Les bijoux de deuil

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Exposition bijouxChaque civilisation déplore à sa manière la mort d’un être cher. Les anglo américains ont longtemps exprimé leur douleur et l’amour du disparu à l’aide de bijoux de deuil. C’est ce qu’atteste l’exposition « In Death Lamented : The Tradition of Anglo‐American Mourning Jewelry » de la Massachusetts Historical Society (MHS) à Boston. Les quelque 80 pièces exposées offrent des exemples significatifs des bijoux réalisés à partir du milieu du XVIIème jusqu’au XIXème siècle. Ils sont mis en situation grâce à des documents d’époque. Ils proviennent de la MHS – qui depuis sa fondation en 1791 est un contributeur essentiel à la connaissance de l’histoire américaine – , du Historic New England de Haverhill, du Peabody Essex Museum de Salem et des collections personnelles de Sarah Nehama. Commissaire de l’exposition et auteure du riche catalogue qui l’accompagne, Sarah Nehama est elle même créatrice de bijoux en métaux et pierres précieuses.

Bijou broche

A gauche : Bague en or émail, cristal, papier et encre commémorant Edward Wigglesworth – Angleterre ou Etats-Unis, 1794 © Massachusetts Historical Society, don de Charles H. Taylor, 1936, A droite : Broche/pendentif en or, ivoire, verre, encre avec inscription : « To me he will never die » commémorant Jonathan Deare – Etats-Unis, 1796 © Sarah Nehama collection, purchased 2009

Des bijoux en souvenir du défunt

L’exposition « In Death Lamented… » explore l’évolution des différentes attitudes envers la mort, le chagrin et le deuil à travers les siècles sur la côte Est des Etats-Unis. Elle présente quelques-uns des types les plus significatifs de bijoux de deuil ainsi que des portraits, images et lettres les mettant en perspective. Les bijoux de deuil sont apparus au milieu du XVIIème siècle. D’abord réservés à l’aristocratie et à l’élite, il faut attendre le XIXème siècle pour qu’ils se répandent dans les classes moyennes. Les bagues sont le type le plus commun de bijoux de deuils. Elles étaient généralement distribuées au cours des funérailles. Les premières bagues étaient en or plein et comportaient généralement, en relief, un crane et des os croisés, du type momento mori. Ensuite est apparu l’émail noir et le style rococo s’est emparé de ce type de bijoux où les broches avaient rejoint les anneaux. Dès le XVIIIème siècle, on y a aussi ajouté des cristaux et surtout des cheveux. Au plan de l’imagerie, les crânes ont cédé la place à des dessins à l’encre sépia de femmes éplorées penchées sur la tombe des êtres chers.

Bague cheveux

Bague en or, cheveux et cornaline commémorant John Quincy Adams et offert à Robert Charles Winthrop – Etats-Unis, 1848 © Massachusetts Historical Society, don de Clara Bowdoin Winthrop, 1957

Bagues ou broches : Hommage à des personnes illustres

Bijoux et documents sont présentés en ordre chronologique. Parmi les œuvres les plus marquantes, on note l’anneau d’or, gravé à l’intérieur, de John Coney (1694) ou une bague en or, émail et cristal, commémorant la mort de Caroline de Brandebourg-Ansbach (1737), l’épouse du roi George II de Grande-Bretagne. On remarque une bague contenant les cheveux tressés de John Quincy Adams, sixième Président des Etats-Unis (1825 à 1829), mort en 1848. Autre élément saillant de l’exposition : le médaillon double cœur réalisé à la mort de Marie P. Belcher, première femme du Gouverneur Belcher, en 1736.

  • Exposition In death lamented, the tradition of anglo-american mourning jewelry – Massachusetts Historical Society – 1154 Boylston street – Boston, Massachusetts 02215 – Etats-Unis
  • Du 28 septembre 2012 au 31 janvier 2013

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