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Baccarat : le cristal et la nature

Vendredi 4 février 2011

Exposition-Plus-vrai-que-natureParce qu’une marque prestigieuse de plus de 240 ans d’âge se doit d’être le témoin de l’évolution des grandes tendances esthétiques, Baccarat a ouvert une Galerie Musée au 1er étage de l’Hôtel de Marie Laure de Noailles, siège de la société à Paris. Quel fabuleux endroit de mémoire que la demeure de celle qui fut mécène et animatrice de la vie intellectuelle et artistique du début du XXème siècle ! Actuellement, la Galerie Musée accueille “Plus vrai que nature”, une exposition qui réunit des œuvres naturalistes d’hier et d’aujourd’hui provenant des ateliers de la Cristallerie de Baccarat. Plus de 300 pièces sont présentées – objets décoratifs, coupes, vases, carafes, sculptures … – regroupées autour de cinq grands thèmes.

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A gauche : Hôtel particulier Marie-Laure de Noailles qui abrite le siège et la galerie-musée de Baccarat, A droite : Lustre en cristal de Baccarat © Photos Notes Précieuses

La première salle du musée, habillée de toiles de Gérard Garouste, présente la vitrine des pièces inspirées par la mythologie ; les autres vitrines traitent du naturalisme, de la rencontre de la nature et de la modernité, des “Jardins d’Orient” et de la confrontation nature-design.

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Intérieur de l'hôtel particulier Baccarat © Photos Notes Précieuses

Manifestement, les designers de Baccarat ont traité le règne animal et végétal sous toutes ses formes et, successivement, dans tous les styles : néo-Renaissance, Art nouveau et Art déco, années 1970

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A gauche : Crocodile réalisé en 2006 pour l'exposition de lustres de créatrices "Femmes de lumière" de Claire Cormier-Fauvel © Photo Baccarat, Au milieu : Candélabre dit du "Tsar", commande impériale de 1896, exposition universelle de Paris, 1878 et Tête de cerf de Georges Chevalier, 1949 et Tête de chevreuil et de chevrette, 1978 © Photo Baccarat, A droite : Candélabre dit "de la Tsarine", exposition universelle de Paris, 1867 © Photo Notes Précieuses

Quelle que soit leur époque de fabrication, les pièces exposées témoignent d’une grande maîtrise des techniques les plus diverses – gravure à champlevé, cristal de couleur, émaux, bronzes dorés, reliefs et sculptures en ronde bosse, taillés ou moulés à la cire perdue, fine gravure à la roue – pour créer des effets de polychromie ou de transparence, de matière, de texture ou de volume. Ainsi travaillé, le cristal donne vie aux animaux et anime les végétaux.

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Le bestiaire fantastique avec les toiles de Gérard Garouste © Photo Baccarat

Parfois, dans les vitrines, il est confronté à la porcelaine et, pour établir un lien encore plus étroit avec la nature, des animaux naturalisés sont également présents.

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A gauche : Vitrine "Naturalisme, de l'Art nouveau à aujourd'hui" © Photo Baccarat, A droite : Nature et design : Rouge Gorge de Robert Rigot, 1973 et Blackberry freeze de Jaime Hayon, 2009 et Hibou de Robert Rigot, 1975 et Chavette de Robert Rigot, 1968 et Manchot de Robert Rigot, 1971 et Aile Marine de Robert Rigot, 1980 © Photo Notes Précieuses

“Plus vrai que nature” ne permet pas seulement de mesurer une évolution stylistique. La scénographie, signée Vincent Dupont-Rougier, établit un dialogue entre des pièces emblématiques de la maison Baccarat et des créations contemporaines – également réalisées à la manufacture – signées des plus grands noms du design d’aujourd’hui.

Ours-blanc-Pompon

A gauche : Vitrine "Art déco Naissance de la modernité" : Ours de François Pompon, Baccarat/RMN, 2010 et Vases couverts en cristal opaque et dépoli de Georges Chevalier, exposition des Arts décoratifs, Paris 1925 et Ours blanc en biscuit de porcelaine de François Pompon, Collection Sèvres, Cité de la Céramique, 1922, A droite : Panthère de Georges Chevalier, exposition des arts et techniques, Paris 1937 © Photos Notes Précieuses

Il s’agit d’établir un parallèle entre deux époques et deux styles. Ainsi par exemple, les libellules nacrées du vase Art Nouveau en cristal rouge doré et émaillé de 1910 voisinent avec les “Demoiselles”, au corps d’émail bleu et aux ailes de dentelle gravée, dessinées en 2000 par Catherine Chaillou. On peut aussi comparer la poésie florale qui anime le “Vase aux mûres” de 1900, en cristal taille-gravé et sa monture en bronze doré, et celle du vase “Poétic garden” réalisé par l’agence de design LZC en 2004. On constate également que la même épure caractérise l’ “Ours blanc” de 1922, en biscuit blanc des collections de Sèvres – Cité de la Céramique, dû à François Pompon et celui en cristal clair édité par Baccarat en 2010 avec le concours de la Réunion des Musées Nationaux.

  • Exposition Plus vrai que nature – Exposition patrimoniale – Galerie-musée Baccarat – 11, place des Etats-Unis – 75011 Paris
  • Du 29 octobre 2010 au 15 mai 2011, prolongation jusqu’au 19 juin

Collier serpent, or blanc et pierres précieuses, et exposition au Cannet en hommage à René Lalique

Jeudi 15 juillet 2010

René Lalique

René Lalique © Lalique

A l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de René Lalique, la ville du Cannet (Alpes Maritimes) rend hommage à ce créateur d’exception dont les thèmes fondateurs se résument aux trois “F” : la Femme, la Flore et la Faune. Une exposition, présentée à l’Espace Bonnard en collaboration avec la maison Lalique, rassemble une collection d’objets de décoration. Si, malheureusement pour les amateurs, aucun bijou n’est présenté au Cannet, le visiteur peut néanmoins appréhender la puissance et la richesse de celui qui bouleversa les traditions esthétiques du 19ème siècle et fut aussi le précurseur du bijou moderne.

Collier Serpent René Lalique

A gauche : Dessin original - René Lalique, 1898-1900, A droite : Collier Serpent, pièce unique réalisée en 2010 à l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de René Lalique © Lalique

Pour honorer René Lalique, dont le dessin a toujours été l’instrument premier de ses créations, la société Lalique édite également un collier, unique et jamais réalisé jusqu’à présent, d’après un dessin original de 1898-1900. Il représente un serpent. Ce choix n’est pas anodin ; le serpent et la symbolique qui s’y attache – vie, séduction et virilité – ont souvent été traités sous de nombreuses déclinaisons : ornement de corsage, flacon, vase et bien sûr bijoux …  René Lalique a réalisé ses “premiers serpents” pour son amie Sarah Bernhardt.

Collier or blanc diamants émeraudes

Collier en or blanc, diamants et émeraudes - Beat Messerer, d'après le dessin original de René Lalique © Lalique

C’est le joaillier et gemmologue Zurichois Beat Messerer qui a réalisé cet hommage, sous forme d’un collier en or blanc ornementé de 812 pierres précieuses pour un poids total de 17,90 carats. Légèrement flexible, grâce à un dispositif d’articulation caché à l’intérieur du serpent, le collier peut épouser le cou. Une attention particulière a été portée au choix des pierres qui le composent, à l’instar du diamant poire D-IF ornant la tête du serpent et des deux émeraudes des yeux. Cette œuvre de haute joaillerie a nécessité plus de 700 heures de travail. Elle sera vendue aux enchères avant le fin de cette année. Son prix estimatif est de 220 000 €.

  • Hommage à René Lalique – Espace Bonnard – Rue des Orangers, jardin du Tivoli – 06115 Le Cannet
  • Du 10 juillet au 22 août 2010