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Nouveau musée Lalique à Wingen-sur-Moder

Dimanche 14 août 2011

Musee-LaliqueDepuis son ouverture, début juillet 2011, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder connait un succès constant. Outre la présentation des œuvres de René Lalique et de ses successeurs, le visiteur se voit offrir les clés qui rendent intelligible le contexte artistique, culturel, social et technique dans lequel elles ont été créées. Des documents iconographiques, audiovisuels et multimédias permettent d’approfondir la visite et de mieux connaître un joaillier d’exception qui deviendra aussi grand maître du verre. Pour le mois d’août, l’équipe dirigeante du Musée propose des activités complémentaires : des visites multilingues commentées pour les adultes, un atelier où les enfants créent leur propre bijou à partir de modèles tels que libellule, guêpe ou papillon. Des comptines mènent les tout petits à la rencontre des animaux et des plantes dessinés par René Lalique.

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A gauche : Stand Lalique à l'exposition 1900 © Lalique SA, Au centre : René Lalique © Lalique SA, A droite : Usine Lalique en 1924 © Musée Lalique

Alors que des collections prestigieuses de bijoux Lalique sont déjà accessibles au public au musée Gulbenkian de Lisbonne, au musée des Arts Décoratifs de Paris ou au musée Lalique d’Hakone au Japon, le musée alsacien a pris le parti de mettre en valeur l’ensemble de la création de l’artiste. Avec plus de 550 pièces exposées – dessins, bijoux, flacons, arts de la table, luminaires, vases … -, il présente toutes les facettes d’une œuvre multiforme. C’est à Wingen-sur-Moder, là où René Lalique avait choisi de créer une deuxième usine en 1921, que le musée est aménagé aujourd’hui. Il est implanté sur un ancien site verrier qui fut en activité entre 1715 et 1868. La tradition verrière dans les Vosges remonte à la fin du XVe siècle car la région offrait à la fois la matière première, la silice, et le combustible, le bois des forêts.

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A gauche : Ornement de corsage Hirondelles - René Lalique, 1886/87 © Shuxiu Lin, collection privée, Au centre : Pendentif 2 paons - René Lalique © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Ornement de corsage Jasmin - René Lalique, vers 1899/1901 © Shuxiu Lin, collection privée

Clamant haut et fort que mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe, René Lalique fut l’un des plus importants créateurs de bijoux Art nouveau et Art Déco de France. Il a renouvelé la joaillerie en associant à l’or et aux pierres précieuses des matières jusque là méprisées telles la corne, l’ivoire, les pierres semi-précieuses, l’émail ou le verre. Au départ, ses bijoux ont surtout séduit une élite intellectuelle et artistique.

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A gauche : Sarah Bernhardt © Lalique SA, Au centre : Broche pour Izéil de Sarah Bernhardt © Lalique SA, A droite : Dessin de 2 ferrets, 2 coléoptères et feuilles - René Lalique © Musée Lalique

Entre 1891 et 1894 par exemple, Sarah Bernhardt lui commanda, au fil de ses rôles, diadèmes, colliers, ceintures et autres accessoires de scène qui contribuèrent grandement à sa notoriété. Révélé au grand public à l’occasion du Salon de 1895 et présenté trois ans plus tard par Emile Gallé comme l’inventeur du bijou moderne, René Lalique a connu la consécration à l’Exposition universelle de 1900. Dès lors, il recevra des commandes du monde entier. La muséographie souligne le rôle déterminant joué par Calouste Sarkis Gulbenkian dans la carrière de l’artiste. Ce financier, magnat du pétrole et collectionneur averti, a acquis en vingt ans pas moins de cent cinquante bijoux et objets d’art exceptionnels que l’on peut aujourd’hui admirer à Lisbonne, à la Fondation qui porte son nom.

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A gauche : Dessin assymétrique collier émeraudes - René Lalique © Lalique SA, Au centre : broche "La nymphe rose" - René Lalique, vers 1906/1908 © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Pendentif femme libellule ailes ouvertes - J.L Stadler, vers 1898/1900

Las d’être plagié le bijoutier d’avant-garde s’est ensuite tourné vers d’autres horizons. La fabrication des bijoux l’avait familiarisé avec les matières vitrifiables et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il a découvert le verre, qui va devenir sa nouvelle passion. Lalique l’utilise progressivement pour remplacer avantageusement les gemmes, car le verre peut être conçu et fabriqué en fonction du projet final. René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue. Il expérimente aussi la technique du soufflage dans un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.

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A gauche : Dessin pectoral égyptien haneton ailes ouvertes - René Lalique © Musée Lalique, Au centre : Dessin plaque collier de chien - René Lalique © Musée Lalique, A droite : Dessin vol de chauve souris et étoiles - René Lalique © Lalique SA

Sa rencontre avec François Coty le conduit non seulement à dessiner mais aussi à produire des flacons de parfum. Ce fut sa manière à lui d’appliquer la philosophie de l’Art nouveau qui entendait réconcilier Art et Industrie. Peu à peu, René Lalique a ensuite diversifié ses productions. Dans le domaine du verre aussi, Lalique s’est démarqué de ses prédécesseurs en mettant en valeur les qualités naturelles du verre : limpidité et transparence. Au plan de la forme, il privilégie simplicité, pondération, symétrie. Créateur éclectique, il s’est intéressé aux Arts de la Table et à l’architecture religieuse. Il a aussi signé des bouchons de radiateurs pour les luxueuses automobiles des Années folles, la décoration de wagons de l’Orient Express ou la salle à manger du paquebot “Normandie”

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A gauche : Flacon fraîcheur - René Lalique, 1919 © Lalique SA, collection Silvio Denz, Au centre : Flacon "Leurs âmes pour d'Orsay" - René Lalique, 1913 © Lalique SA, collection Silvio Denz, A droite : Flacon "Bouchon 3 hirondelles" - René Lalique, 1920

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Broche Cléopâtre - René Lalique, vers 1897/1899 © Rami Solomon et Kineret Levy Studio, collection privée

Son inspiration, René Lalique l’a puisée dans la nature, essentiellement la faune et la flore. Il a aussi eu l’audace d’utiliser le corps féminin comme élément d’ornementation. Tout au long de sa vie, il s’est nourri des grands mouvements artistiques universels sans pour autant se départir de sa personnalité. En 1900, l’écrivain Pol Neveux soulignait que les chefs d’œuvres des Égyptiens, des Italo-Grecs n’ont jamais été considérés d’un œil plus pénétrant que celui de Lalique ; de même l’art des Byzantins, des Florentins et des Japonais ne fut plus jalousement étudié que par lui. La Maison Lalique perpétue aujourd’hui l’œuvre de son créateur en procédant à la fois à la réédition de pièces anciennes emblématiques et à l’édition de modèles contemporains où les créateurs d’aujourd’hui s’inscrivent dans la même ligne de rigueur et d’excellence.

  • Musée Lalique – Rue de Hochberg – 67290 Wingen-sur-Moder – info@musee-lalique.com – Tél : 03. 88. 89. 08. 14.
  • Atelier artistique pour enfants de 7 à 12 ans “Au fil des insectes” : Filles et garçons s’inspirent de la nature pour créer leur propre bijou à partir de modèles : libellule, guêpe, scarabée ou papillon – Tous les mardis du mois d’août, à 13h30, 15h30, 17h30, durée 1h30
  • Visites commentées du musée en août : En français, tous les jours à 10h30 et du lundi au samedi à 14h30

Bijoux Art nouveau d’Eugène Grasset à Lausanne

Mercredi 1 juin 2011

Eugene-GrassetLe Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne consacre une rétrospective à Eugène Grasset (1845-1917). Lausannois de naissance, cet artiste a exercé une influence majeure sur la renaissance des arts décoratifs en France. Il est internationalement reconnu pour ses illustrations dans “Harper’s Magazine”, “L’Illustration”, “Paris illustré”, ou “le Figaro illustré” et ses affiches, particulièrement la “Semeuse à tout vent”, emblème des Editions Larousse. Il a su mettre aussi sa connaissance des matériaux et des techniques au service de l’esthétique des objets du quotidien : meubles, tapisseries, céramiques, vitraux et bijoux … Des artistes tels Alphonse Mucha, Augusto Giacometti, Maurice Pillard-Verneuil ou Paul Berthon ont affirmé son rôle de précurseur et de théoricien de l’Art nouveau. Ses bijoux, dessinés pour le joaillier Henri Vever, ont connu un vif succès en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris.

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A gauche : Emblème des éditions Larousse "Semeuse (Je sème à tout vent)" - Eugène Grasset, vers 1890 © Lausanne, Musée Cantonal des Beaux-Arts, photo Nora Rupp, Au centre : Eugène Grasset vers 1875 - Photographe J. Tarin © Lausanne, musée de l’Élysée, A droite : Chromolithographie, "Encre L. Marquet – La meilleure de toutes les encres" - Eugène Grasset, 1892 © Museum für Gestaltung Zurich, Plakatsammlung Photo Franz Xaver Jaggy

René Lalique avait, le premier, réalisé des bijoux Art Nouveau et de nombreux bijoutiers souhaitaient s’engager dans cette même voie : tandis que Georges Fouquet faisait appel à Alphonse Mucha, Henri Vever, lui, se rapprochait d’Eugène Grasset. Mucha et Grasset ont inventé des “bijoux de peintre” dont l’intérêt est dans la composition et dans les harmonies. Evelyne Possémé le souligne dans le catalogue de l’exposition : “Les harmonies colorées très particulières sont certainement le résultat d’une collaboration poussée entre Grasset, l’artiste peintre, et Vever, le bijoutier rompu à toutes les possibilités de son métier. Vever renforce le caractère barbare, primitif de ces bijoux en employant l’émail opaque dans des colorations sourdes et en semant les surfaces de pierres aux couleurs franches, taillées en cabochon“. La plupart des critiques s’accordent à considérer les bijoux dessinés par Grasset comme des pièces de vitrine, non véritablement destinés à être portées. D’ailleurs, ses bijoux ont essentiellement été acquis par les musées ; le plus grand nombre fut donné par Henri Vever au musée des Arts déco de Paris en 1924.

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A gauche : Paravent "Les Quatre Saisons" en bois et broderies polychromes - Eugène Grasset © Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, photo Eric Emo, Petit Palais, Roger-Viollet, A droite : Peigne "Assyrienne" en corne, or, émail, améthystes et brillants - Maison Vever bijoutier d’après un dessin de Grasset, 1900, © Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Photo : Patrick Pierrain, Petit Palais, Roger-Viollet

Influencé par les courants néomédiéviste, japoniste et symboliste, il a décoré ses bijoux ainsi que ses objets du quotidien d’une variété infinie de motifs : animaux, végétaux, ornements géométriques. Grasset mettait également en scène des personnages féminins légendaires ou chimériques. Chez lui, la femme était réduite à une typologie maniériste, ondulante et rousse, empruntée aux préraphaélites anglais et, à travers eux, à Boticelli. Ce qui ne l’empêchait pas de voir également en elle “l’ennemie héréditaire de l’homme, une harpie embusquée sous des oripeaux calculés pour faire disparaître ses imperfections” (Carnet, 1910).

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A gauche : Crayon et aquarelle "Avril" sur papier vélin, projet pour le Calendrier pour 1896 offert par La Belle Jardinière - Eugène Grasset © Collection Julien et Vivant Gautrot, photo Thomas Hennocque, Paris, Au centre : Chromolithographie "Jalousie" (n°9, 10 estampes décoratives - Eugène Grasset, 1897 © Ville de Genève, musée d’Art et d’Histoire, cabinet d’Arts graphiques, photo Jacot-Descombes, A droite : Chromolithographie "Madrid International Exhibition of 1893-94, Palacio de la Industria y de las Artes" - Eugène Grasset, 1893 © Bruxelles, collection du musée d’Ixelles, photo Mixed Media

Si c’est avec le joaillier Henri Vever qu’il a réalisé une vingtaine de bijoux universellement reconnus comme des chefs d’œuvre, Eugène Grasset a également travaillé avec d’autres artisans, dans de multiples disciplines.  Il a réalisé des tapisseries avec les ateliers Jean-Louis Leclercq de Tourcoing, des horloges en grès émaillé avec la firme Emile Muller & Co, des panneaux en faïence avec la manufacture de Sarreguemines

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A gauche : Chromolithographie "Abricotine. Délicieuse liqueur" - Eugène Grasset, vers 1900 © Collection particulière, A droite : Chromolithographie "Le Parasol" - Eugène Grasset, 1900 © Ville de Genève, Musée d’Art et d’Histoire, Cabinet d’Arts graphiques, photo Bevilacqua

C’est le procédé inventé par l’imprimeur Charles Gillot permettant la reproduction d’images à faible coût qui lui a permis de fournir des sujets à la grande presse, aux maisons d’édition et aux éditeurs de musique. Ces nombreuses collaborations l’ont placé au cœur d’un renouveau esthétique et industriel.

  • Exposition Eugène Grasset, l’Art et l’ornement – Musée Cantonal des Beaux-Arts – Palais de Rumine, place de la Riponne 6 CP – CH-1014 Lausanne – Suisse – Du 18 mars au 13 juin 2011
  • Visite commentée le 9 juin, à 18h30 par Sandrine Moeschler, médiatrice
  • Catalogue Eugène Grasset, l’art et l’ornement – Editions Cinq Continents et Le Seuil

Bijoux et parures en fer au musée Le Secq des Tournelles

Jeudi 18 février 2010

midi-museesPasser une heure au musée pour mieux comprendre l’art, mais aussi la technique, l’histoire et la culture d’une époque. C’est l’objectif des conférences initiées par l’Association des Amis des Musées de la Ville de Rouen. Nous avons retenu plus particulièrement celles consacrées aux bijoux en fer. La conférencière Anne Cuvelier donne rendez-vous aux amateurs de bijoux les 25 et 27 février prochains puis, dans le cadre de Midi-Musées des Musées de la Ville de Rouen, les 6, 7, 20 et 21 mai. Ces rencontres se tiennent dans un lieu magique : le musée Le Secq des Tournelles.

Un cadre original : le musée Le Secq des Tournelles

Installé dans l’église St Laurent – édifice gothique flamboyant du XVIème siècle – le musée Le Secq des Tournelles présente une collection unique au monde d’art du fer : enseignes, heurtoirs, clés serrures, outils, accessoires de couture … et bijoux. L’idée en revient au peintre et photographe Jean-Louis-Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) qui a voulu célébrer les ressources infinies de ce métal. Son fils a prolongé sa collection et en a fait don à la ville de Rouen. Aujourd’hui, 6000 objets sont présentés en permanence. Ils couvrent une période qui va des Gallo Romains au XXème siècle, avec une prédilection pour les XVIIème et XVIIIème siècles. Parmi eux, de nombreux bijoux car la bijouterie en fer existe depuis fort longtemps.

Musée Le Secq des Tournelles - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Musée Le Secq des Tournelles © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

Des pièces uniques chargées d’histoire

Les participants aux conférences sont donc invités à découvrir les différentes formes revêtues par cette bijouterie et se familiariser avec les techniques employées. Ils s’arrêteront par exemple à la vitrine des bijoux en acier poli dont la technique s’est développée en France à partir de 1776. Il est vrai qu’elle attire le regard par l’éclat des pièces présentées ; des pièces qui valent cher car le travail est long pour aboutir à cet aspect “canon de fusil” si caractéristique. La fonte de Berlin mérite aussi un “arrêt sur image”. La reine Louise de Prusse lança la mode de ces bijoux en alliage de fer et de carbone dont elle prisait particulièrement “l’aspect dentelle“. Mais cette technique est surtout célèbre aujourd’hui par l’acte patriotique qu’elle symbolise. En 1813, pour soutenir l’effort de guerre contre Napoléon, l’Empereur d’Allemagne demanda à ses sujets d’échanger leurs bijoux en or contre des parures en fonte. Vainqueur, Napoléon saisit les moules pour faire des répliques et les bijoux en fonte de Berlin ont été à la mode en France dans les années 1840. Ils ont longtemps aussi servi de bijoux de deuil.

Collier en fonte de Berlin - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Collier en fonte de Berlin © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

La fonction du bijou

Châtelaine - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Châtelaine © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

D’autres techniques seront également abordées telles le fer trempé, le fer repoussé, les bijoux ciselés … L’initiation consiste aussi en des explications sur la fonction de certaines pièces – par exemple des boucles de ceintures – ou la présentation de bijoux originaux. Savez-vous par exemple ce qu’est une Châtelaine ? Très en vogue à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle, cette parure, pour homme ou pour femme, se portait à la  ceinture. Une montre y était suspendue en même temps que des “gris-gris”. D’autres explications seront fournies concernant des diadèmes ou des boucles d’oreilles : sur l’origine du bijou, le contexte historique, sa fonction sociale et la mode. On parlera beaucoup aussi des moeurs et des habitudes de nos arrières grand mères et en particulier du carnet de bal, très prisé à la fin du XVIIIème et au début XIXème siècle. Vaste programme …

  • Musée Le Secq des Tournelles – Rue Jacques Villon – 76000 Rouen
  • Conférence Les bijoux – Une heure au musée, Association des Amis des musées de la ville de Rouen – Jeudi 25 et samedi 27 février 2010 à 14h15 et 16h
  • Conférence Objets de parure et bijoux en fer : châtelaines, colliers … – Midi Musées, Service des publics, Musées de la ville de Rouen – 6, 7, 20 et 21 mai 2010 à 12h30

Bijoux et Vanités

Mercredi 3 février 2010

affiche-vanites“Vanité des vanités, tout est vanité” … Au IIIème siècle avant Jésus Christ, les textes de l’Ecclésiaste mettaient en balance l’oeuvre dérisoire de l’Homme face à la mort. Ensuite, c’est l’Art qui a pris le relais dans ce rappel à l’humilité. A travers 150 pièces originales, le Musée Maillol met aujourd’hui en perspective les différentes approches de la mort selon les époques et les artistes. En remontant le fil du temps, l’exposition “C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst” nous convie à un véritable parcours initiatique où le bijou tient une place non négligeable.

Le visiteur commence par découvrir les vanités contemporaines. D’emblée, des oeuvres fortes l’interpellent. La sérigraphie du crâne en poussières de diamants de Damien Hirst “For the love of God, Laught” par exemple, voisine avec un crâne en mouches du même auteur “The fear of death (Half Skull)”. À se demander si le chef de file de la YBA Generation, parvient à choisir entre le beau et le réaliste pour représenter la mort.

Une chose en tous cas est certaine, depuis la fin du XXème siècle, la représentation de la mort est foisonnante dans l’art et déborde largement de son champ. Crânes et ossements ont également envahi notre quotidien et s’affichent sur les vêtements et les pochettes de CD … Les créations morbides ont évolué selon les époques. Les vanités médiévales soulignaient la brièveté de la vie et l’inutilité des biens terrestres ; les vanités actuelles sont plus agressives et évoquent les totalitarismes et l’évolution pernicieuse de la société moderne.

Bague en or et émail représentant un crâne traversé par un serpent - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Bague "Alchimie" en or et émail, représentant un crâne traversé par un serpent - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

L’exposition “Les Vanités” consacre une large place aux oeuvres picturales et met en perspective les approches de la mort selon Le Caravage, Géricault, Cézanne, Braque, Ernst ou Picasso, mais aussi selon Warhol, Uklanski ou Hirst pour ne citer que ceux là. Mais, parce qu’en occident, les bijoux sont eux aussi le reflet des mentalités et des angoisses, ils ont ici une place importante. Du Moyen Age à l’époque contemporaine, les sentiments mortifères se sont aussi largement exprimés par les bagues, colliers et bracelets.

Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

De gauche à droite : Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Boucles d’oreilles à pendants "Tempus fugit" composées de deux miniatures sur argent représentant des vanitas en or et diamants - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Pour la première fois sont exposées en France de très nombreuses pièces créés par la dynastie des Codognato. Depuis 1866, ces joaillers vénitiens ont produit, dans la plus grande discrétion, des bijoux chargés de symboles mortuaires. Les pendentifs, colliers et bagues en forme de crânes et d’ossements sont entourés d’or, d’émail, de pierres précieuses. S’inspirant parfois des peintres du Grand Siècle ou plus récemment de surréalistes tel Magritte, les Codognato ont su fasciner des acheteurs aussi prestigieux que d’Annunzio, Visconti, Onassis, Cocteau, Hemingway, Diaghilev, Manet, Wharol ou Elton John.

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, Bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle/Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

D’autres bijoux, prêtés par le galeriste et collectionneur parisien Yves Gastou, sont davantage liés aux phénomènes sociaux contemporains. Délaissant les bagues Renaissance, censées rappeler à chacun qu’il va mourir ou les bagues de deuil du XIXème siècle, Yves Gastou s’est concentré sur les bijoux où la mort devient symbole agressif de contestation et d’anarchie. On peut ainsi redécouvrir les bagues viriles et barbares réalisées par Suzanne Gulliver pour les Hells Angels dans les années 1950. On peut admirer également les créations fantastiques plus récentes du hollandais André Lassen. On notera encore, pour l’anecdote, que les grands joaillers parisiens ne sont pas totalement absents de l’exposition. Helmut Newton “Shakespeare – Crâne et collier de diamants” a photographié aux rayons X un modèle qui porte un collier de diamants Van Cleef and Arpels.

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

  • Exposition C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst – Fondation Dina Vierny, Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris
  • Du 3 février au 28 juin 2010

Bijoux oeuvres d’art

Vendredi 16 octobre 2009

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

L’exposition Bijoux d’Artistes au Musée du Temps de Besançon, dont nous avons parlé récemment, est prolongée jusqu’au 15 novembre.

Si vous n’avez pas le temps de vous y rendre en journée, profitez de la nocturne du samedi 14 novembre de 19h à 23h avec des visites à 20h30 et 21h30 (entrée et visite guidées gratuites).

Une occasion supplémentaire d’aller admirer ces bijoux œuvres d’art signés par les plus grands noms de l’art moderne et contemporain : Giacometti, César, Picasso, Niki de Saint-Phalle …

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 15 novembre 2009

Quand Dali était joaillier

Lundi 28 septembre 2009
Pendentif Dali Gala en or - Dali d'or

Pendentif Dali Gala en or - Dali d'Or®

A l’occasion du 20ème anniversaire de la disparition de l’artiste, l’Espace Dali présente “Dali d’Or et Bijoux de Gala”. Cette exposition qui se tiendra du 16 octobre au 20 janvier prochains, regroupe la collection de bijoux et d’objets  luxueux et fantasmagoriques conçus par le maître Catalan dans les années 1960.

A l’instar du Roi Soleil, dont le profil ornait les Louis d’Or, Dali avait décidé lui aussi de battre monnaie. En frappant ses Dali d’Or® il a voulu restituer la splendeur et l’extravagance des fastes de Louis XIV. Chaque pièce est à son effigie ou à celle de sa muse Gala. Dans la continuité de cette exposition, l’Espace Dali présente en exclusivité sa collection de sculptures en or magnifiées par des diamants, rubis, émeraudes et saphirs. La Montre Molle, l’Eléphant de Triomphe, la Vénus Spatiale sont quelques unes des sculptures-bijoux que le visiteur pourra découvrir.

Suivant la voie tracée par les grands maîtres de la Renaissance, Dali s’est exprimé de multiples manières. Il fut à la fois peintre, sculpteur, graveur, photographe, écrivain, cinéaste, “designer”, architecte et …  joaillier. Son ecclectisme se manifeste aussi à travers les matériaux utilisés. Or, platine, pierres précieuses, perles, et diverses matières nobles deviendront, par son bon vouloir, des végétaux ou des animaux symboliques. Au coeur de Montmartre, plus de 300 oeuvres composent depuis 18 ans l’exposition permanente – la seule en France – consacrée à Salvador Dali. Elle s’enrichit régulièrement d’expositions temporaires à thèmes. Une précédente exposition commémorative s’est tenue au 2ème trimestre 2009 et présentait  “Dali à l’oeuvre”.

  • Exposition Dali d’Or & Bijoux de Gala – Espace Dali – 11, rue Poulbot – 75018 Paris
  • Du 16 octobre 2009 au 20 janvier 2010
Danseuse dalienne en or et rubis I.A.R. Art Resources Ltd

Danseuse dalienne en or et rubis © I.A.R. Art Resources Ltd

Bijoux d’artistes à Besançon

Mardi 8 septembre 2009

BEXƒ AFFICHE 40X60 OPPENHEIMague, boucle d’oreille, bracelet, broche, camée, gourmette, médaillon, parure, pendentif … , le bijou s’expose sous toutes ses formes au musée du Temps à Besançon. Toutes les pièces sont prestigieuses, comme en témoignent les signatures de leurs créateurs : Picasso, Man Ray, Arp, Calder, Giacometti, Dubuffet, César, Niki de Saint-Phalle, Ben, Louise Bourgeois … C’est à une promenade inédite dans l’art moderne et contemporain que nous convient les quatre vingt douze artistes représentés.

On a le vertige face à cette collection exceptionnelle de 150 bijoux que les artistes majeurs des XXe et XXIe siècles ont créés, par amusement ou défi technique. Les matériaux vont du plus rustique au plus précieux. Conçus pour un proche ou simplement pour le plaisir, ces bijoux sont uniques – parfois édités en séries très limitées – et pour la plupart inconnus du public. On en reconnaît pourtant l’auteur au premier coup d’oeil : Salvador Dalí qui a amolli les formes d’un téléphone pour créer des boucles d’oreilles, César qui a compilé des capsules de Schweppes pour en faire un pendentif, Arman qui a découpé des instruments de musique, Ben qui joue comme à son habitude avec les mots …

Le plus prolixe dans la production de bijoux est Calder. Toute sa vie, le sculpteur américain a  offert des broches et des bracelets façonnés à partir d’un fil de laiton ou d’argent. Dans les années cinquante, Picasso a converti en bijoux certains de ses plats en terre. Ses figures inspirées de l’antique, les masques, les têtes de faune et les soleils ont aussi connu leur version or. L’artiste a entamé une longue collaboration avec l’orfèvre François Hugo, qui a aussi travaillé avec Max Ernst, puis Hans Arp.

Tous les bijoux présentés retiennent l’attention. Par leur importance et leur diversité, ils constituent une sorte de musée idéal et intime de l’art moderne. A ne pas manquer.

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 11 octobre 2009
Bracelets - Pol Bury 1968 Adagp, Paris 2009 Studio Sebert, Paris

Bracelets - Pol Bury 1968 © Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche Araignées - Louise Bourgeois 2006 Adagp, Paris 2009 Studio Sebert, Paris

Broches Araignées - Louise Bourgeois 2006 © Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Alfons Mucha ou l’art théâtral du bijou

Jeudi 20 août 2009
Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha Mucha trust 2009

Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha © Mucha Trust 2009

De lui, nous connaissons surtout ses affiches, dont le style Art Nouveau est rapidement reconnaissable. Ce dessinateur de talent était aussi décorateur, illustrateur et peintre. Jusqu’au 20 septembre, le Musée Fabre de Montpellier lui rend hommage à travers une exposition qui réunit près de 280 de ses œuvres. Le visiteur y découvre une production foisonnante – allant de petits objets, de “bijoux d’artistes”, aux grands panneaux décorés – qui jalonne une vie hors du commun.

C’est grâce au succès immédiat d’une affiche exécutée pour une représentation théâtrale de Sarah Bernhardt, que Mucha va être lancé sur la scène artistique internationale et construire sa renommée.

Il deviendra l’affichiste exclusif de la Grande tragédienne et sera remarqué par Georges Fouquet, joaillier parisien alors soucieux d’innover dans la création. Fouquet, privilégiant l’originalité, voire l’exubérance, engagera avec Mucha une collaboration fructueuse. Sa première commande, en 1899, est destinée à Sarah Bernhardt. Il s’agit d’une reprise du bracelet de Médée relié par une chaînette à une bague également à tête de serpent.

En même temps, il lui propose de dessiner un ensemble de parures de tête et de corsages, de colliers de chien, de broches et de bagues pour le stand Fouquet de l’exposition universelle de 1900. D’une grande audace, rompant avec la représentation classique, mêlant l’émail et l’opale aux matériaux précieux, ces “bijoux d’artistes” exécutés dans les ateliers de Fouquet, séduisent la critique. Fouquet décide alors d’ouvrir une nouvelle boutique, rue Royale à Paris juste en face de chez Maxim’s, dont il confie la réalisation à Mucha. Le visiteur pourra admirer la reconstitution de ce lieu mythique que les Parisiens peuvent voir au Musée Carnavalet.

Ce focus sur les bijoux ne doit pas faire oublier le “temps fort” de l’exposition qui est la mise en scène des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie Herzégovine à l’Exposition Universelle de 1900. A voir absolument cette exposition qui restitue la créativité foisonnante de la Belle Époque, dans tous les domaines.

  • Exposition Alfons Mucha – Musée Fabre – 39, bd Bonne-Nouvelle – 34000 Montpellier
  • Du 20 juin au 20 septembre 2009
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Pendentif en or, émail, nacre, opale, émeraude, pierres de couleur, peinture dorée - Georges Fouquet, vers 1900 - New York, Metropolitan Museum of Art, don de Eva et Michael Chow, 2003


Bijoux Art Déco et Avant Garde

Mercredi 8 juillet 2009

Les amateurs de bijoux n’ont plus que quelques jours pour découvrir les “Bijoux Art Déco et Avant Garde – Jean Després et les bijoutiers modernes” au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Cette superbe exposition, qui rassemble plus de trois cents pièces des années 1930 ferme ses portes le 12 juillet prochain.

Au fil de la visite, nous sommes conviés à un voyage dans l’univers de la modernité. Avec Jean Després naît toute une génération de bijoutiers qui va apporter un souffle radicalement novateur par rapport à la conception plus convenue de l’esthétisme.

Glorifiant la mécanique, ces créateurs sont portés par l’évolution technique et les grands courants artistiques de l’époque : cubisme, constructivisme … Les bijoux sont traités de façon structurée, voire architecturée, largement inspirés par la machine. Jean Després n’hésite pas à intituler ses “bijoux moteurs” : “broche bielle” ou “broche villebrequin”.

  • Exposition Bijoux Art Déco et Avant garde, Jean Deprés et les bijoutiers modernes – Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 19 mars au 12 juillet 2009

Pendentif en argent, or, laque et citrine - Jean Després 1932 - Collection Stéphanie Seymour Brant - © Bruce M. White 2008

Pendentif en argent, or, laque et citrine - Jean Després 1932 - Collection Stéphanie Seymour Brant © Bruce M. White 2008

Certaines créatrices contemporaines trouvent dans l’univers Art Déco la source de leur inspiration. Elsa Cernogora, sous la marque Zaëlle a ainsi crée une “bague Art déco“, en vente sur notre boutique en ligne Notes Précieuses.

Bague Art Déco - Zaëlle © Notes Précieuses

Bague Art déco - Zaëlle - Boutique en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses