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Nouveau musée Lalique à Wingen-sur-Moder

Dimanche 14 août 2011

Musee-LaliqueDepuis son ouverture, début juillet 2011, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder connait un succès constant. Outre la présentation des œuvres de René Lalique et de ses successeurs, le visiteur se voit offrir les clés qui rendent intelligible le contexte artistique, culturel, social et technique dans lequel elles ont été créées. Des documents iconographiques, audiovisuels et multimédias permettent d’approfondir la visite et de mieux connaître un joaillier d’exception qui deviendra aussi grand maître du verre. Pour le mois d’août, l’équipe dirigeante du Musée propose des activités complémentaires : des visites multilingues commentées pour les adultes, un atelier où les enfants créent leur propre bijou à partir de modèles tels que libellule, guêpe ou papillon. Des comptines mènent les tout petits à la rencontre des animaux et des plantes dessinés par René Lalique.

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A gauche : Stand Lalique à l'exposition 1900 © Lalique SA, Au centre : René Lalique © Lalique SA, A droite : Usine Lalique en 1924 © Musée Lalique

Alors que des collections prestigieuses de bijoux Lalique sont déjà accessibles au public au musée Gulbenkian de Lisbonne, au musée des Arts Décoratifs de Paris ou au musée Lalique d’Hakone au Japon, le musée alsacien a pris le parti de mettre en valeur l’ensemble de la création de l’artiste. Avec plus de 550 pièces exposées – dessins, bijoux, flacons, arts de la table, luminaires, vases … -, il présente toutes les facettes d’une œuvre multiforme. C’est à Wingen-sur-Moder, là où René Lalique avait choisi de créer une deuxième usine en 1921, que le musée est aménagé aujourd’hui. Il est implanté sur un ancien site verrier qui fut en activité entre 1715 et 1868. La tradition verrière dans les Vosges remonte à la fin du XVe siècle car la région offrait à la fois la matière première, la silice, et le combustible, le bois des forêts.

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A gauche : Ornement de corsage Hirondelles - René Lalique, 1886/87 © Shuxiu Lin, collection privée, Au centre : Pendentif 2 paons - René Lalique © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Ornement de corsage Jasmin - René Lalique, vers 1899/1901 © Shuxiu Lin, collection privée

Clamant haut et fort que mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe, René Lalique fut l’un des plus importants créateurs de bijoux Art nouveau et Art Déco de France. Il a renouvelé la joaillerie en associant à l’or et aux pierres précieuses des matières jusque là méprisées telles la corne, l’ivoire, les pierres semi-précieuses, l’émail ou le verre. Au départ, ses bijoux ont surtout séduit une élite intellectuelle et artistique.

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A gauche : Sarah Bernhardt © Lalique SA, Au centre : Broche pour Izéil de Sarah Bernhardt © Lalique SA, A droite : Dessin de 2 ferrets, 2 coléoptères et feuilles - René Lalique © Musée Lalique

Entre 1891 et 1894 par exemple, Sarah Bernhardt lui commanda, au fil de ses rôles, diadèmes, colliers, ceintures et autres accessoires de scène qui contribuèrent grandement à sa notoriété. Révélé au grand public à l’occasion du Salon de 1895 et présenté trois ans plus tard par Emile Gallé comme l’inventeur du bijou moderne, René Lalique a connu la consécration à l’Exposition universelle de 1900. Dès lors, il recevra des commandes du monde entier. La muséographie souligne le rôle déterminant joué par Calouste Sarkis Gulbenkian dans la carrière de l’artiste. Ce financier, magnat du pétrole et collectionneur averti, a acquis en vingt ans pas moins de cent cinquante bijoux et objets d’art exceptionnels que l’on peut aujourd’hui admirer à Lisbonne, à la Fondation qui porte son nom.

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A gauche : Dessin assymétrique collier émeraudes - René Lalique © Lalique SA, Au centre : broche "La nymphe rose" - René Lalique, vers 1906/1908 © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Pendentif femme libellule ailes ouvertes - J.L Stadler, vers 1898/1900

Las d’être plagié le bijoutier d’avant-garde s’est ensuite tourné vers d’autres horizons. La fabrication des bijoux l’avait familiarisé avec les matières vitrifiables et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il a découvert le verre, qui va devenir sa nouvelle passion. Lalique l’utilise progressivement pour remplacer avantageusement les gemmes, car le verre peut être conçu et fabriqué en fonction du projet final. René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue. Il expérimente aussi la technique du soufflage dans un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.

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A gauche : Dessin pectoral égyptien haneton ailes ouvertes - René Lalique © Musée Lalique, Au centre : Dessin plaque collier de chien - René Lalique © Musée Lalique, A droite : Dessin vol de chauve souris et étoiles - René Lalique © Lalique SA

Sa rencontre avec François Coty le conduit non seulement à dessiner mais aussi à produire des flacons de parfum. Ce fut sa manière à lui d’appliquer la philosophie de l’Art nouveau qui entendait réconcilier Art et Industrie. Peu à peu, René Lalique a ensuite diversifié ses productions. Dans le domaine du verre aussi, Lalique s’est démarqué de ses prédécesseurs en mettant en valeur les qualités naturelles du verre : limpidité et transparence. Au plan de la forme, il privilégie simplicité, pondération, symétrie. Créateur éclectique, il s’est intéressé aux Arts de la Table et à l’architecture religieuse. Il a aussi signé des bouchons de radiateurs pour les luxueuses automobiles des Années folles, la décoration de wagons de l’Orient Express ou la salle à manger du paquebot “Normandie”

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A gauche : Flacon fraîcheur - René Lalique, 1919 © Lalique SA, collection Silvio Denz, Au centre : Flacon "Leurs âmes pour d'Orsay" - René Lalique, 1913 © Lalique SA, collection Silvio Denz, A droite : Flacon "Bouchon 3 hirondelles" - René Lalique, 1920

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Broche Cléopâtre - René Lalique, vers 1897/1899 © Rami Solomon et Kineret Levy Studio, collection privée

Son inspiration, René Lalique l’a puisée dans la nature, essentiellement la faune et la flore. Il a aussi eu l’audace d’utiliser le corps féminin comme élément d’ornementation. Tout au long de sa vie, il s’est nourri des grands mouvements artistiques universels sans pour autant se départir de sa personnalité. En 1900, l’écrivain Pol Neveux soulignait que les chefs d’œuvres des Égyptiens, des Italo-Grecs n’ont jamais été considérés d’un œil plus pénétrant que celui de Lalique ; de même l’art des Byzantins, des Florentins et des Japonais ne fut plus jalousement étudié que par lui. La Maison Lalique perpétue aujourd’hui l’œuvre de son créateur en procédant à la fois à la réédition de pièces anciennes emblématiques et à l’édition de modèles contemporains où les créateurs d’aujourd’hui s’inscrivent dans la même ligne de rigueur et d’excellence.

  • Musée Lalique – Rue de Hochberg – 67290 Wingen-sur-Moder – info@musee-lalique.com – Tél : 03. 88. 89. 08. 14.
  • Atelier artistique pour enfants de 7 à 12 ans “Au fil des insectes” : Filles et garçons s’inspirent de la nature pour créer leur propre bijou à partir de modèles : libellule, guêpe, scarabée ou papillon – Tous les mardis du mois d’août, à 13h30, 15h30, 17h30, durée 1h30
  • Visites commentées du musée en août : En français, tous les jours à 10h30 et du lundi au samedi à 14h30

Exposition bijoux Art nouveau en Autriche

Vendredi 15 juillet 2011

Exposition-bijoux-Art-nouveauLe Léopold Museum de Vienne accueille actuellement une superbe exposition de bijoux Art nouveau. Les 150 pièces exposées – boucles de ceinture, peignes, broches, diadèmes, bagues, colliers – offrent un panorama exceptionnel des créations les plus marquante de la fin du XIXème et du début du XXème dans toute l’Europe. L’essentiel des bijoux présentés ont été prêtés par le Hessisches Landesmuseum de Darmstadt et proviennent de la collection constituée dès 1952 par le bijoutier de la cour néerlandaise, Karel A. Citroen.

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A gauche : Broche en or, platine, technique du plique-à-jour, pierre de lune, diamants cut, diamants, perles, émail - Design et réalisation Eugène Feuillâtre, 1902, Au centre : Broche Fuchsia en or, opales, diamants cut, diamants - Design Georges Fouquet et réalisation Charles Desrosiers, 1902, A droite : Peigne "Paons" en corne, or et topaze - Design René Lalique, 1904/1905 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Tous les grands noms de l’Art nouveau sont exposés au Léopold Museum. Une place particulièrement importante est réservée aux créateurs parisiens et notamment à René Lalique. Par la richesse des couleurs et des formes de ses somptueux bijoux, il a révolutionné le design et su séduire le gotha mondial. On peut également admirer des œuvres de Lucien Gaillard, inspirées de l’art japonais, de Georges Fouquet qui collabora longtemps avec Alphonse Mucha. Les bijoux de l’émailleur André-Fernand Thesmar, relèvent pour la plupart de la technique ancestrale Chinoise de l’émail cloisonné – l’émail vitrifié est versé entre de fines bandes d’or, d’argent ou de cuivre – et de la technique du “plique à jour” qui permet d’obtenir un effet proche du vitrail.

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A gauche : Pendentif en argent, plaqué or, opale, émeraudes - Design Franz Delavilla et réalisation Oscar Dietrich Co., 1911 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK / Georg Mayer, Au centre : Broche Papillon en or jaune, émail, diamants, rubis - Design Gustav Fischmeister et réalisation Rozet et Fischmeister Co., 1910 © Fa. Rozet & Fischmeister, Wien, Privatbesitz/Rozet & Fischmeister Co., Privately owned, photo Craig Dillon, A droite : Pendentif en argent, plaqué or, corail, ivoire - Design Joseph Emanuel Margold et réalisation Oscar Dietrich Co., 1912 © MAK, Österreichisches Museum für angewandte Kunst/Gegenwartskunst, Wien, photo MAK/Georg Mayer

René Lalique marqua au début de son influence l’art nouveau viennois. Gustav Fischmeister qui fut son élève a participé à l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris. Mais rapidement, les ateliers autrichiens ont inventé leur propre style à travers la “Wiener Werkstätte” fondée en 1903.

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A gauche : Broche en argent et or - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1905 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, Au centre : Broche en or, nacre, pierre de lune, opale, lapis-lazuli, tourmaline, grenat - Design Josef Hoffman et réalisation Wiener Werkstätte et Karl Ponocny, 1910 © Collection privée, photo Decorative Arts Consult, A droite : Pendentif en or et opale - Design Eduard Josef Wimmer-Wisgrill et réalisation Wiener Werkstätte, 1911 © Collection privée, Courtesy Neue Galerie New York, photo Decorative Arts Consult

Ses plus célèbres représentants Kolo Moser et Josef Hoffmann, étaient convaincus que les bijoux ne devaient pas servir à indiquer le niveau de richesse de celle qui les portent mais à affirmer son individualité. Ils ont souvent préféré les pierres semi-précieuses et l’argent aux diamants et à l’or.

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A gauche : Boucle de ceinture en argent, plaqué or, disques en nacre, perle baroque - Design Hans Christiansen et réalisation J. Friedmanns Nachfolger D & M. Lowenthal/Frankfurt am Main, 1901 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photon Hessisches Landesmuseum Darmstadt, A droite : Pendentif en or, platine, émail, perles, rubis et diamants - Design et réalisation Fa. Wild & CIe, Pforzheim, 1900-1905 ? © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photo Hessisches Landesmuseum Darmstadt

Le style allemand est représenté par Hans Christiansen ; le danois par Georg Arthur Jensen ; le néerlandais par Bert Nienhuis et le belge par Philippe Wolfers.

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A gauche : Pendentif oval avec chaine en or, émail, turquoise - Design Bert Nienhuis et réalisation L. W. Van Kooten, 1910, Au centre : Peigne en argent et opales - Design et réalisation Georg Arthur Jensen, 1909-1914, A droite : Pendentif "Orchidée ailée" en or, émail, verre, rubis, diamants cut, diamants, perles - Design et réalisation Philippe Wolfers, 1902 © Hessisches Landesmuseum Darmstadt, Darmstadt, photos Hessisches Landesmuseum Darmstadt,

Sont également exposés des œuvres du légendaire orfèvre russe Peter Carl Fabergé, célèbre par les œufs réalisés pour la famille du Tsar. On ne peut oublier non plus la Grande-Bretagne, berceau du mouvement Arts & Crafts, avec des artistes tels William Hair Haseler ou Henry Wilson.

  • Exposition L’éclat d’une époque – Bijoux Art nouveau européen (Glanz einer Epoche Jugendstil-Schmuck aus Europa) – Leopold Museum – MuseumsQuartier, Museumsplatz 1 – 1070 Wien – Autriche
  • Du 25 février au 25 juillet 2011

Bijoux Art nouveau d’Eugène Grasset à Lausanne

Mercredi 1 juin 2011

Eugene-GrassetLe Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne consacre une rétrospective à Eugène Grasset (1845-1917). Lausannois de naissance, cet artiste a exercé une influence majeure sur la renaissance des arts décoratifs en France. Il est internationalement reconnu pour ses illustrations dans “Harper’s Magazine”, “L’Illustration”, “Paris illustré”, ou “le Figaro illustré” et ses affiches, particulièrement la “Semeuse à tout vent”, emblème des Editions Larousse. Il a su mettre aussi sa connaissance des matériaux et des techniques au service de l’esthétique des objets du quotidien : meubles, tapisseries, céramiques, vitraux et bijoux … Des artistes tels Alphonse Mucha, Augusto Giacometti, Maurice Pillard-Verneuil ou Paul Berthon ont affirmé son rôle de précurseur et de théoricien de l’Art nouveau. Ses bijoux, dessinés pour le joaillier Henri Vever, ont connu un vif succès en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris.

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A gauche : Emblème des éditions Larousse "Semeuse (Je sème à tout vent)" - Eugène Grasset, vers 1890 © Lausanne, Musée Cantonal des Beaux-Arts, photo Nora Rupp, Au centre : Eugène Grasset vers 1875 - Photographe J. Tarin © Lausanne, musée de l’Élysée, A droite : Chromolithographie, "Encre L. Marquet – La meilleure de toutes les encres" - Eugène Grasset, 1892 © Museum für Gestaltung Zurich, Plakatsammlung Photo Franz Xaver Jaggy

René Lalique avait, le premier, réalisé des bijoux Art Nouveau et de nombreux bijoutiers souhaitaient s’engager dans cette même voie : tandis que Georges Fouquet faisait appel à Alphonse Mucha, Henri Vever, lui, se rapprochait d’Eugène Grasset. Mucha et Grasset ont inventé des “bijoux de peintre” dont l’intérêt est dans la composition et dans les harmonies. Evelyne Possémé le souligne dans le catalogue de l’exposition : “Les harmonies colorées très particulières sont certainement le résultat d’une collaboration poussée entre Grasset, l’artiste peintre, et Vever, le bijoutier rompu à toutes les possibilités de son métier. Vever renforce le caractère barbare, primitif de ces bijoux en employant l’émail opaque dans des colorations sourdes et en semant les surfaces de pierres aux couleurs franches, taillées en cabochon“. La plupart des critiques s’accordent à considérer les bijoux dessinés par Grasset comme des pièces de vitrine, non véritablement destinés à être portées. D’ailleurs, ses bijoux ont essentiellement été acquis par les musées ; le plus grand nombre fut donné par Henri Vever au musée des Arts déco de Paris en 1924.

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A gauche : Paravent "Les Quatre Saisons" en bois et broderies polychromes - Eugène Grasset © Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, photo Eric Emo, Petit Palais, Roger-Viollet, A droite : Peigne "Assyrienne" en corne, or, émail, améthystes et brillants - Maison Vever bijoutier d’après un dessin de Grasset, 1900, © Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Photo : Patrick Pierrain, Petit Palais, Roger-Viollet

Influencé par les courants néomédiéviste, japoniste et symboliste, il a décoré ses bijoux ainsi que ses objets du quotidien d’une variété infinie de motifs : animaux, végétaux, ornements géométriques. Grasset mettait également en scène des personnages féminins légendaires ou chimériques. Chez lui, la femme était réduite à une typologie maniériste, ondulante et rousse, empruntée aux préraphaélites anglais et, à travers eux, à Boticelli. Ce qui ne l’empêchait pas de voir également en elle “l’ennemie héréditaire de l’homme, une harpie embusquée sous des oripeaux calculés pour faire disparaître ses imperfections” (Carnet, 1910).

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A gauche : Crayon et aquarelle "Avril" sur papier vélin, projet pour le Calendrier pour 1896 offert par La Belle Jardinière - Eugène Grasset © Collection Julien et Vivant Gautrot, photo Thomas Hennocque, Paris, Au centre : Chromolithographie "Jalousie" (n°9, 10 estampes décoratives - Eugène Grasset, 1897 © Ville de Genève, musée d’Art et d’Histoire, cabinet d’Arts graphiques, photo Jacot-Descombes, A droite : Chromolithographie "Madrid International Exhibition of 1893-94, Palacio de la Industria y de las Artes" - Eugène Grasset, 1893 © Bruxelles, collection du musée d’Ixelles, photo Mixed Media

Si c’est avec le joaillier Henri Vever qu’il a réalisé une vingtaine de bijoux universellement reconnus comme des chefs d’œuvre, Eugène Grasset a également travaillé avec d’autres artisans, dans de multiples disciplines.  Il a réalisé des tapisseries avec les ateliers Jean-Louis Leclercq de Tourcoing, des horloges en grès émaillé avec la firme Emile Muller & Co, des panneaux en faïence avec la manufacture de Sarreguemines

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A gauche : Chromolithographie "Abricotine. Délicieuse liqueur" - Eugène Grasset, vers 1900 © Collection particulière, A droite : Chromolithographie "Le Parasol" - Eugène Grasset, 1900 © Ville de Genève, Musée d’Art et d’Histoire, Cabinet d’Arts graphiques, photo Bevilacqua

C’est le procédé inventé par l’imprimeur Charles Gillot permettant la reproduction d’images à faible coût qui lui a permis de fournir des sujets à la grande presse, aux maisons d’édition et aux éditeurs de musique. Ces nombreuses collaborations l’ont placé au cœur d’un renouveau esthétique et industriel.

  • Exposition Eugène Grasset, l’Art et l’ornement – Musée Cantonal des Beaux-Arts – Palais de Rumine, place de la Riponne 6 CP – CH-1014 Lausanne – Suisse – Du 18 mars au 13 juin 2011
  • Visite commentée le 9 juin, à 18h30 par Sandrine Moeschler, médiatrice
  • Catalogue Eugène Grasset, l’art et l’ornement – Editions Cinq Continents et Le Seuil

Brune ou blonde, la chevelure féminine dans l’art et le cinéma

Mardi 4 janvier 2011

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Pénélope Cruz dans "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, 2009 © Photo E. Pereda et P. Ardizzoni/El Deseo, graphisme Lot 49/Cinémathèque française

Recouverte d’une immense “chevelure”- œuvre d’Alice Anderson -, la façade de la Cinémathèque française annonce une exposition originale, “Brune Blonde”, qui convie le visiteur à réfléchir sur la représentation de la chevelure féminine au cinéma, mais aussi dans l’art et la société. Héritier de la peinture et de la littérature, le cinéma prolonge la fascination pour la chevelure féminine et la gestuelle qui lui est liée en lui donnant de surcroit le mouvement. En outre, selon l’expression d’Alain Bergala, commissaire de l’exposition : “Parler de la chevelure, c’est embrasser l’histoire de l’art et celle de nos sociétés. Blonds ou roux, coupés courts ou portés longs, relevés ou lâchés, les cheveux des femmes entretiennent depuis toujours un rapport étroit à l’histoire des sociétés et à la mythologie.”

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A gauche : Vue extérieure de La Cinémathèque française pendant l'exposition Brune Blonde. La façade accueille la sculpture intitulée "The Isolated Child" d'Alice Anderson, constituée de 5000 mètres de cheveux de poupée, A droite : Cette installation rejoint l'espace d'exposition - Sculpture "The Isolated Child - Alice Anderson, 2010 - Courtesy Alice Anderson © Photos Notes Précieuses

Depuis l’avènement du VIIème Art, les stars d’Hollywood et des studios européens se sont substituées aux figures légendaires incarnées par la peinture, de Botticelli à Mucha en passant par les préraphaélites, pour forger de nouveaux archétypes féminins.

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A gauche : Scénographie de l'exposition © Photo Notes Précieuses, A droite : Pénélope Cruz portant des boucles d'oreilles en forme d'oeil dans le film "Etreintes brisées" de Pedro Almodovar, 2009 © Photo Emilio Pereda et Paola Ardizzoni/El Deseo

Amplement relayés par les magazines et la publicité, les modèles se fondent en grande partie sur la coiffure.

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A gauche : Scénographie de l'exposition, Au milieu : Sérigraphie faite à partir d'encre sur toile et acrylique représentant Lana Turner - Andy Warhol, 1985, The Andy Warhol Museum, Pittsburgh, A droite : Scénographie représentant Les blondes dans les magazines © Photos Notes Précieuses

Dans les années 20, les jeunes femmes portent des cheveux courts à la Louise Brooks ; dans les années 30, c’est une chevelure platinée à la Jean Harlow et dans les années 40, de longues mèches ondulantes à la Véronika Lake. Vers 1950, la mode est aux coiffures lâchées, comme celle de Brigitte Bardot et en 1960 aux coupes androgynes comme Jean Seberg … La plupart de ces actrices sont blondes et la blondeur a envahi le XXème siècle occidental car elle est accessible à chaque femme grâce aux produits colorants. Aujourd’hui, cet impérialisme est nettement en recul avec la montée de nouveaux modèles venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. On ne peut oublier, non plus, que la blondeur fut aussi l’instrument de mise à l’écart de minorités - noirs ou latinos aux Etats-Unis – ou symbole d’une prétendue pureté aryenne dans l’Allemagne nazie.

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A gauche : Lithographie de l'affiche française "La Môme vert de gris" de Bernard Borderie - Jean Mascii, 1952 - Cinémathèque française, Paris, Au milieu : Offset de l'affiche allemande "Die Büchse der Pandora" ("Loulou") de Georg Wilhem Pabst - Bottlik, 1929 - Cinémathèque française, Paris, A droite : Huile et collage sur toile "La storia del Cinema (L'histoire du cinéma) - Mimmo Rotella, 1991 - Cinémathèque française, Paris © Photos Notes Précieuses

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Blondes, brunes ou rousses au cinéma - Films de l'exposition © Notes Précieuses

En ce qui concerne la blondeur, l’Occident n’a cessé d’osciller entre le pur et l’impur, le bien et le mal, l’innocence et la tentation … Le cinéma a hérité de cette ambiguïté. Originellement symbole de pureté, la femme blonde peut aussi se révéler être une vamp, garce sulfureuse et vénéneuse. C’est l’éternelle rivalité brune / blonde. David Lynch, a compliqué l’équation : dans “Mulholland Drive“, blondes et brunes ne sont plus rivales, mais les deux faces d’une même figure féminine. On notera que les rousses ne sont arrivées au cinéma qu’avec le Technicolor. Le travestissement permet aussi de jouer avec la frontière des genres. Quoiqu’il en soit, Hitchcock, Mizoguchi, Bunuel, Antonioni, Bergman, Godard, Lynch, Fassbinder … ont, à travers la chevelure féminine, développé des thématiques fortes telles que la rivalité, le changement d’identité, le fétichisme voire le sacrifice.

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De gauche à droite : Tirages photographiques contrecollés sur aluminium représentant Elizabeth Taylor sur le tournage de "Suddenly last Summer" ("Soudain l'été dernier") de Joseph L.Mankiewicz - Burt Glinn, 1959 - Courtesy Burt Glinn/Magnum Photos - Marilyn Monroe sur le tournage des "Misfits" ("Les Désaxés") de John Huston - Eve Arnold, 1960 - Courtesy Eve Arnold/Magnums photos - Brigitte Bardot - Philippe Hasman, 1951 - Courtesy Philippe Halsman/Magnum Photos - Simone Signoret sur le tournage de "The Deadly Affair" de Sidney Lumet - Eve Arnold, 1966 - Courtesy Eve Arnold/Magnum Photos © Photo Notes Précieuses

La gestuelle cinématographique de la chevelure – voiler/dévoiler, relever/lâcher, dénouer, brosser, orner … – s’inscrit dans une longue tradition iconographique, particulièrement riche au XIXème siècle. Les cinéphiles français ont sur ce point leurs images cultes telles Catherine Deneuve défaisant son chignon dans la maison close de “Belle de jour” de Luis Buñuel ou Anna Karina faisant voltiger sa chevelure dans “le Petit Soldat” de Jean-Luc Godard.

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A gauche : Huile sur toile de lin "I lived for an hour, 1967" (J'ai vécu pour une heure, 1967) - Mc Dermott et MC Gough, 2008 - Collection Colony capital Europe, courtesy Jérôme de Noirmont, Paris © Cinémathèque française, au milieu : Plaque d'acier et tresse de cheveux "senza titolo" (sans titre) - Jannis Kounellis, 1969 - Centre Pompidou, Musée National d'art moderne/Centre de création industrielle, Paris, A droite : Encre sur papier "Paysage-chevelure" - Marie Drouet, 2008/2009 - Collection de l'artiste © Photos Notes Précieuses

Au fil de l’exposition, il apparait clairement que, tant sur la pellicule qu’en peinture, la chevelure a cessé d’être un simple appendice pour devenir principal vecteur d’émotion. Chez Antonioni par exemple, toujours en mouvement, les cheveux de Monica Vitti prennent une valeur émotionnelle indépendante du personnage. Certains sculpteurs font également du cheveu une œuvre en soi, tel Jannis Kounellis qui expose le fétiche capillaire sur un fond-socle, réactivant la fascination que la tresse a exercé sur Freud en tant que “pagne primitif “. Comment ne pas évoquer ici aussi, les bijoux de sentiments qui, sous le Second Empire, laissaient la part belle aux cheveux. Il s’agissait de médaillons où étaient conservés les cheveux d’un être aimé disparu ou d’un enfant, de bracelets tressés en cheveux ou de chaînes tissées.

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A gauche : Relief en papier mâché peint représentant un bouclier avec le visage de Méduse - Arnold Böcklin, 1897 - Musée d'Orsay, Paris, Au milieu : Planche à la mine de plomb représentant une tête de femme couronnée de corail, étude de corail (Heliopora coerulea) - Gustave Moreau - Musée National Gustave Moreau, Paris, A droite : Planche à la plume et encre brune, mine de plomb sur papier calque contrecollé comportant étude en rapport avec Galatée - Gustave Moreau, 1880 - Musée National Gustave Moreau, Paris © Photos Notes Précieuses

La chevelure suscite de nombreuses métaphores poétiques : une vague, un ruisseau, un banc d’algues, un rideau végétal mais aussi un nid de serpents. Dès la Renaissance, à travers les récits et les représentations picturales, Méduse, monstre marin à la chevelure formée de serpents, est un sujet de fascination. Les amateurs de bijoux retiennent que, dans la mythologie, le corail est né du sang de sa tête. Ovide, raconte dans “Les Métamorphoses” que, voyant qu’au contact de ce sang les algues se pétrifiaient, les nymphes transformèrent d’autres algues de la même façon.

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A gauche : Tableau "Bruna Brunelleschi" - Dante Gabriel Rossetti, 1878 © Fitzwilliam Museum, University of Cambridge, A droite : Extrait du film de l'exposition © Photo Notes Précieuses

La chevelure se prête volontiers aux accessoires. Ils augmentent sa présence, voire sa charge érotique. On retrouve déjà rubans, diadèmes, guirlandes de fleurs, bijoux de tête et autres aigrettes dans les tableaux des grands maitres. Imaginerait-on, comme le souligne le catalogue de l’exposition, la Fornarina de Raphaël sans son turban ou les Léda de Tintoret sans leurs diadèmes de nacre ? Dante Gabriel Rossetti, un des fondateurs du mouvement préraphaélite, transforme par des jeux de lumière la chevelure des femmes qu’il peint en une matière aussi précieuses que la soie et l’or, notamment dans “Bruna Brunelleschi”. De même, comme chez les autres préraphaélites, les bijoux – principalement les bijoux orientaux – occupent dans ses oeuvres une place prépondérante. Il aime parer les cheveux fauves ou bruns aux reflets cuivrés de ses modèles de barrettes en fleurs exotiques multicolores ou de doubles bijoux de tête en forme de spirale.

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A gauche : Lithographie couleur "Têtes byzantines, Brune" - Alphonse Mucha, 1897, Mucha Trust Cambridge, A droite : Lithographie couleur "Têtes byzantines, blonde" - Alphonse Mucha, 1897, Mucha Trust, Cambridge © Photo Notes Précieuses

Dans la lignée des Préraphaélites, l’Art nouveau, privilégie lui aussi le rôle créatif de la décoration. Chez Klimt ou Mucha, l’ornementation est essentielle. Florale, aquatique ou aérienne, la longue chevelure féminine est dans les oeuvres de Mucha un motif à part entière. Dans ses lithographies “Têtes byzantines”, les coiffures sont serties de tiares, de perles et de pierres précieuses. Il s’inspira aussi des ondulations, des arabesques pour créer des bijoux raffinés, tout comme René Lalique. Les épingles et surtout les peignes s’imposèrent comme les instruments indispensables au maintien des volumineux chignons très en vogue dans les années 1890. Mucha et Lalique perpétuent le culte de la femme fleur. Pour Lalique, la chevelure est l’emblème de la féminité, de la sensualité, voire de l’érotisme. Il utilise aussi dans ses bijoux la chevelure serpent, symbole de vie et de séduction, faisant de la femme l’incarnation du péché. Tantôt animal ou végétal, la femme est innocente ou vénéneuse.

  • Exposition Brune Blonde, une exposition arts et cinéma – la cinémathèque française – 51, rue de Bercy – 75012 Paris
  • Du 6 octobre 2010 au 16 janvier 2011
  • Catalogue de l’exposition Brune Blonde, la chevelure féminine dans l’art et le cinéma – Coédition Skira Flammarion/Cinémathèque française – Ouvrage publié sous la direction d’Alain Bergala et Anne Marquez, 2010

Lalique à Moscou

Jeudi 23 décembre 2010

L'art-de-René-LaliqueDans le cadre de l’année France-Russie, le Musée du Kremlin à Moscou a organisé une importante exposition dédiée à René Lalique. Les quelque deux cents pièces présentées sont représentatives de l’œuvre d’un créateur qui a profondément marqué l’art et la culture européenne du début du XXème siècle. Dans le domaine de la joaillerie et de la verrerie, René Lalique est incontestablement une des références de l’Art Nouveau. Outre les nombreux bijoux et objets exposés, une place importante est laissée aux esquisses, études et modèles.

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Pendentif "jeune fille glycine" en or et émail - Lalique, paris 1898/1900, collection privée

L’exposition présente la production de Lalique durant la fin du XIXème siècle et dans les premières décennies du XXème. Il s’agit de montrer la puissance de son art et la richesse de ses innovations dans le travail du métal, de l’émail, du verre et également dans l’assemblage de matériaux jusqu’alors peu utilisés. Une place importante est consacrée à la joaillerie : près de 70 bijoux précieux sont présentés. Dans l’histoire de la joaillerie, le nom de René Lalique (1860-1945) occupe un rang aussi important que Karl Fabergé, Frédéric Boucheron, Louis-François Cartier ou Louis C. Tiffany. Mais avec lui, la valeur d’un bijou n’était plus évaluée en fonction du nombre de ses pierres précieuses. C’est la créativité et l’esthétisme poétique qui prévalent. Il choisit ses matériaux en fonction de leur symbolisme et de leur forme. Lalique, qui ne dédaigne pas pour autant les pierres précieuses, utilise également des pierres semi-précieuses, pierres fines (notamment l’opale et la pierre de lune), plus malléables, capables de donner un relief et une riche gamme de nuances jusqu’alors inhabituelles en joaillerie. Il aime aussi les gemmes organiques : nacre, ivoire, corne, perles … Ses thèmes de prédilection sont la femme, la nature, le monde végétal et animal.

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Diadème "Orchidée Cattleya" en ivoire, corne, or, émail, diamants old cut - René Lalique, Paris 1903/1904, collection privée

L’exposition du Kremlin revêt un caractère exceptionnel car il y a très peu de  créations de Lalique dans les collections publiques russes. Les œuvres présentées ici sont prêtées par les musées et les collections privées les plus prestigieux de France, du Portugal, des USA, du Japon et du Danemark. En outre, si l’on excepte deux expositions à Saint Petersbourg au tout début du XXème siècle, c’est la première exposition d’une telle ampleur sur l’art de René Lalique en Russie. Cela ne signifie pas pour autant que le créateur n’ait pas été reconnu en Russie de son vivant : en 1896, en visite officielle  à Paris, le Tsar Nicolas II s’est vu offrir une coupe décorative en verre et en argent signée Lalique. Fidèle à sa politique de valorisation des chefs d’œuvre artistiques du siècle dernier, le musée du Kremlin avait présenté en 2007 une exposition Cartier qui avait, elle aussi, remporté un vif succès attestant de l’intérêt que portent les Russes à la joaillerie du XXème siècle.

  • Exposition L’Art de René Lalique – Assumption Belfry – Musée du Kremlin – Moscou
  • Du 17 septembre 2010 au 10 janvier 2011

Alfons Mucha ou l’art théâtral du bijou

Jeudi 20 août 2009
Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha Mucha trust 2009

Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha © Mucha Trust 2009

De lui, nous connaissons surtout ses affiches, dont le style Art Nouveau est rapidement reconnaissable. Ce dessinateur de talent était aussi décorateur, illustrateur et peintre. Jusqu’au 20 septembre, le Musée Fabre de Montpellier lui rend hommage à travers une exposition qui réunit près de 280 de ses œuvres. Le visiteur y découvre une production foisonnante – allant de petits objets, de “bijoux d’artistes”, aux grands panneaux décorés – qui jalonne une vie hors du commun.

C’est grâce au succès immédiat d’une affiche exécutée pour une représentation théâtrale de Sarah Bernhardt, que Mucha va être lancé sur la scène artistique internationale et construire sa renommée.

Il deviendra l’affichiste exclusif de la Grande tragédienne et sera remarqué par Georges Fouquet, joaillier parisien alors soucieux d’innover dans la création. Fouquet, privilégiant l’originalité, voire l’exubérance, engagera avec Mucha une collaboration fructueuse. Sa première commande, en 1899, est destinée à Sarah Bernhardt. Il s’agit d’une reprise du bracelet de Médée relié par une chaînette à une bague également à tête de serpent.

En même temps, il lui propose de dessiner un ensemble de parures de tête et de corsages, de colliers de chien, de broches et de bagues pour le stand Fouquet de l’exposition universelle de 1900. D’une grande audace, rompant avec la représentation classique, mêlant l’émail et l’opale aux matériaux précieux, ces “bijoux d’artistes” exécutés dans les ateliers de Fouquet, séduisent la critique. Fouquet décide alors d’ouvrir une nouvelle boutique, rue Royale à Paris juste en face de chez Maxim’s, dont il confie la réalisation à Mucha. Le visiteur pourra admirer la reconstitution de ce lieu mythique que les Parisiens peuvent voir au Musée Carnavalet.

Ce focus sur les bijoux ne doit pas faire oublier le “temps fort” de l’exposition qui est la mise en scène des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie Herzégovine à l’Exposition Universelle de 1900. A voir absolument cette exposition qui restitue la créativité foisonnante de la Belle Époque, dans tous les domaines.

  • Exposition Alfons Mucha – Musée Fabre – 39, bd Bonne-Nouvelle – 34000 Montpellier
  • Du 20 juin au 20 septembre 2009
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Pendentif en or, émail, nacre, opale, émeraude, pierres de couleur, peinture dorée - Georges Fouquet, vers 1900 - New York, Metropolitan Museum of Art, don de Eva et Michael Chow, 2003