Archive pour la catégorie ‘Expositions’

Exposition Bijoux européens 2012

Vendredi 3 février 2012

Expo-bijouxOn ne change pas une formule qui marche. Pour la seconde année consécutive, les lycéens bijoutiers de dix écoles européennes ont appris et utilisé des techniques en usage dans d’autres pays que le leur pour créer des bijoux. Ce projet, baptisé “Raconte-moi un bijou !” en référence au Petit Prince de Saint-Exupéry, est soutenu par l’Union Européenne à travers le programme Comenius. Les bijoux de tous les participants sont présentées dans une exposition collective itinérante. Comme l’an passé, la première a lieu au Musée de la Cité de l’Or de Saint-Amand Montrond. Les suivantes se tiendront : en février à Namur, début mars à Madrid, fin mars à Volos (Grèce), en mai à Lisbonne puis à Porto, en juin à Anvers, en juillet et aout en République Tchèque. Tous les événements en relation avec le projet sont régulièrement relatés dans “Le Mur“, journal des lycéens du lycée Guéhenno, et sur son site internet.

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A gauche : Vernissage de l'exposition "Raconte-moi un bijou !" à la Cité de l'Or, A droite : Les terminales BMA en République Tchèque dans la première phase du projet : Repérages des techniques sur le sertissage de grenats de Bohême © Lycée Guéhenno, Le Mur

Chacun des bijoux exposés est le fruit d’une démarche originale. Chaque école partenaire est intégrée dans un patrimoine local où se mêlent histoire du métier et traditions artisanales. L’objectif est de faire partager cette culture spécifique et les pratiques locales avec d’autres établissements qui, comme le lycée de Saint Amand Montrond, sont engagés dans une pédagogie de projet. Cette fertilisation croisée des connaissances s’effectue par un apprentissage classique et a multiplication des rencontres entre les étudiants, les professionnels et les artisans créateurs de bijoux.

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A gauche : Bague - Aline Marchaise, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Comenius 2012, Au centre : Pendentif - Leila Traballoni, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Bijou création Comenius 2012, A droite : Bijou création - Eva Decostanzi, lycée professionnel Jean Guéhenno, Saint-Amand Montrond, France - Comenius 2012 © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens français sont allés en République Tchèque découvrir les prestigieux grenats de Bohême.

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A gauche : bijou création Comenius 2012, Mārtiņš Ēlerts, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie, Au centre : bijou création Comenius 2012, collectif, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie A droite : bijou création Comenius 2012, Aivis Bērznieks, Liepājas Mākslas Vidusskola, Liepaja, Lettonie © Lycée Guéhenno, Le Mur

Tout comme les lycéens Lettons de Liépaja, ils ont travaillé le sertissage de ces grenats sur argent, en s’inspirant de l’école de Turnov.

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A gauche : Bijou création Comenius 2012 - Tereza Prášilová - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque, Au centre : Bijou création Comenius 2012 - Martina Kratka - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque, A droite : Bijou création Comenius 2012 - Tereza Novakova - Střední Uměleckoprůmyslová Škola, Turnov, République Tchèque © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les éléves Tchéques ont, pour leur part, intégré la méthode du filigrane de Valenza tandis que les Italiens de l’école Cellini à Valenza ont utilisé les procédés du ciselage et du métal repoussé découverts à Lisbonne.

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A gauche : Bijou création Comenius 2012, Jürghen Uku, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie, Au centre : Bijou création Comenius 2012, collectif, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie, A droite : Bijou création Comenius 2012, Valentina Sellitto, Istituto d’Arte Benvenuto Cellini, Valenza, Italie © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens de Lisbonne ont réinvesti les méthodes artisanales de l’émaillage et de la granulation enseignées à Madrid,

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A gauche : Bijou création Comenius 2012, Maria Medeiros, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, PortugalAu centre : Bijou création Comenius 2012, Débora Bastos, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, PortugalA droite : Bijou création Comenius 2012, Inês Martins, Escola Secundaria Artistica Antonio Arroio, Lisbonne, Portugal © Lycée Guéhenno, Le Mur

tandis que ceux de Porto ont utilisé les techniques traditionnelles de gravure sur os découvertes à Turnov.

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A gauche : bijou création Comenius 2012, Martina Teixeira, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal, Au centre : bijou création Comenius 2012, Catarina Costa, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal, A droite : bijou création Comenius 2012, Cláudia Baltarejo, Escola Secundaria Soares dos Reis, Porto, Portugal © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les étudiants d’Anvers ont travaillé sur les techniques “mokume” de Volos et

Mokume

A gauche : Bijou création Comenius 2012, Stéphanie Van de Rydt, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Ali Dzangoyan, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique, A droite : Bijou création Comenius 2012, Batoul Lakkis, Stedelijk Instituut voor Handel en Ambachten, Anvers, Belgique © Lycée Guéhenno, Le Mur

les Grecs se sont inspirés des techniques d’argenterie et d’orfèvrerie découvertes à Anvers.

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A gauche : Bijou création Comenius 2012, Maria Karagianni, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Elena Erishova, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce, A droite : Bijou création Comenius 2012, Fofo Kondouri, Municipal Vocational Training Institute, Volos, Grèce © Lycée Guéhenno, Le Mur

L’école belge de Namur est allée découvrir les techniques artisanales d’émaillage et de damasquinage à Madrid.

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A gauche : Bijou création Comenius 2012, Ulrike Sandow, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Aloïs Loviny, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique A droite : Bijou création Comenius 2012, Ramon Salvatore, Institut des Arts, Techniques et Artisanats, Namur, Belgique © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les lycéens espagnols ont quant à eux travaillé les anciennes pratiques de filigrane découvertes à Lisbonne et Porto.

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A gauche : Bijou création Comenius 2012, Isabel Villarón Castro, Escuela Arte 3, Madrid, Espagne, Au centre : Bijou création Comenius 2012, Cibeles Bello, Escuela Arte 3, Madrid, EspagneA droite : Bijou création Comenius 2012, Antonia Juanes, Escuela Arte 3, Madrid, Espagne © Lycée Guéhenno, Le Mur

Les douze bijoux présentés par l’équipe du lycée professionnel Jean Guéhenno sont des créations des lycéens de Terminale du Brevet des Métiers d’Art : Marion Andrieu, Clément Bonnet, Mathilde Bouet, Célia Dabiel, Eva Decostanzi, Ségolène Guéno, Aline Marchaisse, Adeline Meignin, Gaël Morcillo, Christine Recamier, Lauriane Sourdeaux, et Leila Traballoni.

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A gauche : Les 50 délégués de 6 écoles de bijouterie et une partie de l'équipe française se consultent à propos du projet "Raconte-moi un bijou !", programme européen Leonardo, A droite : Xavier Massonnaud, invité d'honneur des journées européennes © Lycée Guéhenno, Le Mur

L’établissement de Saint-Amand Montrond propose tous les niveaux de formations aux métiers du bijou et dispose d’un équipement de pointe. Il pratique une pédagogie de la réussite cherchant à favoriser l’autonomie de chacun. Ancien élève du Lycée Jean Guéhenno - il a fait partie de la première promotion de BMA de l’établissement -, Xavier Massonnaud est l’invité d’honneur de l’exposition.

  • Exposition Bijoux européens 2012, Raconte-moi un bijou ! – Cité de l’Or, pyramide des métiers d’art, espace Serge Vinçon – Saint Amand Montrond
  • Du 18 janvier au 6 février 2012, de 10h à 12h et de 14h à 17h30

Les photos “explosives” et glamour de Denis Rouvre

Mardi 31 janvier 2012

Expo-photo-contemporaineLe photographe Denis Rouvre présente, dans la Galerie parisienne Bailly de la rive gauche, une nouvelle série de portraits originaux : “Blast“. Ces véritables tableaux, chargés de symboles, sont le fruit d’un partenariat avec Pernod Ricard. Il s’agit de dix huit portraits de collaborateurs du Groupe industriel. Ces “modèles” sont issus d’horizons les plus divers du monde de l’entreprise – production, ressources humaines, finance, marketing … – et viennent des quatre coins du monde. Pour réaliser ces portraits, le photographe n’était pas seul. Il s’est adjoint les talents d’un styliste et d’un peintre. Les vêtements, coiffures, bijoux tiennent une grande importance. Chaque cliché est, aux dires mêmes de l’artiste, “explosif”. Cette collection de photos d’hommes et de femmes de l’entreprise illustre le Rapport Annuel 2010/2011 de Pernod Ricard.

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Photo de Frida Hyséus, Responsable de zone associée, développement marque - The Absolut Company - Denis Rouvre © Denis Rouvre

Ses clichés de stars sont aujourd’hui publiés dans la presse du monde entier. Denis Rouvre est une référence dans le monde de la photographie contemporaine. Ses œuvres mêlent humour, douceur et folie. Pour Pernod Ricard, il a donné naissance à des créations totalement atypiques dans le monde de l’entreprise. Il a bénéficié de l’assistance de Nal-Vad, artiste peintre originaire du Gabon, de Ricardo Martinez Paz, styliste de grandes maisons de couture et Luc Drouen, coiffeur-maquilleur. Son travail ici est avant tout une œuvre collective. Du vêtement à la coiffure en passant par les colliers, bagues, boucles d’oreilles, tout fait écho à une toile photographiée ou une photo peinte créant ainsi une vision d’ensemble.

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Photo de Ranjeeka Sachdev, Responsable senior, Ressources Humaines - Pernod Ricard India - Denis Rouvre © Denis Rouvre

Les rencontres se sont enchaînées une semaine durant. Lorsque le “modèle” arrivait au studio, l’équipe de création déterminait empiriquement les “éléments de style qui lui correspondaient le mieux”. Une fois que le personnage existait, il était “mis en beauté” tandis que le peintre brossait l’ambiance picturale de la photo. Tous ces éléments étaient mis en place, par touches successives, pour arriver au shoot final.

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Photo de Joanna Betkier, Responsable ventes, finance et analyse - Wyborowa - Denis Rouvre © Denis Rouvre

Et chaque fois le résultat était là, conforme à la volonté de l’artiste : “loin d’être un portrait vérité, chaque image se veut avant tout le reflet d’un moment de liberté, fugace et partagé. Un hymne à l’individualité, un hommage à l’esprit de groupe“. Denis Rouvre le clame : “L’humain m’obsède, qu’il soit célèbre ou inconnu et, je n’ai eu de cesse, ces dernières années, que de partir à sa rencontre, me confronter à lui, dans l’espoir d’en saisir son épaisseur, sa force ou sa fragilité, cherchant parfois à casser les apparences et les codes.

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Photo de Béatrice Brouardelle, Responsable audiovisuel groupe - Pernod Ricard Holding - Denis Rouvre © Denis Rouvre

Le fruit du travail audacieux de Denis Rouvre peut également être apprécié en feuilletant le Rapport Annuel de Pernod Ricard. Fidèle à son engagement dans l’art contemporain – il est notamment mécène du Centre Pompidou et du musée du Quai Branly – , le Groupe fait appel depuis plus de 30 ans à un artiste contemporain pour illustrer ce document destiné aux milieux financiers.

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Photo de Banu Tuncali, Assistante logistique - Pernod Ricard Turkey - Denis Rouvre © Denis Rouvre

Plus encore cette année, il a établi une passerelle entre le monde artistique et celui du business. Les “modèles” de l’artiste sont choisis parmi les salariés de l’entreprise. Ils sont venus de France, du Japon, de Nouvelle-Zélande, d’Argentine, de Pologne, de Suède, d’Italie, de Cuba, de Turquie … Tous ces hommes et ces femmes occupent des fonctions différentes : œnologue, responsable de production, analyste, chef de produit, ingénieur, services généraux, chargé des finances, directrice d’usine …

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Photo de Satomi Furugaki, Assistante chef produit - Pernod Ricard Japan - Denis Rouvre © Denis Rouvre

C’est ainsi qu’on obtient, selon Denis Rouvre, “une fresque détonante, affranchie de tout discours, empreinte d’une fraîcheur et d’une spontanéité propre à chacune des personnes photographiées“. En 2010, Pernod Ricard avait donné carte blanche à un autre grand nom de la photographie, l’Argentin Marcos Lopez, pionnier du pop latino.

  • Exposition Blast – Galerie Bailly Contemporain – 38, rue de Seine – 75006 Paris
  • Du 18 janvier au 4 février 2012

Bagues, colliers, bracelets en or et bronze à Saint Germain en Laye

Samedi 28 janvier 2012

Age-de-bronzeL’âge du Bronze (2300-700 avant J.C.) est la période charnière où se sont mis en place les éléments essentiels de la civilisation occidentale. L’exposition “De bronze et d’or” du musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye nous fait découvrir la vie quotidienne à cette époque, somme toutes déjà assez sophistiquée pour les individus aisés. Les quelque 300 œuvres présentées permettent au visiteur d’approcher aussi bien l’habitation que l’alimentation, l’outillage que la parure et les bijoux, marqueurs importants du statut social. Pour réaliser cette exposition, le Musée a puisé essentiellement dans ses collections, riches de plusieurs millions d’objets.

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Ceinture articulée (copie, technique de la galvanoplastie). L'original est en bronze - Age du Bronze final - Lieu de découverte : sépulture de Billy, "Le Theil", Loir-et-Cher © RMN, photo Loïc Hamon

A l’âge du Bronze, le vêtement – réalisé en fibres animales et végétales – et surtout la parure affichent le statut social de celle ou celui qui les porte. La tenue obéit à des modes originales et suit des formules ingénieuses. Les étoffes sont teintes et cousues. Si les hommes se distinguent entre eux essentiellement par l’apparat des armes qu’ils portent, les femmes, elles, sont très richement parées d’une grande variété de bijoux dont la forme évolue en fonction des périodes et des régions. Elles portent des jambières, des bracelets, des pendants d’oreille, des ceintures ouvragées, des broches, des bagues, des chaînes, des épingles … Les colliers sont tantôt formés de perles, tantôt rigides (torques).

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Torques, bracelets, bagues en or - Age du Bronze moyen final et Bronze final - Lieux des découvertes : Saint- Romain-de-Jalionas, Isère et Saint- Brieuc-des-Iffs, Ille-et-Vilaine © RMN / Loïc Hamon

Les décors des bijoux sont avant tout géométriques, mais la technique de décoration est diverse : métal repoussé, gravé, incisé … Les bijoux sont pour beaucoup réalisés en bronze, mais aussi en lignite, en verre et en ambre – alors importé de la Baltique. L’or, lui, est utilisé comme symbole de prestige. Au fil des siècles, il sera prospecté activement avec l’étain et le cuivre et utilisé sur une plus grande échelle, pour la création de colliers - notamment en forme de lune (lunules) -, de perles, de tubes, de bracelets, de brassards … Son attrait est dû à son inaltérabilité et à sa rareté. Mais, à cette époque, l’éclat jaune du bronze neuf rivalise parfois avec celui du métal précieux.

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Colliers "Lunule" (copie, technique de la galvanoplastie). Les originaux sont en tôle d’or - Age du Bronze ancien - Localisation : Athlone, Comté de Roscommon, Irlande © RMN, photo Loïc Hamon

L’exposition “De bronze et d’or” présente également des objets délicats de la vie quotidienne. De  véritables services de table, en céramique fine et décorée, étaient utilisés à l’âge du Bronze. Cette vaisselle de luxe s’inspirait des formes des somptueux récipients d’or et de bronze réservés aux fêtes religieuses. Les objets de toilette – peignes, pince à épiler, rasoirs, miroirs – attestent d’une pratique des soins du corps, du moins pour les individus d’un rang élevé. La hiérarchisation sociale, se manifestait également à travers les monuments funéraires et les rites qui reflétaient désormais une valorisation de la personne individuelle. On constate aussi la quasi disparition des dolmens et menhirs, symboles du Néolithique.

  • Exposition De bronze et d’or, vivre à l’âge du bronze en France (2300-700 avant Jésus Christ) – Musée d’Archéologie nationale et Domaine national de Saint-Germain-en-Laye – Château, salle des gardes – Place Charles de Gaulle – 78105 Saint-Germain-en-Laye cedex
  • Du 29 juin 2011 au 30 janvier 2012

Bijoux romains en corail, or et micro mosaïque au Québec

Vendredi 27 janvier 2012

Exposition-RomeL’exposition “Rome : de ses origines à la capitale d’Italie” que présente le Musée de la Civilisation de Québec relate 2 600 ans d’histoire d’une ville européenne qui a profondément marqué l’occident. Chaque objet, chaque pierre met en lumière sa richesse culturelle et historique tout en témoignant de son évolution au fil des siècles. Parmi les milliers de trésors que possèdent les grands musées romains et vaticanais, les responsables de l’exposition québécoise ont sélectionné près de 300 œuvres, à la fois pour leur qualité esthétique, leur témoignage historique et leur valeur symbolique. Le visiteur peut ainsi découvrir de magnifiques peintures et sculptures, des mosaïques, des objets du quotidien et des bijoux. Le parcours proposé permet de visiter Rome à différentes époques : de l’Antiquité à aujourd’hui, en passant par le XVIIe siècle qui marqua le triomphe du baroque.

En parcourant l’exposition, on peut mesurer la grande habileté des artisans romains de l’antiquité dans la création de bijoux, la taille des pierres et des camées ou le travail du verre. Par artisan, on entend ici aussi bien des esclaves au service d’un entrepreneur que des travailleurs indépendants ou des chefs d’ateliers spécialisés. On peut ainsi admirer un bracelet en or et pâte de verre de la fin du Ier siècle après JC. Il est composé de maillons en or en forme de 8 allongé, séparés par de la pâte de verre de couleur verte imitant des émeraudes. Ils sont unis par des passants en fil d’or. Ce modèle est représentatif des bracelets – et aussi des colliers - portés au cours du 1er siècle de notre ère.

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A gauche : Fermoir de chasuble du pape Pie IX en argent doré, émaux, pierres précieuses - 1871 - Cité du Vatican, Trésor liturgique pontifical © Photo Nicola Frank Vachon, Perspective, A droite : Tiare du Pape Pie IX en or, argent doré, émail, pierres précieuses, perles, fils d’argent et soie polychrome - Vers la moitié du XIXe siècle © Vatican, Trésor liturgique pontifical

On peut également admirer un collier d’un grand raffinement de la seconde moitié du IIème siècle après JC. Il est constitué d’une maille en fil d’or à double œillet. Les chaines de ce type, très répandues dans la production joaillière de l’époque, sont parfois associées à des gemmes. Une bague en or avec saphirs est, elle, caractéristique de l’orfèvrerie des IIème et IIIème siècles après JC. Elle est formée d’un jonc plein à section triangulaire. Cinq saphirs sont sertis dans des chatons en feuille d’or soudés sur la partie supérieure du bijou. Les chatons sont unis par de petites sphères en or. Les colliers, les peignes, les fibules qui rehaussaient l’habit de fête traditionnel des femmes de la Rome antique étaient souvent en corail méditerranéen. Ce matériau avait une valeur conjuratoire comme l’atteste une épingle exposée qui, utilisée pour fixer la coiffe, a une petite main conjuratoire fixée sur l’une des ramifications de corail.

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Collier, peigne et broche en corail et argent, corail et écaille de tortue - Deuxième moitié du XIXe, début du XXe siècle © Rome, Musée national des arts et des traditions populaires

Sont exposées également des pierres gravées qui, dans l’Antiquité, avaient une forte valeur symbolique. Marco Rossi nous révèle, dans le catalogue de l’exposition, qu’elles étaient reliées, selon leur couleur aux éléments naturels. Les pierres noires, comme l’onyx, étaient associées à la terre. Elles étaient considérées comme des talismans contre le mauvais œil. Les gemmes de couleur jaune et rouge, comme la pâte de verre et les cornalines, étaient associées au feu et en cela réputées pour leur vertu thérapeutique. Les pierres de couleur blanche, comme la calcédoine blanche, étaient associées à l’eau et à la lumière lunaire … La gravure augmentait le pouvoir de ces gemmes.

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Parure composée d’un collier, de boucles d’oreilles, d’une broche en or et émail - Zenobio Bencivenga (Rome, 1840-1919) - Fin du XIXè siècle © Rome, Musée national du Palais de Venise, photo Nicola Frank Vachon, Perspective

L’empreinte de l’antiquité romaine fut tellement forte qu’on la retrouve beaucoup plus tard. Ainsi, en Italie au cours du XIXème siècle, la production de bijoux a fortement été marquée par l’”orfèvrerie archéologique“. Zenobio Bencivenga par exemple a produit des bijoux inspirés des modèles antiques, suivant l’exemple d’Augusto Castellani. La parure de type étrusco romain du IIIème siècle avant JC est décorée de masques de théâtre et de palmettes. Elle a été réalisée par micro fusion à la cire perdue, ciselure et gravure au burin. L’artiste a appliqué des émaux colorés sur le bracelet.

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Bracelet en or et émail faisant partie d'une parure - Zenobio Bencivenga (Rome, 1840-1919) Fin du XIXè siècle © Rome, Musée national du Palais de Venise, photo Nicola Frank Vachon, Perspective

Un ensemble bracelet, broche et boucles d’oreilles avec vues de Rome est quant à lui significatif de la micro mosaïque. Cette parure est composée de dix plaquettes montées en or. L’élément central du bracelet représente le Panthéon. Les autres vues sont : le temple de Vesta, le pont Nomentono, le tombeau de Cecilia Metilla, le Forum romain, les Cascades de Tivoli, le temple de Minerve Medica. La broche présente une vue du Forum romain et les boucles d’oreilles le temple de la Sibylle à Tivoli et l’Arc de Septime Sévère. La micro mosaïque n’est pas utilisée uniquement dans le secteur de la bijouterie. Elle orne aussi les couvercles et les parois des bonbonnières, des tabatières et des coffrets. Outre les vues de la ville antique, chrétienne et de la campagne romaine, on reproduit en micro mosaïque des œuvres des grands peintres italiens et étrangers, des saynètes populaires, des animaux et des fleurs.

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Boucles d’oreilles et broche avec vues de Rome composées de dix micromosaïques en verre filé sur châsse de malachite, or - Milieu du XIXè siècle © Rome, collection Savelli, photo Nicola Frank Vachon, Perspective

Dans le Catalogue de l’exposition, Maria Grazia Branchetti nous apprend que la micro mosaïque a été mise au point au XVIIIème siècle à Rome. Les tesselles miniatures – qui mesurent parfois moins d’un millimètre – sont obtenues au terme d’un processus complexe : fusion du verre, amalgamation de la pâte et transformation de l’amalgame en fils et en “baguettes”. Les baguettes sont ensuite découpées pour obtenir les tesselles.

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Bracelet avec vues de Rome composé de dix micromosaïques en verre filé sur châsse de malachite, or - Milieu du XIXe siècle © Rome, collection Savelli, Photo Nicola Frank Vachon, Perspective

L’utilisation de cette technique d’une extraordinaire virtuosité à une vaste échelle est à l’origine de la fondation en 1727 du Studio Vaticano del Mosaico qui est encore en activité aujourd’hui. Présentées lors des expositions universelles du XIXème siècle, les créations en micro mosaïques ont immédiatement connu un immense succès. Elles ont été acquises par une clientèle prestigieuse, notamment les souverains européens.

  • Exposition Rome, De ses origines à la capitale d’Italie – Musée de la Civilisation – 85, rue Dalhousie – Québec – Canada – Du 11 mai 2011 au 29 janvier 2012
  • Catalogue de l’exposition

Bijoux en métal du Gabon à Genève

Jeudi 26 janvier 2012

L-art-africainLe Gabon est l’un des pays d’Afrique les plus prisés des amateurs d’art et les collectionneurs. Aussi l’exposition “Art ancestral du Gabon” du musée Barbier-Mueller de Genève était-elle attendue. Elle présente une centaine de pièces rares et emblématiques : figures de reliquaires, sculptures, masques et également armes, objets de parure et bijoux ethniques. La géographie de ce pays équatorial de la frange atlantique de l’Afrique se caractérise par son homogénéité au plan du relief, de l’hydrographie, du climat et de la végétation. La région est parcourue d’une jungle difficile à pénétrer ; ce qui explique la parenté culturelle des peuples du bassin du fleuve Ogooué, région qui occupe à peu près les trois quarts du pays.

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A gauche : Masque facial "Ngontang" en bois tendre et kaolin - Nord du Gabon, A droite : Masque "Beete" (pebood) en bois et pigments - Est du Gabon - Kwele - Ancienne collection Tristan Tzara, Paris © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Très religieux, les peuples du Gabon attachent une importance particulière au culte des morts. Ils mettent leur art au service de la commémoration des ancêtres et de la préservation des reliques. Cela a donné lieu aussi à une statuaire très riche. A l’image du matériel rituel, les objets de la vie quotidienne – outils, parures et bijoux – révèlent une préoccupation esthétique marquée.

Les-arts-premiers

De gauche à droite : A gauche 1 : Statue reliquaire en bois, pigments, perles, coquillages, fibres, cauris, métal, représentant une figure mâle debout - Gabon ou République du Congo - Groupe Mbete - Ancienne collection Aristide Courtois, Charles Ratton, Madeleine Rousseau, René Rasmussen et Hubert Goldet, A gauche 2 : Torse d'une statuette "Mbumba bwete"en bois - Gabon - Tsogho ou Sangu - Ancienne collection Marc et Denyse Ginzberg, A droite 1 : Sculpture de reliquaire en bois, laiton, cuivre - Gabon - Kota, groupe Mbaama ou Mindumu - Ancienne collection Olivier Le Corneur, A droite 2 : Masque "Beete" en bois et pigment représentant une antilope - Gabon ou République du Congo - Kwele - Ancienne collection André Fourquet © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Les objets exposés au musée Barbier-Mueller de Genève illustrent l’importance du travail du métal. Le fer, extrait et travaillé sur place, a occupé une place essentielle. Autrefois, fondeurs et forgerons fabriquaient surtout des armes - attributs des personnages importants – et des cloches rituelles. Aujourd’hui, ils produisent des lances, des harpons et des outils agricoles.

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A gauche : Collier et bracelet "Akal-e-ngo" en alliage cuivreux et laiton - Nord du Gabon, Sud du Cameroun et Guinée équatoriale - Peuple Fang - Ancienne collection Joseph Mueller, acquis avant 1942, A droite : Bracelet de cheville "Djokelebale" en alliage cuivreux - Est du Gabon - Peuple Kota - Ancienne collection Joseph Mueller, acquis avant 1942 © Musée Barbier-Mueller, photo Studio Ferrazzini Bouchet

Le cuivre et le laiton étaient utilisés en tant qu’éléments de parure et comme monnaie. Les femmes “Fang”, au nord du Gabon, portent de nombreux bijoux en laiton et cuivre. On peut voir au sein de cette exposition un collier et bracelet en cuivre et laiton de ce peuple et un bracelet de cheville en cuivre provenant de l’Est du Gabon.

  • Exposition Art ancestral du Gabon – Musée Barbier Mueller – 10, rue Jean Calvin – 1204 Genève – Du 9 mai 2011 au 28 janvier 2012
  • Catalogue de l’exposition “Arts du Gabon” – Louis Perrois – Musée Barbier Mueller, Genève

Bijoux et perles en verre au Viaduc des Arts

Mercredi 25 janvier 2012

Perliers-d-artL’Atelier des Ateliers d’Art de France présente les créations de dix sept perliers en provenance de toutes les Régions de France. L’exposition “De la perle à la flamme“, qui se tient au Viaduc des Arts à Paris, illustre le renouveau que connait la perle aujourd’hui et dévoile tout un univers créatif. La perle de verre est désormais considérée comme une œuvre d’art à part entière. Issue d’une tradition millénaire, la pratique de cet art miniature est souvent associée à celle de la sculpture ou de la création de bijoux. Les perliers présents, tous membres de l’Association des perliers d’art de France, ont des pratiques variées : chalumeau, fusing, soufflage. En exposant leurs créations récentes, ils dévoilent ici leur savoir faire, leur style et leurs sources d’inspiration.

Perles-verre

A gauche : Sculpture - Agathe Saint Girons © Agathe Saint Girons, Au centre : Perle de verre - Adrian Colin © Adrian Colin, A droite : Perle de verre - Audrey Ser © Audrey Ser

Agathe Saint-Girons s’inspire de l’humain et du corps pour réaliser ses bijoux ; Adrian Colin inclut des végétaux d’une grande délicatesse dans ses créations ; Anusch Bayens revisite les anciennes techniques de fabrication africaine ; Audrey Ser utilise le verre de Murano auquel elle ajoute des motifs ;

Perle-en-verre

A gauche : Perle de verre - Beau Anderson © Beau Anderson, Au centre : Collier pendentif en verre - Chloé Schneller de Faucompré © Chloë Schneller de Faucompré, A droite : Perle de verre - Christian Lutz © Christian Lutz

Beau Anderson est largement influencé par ses voyages et la nature ; Chloë Schneller de Faucompré réalise des perles en verre originales et ludiques ; Christian Lutz crée des œuvres lumineuses en verre soufflé à la canne ; Elisabeth Debaralle mêle le verre, la céramique et le métal pour réaliser des bijoux originaux ;

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A gauche : Perles de verre - Jean-Pierre Baquère © Isabelle Dhé, Au centre : Collier en verre - Elisabeth Leblanc Debaralle © Elisabeth Leblanc Debaralle, A droite : Collier pendentif en verre - Florianne Lataille © Florianne Lataille

Florianne Lataille crée des parures délicates et colorées ; Jean-Pierre Baquère, maître d’art, travaille le verre au chalumeau pour créer des œuvres intemporelles ;

Collier-piment

A gauche : Collier piments en verre - Mademoiselle Jane © Mademoiselle Jane, A droite : Sculpture - Julie Gonce © Julie Gonce

Julie Gonce s’inspire de la nature pour réaliser ses perles en verre issues du soufflage et du travail à la flamme ; Mademoiselle Jane transpose dans ses perles de verre son goût marqué de la nature ;

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A gauche : Collier pendentif en verre "Cocons" - Michèle Sauvalle © Michèle Sauvalle, Au centre : Collier pendentif en verre - Suzanne Nézot Failles © Suzanne Nézot Failles, A droite : Bague en verre - Valérie Jan © Valérie Jan

Michèle Sauvalle mêle douceur et force dans ses créations ; Suzanne Nézot-Failles sculpte le verre dont elle aime les transparences et les opacités ; Valérie Jan maîtrise aussi bien soufflage, filage, taille … pour faire de chaque perle une œuvre unique ;

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A gauche : Sculpture en verre - Vanessa Bunet © Vanessa Bunet, A droite : Collier en verre - Valérie Vayre © Valérie Vayre

Valérie Vayre réalise des perles au chalumeau ; Vanessa Bunet crée des perles en verre de Murano, qu’elle travaille au chalumeau pour créer des bijoux d’une grande finesse.

  • Exposition De la perle à la flamme – L’Atelier – Viaduc des Arts – 55, avenue Daumesnil – 75012 Paris
  • Du 9 décembre 2011 au 28 janvier 2012, entrée libre

Bijoux ethniques Maori au musée du Quai Branly

Vendredi 20 janvier 2012

Expo-quai-BranlyL’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” du Musée du quai Branly nous permet d’approcher la culture d’un peuple des antipodes, les Maori. En provenance du musée de Nouvelle-Zélande “Te Papa Tongarewa”, les sculptures, parures, bijoux, et autres objets du quotidien ou rituels qui sont présentés nous livrent leur signification sociale ou religieuse. Preuve que la culture Maori est toujours vivante, des œuvres d’artistes autochtones contemporains – vidéos, peintures, photographies, bijoux, objets de cérémonie réinterprétés … – ponctuent l’ensemble du parcours de l’exposition et prolongent ou éclairent les trésors ancestraux.

Peuple-Maori

A gauche : Hinemoa Awatere portant un taiaha lors d'une marche de protestation traditionnelle (Hikoi) contre la nationalisation des plages et fonds marins à Wellington en 2004, détail de la photo - Michael Hall, 2004, A droite : Membres de Haumanu, un groupe qui se consacre au renouveau des traditions musicales maories, détail de la photo - Mickael Hall, 2006 © Mickael Hall

Le goût de la matière est profondément ancré dans la culture des Maori, qui vivent en communion profonde avec la nature. Ils utilisent surtout le bois de totara, qui est imputrescible, et une néphrite très dure, le pounamu – plus communément appelé “Jade Néo Zélandais” – auquel ils attribuent la force vitale. A l’entrée de l’exposition, les visiteurs sont d’ailleurs invités à toucher la précieuse pierre pour détourner le mauvais sort. La sculpture domine dans les œuvres Maori. Tous les matériaux sont traités avec un art accompli du détail et notamment les magnifiques proues de pirogue ou les emblématiques panneaux de maisons de réunions. Ces œuvres sont chargées de symboles car la mythologie veut que les ancêtres des Maori soient arrivés sur la terre de Nouvelle-Zélande en pirogue, bateau auquel sont donc associées les notions de généalogie et de lien entre les peuples. Quant aux grandes maisons communautaires sculptées et érigées au XIXème siècle, elles représentent le corps d’un ancêtre à l’intérieur duquel on trouve refuge. Elles ont toujours un rôle aujourd’hui.

Tatouage-Maori

"Nga Manu Taikura" (le coeur de l'arbre Totara), photographie. De gauche à droite : Donna Lynn Moeahu, Vianney Douglas, Hema Temara, Hinemoa Awatere - Norman Heke pour Te Papa, 2004 - Tirage d'exposition, 2011 © Photo Notes Précieuses

Tout comme les bateaux d’exception et les maisons communautaires, le tatouage est un des éléments fondamentaux qui structurent la société Maori. Le “moko”, en tant que signifiant indélébile, affirme l’identité culturelle de celui qui le porte en décrivant ses accomplissements et sa place dans la tribu. Les Maori sont passés maitres dans l’art d’inciser la peau et de la colorier à l’aide de pigment noir. Les motifs ressemblent beaucoup aux sculptures sur bois et on notera à l’origine, les Maori se servaient des ciseaux à bois pour graver la peau. Au début du XXème siècle, l’art du tatouage avait presque complètement disparu. C’est vers la fin du siècle que sa pratique amorça son renouveau. L’exposition présente des exemples traditionnels et contemporains. Sont exposés des objets usuels et cérémoniels : kit de tatouage, statuettes gravées, entonnoir gravé …  ainsi que des photographies.

Premier-art

A gauche : Moulage du visage du chef Wiremu Te Manewha en plâtre peint - Gottfried Lindauer et Sir Walter Buller, vers 1885, A droite : Poupe de canoë en bois et coquillages - Tribu Ngati Toa Rangati, 1800-1900 © Photos Notes Précieuses

On peut aussi admirer le masque en plâtre du visage d’un chef, réalisé vers 1885.

Bijou-ethnique-Maori

A gauche : Hameçon en os et fibre - Auteur inconnu, 1500-1800 - Nouvelle Zélande © Museum of New Zeland Te papa Tongarewa, Au centre : Pendentif Hei Tiki en forme d'hameçon en jade de Nouvelle Zélande (Hei matau) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Iwi (tribu) inconnue - Acquis en 1991, A droite : Pendentif Hei tiki en forme de créature marine en jade de Nouvelle Zélande te Puawaitanga (1500-1800) ou début de la période Te Huringa (1800-1900) - Don d'Alexander Turbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

L’exposition “Maori, leurs trésors ont une âme” explore l’identité maori, en présentant des symboles extérieurs du “mana“, la force spirituelle qui réside dans les personnes, les animaux et même les objets inanimés. Ces signes extérieurs sont les “taonga” parmi lesquels on peut découvrir en parallèle des trésors ancestraux et des parures contemporaines. Datant de 1100 à 1300, des pièces d’un extrême raffinement brillent par l’exubérance de leurs motifs et l’inventivité de leurs formes.

Dessin-Maori

A gauche : Scénographie de l'exposition, A droite : "Nemesis" en poussière de diamant et paillettes sur toile - Reuben Paterson, 2005 - Iwi (tribu) Ngati rangitihi, Ngai Tuhoe - Prêt de l'artiste et de la Gow Langsford Gallery © Photos Notes Précieuses

Les créations contemporaines témoignent également d’une grande habileté.

Tiki-Maori

A gauche : Pendentif Hei tiki en corian et coquille de paua (abalone) - Rangi Kipa, 1966 - Iwi (tribu) Te Ati Awa Ki Taranaki, Ngati Maniapoto, Ngati Toa rangatira, Ngati Tama - Acquis en 2003, A droite : Pendentif Hei Tiki en pounamu (jade de Nouvelle Zélande), coquille de paua (abalone), pigments - Te Puawaitanga (1500-1800) - Acquis en 1972 © Photos Notes Précieuses

Elles comprennent notamment des pendentifs que portent, aujourd’hui encore, les chefs Maori. Le pendentif en effet symbolise les liens entre les hommes, le monde des esprits et l’environnement naturel. Le pendentif anthropomorphe hei tiki, est le plus apprécié. Il confère à celui qui le porte le prestige et l’autorité non seulement de celui qui l’a fabriqué, mais aussi de tous ceux qui l’ont porté avant lui.

Pendentif-requin

A gauche : Pendentif en dent de cétacé - Te Puawaitanga (1500-1800) - Tribu inconnue, région de Hokianga, Northland - Acquis en 1958, ancienne collection Webster, A droite : Epingle de cape en os et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) ou Te Huringa I (1800-1900) - Attribué à la tribu te Ati Awa - Don d'Alexander Turnbull, 1913 © Photos Notes Précieuses

Ces bijoux peuvent avoir la forme d’une chauve souris, d’une créature possédant un corps humaine et une queue de poisson, d’hameçon stylisé, de dent de requin … On peut également découvrir un rare pendentif en dents de cétacés comportant un visage.

Peigne

A gauche : Peigne d'ornement en os de baleine et coquille de paua (abalone) - Te Puawaitanga (1500-1800) - Ancienne collection Oldman, don du gouvernement néo-zélandais, 1992, A droite : Pendentif Ngarara (lézard) en os de baleine - Nga Kakano (1100-1300) ou Te Tipunga (1300-1500) - Iwi (tribu) inconnue, région de Gisborne - Acquis en 1914 © Photos Notes Précieuses

On retrouve le “mana” dans les peignes aristocratiques du XVIIIème siècle. Les chefs Maori relevaient leurs cheveux en chignons élaborés, ornés de plumes d’oiseaux et de “heru”, peignes d’ornement qui, comme tout ce qui est associé à la tête – considérée comme sacrée -, était traité avec le plus grand soin. Le “mana” est aussi dans le tissage et on le trouve dans la collection contemporaine de ceintures d’hommes qui est exposée.

Broche-or

Broche en or jaune 18 carats en forme de rameau de pöhuehue ou Muehlenbeckia complexa (Pohuehue, Muehlenbeckia complexa, muehlenbeckie) - Areta Wilkinson, 1969 - Tribu(Iwi) Ngai Tahu - Acquis en 2004 © Photo Notes Précieuses

On peut également admirer une broche en or ayant la forme d’une plante grimpante de Nouvelle Zélande. Ce bijou d’une joaillière maori contemporaine inclut des reproductions détaillées de plantes récoltées par l’explorateur James Cook dans les années 1870.

  • Exposition Maori, leurs trésors ont une âme – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 4 octobre 2011 au 22 janvier 2012

Or et plumes au Brésil

Samedi 14 janvier 2012

Bresil-orA l’occasion d’”Europalia Brasil“, le musée de la Banque Nationale à Bruxelles propose “D’or et de plumes“. Cette exposition traite de l’or, comme système d’échange et de valeur dans le contexte historique du Brésil. Elle met en parallèle la plume, signe de richesse et de statut social chez les communautés amérindiennes du pays. On peut également voir un reportage photographique de Ricardo Funari et Joao Roberto Ripper, sur la prospection aurifère actuelle en Amazonie des Garimpeiros, les orpailleurs clandestins. Les répercussions écologiques et sociales de ce mode d’extraction ne sont pas oubliées.

Monnaie-or

Médailles commémoratives des "Bandeirantes" : Antonio Raposo Tavares, Fernao Dias Paes, Bartolomeu Bueno © Banco central do Brasil, Museu de Valores

“D’or et de plumes” présente, outre des pépites et des lingots d’or, une collection unique de pièces de monnaie qui commence à la première frappe hollandaise de 1645. Assiégés par les portugais, les hollandais frappèrent les premières pièces en territoire brésilien. Elles furent les premières à porter le nom du Brésil. Dès la découverte des mines d’or, le Brésil émit des pièces pour son propre usage, mais aussi pour la métropole et d’autres colonies portugaises. Les pièces, de type et de poids variables, sont frappées à la main. Elles portent des inscriptions et légendes, mais loin s’en faut, ne sont pas toutes en or.

Lingots-d-or

A gauche : Lingots d'or "Quintado", A droite : Ducat hollandais, 6 florins - 1646 © Banco central do Brasil, Museu de Valores

Au XVIIIe siècle, les lingots d’or, “Quintados”, circulaient et pouvaient aussi faire office de monnaie au Brésil. Les Portugais, au XVIIIe siècle, frapperont 29 millions de pièces dans 341 800 kilos d’or.

Plume-indien

A gauche : Indien Nambikwara, A droite : Plume

Les parures amérindiennes en plumes de l’exposition “D’or et de plumes” sont prêtées par le Musée de Tervuren et le MAS Antwerpen. Cette présentation rejoint une autre exposition, celle de “Indios no Brasil” au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles qui réunit 300 objets d’art contemporains provenant de diverses ethnies amazoniennes. On peut aussi y admirer de magnifiques parures comme des diadèmes, couronnes, colliers, bracelets … Les plumes proviennent de différents oiseaux comme l’aigle, le toucan, le perroquet ou l’ara et sont quelquefois associées à des matières naturelles : écorces, graines, coquillages, nacre, fibres végétales ou coton …

Coiffe-plume

A gauche : Coiffe karaja © Museu do indio, Cesar Barreto, A droite : Cérémonie

Pour les Indiens, les plumes s’inscrivent également dans un système complexe d’échanges matériels. Elles sont considérées comme plus précieuse que l’or. Elles portent une forte charge symbolique, les oiseaux pouvant voyager dans le monde des esprits et voir les choses qui sont invisibles pour les humains. Les plumes traduisent également une identité culturelle, une position sociale et un art spécifique. Les plumes sont omniprésentes en Amazonie et les parures exposées témoignent des cérémonies destinées à maintenir la cohésion sociale et garder de bons contacts avec le monde des esprits.

Coiffe-indienne

A gauche : Coiffe, A droite : Cérémonie

Selon les indiens Kayapo, “Pour être un vrai homme, il faut se parer de plumes“. La plumasserie, uniquement réservée aux hommes, est pratiquée dès la puberté. Il s’agit de fabriquer les armes et chasser, de plumer les oiseaux et classer les plumes selon leurs formes et leurs couleurs, puis les assembler et les découper. Différentes techniques sont utilisées pour en modifier la couleur : la décoloration naturelle par un régime alimentaire ou artificielle par le tapirage. Cette dernière technique consiste à plumer l’oiseau, puis à l’enduire d’un mélange de plantes ; lorsque les plumes repoussent, elles changent de couleur.

Collier-plume

A gauche : Collier de dents de mammifères © museu do indio, Cesar Barreto, Au centre : Collier © kmkg-mrah

L’exposition permet d’admirer la grande coiffe double “krôkrôkti” qui comporte 60 à 120 pennes d’ara, et qui est portée par les jeunes gens xikrin. On peut y voir aussi un collier Kaxinawa en dents de singe, bijou porté par les femmes. Les dents symbolisent la vitalité. Il existe aussi des bracelets, ceintures et bandeaux de tête en dents de singe. Pour se protéger, les femmes doivent porter un talisman en dents d’alligator. Les colliers en dents de jaguar, eux, sont préférés par les hommes car ce sont des trophées de chasse.

  • Exposition D’or et de plumes, Systèmes d’échange et de valeurs au Brésil – Musée de la Banque Nationale – Rue du Bois Sauvage 10 – 1000 Bruxelles – Belgique – Du 8 octobre 2011 au 15 janvier 2012
  • Catalogue de l’exposition – Banque nationale de Belgique
  • Exposition Indios no Brasil – Musée du Cinquantenaire – Parc du Cinquantenaire 10 – 1000 Bruxelles – Du 14 octobre 2011 au 19 février 2012

Bijoux et art design au MAD Museum

Vendredi 13 janvier 2012

Musee-New-YorkFidèle à sa vocation, le Musée des Arts et du Design (MAD) de New York explore inlassablement la relation artisanat – design. L’exposition “Crafting Modernism : Midcentury American Art and Design” analyse les grandes tendances des années d’après guerre aux Etats-Unis. Elle met en lumière à la fois le développement économique et l’évolution culturelle américaine, mais aussi les grands designers de l’époque. Les travaux de plus de 160 artistes sont présentés parmi lesquels on trouve aussi bien des figures emblématiques telles que Wendell Castle et Jack Lenor Larsen que des artistes influents, mais connus d’un cercle plus retreint de spécialistes tels que Katherine Choy ou Hui Ka Kwong. Sont réunis ici : sculptures et peintures, meubles, textiles, vaisselle, objets en céramique ou en verre, bijoux. Ces œuvres montrent combien la période de 1945 à 1969 fut une ère de transition.

Collier-metal

Collier - Arthur Smith, 1948 © Purchased by The American Craft Council, 1967

Durant les 25 ans que couvre la période retenue pour l’exposition, de jeunes artistes – de tous horizons et provenant de tous les continents – ont donné un nouvel élan à l’artisanat traditionnel. Dans tous les domaines, ils introduisent dans les intérieurs américains des touches culturelles qui confèrent une identité à l’objet et donnent un visage plus humain à la modernité. L’exposition commence avec les artisans créateurs des années 40 et 50. Cette période d’immédiat après guerre est caractérisée par une production de masse. La production artisanale apparaît comme une alternative à l’anonymat et au monde hyper-codifié de l’entreprise. Les objets faits main apportent un contrepoint d’humanisation à l’esthétique de la machine industrielle. “Crafting Modernism : Midcentury American Art and Design”, montre cette influence artisanale à travers, entre autres, les travaux de Dorothy Liebes dans le textile, George Nakashima dans l’ameublement, Jack Prip dans l’orfèvrerie et Isamu Noguchi pour la sculpture. On peut voir aussi un collier en métal d’Arthur Smith daté de 1948.

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Vitrine bijoux de l'exposition, détail © MAD Museum, Ed Watkins

Cette interaction entre artisanat et le design on la retrouve également dans des œuvres de designer qui ont intégré esthétique et qualité artisanale dans des productions à plus grande échelle tels que Edith Heath, Russel Wright, Charles and Ray Eames. La montée en puissance de l’artisan-designer dans l’industrie et l‘influence de l’artisanat sur le design moderne sont également explorées avec des exemples de meubles, vaisselles ou autres objets proposés par Reed & Barton, Knoll ou Blenko Glass.

Bijoux-New-York

Vitrine bijoux de l'exposition, détail © MAD Museum, Ed Watkins

L’exposition se poursuit avec la transformations de l’”american way of life” dans les années 60 qui furent agitées au plan politique et social. Sont alors produites des œuvres d’art uniques, novatrices et souvent provocatrices qui ont bouleversé les concepts traditionnels de l’artisanat. Cette deuxième partie de l’exposition se concentre sur l’émergence de l’objet conçu comme une œuvre d’art : qu’elle soit dans la mouvance de l’expressionnisme abstrait, du pop art, du funk, ou de la critique sociale. Dans les années soixante, les programmes concernant l’artisanat se sont développés et élargi dans les départements d’art universitaires à travers les Etats-Unis. Des artistes tels Voulkos et Tawney commencent à prendre en compte les qualités esthétiques des matériaux et des objets originellement dévolus à quelque chose de fonctionnel.

  • Exposition Crafting Modernism : Midcentury American Art and Design -Museum of Arts and Design (MAD) -  2 Columbus Circle, New York, NY 10019 – Etats Unis
  • Du12 octobre 2011 au 15 octobre 2012

Bijoux originaux de l’”Aesthetic movement” au musée d’Orsay

Jeudi 12 janvier 2012

Musee-d-orsay-expositionsEn explorant l”Aesthetic Movement”, né dans l’Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle, l’exposition “Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde” du Musée d’Orsay nous permet d’approcher la notion de “l’art pour l’art”. Cette nouvelle esthétique, affranchie des idées culturelles et des codes moraux, n’a d’autre objectif que d’atteindre la beauté. Après le Victoria and Albert Museum, le Musée d’Orsay présente ainsi les œuvres emblématiques des figures les plus représentatives du mouvement : Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris ; James McNeill Whistler, Oscar Wilde et Aubrey Beardsley. L’idée de vivre entouré de beauté ne se limita pas à la peinture, la littérature, la photographie, l’architecture et à l’art décoratif. Cet esthétisme populaire s’exprima aussi pleinement à travers la mode et les bijoux.

Musee-d-orsay

Musée d'Orsay © Photo Notes Précieuses

Choisissant leurs modèles parmi les femmes dont le physique et le mode de vie sortaient des canons victoriens, les peintres de l’”Aesthetic Movement” définirent de nouveaux critères de beauté. Magnifiant la splendeur naturelle du corps, ils firent en sorte que les vêtements d’une femme reflètent ses formes. Les conservateurs déplorèrent l’absence totale de sentiments humains et religieux dans leurs œuvres qui, selon eux, incitaient à l’immoralité. Mais de nombreux collectionneurs et mécènes ont largement adhéré à leurs idéaux. On les trouvait, d’une part parmi la vieille aristocratie et les cercles intellectuels, d’autre part chez les nouveaux entrepreneurs issus du monde du commerce.

James-McNeill-Whistler

A gauche : Symphonie en blanc n°2 : La Petite fille blanche (Symphony in White, n°1 : The Little White Girl), huile sur toile - James McNeill Whistler, 1864 - Londres, Tate, legs Arthur Studd, 1919 © Tate, London, 2011, A droite : "Mrs Luke Ionides", huile sur toile - Sir William Blake Richmond, 1882 - Londres, Victoria and Albert Museum © V&A Images

Les Ionises notamment, riches marchands anglo-grecs, étaient d’insatiables collectionneurs d’art. William Blake Richmond représenta dans une de ses toiles, une femme de la dynastie dans une robe artistique ample, serré à la taille par une ceinture ornée d’une boucle style néo-renaissance. Il est aussi à noter que le mouvement esthétique fut le premier courant artistique qui lança une mode touchant non seulement l’élite qui l’incarna, mais aussi les classes populaires. Prônant un retour à l’artisanat traditionnel, il donna naissance au mouvement Arts and Crafts.

Albert-Moore

A gauche : Faustine, huile sur toile - Maxwell Armfield, 1900/1904 - Paris, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay), Hervé Lewandowski et The Estate of Maxwell Armfield, Bridgeman Art Library, A droite : Solstice d'été (Midsummer), huile sur toile - Albert Moore, 1887 - Bournemouth, The Russell-Cotes Art Gallery and Museum © Photograph reproduced with the kind permission of The Russell-Cotes Art Gallery & Museum, Bournemouth

Dans le domaine de la bijouterie joaillerie, l’”Aesthetic Movement” préféra l’invention artistique à la valeur intrinsèque du bijou. L’artiste crée des œuvres plutôt que des symboles destinés à affirmer un statut social. Il utilise des matières comme – les pierres fines, l’ambre, le corail – , l’argent plutôt que l’or et remet à l’honneur des techniques telles que l’émail ou le filigrane. Les motifs, les formes et les techniques changent. On peut ainsi découvrir une broche d’Edward Burne-Jones utilisant des matériaux colorés comme l’émail, la turquoise et le corail. On peut aussi admirer un collier, ensemble filigrane en vermeil serti d’améthystes et perles. De nombreux artistes de l’”Aesthetic Movement” ont travaillé étroitement avec des joailliers professionnels comme Child & Child à Londres.

Bijou-cheveux

A gauche : Broche et ornements pour cheveux en corail sculpté, or émaillé - Carlo Giuliano, 1875/95 - Londres, Victoria and Albert Museum, prêt American Friends © V&A Images, A droite : "Esther", huile sur toile,- John Everett Millais, 1865 - Etats-Unis, collection Robert et Ann Wiggins Photograph Courtesy of Sotheby's, Inc. © 2011

De même, le bijoutier Carlo Giuliano réalisa de nombreux bijoux conçus et dessinés par le peintre préraphaélite Edward Burne-Jones. Il travailla aussi pour Charles Ricketts et Edward Poynter. Ce dernier dessina le collier en vermeil doré et serpentine, dit “d’Hélène de Troie“. Il l’avait commandé pour son tableau “Helen of Troy” dans lequel il apparaît. Paradoxalement, en dépit du caractère classique du sujet de cette œuvre, le bijou s’inspirait d’un collier traditionnel indien Gujarâti. Les femmes contribuèrent à répandre la mode des robes et des bijoux “artistiques“, devenues influentes dans la diffusion de ce mouvement artistique.

Broche-argent-et-verre

A gauche : Broche en argent et verre teinté -1840/1865. Dante Gabriel Rossetti l'offrit à Jane Morris - Londres, Victoria and Albert Museum, don de May Morris, fille de Jane et William Morris © V&A Images, A droite : "Bocca Baciata", huile sur panneau - Dante Gabriel Rossetti, 1859 - Boston, Museum of Fine Arts - Photograph © 2011 Museum of Fine Arts, Boston

L’Orient et les découvertes archéologiques de l’époque, notamment grecques et étrusques furent une source d’inspiration pour les peintres et les bijoutiers de l’époque. Dante Gabriel Rossetti, qui joua un rôle essentiel dans le développement de l’idéal esthétique et fonda la confrérie des préraphaélites, collectionna de nombreux bijoux orientaux et populaires. Il les fit souvent porter à ses modèles. Sa maîtresse, Fanny Cornforth, apparaît dans son œuvre “Bocca Baciata” (La bouche embrassée), sensuelle et provocante, portant boucles d’oreilles, collier et bijou de cheveux. C’est elle aussi qui, dans “The blue Bower” (Le boudoir bleu) porte en pendentif, une broche en argent et verre en forme de cœur. Cela n’a pas empêché le peintre d’offrir ce bijou à Jeanne Morris dont il tomba par la suite amoureux. Sir Lawrence Alma Tadema offrit à sa femme un bracelet manchette en or serti de diamants, turquoise, rubis, saphir en forme de serpent, réalisé par Joseph S. et Alfred B. Wyon. Le nom de la jeune femme y est gravé en lettres grecques. Il l’avait dessiné comme accessoire pour ses peintures en s’inspirant de pièces de joaillerie antiques grecques et romaines. La photographe Julia Margaret Cameron fit quant à elle porter à ses modèles, des bijoux “barbares”, ceux là même qu’arboraient au quotidien les femmes des cercles artistiques.

Plume-de-Paon

A gauche : Tissu d'ameublement Plumes de paons (Peacock furnishing fabric). Coton imprimé au rouleau. Imprimé par la Rossendale Printing Co., Lancashire for Liberty & Co., Londres - Arthur Silver, 1887 - Londres, Victoria and Albert Museum, don de Rex Silver, fils du designer © V&A Images, A droite : "Pavonia", huile sur toile - Frederic Leighton, 1858/1849 - Londres, collection particulière, Courtesy Christie's © Christie's Images

Dans l’imagerie de l’”Aesthetic Movement“, qu’il s’agisse de peinture ou d’art décoratif, trois motifs reviennent constamment : les tournesols, symboles de la beauté vigoureuse ; les lys qui traduisent la beauté contemplative ou féminine et les paons, symboles traditionnels de l’orgueil de la beauté. Pour Frederic Leighton, évoquant son tableau “Pavonia” , le “paon” signifie que le vrai thème de la peinture est là. Par la suite, cette peinture fut considérée comme l’incarnation de la femme fatale moderne, à l’image de Lucrèce Borgia.

  • Exposition Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde – Musée D’Orsay – 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
  • Du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012