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Bijoux en métal du Gabon à Genève

Jeudi 26 janvier 2012

L-art-africainLe Gabon est l’un des pays d’Afrique les plus prisés des amateurs d’art et les collectionneurs. Aussi l’exposition “Art ancestral du Gabon” du musée Barbier-Mueller de Genève était-elle attendue. Elle présente une centaine de pièces rares et emblématiques : figures de reliquaires, sculptures, masques et également armes, objets de parure et bijoux ethniques. La géographie de ce pays équatorial de la frange atlantique de l’Afrique se caractérise par son homogénéité au plan du relief, de l’hydrographie, du climat et de la végétation. La région est parcourue d’une jungle difficile à pénétrer ; ce qui explique la parenté culturelle des peuples du bassin du fleuve Ogooué, région qui occupe à peu près les trois quarts du pays.

Masque-Gabon

A gauche : Masque facial "Ngontang" en bois tendre et kaolin - Nord du Gabon, A droite : Masque "Beete" (pebood) en bois et pigments - Est du Gabon - Kwele - Ancienne collection Tristan Tzara, Paris © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Très religieux, les peuples du Gabon attachent une importance particulière au culte des morts. Ils mettent leur art au service de la commémoration des ancêtres et de la préservation des reliques. Cela a donné lieu aussi à une statuaire très riche. A l’image du matériel rituel, les objets de la vie quotidienne – outils, parures et bijoux – révèlent une préoccupation esthétique marquée.

Les-arts-premiers

De gauche à droite : A gauche 1 : Statue reliquaire en bois, pigments, perles, coquillages, fibres, cauris, métal, représentant une figure mâle debout - Gabon ou République du Congo - Groupe Mbete - Ancienne collection Aristide Courtois, Charles Ratton, Madeleine Rousseau, René Rasmussen et Hubert Goldet, A gauche 2 : Torse d'une statuette "Mbumba bwete"en bois - Gabon - Tsogho ou Sangu - Ancienne collection Marc et Denyse Ginzberg, A droite 1 : Sculpture de reliquaire en bois et laiton - Gabon - Kota, groupe Mahongwe - Ancienne collection André Fourquet, A droite 2 : Masque "Beete" en bois et pigment représentant une antilope - Gabon ou République du Congo - Kwele - Ancienne collection André Fourquet © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Les objets exposés au musée Barbier-Mueller de Genève illustrent l’importance du travail du métal. Le fer, extrait et travaillé sur place, a occupé une place essentielle. Autrefois, fondeurs et forgerons fabriquaient surtout des armes - attributs des personnages importants – et des cloches rituelles. Aujourd’hui, ils produisent des lances, des harpons et des outils agricoles.

Bijoux-en-laiton

A gauche : Collier et bracelet "Akal-e-ngo" en alliage cuivreux et laiton - Nord du Gabon, Sud du Cameroun et Guinée équatoriale - Peuple Fang - Ancienne collection Joseph Mueller, acquis avant 1942, A droite : Bracelet de cheville "Djokelebale" en alliage cuivreux - Est du Gabon - Peuple Kota - Ancienne collection Joseph Mueller, acquis avant 1942 © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Le cuivre et le laiton étaient utilisés en tant qu’éléments de parure et comme monnaie. Les femmes “Fang”, au nord du Gabon, portent de nombreux bijoux en laiton et cuivre.

Femme-bijoux-ethniques

A gauche : Femme Fang aux dents limées couverte de bijoux en laiton et cuivre © Archive photo CSSP, avec l'aimable autorisation de la CSSP, A droite : Sculpture de reliquaire en bois, laiton, cuivre - Gabon - Kota, groupe Mbaama ou Mindumu - Ancienne collection Olivier Le Corneur © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

On peut voir au sein de cette exposition un collier et bracelet en cuivre et laiton de ce peuple et un bracelet de cheville en cuivre provenant de l’Est du Gabon.

  • Exposition Art ancestral du Gabon – Musée Barbier Mueller – 10, rue Jean Calvin – 1204 Genève – Du 9 mai 2011 au 28 janvier 2012
  • Catalogue de l’exposition “Arts du Gabon” – Louis Perrois – Musée Barbier Mueller, Genève

Bijoux ethniques Maori au musée du Quai Branly

Vendredi 20 janvier 2012

Expo-quai-BranlyL’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” du Musée du quai Branly nous permet d’approcher la culture d’un peuple des antipodes, les Maori. En provenance du musée de Nouvelle-Zélande “Te Papa Tongarewa”, les sculptures, parures, bijoux, et autres objets du quotidien ou rituels qui sont présentés nous livrent leur signification sociale ou religieuse. Preuve que la culture Maori est toujours vivante, des œuvres d’artistes autochtones contemporains – vidéos, peintures, photographies, bijoux, objets de cérémonie réinterprétés … – ponctuent l’ensemble du parcours de l’exposition et prolongent ou éclairent les trésors ancestraux.

Peuple-Maori

A gauche : Hinemoa Awatere portant un taiaha lors d'une marche de protestation traditionnelle (Hikoi) contre la nationalisation des plages et fonds marins à Wellington en 2004, détail de la photo - Michael Hall, 2004, A droite : Membres de Haumanu, un groupe qui se consacre au renouveau des traditions musicales maories, détail de la photo - Mickael Hall, 2006 © Mickael Hall

Le goût de la matière est profondément ancré dans la culture des Maori, qui vivent en communion profonde avec la nature. Ils utilisent surtout le bois de totara, qui est imputrescible, et une néphrite très dure, le pounamu – plus communément appelé “Jade Néo Zélandais” – auquel ils attribuent la force vitale. A l’entrée de l’exposition, les visiteurs sont d’ailleurs invités à toucher la précieuse pierre pour détourner le mauvais sort. La sculpture domine dans les œuvres Maori. Tous les matériaux sont traités avec un art accompli du détail et notamment les magnifiques proues de pirogue ou les emblématiques panneaux de maisons de réunions. Ces œuvres sont chargées de symboles car la mythologie veut que les ancêtres des Maori soient arrivés sur la terre de Nouvelle-Zélande en pirogue, bateau auquel sont donc associées les notions de généalogie et de lien entre les peuples. Quant aux grandes maisons communautaires sculptées et érigées au XIXème siècle, elles représentent le corps d’un ancêtre à l’intérieur duquel on trouve refuge. Elles ont toujours un rôle aujourd’hui.

Tatouage-Maori

"Nga Manu Taikura" (le coeur de l'arbre Totara), photographie. De gauche à droite : Donna Lynn Moeahu, Vianney Douglas, Hema Temara, Hinemoa Awatere - Norman Heke pour Te Papa, 2004 - Tirage d'exposition, 2011 © Photo Notes Précieuses

Tout comme les bateaux d’exception et les maisons communautaires, le tatouage est un des éléments fondamentaux qui structurent la société Maori. Le “moko”, en tant que signifiant indélébile, affirme l’identité culturelle de celui qui le porte en décrivant ses accomplissements et sa place dans la tribu. Les Maori sont passés maitres dans l’art d’inciser la peau et de la colorier à l’aide de pigment noir. Les motifs ressemblent beaucoup aux sculptures sur bois et on notera à l’origine, les Maori se servaient des ciseaux à bois pour graver la peau. Au début du XXème siècle, l’art du tatouage avait presque complètement disparu. C’est vers la fin du siècle que sa pratique amorça son renouveau. L’exposition présente des exemples traditionnels et contemporains. Sont exposés des objets usuels et cérémoniels : kit de tatouage, statuettes gravées, entonnoir gravé …  ainsi que des photographies.

Premier-art

A gauche : Moulage du visage du chef Wiremu Te Manewha en plâtre peint - Gottfried Lindauer et Sir Walter Buller, vers 1885, A droite : Poupe de canoë en bois et coquillages - Tribu Ngati Toa Rangati, 1800-1900 © Photos Notes Précieuses

On peut aussi admirer le masque en plâtre du visage d’un chef, réalisé vers 1885.

Bijou-ethnique-Maori

A gauche : Hameçon en os et fibre - Auteur inconnu, 1500-1800 - Nouvelle Zélande © Museum of New Zeland Te papa Tongarewa, Au centre : Pendentif Hei Tiki en forme d'hameçon en jade de Nouvelle Zélande (Hei matau) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Iwi (tribu) inconnue - Acquis en 1991, A droite : Pendentif Hei tiki en forme de créature marine en jade de Nouvelle Zélande te Puawaitanga (1500-1800) ou début de la période Te Huringa (1800-1900) - Don d'Alexander Turbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

L’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” explore l’identité maori, en présentant des symboles extérieurs du “mana“, la force spirituelle qui réside dans les personnes, les animaux et même les objets inanimés. Ces signes extérieurs sont les “taonga” parmi lesquels on peut découvrir en parallèle des trésors ancestraux et des parures contemporaines. Datant de 1100 à 1300, des pièces d’un extrême raffinement brillent par l’exubérance de leurs motifs et l’inventivité de leurs formes.

Dessin-Maori

A gauche : Scénographie de l'exposition, A droite : "Nemesis" en poussière de diamant et paillettes sur toile - Reuben Paterson, 2005 - Iwi (tribu) Ngati rangitihi, Ngai Tuhoe - Prêt de l'artiste et de la Gow Langsford Gallery © Photos Notes Précieuses

Les créations contemporaines témoignent également d’une grande habileté.

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A gauche : Pendentif Hei tiki en corian et coquille de paua (abalone) - Rangi Kipa, 1966 - Iwi (tribu) Te Ati Awa Ki Taranaki, Ngati Maniapoto, Ngati Toa rangatira, Ngati Tama - Acquis en 2003, A droite : Pendentif Hei Tiki en pounamu (jade de Nouvelle Zélande), coquille de paua (abalone), pigments - Te Puawaitanga (1500-1800) - Acquis en 1972 © Photos Notes Précieuses

Elles comprennent notamment des pendentifs que portent, aujourd’hui encore, les chefs Maori. Le pendentif en effet symbolise les liens entre les hommes, le monde des esprits et l’environnement naturel. Le pendentif anthropomorphe hei tiki, est le plus apprécié. Il confère à celui qui le porte le prestige et l’autorité non seulement de celui qui l’a fabriqué, mais aussi de tous ceux qui l’ont porté avant lui.

Pendentif-requin

A gauche : Pendentif en dent de cétacé - Te Puawaitanga (1500-1800) - Tribu inconnue, région de Hokianga, Northland - Acquis en 1958, ancienne collection Webster, A droite : Epingle de cape en os et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) ou Te Huringa I (1800-1900) - Attribué à la tribu te Ati Awa - Don d'Alexander Turnbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

Ces bijoux peuvent avoir la forme d’une chauve souris, d’une créature possédant un corps humaine et une queue de poisson, d’hameçon stylisé, de dent de requin … On peut également découvrir un rare pendentif en dents de cétacés comportant un visage.

Peigne

A gauche : Peigne d'ornement en os de baleine et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Ancienne collection Oldman, don du gouvernement néo-zélandais, 1992, A droite : Pendentif Ngarara (lézard) en os de baleine - Nga Kakano (1100-1300) ou Te Tipunga (1300-1500) - Iwi (tribu) inconnue, région de Gisborne - Acquis en 1914 © Photos Notes Précieuses

On retrouve le “mana” dans les peignes aristocratiques du XVIIIème siècle. Les chefs Maori relevaient leurs cheveux en chignons élaborés, ornés de plumes d’oiseaux et de “heru”, peignes d’ornement qui, comme tout ce qui est associé à la tête – considérée comme sacrée -, était traité avec le plus grand soin. Le “mana” est aussi dans le tissage et on le trouve dans la collection contemporaine de ceintures d’hommes qui est exposée.

Broche-or

Broche en or jaune 18 carats en forme de rameau de pöhuehue ou Muehlenbeckia complexa (Pohuehue, Muehlenbeckia complexa, muehlenbeckie) - Areta Wilkinson, 1969 - Tribu(Iwi) Ngai Tahu - Acquis en 2004 © Photo Notes Précieuses

On peut également admirer une broche en or ayant la forme d’une plante grimpante de Nouvelle Zélande. Ce bijou d’une joaillière maori contemporaine inclut des reproductions détaillées de plantes récoltées par l’explorateur James Cook dans les années 1870.

  • Exposition Maori, leurs trésors ont une âme – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 4 octobre 2011 au 22 janvier 2012

Bijoux afro-brésiliens en Belgique

Mardi 10 janvier 2012

Grand-Hornu-expositionL’importation d’esclaves en provenance d’Afrique a profondément marqué la culture brésilienne dans tous les domaines et principalement la parure. Dans le cadre d’Europalia Brasil, Grand-Hornu Images, le musée d’Hornu, village situé près de Mons, propose “Perles de liberté“, une exposition consacrée aux bijoux afro-brésiliens. On y trouve ceux qui furent portés, du XVIème au XIXème siècle, par des femmes noires, qu’elles soient esclaves ou libres. Le style des bijoux créoles conçus à Bahia sont un mélange d’orfèvrerie traditionnelle portugaise et africaines.  On peut aussi admirer des œuvres contemporaines tels les colliers de Jorge Rodrigues, dans la veine des traditions africaines, ou les bijoux de Junior de Odé, plus sensible aux modes contemporaines. Certains des bijoux exposés sont avant tout des signes de reconnaissance et d’émancipation ; d’autres ont une connotation religieuse forte ; d’autres encore, plus ludiques, ont été portés par des artistes ou à l’occasion du carnaval. Mais quelle que soit leur fonction, tous allient une charge symbolique et émotionnelle forte à leur esthétique flamboyante.

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Bijoux afro-brésiliens - Museu Carlos Costa Pinto @ Saulo Kainuma

Exposition-BruxellesBien que la métropole interdise l’usage d’accessoires somptuaires aux couches les plus pauvres de la société brésilienne, les seigneurs - principalement à Bahia qui fut la première capitale du Brésil – étaient soucieux dès l’origine de parer somptueusement leurs esclaves vivant dans l’espace domestique. Elles devaient porter des vêtements et bijoux dignes du statut de leur maître. A l’exposition “Brazil.Brasil” au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, on peut admirer en ce moment, une peinture anonyme du milieu du XIXe siècle représentant une esclave vêtue comme une reine : sur sa robe somptueuse, elle porte onze lourds colliers d’or et, dans les cheveux et autour des poignets, d’autres bijoux opulents. Le peintre a tenu toutefois à montrer en contrepoint l’expression taciturne et résignée de cette femme qui, finalement, n’était pas en adéquation avec ses somptueux atours.

Bijoux-ethniques-anciens

A gauche : Bijou créole - Museu Carlos Costa Pinto © Saulo Kainuma, A droite : Femme de Bahia - Anonyme - Milieu du XIXème siècle - Acervo do Museu Paulista da Univarsidade de Sao Paulo © Helio Nobre

La plupart du temps, les bijoux portés par les esclaves sont en or ou en argent et on y a parfois ajouté d’autres matières précieuses ou du corail, de l’ivoire, du bois. Ce sont des rangs de perles, d’anneaux, de chaines avec des croix, des rosettes, des pendentifs, des boucles d’oreilles, des bracelets cylindriques, des bagues, des breloques … Une fois affranchies, les anciennes esclaves continuaient de se parer. Pour elles, la détention de bijoux n’était pas simplement un acte de coquetterie. C’était aussi un moyen d’assurer leur survie dans une société hostile ou encore d’acheter la liberté de parents ou amis. Pour paraitre riche, il fallait posséder un grand nombre de bijoux. Aussi ne sont-ils pas constitués de métal pur ; ils ne sont pas massifs. Ce qui compte, c’est que le bijou soit visuellement imposant. C’est pourquoi des techniques comme le filigrane et la ciselure étaient couramment pratiquées afin d’accroître la luminosité du métal.

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Balangandas © Museu de Folclore Edison Carneiro

Les bijoux afro-brésiliens avaient d’autres vertus que de marquer la richesse, le pouvoir et le statut social. Selon les matériaux utilisés, on leur attribuait également des propriétés magiques et religieuses. De nos jours encore, certains de ces bijoux sont incorporés aux vêtements d’officiantes de rites anciens. Ils sont aussi utilisés dans les bars ou les voitures pour protéger des mauvais présages. L’exposition “Perles de liberté” montre par ailleurs, des colliers de perles de différentes couleurs et matières qui, dans certains rites, notamment le “candomblé“, accompagnent l’adepte des premiers instants de son initiation jusqu’aux cérémonies funèbres. L’évolution de ces bijoux permet d’observer l’ascension dans la hiérarchie religieuse de celui qui les porte. Au départ, les colliers sont simples, ascétiques et rigoureux, plus tard ils deviennent opulents et très élaborés, surtout pour les grands chefs religieux.

Perles-de-verre

Colliers de perles - Junior de Ode Menor © Junior de Ode Menor

La composante africaine ayant progressivement été valorisée dans la culture brésilienne, la femme afro-brésilienne s’est élevée au rang de symbole du métissage. La “Bahianaise” en est le modèle le plus connu : descendante d’esclave, elle était habillée d’une jupe et de plusieurs jupons, d’une blouse à manches courtes, d’un foulard sur le dos, d’un tissu sur la tête et de colliers de perles et de bijoux créoles. Autrefois ce personnage social constituait un véritable contre pouvoir post-abolitionniste et était considéré comme élément subversif par les élites. Au fil du temps, la “Bahianaise” est devenue un modèle positif, emblématique de la nation brésilienne. Elle s’est ainsi distinguée dans les écoles de Samba, la musique, les arts plastiques, le théâtre et le cinéma, la littérature. A Hollywood, En 1939, Carmen Miranda en devient l’incarnation - de manière souvent caricaturale – par sa tenue et ses chansons qui mêlaient religiosité, ostentation et érotisme. Avec elle, les bijoux créoles et les colliers de perles du “candomblé” se font connaître dans le monde entier. D’autres artistes ont pris sa suite. Les bijoux de créoles et les colliers de perles sont encore aujourd’hui ancrés dans la culture brésilienne. Les bijouteries et les magasins de souvenirs en regorgent. Si aujourd’hui, des matériaux bon marché ont remplacé l’or, l’argent et le corail, on a conservé les formes et le goût de l’opulence, et de l’exubérance.

  • Exposition Perles de liberté, Bijoux afro-brésiliens – Grand-Hornu Images – Rue Sainte Louise 82/Belgium – 7301 Hournu – Belgique – Du 23 octobre 2011 au 26 février 2012
  • Exposition Brazil.Brasil – Palais des Beaux Arts – Rue Ravenstein 23 – 1000 Bruxelles – Belgique – Du 6 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Belle collection de bijoux ethniques à l’hôtel Banke Paris

Mardi 20 décembre 2011
Jordi-Clos

Jordi Clos © Derby Hotels

A tous les étages de l’Hôtel Banke de Paris, les clients peuvent contempler une collection exceptionnelle de bijoux ethniques. Les œuvres, exposées en permanence, appartiennent toutes au propriétaire, Jordi Clos. Ce grand collectionneur d’art unit sa passion et son activité professionnelle. Il possède une douzaine d’hôtels de luxe, réunis dans le Groupe Derby Hôtels, où il présente des pièces importantes de ses collections. A Madrid, Barcelone, Londres ou Paris, le voyageur peut ainsi admirer des sculptures africaines, des tableaux contemporains, des œuvres d’Inde, de l’Empire gréco-romain ou d’Egypte ancienne, période à laquelle le collectionneur voue un attrait particulier. Les bijoux ethniques se trouvent à Paris ; les bijoux d’Egypte à Madrid et les bijoux Art Nouveau, Art Déco à Barcelone.

Collier-ethnique

Bijoux de Papouasie Nouvelle Guinée - En haut, A gauche : Collier rituel de coquilles marines - XXème siècle - Région de Korewori, Papouasie Nouvelle Guinée, Au centre : Collier rituel avec coquilles - Fin du XIXème siècle - Région des Highlands, Papouasie Nouvelle Guinée, A droite : Collier de danse rituelle en graines et dents d'animaux herbivores et restes de pigments corporels - Début XXème siècle - Région des Highlands, Papouasie Nouvelle Guinée, En bas, A gauche : Colliers de coquilles marines qui conservent des restes de pigments corporels - XXème siècle - Région de Korewori, Papouasie Nouvelle Guinée et Colliers coquille Kina (avec mère perle) qui conservent des restes de pigments corporels et étuis originaux en tissus végétaux et cuir - XXème siècle - Région du fleuve Sepik, Papouasie Nouvelle Guinée, Au centre : Collier rituel avec coquilles d'escargot marin et reste de pigments corporels - XIXème siècle - Tribu Kagamuga, Région de Nawaeb, Papouasie Nouvelle Guinée, A droite : Collier rituel avec 3 coquillages Kina (avec mère perle) qui conserve des restes de pigments corporels - Fin du XIXème siècle - Région des Highlands, Papouasie Nouvelle Guinée - Collection Jordi Clos, Hôtel Banke Paris © Photos Notes Précieuses

Jordi Clos a choisi Paris pour présenter ses bijoux ethniques : colliers, bracelets, coiffes, pectoraux … Les clients de l’hôtel Banke, mais aussi du restaurant et du bar parisien, sont conviés à un voyage à travers différents pays et diverses cultures. La sélection est éclectique. Les pièces exposées proviennent de tous les continents : Inde, Chine, Yémen, Afrique, Papouasie … Les matériaux utilisés sont les plus divers : pierres semi précieuses, argent, coquillages, cornaline, coquilles d’escargots, perles de verre, fibres végétales, dents animales

Bijoux-ethniques-chinois

Bijoux chinois - Colliers en argent et alpaca (alliage de cuivre, zinc et nickel inventé en chine), appartenant à différentes ethnies chinoises - Début XXème siècle - Zones de Guizhou et Guangxi, Chine - Collection Jordi Clos, Hôtel Banke Paris © Photos Notes Précieuses

Ces bijoux ethniques permettent au néophyte de jouer les explorateurs et les ethnologues. On peut ainsi découvrir des colliers en argent portés en Chine par les Hommes et les Femmes pour identifier les groupes ethniques – il y en a plus de 50 en Chine – et le statut social de ceux qui les portent. Au Tibet, les turquoises constituent le patrimoine de la famille. Ces pierres semi précieuses servent de monnaie d’échange ou de dot de mariage. En Inde, des colliers pour homme en perles de verre dont la fermeture en coquillage signifie que le propriétaire a remporté des victoires à la guerre ou à la chasse.

Bijoux-Afrique

Bijoux indiens - En haut, A gauche : Collier pour homme en graines de verre, fibre végétale et coquilles - Début XXème siècle - Tribu Konyak, Nagaland, Inde, Au centre : Colliers de coquillages, certains gravés, graines de verres et boules métalliques - XXème siècle - Tribu Naga, Nagaland, Inde, A droite : Collier pour homme en fibre végétale, os, graines de verre polychromés et coquillages - XXème siècle - Tribu Konyak - Nagaland/Assam, Inde, En bas, A droite : Collier en turquoise, cornaline, ambre, corail du fleuve, émail, os, verre et argent - Début XXème siècle - Ladakh, Inde, Au centre : Bracelets, collier et pendentif de coquillages - XXème siècle - Nagaland, Inde, A droite : Boucles d'oreilles en argent, argent doré, pierres semi précieuses, perles et émail - Début XXème siècle - Gujarat, Inde - Collection Jordi Clos, Hôtel Banke Paris © Photos Notes Précieuses

Ailleurs, des bijoux sont portés dans les fêtes ou mariages ou pour signifier le statut de la femme, tels ces colliers portés par les petites filles marocaines de la puberté au mariage. Il y a aussi des colliers rituels en coquillage de Papouasie-Nouvelle Guinée, des amulettes africaines, des vêtements de chamans. On peut également découvrir des boites talisman contenant des versets du Coran, portées par les Touaregs du Niger, ou des bijoux du Yémen.

Bijoux-Inde

Bijoux du Yémen, indien, afrique du Nord et touareg - A droite : Boites en argent pour amulette appelées Hirz - Début XXème siècle - Wadi Hadhramaut, Yémen, Au centre : Bagues en or, turquoise, rubis, perles et pierres semi précieuses et boucles d'oreilles en or. Ornements féminins portés lors des fêtes, mariages et cérémonies religieuses - Fin du XIXème/début XXème siècle - Maharashtra, Inde, A droite : Bracelets pour femme en argent repoussé et gravé - XXème siècle - Tunisie et Pendentifs en argent - Fin XIXè/XXème siècle - Touareg, Niger - Collection Jordi Clos, Hôtel Banke Paris © Photos Notes Précieuses

Cette collection de bijoux ethniques fut initiée au milieu et la fin du XXème siècle par des collectionneurs privés auprès desquels Jordi Clos a acquis les fonds. Il l’a ensuite enrichie notamment par des acquisitions lors de ventes aux enchères chez Sotheby’s et Christie’s.

  • Exposition permanente des bijoux ethniques de M. Jordi Clos – Hotel Banke – 20, rue La Fayette – 75009 Paris – Zone centrale des 2ème, 3ème, 4ème, 5ème et 6ème étage

Colliers en nacre, bracelets plumes et cheveux à l’Abbaye de Daoulas

Mardi 1 novembre 2011

Exposition-Abbaye-de-DaoulasL’exposition “Rencontres en Polynésie” présentée à l’Abbaye de Daoulas (Finistère) nous invite à découvrir la Polynésie, ses coutumes et ses objets à travers le regard de Victor Segalen (1878-1919). Gravures, bijoux, parures, statuettes et autres documents, souvent inédits, nous permettent d’accompagner l’écrivain breton lors de son premier voyage, au tout début du XXème siècle. On peut également mesurer la modernité de son regard. Loin des représentations stéréotypées véhiculées par la littérature de son époque et renforcées par les Expositions Universelles, Segalen nous aide à réfléchir sur la notion même d’exotisme. Il se demande également comment les Polynésiens ont vécu les épisodes d’apparition des Blancs. Pour la première fois, dans un récit de voyage, un auteur s’est placé aussi du point de vue des populations rencontrées.

Segalen-Victor

A gauche : Portrait de la reine de Tahiti Pomaré IV, huile sur toile - Sébastien Charles Giraud, vers 1850 - Musée du Quai Branly © Scala, A droite : Portrait de Victor Segalen, huile sur toile - George Daniel de Monfreid, 1909 - Collection particulière

L’exposition “Rencontres en Polynésie, Victor Segalen et l’exotisme” donne à voir l’exotisme au travers d’objets réels empruntés à la culture polynésienne. On découvre ainsi la couronne en ivoire et écailles de tortue qui était portée par les chefs guerriers des Iles Marquises ; les chevillières en plume qui s’agitaient selon les mouvements des danseurs ; un ornement d’oreille féminin en ivoire de cétacé et coquillage qui se portait dans le lobe de l’oreille. Les bracelets présentés sont en cheveux qui sont souvent ceux des victimes de guerre ; ils permettaient aux grands chefs de s’accaparer la force du vaincu. Il y a également le pompon d’un bonnet de plumes rouges ou l’image d’un corps tatoué … Autant d’objets qui suscitent l’interrogation.

Bijoux-collier-nacre

A gauche : Collier de nacre - XIXème siècle - Iles de la Société, Tahiti © Musée d’Art et d’Histoire de Langres, A droite : Parure de tête "Pa'ekea" en nacre et écaille de tortue - Vers 1840 - Iles Marquises - Musée de Vannes © Musée d'Art et d'Histoire, Vannes

La sensation d’exotisme, pour l’écrivain voyageur, par ailleurs médecin de marine, c’est d’abord la surprise, l’étonnement devant la nouveauté. Selon lui, il fallait pouvoir admettre la beauté hors des canons qui nous sont habituels. Par exemple, des Iles Hawaï à la Nouvelle Zélande, lumière, blancheur et brillance éclatante étaient perçues comme les reflets du sacré. Cela explique la grande place de la nacre de coquillage dans ces contrées. On la trouvait dans le costume et le masque de deuilleur, dans les coiffures, sur les pectoraux, en colliers. Pour obtenir plus d’éclat encore, aux Iles Samoa, les nacres des grandes coiffes de chef seront remplacées par des miroirs. En Polynésie également, les plumes rouges avaient une valeur extrême. Elles décoraient les costumes d’apparat, les effigies religieuses ou étaient offertes telles quelles aux invités de marque. Elles pouvaient aussi servir de monnaie d’échange. James Cook avait compris que le plus petit morceau d’étoffe garni de ces plumes “produisait la folle joie que ressentirait un européen qui aurait trouvé le diamant du Grand Moghol“. A Hawaï, les plumes symbolisaient la noblesse et la royauté : les capes “Ah Hula” faites de résilles, les coiffures des hommes et les effigies de vannerie du Dieu Ku, toutes recouvertes de plumes rouges et jaunes, attestaient de l’origine divine de ceux qui les portaient.

Bijoux-cheveux-bracelet

A gauche : Ornement en plumes rouges - XIXème siècle - Iles Cook © Musée d'Histoire Naturelle, de Géologie et d'Etnographie de Lille, A droite : Bracelets "Poe i'ima" de cheveux humains - Vers 1840/1844 - Iles Marquises © Musée d’Art et d’Histoire de Rochefort

Admettre une nouvelle forme de beauté ne suffit pas. Encore faut-il mesurer la distance qui sépare les cultures et comprendre la démarche des autochtones. Sinon, c’est l’incompréhension. Colliers de nacre, ornements de plumes, habits de deuil, figures étranges témoignent ainsi à l’Abbaye de Daoulas des malentendus qui se nouèrent au moment de la rencontre entre Blancs et Polynésiens. Parce que lumière et blancheur étaient les reflets du sacré, les Polynésiens pensaient que les Blancs qui envahissaient leurs terres étaient liés aux Dieux. L’attirail qui les accompagnait renforçait cette interprétation : miroirs, métal poli des canons, verrerie, éclair des fusées … Le Capitaine Cook fut pris pour le Dieu de la Paix puis pour celui de la Guerre ; ce qui le mena à la mort. Par ailleurs, Segalen souligne l’étroitesse d’esprit des missionnaires qui condamnaient les tatouages, au moment même où les marins occidentaux l’adoptaient pour eux mêmes et allaient le diffuser en occident.

Daoulas

A gauche : Le cloître de l'Abbaye de Daoulas, A droite : L'abbaye de Daoulas et son jardin © CDP29

Ethnologue précurseur, Victor Segalen annonce le tournant qu’a pris au milieu du XXème siècle l’étude culturaliste des contrées lointaines. Certes, au XIXème siècle déjà, l’intérêt était grand en Europe pour les décors Océaniens. Mais il s’agissait simplement de s’inspirer de lignes graphiques. Les pendentifs de jade “Hei tiki” des Maoris, aussi étaient très prisés des collectionneurs. Charles X, lui même en possédait un.  Et si on dépassait l’aspect purement esthétique, le désir des Européens de découvrir un ailleurs relevait surtout de la quête du Paradis perdu : un état de nature dont auraient été porteuses certaines sociétés traditionnelles. Nombreux sont les artistes, de toutes disciplines, qui sont partis à la recherche de ce primitivisme. Segalen n’échappa pas totalement à cet état d’esprit. A la mort de Gauguin en 1903, il avait lu avec passion les textes de l’artiste et le considérait comme l’artisan inespéré d’une renaissance polynésienne.

  • Exposition Rencontres en Polynésie, Victor Segalen et l’exotisme – Abbaye de Daoulas – Chemins du patrimoine en Finistère – 29460 Daoulas
  • Du 22 avril au 6 novembre 2011

Bijoux et parures d’Afrique à Vichy

Lundi 24 octobre 2011

ParureDes photographies anciennes et une soixantaine d’objets divers ayant trait aux parures du corps en Afrique -  bijoux, accessoires, amulettes, statuettes, masques … – sont actuellement présentés au Musée des Arts d’Afrique et d’Asie de Vichy. Ils livrent leur sens au visiteur car, dans l’Afrique traditionnelle, le corps était un langage en soi. Les signes qui lui étaient infligés signifiaient la valeur personnelle de l’individu et marquaient son intégration sociale. Ornements, bijoux, tatouages, peintures, scarifications et autres percements servaient d’enveloppe, protégeaient le corps, voire le sacralisaient. Après une exposition sur les coiffures africaines, le musée poursuit ainsi son exploration du thème de la parure du corps.

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A gauche : Masque en bois, pigments, kaolin - Société Mukuyi - Population Punu, A droite : Pendentifs en or, fil d'ors étirés et soudés - Groupe "Akan", vers 1950 - Côte d'Ivoire © Musée des Arts d'Afrique et d'Asie

Toutes les “techniques” visant à transformer le corps sont abordées à partir d’exemples. On apprend ainsi qu’en Algérie, chez les berbères, société éminemment patriarcale, les tatouages soulignaient la beauté du visage et du corps et étaient l’apanage des femmes. Les mères choisissaient les motifs pour leurs filles qui entraient dans l’âge adulte. Dans les régions lagunaires de Côte d’Ivoire, les motifs stylisés des bijoux en fil d’or rappellent la faune aquatique, crocodile, poisson, crabe, tortue et illustrent des proverbes et des connaissances ancestrales. Le scorpion valorise par exemple des qualités guerrières tandis que la tortue est un symbole de fécondité.

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A gauche : Masque "Mbuya" en bois, fibres de raphia, pigments de type "Kiwoyo" - Population "Pendé", village du Bandundu, A droite : Scarifications - République Centrafrique © Musée des Arts d'Afrique et d'Asie

Au Congo, chaque passage de la vie – circoncision, initiation, mariage, naissance, deuil – est inscrit dans la chair. Les scarifications conservent la mémoire d’une culture, par exemple, le mythe des origines. Ce sont des objets d’art, des masques et des statuettes qui témoignent de cet art corporel disparu au début des années 1920. Les trois couleurs fondamentales en Afrique sont le rouge, le blanc et le noir. Mais, en ce qui les concerne, plus qu’à leur rendu visuel, on se réfère plutôt aux substances naturelles qui les produisent : l’argile rouge, le kaolin et le charbon de bois. Les couleurs communiquent la classe d’âge, le statut social, l’état de joie ou de tristesse … Comme les corps, les masques et les sculptures africaines sont parés de couleurs, mais la fragilité des pigments a souvent effacé cet embellissement.

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A gauche : Ornement labial "Labret" - Burkina Faso, A droite : Parures d'oreilles - Kenya © Musée des Arts d'Afrique et d'Asie

Les ornements portés aux oreilles, au nez et à la bouche soulignent l’importance symbolique de ces organes vecteurs de connaissance. Ils prennent des formes différentes selon les cultures. L’incision du lobe de l’oreille par exemple était pratiquée avant la puberté par une femme âgée. On plaçait ensuite des disques de plus en plus grands pour élargir le trou. Cette cérémonie symbolisait la capacité de l’enfant à entendre, donc à comprendre. Au Congo, dans les années 30, on s’efforçait aussi de “modeler” la tête, siège de l’énergie vitale, pour dépasser la nature.

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A gauche : Disque d'oreilles - Population Zoulou - Afrique du Sud, A droite : Pendentifs en or, fil d'ors étirés et soudés - Groupe "Akan", vers 1950 - Côte d'Ivoire © Musée des Arts d'Afrique et d'Asie

Après avoir longtemps caractérisé uniquement les sociétés traditionnelles, les marques corporelles se sont répandues en Occident. Adoptés et diffusés par les marins, les bagnards, les légionnaires, les tatouages passèrent ensuite aux travailleurs manuels qui voulaient afficher leur virilité. Depuis la fin des années 1980, ces marques corporelles ont changé de statut, se sont diversifiées (piercing, branding …) et étendues à toutes les couches de la population. Alors que dans les cultures traditionnelles, la transformation du corps était un vecteur d’intégration sociale nécessaire à la survie du groupe ; en Occident aujourd’hui, c’est plutôt le moyen de proclamer son individualité ou son appartenance à une communauté spécifique.

  • Exposition Parures – Musée des Arts d’Afrique et d’Asie – 16, avenue Thermale – 03200 Vichy
  • Du 26 avril au 30 octobre 2011

Bijoux en plumes et colliers de dents au musée quai Branly

Mercredi 13 juillet 2011

Quai-branly-expoLa troisième grande exposition d’anthropologie du Musée du quai Branly à Paris est une invitation à découvrir la “Fabrique des images” telle qu’elle fonctionne sur tous les continents : en Afrique, en Europe aux XVème et XVIème siècles, chez les Indiens d’Amazonie, les Inuit d’Alaska ou encore chez les Aborigènes d’Australie. Les 160 œuvres et objets présentés – parures, miniatures, fétiches, masques, peintures … – permettent de décrypter certaines grandes productions artistiques et matérielles de l’Humanité. Le parcours de l’exposition invite le visiteur à passer successivement par les quatre visions du monde que sont l’animisme, le totémisme, le naturalisme et l’analogisme. Nous nous sommes attardés sur la première partie qui traite de l’animisme et où il apparait notamment que bijoux et parures ne s’apprécient pas, loin s’en faut, d’un seul point de vue esthétique.

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A gauche : Vue extérieure du musée du Quai Branly, A droite : Vue intérieure du musée du Quai Branly © Photos Notes Précieuses

Très schématiquement, l’animisme est la généralisation aux animaux, plantes, esprits d’une intériorité de type humain. Autrement dit, il est admis que toute espèce est pourvue d’une “âme”. Ainsi, dans les forêts d’Amazonie et d‘Insulinde, dans la Taïga et la toundra d’Amérique du nord et de Sibérie, chaque espèce est sensée vivre en société, chacune avec sa “culture” propre qui dépend du point de vue porté sur les autres en fonction de son apparence physique. Le monde perçu et utilisé par le toucan n’est pas celui du piranha, qui n’est pas non plus celui du serpent, ni du jaguar ni de tel ou tel groupe humain. Pour les sociétés animistes, la plupart des êtres ont une intériorité semblable mais ils habitent des corps aux capacités différentes. Les parures, les armes et les vêtements distinctifs des humains sont également vus comme des attributs “naturels” analogues aux corps des plantes et des animaux.

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A gauche : Paire de boucles d'oreilles, Ramphastos vitellinus Buprestidae (élytres) - Amérique, Rio Xingu - Population Aguaruna, A droite : Couronne en plumes (Amazona farinosa, Ara ararauna, Ara chloroptera, Casmerodius albus, Cracidae sp.), vannerie, coton - Amérique, Amazonas - Population Baniwa © Musée du Quai Branly, photos Thierry Ollivier, Michel Urtado

Les indiens d’Amazonie transforment les corps humains en images, en empruntant des attributs et des motifs aux animaux. Lorsqu’ils arborent des plumes, des crocs, des griffes, des élytres de coléoptères ou des écailles, c’est pour capter à leur profit les aptitudes des espèces animales auxquelles ils ont emprunté tel ou tel attribut physique. Plus on ajoute de pièces animales, plus on étend grâce à elles les dispositions physiques des humains. C’est pourquoi certaines parures peuvent compter des plumes d’au moins huit espèces distinctes d’oiseaux.

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A gauche : Collier constitué de dents animales montées sur une fibre végétale tressée - Amérique, Amapá, Au centre : Collier composé de plusieurs cordons de coton sur lesquels sont montées 38 dents de jaguar dont la hauteur varie. Il y a une série de fils passés entre chaque dent, entrecroisés et enroulés pour donner de l'unité et de la solidité à l'ensemble. C'est un fin travail de sparterie. Le jaguar jouait le rôle d'un animal funeste dans la magie noire des Munduruku. Seul animal que l'on pouvait tuer sans raison utilitaire. - Amérique, Rio Tapajos - Population Munduruku, A droite : Collier en piquants de porc-épic montés sur de la fibre végétale - Amérique, Pará - Population Kuben Kran Ken © Musée du Quai Branly, photos Thierry Ollivier, Michel Urtado

Quant aux colliers, principalement faits de dents, ils témoignent du désir de s’approprier les capacités prédatrices des grands fauves. Par le biais de tous ces ajouts, l’Homme cherche à retrouver ses facultés originelles perdues. Les mythes racontent en effet que tous les êtres vivants avaient à l’origine un même type de corps conçu par analogie avec celui des humains mais combinant l’ensemble des capacités aujourd’hui réparties entre les différentes espèces qui peuplent la Terre.

  • Exposition La Fabrique des images – Musée du Quai Branly, mezzanine Ouest – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 16 février 2010 au 17 juillet 2011

Bijoux éthniques d’Asie à Nice

Lundi 6 juin 2011

Exposition-d-art-asieA travers l’expositionLignes d’Asie“, le musée départemental des Arts asiatiques de Nice dévoile au public des pièces exceptionnelles issues de ses collections. C’est la première fois qu’il présente la totalité de son “trésor”. Près d’une centaine d’objets, dont des parures et bijoux particulièrement intéressants, transportent le visiteur dans les fastes de cet Orient si fascinant. Aux côtés des pièces majeures jusque là exposées sont dévoilées au public les pièces les plus fragiles telles qu’une robe de prêtre taoïste du XVIIIe siècle et un manteau de femme en ikat de velours du XIXe siècle. En ce qui concerne les parures et bijoux, on peut admirer par exemple un collier Torque en argent en provenance d’Afghanistan ou une cape de mariage de la Chine du Sud Ouest en plaques et fil d’argent et le collier qui l’accompagne.

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A gauche : Cape de mariage Yi en plaques et fils d’argent - Début de XXe siècle, Chine du Sud-Ouest, Sichuan ou Guizhou, Ethnie Yi © Image Art, A droite : Collier porté avec la cape de mariage en plaques et fils d’argent - Début du XXe Siècle, Chine du Sud-Ouest, Sichuan ou Guizhou, Ethnie Yi © Image Art

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Collier Torque en argent - XIXe siècle, Afghanistan, Nouristan © Image Art

Les pièces exposées proviennent de Chine, de Corée, du Japon, de l‘Inde, de l’Asie Centrale et des minorités éthniques d’Extrême-Orient. Depuis son ouverture en 1988, le musée départemental des Arts asiatiques tisse un lien entre tradition et modernité en réunissant des œuvres de grande valeur aussi bien dans les domaines des arts sacrés, des arts premiers, des arts décoratifs que de l’art contemporain. Des grands achats des premières années jusqu’aux dons qui ont marqué l’année 2010, notons encore : les statuettes chinoises de l’époque Han, la tête de bouddha thaïlandais de l’époque Ayuthayā, ou le tambour de bronze du Laos.

  • Exposition Lignes d’Asie – Musée des Arts Asiatiques – 405, promenade des Anglais – Arénas – 06200 Nice
  • Du 22 octobre 2010 au 13 juin 2011, entrée libre

Bijouterie et parure orientale vues par Christian Lacroix au musée des arts premiers

Mercredi 9 mars 2011

Exposition-Orient-des-femmesLe musée du Quai Branly à Paris présente un ensemble de 150 costumes et parures traditionnels de femmes orientales. Ils proviennent d’une vaste zone allant du Nord de la Syrie au désert du Sinaï. Ces vêtements sont postérieurs à 1880 et ont été réalisés et portés par des villageoises ou des Bédouines qui se transmettaient leur savoir faire de mère en fille. Tissus brodés, manteaux, voiles, coiffes, bijoux en argent et accessoires ont été sélectionnées par le couturier Christian Lacroix, avec le concours de Hana Chidiac, responsable des collections Afrique du Nord et Proche-Orient du musée du quai Branly.

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A gauche : Musée des Arts Premiers quai Branly © Photo Notes Précieuses, A droite : Christian Lacroix lors du montage de l'exposition © Musée du quai Branly, photo Cyril Zannettacci

En ce début du XXIème siècle, la montée du fondamentalisme et la globalisation culturelle ont mis à mal une tradition vestimentaire séculaire. Alors que la garde-robe des femmes orientales est le plus souvent aujourd’hui synonyme de noir épais, les organisateurs de l’exposition ont voulu exposer ces tenues d’antan chatoyantes qui révèlent les influences culturelles persanes, turques, byzantines superposées tout au long de l’histoire du Proche-Orient.

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A gauche : Robe syrienne (Thob) en tissu de coton, broderies de soie - Quteifeh (province du Rif de Damas), vers 1930, Musée du Quai Branly, Au milieu : Robe de fête palestinienne Thob karmasq en tissu de coton et soie, broderies de soie, Lydda (région de Jaffa), vers 1925, Collection Widad kamel kawar, A droite : Robe moderne palestinienne © Photos Notes Précieuses

L’exposition laisse la part belle au vêtement - que les femmes confectionnaient amoureusement, surtout en prévision de leur mariage – , mais n’exclut pas le bijou ni la parure. Le catalogue de l’exposition, lui aussi, donne un coup de projecteur sur le bijou qui a joué un rôle important dans tout le Moyen Orient.

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A gauche : Robes syriennes, Au milieu et à droite : Robes de fête jordaniennes, Au milieu : Thob 'obb - Al-Karak, vers 1935 , Tissu synthétique, broderies de soie, Collection Widad kamel kawar, A droite : Thob chirch en tissu de coton et broderies de coton - Al-Ramtha, vers 1960, collection Widad kamel kawar © Photos Notes Précieuses

Jusqu’au milieu du XXème siècle, les femmes des tribus itinérantes comme celles des villages se paraient de très beaux bijoux en argent : parures de tête élaborées, ceintures, pendants d’oreilles, anneaux de nez, bagues, colliers, anneaux de bras, bracelets aux poignets et aux chevilles.

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A gauche : Anneau de chevilles - Deir az Zaur, vers 1930, Mission Robert Dumesnil du Buisson, Musée du quai branly, Au milieu : Elément de coiffe de femme, A droite : Collier Bijab karaki - Al kark, vers 1920, Collection Widad kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Le bijou remplissait plusieurs fonctions, souligne Marjorie Ramson. C’était tout d’abord une importante assurance permettant  aux femmes qui les possédaient de faire face financièrement aux aléas de la vie. Ils marquaient aussi le statut social : certains étaient portés pour la célébration du mariage, d’autres après la naissance du premier enfant

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A gauche : Collier, Au milieu : Scénographie de l'exposition, A droite : Ceinture (chwayhiyé) - région de As Salt, vers 1925, Collection Widad kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Nombreuses également étaient les femmes qui croyaient aux vertus prophylactiques des bijoux. On attribuait une vertu magique de protection à des formes déterminées, aux pierres semi-précieuses ou aux perles de verre de même couleur, à des matières comme l’ambre, le corail ou la turquoise. Des écrits saints étaient parfois enchâssés dans des pendentifs.

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A gauche : Parure de visage (burqa) - Péninsule du Sinaï, début du XXè s, Au milieu : Collier (bughmé) - Région de Jaffa, Palestine, vers 1880, Musée du quai Branly, A droite : Collier (qiladat samaké) - As Salt, vers 1920 - Collection Widad kamel kawar © Photos Notes Précieuses

On ne peut négliger non plus la fonction esthétique. L’argent ornait les poignets, les doigts, les têtes, les cous, les tailles et les poitrines, pour attirer l’attention et réhausser la beauté naturelle des femmes.

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A gauche : Collier (kirdân) - Jérusalem, vers 1920/1930, Musée du Quai Branly, Au milieu : Collier (chawkar), Bédouines du Néguev, vers 1940, Collection Widad Kamel Kawar, A droite : Parure de visage - Péninsule du Sinaï, XXè siècle © Photos Notes Précieuses

Chacun des bijoux a son style propre, son caractère, et porte la marque d’une identité tribale, nationale ou régionale. Les bijoux syriens, palestiniens, saoudiens et yéménites, fabriqués pourtant avec les mêmes matériaux, suivant les mêmes techniques, et montrant les mêmes motifs, restaient bien distincts.

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A gauche : femme de Bethléem de Palestine, vers 1925 avec coiffe (chatwé) et voile de tête en tissu de coton, corail et sequins, musée du quai Branly et mentonnière (znaq sab' arwâh) en argent, collection Widad Kamel Kawar et robe de fête (thob malak) en tissu de coton et soie, applications de soie, broderies de soie et filés métalliques, musée du quai Branly et veste (taqsiré) en velours de soie doublé de coton et broderies de soie, coton et filés métalliques, musée du quai Branly, Au milieu : Bédouine de la péninsule du Sinaï, vers 1935 avec parure de visage (burqa') de la tribu Al Akharsa, coiffe (sakrouj) de la tribu Al Tiyâha, mante (qun'a) de la collection WidadKamel Kawar et robe de mariage (thob kebir) de la tribu Al Tiyâha en tissu de coton, applications de soie et broderies de soie de la collection Widad kamel kawar, A droite : Femme de Ma'an en Jordanie, vers 1930 avec parure de tête ('urjé) en tissu de soie, pièces de monnaie, collection Widad kamel kawar et robe de fête (thob qameh) en tissu de coton et soie, collectyion Widad kamel kawar et manteau de fête (qombaz) en tissu de coton et soie, collection Widad Kamel Kawar © Photos Notes Précieuses

Antoine Touma, quant à lui, met l’accent sur la situation privilégiée de la Syrie, qui se trouve à la confluence de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Dans les villes, l’art de vivre turc s’est imposé et la tenue d’apparat était uniquement portée dans la maison. Les tenues extérieures ne laissaient apparaître que le visage et les mains, sans aucun fard ni bijoux. Les bijoux citadins se limitaient au collier ras de cou constitué de pièces de monnaie en or ou argent, cousues sur un bandeau d’étoffe.

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A gauche : Coiffe de Bédouine (sakrouj) en coton , argent, verre, monnaies et cauris, pierre, tissage armure toile, broderie au point de croix, applications - Début du 20è s, Péninsule du Sinaï, tribu Tayyâha, Au milieu : Voile de visage de bédouine (burqa') en coton, argent, verre, coquillages, tissage armure toile, broderie au point de croix, application, tressage - 1920/1930, Péninsule du Sinaï, tribu 'Ayaydah, A droite : Elément de coiffe de femme en argent travaillé au repoussé - Fin du 19è ou début du 20è siècle Syrie © Musée du quai Branly, Photos Thierry Ollivier, Michel Urtado,

Les villageois, eux, ont gardé les costumes de leurs lointains ancêtres. Les bijoux sont d’une variété et d’une profusion étonnantes. Ils sont fabriqués par les artisans chrétiens de Damas et d’Alep. Gardiens du patrimoine ancestral, les Bédouins ne se sont laissés influencer par aucun des conquérants de leur sol. On trouve ainsi des boucles de ceinture en argent doré, incrustées d’émail noir et serties de pierres semi-précieuses, qui ne sont portées que par les Bédouines de haut rang.

  • Exposition L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 – Paris – Du 8 février au 15 mai 2011
  • Catalogue L’Orient des femmes vu par Christian Lacroix, Coédition Acte Sud et Musée du Quai Branly, 2011

Bijoux originaux de créateurs réunionnais à l’Espace Solidor

Mardi 22 février 2011

Exposition-bijoux-DalonesdesignL’Espace Solidor de Cagnes sur Mer expose les œuvres de huit créatrices Réunionnaises. Toutes sont membres de DaloneSdesign, association née de la volonté de promouvoir un courant de création contemporaine lié à l’identité de l’Ile. Toutes également ont bénéficié de l’enseignement de Gilles Jonemann, Maître d’Art en bijouterie contemporaine. On trouve dans leur pratique des points forts de convergence, notamment cette expérimentation sur la matière, synthétique ou naturelle, qui les conduit à transformer, récupérer, détourner, modeler, sublimer … Mais c’est toujours pour donner naissance à une œuvre personnelle et développer un univers artistique propre à chacune.

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A gauche : Bijou de cou - Aurélie Zémire, Au milieu : Collier "Vertébral" - Clara Fichora, A droite : Collier - Kelly Ferrand

Sont ainsi réunies à Cagnes sur Mer : Aurélie Zémire pour qui créer de nouveaux bijoux en manipulant les matériaux ou en détournant d’autres objets est avant tout un signe de liberté ; Clara Fichora qui s’inspire de l’environnement local pour créer des bijoux design identitaire ; Kelly Ferrand qui s’est donnée pour objectif d’aider la femme à être ce qu’elle désire être, que ce soit femme enfant, fée des bois, nymphe, ou guerrière.

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A droite : Collier "Kenyata", recyclage de matière synthétique et inox - Laetitia Cadeddu, Au milieu : Collier pendentif - Magalie Grondin, A droite : Boucles d'oreilles en tissus et inox - Suzette Depras

Laetitia Cadeddu qui nous convie à un voyage temporel en présentant dans tous ses états la calebasse, matériau à la fois ancestral et contemporain ; Magalie Grondin qui, avec ses bijoux réalisés à partir d’objets usuels détournés, cherche à provoquer l’émotion l’interrogation, voire le conflit ; Suzette Depras qui sollicite les reliefs de l’étoffe et s’empare des couleurs pour donner sens à ses bijoux textiles.

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A gauche : Collier Rouleau en cuivre patiné au feu - Sylvie Bernard, A droite : Collier "Engrenage" en aluminium, inox, éléments de récupération et silicone - Sylvie Présumey

Sylvie Bernard qui aime travailler le cuivre patiné au feu et cherche à retrouver ainsi l’essence même des choses de la vie ; Sylvie Présumey qui, en utilisant des matériaux synthétiques ou récupérés comme les coquillages, l’aluminium ou le néoprène, symbolise à travers ses bijoux, l’homme dans son pouvoir de destruction mais aussi dans sa capacité d’innovation.

  • Exposition DaloneSdesign – Espace Solidor – Place du Château – Haut de Cagnes – Renseignements : 04. 93. 73. 14. 42.
  • Du 26 février au 1er mai 2011, entrée libre du mercredi au dimanche, de 14h à 17h