Archive pour la catégorie ‘Conférences’

Prades célèbre le grenat de Perpignan pour la Journée du Patrimoine de Pays

Mardi 15 juin 2010

Le 20 juin prochain aura lieu la treizième édition de la Journée du Patrimoine de Pays, Journée des Moulins. Elle aura pour thème “dates et personnages” et permettra de faire prendre conscience au public de la richesse et de la diversité du patrimoine non protégé en France. Le visiteur pourra notamment s’initier à des savoirs faire spécifiques et participer à des démonstrations et à des ateliers encadrés par des professionnels.

Dans le cadre de cette manifestation, la ville de Prades, Pyrénées Orientales, met en valeur son savoir faire dans la bijouterie en grenat de Perpignan et le patrimoine de son territoire rural.

A gauche : Jean-Michel Calvet dans son "musée d'entreprise" A droite : Amandine, jeune recrue de l'atelier Calvet en plein travail © Maison Quès Calvet

La Maison Quès Calvet, la plus ancienne bijouterie artisanale française (200 ans), ouvrira ses portes. Jean-Michel Calvet, artisan bijoutier de la confrérie du Grenat de Perpignan effectuera une démonstration et Laurent Fonquernie, historien et responsable de l’Institut du grenat, animera une conférence.

Il sera également possible de visiter les ateliers de la Manufacture du Grenat, classée Entreprise du patrimoine vivant et d’assister à une conférence sur l’histoire du bijou catalan.

  • 200 ans de bijouterie à Prades : La Maison Quès Calvet – Bijouterie Calvet – 140, avenue Général de Gaulle – 66500 Prades – 20 juin 2010 : Conférences gratuites à 11h et 15h et démonstrations
  • La Manufacture du Grenat – Rond-point du Canigou – 66500 Prades – Visites gratuites les 19 et 20 juin. Le 20 juin : visite à 9h30, 12h, 14h, 18h

L’art verrier sous Louis XIV

Mercredi 24 mars 2010

verreries-royales-dorleansGrâce à Bernard Perrot, des chefs-d’œuvre – pièces de prestige ou verres du quotidien – sont nés de la Verrerie Royale d’Orléans, puis de celle de ses successeurs à Fay-aux-Loges (Loiret). À l’occasion du tricentenaire de son décès, le musée des Beaux-Arts d’Orléans consacre une exposition à celui qui fut le plus célèbre artiste verrier du siècle de Louis XIV. Pour la première fois sont rassemblés, autour de la collection du Musée historique et archéologique de l’Orléanais, près de 200 pièces prêtées par des musées et des collectionneurs français et européens.

Bernardo Perrotto (1640- 1709), né en Italie, immigré en France et naturalisé en 1666 est le produit d’une longue tradition de l’art verrier : pratiqué en Italie et diffusé en Europe par des migrations successives depuis le XVème siècle. C’est parce que la ville d’Orléans bénéficiait d’une situation privilégiée – approvisionnement facile en bois, en sables et proximité de Paris pour les débouchés – que le jeune homme, à 28 ans, y a créé la Verrerie Royale. Il va très rapidement contribuer aux avancées techniques et artistiques du moment. D’emblée, il est reconnu pour ses découvertes comme le verre rouge transparent. La cathédrale d’Orléans fut ainsi le premier monument à retrouver des vitraux rouges. On lui doit également l’émail, l’imitation de la porcelaine importée d’Orient, des pierres dures comme l’agate, le lapis-lazuli … Il était aussi reconnu pour ses innovations comme le procédé du verre coulé en table pour réaliser notamment les grands médaillons représentant le Roi et, vraisemblablement, le duc d’Orléans.

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, oncolore, cadre en bois sculpté et doré - bernard Perrot - Orléans entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais A.7162, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et à droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince transparent, incolore et rouge - Attribué à bernard perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Paris, Les Arts décoratifs, musée des Arts décoratifs 23438, © Paris, Les Arts décoratifs, photo : Jean Tholance

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, incolore et cadre en bois sculpté doré - Bernard Perrot - Orléans, entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et A droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince, transparent, incolore et rouge - Attribué à Bernard Perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Les Arts décoratifs, Musée des Arts décoratifs de Paris © Les Arts décoratifs de Paris, photo : Jean Tholance

A la lumière de découvertes historiques récentes, l’exposition propose un éclairage neuf sur la production de verre du XVIIème siècle. On y découvre de nouvelles pièces attribuées à Perrot. Sont également livrés des secrets de fabrication pour lesquels il avait obtenu l’exclusivité du Roi puis du Régent. On sait par exemple aujourd’hui que le rouge transparent, dont la formule avait été perdue au Moyen Âge, était obtenu en associant l’or et l’arsenic. On sait aussi que l’aiguière marbrée de rouge, œuvre majeure de Perrot prêtée par le musée d’Écouen, est opacifiée aux arséniates de plomb alors que d’autres pièces porcelanées le sont à l’antimoine. Du musée des Beaux-Arts de Dijon viennent d’exceptionnels vases en verre transparent ambré, auxquels l’étamage intérieur donne l’aspect de l’or, comme c’est également le cas pour des salerons, flacons et autres objets précieux.

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot, Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée national de la Renaissance E.Cl. 8626, © RMN photo presse / Gérard Blot A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot, Orléans ou Fay-aux-Loges en 1727 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais 2006.2.3, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo François Lauginie

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot - Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée National de la Renaissance © RMN, photo : Gérard Blot et A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot - Orléans ou Fay-aux-Loges, 1727 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie

La production d’objets de luxe de Perrot est le plus souvent liée aux arts de la table : flacons, gobelets, vases, aiguières… Certaines des pièces annoncent les nouveaux usages qui rompent avec les traditions culinaires médiévales au profit de la gastronomie française. D’autres pièces sont purement décoratives comme des statuettes figurant des putti ou des bergers de fantaisie ; mais il n’y a pas à proprement parler de bijoux. Beaucoup à découvrir néanmoins sur un matériau, le verre, jusqu’ici mal connu du grand public. L’étape s’impose donc à Orléans d’autant qu’on peut en profiter pour visiter les collections permanentes du musée des Beaux-Arts qui, comptant parmi les plus anciens musées français, offre un vaste panorama de la création artistique en Europe du XVème au XXIème siècle.

En marge de l’exposition, on notera les Colloques des 28 et 29 mai prochains organisés en collaboration avec l’Association française pour l’archéologie du verre.

  • Exposition Bernard Perrot, Secrets et chefs-d’oeuvre des verreries royales d’Orléans – Musée des Beaux-Arts d’Orléans – 1, rue Fernand Rabier – 45000 Orléans – Du 13 mars au 27 juin 2010
  • Colloque Perrot et l’influence des verriers d’Altare et de Venise sur les productions françaises et européennes des XVIIème et XVIIIème siècles – Le 28 mai 2010
  • Colloque Actualité de la recherche sur l’histoire et l’archéologie du verre, de la plus haute Antiquité aux périodes contemporaines, en France et à l’étranger – Le 29 mai 2010

Colloque à Bruxelles : Regards croisés sur le bijou

Mardi 9 mars 2010

bijouBonne nouvelle pour ceux qui s’intéressent au bijou à la fois au plan artistique et culturel. L’Université Libre de Bruxelles et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique organisent, en partenariat avec le Pôle Bijou de Baccarat, un colloque international : “Parures, Bijoux et Ornements – Histoire d’un Art de faire corps et de faire sens”. Il se tiendra à Bruxelles les 25 et 26 mars prochains.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du cours d’Arts décoratifs du professeur Brigitte D’Hainaut-Zveny (ULB), qui étudie les formes et les usages du bijou de l’âge de bronze aux créations actuelles. La volonté ici est de croiser analyses et expériences. Les conférenciers viennent d’horizons les plus divers : universitaires, historiens d’art, conservateurs de musées, galeristes, experts … Ils alterneront exposés de synthèse et études de cas. Pour conclure, une table ronde réunira six créateurs belges de renom qui s’essayeront à définir la place du bijou dans la société contemporaine.

  • Colloque Parure, Bijoux et Ornements : Histoires d’un art de faire corps et de faire sens – Musées royaux d’Art et d’Histoire – Grand auditorium – Parc du Cinquantenaire, 10 – 1000 Bruxelles
  • Le 25 et 26 mars 2010, de 9h à 17h

Bijoux et parures en fer au musée Le Secq des Tournelles

Jeudi 18 février 2010

midi-museesPasser une heure au musée pour mieux comprendre l’art, mais aussi la technique, l’histoire et la culture d’une époque. C’est l’objectif des conférences initiées par l’Association des Amis des Musées de la Ville de Rouen. Nous avons retenu plus particulièrement celles consacrées aux bijoux en fer. La conférencière Anne Cuvelier donne rendez-vous aux amateurs de bijoux les 25 et 27 février prochains puis, dans le cadre de Midi-Musées des Musées de la Ville de Rouen, les 6, 7, 20 et 21 mai. Ces rencontres se tiennent dans un lieu magique : le musée Le Secq des Tournelles.

Un cadre original : le musée Le Secq des Tournelles

Installé dans l’église St Laurent – édifice gothique flamboyant du XVIème siècle – le musée Le Secq des Tournelles présente une collection unique au monde d’art du fer : enseignes, heurtoirs, clés serrures, outils, accessoires de couture … et bijoux. L’idée en revient au peintre et photographe Jean-Louis-Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) qui a voulu célébrer les ressources infinies de ce métal. Son fils a prolongé sa collection et en a fait don à la ville de Rouen. Aujourd’hui, 6000 objets sont présentés en permanence. Ils couvrent une période qui va des Gallo Romains au XXème siècle, avec une prédilection pour les XVIIème et XVIIIème siècles. Parmi eux, de nombreux bijoux car la bijouterie en fer existe depuis fort longtemps.

Musée Le Secq des Tournelles - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Musée Le Secq des Tournelles © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

Des pièces uniques chargées d’histoire

Les participants aux conférences sont donc invités à découvrir les différentes formes revêtues par cette bijouterie et se familiariser avec les techniques employées. Ils s’arrêteront par exemple à la vitrine des bijoux en acier poli dont la technique s’est développée en France à partir de 1776. Il est vrai qu’elle attire le regard par l’éclat des pièces présentées ; des pièces qui valent cher car le travail est long pour aboutir à cet aspect “canon de fusil” si caractéristique. La fonte de Berlin mérite aussi un “arrêt sur image”. La reine Louise de Prusse lança la mode de ces bijoux en alliage de fer et de carbone dont elle prisait particulièrement “l’aspect dentelle“. Mais cette technique est surtout célèbre aujourd’hui par l’acte patriotique qu’elle symbolise. En 1813, pour soutenir l’effort de guerre contre Napoléon, l’Empereur d’Allemagne demanda à ses sujets d’échanger leurs bijoux en or contre des parures en fonte. Vainqueur, Napoléon saisit les moules pour faire des répliques et les bijoux en fonte de Berlin ont été à la mode en France dans les années 1840. Ils ont longtemps aussi servi de bijoux de deuil.

Collier en fonte de Berlin - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Collier en fonte de Berlin © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

La fonction du bijou

Châtelaine - Musées de la Ville de Rouen - C. Lancien et C. Loisel

Châtelaine © Musées de la Ville de Rouen, C. Lancien et C. Loisel

D’autres techniques seront également abordées telles le fer trempé, le fer repoussé, les bijoux ciselés … L’initiation consiste aussi en des explications sur la fonction de certaines pièces – par exemple des boucles de ceintures – ou la présentation de bijoux originaux. Savez-vous par exemple ce qu’est une Châtelaine ? Très en vogue à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle, cette parure, pour homme ou pour femme, se portait à la  ceinture. Une montre y était suspendue en même temps que des “gris-gris”. D’autres explications seront fournies concernant des diadèmes ou des boucles d’oreilles : sur l’origine du bijou, le contexte historique, sa fonction sociale et la mode. On parlera beaucoup aussi des moeurs et des habitudes de nos arrières grand mères et en particulier du carnet de bal, très prisé à la fin du XVIIIème et au début XIXème siècle. Vaste programme …

  • Musée Le Secq des Tournelles – Rue Jacques Villon – 76000 Rouen
  • Conférence Les bijoux – Une heure au musée, Association des Amis des musées de la ville de Rouen – Jeudi 25 et samedi 27 février 2010 à 14h15 et 16h
  • Conférence Objets de parure et bijoux en fer : châtelaines, colliers … – Midi Musées, Service des publics, Musées de la ville de Rouen – 6, 7, 20 et 21 mai 2010 à 12h30