
© Photo La Garantie
Designer, essayiste, commissaire d’expositions et lui même créateur de bijoux, Benjamin Lignel livre, pour le Magazine Notes Précieuses, ses réflexions sur le bijou contemporain et nous parle de l’exposition itinérante “Also known as jewellery” qu’il a organisée conjointement avec Christian Alandete.
Notes Précieuses : Comment est née l’exposition “Also known as jewellery” actuellement présentée aux Ateliers de Paris ?
Benjamin Lignel : L’idée de l’exposition coïncide avec la création en 2007 de l’association pour le bijou La Garantie, association destinée à promouvoir le bijou dans ses différentes pratiques. Créer une exposition internationale pour faire découvrir le bijou contemporain français constituait l’un des trois projets de départ de l’association.

Collier "Mutter tag" en bitume, papier, fibre de lin, pyrite, onyx, fer - Pièce unique - Babette Boucher, 2006 © Photo Babette Boucher
NP : Quels étaient les deux autres projets de la Garantie ?
BJ : D’abord en 2008, une Journée d’étude à Normale Sup sur le bijou, ses fonctions et ses usages, de la préhistoire à nos jours, organisée par Cécile Michaud et Delphine Lesbros. Cela a permis de croiser l’analyse d’une vingtaine de doctorants de différentes disciplines. C’était passionnant. Deuxième projet : nous avons réuni les trois départements de formation spécialisés en France dans le bijou contemporain qui se trouvent à Paris (AFEDAP), à Strasbourg (ENSAD) et à Limoges (ESAD). Cette manifestation aussi a été un succès permettant des confrontations intéressantes entre formateurs, créateurs, galeristes … En référence à l’Oktoberfest de Munich, nous l’avions baptisée Dezemberfest : ce projet a été mené par Emmanuel Lacoste et moi-même.

Collier "8/9B-C" en porcelaine émaillée, cuivre - Claire Baloge, 2007 © Photo Enrico Bartolucci
NP : Le champ de l’exposition, lui, est délibérément international …
BJ : Oui. Il s’agissait de montrer à l’étranger des œuvres de très haute qualité pour convaincre qu’en France aussi il se passe quelque chose dans le domaine du bijou contemporain. Notre ambition avec Christian Alandete était de répondre, par cette exposition, au manque de visibilité des bijoutiers contemporains français à l’étranger.
NP : Le bijou contemporain français est à ce point inexistant dans le monde ?

Broche "Chardon" en or, fer - Ulrike Kämpfert, 2005 © Photo Enrico Bartolucci
BJ : Très souvent à l’étranger, on me pose la question “qu’est ce que vous faites en France” ? Dans le tout petit milieu mondial du bijou contemporain - en gros un millier de personnes au total -, les Français sont très peu représentés. A Munich, haut lieu mondial du bijou contemporain, la France était perçue comme un pays où il ne se passe rien.
NP : Arrêtons nous un instant sur les définitions … Qu’est ce qu’un bijou contemporain ?

Bague "Camé noir" en argent oxydé, or - Catherine Le Gal, 2007 © Photo Jacques Davis
BJ : Donner une définition devient de plus en plus difficile car le bijou contemporain a pris beaucoup de latitude au cours des 5 ou 10 dernières années. Je vous livre ici une définition très personnelle. Pour moi, le bijou contemporain prend la pratique comme sujet d’expérimentation. Le propos n’est pas de faire des bijoux, mais de savoir comment on peut questionner le bijou. La recherche des créateurs porte sur “comment fonctionne le bijou ?” et non pas sur “comment faire beau et séduisant ?”. Par analogie, on peut se référer à Perec et Calvino qui, dans les années 60 ont écrit des livres qui parlaient de l’écriture ; le vrai sujet de leur travail n’était pas la narration mais l’écriture. Mais j’ai tout à fait conscience qu’une telle définition n’est pas unanimement partagée.

Bague "Petit poney" en fimo, plastique, paillettes - Maud Traon, 2007 © Photo Enrico Bartolucci
NP : Quelle pourrait être alors une définition plus universelle ?
BJ : Pour aller au plus simple, je dirais que c’est le produit de la démarche d’un artiste qui conçoit et réalise des pièces uniques, fait des expositions personnelles dans des galeries et … parfois vend. Ici, pas de distribution en série ou extrêmement peu. Un créateur bosse pendant plusieurs années sur un thème avant de livrer au public le fruit de son travail dans une galerie de bijou contemporain, qui fonctionne exactement comme une galerie d’art.
NP : Quels sont les thèmes sur lesquels travaillent les créateurs de bijoux contemporains ?

Collier pectoral "Anémone" en cuivre émaillé - Joanne Grimonprez, 2007 © Photo Joanne Grimonprez
BJ : Quand on leur pose la question de leurs outils de réflexion, les créateurs citent aussi bien la philosophie, la sociologie, l’anthropologie ou la littérature. Dans l’exposition, “Also known as jewellery”, il y a 17 créateurs. Ils ont des formations très différentes et abordent tous des thèmes différents. Certains traitent du corps, d’autres questionnent le genre, ou d’autres encore interpellent les problématiques sociales … Comme avec l’art contemporain, on peut déboucher sur le politique au sens large.
NP : Et qu’est-ce qu’un bijou conceptuel ?
BJ : Le bijou conceptuel implique, je pense, une forme de dématérialisation de l’objet. On demande au spectateur d’appréhender non pas une réalisation formelle, mais un processus et une idée. Très peu de gens aujourd’hui font du bijou conceptuel selon cette définition, mais je citerais en exemple la pièce “Redundancy of Matter”, de l’artiste israélien Attaï Chen, et l’ensemble de l’œuvre de l’allemande Suska Mackert.

"Roads never trave" Chambres à air ajourées - Amandine Meunier, 2007/2008 © Photo Johann Fusinelli
NP : Revenons à l’exposition proprement dite : comment le projet a t il vu le jour ?
BJ : Tout a commencé à Londres, au vernissage d’une exposition de bijoux italiens. J’ai longuement discuté avec la directrice de la Flow Gallery qui s’est montrée enthousiaste à l’idée de présenter des bijoux français. Pour que notre projet soit viable, il nous fallait au moins trois partenaires. Nous avons convaincu ensuite les galeries Alternative à Rome et Velvet da Vinci à San Francisco. Notre projet devenait alors possible et tout a commencé. Ensuite, nous avons convaincu l’Institut Français de Munich et la Villa Bengel d’Idar-Oberstein. La conservatrice du Falkenberg Museum est venue à nous après avoir vu l’exposition à Munich, enthousiaste de pouvoir mettre en regard cette exposition avec ce qui se passe en Suède dans le domaine.

Collier "Barbie" en plastique, vernis à ongle, fil - Jana Natier, 2006 © Photo Enrico Bartolucci
NP : Quels ont été les critères de sélection des créateurs présentés et qui devenaient en quelque sorte “ambassadeurs du bijou français”?
BJ : On ne peut pas vraiment parler d’ambassadeur au sens strict : nous avons privilégié une sélection assez restreinte qui correspond à notre approche mais ne peut résumer la diversité des pratiques du bijou contemporain en France.
NP : Le sélection a t elle été difficile ?
BJ : Nous avions une idée très précise de l’axe dans lequel nous voulions aller, de ce que nous souhaitions montrer. Il y a une part d’arbitraire nécessairement dans les choix qui sont pris. Nous sommes partis des pratiques qui correspondaient le mieux à notre approche du bijou contemporain et de là nous avons définis des critères précis pour le choix des pièces.

"Beauty Tool", rouge à lèvres (by Terry) en or 920 - Frédéric Braham, 2006 © Photo Paul Duchovel, AAA Production
NP : Qui a choisi les pièces exposées, les créateurs ou les organisateurs ?
BJ : Christian et moi. Nous connaissions déjà le travail de la plupart des créateurs et, chez certains, il y avait des pièces que l’on tenait à présenter. Dans notre sélection, la grande majorité des objets est portable. Ceux qui ne le sont pas (par exemple, certaines pièces de Frédéric Braham et de Christophe Marguier) font référence à l’ornement et sont affiliés à ses codes.
NP : En tant que créateur vous même, votre sélection n’est-elle pas entachée d’un certain biais ?
BJ : Je ne pense pas avoir privilégié ici des gens dont le boulot ressemble au mien. Je suis intimement persuadé que quelqu’un d’autre chargé de faire la même expo sur le bijou contemporain français aurait aboutit à quelque chose d’approchant dans le choix des créateurs. Peut-être pas les mêmes pièces …

"Hier, le surlendemain" en fer, cuivre, émail, peinture - Christophe Marguier, 2003/2005 © Photo Christophe Marguier
NP : Vous n’avez pas exposé votre propre travail …
BJ : Non, et pour une raison évidente : déontologiquement, on ne peut pas s’auto choisir. Je ne le regrette pas car n’ayant pas été exposé moi même, j’ai eu l’impression de mieux défendre la cause … et c’était plus simple pour moi.
NP : Comment s’est effectuée entre Christian Alandete et vous la répartition des tâches ?
BJ : Il n’y a pas eu réellement de répartition des rôles. En ce qui concerne la sélection des créateurs, nous avons chacun nos préférés, mais à aucun moment il n’y a eu de conflit sur le choix de tel ou tel. Et au plan de l’organisation, nous avons simplement optimisé nos savoir faire spécifiques : en tant que commissaire d’exposition, Christian a une connaissance des institutions et un réel savoir faire dans les arcanes administratives ; en tant que designer, c’est plus facile pour moi de m’occuper de la réalisation de la scénographie par exemple.

Bijou de langue, 2 pièces en or fin - Emmanuel Lacoste, 2006 © Photo Enrico Bartolucci
NP : Vous travaillez depuis longtemps ensemble ?
BJ : J’ai connu Christian à l’occasion de l’ exposition “Un vrai bijou” qu’il avait montée en 2005 sur les bijoux contemporains en France à la galerie Artcore à Paris, puis à Cagnes-Sur-Mer. Il avait su donner un esprit de corps à la trentaine de créateurs présentés. C’est aussi un des fondateurs de la Garantie. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus sur ce que l’on voulait faire avec l’exposition itinérante.
NP : Quelles difficultés avez vous rencontrées pour monter l’exposition ?

Collier "Performance" en plâtre, gaze, boite en bois - Nathalie Perret, 2007 © Photo Nathalie Perret
BJ : Le projet a été long à monter, il a eu beaucoup de difficultés à trouver un financement en France, en dépit de l’intérêt manifeste de nos partenaires étrangers. La position hybride du bijou contemporain – ni vraiment dans l’art, ni vraiment dans l’artisanat – permet à chacun de se renvoyer la balle sans sortir son carnet de chèque. Sauf pour l’exposition de l’Institut Français de Munich qui a été financée par la Ville de Cagnes-sur-Mer et celle aux Ateliers de Paris par la Ville de Paris. Le catalogue a été en partie financé par les bijoutiers et principalement par les ventes à l’étranger.
NP : Parlez nous justement du catalogue …

Collier en argent, jouets en plastiques - Carole Deltenre, 2006 © Photo Enrico Bartolucci
BJ : Nous nous sommes livrés à un travail de fond pour mettre en valeur la richesse du travail de chacun. Nous avons édité un catalogue bilingue avec pour chaque créateur : un texte, des photos de studio réalisées par Enrico Bartolucci pour les bijoux présentés et un poster des bijoux portés shooté par Elene Usdin. Pour chaque bijoutier nous avons contacté, en concertation avec eux, des auteurs qui pouvaient donner une approche intéressante de leur travail qu’ils soient historiens, critiques d’art, sociologues, philosophes … Il y a une photo très forte de Nathalie Perret qui a réalisé un collier fait de sacs de plâtre. Le bijou qu’elle porte, c’est la trace de plâtre sur la robe. Il n’y a pas d’objet …
NP : Les pièces exposées à Paris étaient-elles les mêmes qu’à Londres, Rome, Munich, … ?

Collier de naissance "Naissance neuf perles" à usage plus universel, en résine blanche imprimée, dorure à la feuille, plexiglass blanc, anneau de métal - Florence Lehmann, 2002 © Photo Jean-Louis Hess
BJ : L’exposition a un peu évolué dans son itinérance. Les créateurs ont toujours été les mêmes. Et si un cinquième des pièces environ a changé c’est tout simplement parce que des œuvres ont été vendues et qu’il a fallu les remplacer.
NP : Et la présentation a t elle évolué ?
BJ : Oui, d’une certaine manière car nous avons du nous adapter aux différents espaces et mobiliers existants. Il n’y a vraiment qu’à Paris qu’il y a une scénographie.
NP : Une scénographie très remarquée effectivement. La présentation dans des valises, c’est parce que l’exposition a beaucoup voyagé ?
BJ : Certes … Mais c’est avant tout un clin d’œil de nous autres créateurs. Nos œuvres voyagent constamment. Il y a en permanence des collections de bijoux qui transitent dans le monde par la poste, en train et en avion. La valise est intimement liée au bijou, car elle peut facilement accueillir ces petits objets.
NP : Also known as jewellery : pourquoi un titre en anglais ?

Broche en argent, or, émail - Monika Brugger, 2008 © Photo Corinne Janier
BJ : Lors du vernissage à Paris, nous avons été critiqués sur ce point par quelques défenseurs de la langue française. Le choix de l’appellation mérite donc une explication. Ce n’est pas de notre part un parti pris d’anglicisme, mais une volonté d’efficacité. Nous voulions un titre qui fasse sens : on présente des objets qui couvrent deux ou trois champs de la création et sont aussi connus comme bijoux, mais en dernier lieu seulement. Autrement dit : “des objets qu’on connait aussi sous le nom de … bijoux”. Reconnaissez que l’expression anglaise est plus efficace que s’il avait fallu le dire en Français. D’autant que A.K.A. est un poncif de la langue anglaise qui veut dire “alias”. En anglais, on traduit mieux l’ambiguïté des objets qu’on présente ici. Et puis, dans les six pays où l’exposition a tourné avant Paris, le Français était loin d’être la langue la plus pratiquée.
NP : Pourquoi Paris en dernier ?

Collier en écharpe "Toison aux pattes dorées" en cotte de maille en acier inox, pattes en argent plaqué or - Sophie Hanagarth, 2004 © Photo Enrico Bartolucci
BJ : Au départ l’exposition, compte tenu de ses objectifs, était essentiellement destinée à l’étranger. Après Rome, Londres et San Francisco nous avons sollicité des institutions en France et des galeries à l’étranger. Exposer en France n’était pas gagné d’avance. C’est difficile de convaincre les institutions d’accepter quelque chose qui n’est pas institutionnalisé. En France, on aime les spécialisations et on ne mélange pas artisanat et art contemporain par exemple. Aussi sommes nous redevables à Françoise Seince d’avoir levé les barrières et de nous avoir ouvert les portes des Ateliers de Paris.
NP : Paris est la dernière étape de l’exposition ?
BJ : Oui. A trop la prolonger, l’exposition ne serait plus vraiment actuelle. Elle présente des œuvres qui ont deux ans ou plus. En outre, sur le plan personnel, nous nous sommes fortement impliqués, Christian et moi, depuis deux ans et nous souhaitons nous consacrer à d’autres projets.
NP : Quelles ont été les réactions du public dans les différents pays ?
BJ : Chaque pays a eu des réactions différentes. Cela tient beaucoup au fait qu’il y a eu des publics différents. En Angleterre, par exemple, tous les principaux professeurs des écoles d’art sont venus avec leurs étudiants. On a eu droit à des clins d’yeux et hochements de têtes de ce public d’initiés signifiant “maintenant on comprend … “. A Rome, ce sont surtout les clients de la galerie Alternative qui sont venus : ils se sont souvent montrés déroutés, déboussolés. Nous étions loin de leur expérience. A San Francisco, le public était plus varié : collectionneurs, artistes, voire les gens de la rue … Dans cette ville – berceau des réflexions sur le genre, la sexualité, le féminisme, des œuvres comme celles de Carole Deltenre, Florence Lehmann ou Monica Brugger ont été comprises immédiatement et appréciées, même par des non initiés. Les américains de la côte ouest reconnaissaient cette manière de parler du féminin. A Munich, centre mondial du bijou contemporain, nous avons remporté notre examen de passage : plus de 400 personnes sont venues pendant les quatre jours qu’a duré l’exposition, les catalogues se sont arrachés et l’expo a été jugée cohérente.
NP : Et en France ?

Bague "Promesse (camé)" en or fin, fer - Brune Boyer-Pellerej, 2008 © Photo Enrico Bartolucci
BJ : En France, les réactions sont positives aussi. J’ai eu beaucoup de retours de personnes qui se disaient bluffées par la scénographie et le travail réalisé. Elles ne s’imaginaient pas qu’on puisse faire tant de choses avec le bijou.
NP : C’est donc une réussite ?
BJ : C’est un travail de longue haleine car les barrières culturelles sont plus fortes en France que dans bien d’autres pays : l’Angleterre, l’Allemagne, la hollande, l’Italie … par exemple qui n’ont pas totalement rompu avec leur passé médiéval en matière d’artisanat. Le secteur est très bien structuré à l’étranger avec un nombre considérable de galeries spécialisées qui fonctionnent sur le modèle des galeries d’art contemporain avec des expositions temporaires régulières. Nous avons difficilement ça en France. En France, où il n’y a plus de joailliers de quartier, on semble aveuglé par la toute puissance de la Place Vendôme. Mais je suis assez optimiste. Petit à petit, les gens vont s’habituer à de nouveaux critères artistiques … Pour l’exposition à Paris, nous avons eu un article dans le Figaro, média grand public. Nous en sommes ravis.
NP : Les institutions françaises s’intéressent-elles au bijou contemporain ?
BJ : Non, pas véritablement car, comme je l’ai dit tout à l’heure, on ne sait pas très bien où le placer. Pour une action dans la durée, on doit toutefois saluer l’action de l’Espace Solidor à Cagnes-sur-Mer. C’est le seul espace public à garder le cap et sa programmation ne faiblit pas.
NP : Et la formation, c’est important ?
BJ : Je préfère parler de transmission professeurs-élèves dans le bijou contemporain. On reconnait déjà des filiations par les œuvres des étudiants de Monika Brugger qui enseigne à Limoges, de Florence Lehmann et Sophie Hanagarth qui enseignent à Strasbourg et de Brune Boyer qui a enseigné à Paris pendant 12 ans avant de passer le flambeau à Patricia Lemaire. Mais il faut être conscient que les promotions de Paris, Limoges et Strasbourg réunies se montent annuellement à une dizaine d’étudiants, alors que 600 étudiants sont formés chaque année en Grande Bretagne.
NP : Comment voyez vous évoluer le bijou contemporain ?
BJ : Son avenir ne tient qu’à nous. Nous avons montré que nous savions utiliser les moyens du bord. Il y a de nombreuses choses qui se passent actuellement : des tas d’initiatives privées. Au rendez vous “Le dit du bijou”, on le constate chaque mois. On travaille aussi sur des projets, notamment un parcours du bijou contemporain qui devrait voir le jour d’ici deux ans. C’est bouillonnant, mais nous avons pas mal d’écueils à éviter, particulièrement celui de la compartimentalisation. Chercher sa légitimité ne doit pas pousser le bijou contemporain à surdéfinir son terrain d’action en érigeant des murailles, pour ne pas être confondu par exemple avec le design, et créer un territoire restreint et isolé. N’oublions pas que design, art et artisanat sont les trois fées qui se sont penchées sur son berceau.
- Interview réalisée le 1er février 2011
- Exposition Also known as jewellery - Les Ateliers de Paris – 30, rue du Faubourg Saint-Antoine – 75012 Paris – Du 13 janvier au 12 mars 2011, du mardi au samedi de 13h à 19h – Entrée libre
- Catalogue Also known as jewellery, A touring exhibition of french jewellery – Février 2009, disponible à la vente