Bijoux de Joséphine de Beauharnais et de sa famille à La Malmaison
Jeudi 5 janvier 2012
Dans le prolongement de l’exposition organisée à Stockholm en 2010, le Château de Malmaison présente “Destins Souverains”, conjointement avec le Palais impérial de Compiègne. A travers les quelque cent cinquante œuvres proposées – tableaux, mobilier, objets précieux, bijoux … -, l’exposition de Rueil Malmaison se concentre sur l’impératrice Joséphine et via ses descendants les liens qui se sont tissés entre les dynasties régnantes en Europe notamment en Suède et Russie. L’exposition du Palais impérial de Compiègne est plus directement centrée sur les relations complexes entre Napoléon Ier, le tsar Alexandre Ier et le maréchal Bernadotte qui deviendra roi de Suède.

Château de la Malmaison © Photo Notes Précieuses
En parcourant les pièces du Château de Malmaison, qui fut la résidence de Joséphine de Beauharnais, on peut apprécier à la fois les canons artistiques du début du XIXème siècle et les goûts de l’impératrice. On mesure aussi la marque laissée par la “Créole au destin éblouissant” au plan géopolitique. Par le jeu des alliances matrimoniales des enfants qu’elle avait eu avec Alexandre de Beauharnais, celle qui n’avait pu donner de descendance à Napoléon est devenue, au fil des générations, l’aïeule des têtes couronnées de nombreux pays : Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Luxembourg, Grèce. Le mariage de son frère avec la fille du Tsar lui avait aussi permis de maintenir des relations privilégiées avec le souverain russe. C’est ainsi que bon nombre des œuvres issues des collections de Joséphine nous reviennent aujourd’hui prêtées par la Suède, le Danemark, la Russie.

A gauche : Portrait de l'impératrice Joséphine , huile sur toile - Firmin Massot Rueil Malmaison © Musée National des châteaux de Malmaison et Bois-Préau © Service de Presse RMN, Grand Palais/Gérard Blot, A droite : L'Impératrice Joséphine, huile sur toile - Jean-Baptiste Regnault, vers 1807 - Stockholm, Nationalmuseum © Photo Notes Précieuses
Joséphine était réputée être la femme la plus élégante de son temps. Grande amatrice de bijoux, elle en a transmis beaucoup. Dans le catalogue de l’exposition, Céline Meunier révèle qu’à son décès, en 1814, ses joyaux personnels étaient estimés à plus de trois millions de francs. Ils furent partagés entre ses enfants, Hortense et le prince Eugène, qui les ont ensuite transmis à leurs descendants.

A gauche : Bracelets de l'impératrice Joséphine - François Regnault Nitot - Collections de S.M. la reine Margrethe II de Danemark, A droite : Portrait de l'Impératrice Joséphine, huile sur toile, détail - Henri François Riesener - Rueil Malmaison, Musée National des châteaux de Malmaison et Bois Préau © Photos Notes Précieuses
A l’exposition “Destins Souverains“, on peut admirer, prêtés par le Danemark, les deux bracelets que Joséphine avait commandés à l’orfèvre François Regnault Nitot. Légués à Eugène, ces bijoux furent ensuite donnés à ses filles Amélie et Joséphine. Puis ils passèrent par héritage à la princesse Louise qui épousa le prince héritier du Danemark en 1869. Sur ces bracelets acrostiches, les lettres initiales des noms des pierres précieuses composent les prénoms des deux enfants : Hessonite, Opale, Rubis, Turquoise, Emeraude, Nicolo, Saphir, Emeraude pour HORTENSE ; Emeraude, Uniaxe, Grenat, Emeraude, Nicolo, Emeraude pour EUGÈNE.

A gauche : Portrait de l'impératrice Joséphine - Paul Ferdinand Louis Quaglia, 1813/1814 - Rueil Malmaison, Musée National des Châteaux de Malmaison et Bois Préau, A droite : Portrait de la reine Hortense - Jean Baptiste Regnault - Rueil Malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau © Photos Notes Précieuses
On notera aussi que, lors de son mariage en 2010, la princesse héritière Victoria de Suède portait le diadème aux camées de son aïeule. Le portrait de l’impératrice Joséphine par Paul Ferdinand Louis Quaglia présenté à Rueil la montre arborant un diadème semblable. Sur un tableau réalisé par Henri François Riesener, on la voit par ailleurs portant une parure de saphir et diamants. Ce joyau, qui sera offert à sa fille la reine Hortense, devra être vendu après la chute de l’empire. Acheté par Louis Philippe d’Orléans, il se trouve aujourd’hui, ayant subi quelques transformations, dans la galerie d’Apollon du Louvre.

A gauche : Miniature représentant l'Impératrice Joséphine - D'après François Pascal Simon, baron Gérard - Rueil malmaison A droite : Pendentif en émail et or représentant l'impératrice Joséphine - Jean-François Soiron, 1807 - Stockholm, Nationalmuseum © Photos Notes Précieuses
L’exposition présente également des bijoux plus intimes. Illustrant l’affection que se portait le couple Eugène de Beauharnais et Auguste Amélie de Bavière, on peut découvrir un bracelet confectionné avec les cheveux de la princesse dont le fermoir est orné d’une miniature représentant son œil droit qui pour les romantiques était le miroir de l’âme. Dans le même registre figure un collier tressé avec les cheveux de leur fille, la future reine Joséphine.

A gauche : Collier en cheveux et or émaillé, tressé des cheveux de la futur reine Joséphine coupés lors de sa confirmation - 1821 - collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Bracelet avec les cheveux tressés d'Auguste Amélie de Leuchtenberg et fermoir en or orné d'une miniature représentant son oeil droit - Vers 1815/1830 - Collection de S.M. Le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses
Eugène a eu sept enfants et on peut admirer huit portraits miniatures en or et émail le représentant avec eux. L’ensemble composait à l’origine un bracelet porté par Auguste Amélie.

A gauche : Portrait d'Auguste Amélie de bavière, duchesse de Leuchtenberg - D'après Joseph Stieler, après 1820 - Rueil malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau © Service de Presse RMN, Grand Palais/Gérard Blot, A droite : Bracelet en ivoire, or, émail d'Auguste Amélie de Bavière composé de 8 médaillons représentant Eugène de Beauharnais et de leurs 7 enfants - Attribué à Abraham Constantin, d'après Joseph Stieler, 1818 - Collections de S.M. Le Roi de Suède © The Royal Court, Suède, photo Alexis Daflos
Autre bijou de la princesse : un pendentif en or émaillé, en forme de harpe renfermant une boite à musique.

A gauche : Barrette en or et émail avec les insignes des ordres reçus par le prince Eugène de Beauharnais - 1823/1824 - Collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Pendentif en or émaillé et brillants, en forme de harpe renfermant une boîte à musique - Anonyme - Vienne, 1809 - Collections de SM. le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses
Parce que les reines de Suède étaient attachées à perpétuer la tradition de la famille, la reine Joséphine de Suède, la fille d’Eugène, portait quotidiennement un médaillon en or, bijou modeste mais frappé des chiffres de l’empereur Napoléon 1er et du prince Eugène et de la devise de ce dernier “Honneur et fidélité”. Ce pendentif comprenait aussi leurs cheveux.

A gauche : Reliquaire autel en palissandre, émail et bronze, renfermant un fragment de la tombe de Napoléon à Sainte Hélène et des mèches de cheveux de l'Empereur et de son épouse Marie-Louise - Franz Xavier Fortner et Rexinger, 1842 - Collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Pendentif en or avec des cheveux de Napoléon et d'Eugène de Beauharnais - Avant 1812 - Collections de S. M. Le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses
L’attention du visiteur est par ailleurs attirée par un chef d’œuvre prêté par l’Ermitage de Saint Pétersbourg : un camée représentant les portraits de Ptolémée II et d’Arsinoé II. Ce magnifique camée antique d’une épaisseur exceptionnelle avait été offert par Joséphine au Tsar Alexandre 1er au cours d’une de ses nombreuses visites à La Malmaison.

A gauche : Portrait de l'empereur Alexandre 1er - François Pascal Simon, baron Gérard, 1814 - Rueil Malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau, A droite : Camée Gonzague ou "camée Malmaison" en sardoine à 3 couches sculptée et polie représentant Ptolémée II Philadelphe et Arsinoé II - Alexandrie, IIIème siècle avant JC - Saint Pétersbourg, musée national de l'Ermitage © The State Hermitage Museum, photo Vladimir Terebenin, Leonard Kheifets, Yuri Molodkovets
L’exposition du Palais de Compiègne souligne quant à elle combien Bernadotte, devenu roi de Suède, et Alexandre 1er, tsar de toutes les Russies, se sont heurtés aux ambitions de Napoléon. Les négociations de paix à l’époque ne se concevaient pas sans échanges de cadeaux diplomatiques, véritables symboles du pouvoir. Côté Français, on offrait souvent des porcelaines de Sèvres et de somptueuses pièces d’orfèvrerie. On peut ainsi mesurer le rayonnement du Style Empire dans les cours étrangères et principalement à Stockholm et St Pétersbourg. La sélection de meubles et d’objets d’art présentée à Compiègne montre combien les artisans locaux s’inspiraient du savoir faire français tout en faisant émerger des créations originales telles que la production de vases de pierres dures.
- Exposition Destins Souverains, Joséphine, la Suède et la Russie – Musée National du Château de Malmaison – Avenue du château de Malmaison – 92500 Rueil Malmaison – Du 24 septembre 2011 au 9 janvier 2012
- Destins Souverains, Napoléon 1er, le Tsar et le Roi de Suède – Palais Impérial de Compiègne – Place du Général de Gaulle – 60200 Compiègne – Du 23 septembre 2011 au 9 janvier 2012
ague, boucle d’oreille, bracelet, broche, camée, gourmette, médaillon, parure, pendentif … , le bijou s’expose sous toutes ses formes au musée du Temps à Besançon. Toutes les pièces sont prestigieuses, comme en témoignent les signatures de leurs créateurs : Picasso, Man Ray, Arp, Calder, Giacometti, Dubuffet, César, Niki de Saint-Phalle, Ben, Louise Bourgeois … C’est à une promenade inédite dans l’art moderne et contemporain que nous convient les quatre vingt douze artistes représentés.

