Archive pour la catégorie ‘Fabrication’

Montres anciennes au musée du Temps à Besançon

Lundi 10 janvier 2011

Montres-et-merveillesLes passionnés d’horlogerie ont une nouvelle fois le regard tourné vers Besançon. L’exposition “Montres et Merveilles” dévoile actuellement une des plus importantes collections de montres anciennes et précieuses en France. Quelque 200 pièces sont présentées : des montres bien sûr, mais aussi des boîtiers, des plaques émaillées, de l’outillage et des documents iconographiques. Le parcours de l’exposition retrace les principales évolutions de la montre mécanique depuis le XVIème siècle. Elle n’y est pas présentée uniquement sous son aspect technique ou esthétique. On peut également mesurer sa valeur symbolique, entre quête de précision et marque de statut social.

Montres-bijoux

De gauche à droite : Montre à complications astronomiques en argent, laiton, 1re moitié du XVIIIe siècle, Allemagne - Kratz Michael Junger - Collection Musée du Temps, Au milieu : Montre de forme octogonale en cristal de roche, XVIIè siècle, France - Jacob De La Croix - Collection Musée du Temps, A droite : Montre astronomique en laiton et argent, Valenciennes vers 1690 - Houzeau - Collection Musée du Temps

Les premières montres, celles des XVIème et XVIIème siècles, sont avant tout de beaux objets, souvent de véritables montres bijoux ouvragés et fabriqués dans les matériaux les plus précieux. En revanche, leur précision est très souvent approximative

Montre-ancienne

A gauche : Montre à décor émaillé en or, laiton et émail, Paris, vers 1785 - Jean-Antoine Lépine - Collection Musée du Temps, A droite : Montre émaillée, Paris, 1760 - Jean-Antoine Lépine - Collection Musée du Temps

Il faut attendre le XVIIIème siècle pour enregistrer de véritables avancées techniques, aiguillonnées par la quête des chronomètres de marine. Même si la mise en place du calibre Lépine ou du mouvement à ponts sont des avancées déterminantes, le XVIIIème siècle, puis le XIXème ne se caractérisent pas uniquement par l’innovation technique. Les mouvements deviennent de plus en plus précis et la recherche est également esthétique : que les montres soient richement émaillées ou de forme très épurée. Les œuvres de Breguet, Berthoud ou Leroy évoquent le bouillonnement du monde horloger de l’époque. Le public peut également découvrir la collection des montres Lépine ou encore d’autres pièces qui, par exemple, témoignent des tentatives à l’époque révolutionnaire de mise en place d’un temps décimal.

Montres-anciennes

A gauche : Montre à répétition, Besançon, 1910 - Bossy - Collection Musée du Temps, Au milieu : Montre à complications en argent et laiton, fin du XVIIIème siècle - Collection Musée du Temps, A droite : Boîte de montre, Franche Comté, début XXème siècle - Collection Musée du Temps

L’industrie horlogère du XIXème siècle et du début du XXème siècle est marquée avant tout par la production de masse. Grâce à des objets et documents d’époque, l’exposition souligne l’importance de Besançon, capitale française de la montre à cette époque. Les collections de boîtes et de plaques émaillées présentées rappellent également qu’une grande partie de l’activité bisontine n’était pas la fabrication de mouvements, mais plutôt l’établissage, c’est-à-dire le montage de mouvements dans des boîtes de montres.

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A gauche : Leroy 01 "La montre la plus compliquée du monde" en or, rubis, acier, laiton, émail, Besançon, 1904 - Leroy - Collection Musée du Temps, Au milieu : Montre à complications en argent et laiton, Fin du XVIIIe siècle - Collection Musée du Temps, A droite : Montre sectorielle en argent, laiton et émail, Suisse, XXe siècle - Collection Musée du Temps

L’apogée des savoirs-faire horlogers est symbolisée par la présentation des montres à complications du début du XXème siècle avec en point d’orgue la Leroy 01 en or, rubis, acier, laiton, émail, fabriquée à Besançon. Avec ses 24 complications, elle fut la pièce horlogère la plus complexe jamais produite à l’époque.

  • Exposition Montres et merveilles, collection du musée du Temps – Musée du Temps, Palais Granvelle – 96, Grande Rue – 25000 Besançon
  • Du 9 décembre 2010 au 29 mai 2011, prolongation jusqu’au 18 septembre 2011

Les perles de culture dorées des Philippines

Mercredi 25 novembre 2009

Elles portent un nom étrange, Pintada Maxima. Elles sont géantes et on les trouve dans les mers du sud. Ce sont des huîtres. Si elles étaient les vedettes de l’émission “Sept à Huit” sur TF1 le 22 novembre, c’est qu’elles produisent une variété de perles parmi les plus recherchées au monde. Les caméras de Fabrice Babin nous ont conduit aux Philippines, pour nous faire découvrir la culture des perles de nacre dorée. Le premier producteur mondial – un Français – a entrouvert les portes de son univers.

Dans la presqu’île de Palawan, au Sud de Manille, les parcs à huîtres s’étendent à perte de vue. Ils sont protégés nuit et jour par des gardes puissamment armés. On comprend cette prudence car ils abritent trois millions d’huîtres dont un grand nombre produiront chacune une perle dorée d’une rare beauté. Elle pourra être vendue jusqu’à 4000 euros pièce ! Les plus belles sont réservées à la joaillerie et s’adressent à des clients particulièrement fortunés, comme le sultan de Brunei : un collier peut atteindre 150 000 euros.

Il faut cinq ans pour produire une perle dorée d’un diamètre de 14 à 15 mm. Le processus est très sophistiqué et sélectif. D’abord cette huître perlière ne se reproduit pas naturellement. La reproduction s’effectue in vitro dans des laboratoires ultra sophistiqués sur lesquels veille en permanence un personnel attentif. A deux ans, les huîtres subissent une sélection draconienne avant d’être “greffées”. On y introduit un noyau de nacre naturel. Pour se protéger de ce corps étranger, l’huître le recouvre de nacre. La Pintada Maxima a une pigmentation dorée naturellement qui se transmet sur la perle : plus la coquille a une pigmentation dorée, plus la perle sera dorée. Une fois greffée et après sélection, l’huître retourne à la mer et repose pendant trois ans à quelques mètres sous l’eau, en attendant sa maturité. Moins d’une sur quatre produira une perle acceptable.

Les secrets de reproduction ; les critères de sélection, de contrôle ; la technique de la greffe – acquise auprès d’un maître japonais -  sont un capital inestimable. Jacques Branellec, le producteur français de Manille, s’est d’abord intéressé à la culture de la perle noire de Polynésie avant de s’installer au Philippines où il a bâti son empire. Aujourd’hui 300 employés travaillent dans ses fermes perlières sur l’archipel des Palawan où il possède une île entière.

Si vous êtes amateur de perles de culture et perles fines, allez visiter le site qui a été réalisé suite à l’exposition Perles, une histoire naturelle” du Muséum National d’Histoire Naturelle en 2007/2008.

  • Documentaire Chasseur de perles – Sept à Huit, TF1 – Reportage de Fabrice Babin