Bijoux égyptiens au temps de l’Egypte des Pharaons

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Le crépuscule des pharaonsC’est la première fois qu’est mise en valeur à ce point la création artistique égyptienne du dernier millénaire avant notre ère. L’exposition Le crépuscule des pharaons, qui se tient au musée Jacquemart-André à Paris, présente plus d’une centaine de pièces exceptionnelles provenant de temples ou de tombes de l’époque 1069-30 avant JC. Sculptures et reliefs, sarcophages et masques funéraires, objets de culte et bijoux témoignent de la richesse et de la diversité de la production artistique après les Ramsès. Bien que marquée par de profonds bouleversements politiques, cette période a connu un réel renouveau artistique. On est loin de l’image de décadence à laquelle on a trop souvent tendance à l’associer.

Collier ousekh

Autre figure féminine nue en argent  – XXVIe dynastie, règne de Néchao II – New York, The Metropolitan Museum of Art, Theodore M. Davis Collection, Bequest of Theodore M. Davis, 1915 ©The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN, image of MMA

Le bijou pour femme à l’époque de l’Egypte ancienne

Durant les dix siècles qui ont précédé notre ère, l’Egypte a été successivement envahie par les Kouchites, les Perses et les Macédoniens. Mais, nourri d’une longue tradition pharaonique, l’art égyptien n’en a pas moins toujours conservé son prestige auprès des nouveaux souverains.

Servie par une maîtrise éprouvée de la technique et un sens esthétique aiguisé, la production artistique s’est distinguée par des réalisations remarquables, tout particulièrement dans le domaine de la statuaire où les hommes, le pharaon et les dieux sont omniprésents.

Les statues témoignent de l’évolution, au fil du temps, des perruques, des costumes, des parures et aussi des attitudes. De nombreuses statues représentent des femmes portant boucles d’oreilles, collier ousekh et bracelets aux poignets et chevilles.

Le collier Ousekh

Le collier ousekh est un large collier formé par plusieurs rangées de perles tubulaires et lacrymoïdes avec parfois des motifs floraux. Un contrepoids se trouve à l’arrière. Il est porté par des personnes d’un certain rang.

Bijoux égyptiens

Égide en or – Période libyenne – Baltimore, The Walters Art Museum, Maryland Photo © The Walters Art Museum, Baltimore

L’égide

Très présent à partir de la fin du Nouvel Empire, l’égide est un objet sur lequel est représenté un collier ousekh associé à une tête de divinité, animale ou humaine, ici la déesse léonine. Les deux têtes de faucon constituent les attaches du collier. Cet objet apparaît sur la statue de la dame de Tachéretptah.

Egypte pharaonique

Statue debout théophore de la dame Tachéretptah en « bronze » avec des incrustations – XXVe dynastie (760-­656 avant notre ère) – Collection privée © D.R., Paul Louis

Il peut servir de figure de proue, être porté en collier ou comme ici être combiné au contrepoids d’un collier Menat.

Celui-ci symbolise la protection et la transmission du pouvoir royal. En or et non en bronze, il se distingue par sa qualité d’exécution. Le commanditaire ne peut être qu’un pharaon ou un personnage de haut rang.

Le collier Menat

Quant au collier Menat, c’est un collier en perles relié à un contrepoids en bronze en forme de balancier. L’entrechoquement des perles a pour vertu d’apaiser le courroux des déesses. La menat est aussi fortement associée à l’idée de régénération du pouvoir pharaonique.

L’exposition présente un fragment d’un contrepoids de ce type de collier. L’effet de « marqueterie » dû aux incrustations de métaux précieux et d’alliage cuivreux rend cet objet unique.

Les bijoux pour homme

De nombreuses statues masculines provenant de cette production artistique, portent aussi des bracelets ou des bagues. Seuls les membres supérieurs sont recouverts de bijoux. Sur la poitrine, on remarque souvent :

  • un collier ousekh ou
  • un cordon avec un pectoral,
  • une amulette,
  • un cartouche ou une image divine.
  • Un torque achéménide rappelant les productions perses a été sculpté sur un des personnages.
Uraeus

Statue debout d’une reine Époque ptolémaïque – IIIe ou IIe siècle avant notre ère – Grauwacke, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Ägyptisches Museum und Papyrussammlung © SMB Ägyptisches Museum und Papyrussammlung, photo Sandra Steiß

L’uraeus, symbole du pouvoir

Le port d’un uraeus sur le front indique qu’il s’agit d’un roi ou d’un reine. L’uraeus royal, est un serpent cobra femelle protecteur et symbole de puissance.

Dieu Amon

A gauche : Statue de Thot sous forme d’ibi en bois et argent – Datée du VIe siècle av. J.C. – Vienne, Kunsthistorisches Museum, Ägyptisch-­Orientalische Sammlung © Kunsthistorisches Museum, Vienna, Au centre : Statue fragmentaire d’Amon en or – Période libyenne – New York, The  Metropolitan Museum of Art, Purchase, Edward S. Harkness Gift, 1926 © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN, image of MMA, A droite : Ouchebti de Psammétique, fils de Sébarékhit  en « faïence » égyptienne bleue – Fin de la XXVIe dynastie (685-­525 avant notre ère) – Londres, British Museum © The Trustees of the British Museum

La parure de bijoux des dieux et déesses

L’univers artistique égyptien est également peuplé de nombreuses divinités. Consacrés par les particuliers dans les parties accessibles des temples, dieux et déesses prennent la forme de figurines en faïence, en métal ou en bois.

Si bon nombre de ces figurines sont réalisées en série, sans aucun soin particulier, celles qui sont dédiées à une divinité d’importance sont de véritables chefs d’œuvre artistiques.

C’est le cas d’Amon, représenté par une superbe effigie en or tenant dans ses mains une croix ankh, symbole de vie et un cimeterre Khepech, symbole de la victoire sur les ennemis. Elle témoigne de la qualité du travail du métal à l’époque libyenne.

Egypte des pharaons

Statue de Bastet sous forme de chatte en « bronze » – XXVIe dynastie probablement – Londres, British Museum © The Trustees of the British Museum

L’effigie de la déesse Bastet sous les traits d’une chatte dite « Gayer-Anderson cat » a été réalisée selon la méthode de la cire perdue. Les bijoux dont est paré ce chat sont de l’ordre du symbolisme religieux :

  • Le large collier de perles rectangulaires et lacrymoïdes est similaire aux colliers représentés sur les cercueils humains.
  • Le pendentif représentant un scarabée ailé poussant un disque solaire fait référence à la renaissance quotidienne du dieu solaire.
  • Un autre scarabée est situé sur la tête du chat.
  • Quant au collier plus court orné d’un œil oudjat, il évoque guérison et protection.

Il est a noté que les anneaux d’or au nez et aux oreilles ne font pas partie de la sculpture d’origine.

  • Exposition Le crépuscule des Pharaons, chefs d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes – Musée Jacquemart-André  – 158, boulevard Haussmann – 75008 Paris
  • Du 23 mars au 23 juillet 2012

Une réponse à Bijoux égyptiens au temps de l’Egypte des Pharaons

  1. voyage Egypte dit :

    Imaginez-vous comme Cléopâtre, habillée gracieusement et porte des bijoux vraiment précieux. Comme c’est joli et c’est possible ! En Egypte, à l’époque, seules les personnes privilégiées ont eu la possibilité de se parer de ces bijoux. Mais actuellement, les artistes sont toujours nombreux pour que vous puissiez leur demander d’en fabriquer, sans pour autant faire partie de la royauté égyptienne. C’est une histoire ancienne !

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