Joaillerie et haute joaillerie des femmes élégantes

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PeintrePar ses compositions élégantes et son talent pour sublimer une allure, Braïtou-Sala (1885-1972) s’est rapidement imposé comme l’un des spécialistes du portrait mondain. C’est précisément parce qu’il attachait une importance particulière aux toilettes, bijoux, parures et autres accessoires, que son œuvre nous livre un témoignage essentiel sur la mode de l’entre-deux-guerres. L’exposition L’élégance d’un monde en péril au musée de La Piscine de Roubaix nous offre ainsi la palette des beautés féminines durant les années vingt et trente.

Braïtou-Sala

A gauche : Le peintre Braïtou-Sala dans son atelier, rue Charles-Laffitte à Neuilly pendant les années 30 – Tirage argentique noir et blanc sur papier – Archives familiales de l’artiste –  A droite : Braïtou-Sala, autoportrait aux binocles – Crayon noir et huile sur toile marouflée sur isorel – Braïtou Sala, 1916 – Collection Sala © Photos Alain Leprince, La Piscine Musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix

Des femmes mondaines à la mode

De 1919 à 1939, Braïtou-Sala a brossé plus d’une centaine de portraits mondains. Les actrices, cantatrices, ou femmes de la haute bourgeoisie qui faisaient appel au peintre appartenaient toutes à la clientèle privilégiée des maisons de couture et des joailliers parisiens.

Tant au plan des vêtements que des bijoux et des accessoires, les portraits de Braïtou-Sala sont donc un fidèle reflet de la mode d’une époque qui a marqué le renouveau de la vie artistique et mondaine.

Joaillerie-femme

A gauche : Vénus, dite Vénus verte, huile sur toile – Braïtou-Sala, 1929 – Don de la famille Sala en 2015 – Roubaix, La Piscine – musée d’art et d’industrie André Diligent A droite : . Portrait d’Éléna Olmazu, Tempera sur toile – Braïtou-Sala, 1931 – Collection particulière © Photos Alain Leprince, La Piscine Musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix

La joaillerie des années 20/30

Les bijoux portés par les modèles sont particulièrement caractéristiques d’une époque. Sur son portrait, par exemple, Madame Benoist porte une très belle parure qui associe platine, perles et émeraudes et évoque les créations des stylistes des maisons Fouquet ou Van Cleef & Arpels dans les années vingt.

La décennie suivante s’est caractérisée par un engouement pour les bijoux blancs aux structure géométriques épurées. Et en effet, de très beaux bracelets, broches et pendants d’oreille en platine et diamant mettent en valeur l’extrême simplicité de la robe du soir noire portée par l’aristocrate roumaine Elena Olmazu.

Collier-perle

A gauche : Portrait de Madame Revel, huile sur toile – Braïtou-Sala, 1937 – Collection Comte Bertrand de Montesquiou Fezensac, A droite : Portrait de Marie-Jeanne à l’hermine, huile sur bois – Braïtou-Sala, 1935 – Collection Sala © Photos Alain Leprince, La Piscine Musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix

Les bijoux amovibles, également dénommés “bijoux de transformation”, étaient très prisés dans les années trente. Ils figuraient au catalogue des grandes maisons, telles Cartier ou Van Cleef & Arpels. Ces bijoux pouvaient être placés sur un décolleté, au revers d’une veste, voire sur un chapeau. Ainsi, Madame Paul-Louis Weiller (une ex miss Europe) arbore, au niveau du décolleté, deux clips composés d’émeraudes. Uniques accessoires de sa toilette, ils ornent les bretelles d’une longue robe blanche qui est vraisemblablement signée Madeleine Vionet.

Des bijoux et parures en tant que marqueurs sociaux

Du portrait mondain, Braïtou-Sala connaissait tous les codes : grand format pour en imposer et insistance sur tout ce qui brille, au propre comme au figuré. Si, à travers ses portraits, la mode trouve toujours son compte grâce à l’attention portée à la mise, à la parure et au rendu des matières, les détracteurs de l’artiste ont fait valoir que c’était au détriment de la transcription sinon d’une âme, au moins d’une personnalité.

Mais c’est nier la fonction même du portrait mondain qui recherche moins une image fidèle que la traduction d’un rang social et l’ambition d’une époque. La parure y tient obligatoirement une place fondamentale car elle est à la fois marqueur social et garant du bon goût et du raffinement.

  • Exposition Braïtou Sala (1885-1972), l’élégance d’un monde en péril – La Piscine, Musée d’Art et d’Industrie André Diligent – 23, rue de l’Espérance – 59100 Roubaix – Du 19 mars au 5 juin 2016

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