieu mondial du bijou contemporain - en gros un millier de personnes au total -, les Français sont très peu représentés. A Munich, haut lieu mondial du bijou contemporain, la France était perçue comme un pays où il ne se passe rien.

NP : Arrêtons nous un instant sur les définitions … Qu’est ce qu’un bijou contemporain ?

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Bague "Camé noir" en argent oxydé, or - Catherine Le Gal, 2007 © Photo Jacques Davis

BJ : Donner une définition devient de plus en plus difficile car le bijou contemporain a pris beaucoup de latitude au cours des 5 ou 10 dernières années. Je vous livre ici une définition très personnelle. Pour moi, le bijou contemporain prend la pratique comme sujet d’expérimentation. Le propos n’est pas de faire des bijoux, mais de savoir comment on peut questionner le bijou. La recherche des créateurs porte sur “comment fonctionne le bijou ?” et non pas sur “comment faire beau et séduisant ?”. Par analogie, on peut se référer à Perec et Calvino qui, dans les années 60 ont écrit des livres qui parlaient de l’écriture ; le vrai sujet de leur travail n’était pas la narration mais l’écriture. Mais j’ai tout à fait conscience qu’une telle définition n’est pas unanimement partagée.

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Bague "Petit poney" en fimo, plastique, paillettes - Maud Traon, 2007 © Photo Enrico Bartolucci

NP : Quelle pourrait être alors une définition plus universelle ?

BJ : Pour aller au plus simple, je dirais que c’est le produit de la démarche d’un artiste qui conçoit et réalise des pièces uniques, fait des expositions personnelles dans des galeries et … parfois vend. Ici, pas de distribution en série ou extrêmement peu. Un créateur bosse pendant plusieurs années sur un thème avant de livrer au public le fruit de son travail dans une galerie  de bijou contemporain, qui fonctionne exactement comme une galerie d’art.

NP : Quels sont les thèmes sur lesquels travaillent les créateurs de bijoux contemporains ?

Collier pectoral "Anémone" en cuivre émaillé - Joanne Grimonprez, 2007 © Photo Joanne Grimonprez

BJ :  Quand on leur pose la question de leurs outils de réflexion, les créateurs citent aussi bien la philosophie, la sociologie, l’anthropologie ou la littérature. Dans l’exposition, “Also known as jewellery”, il y a 17 créateurs. Ils ont des formations très différentes et abordent tous des thèmes différents. Certains traitent du corps, d’autres questionnent le genre, ou d’autres encore interpellent les problématiques sociales … Comme avec l’art contemporain, on peut déboucher sur le politique au sens large.

NP : Et qu’est-ce qu’un bijou conceptuel ?

BJ : Le bijou conceptuel implique, je pense, une forme de dématérialisation de l’objet. On demande au spectateur d’appréhender non pas une réalisation formelle, mais un processus et une idée. Très peu de gens aujourd’hui font du bijou conceptuel selon cette définition, mais je citerais en exemple la pièce “Redundancy of Matter”, de l’artiste israélien Attaï Chen, et l’ensemble de l’œuvre de l’allemande Suska Mackert.

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"Roads never trave" Chambres à air ajourées - Amandine Meunier, 2007/2008 © Photo Johann Fusinelli

NP : Revenons à l’exposition proprement dite : comment le projet a t il vu  le jour ?

BJ : Tout a commencé à Londres, au vernissage d’une exposition de bijoux italiens. J’ai longuement discuté avec la directrice de la Flow Gallery qui s’est montrée enthousiaste à l’idée de présenter des bijoux français. Pour que notre projet soit viable, il nous fallait au moins trois partenaires. Nous avons convaincu ensuite les galeries Alternative à Rome et Velvet da Vinci à San Francisco. Notre projet devenait alors possible et tout a commencé. Ensuite, nous avons convaincu l’Institut Français de Munich et la Villa Bengel d’Idar-Oberstein. La conservatrice du Falkenberg Museum est venue à nous après avoir vu l’exposition à Munich, enthousiaste de pouvoir mettre en regard cette exposition avec ce qui se passe en Suède dans le domaine.

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Collier "Barbie" en plastique, vernis à ongle, fil - Jana Natier, 2006 © Photo Enrico Bartolucci

NP : Quels ont été les critères de sélection des créateurs présentés et qui devenaient en quelque sorte “ambassadeurs du bijou français”?

BJ : On ne peut pas vraiment parler d’ambassadeur au sens strict : nous avons privilégié une sélection assez restreinte qui correspond à notre approche mais ne peut résumer la diversité des pratiques du bijou contemporain en France.

NP : Le sélection a t elle été difficile ?

BJ : Nous avions une idée très précise de l’axe dans lequel nous voulions aller, de ce que nous souhaitions montrer. Il y a une part d’arbitraire nécessairement dans les choix qui sont pris. Nous sommes partis des pratiques qui correspondaient le mieux à notre approche du bijou contemporain et de là nous avons définis des critères précis pour le choix des pièces.

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"Beauty Tool", rouge à lèvres (by Terry) en or 920 - Frédéric Braham, 2006 © Photo Paul Duchovel, AAA Production

NP : Qui a choisi les pièces exposées, les créateurs ou les organisateurs ?

BJ : Christian et moi. Nous connaissions déjà le travail de la plupart des créateurs et, chez certains, il y avait des pièces que l’on tenait à présenter. Dans notre sélection, la grande majorité des objets est portable. Ceux qui ne le sont pas (par exemple, certaines pièces de Frédéric Braham et de Christophe Marguier) font référence à l’ornement et sont affiliés à ses codes.

NP : En tant que créateur vous même, votre sélection n’est-elle pas entachée d’un certain biais ?

BJ : Je ne pense pas avoir privilégié ici des gens dont le boulot ressemble au mien. Je suis intimement persuadé que quelqu’un d’autre chargé de faire la même expo sur le bijou contemporain français aurait aboutit à quelque chose d’approchant dans le choix des créateurs. Peut-être pas les mêmes pièces …

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"Hier, le surlendemain" en fer, cuivre, émail, peinture - Christophe Marguier, 2003/2005 © Photo Christophe Marguier

NP : Vous n’avez pas exposé votre propre travail …

BJ : Non, et pour une raison évidente : déontologiquement, on ne peut pas s’auto choisir. Je ne le regrette pas car n’ayant pas été exposé moi même, j’ai eu l’impression de mieux défendre la cause … et c’était plus simple pour moi.

NP : Comment s’est effectuée entre Christian Alandete et vous la répartition des tâches ?

BJ : Il n’y a pas eu réellement de répartition des rôles. En ce qui concerne la sélection des créateurs, nous avons chacun nos préférés, mais à aucun moment il n’y a eu de conflit sur le choix de tel ou tel. Et au plan de l’organisation, nous avons simplement optimisé nos savoir faire spécifiques : en tant que commissaire d’exposition, Christian a une connaissance des institutions et un réel savoir faire dans les arcanes administratives ; en tant que designer, c’est plus facile pour moi de m’occuper de la réalisation de la scénographie par exemple.

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Bijou de langue, 2 pièces en or fin - Emmanuel Lacoste, 2006 © Photo Enrico Bartolucci

NP : Vous travaillez depuis longtemps ensemble ?

BJ : J’ai connu Christian à l’occasion de l’ exposition “Un vrai bijou” qu’il avait montée en 2005 sur les bijoux contemporains en France à la galerie Artcore à Paris, puis à Cagnes-Sur-Mer. Il avait su donner un esprit de corps à la trentaine de créateurs présentés. C’est aussi un des fondateurs de la Garantie. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus sur ce que l’on voulait faire avec l’exposition itinérante.

NP : Quelles difficultés avez vous rencontrées pour monter l’exposition ?

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Collier "Performance" en plâtre, gaze, boite en bois - Nathalie Perret, 2007 © Photo Nathalie Perret

BJ : Le projet a été long à monter, il a eu beaucoup de difficultés à trouver un financement en France, en dépit de l’intérêt manifeste de nos partenaires étrangers. La position hybride du bijou contemporain – ni vraiment dans l’art, ni vraiment dans l’artisanat – permet à chacun de se renvoyer la balle sans sortir son carnet de chèque. Sauf pour l’exposition de l’Institut Français de Munich qui a été financée par la Ville de Cagnes-sur-Mer et celle aux Ateliers de Paris par la Ville de Paris. Le catalogue a été en partie financé par les bijoutiers et principalement par les ventes à l’étranger.

NP : Parlez nous justement du catalogue …

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Collier en argent, jouets en plastiques - Carole Deltenre, 2006 © Photo Enrico Bartolucci

BJ : Nous nous sommes livrés à un travail de fond pour mettre en valeur la richesse du travail de chacun. Nous avons édité un catalogue bilingue avec pour chaque créateur : un texte, des photos de studio réalisées par Enrico Bartolucci  pour les bijoux présentés et un poster des bijoux portés shooté par Elene Usdin. Pour chaque bijoutier nous avons contacté, en concertation avec eux, des auteurs qui pouvaient donner une approche intéressante de leur travail qu’ils soient historiens, critiques d’art, sociologues, philosophes …  Il y a une photo très forte de Nathalie Perret qui a réalisé un collier fait de sacs de plâtre. Le bijou qu’elle porte, c’est la trace de plâtre sur la robe. Il n’y a pas d’objet …

NP : Les pièces exposées à Paris étaient-elles les mêmes qu’à Londres, Rome, Munich, … ?

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Collier de naissance "Naissance neuf perles" à usage plus universel, en résine blanche imprimée, dorure à la feuille, plexiglass blanc, anneau de métal - Florence Lehmann, 2002 © Photo Jean-Louis Hess

BJ : L’exposition a un peu évolué dans son itinérance. Les créateurs ont toujours été les mêmes. Et si un cinquième des pièces environ a changé c’est tout simplement parce que des œuvres ont été vendues et qu’il a fallu les remplacer.

NP : Et la présentation a t elle évolué ?

BJ : Oui, d’une certaine manière car nous avons du nous adapter aux différents espaces et mobiliers existants. Il n’y a vraiment qu’à Paris qu’il y a une scénographie.

NP : Une scénographie très remarquée effectivement. La présentation dans des valises, c’est parce que l’exposition a beaucoup voyagé ?

BJ : Certes … Mais c’est avant tout un clin d’œil de nous autres créateurs. Nos œuvres voyagent constamment. Il y a en permanence des collections de bijoux qui transitent dans le monde par la poste, en train et en avion. La valise est intimement liée au bijou, car elle peut facilement accueillir ces petits objets.

NP : Also known as jewellery : pourquoi un titre en anglais ?

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Broche en argent, or, émail - Monika Brugger, 2008 © Photo Corinne Janier

BJ : Lors du vernissage à Paris, nous avons été critiqués sur ce point par quelques défenseurs de la langue française. Le choix de l’appellation mérite donc une explication. Ce n’est pas de notre part un parti pris d’anglicisme, mais une volonté d’efficacité. Nous voulions un titre qui fasse sens : on présente des objets qui couvrent deux ou trois champs de la création et sont aussi connus comme bijoux, mais en dernier lieu seulement. Autrement dit : “des objets qu’on connait aussi sous le nom de … bijoux”. Reconnaissez que l’expression anglaise est plus efficace que s’il avait fallu le dire en Français. D’autant que A.K.A. est un poncif de la langue anglaise qui veut dire “alias”. En anglais, on traduit mieux l’ambiguïté des objets qu’on présente ici. Et puis, dans les six pays où l’exposition a tourné avant Paris, le Français était loin d’être la langue la plus pratiquée.

NP : Pourquoi Paris en dernier ?

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Collier en écharpe "Toison aux pattes dorées" en cotte de maille en acier inox, pattes en argent plaqué or - Sophie Hanagarth, 2004 © Photo Enrico Bartolucci

BJ : Au départ l’exposition, compte tenu de ses objectifs, était essentiellement destinée à l’étranger. Après Rome, Londres et San Francisco nous avons sollicité des institutions en France et des galeries à l’étranger. Exposer en France n’était pas gagné d’avance. C’est difficile de convaincre les institutions d’accepter quelque chose qui n’est pas institutionnalisé. En France, on aime les spécialisations et on ne mélange pas artisanat et art contemporain par exemple. Aussi sommes nous redevables à Françoise Seince d’avoir levé les barrières et de nous avoir ouvert les portes des Ateliers de Paris.

NP : Paris est la dernière étape de l’exposition ?

BJ : Oui.  A trop la prolonger, l’exposition ne serait plus vraiment actuelle. Elle présente des œuvres qui ont deux ans ou plus. En outre, sur le plan personnel, nous nous sommes fortement impliqués, Christian et moi, depuis deux ans et nous souhaitons nous consacrer à d’autres projets.

NP : Quelles ont été les réactions du public dans les différents pays ?

BJ : Chaque pays a eu des réactions différentes. Cela tient beaucoup au fait qu’il y a eu des publics différents. En Angleterre, par exemple, tous les principaux professeurs des écoles d’art sont venus avec leurs étudiants. On a eu droit à des clins d’yeux et hochements de têtes de ce public d’initiés signifiant “maintenant on comprend … “. A Rome, ce sont surtout les clients de la galerie Alternative qui sont venus : ils se sont souvent montrés déroutés, déboussolés. Nous étions loin de leur expérience. A San Francisco, le public était plus varié : collectionneurs, artistes, voire les gens de la rue … Dans cette ville – berceau des réflexions sur le genre, la sexualité, le féminisme, des œuvres comme celles de Carole Deltenre, Florence Lehmann ou Monica Brugger ont été comprises immédiatement et appréciées, même par des non initiés. Les américains de la côte ouest reconnaissaient cette manière de parler du féminin. A Munich, centre mondial du bijou contemporain, nous avons remporté notre examen de passage : plus de 400 personnes sont venues pendant les quatre jours qu’a duré l’exposition, les catalogues se sont arrachés et l’expo a été jugée cohérente.

NP : Et en France ?

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Bague "Promesse (camé)" en or fin, fer - Brune Boyer-Pellerej, 2008 © Photo Enrico Bartolucci

BJ : En France, les réactions sont positives aussi. J’ai eu beaucoup de retours de personnes qui se disaient bluffées par la scénographie et le travail réalisé. Elles ne s’imaginaient pas qu’on puisse faire tant de choses avec le bijou.

NP : C’est donc une réussite ?

BJ : C’est un travail de longue haleine car les barrières culturelles sont plus fortes en France que dans bien d’autres pays : l’Angleterre, l’Allemagne, la hollande, l’Italie … par exemple qui n’ont pas totalement rompu avec leur passé médiéval en matière d’artisanat. Le secteur est très bien structuré à l’étranger avec un nombre considérable de galeries spécialisées qui fonctionnent sur le modèle des galeries d’art contemporain avec des expositions temporaires régulières. Nous avons difficilement ça en France. En France, où il n’y a plus de joailliers de quartier, on semble aveuglé par la toute puissance de la Place Vendôme. Mais je suis assez optimiste. Petit à petit, les gens vont s’habituer à de nouveaux critères artistiques … Pour l’exposition à Paris, nous avons eu un article dans le Figaro, média grand public. Nous en sommes ravis.

NP : Les institutions françaises s’intéressent-elles au bijou contemporain ?

BJ : Non, pas véritablement car, comme je l’ai dit tout à l’heure, on ne sait pas très bien où le placer. Pour une action dans la durée, on doit toutefois saluer l’action de l’Espace Solidor à Cagnes-sur-Mer. C’est le seul espace public à garder le cap et sa programmation ne faiblit pas.

NP : Et la formation, c’est important ?

BJ : Je préfère parler de transmission professeurs-élèves dans le bijou contemporain. On reconnait déjà des filiations par les œuvres des étudiants de Monika Brugger qui enseigne à Limoges, de Florence Lehmann et Sophie Hanagarth qui enseignent à Strasbourg et de Brune Boyer qui a enseigné à Paris pendant 12 ans avant de passer le flambeau à Patricia Lemaire. Mais il faut être conscient que les promotions de Paris, Limoges et Strasbourg réunies se montent annuellement à une dizaine d’étudiants, alors que 600 étudiants sont formés chaque année en Grande Bretagne.

NP : Comment voyez vous évoluer le bijou contemporain ?

BJ : Son avenir ne tient qu’à nous. Nous avons montré que nous savions utiliser les moyens du bord. Il y a de nombreuses choses qui se passent actuellement : des tas d’initiatives privées. Au rendez vous “Le dit du bijou”, on le constate chaque mois. On travaille aussi sur des projets, notamment un parcours du bijou contemporain qui devrait voir le jour d’ici deux ans. C’est bouillonnant, mais nous avons pas mal d’écueils à éviter, particulièrement celui de la compartimentalisation. Chercher sa légitimité ne doit pas pousser le bijou contemporain à surdéfinir son terrain d’action en érigeant des murailles, pour ne pas être confondu par exemple avec le design, et créer un territoire restreint et isolé. N’oublions pas que design, art et artisanat sont les trois fées qui se sont penchées sur son berceau.

  • Interview réalisée le 1er février 2011
  • Exposition Also known as jewellery -  Les Ateliers de Paris – 30, rue du Faubourg Saint-Antoine – 75012 Paris – Du 13 janvier au 12 mars 2011, du mardi au samedi de 13h à 19h – Entrée libre
  • Catalogue Also known as jewellery, A touring exhibition of french jewellery – Février 2009, disponible à la vente

Bijoux de créateurs contemporains sur le thème du Ricochet

Mercredi 2 février 2011

Exposition-RicochetOnze bijoutiers exposent actuellement leurs dernières créations sur le thème du Ricochet au Viaduc des Arts à Paris. Tous sont membres du Groupe Arcanes, association pour le bijou contemporain. C’est dire qu’ils approchent le bijou “autrement”. Pour eux, sa valeur réside essentiellement dans la démarche créative qui a présidé à sa conception. Ils se laissent toute latitude dans le choix des matériaux, des techniques et des formes. L’exposition, cette année a aussi été l’occasion de réaliser une œuvre collective.

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A gauche : Bague en argent - Fabienne Tixier, A droite : Bague en cuivre, émail - Ricochet : L'univers du jardin, de l'étang - Fabienne Tixier © Photos Notes Précieuses

La variété des quelque 70 pièces personnelles présentées souligne que l’appartenance à un même groupe ne signifie pas pour autant uniformité. Chaque bijou est imprégné de la sensibilité et de la culture de son auteur, que cette culture soit française, espagnole, coréenne, colombienne …

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Colliers, bagues, bracelets - Ricochet : l'ondulation, l'empreinte - Eliane Michel © Photos Notes Précieuses

Les matériaux classiques sont utilisés aussi bien que les matières inédites.

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A gauche : Broche en argent oxydé, perles de Tahiti - Hyun Joung Lee, A droite : Broche en argent oxydé, émail, perles d'eau douce - Ricochet : la réincarnation - Hyun Joung Lee © Photos Notes Précieuses

Voisinent ainsi : bague en argent brossé, bague articulée en argent, saphir étoilé, lave, sculpture en ébène, bague en or et argent, broche en argent oxydé, émail, perles d’eau douce, broche silex noir et acier chirurgical, broche acier, collier en argent oxydé, plexiglas, cristal papier.

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A gauche : Objet de main "Rond dans l'eau" en argent, feuille d'or, plumes - Louise Barthelemy, A droite : Bague en argent, pierres fines, plumes - Louise Barthelemy © Photos Notes Précieuses

Le thème du Ricochet évoque, selon les artistes des images différentes : pour certains, des ondes, des vibrations ; pour d’autres, c’est la trace, la transmission, le chemin de la vie, la réincarnation

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A gauche : Bague 3 doigts "Onde" en argent poli et au fond bague "Percussion" en argent, perle de Tahiti - Caroline Aubry, A droite : Bagues en bois et argent - Caroline Aubry © Photos Notes Précieuses

Quant à l’œuvre collective, elle est éminemment originale. A l’image du galet qui rebondit à la surface de l’eau, on aboutit à une chaine de treize bijoux contemporains originaux.

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Une partie de l'œuvre collective. En haut, à gauche et au milieu : Bague en galet, argent et textile - Anne Milbeau, Au milieu : Bracelet en argent, strass. Pièce textile empruntée à la bague d'Anne Milbeau - Andréa Piñeros, En haut à droite : Bague en métal argenté et perle. Ovale de la bague mutilée - Sophie Leroy, En bas, à gauche : Broche en cuivre. Utilisation d'une partie de l'ovale de la bague de Sophie Leroy - Claire Wolfstirn, Au milieu : Bracelet en métal. Utilisation d'un rectangle incurvé, découpé dans la broche de Claire Wolfstirn pour réaliser le fermoir - Eliane Michel, A droite : Broche. Utilisation d'une partie du métal découpe du bracelet d'Eliane Michel - Marta Fernández Caballero © Photos Notes Précieuses

Chaque créateur a repris au bond une partie du bijou d’un autre, pour élaborer son propre bijou. Une fois son œuvre réalisée, il la passe au suivant qui procède de même. Toute liberté est laissée à chacun concernant la partie à sectionner ainsi que son ampleur. Le délai était d’un mois pour réaliser chaque bijou. Cette démarche, fondée sur la transmission et l’interaction, aboutit à une série d’œuvres liées les unes aux autres par un geste volontaire de mutilation suivi d’une réaction créative.

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A gauche : Scénographie de l'exposition, exposition des bijoux de Claire Wolfstirn © Photo Notes Précieuses, A droite : Broche "Ricochet 3" en acier - Claire Wolfstirn © Photo Amélie Weirich

Les bijoutiers suivants ont participé à l’œuvre collective et exposent leurs œuvres personnelles : Anne Couteau qui, abolissant les frontières entre animal, végétal et minéral, crée des bijoux aux lignes fluides et épurées ; Caroline Aubry qui, dans un travail graphique, s’attache à la mise en évidence des mouvements ; Hyun Joung Lee qui crée des bijoux marqués par un équilibre et une harmonie d’ensemble ; Anne Milbeau chez qui la matière se révèle par des lignes et des courbes aux proportions équilibrées où la lumière rythme les volumes ;

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A gauche : Bague "Impact" en argent - Eliane Michel , Au milieu : Collier "arbre de vie" en argent oxydé, plexiglas, cristal, papier - Andréa Piñeros, A droite : Bague "Non c'est rien" en argent, or jaune - Anne Milbeau © Photos Amélie Weirich

Andrea Piñeros dont les créations brossent un portrait de l’objet intime ; Fabienne Tixier, perpétuellement à la recherche du trésor fabuleux qui la fait rêver… ; Louise Barthelemy pour qui corps et bijoux sont deux architectures articulées dont les mouvements se suivent et se font écho ; Frank Massé ; Claire Wolfstirn, dont les bijoux sont pensés comme des sculptures ; Eliane Michel qui travaille la matière et le volume de façon instinctive pour ensuite les adapter à la personnalité de chacun ; Marta Fernández Caballero dont les bijoux naissent de thèmes comme la nature, les mouvements et les relations humaines. Thierry Martin et Sophie Leroy ont participé au projet commun, mais ne présentent pas de travail personnel.

  • Exposition Ricochet – Viaduc des Arts – 57, avenue Daumesnil – 75012 Paris – Ouvert tous les jours de 11h à 20h sauf dimanche, fermeture à 18h – Du 2 au 6 février 2011