Bijoux originaux de l’”Aesthetic movement” au musée d’Orsay
Jeudi 12 janvier 2012
En explorant l”Aesthetic Movement”, né dans l’Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle, l’exposition “Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde” du Musée d’Orsay nous permet d’approcher la notion de “l’art pour l’art”. Cette nouvelle esthétique, affranchie des idées culturelles et des codes moraux, n’a d’autre objectif que d’atteindre la beauté. Après le Victoria and Albert Museum, le Musée d’Orsay présente ainsi les œuvres emblématiques des figures les plus représentatives du mouvement : Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris ; James McNeill Whistler, Oscar Wilde et Aubrey Beardsley. L’idée de vivre entouré de beauté ne se limita pas à la peinture, la littérature, la photographie, l’architecture et à l’art décoratif. Cet esthétisme populaire s’exprima aussi pleinement à travers la mode et les bijoux.

Musée d'Orsay © Photo Notes Précieuses
Choisissant leurs modèles parmi les femmes dont le physique et le mode de vie sortaient des canons victoriens, les peintres de l’”Aesthetic Movement” définirent de nouveaux critères de beauté. Magnifiant la splendeur naturelle du corps, ils firent en sorte que les vêtements d’une femme reflètent ses formes. Les conservateurs déplorèrent l’absence totale de sentiments humains et religieux dans leurs œuvres qui, selon eux, incitaient à l’immoralité. Mais de nombreux collectionneurs et mécènes ont largement adhéré à leurs idéaux. On les trouvait, d’une part parmi la vieille aristocratie et les cercles intellectuels, d’autre part chez les nouveaux entrepreneurs issus du monde du commerce.

A gauche : Symphonie en blanc n°2 : La Petite fille blanche (Symphony in White, n°1 : The Little White Girl), huile sur toile - James McNeill Whistler, 1864 - Londres, Tate, legs Arthur Studd, 1919 © Tate, London, 2011, A droite : "Mrs Luke Ionides", huile sur toile - Sir William Blake Richmond, 1882 - Londres, Victoria and Albert Museum © V&A Images
Les Ionises notamment, riches marchands anglo-grecs, étaient d’insatiables collectionneurs d’art. William Blake Richmond représenta dans une de ses toiles, une femme de la dynastie dans une robe artistique ample, serré à la taille par une ceinture ornée d’une boucle style néo-renaissance. Il est aussi à noter que le mouvement esthétique fut le premier courant artistique qui lança une mode touchant non seulement l’élite qui l’incarna, mais aussi les classes populaires. Prônant un retour à l’artisanat traditionnel, il donna naissance au mouvement Arts and Crafts.

A gauche : Faustine, huile sur toile - Maxwell Armfield, 1900/1904 - Paris, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay), Hervé Lewandowski et The Estate of Maxwell Armfield, Bridgeman Art Library, A droite : Solstice d'été (Midsummer), huile sur toile - Albert Moore, 1887 - Bournemouth, The Russell-Cotes Art Gallery and Museum © Photograph reproduced with the kind permission of The Russell-Cotes Art Gallery & Museum, Bournemouth
Dans le domaine de la bijouterie joaillerie, l’”Aesthetic Movement” préféra l’invention artistique à la valeur intrinsèque du bijou. L’artiste crée des œuvres plutôt que des symboles destinés à affirmer un statut social. Il utilise des matières comme – les pierres fines, l’ambre, le corail – , l’argent plutôt que l’or et remet à l’honneur des techniques telles que l’émail ou le filigrane. Les motifs, les formes et les techniques changent. On peut ainsi découvrir une broche d’Edward Burne-Jones utilisant des matériaux colorés comme l’émail, la turquoise et le corail. On peut aussi admirer un collier, ensemble filigrane en vermeil serti d’améthystes et perles. De nombreux artistes de l’”Aesthetic Movement” ont travaillé étroitement avec des joailliers professionnels comme Child & Child à Londres.

A gauche : Broche et ornements pour cheveux en corail sculpté, or émaillé - Carlo Giuliano, 1875/95 - Londres, Victoria and Albert Museum, prêt American Friends © V&A Images, A droite : "Esther", huile sur toile,- John Everett Millais, 1865 - Etats-Unis, collection Robert et Ann Wiggins Photograph Courtesy of Sotheby's, Inc. © 2011
De même, le bijoutier Carlo Giuliano réalisa de nombreux bijoux conçus et dessinés par le peintre préraphaélite Edward Burne-Jones. Il travailla aussi pour Charles Ricketts et Edward Poynter. Ce dernier dessina le collier en vermeil doré et serpentine, dit “d’Hélène de Troie“. Il l’avait commandé pour son tableau “Helen of Troy” dans lequel il apparaît. Paradoxalement, en dépit du caractère classique du sujet de cette œuvre, le bijou s’inspirait d’un collier traditionnel indien Gujarâti. Les femmes contribuèrent à répandre la mode des robes et des bijoux “artistiques“, devenues influentes dans la diffusion de ce mouvement artistique.

A gauche : Broche en argent et verre teinté -1840/1865. Dante Gabriel Rossetti l'offrit à Jane Morris - Londres, Victoria and Albert Museum, don de May Morris, fille de Jane et William Morris © V&A Images, A droite : "Bocca Baciata", huile sur panneau - Dante Gabriel Rossetti, 1859 - Boston, Museum of Fine Arts - Photograph © 2011 Museum of Fine Arts, Boston
L’Orient et les découvertes archéologiques de l’époque, notamment grecques et étrusques furent une source d’inspiration pour les peintres et les bijoutiers de l’époque. Dante Gabriel Rossetti, qui joua un rôle essentiel dans le développement de l’idéal esthétique et fonda la confrérie des préraphaélites, collectionna de nombreux bijoux orientaux et populaires. Il les fit souvent porter à ses modèles. Sa maîtresse, Fanny Cornforth, apparaît dans son œuvre “Bocca Baciata” (La bouche embrassée), sensuelle et provocante, portant boucles d’oreilles, collier et bijou de cheveux. C’est elle aussi qui, dans “The blue Bower” (Le boudoir bleu) porte en pendentif, une broche en argent et verre en forme de cœur. Cela n’a pas empêché le peintre d’offrir ce bijou à Jeanne Morris dont il tomba par la suite amoureux. Sir Lawrence Alma Tadema offrit à sa femme un bracelet manchette en or serti de diamants, turquoise, rubis, saphir en forme de serpent, réalisé par Joseph S. et Alfred B. Wyon. Le nom de la jeune femme y est gravé en lettres grecques. Il l’avait dessiné comme accessoire pour ses peintures en s’inspirant de pièces de joaillerie antiques grecques et romaines. La photographe Julia Margaret Cameron fit quant à elle porter à ses modèles, des bijoux “barbares”, ceux là même qu’arboraient au quotidien les femmes des cercles artistiques.

A gauche : Tissu d'ameublement Plumes de paons (Peacock furnishing fabric). Coton imprimé au rouleau. Imprimé par la Rossendale Printing Co., Lancashire for Liberty & Co., Londres - Arthur Silver, 1887 - Londres, Victoria and Albert Museum, don de Rex Silver, fils du designer © V&A Images, A droite : "Pavonia", huile sur toile - Frederic Leighton, 1858/1849 - Londres, collection particulière, Courtesy Christie's © Christie's Images
Dans l’imagerie de l’”Aesthetic Movement“, qu’il s’agisse de peinture ou d’art décoratif, trois motifs reviennent constamment : les tournesols, symboles de la beauté vigoureuse ; les lys qui traduisent la beauté contemplative ou féminine et les paons, symboles traditionnels de l’orgueil de la beauté. Pour Frederic Leighton, évoquant son tableau “Pavonia” , le “paon” signifie que le vrai thème de la peinture est là. Par la suite, cette peinture fut considérée comme l’incarnation de la femme fatale moderne, à l’image de Lucrèce Borgia.
- Exposition Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde – Musée D’Orsay – 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
- Du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012
Les cinq cents œuvres – dont plusieurs inédites – exposées au Louvre dans le cadre de l’exposition “






L’importation d’esclaves en provenance d’Afrique a profondément marqué la culture brésilienne dans tous les domaines et principalement la parure. Dans le cadre d’
Bien que la métropole interdise l’usage d’accessoires somptuaires aux couches les plus pauvres de la société brésilienne, les seigneurs - principalement à Bahia qui fut la première capitale du Brésil – étaient soucieux dès l’origine de parer somptueusement leurs esclaves vivant dans l’espace domestique. Elles devaient porter des vêtements et bijoux dignes du statut de leur maître. A l’exposition “


Le Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco) propose “




Les 200 objets et gemmes présentés actuellement au Musée provincial des Arts anciens du Namurois – Trésor d’Oignies ont tous un point commun, la couleur bleue. L’exposition “





Vous voulez tout savoir sur les perles de culture de la mer de Cortez, les diamants de couleurs de Bornéo, le jade, les émeraudes d’Afrique, le copal de la République démocratique du Congo, les pierres rares que sont les Tanzanites et tsavorites ou d’autres 


S’inscrivant dans le cadre de l’opération “







Dans le prolongement de l’exposition organisée à Stockholm en 2010, le 









L’exposition du
L’exposition “



En exposant une cinquantaine de portraits d’actrices du XVIIème et XVIIIème siècle, la National Portrait Gallery de Londres nous invite à explorer le théâtre anglais de l’époque et mesurer sa place dans la société. Grâce à d’imposants tableaux, à des représentations plus “grand public” et à des caricatures, le visiteur peut mesurer la notoriété des modèles. Peintures et images imprimées nous permettent aussi de mieux connaître la mode, les vêtements, les accessoires et les bijoux d’alors. La plupart des portraits de l’exposition “





