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L’art du chocolat

Jeudi 21 avril 2011

Patrick-RogerSur l’agenda gourmand, les fêtes de Pâques sont traditionnellement associées au chocolat. France 5 a tenu à nous montrer que la friandise ne se décline pas obligatoirement sous forme d’œuf, de cloche ou de poule … du moins sous un aspect banal. Virginie Tumorticchi, dans un film produit par Sunset Presse, a enquêté dans le monde du cacao et nous décrit “La folie Chocolat” qui met en scène de véritables artistes contemporains. On découvre notamment les créations en chocolat et l’approche de Patrick Roger, le joaillier du chocolat, qui fut sacré meilleur ouvrier de France en 2000. Il est au nombre de ceux qui ont fait du cacao, une matière noble, aux multiples facettes, qui se travaille comme un métal précieux.

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Coqs, poules et cocottes en chocolat, collection de Pâques - Patrick Roger © Patrick Roger

Cet artiste chocolatier peaufine bien sûr les saveurs et travaille les grands crus, des chocolats d’exception. On le voit ici, entouré de son équipe dans son laboratoire en région parisienne, marier réglisse, myrtilles, basilic et, par touches successives, trouver les proportions idéales d’un mélange au premier abord étonnant. Parce que, selon son expression “on goutte et on regarde“, il est également peintre. On le découvre, pistolet en main, chercher la juste nuance pour décorer les pièces qu’il proposera à la vente dans un écrin comme le ferait un joaillier. Ici pas d’acrylique ni de gouache, mais du beurre de cacao pigmenté. Pour Pâques 2011, il a réalisé une collection de gallinacées emmenée par un coq rock’n’roll particulièrement déjanté suivi d’élégantes poulettes dont l’une arbore fièrement un joli bijou, un collier de perles.

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Coqs, poules et cocottes en chocolat, collection de Pâques et demi sphères en chocolat - Patrick Roger © Patrick Roger

Patrick Roger crée aussi des sculptures grandeur nature pour ses boutiques ou des commandes particulières : soit il assemble, soit il taille directement dans le chocolat. Sous l’œil de la caméra, il met la dernière main à “La ville” sculpture complexe – et fragile – commandée pour la comédienne Marianne Denicourt.

Le chocolat en peinture et en sculpture, du plus petit au plus grand ; on se plait à rêver – pourquoi pas ? – à des bijoux en chocolat, à consommer après les avoir portés …

  • Documentaire La folie chocolat – Virginie Tumorticchi – Production Sunset Presse, 2009 – France 5 – Rediffusion : 1er mai à 06h05 et 17 mai à 00h25 sur France 5

Le corail corse : l’or rouge de méditerranée

Samedi 8 mai 2010

Parce que les importants courants des bouches de Bonifacio drainent de nombreuses particules organiques, la Corse possède le plus beau corail rouge au monde. Les polypes qui vivent à la surface du corail se nourrissent en effet de plancton. La structure de leur squelette étant calcaire, c’est la concentration en oxyde de fer qui leur donne une belle couleur rouge. Dans l’excellente série documentaire “A la poursuite des pierres précieuses” rediffusée dernièrement sur France 5, Patrick Voillot nous fait découvrir cet “or rouge” de la Corse.

Le reportage met tout d’abord l’accent sur le difficile travail des corailleurs. Ces plongeurs spécialisés dans la collecte du corail travaillent de mai à octobre, quand les conditions climatiques sont les plus favorables. Mais, à 80 mètres de profondeur – les corailleurs corses n’ont pas le droit d’opérer à une moindre profondeur -, il fait toujours froid et les conditions de travail sont pénibles : courants forts, luminosité réduite et même rencontre avec des requins dont la présence est due au réchauffement climatique. Un plongeur bonifacien met également l’accent sur les risques inhérents à la décompression : “50% des plongeurs meurent d’embolie pulmonaire”.

Aujourd’hui, le corail rouge n’est pas en voie de disparition, mais les stocks diminuent sensiblement. En 25 ans, le produit d’une plongée est passé de 10 kg à 300g/500g. Des règles strictes de collecte ont été instaurées : seules les plus grandes branches sont récoltées pour laisser aux plus jeunes le temps de se développer. Par ailleurs, une centaine de plongées seulement sont autorisées chaque année et il n’y a plus qu’une dizaine de corailleurs habilités. La réserve naturelle de Scandola, crée en 1975, est le “laboratoire vivant” qui permet une surveillance et une préservation efficace de l’espèce, comme le souligne le responsable du parc naturel régional de Corse.

Le reportage de Patrick Voillot nous transporte ensuite en Italie, car le corail Corse n’est pas transformé sur place. C’est à Torre del Greco, ville de 100 000 habitants située près de Naples, que depuis 1805 des artisans se sont spécialisés dans le traitement de “l’or rouge”. Sept mille personnes travaillent la gravure sur corail, coquillages et camé. Compte tenu de la haute technicité requise, il y a des spécialistes pour chaque tâche : couper, sculpter, percer et polir.

Le corail corse comporte de nombreuses nuances allant du rouge foncé, plutôt rare, au plus clair. Il est très prisé et s’exporte dans le monde entier sous des formes très élaborées en joaillerie et sous forme de boules et cabochons en bijouterie. Le corail a toujours fasciné les élites. Joséphine, dont Napoléon avait fait une ambassadrice en matière de luxe possédait des parures de diamants et de rubis, mais aussi en acier, en émail et … en corail issu des ateliers de Torre del Greco. Mais actuellement, le corail corse n’échappe pas non plus à la contrefaçon. Certaines entreprises italiennes, pour maintenir leur activité à flot, travaillent sur des imitations telles le “bambou”, qui est un corail blanc du pacifique teinté en rouge ; le corail rouge du pacifique, qui lui est verni ; et la résine rouge.

Un très intéressant reportage sur ce corail qui offre à la Corse des ressources économiques tout en s’inscrivant dans sa culture. Le corail a toujours fait partie des croyances et des traditions locales. Des morceaux de corail dans les maisons sont sensés protéger du “mauvais œil” et de nombreux objets en corail étaient utilisés autrefois pour développer la foi chrétienne.

  • Documentaire Le Corail rouge de Corse – A la poursuite des pierres précieuses – Patrick Voillot – France 5 – MC4 productions, 2008

Mellerio dits Meller, un joaillier chez les hénokiens

Mardi 29 décembre 2009

leshenokiensQu’est-ce qu’un hénokien ? C’est le membre d’une association qui regroupe les entreprises familiales créées il y a plus de 200 ans, toujours en activité et dont le capital reste détenu par les descendants des créateurs. Le reportage “Dynasties de Légende” sur France 5 nous a récemment proposé la saga de trois de ces sociétés : une entreprise d’hameçons, une soierie et une joaillerie. C’est bien sûr cette dernière qui a plus particulièrement retenu notre attention.

Les deux frères, Olivier et François Mellerio dirigent aujourd’hui Mellerio dits Meller qui est la plus ancienne joaillerie au monde. Ils descendent d’une longue lignée d’entrepreneurs qui ont toujours su valoriser leur art tout en s’adaptant à l’évolution des marchés.

Jean-Baptiste Mellerio, 1765-1850

Jean-Baptiste Mellerio, 1765-1850

La famille Mellerio, originaire de Craveggia, petit village lombard, est arrivée en France au XVIème siècle. Un siècle plus tard, elle développe son activité de joaillerie. Grâce au privilège royal accordé en 1613, de pouvoir faire commerce des bijoux sans acquitter de patente, l’entreprise a su rester au premier rang dans son domaine. Ce privilège sera aboli à la Révolution, mais elle n’en continuera pas moins à prospérer sous Napoléon, la Restauration et le Second Empire. Les Mellerio seront les premiers joailliers à s’installer près de place Vendôme en 1815.

Depuis quatre siècles, l’histoire de Mellerio est intimement liée à celle de la Société et des puissants. A l’origine, en tant qu’orfèvre, l’entreprise fabriquait les objets du culte. Aujourd’hui, c’est le fournisseur officiel des coupes de Roland Garros, du Ballon d’or, de la Cravache d’or …, pour la célébration d’autres cultes. La société réalise aussi des épées d’académiciens.  Hier destinés aux Rois, archevêques, ou grandes familles nobles, les bijoux qui sortent de ses ateliers sont à présent conçus pour les “princes” de la finance et du pétrole. Sur le fond toutefois, rien de changé : chaque pièce – ou presque – est unique et entièrement élaborée et façonnée au sein de la société. La maison Mellerio travaille essentiellement sur commande ; elle conçoit également deux collections annuelles de nouveaux modèles qu’elle propose à ses clients.

Collier Clair de Lune - Mellerio dits Meller

Collier Clair de Lune - Mellerio dits Meller

Au XXIème siècle, Mellerio fonde toujours sa communication sur son expertise, peaufinée au fil des siècles. L’appartenance au cercle très restreint des hénokiens conforte son image. Car, être hénokien c’est synonyme de transmission d’un savoir-faire de génération en génération ; de respect des valeurs familiales. C’est aussi un enracinement profond et une fidélité à la terre qui vous a vu naître. La famille Mellerio a toujours valorisé ses racines lombardes. C’est sans doute pourquoi l’Eglise du village natal (1500 habitants seulement) est dotée de chasubles, tissus et autres objets fastueux et ostentatoires que doivent lui envier bien des cathédrales.

  • Documentaire Dynasties de Légende : Des pierres précieuses aux soieries royales – Jean Etienne Frère et Dominique Pipat – Patly productions 2008 - France 5

L’ambre, l’or de la baltique

Mardi 15 septembre 2009

ambre-petite-photoApprécié pour sa beauté, mais aussi parce que certains lui prêtent des vertus thérapeutiques, l’ambre occupe une place prépondérante dans la bijouterie. Sous forme de bracelets, boucles d’oreilles ou colliers, sertis d’or ou d’argent, les professionnels de l’ambre cherchent même aujourd’hui à séduire les milieux de la mode pour en faire un produit de luxe.

Envoyé Spécial, sur France 2, vient de diffuser un intéressant reportage sur l’exploitation de cette résine fossile de pins, vieille de 40 millions d’années. Parce que les forêts de pins  recouvraient l’Europe du Nord, c’est à Kaliningrad – enclave russe entre Pologne et Lituanie -  que les extractions de la “pierre de soleil” sont les plus importantes. Ici elle se ramasse à la tonne. La mine de Iantarny (Ambreville en russe) possède un gisement de plus d’un million de tonnes d’ambre. Elle est restée propriété d’Etat et le travail s’y effectue sous l’étroit contrôle des agents du FSB (ex  KGB).

Dans les ateliers de fabrication, le matériel est complètement obsolète et la plupart des opérations s’effectuent à la main. Faute d’investissements, la production du monopole d’Etat décline régulièrement au profit d’un marché parallèle qui équivaut aujourd’hui au tiers de la production officielle. Parmi les clandestins, il y a les ouvriers de la mine qui, au prix d’un travail acharné de nuit, arrivent tout juste à améliorer leur quotidien. Il y a aussi et surtout de véritables hommes d’affaires qui mobilisent des équipes et développent un business très lucratif. Ils utilisent les mêmes techniques qu’à Iantarny, avec du matériel souvent plus performant : des pompes injectent de l’eau de mer sous forte pression dans les trous creusés sur les filons pour faire remonter l’ambre en surface.

Les caméras d’”Envoyé Spécial” s’attardent aussi en Pologne, à Gdansk, véritable capitale mondiale de l’ambre dans tout son éclat. C’est là que les bijoutiers du monde entier viennent faire leur marché. C’est là que les Polonais viennent célébrer le culte qu’ils vouent à la pierre de soleil. Ils se montrent généreux et les dons “en nature” affluent en signe de reconnaissance à la pierre qui fait vivre toute la région. A Gdansk, l’ambre est partout et constitue un pôle important d’attrait pour le tourisme. On le trouve dans toutes les églises, mais aussi dans les bars et, bien sûr, sous forme de bijoux à l’étal de la plupart des magasins. “L’industrie” de l’ambre occupe 10 000 personnes, soit trois fois plus que les mythiques chantiers navals du vieux port de la Baltique.

  • Documentaire De l’ambre à la lumière – Reportage de Rémy Vincent, Johan Bodin et Stéphane Huonnic © Keep Shooting- Envoyé Spécial, France 2 – 10 septembre 2009

Salomé Osorio, créatrice présente sur la boutique Notes Précieuses, utilise l’ambre dans certains de ses bijoux :

Boucles d'oreilles Caniche - Salomé Osorio - Bijouterie en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses

Boucles d'oreilles Caniche - Salomé Osorio - Bijouterie en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses


L’or et la folie des Hommes

Lundi 24 août 2009

“La nouvelle ruée vers l’or”, le très intéressant documentaire de Camille Le Pomellec, a été rediffusé le 22 août dernier sur Canal +. Parce qu’en période de crise économique et financière les cours de l’or – valeur refuge par excellence – s’envolent, ce reportage montre comment certains sont prêts à tout pour tirer bénéfice du précieux métal.

Si certains Français se contentent de revendre leurs bijoux en or qui ont subitement repris de la valeur, les Américains retrouvent leur esprit de pionnier. Du Montana à la Sierra Madre, de nombreuses mines désaffectées sont redevenues rentables et embauchent. Dans le grand Ouest américain, des aventuriers, des chômeurs, mais aussi des ouvriers et des cadres désireux d’arrondir leurs fins de mois, tamisent inlassablement la boue des rivières comme à la grande époque de la Ruée vers l’or.

Mais aujourd’hui, il apparait qu’en fait les seuls vrais bénéficiaires de cette course effrenée sont les sociétés qui louent les concessions aurifères aux orpailleurs. Le reportage montre également les dangers pour l’environnement de l’utilisation de l’arsenic et du cyanure ; ce qui fait ressurgir l’éternel conflit défense de l’emploi / défense de l’environnement.

  • Documentaire La nouvelle ruée vers l’or – Reportage réalisé par Camille Le Pomellec, montage de Pauline Cathala – TAC Presse – Spécial Investigation, Canal + – Première diffusion le 9 janvier 2009