Bijoux de mariage de l’Impératrice Marie-Louise à Compiègne
Vendredi 9 avril 2010
L’espace d’un week-end, fin mars 2010, les ombres de Napoléon et de Marie-Louise ont à nouveau plané sur Compiègne. Une rétrospective costumée a commémoré l’arrivée, il y a 200 ans, de la future impératrice. Dans le même temps était inaugurée une exposition majeure pour la connaissance du Premier Empire : “1810, la politique de l’amour ; Napoléon et Marie-Louise à Compiègne”. Cette exposition, qui célèbre le bicentenaire du deuxième mariage de l’Empereur, s’attache à montrer les somptueux aménagements du palais de Compiègne et de son parc pour séduire et accueillir dignement la jeune femme. Plus de 200 œuvres y sont rassemblées : peintures, dessins, sculptures, costumes, soieries … et quelques bijoux.
Regroupant des cadeaux de mariage, des commandes pour le trousseau de la souveraine et des pièces de mobilier, l’exposition est organisée selon une logique chronologique et souligne la portée politique de l’alliance de Napoléon avec la plus ancienne famille impériale régnante d’Europe. Dans son tableau “Les adieux de Marie-Louise à sa famille à Vienne, le 13 mars 1810″, Pauline Auzou peint Marie-Louise lorsqu’elle renonce à la couronne d’Autriche et distribue les bijoux et diamants provenant de sa mère à ses nombreux frères et sœurs. Ce dépouillement complet lui permettra d’arriver à Compiègne “complètement française”.

Détail du portrait en buste de l’Impératrice Marie-Louise, huile sur toile - Baron Gérard François - Musée du Louvre, département des Peintures, Paris © RMN, Hervé Lewandowski
Elle ne manquera pas de bijoux par la suite, à titre personnel ou au titre des bijoux de la couronne. Le mariage impérial fut l’occasion de commandes d’un faste sans précédent dans le domaine de l’orfèvrerie et de la joaillerie. Le trousseau de l’Impératrice ne comprenait pas moins de soixante et onze parures. Les plus somptueuses étaient en diamants, perles, émeraudes, brillants et opales. Il y en avait aussi de plus modestes. En parcourant l’exposition – où la part faite aux bijoux apparait trop restreinte à notre goût -, on peut admirer une parure originale, mais modeste pour l’époque. Ce qui tend à prouver que les reines ne dédaignaient pas les bijoux fantaisies, à condition qu’ils soient à la mode. C’est d’ailleurs paradoxalement leur moins grande préciosité qui a préservé ces pièces de modifications ultérieures.

Parure de bijoux de Marie-Louise : collier, peigne, deux bracelets, boucles d oreilles pendantes en or et micromosaïque de pâte de verre - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli
La parure de bijoux exposée à Compiègne est prêtée par le Louvre. Elle est constituée d’un collier, d’un peigne, de deux bracelets et boucles d oreilles pendantes. Sur une monture en or d’inspiration antique, finement ciselée de motifs de feuilles et de grappes de vignes, sont fixées de petites mosaïques de verre figurant, sur fond bleu, des monuments antiques romains. Certains sont identifiables : tombe de Cecilia Metella au centre du peigne, le Forum ou Tivoli. Les dix médaillons de cette parure proviennent probablement d’ateliers de mosaïstes romains spécialisés dans cette technique miniaturiste, qui était très à la mode sous le Premier Empire. La monture en revanche fut confiée à François-Regnault Nitot, le joaillier officiel de la Cour.

Détails du collier appartenant à la parure de Marie-Louise. A gauche : Médaillon en mosaïque de verre, A droite : Monture en or ciselée de motifs de feuilles et de grappes de vignes - François-Regnault Nitot, 1810 - Musée du Louvre, Département des Objets d'Art, Paris © RMN, Jean-Gilles Berilli
La vitrine consacrée aux bijoux comporte également une montre, en émail bleu et diamants, décorée du chiffre de Marie-Louise, œuvre conjointe de Breguet et de Marie-Etienne et François-Regnault Nitot. Au titre des bijoux propre à l’empereur, qui était aussi roi d’Italie, on peut admirer l’insigne de l’ordre de la Couronne de fer du Royaume d’Italie en or, argent, diamants et brillants, saphirs, rubis et émail prêté par le Musée de l’armée. Cette pièce de François-Regnault Nitot présente une couronne lombarde à pointes d’où émerge un aigle impérial aux ailes déployées et surmontant le profil de Napoléon.
Une exposition à ne pas manquer. Elle s’accompagne d’un somptueux catalogue qui la complète et l’éclaire.
- Exposition 1810, la politique de l’amour – Napoléon 1er et Marie-Louise à Compiègne – Musée National du palais Impérial de Compiègne – Place du Général de Gaulle – 60200 Compiègne
- Du 28 mars au 19 juillet 2010
- Catalogue 1810, la politique de l’amour – Napoléon 1er et Marie-Louise à Compiègne – Editions de la Réunion des musées nationaux, 2010
