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Entretien avec Nathalie Rolland Huckel

Vendredi 2 avril 2010

nathalie-rolland-huckel-11Bague en bois laqué, bijou pendentif, sautoirs, collier original, boucles d oreilles dormeuses …, chaque bijou de Nathalie Rolland Huckel est un véritable tableau. Elle conçoit et fabrique elle-même ses collections en Alsace, sa terre natale. Pour Le Magazine Notes Précieuses, elle présente aujourd’hui son parcours et définit son approche créative.

Notes Précieuses : Vous occupez une place tout à fait caractéristique dans le monde des bijoux de créateur …

Nathalie Rolland Huckel : On reconnait effectivement ma façon de faire et les gens trouvent en général mon travail original. Ils découvrent des pièces qu’on ne trouve pas en boutique. C’est peut-être parce que je regarde très peu moi même les boutiques de bijoux. Cela peut paraître étonnant, mais quand je regarde des bijoux je suis surtout attirée par la production des grands joailliers. En outre, les couleurs mises à part, je ne cherche pas à être dans l’air du temps. J’ai même pleinement conscience que mon souci d’esthétisme n’est pas forcément à la mode en ce moment.

NP : Qu’est-ce qui a déterminé votre style ?

NRH : Je suis venue au bijou un peu par hasard. J’accorde en fait une place essentielle au dessin et à la peinture, disciplines qui m’ont toujours attiré. Aujourd’hui encore, j’ai plutôt tendance à me définir en tant que “Peintre sur céramique”

Bracelet en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Bracelet en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Peinture et céramique, c’est là votre véritable vocation ?

NRH : Oui, et cela vient de l’enfance. Je me souviens par exemple, à l’âge de 11-12 ans, avoir été captivée par les miniatures, les enluminures, la palette des couleurs du livre de prières “Les très riches heures du duc de Berry”. J’aime ce qui est minutieux. J’étais également fascinée par le service de table en porcelaine de Lunéville de ma grand-mère …

NP : C’était plus que des engouements d’enfant, c’étaient les prémices d’une carrière …

NRH : Certainement. Dès 14-15 ans, j’ai fait des stages dans des ateliers de céramique en Alsace et délibérément orienté mes études dans le domaine artistique. J’ai obtenu mon Bac “Arts plastiques” à Strasbourg et passé dans la foulée le concours de l’école des Arts décoratifs de Limoges, spécialisée dans la porcelaine. Ensuite les choses se sont accélérées et avant même d’avoir obtenu mon Brevet des arts du feu, puis le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique), j’ai multiplié les stages professionnels.

NP : Vous gardez un bon souvenir de vos stages ?

NRH : Assurément. J’ai été en stage durant deux ans dans les ateliers de création de Bernardaud. Ce fut une expérience professionnelle très riche … que je n’ai pas poursuivie pour cause de déménagement de l’entreprise à Paris. Mais je ne suis pas restée inactive pour autant car la société limougeaude Médard de Noblat m’a confié la création de ses collections. Ma collaboration a duré plusieurs années en tant que free-lance. J’étais définitivement entrée dans la profession.

NP : Vous avez d’abord eu un parcours de créatif pour de grandes marques de porcelaine internationales.

NRH : Oui. J’ai œuvré ensuite exclusivement dans le domaine de la porcelaine internationale. Je vendais mes motifs aux grandes marques anglaises, italiennes, japonaises … Je réalisais deux collections par an et présentais mes dessins dans les salons : New York, Frankfort … J’ai beaucoup voyagé.

NP : Cela devait être passionnant !

NRH : Ça l’était, mais c’était épuisant. Au bout de quelques années, j’ai eu peur de ne plus pouvoir suivre le rythme imposé. J’avais aussi l’impression d’avoir tout dit. Heureusement, ma carrière a pu prendre un tournant grâce à ma rencontre, il y a douze ans, avec Jean-Louis Dumas. Il m’a confié l’édition de mon premier service chez Hermès. Dessiner pour cette maison, c’était pour moi la consécration. C’était aussi la sérénité car la signature d’un contrat d’exclusivité avec cette marque prestigieuse m’a permis de quitter mes autres activités industrielles.

Collier en argent et ébène laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Collier en argent et ébène laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Cela vous a laissé aussi la possibilité d’avoir une création plus personnelle …

NRH : Oui et cela était aussi très important pour moi. J’avais travaillé pendant quinze ans exclusivement dans l’industrie de la porcelaine ; c’était comme si j’avais été happée par l’industrie. Il me fallait aussi élargir mon univers créatif. J’ai alors peint de petits objets…

NP : Dont des bijoux …

NRH : Oui. Mais, comme je vous le disais tout à l’heure, mon entrée dans l’univers du bijou de créateurs s’est faite un peu par hasard : parce qu’une amie m’avait incité à confier quelques pièces à une galerie … et que cela a marché. Je ne pensais pas au bijou a priori, mais cela correspondait bien à mes aspirations : le travail de la matière plus du dessin plus de la couleur.

NP : Quels sont précisément vos matériaux de prédilection ?

NRH : La céramique, bien sûr. J’ai naturellement commencé par des bijoux en porcelaine. Mais ils trouvent leurs limites dans leur particulière fragilité. Pour cette raison, et pour ne pas m’ennuyer, il me fallait donc enrichir ma palette. En ce moment, je suis  particulièrement attirée par tout ce qui est laque. Pour plusieurs raisons. Avant de travailler la laque, on peut faire un travail sur la matière : incrustations, nacre … La laque se prête au travail des couleurs intenses. Mais elle a aussi ses contraintes, notamment un temps de séchage très long … Chaque matériau a sa particularité. Il faut savoir en jouer. Par exemple, je pratique la peinture sur porcelaine en hiver car c’est moins toxique. J’ajouterai que j’aime beaucoup aussi l’émail, mais ne pratique pas cette technique au plan professionnel.

NP : Comment déterminez vous les couleurs de vos bijoux ?

NRH : Pour les couleurs, je travaille à partir de cahiers de tendances que j’établis deux fois par an. Mes sources pour ce répertoire de couleurs sont diverses : les magazines de mode (Vogue, Elle …),  mais aussi des recherches en bibliothèque ; je fréquente beaucoup la Bibliothèque Forney. Et puis je regarde beaucoup ce qui se passe autour de moi. Un créateur doit se nourrir d’images en permanence.

NP : Et les motifs ?

NRH : Pour les motifs, c’est plus intemporel et plus personnel. Je parts de mon répertoire de formes. Depuis des années, je remplis des cahiers de notes et de dessins. Mon inspiration se nourrit à de nombreuses sources. J’aime beaucoup les arts asiatiques et j’ai été passionnée par mon récent voyage au Japon. Je suis également attirée par les miniatures persanes. Inutile de vous dire que je suis une habituée du Musée Guimet …  J’aime aussi les gravures anciennes d’oiseaux, de feuillages. L’infiniment petit me fascine. Je dirai aussi que tout ce qui m’émeut, j’ai à cœur ensuite de l’interpréter sur mes bijoux.

Bague en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses Notes Précieuses

Bague en bois laqué - Nathalie Rolland Huckel - Bijouterie en ligne Notes Précieuses © Notes Précieuses

NP : Comment s’effectue la réalisation finale de vos bijoux  ?

NRH : Mes tiroirs sont pleins de perles en bois montées sur pics de toutes couleurs et de toutes formes. Pendant deux ou trois mois je travaille mes perles – 15 ou 20 pièces en même temps. Je prépare le support : ponçage, séchage, puis couleur. Ensuite je décore. J’ai, a priori, une idée pour chaque pièce, mais je ne fais jamais de crayonné préalable. C’est avant une exposition que je consacre une à deux semaines au montage des pièces. Comme vous le voyez, je ne travaille pas trop de façon rationnelle, comme le ferait un artisan mais plus selon l’envie du moment.

NP : Comment définissez vos bijoux ?

NRH : Comme des bijoux de créateurs et non pas des bijoux fantaisies qui sont des séries. Créer des bijoux est, selon moi, une démarche intellectuelle et pas seulement artisanale. Mais, notre place de créateurs, il faut se battre pour l’avoir et la garder. Même si dans d’autres pays – Royaume Uni, Allemagne -, ces secteurs sont mieux valorisés,  je suis assez optimiste sur la reconnaissance des métiers d’art en France. Progressivement, les amateurs de bijoux en auront assez de retrouver la même chose à tous les coins de rue.

NP : Que vous a apporté personnellement la création de bijoux ?

NRH : Le métier de créateur est passionnant. Cela fait 25 ans que je le pratique, dont 12 ans en tant que créatrice de bijoux. Grâce au bijou, j’ai aujourd’hui un contact direct avec le public et les galeristes. C’est bon de voir porter ses créations et de constater qu’on donne du plaisir aux autres. Ça encourage beaucoup. J’ai des échanges très positifs avec les gens qui pour la plupart ont un réel respect du travail effectué. En ce qui me concerne, on évoque souvent la minutie, la finesse, le temps passé … Dans l’industrie, c’est technique, on ressent moins d’émotions.

Nathalie Rolland Huckel dans son atelier Nathalie Rolland Huckel

Nathalie Rolland Huckel dans son atelier © Nathalie Rolland Huckel

NP : Quelles sont, selon vous, les clés de la réussite pour un créateur de bijoux ?

NRH : Tout le monde peut faire quelque chose artistiquement. Mais il faut d’autres compétences pour réussir et principalement savoir se vendre et vendre son travail et respecter les contraintes de la production. Certains sont doués artistiquement, mais pas forcément de bons commerçants ; pour d’autres, c’est l’inverse. En fait, il faut réunir les deux ;

NP : Et la formation, c’est important à vos yeux ?

NRH : J’y crois beaucoup. La fréquentation d’écoles d’art ouvre l’esprit, aiguise la curiosité, éduque le regard. Il est important d’éveiller les jeunes esprits à l’art ; j’interviens moi même dans des collèges et lycées lors des forums métiers. Par ailleurs, techniquement, on a toujours quelque chose à apprendre. Pour ma part, je travaille tous les jours ; J’évolue techniquement. Avec les années j’acquiers plus d’habilité, mais cela ne m’empêche pas d’avoir recours à la formation : j’ai suivi, et je continue toujours avec Isabelle Emmerique, maitre d’art ma formation en laque ; j’ai fait aussi tout récemment, un stage sur la pâte d’argent à Baccarat.

NP : Vous n’avez pas mentionné le talent …

NRH : Plus qu’à l’idée de talent, je crois en la curiosité, à l’éveil. Le métier d’art est difficile car il faut avoir quelque chose à dire. Il faut donc se cultiver sans cesse, voyager, regarder ce qui se passe ailleurs dans l’art contemporain et … ne pas être trop cantonné sur le bijou. Ma conviction est qu’il faut aussi toujours éprouver du plaisir dans son travail c’est à dire savoir s’ouvrir et diversifier son activité. Je suis moi même dans cette démarche. Actuellement, je mets la dernière main aux pièces que je présenterai dans le cadre de l’exposition sur “Le chemin d’Arts Sacrés en Alsace” en juin prochain. J’exposerai des boites en laque, des coupes en porcelaines, ainsi que des panneaux muraux dans deux églises tandis que mon mari, le peintre Aymery présentera des toiles grand format. Les projets d’exposition ne manquent pas, ainsi je montrerai également ce travail au Conseil de l’Europe en décembre. Je suis contente de travailler en beaucoup plus grand, même si le changement d’échelle – et les changements dans la composition que cela impose – n’est pas évident. Etre créateur, c’est avant tout un métier de passion. Je dois reconnaître qu’en ce qui me concerne, je bénéficie d’un bon compromis entre le travail que je réalise pour les autres et mes créations personnelles. Cela me permet d’aborder mon travail en artiste.

  • Interview réalisée le 9 mars 2010

Bijoux et Vanités

Mercredi 3 février 2010

affiche-vanites“Vanité des vanités, tout est vanité” … Au IIIème siècle avant Jésus Christ, les textes de l’Ecclésiaste mettaient en balance l’oeuvre dérisoire de l’Homme face à la mort. Ensuite, c’est l’Art qui a pris le relais dans ce rappel à l’humilité. A travers 150 pièces originales, le Musée Maillol met aujourd’hui en perspective les différentes approches de la mort selon les époques et les artistes. En remontant le fil du temps, l’exposition “C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst” nous convie à un véritable parcours initiatique où le bijou tient une place non négligeable.

Le visiteur commence par découvrir les vanités contemporaines. D’emblée, des oeuvres fortes l’interpellent. La sérigraphie du crâne en poussières de diamants de Damien Hirst “For the love of God, Laught” par exemple, voisine avec un crâne en mouches du même auteur “The fear of death (Half Skull)”. À se demander si le chef de file de la YBA Generation, parvient à choisir entre le beau et le réaliste pour représenter la mort.

Une chose en tous cas est certaine, depuis la fin du XXème siècle, la représentation de la mort est foisonnante dans l’art et déborde largement de son champ. Crânes et ossements ont également envahi notre quotidien et s’affichent sur les vêtements et les pochettes de CD … Les créations morbides ont évolué selon les époques. Les vanités médiévales soulignaient la brièveté de la vie et l’inutilité des biens terrestres ; les vanités actuelles sont plus agressives et évoquent les totalitarismes et l’évolution pernicieuse de la société moderne.

Bague en or et émail représentant un crâne traversé par un serpent - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Bague "Alchimie" en or et émail, représentant un crâne traversé par un serpent - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

L’exposition “Les Vanités” consacre une large place aux oeuvres picturales et met en perspective les approches de la mort selon Le Caravage, Géricault, Cézanne, Braque, Ernst ou Picasso, mais aussi selon Warhol, Uklanski ou Hirst pour ne citer que ceux là. Mais, parce qu’en occident, les bijoux sont eux aussi le reflet des mentalités et des angoisses, ils ont ici une place importante. Du Moyen Age à l’époque contemporaine, les sentiments mortifères se sont aussi largement exprimés par les bagues, colliers et bracelets.

Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

De gauche à droite : Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Boucles d’oreilles à pendants "Tempus fugit" composées de deux miniatures sur argent représentant des vanitas en or et diamants - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Pour la première fois sont exposées en France de très nombreuses pièces créés par la dynastie des Codognato. Depuis 1866, ces joaillers vénitiens ont produit, dans la plus grande discrétion, des bijoux chargés de symboles mortuaires. Les pendentifs, colliers et bagues en forme de crânes et d’ossements sont entourés d’or, d’émail, de pierres précieuses. S’inspirant parfois des peintres du Grand Siècle ou plus récemment de surréalistes tel Magritte, les Codognato ont su fasciner des acheteurs aussi prestigieux que d’Annunzio, Visconti, Onassis, Cocteau, Hemingway, Diaghilev, Manet, Wharol ou Elton John.

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, Bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle/Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

D’autres bijoux, prêtés par le galeriste et collectionneur parisien Yves Gastou, sont davantage liés aux phénomènes sociaux contemporains. Délaissant les bagues Renaissance, censées rappeler à chacun qu’il va mourir ou les bagues de deuil du XIXème siècle, Yves Gastou s’est concentré sur les bijoux où la mort devient symbole agressif de contestation et d’anarchie. On peut ainsi redécouvrir les bagues viriles et barbares réalisées par Suzanne Gulliver pour les Hells Angels dans les années 1950. On peut admirer également les créations fantastiques plus récentes du hollandais André Lassen. On notera encore, pour l’anecdote, que les grands joaillers parisiens ne sont pas totalement absents de l’exposition. Helmut Newton “Shakespeare – Crâne et collier de diamants” a photographié aux rayons X un modèle qui porte un collier de diamants Van Cleef and Arpels.

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

  • Exposition C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst – Fondation Dina Vierny, Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris
  • Du 3 février au 28 juin 2010

Stages Techniques de bijouterie et Pâte d’argent pour amateurs de bijoux

Lundi 25 janvier 2010

bijouterie-joaillerieBonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment les bijoux et souhaitent s’initier à la création ou veulent se perfectionner en bénéficiant d’un encadrement professionnel. En 2010, le Pôle Bijou Baccarat propose des stages de pratique amateur. Il y en aura pour tous les goûts : pour ceux qui veulent maîtriser les techniques de base et les gestes fondamentaux dans les différentes phases d’élaboration d’un bijou ; pour ceux aussi qui souhaitent plutôt donner libre cours à leur inspiration créatrice en bénéficiant de conseils avisés.

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Stages techniques au Pôle Bijou de Baccarat

Parce que la découpe est la première étape dans la réalisation d’un bijou en métal, Jacky SchwartzBijoutier Joaillier –  formera (les 6 et 7 mars) à l’utilisation du bocfil : montage et démontage de la lame, sciage droit, sciage courbe, évidage dans une plaque … Une fois découpés, les divers éléments doivent être ébarbés et ajustés. Daniel KochBijoutier et lapidaire – initiera (les 12 et 13 juin) au maniement de la lime et de la toile abrasive qui permettent de préparer finement chaque élément à assembler. Marie ChabrolBijoutière et gemmologue – traitera (les 4 et 5 septembre) du polissage,  étape ultime de la réalisation d’un bijou. C’est à cet instant qu’on lui donne tout son brillant … ou son aspect sablé ou satiné. José FrançoisBijoutier horloger – enseignera (les 6 et 7 novembre) le perçage et le fraisage. Ces techniques décoratives permettent d’alléger une surface pleine, de l’aménager de trous et de créer des motifs en transparence.

Stagiaires au travail

Stagiaires au travail

Alexandre RadenkovikBijoutier filigraniste – accompagnera quant à lui les stagiaires (du 5 au 9 juillet) dans la composition d’un pendentif à partir de l’assemblage de trois triangles découpés dans différents métaux : laiton, cuivre…  Angela Baduel-CrispinCréatrice de bijoux – animera des stages sur le travail de la “pâte d’argent”. Inventée au Japon dans les années 1990, cette pâte est composée de micro-particules d’argent mélangées à une base organique non toxique. Très malléable, elle permet de créer toutes sortes de pièces. Après cuisson à très haute température, on obtient un objet dense qui peut être poli, émaillé, soudé … Les 10, 11, 12 avril et les 23, 24 et 25 octobre, des stages “premiers pas” permettront d’acquérir les principes et techniques de base du modelage de la pâte. Dans des stages plus spécialisés, ceux qui sont déjà familiers de ce matériaux pourront apprendre à fabriquer des fermoirs et attaches (13, 14 et 15 février) : fermoir crochet au fil d’argent intégré, fermoir menottes, cône de finition pour colliers multi fils “toggle”… Les 22, 23, 24 mai, un autre stage concernera la réalisation de bagues à partir de deux modèles différents dont l’un avec sertissage d’un oxyde de zirconium et l’autre sous forme d’un mélange cuivre et argent.

  • Communauté de Communes des Vallées du Cristal – 20, rue Humbépaire – 54120 Baccarat – Tél : 03. 83. 76. 06. 99.

Bijoux d’artistes à Besançon

Mardi 8 septembre 2009

BEXƒ AFFICHE 40X60 OPPENHEIMague, boucle d’oreille, bracelet, broche, camée, gourmette, médaillon, parure, pendentif … , le bijou s’expose sous toutes ses formes au musée du Temps à Besançon. Toutes les pièces sont prestigieuses, comme en témoignent les signatures de leurs créateurs : Picasso, Man Ray, Arp, Calder, Giacometti, Dubuffet, César, Niki de Saint-Phalle, Ben, Louise Bourgeois … C’est à une promenade inédite dans l’art moderne et contemporain que nous convient les quatre vingt douze artistes représentés.

On a le vertige face à cette collection exceptionnelle de 150 bijoux que les artistes majeurs des XXe et XXIe siècles ont créés, par amusement ou défi technique. Les matériaux vont du plus rustique au plus précieux. Conçus pour un proche ou simplement pour le plaisir, ces bijoux sont uniques – parfois édités en séries très limitées – et pour la plupart inconnus du public. On en reconnaît pourtant l’auteur au premier coup d’oeil : Salvador Dalí qui a amolli les formes d’un téléphone pour créer des boucles d’oreilles, César qui a compilé des capsules de Schweppes pour en faire un pendentif, Arman qui a découpé des instruments de musique, Ben qui joue comme à son habitude avec les mots …

Le plus prolixe dans la production de bijoux est Calder. Toute sa vie, le sculpteur américain a  offert des broches et des bracelets façonnés à partir d’un fil de laiton ou d’argent. Dans les années cinquante, Picasso a converti en bijoux certains de ses plats en terre. Ses figures inspirées de l’antique, les masques, les têtes de faune et les soleils ont aussi connu leur version or. L’artiste a entamé une longue collaboration avec l’orfèvre François Hugo, qui a aussi travaillé avec Max Ernst, puis Hans Arp.

Tous les bijoux présentés retiennent l’attention. Par leur importance et leur diversité, ils constituent une sorte de musée idéal et intime de l’art moderne. A ne pas manquer.

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 11 octobre 2009
Bracelets - Pol Bury 1968 Adagp, Paris 2009 Studio Sebert, Paris

Bracelets - Pol Bury 1968 © Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche Araignées - Louise Bourgeois 2006 Adagp, Paris 2009 Studio Sebert, Paris

Broches Araignées - Louise Bourgeois 2006 © Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris