Evocation des grands bals Dior au musée de Granville
Dimanche 8 août 2010
Passer ses vacances en Normandie, c’est l’occasion de visiter, à Granville, la maison d’enfance de Christian Dior. La traditionnelle exposition temporaire qui s’y tient chaque été propose en 2010 de découvrir l’univers et les créations de l’illustre couturier à travers l’histoire des bals : du XVIIIème siècle – son siècle favori – à aujourd’hui. Plus de 50 robes de bal, créées par la Maison Dior, sont présentées ainsi que des accessoires et des parfums. Des peintures, des photographies, des films d’archives et des oeuvres littéraires inscrivent l’ensemble dans l’histoire du XXème siècle et l’actualité du XXIème.

A gauche : Pierre Perrotino et Christian Dior en compagnie de Marie-Louise Bousquet au Bal du palais Labia en 1951, A droite : Christian Dior en Roi des animaux au Bal des Rois et des Reines à Paris en 1949
Son attirance pour les masques et les costumes se manifesta très tôt et incitera Christian Dior, adulte, à participer aux grands bals donnés par la société mondaine. C’est pourquoi leur faste revit cette année au sein de la Villa “Les Rhumbs”, sa maison d’enfance. En 1949, au Bal des Rois et Reines, il apparut déguisé en “Roi des Animaux” arborant un masque de lion réalisé par Pierre Cardin qui était alors son collaborateur. Recréé, ce costume, est présenté aujourd’hui. Au Bal des Artistes de 1956, il revêtit le costume du dandy Barbey d’Aurevilly. Au Bal des Masques et dominos, à Venise, en 1951, il arborait un grand manteau en tissu lamé argenté à larges revers blancs et était entouré de quatre géants, conçus avec Salvador Dali …

A gauche : Colliers et chaussures Christian Dior © Musée Christian Dior, A droite : Robe à danser Arlequin d’eau argentée, collection haute couture Christian Dior par John Galliano, 1998. Bustier corseté à bretelle en collier bijoutée recouvert de losanges réalisés en mousseline de soie et entièrement brodés en pluie de tubes cristal et de fils d’argent, crinoline à panier baleinée et sous-jupe en mouchoirs brodés de losanges dégradés assortis, Dior Héritage

Musée Christian Dior © Photo : Marc Lerouge, Ville de Granville
Si l’exposition évoque l’imaginaire et les sources d’inspiration de Christian Dior, elle atteste aussi la renaissance de certains grands bals, comme le “Bal des Débutantes”, et les “nouveaux bals” donnés par la Maison Dior. L’ouverture de la boutique Dior Joaillerie, place Vendôme, a notamment permis en 2007 à Victoire de Castellane d’organiser le “Bal de la Fiancée du Vampire” dans les salons du Ritz, en écho au thème de sa collection de joaillerie créée pour Dior en 2002. En outre, sous une forme différente, John Galliano pérennise l’esprit de fête par ses “sorties” en fin de défilé. N’évoquent-elles pas les “entrées” des bals d’antan ? Le costume qu’il porte alors fait écho au thème de sa collection. A l’occasion du soixantième anniversaire de la Maison Dior, pour le défilé Haute Couture intitulé “Bal des Artistes” donné au Château de Versailles en 2007, le créateur s’était inspiré des grands Maîtres – Goya, Velasquez, Rembrandt, Vermeer …

Carnet de Bal bijou en écaille et ivoire, Second Empire © C. Joannis
Le catalogue de l’exposition “Le grand bal Dior” souligne l’importance sociale du bal qui est devenu au XIXème siècle “un véritable rite d’accouplement sous l’encadrement invisible des règles de la bonne éducation”. Il affirmait le rang social des participants. Pour avoir son nom sur la liste des invités, il fallait appartenir au “monde élégant” par le titre, les manières et la fortune. Si les accessoires nécessaires à la participation étaient classiques pour les hommes – chapeau claque et monocle -, ils étaient plus sophistiqués et nombreux pour les femmes : le porte bouquet pour protéger les gants, la vinaigrette en cas de malaise, l’éventail et le nécessaire carnet de bal. Oublions le banal carnet à usage unique pour retenir le “carnet de bal bijou“. En forme de mini éventail d’environ 10 cm, il est composé de feuillets d’ivoire et protégé par une couverture ornée de motifs en ivoire sculptés, nacre décorée et écaille incrustée. Il pouvait comporter une chaînette tenant une bague et un petit fourreau pour le crayon. La jeune fille y inscrivait le nom des cavaliers qui avaient retenu une danse. Après le bal, elle effaçait les inscriptions et le réutilisait pour le bal suivant. Entré en usage au milieu du XIXème siècle, cet accessoire personnel et précieux sera utilisé en France jusqu’à la première guerre mondiale.
- Exposition Le grand bal Dior – Musée Christian Dior, villa les Rhumbs – Rue d’Estouteville – 50400 Granville
- Du 13 mai au 26 septembre 2010
- Catalogue de l’exposition – Co-édité par le musée Christian Dior et les éditions Artlys
