Archive pour la catégorie ‘Evénements’

Bijoux originaux de l’”Aesthetic movement” au musée d’Orsay

Jeudi 12 janvier 2012

Musee-d-orsay-expositionsEn explorant l”Aesthetic Movement”, né dans l’Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle, l’exposition “Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde” du Musée d’Orsay nous permet d’approcher la notion de “l’art pour l’art”. Cette nouvelle esthétique, affranchie des idées culturelles et des codes moraux, n’a d’autre objectif que d’atteindre la beauté. Après le Victoria and Albert Museum, le Musée d’Orsay présente ainsi les œuvres emblématiques des figures les plus représentatives du mouvement : Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris ; James McNeill Whistler, Oscar Wilde et Aubrey Beardsley. L’idée de vivre entouré de beauté ne se limita pas à la peinture, la littérature, la photographie, l’architecture et à l’art décoratif. Cet esthétisme populaire s’exprima aussi pleinement à travers la mode et les bijoux.

Musee-d-orsay

Musée d'Orsay © Photo Notes Précieuses

Choisissant leurs modèles parmi les femmes dont le physique et le mode de vie sortaient des canons victoriens, les peintres de l’”Aesthetic Movement” définirent de nouveaux critères de beauté. Magnifiant la splendeur naturelle du corps, ils firent en sorte que les vêtements d’une femme reflètent ses formes. Les conservateurs déplorèrent l’absence totale de sentiments humains et religieux dans leurs œuvres qui, selon eux, incitaient à l’immoralité. Mais de nombreux collectionneurs et mécènes ont largement adhéré à leurs idéaux. On les trouvait, d’une part parmi la vieille aristocratie et les cercles intellectuels, d’autre part chez les nouveaux entrepreneurs issus du monde du commerce.

James-McNeill-Whistler

A gauche : Symphonie en blanc n°2 : La Petite fille blanche (Symphony in White, n°1 : The Little White Girl), huile sur toile - James McNeill Whistler, 1864 - Londres, Tate, legs Arthur Studd, 1919 © Tate, London, 2011, A droite : "Mrs Luke Ionides", huile sur toile - Sir William Blake Richmond, 1882 - Londres, Victoria and Albert Museum © V&A Images

Les Ionises notamment, riches marchands anglo-grecs, étaient d’insatiables collectionneurs d’art. William Blake Richmond représenta dans une de ses toiles, une femme de la dynastie dans une robe artistique ample, serré à la taille par une ceinture ornée d’une boucle style néo-renaissance. Il est aussi à noter que le mouvement esthétique fut le premier courant artistique qui lança une mode touchant non seulement l’élite qui l’incarna, mais aussi les classes populaires. Prônant un retour à l’artisanat traditionnel, il donna naissance au mouvement Arts and Crafts.

Albert-Moore

A gauche : Faustine, huile sur toile - Maxwell Armfield, 1900/1904 - Paris, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay), Hervé Lewandowski et The Estate of Maxwell Armfield, Bridgeman Art Library, A droite : Solstice d'été (Midsummer), huile sur toile - Albert Moore, 1887 - Bournemouth, The Russell-Cotes Art Gallery and Museum © Photograph reproduced with the kind permission of The Russell-Cotes Art Gallery & Museum, Bournemouth

Dans le domaine de la bijouterie joaillerie, l’”Aesthetic Movement” préféra l’invention artistique à la valeur intrinsèque du bijou. L’artiste crée des œuvres plutôt que des symboles destinés à affirmer un statut social. Il utilise des matières comme – les pierres fines, l’ambre, le corail – , l’argent plutôt que l’or et remet à l’honneur des techniques telles que l’émail ou le filigrane. Les motifs, les formes et les techniques changent. On peut ainsi découvrir une broche d’Edward Burne-Jones utilisant des matériaux colorés comme l’émail, la turquoise et le corail. On peut aussi admirer un collier, ensemble filigrane en vermeil serti d’améthystes et perles. De nombreux artistes de l’”Aesthetic Movement” ont travaillé étroitement avec des joailliers professionnels comme Child & Child à Londres.

Bijou-cheveux

A gauche : Broche et ornements pour cheveux en corail sculpté, or émaillé - Carlo Giuliano, 1875/95 - Londres, Victoria and Albert Museum, prêt American Friends © V&A Images, A droite : "Esther", huile sur toile,- John Everett Millais, 1865 - Etats-Unis, collection Robert et Ann Wiggins Photograph Courtesy of Sotheby's, Inc. © 2011

De même, le bijoutier Carlo Giuliano réalisa de nombreux bijoux conçus et dessinés par le peintre préraphaélite Edward Burne-Jones. Il travailla aussi pour Charles Ricketts et Edward Poynter. Ce dernier dessina le collier en vermeil doré et serpentine, dit “d’Hélène de Troie“. Il l’avait commandé pour son tableau “Helen of Troy” dans lequel il apparaît. Paradoxalement, en dépit du caractère classique du sujet de cette œuvre, le bijou s’inspirait d’un collier traditionnel indien Gujarâti. Les femmes contribuèrent à répandre la mode des robes et des bijoux “artistiques“, devenues influentes dans la diffusion de ce mouvement artistique.

Broche-argent-et-verre

A gauche : Broche en argent et verre teinté -1840/1865. Dante Gabriel Rossetti l'offrit à Jane Morris - Londres, Victoria and Albert Museum, don de May Morris, fille de Jane et William Morris © V&A Images, A droite : "Bocca Baciata", huile sur panneau - Dante Gabriel Rossetti, 1859 - Boston, Museum of Fine Arts - Photograph © 2011 Museum of Fine Arts, Boston

L’Orient et les découvertes archéologiques de l’époque, notamment grecques et étrusques furent une source d’inspiration pour les peintres et les bijoutiers de l’époque. Dante Gabriel Rossetti, qui joua un rôle essentiel dans le développement de l’idéal esthétique et fonda la confrérie des préraphaélites, collectionna de nombreux bijoux orientaux et populaires. Il les fit souvent porter à ses modèles. Sa maîtresse, Fanny Cornforth, apparaît dans son œuvre “Bocca Baciata” (La bouche embrassée), sensuelle et provocante, portant boucles d’oreilles, collier et bijou de cheveux. C’est elle aussi qui, dans “The blue Bower” (Le boudoir bleu) porte en pendentif, une broche en argent et verre en forme de cœur. Cela n’a pas empêché le peintre d’offrir ce bijou à Jeanne Morris dont il tomba par la suite amoureux. Sir Lawrence Alma Tadema offrit à sa femme un bracelet manchette en or serti de diamants, turquoise, rubis, saphir en forme de serpent, réalisé par Joseph S. et Alfred B. Wyon. Le nom de la jeune femme y est gravé en lettres grecques. Il l’avait dessiné comme accessoire pour ses peintures en s’inspirant de pièces de joaillerie antiques grecques et romaines. La photographe Julia Margaret Cameron fit quant à elle porter à ses modèles, des bijoux “barbares”, ceux là même qu’arboraient au quotidien les femmes des cercles artistiques.

Plume-de-Paon

A gauche : Tissu d'ameublement Plumes de paons (Peacock furnishing fabric). Coton imprimé au rouleau. Imprimé par la Rossendale Printing Co., Lancashire for Liberty & Co., Londres - Arthur Silver, 1887 - Londres, Victoria and Albert Museum, don de Rex Silver, fils du designer © V&A Images, A droite : "Pavonia", huile sur toile - Frederic Leighton, 1858/1849 - Londres, collection particulière, Courtesy Christie's © Christie's Images

Dans l’imagerie de l’”Aesthetic Movement“, qu’il s’agisse de peinture ou d’art décoratif, trois motifs reviennent constamment : les tournesols, symboles de la beauté vigoureuse ; les lys qui traduisent la beauté contemplative ou féminine et les paons, symboles traditionnels de l’orgueil de la beauté. Pour Frederic Leighton, évoquant son tableau “Pavonia” , le “paon” signifie que le vrai thème de la peinture est là. Par la suite, cette peinture fut considérée comme l’incarnation de la femme fatale moderne, à l’image de Lucrèce Borgia.

  • Exposition Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde – Musée D’Orsay – 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
  • Du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012

Bijoux en or et art grec antique au musée du Louvre

Mercredi 11 janvier 2012

Exposition-du-LouvreLes cinq cents œuvres – dont plusieurs inédites – exposées au Louvre dans le cadre de l’exposition “Au Royaume d’Alexandre le Grand” retracent l’histoire de la Macédoine antique : du XVe siècle avant notre ère jusqu’à la Rome impériale. Grâce aux découvertes archéologiques récentes, le visiteur peut prendre la totale mesure de la richesse du patrimoine artistique de la Grèce du Nord. Des trésors funéraires intacts nous permettent d’approcher différents aspects de la civilisation macédonienne tels la production artistique, l’organisation du royaume, l’éducation, le monde des hommes et celui des femmes. On peut admirer des objets précieux et des bijoux exceptionnels qui témoignent de la virtuosité des artistes d’alors.

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Mosaïque de la chasse au lion, galets enduits - 325 av. J.-C. - Pella, Maison de Dionysos (original) - Pella, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism /Archaeological Receipts Fund

Dès la fin de l’âge du bronze la Grèce du nord a vu émerger des dynasties royales. Si certains souverains ont laissé une empreinte forte, c’est sous le règne de Philippe II (359-336 av. J.-C.) que la Macédoine a pris sa réelle ampleur. C’est toutefois son fils Alexandre le Grand qui jouira de la plus grande renommée et sera élevé au rang de héros, voire de dieu vivant.

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A gauche : Sarcophage attique Thessalonique en marbre, contenant deux urnes et des bijoux - Dernier quart du IIe s. ap. J.-C. (vers 180 ap. J.-C.) - Paris, musée du Louvre © RMN, René-Gabriel Ojéda, A droite : Portrait d'Alexandre en marbre - IIIe siècle av. J.-C. - Aux environ de Pella - Pella, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund

Il monta sur le trône de Macédoine à vingt ans, en 336 av. J.-C., et renversa l’empire Perse qui menaçait constamment la Grèce depuis plus de 150 ans. Il fit rayonner la culture hellénique de façon durable, de l’Egypte à l’Inde. Les récentes découvertes sur ce site de Vergina, première capitale du royaume de Macédoine sous le nom d’Agai, ont été déterminantes dans la connaissance de la Région.

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A gauche : Couronne de feuilles de chêne en or - Deuxième moitié du IVe s. avant J.-C. - Vergina (Aiga), sanctuaire d’Eukleia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Couronne à feuilles et fleurs de myrte en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Stavroupolis (près de Thessalonique), rue Oraiokastrou, tombe à ciste - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund

Les archéologues ont mis au jour plusieurs sépultures royales, parmi lesquelles celle de Philippe II. Les trésors découverts témoignent des richesses locales. Les défunts étaient inhumés avec leurs armes, leurs ustensiles, leurs bijoux. Une tombe féminine de la nécropole de Sindos, près de thessalonique, est présentée dans son intégralité. Elle comprend notamment une paire de boucles d’oreilles, un collier de perles et pendeloques et des épingles en or. Dans une autre tombe, datant de 520 avant J.-C, le visage du défunt est entièrement dissimulé derrière un casque en bronze et un masque en or. Cette découverte ne va pas sans intriguer les chercheurs car une telle tradition funéraire avait disparu en Grèce depuis l’époque des tombes à fosse de Mycènes aux XVIIe et XVIe siècles avant J.-C … Des objets retrouvés dans des nécropoles sur les cotes de Macédoine témoignent quant à elles de l’importance des échanges commerciaux à l’époque. On y trouve en effet des œuvres importées : vases attiques chiotes, corinthiens, ou d’Asie Mineure.

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A gauche : Bracelet à têtes de bouquetin en or - Première moitié du IIIe s. av. J.-C. - Evropos, Kilkis - Kilkis, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Casque de type illyrien en bronze et masque en or - Vers 520 av. J.-C. - Sindos, tombe 115 - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/ Archaeological Receipts Fund

Au IVe siècle av. J.-C., l’art de la Grèce du Nord est à son apogée. Les techniques se sont développées pour atteindre un niveau de maîtrise remarquable dans tous les domaines : céramique, sculpture, mosaïques, travail du métal et de l’ivoire, invention du verre transparent, bijouterie de haute qualité. Dans ce dernier domaine, l’influence du monde oriental se conjugue avec le savoir faire des artisans locaux qui sont de réels virtuoses notamment dans la maîtrise de la granulation et du filigrane. On peut par exemple admirer un magnifique bracelet d’or (première moitié du IIIe siècle avant J.-C) dont le jonc se termine par deux têtes de bouquetins aux détails morphologiques ciselés.

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A gauche : Bague en or avec chaton en sardoine - Fin du IVe - début du IIIe s.av. J.-C. - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Collier en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Sédès (act. Thermi), tombe 3 (1938) - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund

Autre joyau : une chaine d’or tressée qui se termine par deux têtes de lion ; le crochet du fermoir est dissimulé par un nœud d’Héraklès dont les 4 extrémités se terminent par des têtes de lion plus petites. On remarque également des boucles d’oreilles en or à tête de lion. Ce type de bijou, très apprécié en Macédoine, est apparu dans le monde grec à la fin du IVème siècle avant JC. Les boucles étaient portées de telle sorte que le mufle du lion soit contre le lobe de l’oreille. Les boucles d’oreilles, élément incontournable de la parure féminine, sont une forme de valorisation et d’ostentation sociale.

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A gauche : Couronne de feuilles de lierre et corymbes en or - Troisième quart du IVe s. av. J.-C. - Apollonia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Diadème en or - Dernier quart du IVe s. av. J.-C. - Sédès (act. Thermi), tombe 3 (1938) - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund

Les parures, bijoux, objets de la vie quotidienne qui sont exposés en disent long sur la condition féminine d’alors. En Macédoine, la femme était vêtue d’une longue tunique de laine ou de lin, et d’un manteau. Elle se maquillait, se parfumait et se parait de bijoux d’or, d’argent parfois mêlés de pierres semi précieuses.

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A gauche : Médaillon en or des jeux de Véroia, en l’honneur d’Alexandre et de sa famille - 225-250 ap. J.-C. - Egypte, Aboukir - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund, A droite : Statère en or d'Alexandre III - IVe s. av. J.-C. - Apollonia - Thessalonique, musée archéologique © Hellenic Ministry of Culture and Tourism/Archaeological Receipts Fund

Aux époques archaïques et classiques, la femme macédonienne a vécu cloîtrée dans le gynécée. Les conquêtes d’Alexandre, qui favorisaient l’avènement d’un monde nouveau, lui permirent de paraître plus souvent en public. Elle continue cependant à vivre dans un univers différent de celui des hommes. On peut également admirer une magnifique statuette en terre cuite dont la polychromie est quasi intacte, ou encore un coffret à bijoux à vernis noir décoré d’un collier d’or sur le couvercle.

  • Exposition Au royaume d’Alexandre Le Grand, la Macédoine antique – Le Louvre, hall Napoléon – 75058 Paris – France
  • Du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012

Bijoux afro-brésiliens en Belgique

Mardi 10 janvier 2012

Grand-Hornu-expositionL’importation d’esclaves en provenance d’Afrique a profondément marqué la culture brésilienne dans tous les domaines et principalement la parure. Dans le cadre d’Europalia Brasil, Grand-Hornu Images, le musée d’Hornu, village situé près de Mons, propose “Perles de liberté“, une exposition consacrée aux bijoux afro-brésiliens. On y trouve ceux qui furent portés, du XVIème au XIXème siècle, par des femmes noires, qu’elles soient esclaves ou libres. Le style des bijoux créoles conçus à Bahia sont un mélange d’orfèvrerie traditionnelle portugaise et africaines.  On peut aussi admirer des œuvres contemporaines tels les colliers de Jorge Rodrigues, dans la veine des traditions africaines, ou les bijoux de Junior de Odé, plus sensible aux modes contemporaines. Certains des bijoux exposés sont avant tout des signes de reconnaissance et d’émancipation ; d’autres ont une connotation religieuse forte ; d’autres encore, plus ludiques, ont été portés par des artistes ou à l’occasion du carnaval. Mais quelle que soit leur fonction, tous allient une charge symbolique et émotionnelle forte à leur esthétique flamboyante.

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Bijoux afro-brésiliens - Museu Carlos Costa Pinto @ Saulo Kainuma

Exposition-BruxellesBien que la métropole interdise l’usage d’accessoires somptuaires aux couches les plus pauvres de la société brésilienne, les seigneurs - principalement à Bahia qui fut la première capitale du Brésil – étaient soucieux dès l’origine de parer somptueusement leurs esclaves vivant dans l’espace domestique. Elles devaient porter des vêtements et bijoux dignes du statut de leur maître. A l’exposition “Brazil.Brasil” au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, on peut admirer en ce moment, une peinture anonyme du milieu du XIXe siècle représentant une esclave vêtue comme une reine : sur sa robe somptueuse, elle porte onze lourds colliers d’or et, dans les cheveux et autour des poignets, d’autres bijoux opulents. Le peintre a tenu toutefois à montrer en contrepoint l’expression taciturne et résignée de cette femme qui, finalement, n’était pas en adéquation avec ses somptueux atours.

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A gauche : Bijou créole - Museu Carlos Costa Pinto © Saulo Kainuma, A droite : Femme de Bahia - Anonyme - Milieu du XIXème siècle - Acervo do Museu Paulista da Univarsidade de Sao Paulo © Helio Nobre

La plupart du temps, les bijoux portés par les esclaves sont en or ou en argent et on y a parfois ajouté d’autres matières précieuses ou du corail, de l’ivoire, du bois. Ce sont des rangs de perles, d’anneaux, de chaines avec des croix, des rosettes, des pendentifs, des boucles d’oreilles, des bracelets cylindriques, des bagues, des breloques … Une fois affranchies, les anciennes esclaves continuaient de se parer. Pour elles, la détention de bijoux n’était pas simplement un acte de coquetterie. C’était aussi un moyen d’assurer leur survie dans une société hostile ou encore d’acheter la liberté de parents ou amis. Pour paraitre riche, il fallait posséder un grand nombre de bijoux. Aussi ne sont-ils pas constitués de métal pur ; ils ne sont pas massifs. Ce qui compte, c’est que le bijou soit visuellement imposant. C’est pourquoi des techniques comme le filigrane et la ciselure étaient couramment pratiquées afin d’accroître la luminosité du métal.

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Balangandas © Museu de Folclore Edison Carneiro

Les bijoux afro-brésiliens avaient d’autres vertus que de marquer la richesse, le pouvoir et le statut social. Selon les matériaux utilisés, on leur attribuait également des propriétés magiques et religieuses. De nos jours encore, certains de ces bijoux sont incorporés aux vêtements d’officiantes de rites anciens. Ils sont aussi utilisés dans les bars ou les voitures pour protéger des mauvais présages. L’exposition “Perles de liberté” montre par ailleurs, des colliers de perles de différentes couleurs et matières qui, dans certains rites, notamment le “candomblé“, accompagnent l’adepte des premiers instants de son initiation jusqu’aux cérémonies funèbres. L’évolution de ces bijoux permet d’observer l’ascension dans la hiérarchie religieuse de celui qui les porte. Au départ, les colliers sont simples, ascétiques et rigoureux, plus tard ils deviennent opulents et très élaborés, surtout pour les grands chefs religieux.

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Colliers de perles - Junior de Ode Menor © Junior de Ode Menor

La composante africaine ayant progressivement été valorisée dans la culture brésilienne, la femme afro-brésilienne s’est élevée au rang de symbole du métissage. La “Bahianaise” en est le modèle le plus connu : descendante d’esclave, elle était habillée d’une jupe et de plusieurs jupons, d’une blouse à manches courtes, d’un foulard sur le dos, d’un tissu sur la tête et de colliers de perles et de bijoux créoles. Autrefois ce personnage social constituait un véritable contre pouvoir post-abolitionniste et était considéré comme élément subversif par les élites. Au fil du temps, la “Bahianaise” est devenue un modèle positif, emblématique de la nation brésilienne. Elle s’est ainsi distinguée dans les écoles de Samba, la musique, les arts plastiques, le théâtre et le cinéma, la littérature. A Hollywood, En 1939, Carmen Miranda en devient l’incarnation - de manière souvent caricaturale – par sa tenue et ses chansons qui mêlaient religiosité, ostentation et érotisme. Avec elle, les bijoux créoles et les colliers de perles du “candomblé” se font connaître dans le monde entier. D’autres artistes ont pris sa suite. Les bijoux de créoles et les colliers de perles sont encore aujourd’hui ancrés dans la culture brésilienne. Les bijouteries et les magasins de souvenirs en regorgent. Si aujourd’hui, des matériaux bon marché ont remplacé l’or, l’argent et le corail, on a conservé les formes et le goût de l’opulence, et de l’exubérance.

  • Exposition Perles de liberté, Bijoux afro-brésiliens – Grand-Hornu Images – Rue Sainte Louise 82/Belgium – 7301 Hournu – Belgique – Du 23 octobre 2011 au 26 février 2012
  • Exposition Brazil.Brasil – Palais des Beaux Arts – Rue Ravenstein 23 – 1000 Bruxelles – Belgique – Du 6 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Les bijoux fleurs, fruits et légumes de la photographe Natacha Lesueur

Lundi 9 janvier 2012

Artiste-photographeLe Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco) propose “Je suis née etc.“  de Natacha Lesueur. Cette artiste française présente, à côté d’œuvres plus anciennes, plusieurs réalisations récentes  autour du portrait et des questionnements liés à l’identité. Une grande partie de l’exposition est consacrée à Carmen Miranda, la star du cinéma hollywoodien des années 1940/50 qui, d’une certaine manière, symbolise la femme fabriquée et instrumentalisée par le système. Elle mourut tragiquement minée par l’alcool et les drogues. La photographe a fixé des images d’une comédienne qui incarne celle qu’on avait surnommée la “bombe brésilienne”. D’origine portugaise mais vivant au Brésil, Carmen Miranda évoquait jusqu’à la caricature l’exotisme … selon Hollywood. Elle jouait les danseuses de samba, affublées de chapeau plateau de fruits et parées de nombreux bijoux, dans des tenues exubérantes.

Art-photos

A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2009 - Collection de l'artiste, A droite : Sans titre - Natacha Lesueur, 2009 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

Star-Hollywood

Carmen Miranda

Natacha Lesueur a travaillé pendant deux ans sur ce projet. Dans la lignée des travaux de l’artiste américaine Cindy Sherman, elle explore, à travers le personnage de Carmen Miranda, l’image de la femme et de ses clichés et dénonce l’importance de l’apparence. Elle y malmène les signes d’”exotisme” des films de Carmen Miranda, inspirés des costumes traditionnels des bahianaises, descendantes d’esclaves. Le travail de Natacha Lesueur est construit sur le principe du piège visuel. Aux costumes, bijoux, maquillages colorés et postures stéréotypées, elle ajoute bijoux, coiffes, décorations et bricolages, souvent organiques, naturels et périssables. Ainsi les animaux, les ossements, les accessoires, les coiffures, les colliers et boucles d’oreilles en fleurs, fruits et légumes qui sont mis en scène, sont voués à la décomposition. L’esthétisme néo-baroque de l’artiste rend ses images vénéneuses. On découvre des beautés étranges, à la fois attirantes et repoussantes.

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A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste, A droite : Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

Depuis 1990, Natacha Lesueur développe un travail photographique autour du corps et de la nourriture. Elle s’en explique, lors d’un entretien avec Rémy Kerténian en août 2007 à l’occasion de son exposition “Je suis folle de ta bouche de fraise” à Toulon : “La nourriture est un matériel organique d’une grande richesse plastique (couleurs, textures), et porteur d’une symbolique forte.

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Sans titre - Natacha Lesueur, 2010 - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

[…] Mes accommodations, mes arrangements (terme que j’emploie pour mes sculptures alimentaires), n’ont pas pour objet de tromper le regard mais de lui proposer de mettre en œuvre son exactitude, de faire en quelque sorte le point par une focalisation plus ou moins progressive.

Artiste-moderne

A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur, 2011 - Collection de l'artiste, A gauche : Sans titre - Natacha Lesueur - Collection de l'artiste © Natacha Lesueur, ADAGP

D’où l’importance du format et des deux temps de lecture : de loin on voit une coiffure, un sourire, un portrait, un volcan ; de près, on voit de la purée de potiron, de la colle, des marques en forme de plume, etc.”

  • Exposition monographique, Natacha Lesueur, Je suis née etc. – Musée d’Art Moderne et Contemporain (Mamco) – 10, rue des Vieux-Grenadiers, CH-1205 Genève – Suisse
  • Du 10 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Turquoise, lapis lazuli, saphir et gemmes bleues dans l’art et l’archéologie à Namur

Dimanche 8 janvier 2012

La-pierre-bleueLes 200 objets et gemmes présentés actuellement au Musée provincial des Arts anciens du Namurois – Trésor d’Oignies ont tous un point commun, la couleur bleue. L’exposition “Regards sur le bleu” convie le visiteur à la découverte de tous les bleus d’origine minérale. On y trouve bien sûr des turquoises, saphirs, lapis-lazuli, sous forme de pierres brutes et de bijoux ; mais aussi des émaux, des porcelaines, des sculptures et des peintures et autres objets décoratifs et rituels où domine le bleu. De la Préhistoire à nos jours, le bleu a fasciné les hommes qui l’ont célébré sous forme de pierres précieuses ou semi-précieuses mais également de pigments pour la polychromie.

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A gauche : Boucles d'oreilles de dignitaire en or, turquoise, perles, verre - Début du XXème siècle - Tibet - Collection privée Au centre : Bijou de dignitaire avec Garuda en or, turquoise, rubis et lapis-lazuli - 1900 - Tibet - Collection privée, A droite : Perles de cheveux et petit Gau en or turquoise et argent - XVIIIème siècle - Tibet - Collection Ghysels © G. Focant, Vedrin

Dans de nombreuses civilisations, le bleu a d’emblée été prisé comme l’attestent certaines œuvres que l’on peut admirer à Namur : perles de cheveux en or et turquoises du Tibet, collier en Lapis lazuli d’Afghanistan, boucles d’oreilles en turquoise. On peut aussi admirer des richesses en provenance d’Égypte, de Chine, du Mexique, du Moyen-Orient et d’Europe.

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A gauche : Collier en Lapis lazuli - Afghanistan - 2000 avant JC - Collection Staf Van Roy Bruxelles, Au centre : Gau en or, turquoise, corail, lapis lazuli, diamant, grenat - XIXème siècle - Népal - Collection privée - Bruxelles, A droite : Boucle de dignitaire en or et turquoise - 1900 - Tibet - Collection privée - Bruxelles © G. Focant, Vedrin

Même si en Europe occidentale, l’engouement pour le bleu est plus tardif. Dans son livre “Histoire d’une couleur” et dans le catalogue de l’exposition, l’historien médiéviste français Michel Pastoureau révèle que les Grecs et les Romains n’appréciaient pas le bleu, synonyme de barbare.

Bague-saphir

A gauche : Collier en turquoise et cuivre - Afghanistan - IIème millénaire avant JC - Collection Staf Van Roy, Bruxelles, A droite : Anneaux épiscopaux en or et saphir - 1216-1240 - Ecole indéterminée - Collection Fondation Roi Baudouin - Namur, Musée provincial des Arts anciens du Namurois, Trésor d'Oignies © SPW/G. Focant, Vedrin

Ce n’est qu’à partir du XIIème siècle que la tendance s’est progressivement inversée au point de faire du bleu la couleur préférée des Occidentaux.

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A gauche : Collier en lapis lazuli - Afghanistan - 2000 avant JC - Collection Staf van Roy, Bruxelles, Au centre : Collier avec pendentifs, amulettes en pierres précieuses, coquillage et verre coloré - 1500-500 avant JC - Afghanistan - Collection privée © G. Focant, Vedrin

C’est surtout par la route de la soie, empruntée par les grandes caravanes qu’arrivaient les pierres précieuses, les plus convoitées étant le lapis-lazuli d’Afghanistan et la turquoise de Perse.

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Différentes vitrines de l'exposition © Musée provincial des Arts anciens du Namurois

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Reproduction Toison d'or Louis XV © H. Horowitz

Le point fort de l’exposition “Regards sur le bleu” est la présentation, pour la première fois, de la reconstitution à l’identique de la Toison d’Or de Louis XV qui en son centre possède le célèbre diamant bleu.

Cette réplique du chef d’œuvre de Jacquemin est l’œuvre du joaillier genevois Herbert Horovitz avec la collaboration de François Farges et son équipe.

On peut aussi voir ou revoir le documentaire-fictionÀ la poursuite du diamant bleu“, de Thierry Piantanida et Stéphane Bégouin, diffusé et produit par Arte, consacré à la saga de ce fameux diamant bleu de Louis XIV.

  • Exposition Regards sur le bleu : Turquoise, saphir, lapis et autres minéraux bleus dans l’art et l’archéologie – Musée provincial des Arts anciens du namurois Trésor d’Oignies (Trema) – Hôtel de Gaiffier d’Hestroy – 24, rue de Fer – B-5000 Namur – Belgique – Du 9 septembre 2011 au 15 janvier 2012
  • Catalogue Regards sur le bleu – Sous la direction de J. Toussaint – Collection Monographies du Musée provincial des Arts anciens du Namurois, n° 51

Premiers Etats Généraux Internationaux de la Gemmologie à Paris

Samedi 7 janvier 2012

Pierre-gemmeVous voulez tout savoir sur les perles de culture de la mer de Cortez, les diamants de couleurs de Bornéo, le jade, les émeraudes d’Afrique, le copal de la République démocratique du Congo, les pierres rares que sont les Tanzanites et tsavorites ou d’autres gemmes inhabituelles encore … Passionnés de pierres précieuses ou professionnels de la bijouterie joaillerie, vous trouverez réponse à vos interrogations lors des premiers Etats Généraux internationaux de la gemmologie. Ils se tiennent à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) à Paris du 19 au 21 janvier 2012. Vous pourrez assister à des conférences, des colloques sur la gemmologie, mais aussi la recherche, le marché, la bijouterie …

Pierre-precieuse

A gauche : Soies rubis © ING

Cette manifestation regroupe 200 gemmologues, chercheurs, scientifiques et professionnels de tous pays. Des experts viendront partager leurs savoirs notamment des gemmologues et professeurs d’université tels Patrick Voillot (Paris V), Emmanuel Fritsch (Nantes), Joaquim M. Nogues (Barcelone), mais aussi des membres du CNRS, des historiens de l’art, des directeurs de laboratoire … Vous pourrez aussi visiter des grandes maisons du luxe de la place Vendôme comme Van Cleef & Arpels, Chaumet, Chanel ; vous pourrez découvrir la collection de minéraux de Jussieu et des musées tels que la Galerie Musée Baccarat, le Musée des Arts décoratifs et le Louvre.

Saphir

A gauche : Inclusions dans un saphir - Collection Folimonoff, A droite : Spodumène © ING

Les Etats généraux de la gemmologie sont organisés par l’Institut National de Gemmologie (ING), qui fête ses 50 ans. Crée par les syndicats professionnels de la gemmologie et de la haute joaillerie, l’ING est devenu au fil des ans l’établissement de référence, en France et à l’étranger, dans l’enseignement de la gemmologie. C’est le seul établissement français à délivrer le titre certifié par l’Etat de gemmologue de niveau III. Dispensée à Paris, Cherbourg, Lyon, Monaco/Nice et Montpellier, la formation s’adresse aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels. Un des points forts de l’ING est sa collection exceptionnelle de pierres gemmes, sans cesse enrichie grâce à la collaboration étroite des Grandes Maisons de la place Vendôme et des Professionnels. Elle comprend actuellement plus de 27 000 pierres de qualité qui permettent aux étudiants de se confronter en permanence à l’épreuve de la réalité du matériau. Depuis 2007, l’ING a rejoint le groupe EAC, établissement reconnu par le Ministère de la Culture et spécialisé dans les métiers de la culture, de la communication, de l’art et du luxe.

Quartz

Quartz lepido © ING

Les Etats généraux de la gemmologie se tiennent pendant le 14ème symposium de la Federation for European Education in Gemmology (FEEG). Fondée en 1995 – l’ING est un de ses membres fondateurs -, la Fédération rassemble 11 instituts Européens de Gemmologie. Elle prépare et délivre un Brevet Européen, diplôme commun à l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays bas, l’Espagne, le Royaume-uni et validé en France par l’ING.

  • Premiers Etats Généraux Internationaux de la Gemmologie – INHA – 2, rue Vivienne – 75002 Paris – Renseignements et réservation obligatoire : Tél : + 33 (0)1. 47. 70. 23. 83. , mail : colloque@ingemmologie.com, de 60 € à 130 € suivant la formule
  • Du 19 au 21 janvier 2012

Bijoux et diamants du Brésil à Anvers

Vendredi 6 janvier 2012

Musee-du-diamantS’inscrivant dans le cadre de l’opération “Europalia Brasil”, l’exposition “Circuito dos Diamantes” du Musée du Diamant d’Anvers est l’occasion d’admirer de nombreuses pierres précieuses, brutes ou taillées, et de somptueux bijoux en provenance du Brésil. Ce pays est le plus riche au monde en minéraux : diamants, cristaux de tourmalines, béryls, topazes … Parcourir l’exposition d’Anvers est aussi l’occasion de plonger dans l’histoire et de découvrir le circuit commercial du diamant au XVIIIème siècle, un circuit complexe fortement perturbé par la découverte de diamants au Brésil. C’est enfin l’occasion de découvrir les intervenants brésiliens d’alors : les “garimpeiros”, aventuriers prospecteurs ; les “mineiros”, riches exploitants ; mais aussi les esclaves d’origine africaine employés à l’extraction …

Broche-diamant

A gauche : Broche fleur - 1760 © Albion Art collection, A droite : Broche fleur "Stomacher" en diamant, argent et or - 1840 © Albion Art collection

Dans le cadre de cette exposition, on peut admirer de nombreux bijoux anciens fabriqués en Europe avec des diamants du Brésil, notamment deux broches fleurs, réalisées par Louis David Duval en 1760 pour Catherine II de Russie. Les bijoux de l’impératrice servaient à asseoir son statut et son autorité.

Boucle-d-oreille-diamant

A gauche : Broche fleur - 1760 © Private collection, courtesy of Albion Art Jewellery Institute, A droite : Boucles d'oreilles "Bowknot" en diamants, argent et or - 1760 © Albion Art collection

Ces broches, bien que petites, sont d’une grande qualité et restées dans leur état original. Le XVIIIème siècle ayant produit énormément de diamants, beaucoup de bijoux ont été transformés au XIXème siècle. Une broche fleur en diamant commandé par l’archiduc Charles d’Autriche pour sa fille Marie -Thérèse. On peut voir aussi des colliers, broches, couronnes en diamants provenant du trésor de l’archidiocèse d’Evora au Portugal.

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A gauche : Aigrette, broche avec 3 plumes - Fin XVIIIème siècle - Collection privée © Musée du Diamant d'Anvers, A gauche : Reine "Carlota" du Brésil © Musée du Diamant d'Anvers

Après la découverte de diamants bruts au Brésil vers 1714 – Lisbonne n’en fît état qu’en 1729 -, le marché international connut de profonds bouleversements. Le Brésil devenait pratiquement le seul producteur car les filons indiens étaient quasiment épuisés et dès 1732-1733, l’offre quadrupla en Europe par rapport aux importations moyennes antérieures. Un vent de panique souffla, chez les négociants anglais qui contrôlaient alors le marché et craignaient à juste titre que cet accroissement de l’offre entraine la chute des prix.

Collier-Cartier

A gauche : Parure en or, améthystes - Cartier, 1850 Collection Cartier © Cartier, N. Gallois, A droite : Bague en diamant, or et argent © SKD, Jurgen Karpinski

Il est vrai que dans les années trente, l’exploitation au Brésil était libre. Afin de stabiliser le prix, les mines furent fermées jusqu’en 1740. Mais d’autres solutions devaient être envisagées pour assainir le marché. Le marquis de Pombal, à qui le Portugal avait confié le pouvoir en 1750, estima que seule une compagnie commerciale composée de Hollandais et d’Anglais pouvait y parvenir.

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A gauche : Diamants © SKD, Jürgen Karpinski, A droite : Collier "4 rivières" en diamants, or et argent - 1840 © Genève Sotheby

Il fonda des compagnies commerciales monopolistiques dont les conseils d’administration étaient exclusivement portugais. Une sorte de bourgeoisie nationale vit ainsi le jour au Brésil. Pombal impliqua aussi davantage de Portugais dans les exportations. Mais, dans les faits, le commerce du diamant se déplaça de Londres à Amsterdam.

Esclaves

Lithographie représentant des esclaves provenant de différentes régions d'Afrique - Thierry Frères © Musée du diamant

Les Néerlandais avaient le monopole de l’achat des diamants brésiliens et la ville d’Amsterdam était devenue le premier centre de transformation. Anvers ne fut plus approvisionnée directement entre 1730 et 1740, ce qui provoqua une crise dans le secteur : seuls 20 tailleurs de diamants sur 180 purent survivre. Anvers récupéra seulement les pierres de moindre qualité et se spécialisa dans le travail des pierres difficilesspécialité pour laquelle elle est toujours réputée aujourd’hui.

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A gauche : Couronne de dévotion - Portugal, XVIIIème siècle - Santuario de Nossa Senhora da Conceiçao, Vila Viçosa © Fondaçao Eugenio de Almeida, A droite : Collier en argent, topaze - 2ème moitié du XVIIIème siècle - Colar, Eglise Nossa Senhora de Assunçao, Elvas, Portugal © Fundaçao Eugenio de Almeida

Si le commerce du diamant se poursuivait c’était en partie grâce à un expatrié anglais, James Dormer (1707-1758), qui s’efforçait de briser le monopole anglo-hollandais. Parallèlement au circuit commercial officiel concentré à Amsterdam, Londres restait la plaque tournante du commerce illégal. Les diamants de contrebande étaient introduits en Angleterre sur les paquebots qui rapportaient l’or du Brésil en Cornouailles, via Lisbonne, sous le sceau royal. Le “drapeau” royal dispensait les navires de tout contrôle …

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A gauche : Broche en diamants, argent, rubis, grenats, topaze - Alfinete, Santuario de Nossa Senhora da Conceiçao Vila Viçosa, Portugal, 1752 © Fundaçao Eugenio de Almeida, A droite : Couronne de dévotion en argent, cristal de roche, améthyste, topaze, typique des bijoux brésiliens - Eglise de Nossa Senhora de Anunciaçao, Vian do Alentejo © Fundaçao Eugenio de Almeida

Au XVIIIème siècle, les cours européennes étaient les principaux acheteurs de diamants. Compte tenu de ses liens avec le Brésil, la couronne portugaise était la première à faire son choix parmi les joyaux proposés; ce qui explique la présence de pierres précieuses des XVIIIème et XIXème siècles de toute première qualité dans le trésor portugais.

  • Exposition Circuito dos diamantes – Musée du Diamant d’Anvers, Diamantmuseum Provincie Antwerpen  – Koningin Astridplein 19-23 – 2018 Antwerpen – Belgique
  • Du 20 octobre 2011 au 10 janvier 2012

Bijoux de Joséphine de Beauharnais et de sa famille à La Malmaison

Jeudi 5 janvier 2012

Chateau-MalmaisonDans le prolongement de l’exposition organisée à Stockholm en 2010, le Château de Malmaison présente “Destins Souverains”, conjointement avec le Palais impérial de Compiègne. A travers les quelque cent cinquante œuvres proposées – tableaux, mobilier, objets précieux, bijoux … -, l’exposition de Rueil Malmaison se concentre sur l’impératrice Joséphine et via ses descendants les liens qui se sont tissés entre les dynasties régnantes en Europe notamment en Suède et Russie. L’exposition du Palais impérial de Compiègne est plus directement centrée sur les relations complexes entre Napoléon Ier, le tsar Alexandre Ier et le maréchal Bernadotte qui deviendra roi de Suède.

Chateau-de-la-malmaison

Château de la Malmaison © Photo Notes Précieuses

En parcourant les pièces du Château de Malmaison, qui fut la résidence de Joséphine de Beauharnais, on peut apprécier à la fois les canons artistiques du début du XIXème siècle et les goûts de l’impératrice. On mesure aussi la marque laissée par la “Créole au destin éblouissant” au plan géopolitique. Par le jeu des alliances matrimoniales des enfants qu’elle avait eu avec Alexandre de Beauharnais, celle qui n’avait pu donner de descendance à Napoléon est devenue, au fil des générations, l’aïeule des têtes couronnées de nombreux pays : Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Luxembourg, Grèce. Le mariage de son frère avec la fille du Tsar lui avait aussi permis de maintenir des relations privilégiées avec le souverain russe. C’est ainsi que bon nombre des œuvres issues des collections de Joséphine nous reviennent aujourd’hui prêtées par la Suède, le Danemark, la Russie.

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A gauche : Portrait de l'impératrice Joséphine , huile sur toile - Firmin Massot Rueil Malmaison © Musée National des châteaux de Malmaison et Bois-Préau © Service de Presse RMN, Grand Palais/Gérard Blot, A droite : L'Impératrice Joséphine, huile sur toile - Jean-Baptiste Regnault, vers 1807 - Stockholm, Nationalmuseum © Photo Notes Précieuses

Joséphine était réputée être la femme la plus élégante de son temps. Grande amatrice de bijoux, elle en a transmis beaucoup. Dans le catalogue de l’exposition, Céline Meunier révèle qu’à son décès, en 1814, ses joyaux personnels étaient estimés à plus de trois millions de francs. Ils furent partagés entre ses enfants, Hortense et le prince Eugène, qui les ont ensuite transmis à leurs descendants.

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A gauche : Bracelets de l'impératrice Joséphine - François Regnault Nitot - Collections de S.M. la reine Margrethe II de Danemark, A droite : Portrait de l'Impératrice Joséphine, huile sur toile, détail - Henri François Riesener - Rueil Malmaison, Musée National des châteaux de Malmaison et Bois Préau © Photos Notes Précieuses

A l’exposition “Destins Souverains“, on peut admirer, prêtés par le Danemark, les deux bracelets que Joséphine avait commandés à l’orfèvre François Regnault Nitot. Légués à Eugène, ces bijoux furent ensuite donnés à ses filles Amélie et Joséphine. Puis ils passèrent par héritage à la princesse Louise qui épousa le prince héritier du Danemark en 1869. Sur ces bracelets acrostiches, les lettres initiales des noms des pierres précieuses composent les prénoms des deux enfants : Hessonite, Opale, Rubis, Turquoise, Emeraude, Nicolo, Saphir, Emeraude pour HORTENSE ; Emeraude, Uniaxe, Grenat, Emeraude, Nicolo, Emeraude pour EUGÈNE.

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A gauche : Portrait de l'impératrice Joséphine - Paul Ferdinand Louis Quaglia, 1813/1814 - Rueil Malmaison, Musée National des Châteaux de Malmaison et Bois Préau, A droite : Portrait de la reine Hortense - Jean Baptiste Regnault - Rueil Malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau © Photos Notes Précieuses

On notera aussi que, lors de son mariage en 2010, la princesse héritière Victoria de Suède portait le diadème aux camées de son aïeule. Le portrait de l’impératrice Joséphine par Paul Ferdinand Louis Quaglia présenté à Rueil la montre arborant un diadème semblable. Sur un tableau réalisé par Henri François Riesener, on la voit par ailleurs portant une parure de saphir et diamants. Ce joyau, qui sera offert à sa fille la reine Hortense, devra être vendu après la chute de l’empire. Acheté par Louis Philippe d’Orléans, il se trouve aujourd’hui, ayant subi quelques transformations, dans la galerie d’Apollon du Louvre.

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A gauche : Miniature représentant l'Impératrice Joséphine - D'après François Pascal Simon, baron Gérard - Rueil malmaison A droite : Pendentif en émail et or représentant l'impératrice Joséphine - Jean-François Soiron, 1807 - Stockholm, Nationalmuseum © Photos Notes Précieuses

L’exposition présente également des bijoux plus intimes. Illustrant l’affection que se portait le couple Eugène de Beauharnais et Auguste Amélie de Bavière, on peut découvrir un bracelet confectionné avec les cheveux de la princesse dont le fermoir est orné d’une miniature représentant son œil droit qui pour les romantiques était le miroir de l’âme. Dans le même registre figure un collier tressé avec les cheveux de leur fille, la future reine Joséphine.

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A gauche : Collier en cheveux et or émaillé, tressé des cheveux de la futur reine Joséphine coupés lors de sa confirmation - 1821 - collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Bracelet avec les cheveux tressés d'Auguste Amélie de Leuchtenberg et fermoir en or orné d'une miniature représentant son oeil droit - Vers 1815/1830 - Collection de S.M. Le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses

Eugène a eu sept enfants et on peut admirer huit portraits miniatures en or et émail le représentant avec eux. L’ensemble composait à l’origine un bracelet porté par Auguste Amélie.

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A gauche : Portrait d'Auguste Amélie de bavière, duchesse de Leuchtenberg - D'après Joseph Stieler, après 1820 - Rueil malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau © Service de Presse RMN, Grand Palais/Gérard Blot, A droite : Bracelet en ivoire, or, émail d'Auguste Amélie de Bavière composé de 8 médaillons représentant Eugène de Beauharnais et de leurs 7 enfants - Attribué à Abraham Constantin, d'après Joseph Stieler, 1818 - Collections de S.M. Le Roi de Suède © The Royal Court, Suède, photo Alexis Daflos

Autre bijou de la princesse : un pendentif en or émaillé, en forme de harpe renfermant une boite à musique.

Pendentif-harpe

A gauche : Barrette en or et émail avec les insignes des ordres reçus par le prince Eugène de Beauharnais - 1823/1824 - Collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Pendentif en or émaillé et brillants, en forme de harpe renfermant une boîte à musique - Anonyme - Vienne, 1809 - Collections de SM. le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses

Parce que les reines de Suède étaient attachées à perpétuer la tradition de la famille, la reine Joséphine de Suède, la fille d’Eugène, portait quotidiennement un médaillon en or, bijou modeste mais frappé des chiffres de l’empereur Napoléon 1er et du prince Eugène et de la devise de ce dernier “Honneur et fidélité”. Ce pendentif comprenait aussi leurs cheveux.

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A gauche : Reliquaire autel en palissandre, émail et bronze, renfermant un fragment de la tombe de Napoléon à Sainte Hélène et des mèches de cheveux de l'Empereur et de son épouse Marie-Louise - Franz Xavier Fortner et Rexinger, 1842 - Collections de S.M. Le Roi de Suède, A droite : Pendentif en or avec des cheveux de Napoléon et d'Eugène de Beauharnais - Avant 1812 - Collections de S. M. Le Roi de Suède © Photos Notes Précieuses

L’attention du visiteur est par ailleurs attirée par un chef d’œuvre prêté par l’Ermitage de Saint Pétersbourg : un camée représentant les portraits de Ptolémée II et d’Arsinoé II. Ce magnifique camée antique d’une épaisseur exceptionnelle avait été offert par Joséphine au Tsar Alexandre 1er au cours d’une de ses nombreuses visites à La Malmaison.

Camee

A gauche : Portrait de l'empereur Alexandre 1er - François Pascal Simon, baron Gérard, 1814 - Rueil Malmaison, Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau, A droite : Camée Gonzague ou "camée Malmaison" en sardoine à 3 couches sculptée et polie représentant Ptolémée II Philadelphe et Arsinoé II - Alexandrie, IIIème siècle avant JC - Saint Pétersbourg, musée national de l'Ermitage © The State Hermitage Museum, photo Vladimir Terebenin, Leonard Kheifets, Yuri Molodkovets

Napoleon-1L’exposition du Palais de Compiègne souligne quant à elle combien Bernadotte, devenu roi de Suède, et Alexandre 1er, tsar de toutes les Russies, se sont heurtés aux ambitions de Napoléon. Les négociations de paix à l’époque ne se concevaient pas sans échanges de cadeaux diplomatiques, véritables symboles du pouvoir. Côté Français, on offrait souvent des porcelaines de Sèvres et de somptueuses pièces d’orfèvrerie. On peut ainsi mesurer le rayonnement du Style Empire dans les cours étrangères et principalement à Stockholm et St Pétersbourg. La sélection de meubles et d’objets d’art présentée à Compiègne montre combien les artisans  locaux s’inspiraient du savoir faire français tout en faisant émerger des créations originales telles que la production de vases de pierres dures.

  • Exposition Destins Souverains, Joséphine, la Suède et la Russie – Musée National du Château de Malmaison – Avenue du château de Malmaison – 92500 Rueil Malmaison – Du 24 septembre 2011 au 9 janvier 2012
  • Destins Souverains, Napoléon 1er, le Tsar et le Roi de Suède – Palais Impérial de Compiègne – Place du Général de Gaulle – 60200 Compiègne – Du 23 septembre 2011 au 9 janvier 2012

Joaillerie, pierres précieuses et objets d’art des Habsbourg à Cambridge

Mercredi 4 janvier 2012

RoyautesL’exposition “Splendour & Power : Imperial Treasures from Vienna” du Fitzwilliam Museum de Cambridge permet de découvrir bijoux, pièces de joailleries, pierres précieuses et autres objets rares en provenance du trésor des Habsbourg. Il s’agit le plus souvent de pièces uniques créées à la gloire de la dynastie. Ces œuvres d’art avaient pour principale fonction d’afficher la grande richesse de l’Empire autrichien et de démontrer sa puissance. La quasi totalité des pièces proviennent du célèbre Kunsthistorisches Museum de Vienne.

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A gauche : Bague de pouce (Zehgir) en rubis, or et néphrite - Empire Ottoman - 2ème moitié du XVIème siècle, A droite : Pendentif coeur contenant les mèches de cheveux de l'impératrice Marie Thérèse - Vienne - XVIIIème siècle © Kunsthistorisches Museum, Vienne

Les bijoux sont nombreux : collier en argent et agate, bague en or, rubis, néphrite, médaillon en ivoire … Des bijoux médiévaux et Renaissance. Bon nombre de camées portent les effigies des souverains Habsbourg présentés dans le style des portraits impériaux romains. L’orfèvrerie est finement travaillée. On peut également admirer des objets précieux en agate, jaspe, cristal de roche ou lapis-lazuli ou plus anecdotiquement, une tasse en corne de rhinocéros.

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A gauche : Crucifix en lapis-lazuli et or - Florence - 1746, A droite : "Le jugement de Paris" en agate et vermeil - Alessandro Masnago, 2ème moitié du XVIème siècle - Milan © Kunsthistorisches Museum, Vienne

L’exposition “Splendour & Power : Imperial Treasures from Vienna” comprend de nombreuses objets de l’époque maniériste qui a vu l’explosion des cabinets de curiosité. On peut notamment admirer des œuvres de Giovanni Ambrogio Miseron, le plus grand de tous les graveurs de pierre dure de la Renaissance.

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A gauche : Tasse Nautilus - Ulrich Ment I. Augsbourg, 1624/1628, A droite : Médaillon en ivoire représentant l'Empereur Charles V - Italie du Nord, 1535/1540 © Kunsthistorisches Museum, Vienne

Autre période privilégiée : le baroque de la fin du XVIIème siècle. De nombreuses pièces présentées ont appartenu à l’empereur Rodolphe II et à Marie Thérèse qui fut le dernier souverain de la maison de Habsbourg et la seule femme de la dynastie à régner. Particulièrement émouvant : un pendentif de l’impératrice contenant une de ses mèches de cheveux.

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A gauche : Coupe en corne de Rhinocéros de Java et filigrane d'or - Gobelet début du XVIIème siècle - Dynastie Ming, Chine - Montage Goa, 1650/1700, A droite : Coupe en quartz fumé et argent doré - Ottavio Miseroni, Dionysio Miseroni, Maître HC, 1620,1628 - Prague - Montage Vienne, 1620/1630 © Kunsthistorisches Museum, Vienne

La visite de l’exposition est l’occasion de découvrir le Fitzwilliam Museum, musée de l’université de Cambridge, qui possède l’une des plus grandes collections d’art en Europe.

  • Exposition Splendour and Power : Imperial Treasures from Vienna – The Fitzwilliam Museum -
    Trumpington Street – Cambridge CB2 1RB – Angleterre
  • Du 16 août 2011 au 8 janvier 2012

Portraits d’actrices anglaises du XVII/XVIIIème siècle

Mardi 3 janvier 2012

Expo-Londres En exposant une cinquantaine de portraits d’actrices du XVIIème et XVIIIème siècle, la National Portrait Gallery de Londres nous invite à explorer le théâtre anglais de l’époque et mesurer sa place dans la société. Grâce à d’imposants tableaux, à des représentations plus “grand public” et à des caricatures, le visiteur peut mesurer la notoriété des modèles. Peintures et images imprimées nous permettent aussi de mieux connaître la mode, les vêtements, les accessoires et les bijoux d’alors. La plupart des portraits de l’exposition “The First Actresses : Nell Gwyn to Sarah Siddons” représentent les actrices dans les rôles qui ont marqué leur carrière. D’autres les montrent hors des feux de la rampe et constituent une approche plus intime et sensuelle de la femme qui se cache derrière chacune de ces actrices. L’exposition révèle aussi comment ces célébrités ont utilisé le portrait pour vanter leurs qualités d’artistes, asseoir leur respectabilité, tout en faisant de la publicité à l’art et au théâtre.

Portraits-actrices-anglaises

Catherine (Ketty) Clive - Jeremiah Davison, 1735 © Reproduced by permission of the Marquess of Bath, Longleat House, Warminster, Wiltshire

L’exposition permet d’admirer des œuvres, connues ou moins connues, de peintres renommés. On peut  notamment découvrir une nouvelle version du portrait de Sarah Siddons par Joshua Reynolds, une scène de “The Beggar’s Opera” par Hogarth, les portraits de Giovanna

Theatre-anglais

Sarah Siddons dit "the Tragic Muse" - Studio of Sir Joshua Reynolds, 1784 © Cobbe Collection, Hatchlands Park

Baccelli et Elizabeth Linley par Thomas Gainsborough. On trouve également des acquisitions récentes de la National Portrait Gallery dont “Three Witches from Macbeth” par Daniel Gardner.

Actrice-celebre

Sarah Siddons - Sir Thomas Lawrence, 1804 © Tate, London, 2011

Sont aussi présentées les œuvres d’autres artistes célèbres tels John Hoppner, Thomas Lawrence, Johann Zoffany et James Gillray.

Artiste-anglaise

Mary Robinson dit "Perdita" - John Hoppner, 1782 © Chawton House Library, Hampshire

Les plus grandes actrices sont ici mises en valeur : Nell Gwyn, Kitty Clive, Hester Booth, Lavinia Fenton, Peg Woffington, Sarah Siddons, Mary Robinson, Dorothy Jordan, Elizabeth Farren, danseuse Giovanna Baccelli et Elizabeth Linley

Exposition-tableaux

Mrs Prue in "Love for Love"

Soulignant que la profession d’actrice a émergé à la fin du XVIIe siècle, “The First Actresses : Nell Gwyn to Sarah Siddons” montre comment les artistes femmes, qu’elles soient comédiennes, danseuses ou chanteuses, ont d’emblée occupé une place importante dans la société du XVIIIème siècle où on cultivait déjà le culte de la célébrité.

Actrice-de-theatre

Nell Gwyn - Simon Verelst,1680 © National Portrait Gallery, London

Alimenté par les potins et les critiques d’art, renforcé par une iconographie satirique et porté par un goût croissant pour les biographies, un débat féroce s’est installé concernant la moralité de ces femmes qui s’exhibent sur une scène.

  • Exposition The first actresses : Nell Gwyn to Sarah Siddons – National Portrait Gallery – St Martin’s Place – London WC2H 0HE – Angleterre
  • Du 20 octobre 2011 au 8 janvier 2012