Nouveau musée Lalique à Wingen-sur-Moder
Dimanche 14 août 2011
Depuis son ouverture, début juillet 2011, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder connait un succès constant. Outre la présentation des œuvres de René Lalique et de ses successeurs, le visiteur se voit offrir les clés qui rendent intelligible le contexte artistique, culturel, social et technique dans lequel elles ont été créées. Des documents iconographiques, audiovisuels et multimédias permettent d’approfondir la visite et de mieux connaître un joaillier d’exception qui deviendra aussi grand maître du verre. Pour le mois d’août, l’équipe dirigeante du Musée propose des activités complémentaires : des visites multilingues commentées pour les adultes, un atelier où les enfants créent leur propre bijou à partir de modèles tels que libellule, guêpe ou papillon. Des comptines mènent les tout petits à la rencontre des animaux et des plantes dessinés par René Lalique.

A gauche : Stand Lalique à l'exposition 1900 © Lalique SA, Au centre : René Lalique © Lalique SA, A droite : Usine Lalique en 1924 © Musée Lalique
Alors que des collections prestigieuses de bijoux Lalique sont déjà accessibles au public au musée Gulbenkian de Lisbonne, au musée des Arts Décoratifs de Paris ou au musée Lalique d’Hakone au Japon, le musée alsacien a pris le parti de mettre en valeur l’ensemble de la création de l’artiste. Avec plus de 550 pièces exposées – dessins, bijoux, flacons, arts de la table, luminaires, vases … -, il présente toutes les facettes d’une œuvre multiforme. C’est à Wingen-sur-Moder, là où René Lalique avait choisi de créer une deuxième usine en 1921, que le musée est aménagé aujourd’hui. Il est implanté sur un ancien site verrier qui fut en activité entre 1715 et 1868. La tradition verrière dans les Vosges remonte à la fin du XVe siècle car la région offrait à la fois la matière première, la silice, et le combustible, le bois des forêts.

A gauche : Ornement de corsage Hirondelles - René Lalique, 1886/87 © Shuxiu Lin, collection privée, Au centre : Pendentif 2 paons - René Lalique © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Ornement de corsage Jasmin - René Lalique, vers 1899/1901 © Shuxiu Lin, collection privée
Clamant haut et fort que mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe, René Lalique fut l’un des plus importants créateurs de bijoux Art nouveau et Art Déco de France. Il a renouvelé la joaillerie en associant à l’or et aux pierres précieuses des matières jusque là méprisées telles la corne, l’ivoire, les pierres semi-précieuses, l’émail ou le verre. Au départ, ses bijoux ont surtout séduit une élite intellectuelle et artistique.

A gauche : Sarah Bernhardt © Lalique SA, Au centre : Broche pour Izéil de Sarah Bernhardt © Lalique SA, A droite : Dessin de 2 ferrets, 2 coléoptères et feuilles - René Lalique © Musée Lalique
Entre 1891 et 1894 par exemple, Sarah Bernhardt lui commanda, au fil de ses rôles, diadèmes, colliers, ceintures et autres accessoires de scène qui contribuèrent grandement à sa notoriété. Révélé au grand public à l’occasion du Salon de 1895 et présenté trois ans plus tard par Emile Gallé comme l’inventeur du bijou moderne, René Lalique a connu la consécration à l’Exposition universelle de 1900. Dès lors, il recevra des commandes du monde entier. La muséographie souligne le rôle déterminant joué par Calouste Sarkis Gulbenkian dans la carrière de l’artiste. Ce financier, magnat du pétrole et collectionneur averti, a acquis en vingt ans pas moins de cent cinquante bijoux et objets d’art exceptionnels que l’on peut aujourd’hui admirer à Lisbonne, à la Fondation qui porte son nom.

A gauche : Dessin assymétrique collier émeraudes - René Lalique © Lalique SA, Au centre : broche "La nymphe rose" - René Lalique, vers 1906/1908 © Shuxiu Lin, collection privée, A droite : Pendentif femme libellule ailes ouvertes - J.L Stadler, vers 1898/1900
Las d’être plagié le bijoutier d’avant-garde s’est ensuite tourné vers d’autres horizons. La fabrication des bijoux l’avait familiarisé avec les matières vitrifiables et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il a découvert le verre, qui va devenir sa nouvelle passion. Lalique l’utilise progressivement pour remplacer avantageusement les gemmes, car le verre peut être conçu et fabriqué en fonction du projet final. René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue. Il expérimente aussi la technique du soufflage dans un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.

A gauche : Dessin pectoral égyptien haneton ailes ouvertes - René Lalique © Musée Lalique, Au centre : Dessin plaque collier de chien - René Lalique © Musée Lalique, A droite : Dessin vol de chauve souris et étoiles - René Lalique © Lalique SA
Sa rencontre avec François Coty le conduit non seulement à dessiner mais aussi à produire des flacons de parfum. Ce fut sa manière à lui d’appliquer la philosophie de l’Art nouveau qui entendait réconcilier Art et Industrie. Peu à peu, René Lalique a ensuite diversifié ses productions. Dans le domaine du verre aussi, Lalique s’est démarqué de ses prédécesseurs en mettant en valeur les qualités naturelles du verre : limpidité et transparence. Au plan de la forme, il privilégie simplicité, pondération, symétrie. Créateur éclectique, il s’est intéressé aux Arts de la Table et à l’architecture religieuse. Il a aussi signé des bouchons de radiateurs pour les luxueuses automobiles des Années folles, la décoration de wagons de l’Orient Express ou la salle à manger du paquebot “Normandie” …

A gauche : Flacon fraîcheur - René Lalique, 1919 © Lalique SA, collection Silvio Denz, Au centre : Flacon "Leurs âmes pour d'Orsay" - René Lalique, 1913 © Lalique SA, collection Silvio Denz, A droite : Flacon "Bouchon 3 hirondelles" - René Lalique, 1920

Broche Cléopâtre - René Lalique, vers 1897/1899 © Rami Solomon et Kineret Levy Studio, collection privée
Son inspiration, René Lalique l’a puisée dans la nature, essentiellement la faune et la flore. Il a aussi eu l’audace d’utiliser le corps féminin comme élément d’ornementation. Tout au long de sa vie, il s’est nourri des grands mouvements artistiques universels sans pour autant se départir de sa personnalité. En 1900, l’écrivain Pol Neveux soulignait que les chefs d’œuvres des Égyptiens, des Italo-Grecs n’ont jamais été considérés d’un œil plus pénétrant que celui de Lalique ; de même l’art des Byzantins, des Florentins et des Japonais ne fut plus jalousement étudié que par lui. La Maison Lalique perpétue aujourd’hui l’œuvre de son créateur en procédant à la fois à la réédition de pièces anciennes emblématiques et à l’édition de modèles contemporains où les créateurs d’aujourd’hui s’inscrivent dans la même ligne de rigueur et d’excellence.
- Musée Lalique – Rue de Hochberg – 67290 Wingen-sur-Moder – info@musee-lalique.com – Tél : 03. 88. 89. 08. 14.
- Atelier artistique pour enfants de 7 à 12 ans “Au fil des insectes” : Filles et garçons s’inspirent de la nature pour créer leur propre bijou à partir de modèles : libellule, guêpe, scarabée ou papillon – Tous les mardis du mois d’août, à 13h30, 15h30, 17h30, durée 1h30
- Visites commentées du musée en août : En français, tous les jours à 10h30 et du lundi au samedi à 14h30
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Dans le cadre de l’année France-Russie, le 



