Parure et bijoux de cheveux dans différentes cultures

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CheveuxL’exposition Cheveux chéris, du musée du Quai Branly propose un état des lieux de la représentation et de l’utilisation du cheveu dans les cultures européennes et non européennes. De l’atout de séduction, aux bijoux en passant par le pouvoir du cheveu, de nombreuses facettes de ce matériau vivant sont proposées aux visiteurs.

Ava Gardner

A gauche : Buste en bronze d’une femme noire – Charles Cordier © MNHN, Daniel Ponsard, A droite : Ava Gardner sur le tournage du film d’Henry Koster « La Maja nue » en 1958 © Ministère de la Culture, Médiathèque du Patrimoine, dist.RMN, Sam Lévin

Se parer et séduire

Depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, la chevelure a toujours été un atout de séduction. La couleur, la longueur, la coiffure sont associées, selon l’époque, à des modes de séduction, à des mythes ou des symboles.

Boucles d'oreilles en cheveux

A gauche : Pendants d’oreille en nacre, écorce, plumes et cheveux de femmes – Ethnie Bororo – Aldeia Kejara, Amérique, A droite : Coiffe couvre nuque en plumes, coton, fibres végétales et cheveux – Ethnie Rikbaktsa – Mato Grosso, Brésil © Musée du Quai Branly, photos Claude Germain

Il en est de même dans les cultures non européennes, qu’il s’agisse d’extensions ou de parures. Les cheveux, leur nombre et leur longueur, et les plumes et leurs couleurs, sont des signaux envoyés au groupe.

Parure en cheveux

A gauche : Ornements en plumes et cheveux – Ethnie Shuar – Equateur, A droite : Ornement de tête en plume, cheveux, bois – Ethnie Shuar – Equateur © Musée du Quai Branly, photos Claude Germain

En Equateur, la longue chevelure des hommes jivaro est parée d’ornements de plumes et fait l’objet de nombreux soins.

Au Brésil, les hommes se parent plus que les femmes. Chez les Bororo, les plumes et les cheveux sont considérés comme des éléments de parure et de pouvoir. A l’occasion de visites intertribales ou rituels, les hommes de la tribu des Rikbaktsa portent une coiffe en plumes colorées d’ara et de toucan et de cheveux humains

Cheveux Marie Antoinette

A gauche : A gauche : Médaillon en cristal et argent ciselé contenant une mèche de cheveux de la reine Marie Antoinette, Au centre : Médaillon en or contenant des cheveux de la reine Marie-Antoinette et du dauphin en 1789 Louis-Charles de France, Duc de Normandie, En haut à droite : A droite : Miniature en ivoire, nacre, or et perles contenant une mèche de cheveux du dauphin en 1789, Louis-Charles de France Duc de Normandie, collée sur un coeur en nacre – Château de Versailles et de Trianon, Versailles  © Musée du Quai Branly, photos Notes Précieuses

Les bijoux sentimentaux et de deuils

A partir du XIVème siècle, les cheveux sont donnés en gage de tendresse. Ils participent au culte de l’être cher.

Imputrescible, ils sont employés comme relique pour perpétuer le souvenir des morts. Ainsi au moment de son éxécution en 1793, Louis XVI adresse à ses proches des cheveux des membres de sa famille.

Collier cheveux

A gauche : Médaillon avec cheveux, A droite : Bracelet en or, turquoise et cheveux de la Reine Hortense – France, XIXème siècle – Château de Malmaison et Bois-Préau, Malmaison © Musée du Quai Branly, photos Notes Précieuses

La mode des bijoux, bracelets, colliers et médaillons en cheveux connut son apogée au XIXème siècle. Les femmes aimaient porter des bijoux en cheveux très travaillés et ornés de matériaux précieux. Ces bijoux honoraient aussi les mémoires des personnes disparues.

Collier en cheveux

A gauche : Ceinture en cheveux © Musée du Quai Branly, photo Notes Précieuses, A droite : Collier avec cheveux nattées et torsadées, ivoire, fibres végétales torsadées et tressées – Hawaiï, XIXème siècle © Musée du Quai Branly, photo Claude Germain

Ornements puissants et charm’s magiques en cheveux

Les cheveux ayant appartenu à des personnages importants conservés dans des charm’s, ornements ou armes sont des gages de force et d’efficacité.

Collier magique

A gauche : Collier magique Aody en tissu, perles, corne, bois, coquillage, cheveux – Sakalava (?), Madagascar, première moitié du XXème siècle © Musée du Quai Branly, photo Notes Précieuses, A droite : Ornement de hanche masculin en bois, poils de chèvre, os, rotin, fer, fibres, cheveux humains, pigments – Ethnie Naga – Nagaland, Asie © Musée du Quai Branly, photo Claude Germain

A Madagascar, l’aody est un charm’s, fait de bois, de perles magiques, de corne et de cheveux.

Au Vanuatu, la dent de cochon accrochée à une mèche de cheveux par des fibres végétales est considérée comme un véritable bijou. Le sacrifice de cochons permettait aux hommes de se marier, d’atteindre de nouveaux grades et de faire des rituels.

Collier cheveux

A gauche : Collier en os de requin ?, cheveux, fibres végétales, métal – Iles marquises, Océanie, fin 19ème siècle © Musée du Quai Branly, photo Claude Germain, A droite : Ornement de tête en os, cheveux, fibres végétales – Iles Marquises, Océanie, milieu du 20ème siècle © Musée du Quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie Torre

Les ornements et leurs compositions servent aussi à déterminer des groupes ou des clans. Jusqu’au XIXème siècle, les nobles hawaïens, hommes ou femmes, portaient comme insigne de leur rang un collier de cheveux finement tressés avec un crochet en ivoire de morse. Les chasseurs de têtes du Nagaland, eux, sont reconnaissables par le port de rosettes de cheveux à l’oreille et des ailes de scarabée.

La pratique de la chasse aux têtes développe l’usage d’ornements en cheveux. Les cheveux sont chargés des pouvoirs de leurs anciens possesseurs et sont portés comme des ornements puissants. Chez les Jivaro Shuar, des bijoux et autres objet combinent élytres, plumes et mèches de cheveux de manière symbolique.

En Inde, des parures, comme certains plastrons, sont réservées aux hommes qui ont coupés des têtes ou obtenu des scalps ennemis. Les têtes des jeunes femmes célibataires étaient particulièrement recherchées par les guerriers. La longueur des cheveux des victimes permettaient de fabriquer de beaux ornements et avait également une fonction protectrice, leur ondulation permettant de distraire l’oeil de l’assaillant.

Au Philippines, le guerrier qui coupait au moins une tête pouvait porter un bracelet en défenses de sanglier orné d’une statuette avec une touffe de cheveux ayant appartenu à sa première victime.

Sculptés dans l’os des ennemis et ornés de cheveux, les tiki ivi po’o servaient de perles à mettre dans les cheveux des polynésiens. Ils représentaient des ancêtres déifiés et étaient utilisés comme charm’s protecteurs.

Tête réduite

A gauche : Tête trophée réalisée avec une tête humaine, coton, plumes, pois, boules de résine, dents d’agouti – Ethnie Munduruku – Brésil, 19ème siècle, A droite : Tête réduite avec ornements d’oreilles et bucaux réalisée avec des restes humains, plumes, fibres végétales – Ethnie Jivaro, Shuar – Equateur © Musée du Quai Branly, photos Patrick Gries

La tête trophée

Témoignages de victoires, les trophées jouent un rôle complexe dans les sociétés pratiquant la chasse aux têtes ou la collecte de scalps. Le pouvoir de la tête trophée profite au groupe par un système d’échanges symboliques entre vaincu et vainqueur, entre enfant et ancêtre…

Les tribus jivaros d’Equateur fabriquent des « têtes réduites » dites « tsantsas » en accordant un grand soin à la chevelure des victimes.

Au Brésil au XIXème siècle, les Munduruku coupaient la tête de leurs ennemis mais aussi celle de leurs compagnons morts au combat. La tête trophée faisait l’objet de rituels, notamment la « décoration des oreilles » et conférait des privilèges à son propriétaire, comme le versement d’une pension. Les cordelettes de la bouche correspondraient au nombre de têtes coupées par le guerrier défunt.

  • Exposition Cheveux chéris, frivolités et trophées – Musée du Quai Branly – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013

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