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Agate, quartz, aigue marine et autres pierres gemmes au musée de minéralogie de l’école des Mines

Samedi 31 juillet 2010

L’exposition “Notre terre, ce joyau” qui se tient actuellement au Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech présente, pour la première fois à Paris, un ensemble d’une centaine de pièces issues des plus grandes collections privées et publiques européennes. Il s’agit à la fois de pierres brutes, véritables chefs d’œuvre de la nature, et de minéraux mis en valeur par des lapidaires.

Le visiteur peut ainsi découvrir des agates, ferites, quartz alpins, pegmatites … Ces pierres ont été trouvées en l’état, dans leur milieu naturel. Il peut aussi admirer des objets artistiques nés de la main de l’Homme. Le catalogue qui complète l’exposition nous confirme que, déjà, nos ancêtres du néolitique façonnaient des bijoux à partir de minéraux dont ils appréciaient la dureté, l’inaltérabilité, la couleur, la transparence, la brillance … Ils conféraient bien souvent un caractère surnaturel à ces pierres rares, si différentes des cailloux ordinaires. Cette incapacité à admettre une origine naturelle aux pierres précieuses a perduré des millénaires, dans toutes les civilisations et sur tous les continents.

Dom Pedro

"Dom Pedro" Omdas Maritimas Aigue Marine Design: Bernd Munsteiner © Henn GmbH

L’exposition comporte des pierres gemmes taillées et des sculptures sur minéraux précieux présentés par la firme Henn d’Idar-Oberstein en Allemagne. Au premier rang de ces pièces se trouve le Dom Pedro III. C’est une pierre pyramidale d’une hauteur de 36 cm et d’une base carrée de près de 10 cm de côté, pesant le poids exceptionnel de 10 395 carats ! Cette aigue marine, d’une teinte et d’une pureté parfaite, a été sculptée en l’honneur des deux empereurs qui ont créé le Brésil moderne : Dom Pedro I et II. Elle est le fruit d’une complicité entre Axel Henn, qui a découvert le cristal au Brésil à la fin des années 80, et Berndt Munsteiner qui l’a sculpté. C’est la plus belle aigue marine jamais traitée par ce dernier.

Bagues or et émail

A gauche : Bague en or 18 carats et émail, diamants poire tanzanite, tourmaline coussin, poire aquamarine et saphir bleu coussin, A droite : Bagues en or 18 carats et émail, cabochons en rubellite tourmaline et grenat mandarin - Photos : Courtesy of Henn of London Ltd. Londres, Angleterre © Henn of London Ltd -Photographie Dom Pedro : Courtesy of Henn GmbH, Idar-Oberstein, Allemagne © Henn GmbH - Photographies (y compris le Dom Pedro) : Lichtblick Fotodesign - Hiltrud & Jürgen Cullmann Schwollen

MédaillonsPar ailleurs, cinq écrins contiennent des parures en graphite ciselé faisant partie du trophée offert au Conservatoire des Arts et Métiers par Jean-Pierre Alibert (1820-1905), découvreur du graphite et des jades de Sibérie. Ornés de néphrite et de diverses pierres dures, ces camées, broches, boucles d’oreilles, décorations et ornements sont l’œuvre de ciseleurs et monteurs d’une particulière habileté. A l’époque où ces pièces ont été réalisées, à la fin du XIXème siècle, Carl Fabergé avait fait de la “néphrite de Sibérie” l’une des pierres favorites des cours européennes.

Boucles d'oreilles en graphite

Boucles d'oreilles, broches, camées, médaillons en graphite - Collection JP Alibert - Photographies : © Musée des Arts et Métiers

On peut voir aussi des acquisitions récentes d’un grand collectionneur italien, Adalberto Giazotto, montrant des créations actuelles de la “minéralogie artistique” ainsi que des ambres du Musée de la Terre à Varsovie. La collection de minéraux du Musée, l’une des plus importantes au monde, reste bien sûr accessible pendant l’exposition.

  • Exposition Notre terre, ce joyau – Musée de Minéralogie de l’école des MINES ParisTech – 60, boulevard Saint-Michel – 75006 Paris
  • Du 4 mai au 27 août 2010
  • Catalogue Notre terre, ce joyau, à la découverte de la beauté minérale – Editions de l’Analogie

L’ambre, l’or de la baltique

Mardi 15 septembre 2009

ambre-petite-photoApprécié pour sa beauté, mais aussi parce que certains lui prêtent des vertus thérapeutiques, l’ambre occupe une place prépondérante dans la bijouterie. Sous forme de bracelets, boucles d’oreilles ou colliers, sertis d’or ou d’argent, les professionnels de l’ambre cherchent même aujourd’hui à séduire les milieux de la mode pour en faire un produit de luxe.

Envoyé Spécial, sur France 2, vient de diffuser un intéressant reportage sur l’exploitation de cette résine fossile de pins, vieille de 40 millions d’années. Parce que les forêts de pins  recouvraient l’Europe du Nord, c’est à Kaliningrad – enclave russe entre Pologne et Lituanie -  que les extractions de la “pierre de soleil” sont les plus importantes. Ici elle se ramasse à la tonne. La mine de Iantarny (Ambreville en russe) possède un gisement de plus d’un million de tonnes d’ambre. Elle est restée propriété d’Etat et le travail s’y effectue sous l’étroit contrôle des agents du FSB (ex  KGB).

Dans les ateliers de fabrication, le matériel est complètement obsolète et la plupart des opérations s’effectuent à la main. Faute d’investissements, la production du monopole d’Etat décline régulièrement au profit d’un marché parallèle qui équivaut aujourd’hui au tiers de la production officielle. Parmi les clandestins, il y a les ouvriers de la mine qui, au prix d’un travail acharné de nuit, arrivent tout juste à améliorer leur quotidien. Il y a aussi et surtout de véritables hommes d’affaires qui mobilisent des équipes et développent un business très lucratif. Ils utilisent les mêmes techniques qu’à Iantarny, avec du matériel souvent plus performant : des pompes injectent de l’eau de mer sous forte pression dans les trous creusés sur les filons pour faire remonter l’ambre en surface.

Les caméras d’”Envoyé Spécial” s’attardent aussi en Pologne, à Gdansk, véritable capitale mondiale de l’ambre dans tout son éclat. C’est là que les bijoutiers du monde entier viennent faire leur marché. C’est là que les Polonais viennent célébrer le culte qu’ils vouent à la pierre de soleil. Ils se montrent généreux et les dons “en nature” affluent en signe de reconnaissance à la pierre qui fait vivre toute la région. A Gdansk, l’ambre est partout et constitue un pôle important d’attrait pour le tourisme. On le trouve dans toutes les églises, mais aussi dans les bars et, bien sûr, sous forme de bijoux à l’étal de la plupart des magasins. “L’industrie” de l’ambre occupe 10 000 personnes, soit trois fois plus que les mythiques chantiers navals du vieux port de la Baltique.

  • Documentaire De l’ambre à la lumière – Reportage de Rémy Vincent, Johan Bodin et Stéphane Huonnic © Keep Shooting- Envoyé Spécial, France 2 – 10 septembre 2009

Salomé Osorio, créatrice présente sur la boutique Notes Précieuses, utilise l’ambre dans certains de ses bijoux :

Boucles d'oreilles Caniche - Salomé Osorio - Bijouterie en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses

Boucles d'oreilles Caniche - Salomé Osorio - Bijouterie en ligne notesprecieuses.com © Notes Précieuses