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Entretien avec Nathalie Rolland Huckel

Vendredi 2 avril 2010

nathalie-rolland-huckel-11Bague en bois laqué, bijou pendentif, sautoirs, collier original, boucles d oreilles dormeuses …, chaque bijou de Nathalie Rolland Huckel est un véritable tableau. Elle conçoit et fabrique elle-même ses collections en Alsace, sa terre natale. Pour Le Magazine Notes Précieuses, elle présente aujourd’hui son parcours et définit son approche créative.

Notes Précieuses : Vous occupez une place tout à fait caractéristique dans le monde des bijoux de créateur …

Nathalie Rolland Huckel : On reconnait effectivement ma façon de faire et les gens trouvent en général mon travail original. Ils découvrent des pièces qu’on ne trouve pas en boutique. C’est peut-être parce que je regarde très peu moi même les boutiques de bijoux. Cela peut paraître étonnant, mais quand je regarde des bijoux je suis surtout attirée par la production des grands joailliers. En outre, les couleurs mises à part, je ne cherche pas à être dans l’air du temps. J’ai même pleinement conscience que mon souci d’esthétisme n’est pas forcément à la mode en ce moment.

NP : Qu’est-ce qui a déterminé votre style ?

NRH : Je suis venue au bijou un peu par hasard. J’accorde en fait une place essentielle au dessin et à la peinture, disciplines qui m’ont toujours attiré. Aujourd’hui encore, j’ai plutôt tendance à me définir en tant que “Peintre sur céramique”

Bracelet en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Bracelet en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Peinture et céramique, c’est là votre véritable vocation ?

NRH : Oui, et cela vient de l’enfance. Je me souviens par exemple, à l’âge de 11-12 ans, avoir été captivée par les miniatures, les enluminures, la palette des couleurs du livre de prières “Les très riches heures du duc de Berry”. J’aime ce qui est minutieux. J’étais également fascinée par le service de table en porcelaine de Lunéville de ma grand-mère …

NP : C’était plus que des engouements d’enfant, c’étaient les prémices d’une carrière …

NRH : Certainement. Dès 14-15 ans, j’ai fait des stages dans des ateliers de céramique en Alsace et délibérément orienté mes études dans le domaine artistique. J’ai obtenu mon Bac “Arts plastiques” à Strasbourg et passé dans la foulée le concours de l’école des Arts décoratifs de Limoges, spécialisée dans la porcelaine. Ensuite les choses se sont accélérées et avant même d’avoir obtenu mon Brevet des arts du feu, puis le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique), j’ai multiplié les stages professionnels.

NP : Vous gardez un bon souvenir de vos stages ?

NRH : Assurément. J’ai été en stage durant deux ans dans les ateliers de création de Bernardaud. Ce fut une expérience professionnelle très riche … que je n’ai pas poursuivie pour cause de déménagement de l’entreprise à Paris. Mais je ne suis pas restée inactive pour autant car la société limougeaude Médard de Noblat m’a confié la création de ses collections. Ma collaboration a duré plusieurs années en tant que free-lance. J’étais définitivement entrée dans la profession.

NP : Vous avez d’abord eu un parcours de créatif pour de grandes marques de porcelaine internationales.

NRH : Oui. J’ai œuvré ensuite exclusivement dans le domaine de la porcelaine internationale. Je vendais mes motifs aux grandes marques anglaises, italiennes, japonaises … Je réalisais deux collections par an et présentais mes dessins dans les salons : New York, Frankfort … J’ai beaucoup voyagé.

NP : Cela devait être passionnant !

NRH : Ça l’était, mais c’était épuisant. Au bout de quelques années, j’ai eu peur de ne plus pouvoir suivre le rythme imposé. J’avais aussi l’impression d’avoir tout dit. Heureusement, ma carrière a pu prendre un tournant grâce à ma rencontre, il y a douze ans, avec Jean-Louis Dumas. Il m’a confié l’édition de mon premier service chez Hermès. Dessiner pour cette maison, c’était pour moi la consécration. C’était aussi la sérénité car la signature d’un contrat d’exclusivité avec cette marque prestigieuse m’a permis de quitter mes autres activités industrielles.

Collier en argent et ébène laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Collier en argent et ébène laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Cela vous a laissé aussi la possibilité d’avoir une création plus personnelle …

NRH : Oui et cela était aussi très important pour moi. J’avais travaillé pendant quinze ans exclusivement dans l’industrie de la porcelaine ; c’était comme si j’avais été happée par l’industrie. Il me fallait aussi élargir mon univers créatif. J’ai alors peint de petits objets…

NP : Dont des bijoux …

NRH : Oui. Mais, comme je vous le disais tout à l’heure, mon entrée dans l’univers du bijou de créateurs s’est faite un peu par hasard : parce qu’une amie m’avait incité à confier quelques pièces à une galerie … et que cela a marché. Je ne pensais pas au bijou a priori, mais cela correspondait bien à mes aspirations : le travail de la matière plus du dessin plus de la couleur.

NP : Quels sont précisément vos matériaux de prédilection ?

NRH : La céramique, bien sûr. J’ai naturellement commencé par des bijoux en porcelaine. Mais ils trouvent leurs limites dans leur particulière fragilité. Pour cette raison, et pour ne pas m’ennuyer, il me fallait donc enrichir ma palette. En ce moment, je suis  particulièrement attirée par tout ce qui est laque. Pour plusieurs raisons. Avant de travailler la laque, on peut faire un travail sur la matière : incrustations, nacre … La laque se prête au travail des couleurs intenses. Mais elle a aussi ses contraintes, notamment un temps de séchage très long … Chaque matériau a sa particularité. Il faut savoir en jouer. Par exemple, je pratique la peinture sur porcelaine en hiver car c’est moins toxique. J’ajouterai que j’aime beaucoup aussi l’émail, mais ne pratique pas cette technique au plan professionnel.

NP : Comment déterminez vous les couleurs de vos bijoux ?

NRH : Pour les couleurs, je travaille à partir de cahiers de tendances que j’établis deux fois par an. Mes sources pour ce répertoire de couleurs sont diverses : les magazines de mode (Vogue, Elle …),  mais aussi des recherches en bibliothèque ; je fréquente beaucoup la Bibliothèque Forney. Et puis je regarde beaucoup ce qui se passe autour de moi. Un créateur doit se nourrir d’images en permanence.

NP : Et les motifs ?

NRH : Pour les motifs, c’est plus intemporel et plus personnel. Je parts de mon répertoire de formes. Depuis des années, je remplis des cahiers de notes et de dessins. Mon inspiration se nourrit à de nombreuses sources. J’aime beaucoup les arts asiatiques et j’ai été passionnée par mon récent voyage au Japon. Je suis également attirée par les miniatures persanes. Inutile de vous dire que je suis une habituée du Musée Guimet …  J’aime aussi les gravures anciennes d’oiseaux, de feuillages. L’infiniment petit me fascine. Je dirai aussi que tout ce qui m’émeut, j’ai à cœur ensuite de l’interpréter sur mes bijoux.

Bague en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Bague en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Comment s’effectue la réalisation finale de vos bijoux  ?

NRH : Mes tiroirs sont pleins de perles en bois montées sur pics de toutes couleurs et de toutes formes. Pendant deux ou trois mois je travaille mes perles – 15 ou 20 pièces en même temps. Je prépare le support : ponçage, séchage, puis couleur. Ensuite je décore. J’ai, a priori, une idée pour chaque pièce, mais je ne fais jamais de crayonné préalable. C’est avant une exposition que je consacre une à deux semaines au montage des pièces. Comme vous le voyez, je ne travaille pas trop de façon rationnelle, comme le ferait un artisan mais plus selon l’envie du moment.

NP : Comment définissez vos bijoux ?

NRH : Comme des bijoux de créateurs et non pas des bijoux fantaisies qui sont des séries. Créer des bijoux est, selon moi, une démarche intellectuelle et pas seulement artisanale. Mais, notre place de créateurs, il faut se battre pour l’avoir et la garder. Même si dans d’autres pays – Royaume Uni, Allemagne -, ces secteurs sont mieux valorisés,  je suis assez optimiste sur la reconnaissance des métiers d’art en France. Progressivement, les amateurs de bijoux en auront assez de retrouver la même chose à tous les coins de rue.

NP : Que vous a apporté personnellement la création de bijoux ?

NRH : Le métier de créateur est passionnant. Cela fait 25 ans que je le pratique, dont 12 ans en tant que créatrice de bijoux. Grâce au bijou, j’ai aujourd’hui un contact direct avec le public et les galeristes. C’est bon de voir porter ses créations et de constater qu’on donne du plaisir aux autres. Ça encourage beaucoup. J’ai des échanges très positifs avec les gens qui pour la plupart ont un réel respect du travail effectué. En ce qui me concerne, on évoque souvent la minutie, la finesse, le temps passé … Dans l’industrie, c’est technique, on ressent moins d’émotions.

Nathalie Rolland Huckel dans son atelier Nathalie Rolland Huckel

Nathalie Rolland Huckel dans son atelier © Nathalie Rolland Huckel

NP : Quelles sont, selon vous, les clés de la réussite pour un créateur de bijoux ?

NRH : Tout le monde peut faire quelque chose artistiquement. Mais il faut d’autres compétences pour réussir et principalement savoir se vendre et vendre son travail et respecter les contraintes de la production. Certains sont doués artistiquement, mais pas forcément de bons commerçants ; pour d’autres, c’est l’inverse. En fait, il faut réunir les deux ;

NP : Et la formation, c’est important à vos yeux ?

NRH : J’y crois beaucoup. La fréquentation d’écoles d’art ouvre l’esprit, aiguise la curiosité, éduque le regard. Il est important d’éveiller les jeunes esprits à l’art ; j’interviens moi même dans des collèges et lycées lors des forums métiers. Par ailleurs, techniquement, on a toujours quelque chose à apprendre. Pour ma part, je travaille tous les jours ; J’évolue techniquement. Avec les années j’acquiers plus d’habilité, mais cela ne m’empêche pas d’avoir recours à la formation : j’ai suivi, et je continue toujours avec Isabelle Emmerique, maitre d’art ma formation en laque ; j’ai fait aussi tout récemment, un stage sur la pâte d’argent à Baccarat.

NP : Vous n’avez pas mentionné le talent …

NRH : Plus qu’à l’idée de talent, je crois en la curiosité, à l’éveil. Le métier d’art est difficile car il faut avoir quelque chose à dire. Il faut donc se cultiver sans cesse, voyager, regarder ce qui se passe ailleurs dans l’art contemporain et … ne pas être trop cantonné sur le bijou. Ma conviction est qu’il faut aussi toujours éprouver du plaisir dans son travail c’est à dire savoir s’ouvrir et diversifier son activité. Je suis moi même dans cette démarche. Actuellement, je mets la dernière main aux pièces que je présenterai dans le cadre de l’exposition sur “Le chemin d’Arts Sacrés en Alsace” en juin prochain. J’exposerai des boites en laque, des coupes en porcelaines, ainsi que des panneaux muraux dans deux églises tandis que mon mari, le peintre Aymery présentera des toiles grand format. Les projets d’exposition ne manquent pas, ainsi je montrerai également ce travail au Conseil de l’Europe en décembre. Je suis contente de travailler en beaucoup plus grand, même si le changement d’échelle – et les changements dans la composition que cela impose – n’est pas évident. Etre créateur, c’est avant tout un métier de passion. Je dois reconnaître qu’en ce qui me concerne, je bénéficie d’un bon compromis entre le travail que je réalise pour les autres et mes créations personnelles. Cela me permet d’aborder mon travail en artiste.

  • Interview réalisée le 9 mars 2010

Le Pôle Bijou de Baccarat célèbre le cristal et la coopération entre créateurs

Vendredi 5 mars 2010

bijoux-createurLe Pôle Bijou de Baccarat et l’association “Label Parure” organisent, du 15 au 27 mars prochains, une exposition à l’Espace Gruber de la CCI de Nancy. Les créateurs de bijoux lorrains y présenteront des pièces de cristal qu’ils ont librement interprétées. Parallèlement, chaque jour, un artisan fera découvrir les caractéristiques et les spécificités de son métier.

Une telle exposition symbolise les synergies progressivement développées sous l’impulsion du Pôle Bijou. La Cristallerie de Baccarat a offert un bloc de cristal permettant à chacun de réaliser l’œuvre de son choix. Les artisans créateurs se sont mis au travail et, pour leur création, ont beaucoup échangé avec d’autres acteurs du domaine du bijou : partage d’expériences et de techniques. Depuis plus de deux ans, en effet, les professionnels lorrains du bijou se rassemblent chaque mois à Baccarat pour parler de leur métier sous tous ses aspects : artistiques, techniques, économiques … En décembre 2009, ils ont institutionnalisé ces rencontres en créant “Label Parure“, association des talents créatifs du bijou et de la parure en Lorraine.

  • Exposition Créateurs de Bijoux … – Chambre de Commerce et d’Industrie de Nancy – Espace Gruber – 53, rue Stanislas – Nancy
  • Du 15 mars au 27 mars 2010

Bijoux de créateurs à l’Espace Solidor : Une réinterprétation de la bijouterie traditionnelle

Jeudi 11 février 2010

affiche-leducation-sentimentaleL’Espace Solidor de Cagnes sur Mer propose, à partir du 27 février, une nouvelle exposition de bijoux de créateurs contemporains. Elle s’intitule “L’Education sentimentale”, en référence au roman de Flaubert où le narrateur doit se tailler son propre chemin sans se laisser influencer par les idées préconçues. Les sept artistes internationaux présentés puisent leur inspiration dans le répertoire de formes de la bijouterie traditionnelle et repensent leurs modèles en fonction des caractéristiques du monde actuel.

Broche composée d'un chandelier et 3 miroirs ovales - Anya Kivarkis

Broche composée d'un chandelier et 3 miroirs ovales - Anya Kivarkis

Les créations de l’américaine Anya Kivarkis font le lien, entre période ancienne – principalement de style Victorienet contemporaine. Ses pièces détournent les images du luxe et de la joaillerie pour n’en laisser paraitre que l’illusion ; les pierres précieuses sont ici réduites à leur seule forme. Son travail, présenté pour la première fois en France, à déjà fait l’objet de nombreuses expositions aux Etats-Unis. Les bijoux de la britannique Lin Cheung s’inscrivent dans une réflexion sur les relations que chacun entretient avec ses bijoux. En s’appuyant sur des standards anciens, elle parvient à créer des bijoux nouveaux : une boucle d’oreille en forme de perle dorée ou un pendentif en forme de coeur sont par exemple laissés dans leurs écrins ouverts pour les transformer en broches.

Collier en argent et ambre - Asa Lockner

Collier en argent et ambre - Asa Lockner

Si les pièces de la suédoise Åsa Lockner ont l’apparence de bijoux classiques, elles n’en révèlent pas moins de menues imperfections, des parties inachevées, des traitements d’oxydations particuliers … Ces “défauts” délibérés traduisent la volonté de rendre perceptible le process de fabrication et de révéler les subtilités de la métamorphose progressive du métal selon son degré d’échauffement. Ses bijoux semblent en évolution permanente. Récemment diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, la française Carole Deltenre part, elle, de formes traditionnelles comme le Camé ou la Chevalière. Mais c’est pour écrire une histoire du bijou passée par le prisme des combats féministes et la réappropriation de leur corps par les femmes.

Collier Blue/white kitchen, en faïence - Gesine Hackenberg

Collier Blue/white kitchen, en faïence - Gesine Hackenberg

La néerlandaise Gesine Hackenberg prélève dans des pièces de céramiques usuelles, des détails qui constituent les éléments de ses bijoux. Ses créations sont les éléments d’un puzzle dont les pièces sont indissociables de l’objet dans lequel ils ont été prélevés et forment un ensemble que la créatrice expose toujours de manière conjointe. Éloigné de l’esthétique dominante dans le bijou contemporain espagnol, Marc Monzo, pour sa part, préfère une réinterprétation d’une esthétique produite en Catalogne entre les années 30 et 70. Son travail associe souvent des matériaux précieux à des bouts de plastiques récupérés. Il s’agit de faire entrer le bijou dans la vie quotidienne ! Les pièces sélectionnées à Cagnes-sur-Mer portent toutes un regard ironique sur la bijouterie précieuse et sa valeur symbolique.

Broche portraits, photographies anciennes - Bettina Speckner, 2007

Broche portraits, photographies anciennes - Bettina Speckner, 2007

Travaillant à partir d’images photographiques anciennes, l’allemande Bettina Speckner suscite la libre interprétation de chacun car elle ne donne aucune indication sur les lieux, l’époque, l’identité des personnages. Ces images, associées à des perles, des pierres précieuses ou des objets du quotidien, ouvrent les portes d’une mémoire collective où chacun peut projeter son propre parcours.

  • Exposition L’Education sentimentale – Espace Solidor – Place du Château – Haut-de-Cagnes
  • Du 27 février au 23 mai 2010

Stages Techniques de bijouterie et Pâte d’argent pour amateurs de bijoux

Lundi 25 janvier 2010

bijouterie-joaillerieBonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment les bijoux et souhaitent s’initier à la création ou veulent se perfectionner en bénéficiant d’un encadrement professionnel. En 2010, le Pôle Bijou de Baccarat propose des stages de pratique amateur. Il y en aura pour tous les goûts : pour ceux qui veulent maîtriser les techniques de base et les gestes fondamentaux dans les différentes phases d’élaboration d’un bijou ; pour ceux aussi qui souhaitent plutôt donner libre cours à leur inspiration créatrice en bénéficiant de conseils avisés.

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Parce que la découpe est la première étape dans la réalisation d’un bijou en métal, Jacky SchwartzBijoutier Joaillier –  formera (les 6 et 7 mars) à l’utilisation du bocfil : montage et démontage de la lame, sciage droit, sciage courbe, évidage dans une plaque … Une fois découpés, les divers éléments doivent être ébarbés et ajustés. Daniel KochBijoutier et lapidaire – initiera (les 12 et 13 juin) au maniement de la lime et de la toile abrasive qui permettent de préparer finement chaque élément à assembler. Marie ChabrolBijoutière et gemmologue – traitera (les 4 et 5 septembre) du polissage,  étape ultime de la réalisation d’un bijou. C’est à cet instant qu’on lui donne tout son brillant … ou son aspect sablé ou satiné. José FrançoisBijoutier horloger – enseignera (les 6 et 7 novembre) le perçage et le fraisage. Ces techniques décoratives permettent d’alléger une surface pleine, de l’aménager de trous et de créer des motifs en transparence.

Stagiaires au travail

Stagiaires au travail

Alexandre RadenkovikBijoutier filigraniste – accompagnera quant à lui les stagiaires (du 5 au 9 juillet) dans la composition d’un pendentif à partir de l’assemblage de trois triangles découpés dans différents métaux : laiton, cuivre…  Angela Baduel-CrispinCréatrice de bijoux – animera des stages sur le travail de la “pâte d’argent”. Inventée au Japon dans les années 1990, cette pâte est composée de micro-particules d’argent mélangées à une base organique non toxique. Très malléable, elle permet de créer toutes sortes de pièces. Après cuisson à très haute température, on obtient un objet dense qui peut être poli, émaillé, soudé … Les 10, 11, 12 avril et les 23, 24 et 25 octobre, des stages “premiers pas” permettront d’acquérir les principes et techniques de base du modelage de la pâte. Dans des stages plus spécialisés, ceux qui sont déjà familiers de ce matériaux pourront apprendre à fabriquer des fermoirs et attaches (13, 14 et 15 février) : fermoir crochet au fil d’argent intégré, fermoir menottes, cône de finition pour colliers multi fils “toggle”… Les 22, 23, 24 mai, un autre stage concernera la réalisation de bagues à partir de deux modèles différents dont l’un avec sertissage d’un oxyde de zirconium et l’autre sous forme d’un mélange cuivre et argent.

  • Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20, rue Humbépaire – 54120 Baccarat – Tél : 03. 83. 76. 06. 99.

Cité de l’Or à Saint-Amand-Montrond : Pour découvrir l’or sous tous ses aspects

Samedi 7 novembre 2009

Cité de l'Or

Cité de l'Or

Depuis qu’un bijoutier parisien, lassé du tumulte de la capitale, a décidé en 1888 d’ouvrir son atelier à Saint-Amand-Montrond, l’histoire de la Ville est intimement liée à l’or et à la bijouterie. Car le parisien a fait des émules et aujourd’hui une dizaines d’entreprises de la filière emploient localement plus de 350 spécialistes. Cinq tonnes d’or sont traitées chaque année – soit 10% du marché national – ce qui place le pôle berrichon au 3éme rang, immédiatement après Paris et Lyon. En 2006, Saint-Amand-Montrond a été labellisé “Pôle technologique de la Bijouterie” parmi les pôles d’excellence rurale.

Pour célébrer le précieux métal, une Cité de l’Or a été érigée il y a quatre ans. Ce bâtiment, en forme de pyramide, abrite musée, salles de spectacle et d’expositions ainsi que divers services aux entreprises. L’espace muséographique, interactif et ludique, raconte l’histoire de l’or, ses utilisations et ses transformations : de l’extraction au bijou fini en passant par les applications industrielles. Un spectacle utilisant la technique du théâtre optique évoque les légendes et les réalités de l’industrie bijoutière locale. On peut aussi assister à des démonstrations de coulée de lingots d’or.

Fabrication d'un lingot d'or

Fabrication d'un lingot d'or

A la Cité de l’Or, le bijou occupe une place centrale ; une collection de 260 pièces témoigne d’un siècle et demi de tradition bijoutière. Des expositions temporaires sont également régulièrement organisées. Ainsi, du 19 janvier au 4 février 2010, se tiendra l’exposition “Bijoux Européens 2010” dans laquelle les élèves du Lycée Jean Guéhenno de Saint-Amand-Montrond, – le plus gros établissement français de formation de la filière Art du Bijou et du Joyau – sont intimement impliqués .

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Bijoux exposés à la Cité de l'Or

Si vous voulez vous familiariser avec le monde du bijou, si vous voulez savoir comment l’or est extrait de la terre ou des rivières ; pourquoi il est rose, jaune, gris ou rouge ; comment se fabrique le célèbre collier en maille palmier  – la spécialité locale ! – …., Saint-Amand-Montrond vous attend, au coeur de la France, sur les bords du canal de Berry.

  • La Cité de l’Or – Rue Pelletier Doisy – 18208 Saint-Amand-Montrond

Bijoux en verre dépoli et bijoux plaqué or : Nouvelle collection de Delphine Nardin

Vendredi 23 octobre 2009

Collier Green - Verres dépolis, pierre fine aigue marine, argent 925 plaqué ruthénium - vente en ligne bijoux créateurs Notes Précieuses Notes Précieuses

Collier Green - Verres dépolis, pierre fine aigue marine, argent 925 plaqué ruthénium - Vente en ligne bijoux créateurs © Notes Précieuses

Venez découvrir sur Notes Précieuses, le site de vente en ligne de bijoux créateurs, la nouvelle collection de bijoux de Delphine Nardin. La créatrice propose des bijoux en verre dépoli par la mer. Ces bijoux en argent 925 plaqué or sont associés parfois à des aigues-marines. Ces bijoux haut de gamme sont numérotés et réalisés en édition limitée.

Bijou bracelet, collier plaqué or, boucles d oreilles clips, broche argent plaqué ruthénium …, les bijoux originaux de Delphine Nardin nous racontent le temps qui passe.

Leur histoire commence sur les plages d’Atlantique : à l’origine, simples fragments de verre, aux infinies nuances marines, roulés puis rejetés par la mer et livrés ensuite à la patine des saisons. La créatrice réhausse d’or, de bronze ou de pierres semi précieuses ces matériaux naturels qu’elle a choisis avec discernement. Elle confronte ainsi le “noble” et le “moins noble” et conjugue les empreintes de la nature et le travail de la main.

Ces bijoux chic font l’objet d’un processus de fabrication délicat et exigeant : du serti de chaque fragment de verre à la soudure au laser, de l’assemblage au polissage.

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Collier Eau douce - Verres dépolis, pierre fine aigue-marine, argent 925 plaqué or - Vente en ligne bijoux créateurs © Notes Précieuses

Collier Eau douce - Verres dépolis, pierre fine aigue-marine, argent 925 plaqué or - Vente en ligne bijoux créateurs © Notes Précieuses

Bijoux oeuvres d’art

Vendredi 16 octobre 2009

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

L’exposition Bijoux d’Artistes au Musée du Temps de Besançon, dont nous avons parlé récemment, est prolongée jusqu’au 15 novembre.

Si vous n’avez pas le temps de vous y rendre en journée, profitez de la nocturne du samedi 14 novembre de 19h à 23h avec des visites à 20h30 et 21h30 (entrée et visite guidées gratuites).

Une occasion supplémentaire d’aller admirer ces bijoux œuvres d’art signés par les plus grands noms de l’art moderne et contemporain : Giacometti, César, Picasso, Niki de Saint-Phalle …

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 15 novembre 2009

Exposition bijoux ethniques et bijoux en métal

Mercredi 14 octobre 2009

Perle et sautoir en fer rouillé, argent, perles en verre - Marianne Anselin, 2009 - Graphisme : G. Anselin, E. Serralta - Photo : Lilliana Diaz Castillo

Perle et sautoir en fer rouillé, argent, perles en verre - Marianne Anselin, 2009 - Graphisme : G. Anselin, E. Serralta - Photo : Lilliana Diaz Castillo

Nommé Maître d’Art en 2004 par le Ministère de la Culture, le créateur bijoutier Gilles Jonemann s’est engagé – comme le veut la fonction – à transmettre son savoir-faire, son expérience et ses connaissances à un élève pendant trois ans. Il a choisi Marianne Anselin dont les bijoux vont être exposés à l’Espace Solidor de Cagnes sur Mer du 24 octobre au 17 janvier prochains.

Cette créatrice a choisi le bijou par affection pour les petits objets et son outil de prédilection est la forge. Elle travaille aujourd’hui des matériaux usagés : vieilles cartouches ou ressorts rouillés … Elle décèle de la préciosité dans ce qui est généralement perçu comme un déchet. Le styliste Jorge Jonhson a introduit ses parures dans ses défilés.

La présence de quelques bijoux de Gilles Jonemann, qui a lui même exposé à l’Espace Solidor en 2000, permettra d’établir un parallèle entre les travaux du maître et ceux de sa disciple.

  • Exposition Marianne  Anselin en chemin … – Espace Solidor – Place du Château – Haut de Cagnes
  • Du 24 octobre 2009 au 17 janvier 2010

Concours “Bijou d’enfance” à Baccarat

Mercredi 23 septembre 2009
Collier Bright footprint - Pièces de série - Julie Coq

Collier Bright footprint - Pièces de série - Julie Coq

Le Pôle Bijou qui ouvrira ses portes à Baccarat (Meurthe et Moselle) fin 2009 vient de lancer son premier concours international. Le thème : concevoir un bijou “autour de l’enfance” (“souvenir de l’enfance” ou “évocateur de la partie d’enfant encore vivante en chacun de nous” …). Les candidats sélectionnés peaufinent actuellement leurs prototypes, qui seront exposés à l’Hôtel de Ville de Baccarat du 24 octobre au 28 novembre prochains. A cette occasion, le Jury consacrera les gagnants. Un “prix du public” et un “prix du jeune public” seront également décernés.

Ce concours, réservé aux étudiants et aux professionnels en activité depuis moins de 5 ans, a connu un vif succès : 95 participants ont fait parvenir un projet. Ils viennent de tous horizons, de France bien sûr, mais aussi du Costa Rica, des USA, du Canada, d’Israël, des Pays Bas, de Finlande, du Royaume Uni, de Belgique.

Le jury, composé de personnalités de la bijouterie, des métiers d’arts et d’élus de la Communauté de Communes du Cristal a procédé, en avril, à une première sélection à partir des dessins, descriptifs, argumentaires, et maquettes. La moitié des dossiers présentés ont été retenus selon des critères de créativité, d’esthétisme et de faisabilité. Des contraintes de prix ont également été fixées. Pour la catégorie pièce de série (de 50 à 100 exemplaires), le prix unitaire “grand public” doit se situer entre 150 et 350 euros et pour la catégorie pièce unique, entre 350 et 700 euros.

Nous publierons bien entendu les résultats de ce concours.

  • Exposition grand public Bijou d’enfance – Hôtel de Ville, galerie d’exposition – 2, rue Adrien Michaut – 54120 Baccarat
  • Du 24 octobre au 28 novembre 2009

Bracelet scrabble - Pièce unique - Marine Dagorne

Bracelet scrabble - Pièce unique - Marine Dagorne


Entretien avec Marine Delanoë, créatrice de bijoux contemporains

Vendredi 4 septembre 2009

Marine Delanoë en plein travail

Le site de vente en ligne de bijoux créateur Notes Précieuses propose désormais les bijoux de Marine Delanoë. Pour Le Magazine, cette jeune créatrice bretonne livre son parcours et ses réflexions sur son métier.

Notes Précieuses : Qu’est-ce qui vous a amené à créer des bijoux ?

Marine Delanoë : J’ai compris très tôt que c’était cela que je voulais faire. J’ai d’abord entrepris une licence d’Histoire de l’Art. Mais étudier l’art sous toutes ses formes, de la préhistoire à nos jours, m’a vite fait comprendre que je préférais “faire” plutôt qu’étudier.

En 2001, je suis partie en Amérique centrale. Partout, le bijou y est présent, réalisé à partir de toutes matières et souvent à partir de graines. Au Mexique, j’ai découvert le travail des rues et rencontré beaucoup d’artisans autodidactes. Revenue en France, j’avais la certitude que je voulais créer des bijoux. J’avais trouvé ma voie.

NP : Vous décidez donc de vous réorienter …

MD : J’entame effectivement un CAP de bijoutier : 2 ans d’études à Ploërmel. Mon enthousiasme est d’autant plus grand que l’école travaille en partenariat avec Tane, une entreprise de bijoux installée au Mexique. Le cursus me convenait parfaitement car essentiellement axé sur la pratique. J’ai pu notamment collaborer avec des créateurs contemporains.

CAP en poche, après un stage – au Mexique ! -, orienté sur le travail du métal, je voulais me mettre tout de suite à mon compte. Mais, à 23 ans, je manquais d’expérience et je me suis inscrite pour un Diplôme des Métiers d’Art (DMA) à Lyon. La formation y est essentiellement pratique et la deuxième année est entièrement consacrée à la création de sa propre ligne de bijoux.

NP : Lyon a été une étape essentielle dans votre cursus ?

MD : Oui, à tous égards. Grâce à mes études bien sûr, mais aussi parce qu’à Lyon, j’ai vraiment “baigné” dans un environnement culturel et artistique très enrichissant pour une créatrice de bijoux : expos, vernissages, rencontres avec d’autres créateurs, stage chez Claire Wolfstirn. Toutes ces expériences ont largement contribué à compléter ma formation technique.

NP : Vous étiez apte alors à voler de vos propres ailes ?

MD : En fait, ma première expérience professionnelle, je l’ai vécue comme salariée, dans un atelier qui fournit les grands noms de la bijouterie. J’y ai perfectionné ma technique d’orfèvre. Mais cela m’a surtout permis de comprendre que je n’étais pas faite pour une production standardisée.

NP : Et c’est le retour en Bretagne …

MD : … Et l’ouverture de mon atelier. C’était en mai 2007, à Pont-Scorff, village d’artisans qui réunit une trentaine de créateurs dans diverses disciplines. L’association Renn’Arts, dont le but est de promouvoir les métiers d’art en partenariat avec la Mairie de Rennes, m’a servi de tremplin pour m’installer.

Marine Delanoë dans son atelier © Notes Précieuses

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NP : Quels sont aujourd’hui vos matériaux de prédilection ?

MD : Seules les matières naturelles m’intéressent. Je n’emploie ni résine ni plastique. J’en ai fait mon image de marque. Mon choix de matériaux est très influencé par ma formation d’orfèvre et ma connaissance des métaux précieux.

Boucles d'oreilles Fleur de peau - Marine Delanoë - Vente en ligne de bijoux de créateurs notesprecieuses.com © Notes Précieuses

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J’inclus exceptionnellement des éléments non naturels dans mes bijoux lorsqu’ils sont insolites ou ont une histoire. J’ai, par exemple, utilisé des cordes de harpe en nylon dans une de mes créations après avoir rencontré un artisan luthier qui m’a fait comprendre sa démarche.

J’utilise aussi du crin de cheval, des fibres de chanvre, de lin, des algues ou des objets déjà élaborés, tels que d’anciennes dentelles bretonnes … qui s’inscrivent dans la culture bretonne.

NP : Et vos sources d’inspiration ?

MD : En fait, chez moi, les formes viennent spontanément et le sens m’apparait après coup. Mais il y a des constantes dans les thèmes que j’aborde : la nature, – surtout le monde végétal – ; l’action du temps sur la matière ; l’empreinte. La cicatrice que le passage du temps imprime de mille et une façons sur la matière et sur les êtres me fascine. Les mêmes sujets reviennent souvent, mais je les exploite différemment au fil des années.

Bague Amazone - Marine Delanoë - Boutique en ligne de bijoux de créateurs notesprecieuses.com © Notes Précieuses

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Dans mes réalisations, j’aime jouer de l’association des extrêmes : métaux précieux et non précieux, matériaux bruts et raffinés. Je travaille actuellement sur le lin et l’or : l’or rend le lin plus noble mais devient lui même plus modeste au contact du lin.

NP : Votre démarche a-t-elle évolué depuis vos débuts ?

MD : Après deux ans de pratique quotidienne, je sens aujourd’hui que je suis nettement plus à l’aise et que mon style s’affirme. J’ai amélioré ma technique et surtout, j’ai acquis une réelle complicité avec le métal. J’arrive donc mieux à faire passer mon ressenti dans la matière.

Bague Fleur de peau - Marine Delanoë - Boutique en ligne de bijoux de créateurs notesprecieuses.com © Notes Précieuses

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NP : Ne souffrez vous pas parfois de la solitude du créateur ?

MD : Non, car le travail est partagé. La phase de création est nécessairement une période de solitude ; sur mon établi, je suis seule face à la matière. Mais à d’autres moments, j’ai une vie sociale intense ; fréquentation des salons, rencontre avec des clients, d’autres créateurs. C’est un bon équilibre.

De plus, étant en recherche permanente, il m’arrive de collaborer avec des collègues d’autres disciplines : verriers, couteliers …

NP : Globalement, que vous apporte votre métier ?

MD : Une vraie satisfaction au plan éthique car je suis en accord avec mes principes. Je peux, en effet, revendiquer une position de créatrice indépendante, libre de faire des pièces uniques et d’aller à contre courant de la société de production de masse pour perpétuer un savoir-faire.

Mon travail, à la fois manuel et cérébral, repose sur un équilibre qui me convient bien J’ai conscience que l’élaboration des formes passe par une réflexion sur moi, sur ma vie intérieure, mais aussi sur les autres.

Le bijou ne sert pas qu’à mettre en valeur celle ou celui qui le porte. Ce n’est pas un objet frivole. Pour moi, c’est avant tout un moyen d’expression authentique, un objet sentimental, porteur de sens. C’est aussi un moyen de communication entre le créateur et “l’acheteur”. Lorsque quelqu’un me dit qu’il est “touché” par mon travail, je sais que j’ai atteint mon but et je suis moi-même en retour très émue.

NP : Etre indépendant, c’est aussi gérer une petite entreprise …

MD : C’est l’aspect administratif du métier qui m’intéresse le moins. Je passe beaucoup de temps à des tâches rébarbatives mais nécessaires comme la gestion, la comptabilité … qui amputent mon temps de création. J’ai un statut d’artisan ; autrement dit je suis soumise aux mêmes contraintes et aux mêmes charges que le plombier ou l’électricien. Il faudrait créer un statut particulier pour les artisans créateurs. Mais la France est très frileuse pour innover dans ce domaine.

Je dois toutefois reconnaître qu’ici, en Bretagne, les créateurs sont pas mal encouragés par la Région, le Conseil Général, le département. De même que des stages de formation sont organisés par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.

NP : Que pensez-vous de l’évolution actuelle du secteur de la bijouterie ?

MD : En simplifiant, je dirais qu’il y a deux grandes catégories de créateurs de bijoux. Il y a ceux qui s’engagent vraiment dans une recherche créative et produisent artisanalement des bijoux qui ont du sens, pour eux mêmes et ceux qui les achètent. D’autres en revanche produisent pour vendre au plus grand nombre, en surfant sur les modes et les opportunités de production. C’est normal que les clients aient du mal à s’y retrouver parmi toute l’offre disponible et souvent ne comprennent pas les écarts de prix entre la création artisanale et le produit de grande série. Mais celui ou celle qui a une sensibilité artistique sait toujours reconnaître la qualité et le savoir-faire artisanal et l’apprécie à sa juste valeur.

Personnellement, je m’inscris délibérément dans la première catégorie de créateurs, même si j’ai à coeur de rendre plus accessibles en termes de prix certaines de mes pièces.

NP : Globalement, quel enseignement tirez-vous de votre parcours ?

MD : L’expérience mérite d’être vécue, même si ce n’est pas toujours évident. En tous cas, ceux qui démarrent dans le métier doivent “en vouloir” et être super motivés.

  • Interview réalisée le 21 août 2009