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Les bijoux fleurs, fruits et légumes de la photographe Natacha Lesueur

Lundi 9 janvier 2012

Artiste-photographeLe Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco) propose “Je suis née etc.“  de Natacha Lesueur. Cette artiste française présente, à côté d’œuvres plus anciennes, plusieurs réalisations récentes  autour du portrait et des questionnements liés à l’identité. Une grande partie de l’exposition est consacrée à Carmen Miranda, la star du cinéma hollywoodien des années 1940/50 qui, d’une certaine manière, symbolise la femme fabriquée et instrumentalisée par le système. Elle mourut tragiquement minée par l’alcool et les drogues. La photographe a fixé des images d’une comédienne qui incarne celle qu’on avait surnommée la “bombe brésilienne”. D’origine portugaise mais vivant au Brésil, Carmen Miranda évoquait jusqu’à la caricature l’exotisme … selon Hollywood. Elle jouait les danseuses de samba, affublées de chapeau plateau de fruits et parées de nombreux bijoux, dans des tenues exubérantes.

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A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2009 - Collection de l'artiste, A droite : Sans titre - Natacha Lesueur, 2009 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

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Carmen Miranda

Natacha Lesueur a travaillé pendant deux ans sur ce projet. Dans la lignée des travaux de l’artiste américaine Cindy Sherman, elle explore, à travers le personnage de Carmen Miranda, l’image de la femme et de ses clichés et dénonce l’importance de l’apparence. Elle y malmène les signes d’”exotisme” des films de Carmen Miranda, inspirés des costumes traditionnels des bahianaises, descendantes d’esclaves. Le travail de Natacha Lesueur est construit sur le principe du piège visuel. Aux costumes, bijoux, maquillages colorés et postures stéréotypées, elle ajoute bijoux, coiffes, décorations et bricolages, souvent organiques, naturels et périssables. Ainsi les animaux, les ossements, les accessoires, les coiffures, les colliers et boucles d’oreilles en fleurs, fruits et légumes qui sont mis en scène, sont voués à la décomposition. L’esthétisme néo-baroque de l’artiste rend ses images vénéneuses. On découvre des beautés étranges, à la fois attirantes et repoussantes.

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A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste, A droite : Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

Depuis 1990, Natacha Lesueur développe un travail photographique autour du corps et de la nourriture. Elle s’en explique, lors d’un entretien avec Rémy Kerténian en août 2007 à l’occasion de son exposition “Je suis folle de ta bouche de fraise” à Toulon : “La nourriture est un matériel organique d’une grande richesse plastique (couleurs, textures), et porteur d’une symbolique forte.

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Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

[…] Mes accommodations, mes arrangements (terme que j’emploie pour mes sculptures alimentaires), n’ont pas pour objet de tromper le regard mais de lui proposer de mettre en œuvre son exactitude, de faire en quelque sorte le point par une focalisation plus ou moins progressive.

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A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2011 - Collection de l'artiste, A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

D’où l’importance du format et des deux temps de lecture : de loin on voit une coiffure, un sourire, un portrait, un volcan ; de près, on voit de la purée de potiron, de la colle, des marques en forme de plume, etc.”

  • Exposition monographique, Natacha Lesueur, Je suis née etc. – Musée d’Art Moderne et Contemporain (Mamco) – 10, rue des Vieux-Grenadiers, CH-1205 Genève – Suisse
  • Du 10 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Perles et bijoux dans les créations contemporaines de Myriam Mechita

Samedi 24 décembre 2011

Expo-art-contemporain“Faites à Sèvres ce que vous n’auriez pu faire ailleurs”. La proposition de la Cité de la céramique de Sèvres aux créateurs est séduisante. Myriam Mechita, jeune artiste plasticienne, connue pour son travail sur les perles, a relevé le défi et inclus désormais la céramique dans son univers. Elle expose aujourd’hui le résultat de son travail au terme de ses multiples séjours à la Cité depuis 2006. Ses créations sont présentées en deux lieux distincts : “My Name is nobody (tu vas comprendre)”, à Sèvres dans l’espace muséal dédié à la création contemporaine ; “L’infini en plus”, à Paris dans la galerie de vente de la Cité. A Sèvres comme à Paris, chaque objet est orchestré pour créer un univers étrange et mystérieux. Souffrance, douleur, mort sont indissociablement associées au désir, au plaisir et à la beauté. La violence des sujets traités par Myriam Mechita contraste avec le traitement raffiné et précieux qu’elle apporte à ses œuvres. Les matériaux utilisés sont multiples : porcelaine, céramique, bien sûr, mais aussi résine, latex, verre, acier poli, miroirs, mosaïques, tissus, perles, paillettes, pierres précieuses …

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Installation "I am an animal too" - Myriam Mechita, 2011 © Sèvres, Cité de la Céramique, Gérard Jonca

À Sèvres sont installées des sculptures animalières en aluminium ou en perles : chien décapités, cerfs suspendus à des potences, têtes-trophées … L’œuvre “I am an animal too” représente des cervidés suspendus et décapités d’où jaillissent des perles colorées. Des oiseaux jonchés sur des flaques d’eau miroitantes côtoient des broderies incrustées de paillettes, des bijoux, des plastrons en pierres et perles précieuses

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"Le silence des vagues", crâne et tronc en porcelaine nouvelle, couleur de grand feu, perles en porcelaine tendre et couleur de petit feu - Myriam Mechita, 2011 © Sèvres, Cité de la Céramique, Gérard Jonca

Dans l’espace parisien, Myriam Mechita met en lumière quatre créations en porcelaine de Sèvres. L’œuvre qui a donné son nom à l’exposition est traitée comme une vanité : la tête est incisée par les assiettes les plus prestigieuses de l’histoire de la porcelaine. Une autre création, “Le silence des vagues“, se compose d’un crâne en biscuit posé sur un billot émaillé et de perles de porcelaine. L’artiste en explique le symbole : “Des flots de perles colorées, comme des rivières, s’écoulent des orbites et expriment la fuite inexorable mais à la fois imperceptible du temps”.

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A gauche :"L'infini en plus" crâne et fagots en porcelaine nouvelle, couleur de grand feu (fagots) et petits feu (assiettes), 5 assiettes du répertoire classique de la porcelaine de Sèvres - Myriam Mechita, 2011 © Sèvres, Cité de la Céramique, Gérard Jonca, Au centre : "Les tremblements de l'enfer" - Myriam Mechita, 2011 © Sèvres, Cité de la Céramique, Gérard Jonca, A droite : Exposition "Comma 31", Bloomberg SPACE, Londres © Peter Abrahams/Bloomberg Space, Londres

Les œuvres de Myriam Mechita sont souvent inspirées de la peinture européenne de la Renaissance, italienne ou hollandaise. Le thème de la vanité est constant. La mise au point des pièces en porcelaine s’est faite en étroite collaboration avec les techniciens des ateliers. La résidence permet en effet la rencontre d’une énergie créatrice et des savoir-faire des cent vingt céramistes exerçant à Sèvres. Depuis le XVIIIème siècle, la Cité de la céramique invite des artistes à concevoir et créer de nouvelles formes et de nouveaux décors. Les archives conservées à Sèvres témoignent du souffle créateur apporté par des artistes qui ont marqué leur temps tels, par exemple, Jean Duplessis au XVIIIème siècle, Rodin au XIXème et Arp, Calder, Soulages, Louise Bourgeois, Arman ou Zao Wou Ki au XXème …

  • Exposition My name is nobody (tu vas comprendre), Myriam Mechita – Sèvres, Cité de la Céramique – 2, place de la Manufacture – 92310 Sèvres – Du 19 octobre 2011 au 2 janvier 2012
  • Exposition l’Infini en plus, Myriam Mechita – Galerie de Sèvres, Cité de la Céramique – 4, place André Malraux – 75001 Paris – Du 19 octobre au 2 janvier

Rétrospective Goudji à Lyon

Vendredi 17 juin 2011

Exposition-GoudjiPour célébrer les 70 ans du sculpteur Goudji, le Musée de Fourvière offre une rétrospective mettant en lumière la carrière de cet artiste de renommée internationale. Parmi les 170 pièces présentées, certaines le sont pour la première fois au public. Les bijoux occupent une place importante parmi les œuvres de ce créateur hors du commun. Ce sont ses premières réalisations, lorsqu’il est arrivé en France il y a quarante ans. Dans l’exposition Goudji – Des mains d’or et de feu, le public peut également découvrir ses œuvres civiles et liturgiques ainsi que les épées d’académicien. Toutes ces disciplines artistiques ont contribué à la notoriété de cet artiste, qui est toujours en activité.

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A gauche : Pectoral - Goudji, A droite : Torque en vermeil, oeil de faucon, cornaline, nacre - Goudji, 1988

C’est par les bijoux que Goudji se fit connaître rapidement des amateurs d’orfèvrerie contemporaine. Il a d’abord produit de petites pièces avant de se tourner vers des œuvres plus somptueuses. Hors du temps et des modes, ses bijoux sont inspirés de civilisations antiques ; on dirait parfois qu’ils viennent d’être extraits de fouilles archéologiques. L’artiste s’affirme porteur d’une pluralité culturelle : géorgienne, française et également méditerranéenne et occidentale. Goudji façonne de ses mains, l’or et l’argent. À ces matériaux précieux, il ajoute des pierres rares et des pierres dures telles le lapis-lazuli, le jaspe rouge, l’œil-de-tigre ou encore le quartz … Il nous révèle – dans “Goudji par Goudji” – sa méthode de travail : “Je forge moi même enclumettes et bigornes, selon la pièce que je crée et d’après toutes ses formes. Puis, j’attaque la matière sans croquis préliminaire. Seul le métal et sa spécificité, seule la pierre et son mystère me dictent ce qu’il me faut faire”.

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A gauche : " La chevauchée fantastique" en argent, sodalite, jaspe, serpentine, cristal de roche, nacre - Goudji, 2006, Au centre : "Hanap à l'oiseau" en argent, jaspe rouge, agate - Goudji, 1991, A droite : "L'éternel voyageur" en argent, jaspe, lapis-lazuli, pyrite, nacre, ébène - Goudji, 2001

Outre les bijoux, Goujdi réalise des plats, des coffrets, des personnages ou encore des animaux fantastiques. Stylisés, ces œuvres civiles évoquent la mythologie ou rappellent des civilisations disparues. Son inspiration vient aussi bien du Proche-Orient ancien que de l’art des Vikings. Depuis 30 ans, Goudji crée également des objets liturgiques. Les commandes viennent du monde entier, y compris du Vatican. Il a réalisé pour l’année du Grand Jubilé le marteau d’argent avec lequel le pape ouvre la porte de Saint Pierre de Rome ainsi que le formal précieux qui orne le pluvial de Jean Paul II. Cinq épées d’académicien sont aussi exposées à Lyon. Au total l’orfèvre en a réalisé 14 dont celle de l’ancien Premier ministre Raymond Barre qui qualifiait son épée de “chef d’œuvre de précision, de tact et d’élégance”.

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A gauche :"Cavale princière" en or 18 carats, jaspe, pyrite, sodalite, aventurine, nacre - Goudji, 2001, Au centre : Epée de bertrand Colomb - Goudji, 2001, A droite : "Oiseau bleu" en or 18 carats, lapis-lazuli, sodalite, nacre - Goudji, 1995

Né en Géorgie, Goudji a étudié la sculpture à l‘Académie des Beaux-Arts de Tbilissi, avant de s’établir à Moscou à l’âge de 23 ans. Mais, parce qu’il a épousé en 1969 Katherine Barsacq fille du directeur du Théâtre de l’Atelier à Paris et petite nièce de Léon Bakst décorateur des Ballets russes de Diaghilev, il se voit refuser tout travail par les autorités soviétiques. Il quitte à jamais l’URSS en 1974 et s’installe à Paris où il peut enfin, à l’âge de 33 ans, travailler les métaux précieux - ce qui était formellement interdit dans son pays d’origine – selon une technique personnelle.

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A gauche :"La pêche miraculeuse" en argent, sodalite, lapis-lazuli, serpentine, agate, pyrite - Goudji, 2006, Au centre : Coffret - Goudji © Galerie Capazza, A droite : "Colombe" en argent, calcédoine - Goudji, 2002

A l’occasion de l’exposition du Musée de Fourvière, a été édité “Goudji, des mains d’or et de feu“. Cet ouvrage est rédigé par Bernard Berthod conservateur du Musée de Fourvière et Manuelle-Anne Renault-Langlois. Les photographies sont de Marc Wittmer, un ami de l’artiste.

  • Exposition Goudji, des mains d’or et de feu – Fondation Fourvière, Musée d’art religieux de Fourvière – 8, place de Fourvière – 69005 Lyon
  • Du 11 mars au 30 juin 2011, de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30

Colliers géants en verre de Murano d’Othoniel au Centre Georges Pompidou

Mardi 15 mars 2011

Exposition-OthonielLe Centre Georges Pompidou à Paris retrace actuellement le parcours de Jean-Michel Othoniel. C’est la première fois qu’une grande institution culturelle consacre une exposition à cet artiste de 47 ans qui est en milieu de carrière. Cette exposition sera ensuite présentée à Séoul, Tokyo et New York. Sous le titre “My Way”, un ensemble inédit de quatre-vingts œuvres propose au public un cheminement qui va des pièces intimes des débuts – mais où l’on trouve déjà le vocabulaire artistique d’aujourd’hui – aux réalisations actuelles, plus monumentales.

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A gauche : Centre Georges Pompidou © Photo Notes Précieuses, A droite : Portrait de Jean-Michel Othoniel © Jean-Michel Othoniel/Adagp, Paris 2010, courtesy Peter Marino Architect, photo Vincent Knapp

Jusqu’au milieu des années 1990, Jean-Michel Othoniel s’est emparé de matériaux précairessoufre, phosphore, cire -, généralement peu utilisés dans le champ artistique pour étayer sa réflexion sur le corps, la souffrance, la disparition. Si le soufre occupe une place privilégiée, c’est pour sa couleur intense mais aussi pour les rapprochements possibles avec le verbe souffrir

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A gauche : "Histoire de peintures péninsulaires", soufre,chemises, courges - Jean-Michel Othoniel, 1991 - Centre National des Arts Plastiques, A droite : "El Albero, l'actéon", peinture sous verre, papillon, soufre, sable - Jean-Michel Othoniel, 1987 - Collection Laurence Dumaine Calle, Paris © Photos Notes Précieuses

Plus généralement, la fragilité des matériaux employés renvoie à la fragilité de la vie. N’oublions pas que le début des années 1990 est marqué par l’extension rapide des ravages du sida.

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"Le collier-Cicatrice", performance photographiée, Europride 1997, Paris - Jean-Michel Othoniel, 1997 - Courtesy Jean-Michel Othoniel © Photos Notes Précieuses

Othoniel questionne les limites du genre – féminin-masculin, mais aussi frontières entre l’Homme, l’animal, le végétal, le minéral – et engage délibérément ses sculptures du côté de l’indétermination sexuelle. La pointe de sein devient un de ses motifs privilégiés et il intègre dans son processus créatif des pratiques féminines telles que la broderie et l’enfilage de perles. “Le collier cicatrice“, réalisé en souvenir de Félix Gonzales-Torres victime du sida, est une de ses œuvres marquantes. Othoniel a produit mille colliers de perles rouges qu’il a offerts aux passants lors de l’Europride 1997. Une condition toutefois : qu’ils acceptent de se laisser photographier collier au cou ! Othoniel porte lui même ce collier.

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A gauche : "Les amants suspendus" en verre de Murano - Jean-Michel Othoniel, 1999 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris et "Le Contrepet", sculpture obsidienne - Jean-Michel Othoniel, 1992 - Collection de l'artiste, A droite : "Sans titre" en verre de Murano - Jean-Michel Othoniel, 1997 - Collection de l'artiste et "Les amants suspendus" © Photos Notes Précieuses

C’est un peu par hasard, que l’artiste a découvert la beauté de l’obsidienne, ce verre naturel noir issu de la lave des volcans. Il réussit, avec l’appui du Cirva (Centre international de recherche sur le verre), à le recréer pour l’intégrer dans son œuvre. Mais c’est quelques années plus tard qu’il entame son véritable travail sur le verre, d’abord avec les verriers de Murano. Il “blesse” le verre pour y faire apparaître des cicatrices.

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A gauche : "Diary of Happiness" en verre de Murano et bois - Jean-Michel Othoniel, 2008 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris, A droite : "Lagrimas", table, verre, eau - Jean-Michel Othoniel, 2003 - Fondation Louis Vuitton pour la Création © Photos Notes Précieuses

La découverte des possibilités de ce matériau, marque un réel tournant chez Othoniel. D’abord au plan technique parce qu’il doit déléguer le geste artistique aux techniciens. Ensuite au plan artistique compte tenu de la palette de couleurs et de toutes ses possibilités plastiques qu’offre le verre. L’œuvre de Jean-Michel Othoniel aborde alors une phase plus sculpturale et plus féérique.

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A gauche et au milieu : "Le collier double" en verre de Murano, cristal, ambre et alessandrita - Jean-Michel Othoniel, 2010 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris, A droite : "La Mandorle d'or blanc" en verre de Murano et or, réalisé pour l'exposition - Jean-Michel Othoniel, 2011 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris © Photos Notes Précieuses

Il puise désormais son inspiration dans l’univers des contes et du religieux. Jouant de l’aspect à la fois fragile et monstrueux du verre, le sculpteur, qui n’entend pas exclure la beauté du champ artistique, crée des formes qui rejoignent parfois le territoire de la décoration et de l’ornementation.

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A gauche :"Black is Beautiful" en verre de Murano - Jean-Michel Othoniel, 2003 - Collection Cathy Vedovi, Courtesy Galerie Perrotin, Paris, Au milieu : "Rivière blanche" en verre de Murano, métal - Jean-Michel Othoniel, 2003 - Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, A droite : "Le grand noeud autoporté" en verre de Murano, métal, réalisé pour l'exposition - Jean-Michel Othoniel, 2011 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris © Photos Notes Précieuses

Le collier, objet fétiche, est un thème qui revient chez lui très régulièrement comme ses colliers géants en verre de Murano : “Le collier double”, cristal, ambre et alessandrita ; “Rivière blanche” en perles de verre opaque et “La Mandorle d’or blanc” créée spécialement pour l’exposition.

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A gauche : "Le bateau de larmes", bateau, verre de Murano, métal - Jean-Michel Othoniel, 2004 - Fondation Louis Vuitton pour la Création, A droite : "Mon lit" en verre de Murano, acier, aluminium, passementerie, feutre - Jean-Michel Othoniel, 2003 - Collection François Odermatt, courtesy Galerie Perrotin, Paris © Photos Notes Précieuses

Avec “Le bateau des larmes” il montre toutefois qu’il continue de prendre en compte une actualité tragique, mais son boat people est ornementé d’un dais de verre coloré. Ces dernières années, Othoniel élabore une “physique de la poésie” qui allie la démarche esthétique à la rigueur des formulations mathématiques.

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A gauche : "Le grand noeud autoporté" en verre de Murano, métal, réalisé pour l'exposition - Jean-Michel Othoniel, 2011 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris, et "Le Noeud de Lacan" en verre miroité et métal - Jean-Michel Othoniel, 2009 - Collection François Odermatt, courtesy Galerie Perrotin, Paris, Au milieu : "Le Noeud de Lacan", "le grand double noeud de Lacan et "La Mandorle d'or blanc", A droite : "Le grand double noeud de Lacan" en verre miroité et métal, réalisé pour l'exposition - Jean-Michel Othoniel, 2011 - Courtesy Jean-Michel Othoniel et Galerie Perrotin, Paris © Photos Notes Précieuses

Si certaines œuvres relèvent de la simplification d’objets existants, notamment le collier, d’autres mettent en espace des modélisations mathématiques, comme le nœud borroméen dont Lacan s’est inspiré pour représenter le lien des trois dimensions de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Pour l’exposition de 2011, il a crée entre autres “Le grand double nœud de Lacan” et “Le grand noeud autoporté”.

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A gauche : "Le petit théâtre de Peau d'Ane", en verre, bois laqué, broderies, dentelles, tissu, soie. Ensemble composé de 4 tables dressoirs, la table du monstrueux, la table du temps, la table du soleil, la table de la lune sur lesquelles sont présentées, sous globe de verre, des petites architectures en verre filé - Jean-Michel Othoniel, 2004 - Collection Centre Pompidou, Musée national d'Art Moderne Paris, Don conjoint de l'artiste et de la Galerie Perrotin Paris. Cette installation comprend 60 marionnettes réalisées par Pierre Loti enfant entre 1861 et 1865 - Collection Maison de Pierre Loti, Ville de Rochefort - A droite : "Precious Stonewall", briques de verre soufflées et taillées en Inde, colliers de verre - Jean-Michel Othoniel, 2010 - Courtesy Galerie Perrotin, Paris © Photos Notes Précieuses

L’exposition est complétée par le “Le réel merveilleux“, un atelier qui permet de sensibiliser les enfants à l’univers de l’artiste. Deux œuvres emblématiques y sont présentées : “Le petit théâtre de Peau d’Ane” et “Precious Stonewall“. Cette dernière sculpture en briques de verre recouverte de colliers de perles est visible pour la première fois en France.

  • Exposition “Jean-Michel Othoniel, My way” – Centre Pompidou, Galeries du musée, 4ème étage – 75191 Paris cedex 04 – Du 2 mars au 23 mai 2011
  • Exposition-atelier “Le réel merveilleux” – Centre Pompidou, Galerie des enfants, RDC – 75191 Paris cedex 04 – Du 12 février au 22 août 2011

Créations originales d’artisans d art autour du rêve

Lundi 14 mars 2011

Exposition-je-reveJe rêve ! Nous avons quelques jours encore pour réaliser un parcours parisien peu commun dans le monde de l’art. Une cinquantaine de créateurs et artisans d’art ont réinterprété le thème du rêve pour le décliner à partir de leur matériau de prédilection : bois, tissus, papier, céramique, verre ou métal. Quatre lieux distincts ont été retenus pour cette exposition originale organisée par les Ateliers d’Art de France et mise en scène par Janik Gouriou.

Artisans d art

A gauche : "Fleurs imaginaires" en verre - Florie Lopis, A droite : "Curiosité" - Sophie Dalla Rosa © Photoproevent

La rêverie commence au cœur d’un jardin imaginaire à la nature luxuriante, sous la voûte de l’Atelier - Bastille, dans le 12ème arrondissement. Pour l’occasion, Sophie Dalla-Rosa, Anna Golicz-Cottet, Agnès His, Bénédicte Dietz, Francine Millo et Caroline Worner ont réalisé des installations sur mesure. Les fleurs en verre de Jean-Pierre Baquère, les parures végétales de Mathilde Quinchez et Aline Kokinopoulos, les sculptures florales en verre de Julie Gonce, en résine de Lisa Vanho ou en papier de Maryse Dugois-Guillopé et les oeuvres d’encore bien d’autres créateurs peuplent ce vaste jardin.

Creation contemporaine

A gauche : "Bijoux de famille" - Sophie Hanagarth, A droite : "Picore" - Patricia Lemaire © Photoproevent

La rêverie se poursuit à la Galerie Collection – Marais, dans le 3ème arrondissement, où le visiteur est accueilli dans une alcôve dédiée au plaisir. Les céramiques aux formes sensuelles de Wayne Fischer s’épanouissent dans un rêve de volupté. Les sculptures bijoux de Patricia Lemaire, suggèrent de manière poétique, la sensualité du corps féminin et les bijoux de Sophie Hanagarth évoquent l’ambivalence d’un univers voluptueux. Tzuri Gueta, Simone Pheulpin, contribuent également à transformer l’espace en un lieu magique.

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A gauche : "Envol" en fil de fer - Alexandre Bour, Au milieu : "Cendrillon m'a tuer" - Clorinde Méry, A droite : Sculpture en bois - Thierry Laudren © Photoproevent

Le visiteur se rend ensuite à la boutique Talents - Etoile, dans le 17ème arrondissement, qui, pour l’occasion, s’est muée en laboratoire de l’inconscient. C’est là qu’il va chercher la clé des songes … À lui  d’interpréter les créatures installées devant lui. Sept artistes ont en effet été invités à créer spécifiquement un personnage pour l’exposition. Les sculptures d’Agnès Debizet, de Marie-Laure Griffe ou de Clorinde Méry, entre autres, déclinent les mille et une interprétations possibles de nos songes : amour caché, secret enfoui, envie de changement …

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A gauche : " Liens" en verre - Philippe Beaufils, Au milieu : "Scarabée" en perles et tissu - Sarah Radulescu, A droite : Collier "Mélancolie" - Frédérique Trinchèse © Photoproevent

En prenant, souvent avec humour, le contrepied de la thématique générale, la boutique Talents - Opéra, dans le 9ème arrondissement, plonge quant à elle le visiteur dans le cauchemar : ce sont ici des monstres, des squelettes, des ossements et autres objets effrayants qui occupent l’espace. Dix-sept créateurs donnent vie à nos obsessions, nos angoisses et nos peurs. Les installations de Guillaume Allemand ou Virginie Besengez, les sculptures de Philippe Beaufils ou les objets atypiques d’Elsa Alayse ou Géraldine Gonzalez hantent la boutique.

  • Exposition “Je rêve ! d’Eden” – L’Atelier Bastille – 55, avenue Daumesnil – 75012 Paris – Du 4 février au 26 mars 2011
  • Exposition “Je rêve ! de volupté” – Galerie Collection Le Marais – 4, rue de Thorigny – 75003 Paris – Du 4 février au 26 mars 2011
  • Exposition “Je rêve ! de quoi” – Boutique Talents Etoile – 22, avenue Niel – 75017 Paris – Du 4 février au 26 mars 2011
  • Exposition “Je rêve ! non, je cauchemarde” – Boutique Talents Opéra – 1 bis, rue Scribe – 75009 Paris – Du 4 février au 26 mars 2011

Louise Bourgeois à la Maison de Balzac : création textile autour d’Eugénie Grandet

Lundi 24 janvier 2011

Exposition-Louise-Bourgeois-Moi-EugénieLa Maison de Balzac à Paris accueille la présentation des œuvres que Louise Bourgeois a dédiées à Eugénie Grandet. Cette exposition, “Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet…”, est une création originale spécialement conçue par l’artiste, peu avant sa mort, pour ce musée. C’est aussi l’aboutissement d’une longue réflexion d’une artiste qui affichait un attachement particulier à ce personnage de Balzac, affirmant même : “J’aime cette histoire, ce pourrait être l’histoire de ma vie”. Le visiteur peut découvrir une vingtaine d’œuvres : créations textiles, peintures, eaux fortes, collages … Toutes évoquent le temps qui passe. On retrouve aussi l’humilité des ouvrages de dame, avec perles, boutons, fleurs artificielles … Mais ici, comme le souligne l’essayiste Jean Frémon : “Le monogramme brodé L.B.,  marque traditionnelle du trousseau, devient la signature de l’artiste”.

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A gauche : Louise Bourgeois, 2008 © Photo : Dimitris Yeros, Adagp, Paris 2010, Au milieu : Gouache sur papier représentant Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photo : Christopher Burke, Adagp, Paris 2010, Courtesy Cheim & Read, Hauser & Wirth and Galerie Karsten Greve, A droite : Buste de Balzac en terre cuite - Anatole Marquet de Vasselot, 1868 © Photo Notes Précieuses

A la maison de Balzac, aucune création gigantesque dont la sculptrice était coutumière. On ne retrouve pas non plus les araignées tisserandes ou les broches araignées de cette artiste majeure du XXème siècle que les plus grands musées mondiauxMoma, Tate Modern, Guggenheim, Pompidou … – ont exposée. Ici, Louise Bourgeois est revenue à la couture et à la broderie pour des compositions plus intimistes : créations textiles en soie, plastique, feutre, verre et fil sur tissu. Pour elle, c’était surtout un mode de création lié au souvenir de sa mère qui était tisserande. A travers cette technique, elle nous livre plusieurs séries de tableaux qui évoquent le temps qui passe, les occupations inutiles, le flétrissement, la solitude.

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Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photos Notes Précieuses

L’essayiste Jean Frémon le remarque dans son ouvrage éponyme : “Louise Bourgeois n’a certes rien d’une ignorante fille, mais elle s’est néanmoins reconnue dans cette humble activité couturière. Les torchons et les mouchoirs, souvent usés, qui sont les supports de la plupart des œuvres réunies ici, sont ceux de son enfance, rapportés de France et entassés dans des armoires pendant toutes ces années en attendant le bonheur d’être recyclés en oeuvres d’art”.

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A gauche : Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009, Au milieu : Matériaux mélangés sur tissu : verre et fil sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 , A droite : Techniques mixtes, matériaux mélangés sur tissu sur le thème Eugénie Grandet - Louise Bourgeois, 2009 © Photos Notes Précieuses

Publiée en 1833, Eugénie Grandet met en scène le père Grandet, un vigneron frustre et avare. Sa femme, que l’insensibilité de son mari étiole, finit par se tuer. Et sa fille Eugénie se renferme peu à peu sur elle-même pour devenir une vieille fille amère. La rencontre, un siècle plus tard, de l’artiste plasticienne et de l’immense écrivain était inéluctable. Balzac traite des tensions familiales, de l’adolescence, de la douleur et de la solitude, autant de thèmes que Louise Bourgeois a explorés depuis ses premières peintures à la fin des années 1930. Si Eugénie Grandet est ici le personnage central, c’est qu’elle y voit “le prototype de la femme qui ne s’est pas réalisée“, rejoignant Balzac qui évoquait cette femme qui, “faite pour être magnifiquement épouse et mère, n’a ni mari, ni enfants, ni famille”.

  • Exposition Louise Bourgeois : Moi Eugénie Grandet … – Maison de Balzac – 47, rue Raynouard – 75016 Paris
  • Du 3 novembre 2010 au 6 février 2011

Takashi Murakami au Château de Versailles

Lundi 29 novembre 2010

Murakami-à-versaillesQue le maître du hip-hop Pharrell Williams recouvre des objets du quotidien de rubis, saphir, émeraudes et diamants : c’est dans la ligne de l’art contemporain. Qu’il se rapproche de Takashi Murakami pour produire sa première sculpture intitulée “The simple things” (Les choses simples) : c’est dans l’ordre des choses. Que, voisinant les meubles de Riesner, cette œuvre soit exposée au salon des Nobles à Versailles : là, les choses ne sont plus si simples ! Les puristes crient au scandale et Jean-Jacques Aillagon, Président du Musée et Domaine de Versailles, rétorque que “Versailles a su, de tout temps, convoquer les meilleurs créateurs”. Alors, après Jeff Koons, pourquoi pas Takashi Murakami ? Vingt deux œuvres de l’artiste japonais – dont onze ont été créées spécialement pour l’occasion – ponctuent donc un parcours emprunté jadis par nos bons Rois et leur Cour et aujourd’hui par une foule de touristes curieux.

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"The simple Things", sculpture joaillerie en or blanc, jaune et rose, rubis, saphirs, émeraudes et diamants, fibre de verre, acier, peinture acrylique, LED, Salon des Nobles à Versailles - Takashi Murakami et Pharrell Williams, 2008-2009 - Collection Adriana Abascal et Cathy Vedovi-Odermatt © Château de Versailles, photos Christian Millet

Les amateurs de joaillerie s’arrêtent plus volontiers devant cet ensemble impressionnant que constitue “The simple things”. Les sept éléments qui figurent des objets du quotidien ont en effet été réalisés avec plusieurs types d’or et des milliers de pierres précieuses différentes : rubis, saphirs, émeraudes et diamants. Takashi Murakami leur a donné pour écrin la tête de “Mr.Dob”, inspiré des personnages de Manga. Cette œuvre est un élément important dans l’œuvre de l’artiste qui y fait la synthèse de l’univers populaire et du luxe.

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A gauche : "The Simple things", Salon des Nobles à Versailles - Takashi Murakami et Pharrell Williams, A droite : "Flower Matango", sculpture en fibres de verre, fer, peinture à l’huile et acrylique, présentée pour la première fois au public, Galerie des Glaces à Versailles - Takashi Murakami, 2001 - 2006, collection de l'artiste © 2001-2006 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co, Ltd. All Rights Reserved © Château de Versailles, photos Christian Millet

Les pièces de Takashi Murakami ne sont pas faites uniquement de résine, de fibre de verre ou de carbone, de plastique et autres matériaux contemporains. L’artiste maîtrise également l’or et l’argent comme en témoignent certaines autres sculptures présentées à Versailles. “J” et “Yume Lion”, mascotte d’une chaîne de télévision japonaise, sont en aluminium et recouvertes de feuilles d’or. De même, dès le début de l’exposition, le visiteur peut admirer “Oval Buddha silver” pièce en argent issue d’une collaboration avec le créateur de mode Issey Miyake. Comme en écho, à la fin de la visite, à l’extérieur du château, il découvrira “Oval buddha“, une statue de près de 6 mètres de hauteur, en bronze, acier et feuilles d’or.

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A gauche : "Oval Buddha silver", en argent, Salon de l'Abondance à Versailles, présentée pour la première fois au public - Takashi Murakami, 2008, collection de l'artiste, A droite : "Oval Buddha" en bronze et feuilles d’or, Parterre d’Eau à Versailles - Takashi Murakami, 2007 - 2010, collection de l’artiste, © 2007-2010 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co, Ltd. All Rights Reserved © Château de Versailles, photos Christian Millet

Situées dans quinze salles du Château et dans les jardins, les créatures oniriques de Takashi Murakami, souvent contemporaines, mais parfois aussi inspirées de l’art traditionnel Japonais, dialoguent avec le passé français dans un des monuments les plus fréquentés au monde.

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"Oval Buddha" dans les jardins du château de Versailles © Photo Notes Précieuses

Les organisateurs se sont efforcés de présenter des œuvres “qui puissent dialoguer avec l’esthétique des salles du château”, selon l’expression de Laurent Le Bon, Commissaire de l’exposition.

A gauche : "J"en aluminium et feuilles d’or, Salle des Gardes à Versailles, présentée pour la première fois au public - Takashi Murakami, 2010, collection de l'artiste, ©2010 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved A droite : "Yume Lion" (The Dream Lion) en aluminium et feuilles d’or, Salon d’Apollon à Versailles, présentée pour la première fois au public - Takashi Murakami, 2009 - 2010, collection de l'artiste, ©2009-2010 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved © Château de Versailles, photos Christian Millet

Sciences-et-curiosités-à-la-cour-de-VersaillesParallèlement, en parcourant la très savante et passionnante exposition “Sciences et curiosités à la Cour de Versailles” qui se tient actuellement au sein du Château, le visiteur peut mesurer combien Versailles fut également un lieu essentiel pour la divulgation des sciences et techniques et la propagation de l’innovation en France et dans le Monde.

  • Exposition Takashi Murakami au Château de Versailles – Château de Versailles – Etablissement public du musée et du Domaine National de Versailles – RP 834 – 78008 Versailles – Du 14 septembre au 12 décembre 2010
  • Exposition Sciences et Curiosités à la cour de Versailles – Château de Versailles – Du 29 octobre 2010 au 27 février 2011

Les créations surréalistes et poétiques des Lalanne

Mercredi 28 avril 2010

Absentes des musées parisiens depuis 1977, les œuvres de Claude et François-Xavier Lalanne peuvent être actuellement (re)découvertes au musée des Arts Décoratifs de Paris. L’exposition couvre 40 années de créations d’un couple d’artistes qui a toujours fait “exposition commune”. Dans un décor de jardin de château et rassemblées autour de différents thèmes illustrant la variété de leur création, plus de 150 pièces invitent le visiteur à découvrir l’univers de sculpteurs décidément inclassables. Leurs œuvres vont de la sculpture monumentale aux objets du quotidien : sièges, objets de table ou bijoux.

François Xavier Lalanne et Claude Lalanne

François-Xavier et Claude Lalanne en 1976 - Premier plan : Chameaux en mousse polyester gainée de toile et peau de brebis, manèches, teintée, armature en acier et bois, tête en fonte d'aluminium patine noire - François-Xavier Lalanne, 1973 - Au fond : Minotaure en bronze - François-Xavier Lalanne © Pierre Boulat, Cosmos

François-Xavier Lalanne (1927-2008) s’est formé à l’Académie Julian. En 1952 il a rencontré sa future femme, Claude, de deux ans son ainée qui, elle, a suivi les cours de l’École des Arts décoratifs de Paris. Leur première exposition personnelle commune s’est tenue en 1964 sous le titre Zoophites. François-Xavier y présentait le Rhinocrétaire, premier rhinocéros bureau en laiton et Claude des Choupattes, mi-chou mi-animal. Le ton de leur production était donné et une longue collaboration allait commencer avec le galeriste Alexandre Iolas, défenseur des surréalistes et des nouveaux-réalistes. D’emblée, les Lalanne ont été reconnus. Des collectionneurs prestigieux tels les Rothschild, les Noailles ou Yves Saint Laurent ont salué leur talent et l’État, également, leur a passé de nombreuses commandes.

Rhinocrétaire et choupatte Lalanne

A gauche : Rhinocrétaire II en laiton, corne de rhinocéros, bois gainé tôle de laiton, queue en cuir avec armature en acier - François-Xavier Lalanne, 1966 - Musée des Arts décoratifs, Paris, ADAGP © Les Arts décoratifs, photo Jean Tholance, A droite : Choupatte en cuivre et bronze - Claude Lalanne - Collection particulière, photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Toute la carrière de ces deux artistes est tendue par la volonté de désacraliser la sculpture, en lui rendant une dimension familière, voire un usage. Une sculpture, selon eux est faite pour être regardée, mais également touchée. On l’ouvre aussi parfois, on s’y assoit, on la porte au cou … C’est ainsi que les animaux facétieux de François-Xavier ont dans leur ventre des fonctions cachées : ses moutons sont aussi des sièges ou des banquettes et l’un de ses hippopotames s’ouvre pour devenir baignoire … Les animaux permettent aussi une multiplicité des formes. Claude, elle, moule et assemble les corps, les feuilles, les pommes, les choux.

Atelier Lalanne et Gorille de Sureté Lalanne

A gauche : Atelier de François-Xavier Lalanne - Photo de Paul Kasmin, 2008, A droite : Gorille de sûreté II en bronze, armure acier, serrure à chiffre - François-Xavier Lalanne, 1970 - Collection particulière, Photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Si les Lalanne ont en commun des partis pris esthétiques forts, leurs productions respectives n’en sont pas moins bien distinctes. Ils aimaient à dire qu’ils faisaient “table commune, mais atelier séparé”. D’abord, chacun a développé un savoir-faire spécifique. François-Xavier, a trouvé dans la sculpture son principal mode d’expression. Il transforme la matière. Il préférait la technique du métal repoussé et soudé, tout en s’intéressant ponctuellement à la résine de polyester ou au cuir. Il a lui-même exécuté ses grandes sculptures de laiton ou cuivre. Les œuvres de Claude sont réalisées à partir des techniques liées à l’empreinte, au moulage et à la galvanoplastie, procédé fondé sur des principes électrolytiques qui lui permettait de reproduire feuilles, fleurs ou fruits sur des supports variés.

Collier laiton et couverts en argent

A gauche : Collier Soleil en bronze et laiton - Claude Lalanne, vers 1970 - Collection particulière © DR, A droite : Couverts en argent - Claude Lalanne, 1966 - Réalisés pour Alexandre Iolas - Collection particulière, photo Alexandre Bailhache © ADAGP

Leur différence se remarque également au plan des thèmes abordés : à lui le bestiaire espiègle ; à elle la nature. On doit à Claude des pièces plus intimes, voire plus baroques. Son travail est délicat et fin. Son inspiration, c’est le monde imaginaire, le surréalisme et l’Art Nouveau et ses références constantes à la nature dénotent un sens réel de la poésie. Elle travaille beaucoup le bronze. Très tôt aussi, elle s’est intéressée aux bijoux qu’elle a d’abord réalisés pour elle-même puis pour les autres notamment pour Yves Saint Laurent ou Alexandre Iolas. Exposés pour la première fois en 1966, ses bijoux prendront par la suite des formes variées et se prolongeront en ceintures, petits sacs et chapeaux.

Bracelet bronze et Pomme bouche

A gauche : Bracelet Bouche en bronze - Claude Lalanne, vers 1975 - Collection particulière, A droite : Pomme bouche d'Alan en cuivre galvanique et bronze - Claude Lalanne - Collection particulière, 2008, photo DR © ADAGP

Bijoux et accessoires de mode sont réalisés par galvanoplastie. Il s’agit soit de pièces uniques, soit d’éditions de la galerie Art Curial. Ses bijoux s’inspirent de la nature et du végétal comme la broche Anémone en or (1972), boucles d’oreilles à deux feuilles en alliage cuivreux (1974), bracelet petit papillon en bronze patiné doré (1978), collier Libellule en or (1980), collier Groseille en or (1979). Certaines pièces comme le sautoir Ronces en argent (1975) ou les broches serpent en métal plaqué or (1994), sont en rupture avec les conventions du bijou parure. Parmi les pièces exposées, on remarque particulièrement pour leur parti pris surréaliste les bagues “Bouts de doigts en or” (1970) qui prennent la forme du doigt et l’”Oreille de Teeny” en or (1970). Claude a également produit de petites sculptures, proches de l’univers du bijou, comme les pommes montres ou les montres oignons. On remarque que le thème de la pomme revient souvent, comme un hommage à Dali. Afin d’évoquer la partie la plus intime de son travail, ces pièces sont présentées sur le mobilier du quotidien de Claude.

Une rétrospective à ne pas manquer pour découvrir ou redécouvrir deux artistes marquants. Laissant une large place aux photographies, le catalogue de l’exposition replace judicieusement le travail des Lalanne dans l’histoire de la sculpture et des arts décoratifs.

  • Exposition Les Lalanne – Les Arts Décoratifs – 107, rue de Rivoli – 75001 Paris
  • Du 18 mars au 4 juillet 2010
  • Catalogue Les Lalanne – Sous la direction de Béatrice Salmon et Dominique Forest – Texte d’Olivier Gabet, conservateur du patrimoine – Editions Les Arts Décoratifs

Bijoux et Vanités

Mercredi 3 février 2010

affiche-vanites“Vanité des vanités, tout est vanité” … Au IIIème siècle avant Jésus Christ, les textes de l’Ecclésiaste mettaient en balance l’oeuvre dérisoire de l’Homme face à la mort. Ensuite, c’est l’Art qui a pris le relais dans ce rappel à l’humilité. A travers 150 pièces originales, le Musée Maillol met aujourd’hui en perspective les différentes approches de la mort selon les époques et les artistes. En remontant le fil du temps, l’exposition “C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst” nous convie à un véritable parcours initiatique où le bijou tient une place non négligeable.

Le visiteur commence par découvrir les vanités contemporaines. D’emblée, des oeuvres fortes l’interpellent. La sérigraphie du crâne en poussières de diamants de Damien Hirst “For the love of God, Laught” par exemple, voisine avec un crâne en mouches du même auteur “The fear of death (Half Skull)”. À se demander si le chef de file de la YBA Generation, parvient à choisir entre le beau et le réaliste pour représenter la mort.

Une chose en tous cas est certaine, depuis la fin du XXème siècle, la représentation de la mort est foisonnante dans l’art et déborde largement de son champ. Crânes et ossements ont également envahi notre quotidien et s’affichent sur les vêtements et les pochettes de CD … Les créations morbides ont évolué selon les époques. Les vanités médiévales soulignaient la brièveté de la vie et l’inutilité des biens terrestres ; les vanités actuelles sont plus agressives et évoquent les totalitarismes et l’évolution pernicieuse de la société moderne.

Bague en or et émail représentant un crâne traversé par un serpent - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Bague "Alchimie" en or et émail, représentant un crâne traversé par un serpent - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

L’exposition “Les Vanités” consacre une large place aux oeuvres picturales et met en perspective les approches de la mort selon Le Caravage, Géricault, Cézanne, Braque, Ernst ou Picasso, mais aussi selon Warhol, Uklanski ou Hirst pour ne citer que ceux là. Mais, parce qu’en occident, les bijoux sont eux aussi le reflet des mentalités et des angoisses, ils ont ici une place importante. Du Moyen Age à l’époque contemporaine, les sentiments mortifères se sont aussi largement exprimés par les bagues, colliers et bracelets.

Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Création Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

De gauche à droite : Bague "Culte" en or, émail blanc et diamants - Boucles d’oreilles à pendants "Tempus fugit" composées de deux miniatures sur argent représentant des vanitas en or et diamants - Codognato - Collection particulière © Andrea Melfi

Pour la première fois sont exposées en France de très nombreuses pièces créés par la dynastie des Codognato. Depuis 1866, ces joaillers vénitiens ont produit, dans la plus grande discrétion, des bijoux chargés de symboles mortuaires. Les pendentifs, colliers et bagues en forme de crânes et d’ossements sont entourés d’or, d’émail, de pierres précieuses. S’inspirant parfois des peintres du Grand Siècle ou plus récemment de surréalistes tel Magritte, les Codognato ont su fasciner des acheteurs aussi prestigieux que d’Annunzio, Visconti, Onassis, Cocteau, Hemingway, Diaghilev, Manet, Wharol ou Elton John.

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, Bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle/Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bagues en argent : bague au cercueil ouvert, bague avec personnage de la mort armé de la faux, bague au crâne fleuri - Suzanne Gulliver pour les Hells Angels - États-Unis, vers 1960 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

D’autres bijoux, prêtés par le galeriste et collectionneur parisien Yves Gastou, sont davantage liés aux phénomènes sociaux contemporains. Délaissant les bagues Renaissance, censées rappeler à chacun qu’il va mourir ou les bagues de deuil du XIXème siècle, Yves Gastou s’est concentré sur les bijoux où la mort devient symbole agressif de contestation et d’anarchie. On peut ainsi redécouvrir les bagues viriles et barbares réalisées par Suzanne Gulliver pour les Hells Angels dans les années 1950. On peut admirer également les créations fantastiques plus récentes du hollandais André Lassen. On notera encore, pour l’anecdote, que les grands joaillers parisiens ne sont pas totalement absents de l’exposition. Helmut Newton “Shakespeare – Crâne et collier de diamants” a photographié aux rayons X un modèle qui porte un collier de diamants Van Cleef and Arpels.

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

De gauche à droite : Bague en or et quartz fumé et anneau en or jaune représentant une ronde de squelettes - Marc Gassier, vers 1980 © Jean Alex Brunelle - Galerie Yves Gastou

  • Exposition C’est la vie ! Vanités, de Caravage à Damien Hirst – Fondation Dina Vierny, Musée Maillol – 61, rue de Grenelle – 75007 Paris
  • Du 3 février au 28 juin 2010

Bijoux oeuvres d’art

Vendredi 16 octobre 2009

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

Broche "Nana ange" - Niki De Saint Phalle, 1991 © Niki Charitable Art Foundation/Adagp, Paris 2009 © Studio Sebert, Paris

L’exposition Bijoux d’Artistes au Musée du Temps de Besançon, dont nous avons parlé récemment, est prolongée jusqu’au 15 novembre.

Si vous n’avez pas le temps de vous y rendre en journée, profitez de la nocturne du samedi 14 novembre de 19h à 23h avec des visites à 20h30 et 21h30 (entrée et visite guidées gratuites).

Une occasion supplémentaire d’aller admirer ces bijoux œuvres d’art signés par les plus grands noms de l’art moderne et contemporain : Giacometti, César, Picasso, Niki de Saint-Phalle …

  • Exposition Bijoux d’artistes – Musée du temps – Palais Granvelle – 96, Grande rue – 25000 Besançon
  • Du 11 juin au 15 novembre 2009