Les bijoux de Napoléon 1er à Paris

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Exposition La berline de Napoléon 1erL’exposition La berline de Napoléon. Le mystère du butin de Waterloo, qui se tient au Musée de la Légion d’Honneur à Paris offre au visiteur un voyage au cœur de l’univers personnel de l’Empereur. Le public découvre non seulement une des voitures de Napoléon à Waterloo, mais aussi son contenu au moment de la saisie par les Prussiens : chapeau, redingote, nécessaires, argenterie… et surtout insignes impériaux. Ces médailles et décorations, aujourd’hui prêtées par le Musée Historique d’Etat de Moscou, sont présentées pour la première fois en France. Grâce aux cartes et explications qui rythment la visite, l’exposition constitue aussi un témoignage essentiel sur la bataille de Waterloo, qui opposa la France à la Prusse et l’Angleterre. Elle est accompagnée d’un ouvrage réalisé sous la direction éditoriale de l’historien Jean Tulard, spécialiste napoléonien.

Chapeau Napoléon

A gauche : La Berline de l’empereur – Prêt Château de Malmaison et Bois-Préau, Malmaison © Photo Notes Précieuses, A droite : Chapeau porté par Napoléon à Waterloo © Musée de Sens, E. Berry

Napoléon 1er et sa berline

Précieux ou ordinaires, les objets capturés à Waterloo ont voyagé ensuite en Europe, durant deux siècles au gré des événements historiques. Chacune des pièces présentées alimente la légende napoléonienne.

La berline tout d’abord : durant les campagnes militaires, deux voitures spécialement étudiées par le carrossier Getting, étaient réservées à l’empereur pour lui permettre de travailler ou se reposer.

Le 18 juin 1815, au soir de la bataille de Waterloo, ces voitures, abandonnées dans la déroute, furent confisquées et conservées comme trophées par l’ennemi:

  • L’une échouera in fine à Londres et disparaîtra dans l’incendie du Musée Tussaud ;
  • l’autre à Malmaison où elle est toujours conservée.

La voiture exposée à Paris est le landau en berline du Musée National de Malmaison qui a été restauré pour l’occasion.

Médailles Napoléon

A gauche : Au centre : Bijou de la Toison d’or d’Espagne de Napoléon Ier

Les bijoux de l’empereur

Autour de la berline, le Musée de la Légion d’Honneur expose de nombreux effets de l’empereur et ses médailles.

L’écrin de Napoléon est reconstitué ici en grande partie : sur les vingt et un ordres reçus ou créés par l’empereur, seize sont présentés. Il reflète à la fois l’importance des décorations dans sa politique de structuration de l’Etat et son ambitieuse politique diplomatique.

Médaille Napoléon

A gauche : Grand aigle de la Légion d’honneur, ayant appartenu à Napoléon Ier © Musée historique d’État, Moscou, Au centre : Bijou de l’ordre de la Chasse du Wurtemberg de Napoléon Ier © Musée historique d’État, Moscou

Pas moins de quatre vitrines sont consacrées à ces joyaux. On peut ainsi admirer le petit aigle d’argent de la Légion d’honneur que l’empereur portait toujours à la boutonnière.

Il a fondé la Légion d’honneur alors qu’il était Premier Consul, pour donner une assise à la réorganisation de l’Etat. La grande décoration de la Légion d’honneur était une dignité complémentaire réservée aux plus hauts serviteurs de l’Etat. Créée aux lendemains du sacre, en janvier 1805, elle était destinée à rivaliser avec les plus anciens ordres de chevalerie européens.

Enraciné dans une tradition séculaire, la Couronne de fer est quant à elle un ordre né avec le nouveau Royaume d’Italie.

Napoléon 1er

A gauche : Bijou de l’ordre de Saint-André de Russie de Napoléon Ier © Musée historique d’État, Moscou

Les médailles et décorations

Les premiers insignes de chevalerie – ordres de Saint-Hubert de Bavière, de l’Aigle noir de Prusse, de la Toison d’or d’Espagne – furent tous reçus en 1805, au moment du couronnement de Milan. Ils symbolisent la nouvelle légitimité impériale.

Les ordres des pays de la Confédération du Rhin – Bade, Wurtemberg, Saxe, Wurtzbourg, Westphalie, Hesse – concrétisent, eux, la vassalisation de l’Allemagne.

Objet Napoléon

A gauche : Bijou de grand commandeur de l’ordre de la Couronne de Westphalie © Musée historique d’État, Moscou, Au centre : Bijou de l’ordre de l’Éléphant du Danemark de Napoléon Ier © Musée historique d’État, Moscou, A droite : Ordre impérial de la Réunion, fabrication française de l’orfèvre Martin-Guillaume Biennais © Musée historique d’État, Moscou

Les insignes de la Couronne de Westphalie évoquent les ordres créés par ces rois éphémères que furent les frères de l’Empereur.

Les ordres russes, reçus lors de la paix de Tilsitt, l’ordre de l’Eléphant, l’ordre des Séraphins de Suède et les ordres autrichiens obtenus au moment du mariage avec Marie-Louise, marquent l’apogée du Grand Empire.

L’ordre de la Réunion fut la dernière création de Napoléon. Cet ordre à la symbolique fédératrice devait seconder la Légion d’honneur et remplacer les insignes des royaumes annexés.

Décorations médailles

A gauche : Au centre : Plaque de chevalier de l’ordre de l’Aigle noir de Prusse, fabrication française de l’orfèvre Martin-Guillaume Biennais © Musée historique d’État, Moscou, A droite : Bijou  de chevalier de l’ordre de Saint-Alexandre Nevski de Russie © Musée historique d’État, Moscou

C’est la première fois que les décorations sortent de Russie où elles avaient finalement abouti. Blücher qui les avait saisies avait remis cette prise de guerre éminemment symbolique au roi Frédéric-Guillaume III de Prusse.

Elles ont été exposées dès 1816 en tant que trophée, puis cachées et à nouveau exposées, selon les circonstances, avant de prendre en 1946 le chemin de Moscou.

Les souvenirs tombés aux mains des soldats – le feld-maréchal avait aussi fait quelques cadeaux significatifs à certains officiers de son entourage – ont quant à eux changé de propriétaires au fil des héritages. Ils sont aujourd’hui éparpillés en différentes collections privées et publiques.

  • Exposition La Berline de Napoléon, le mystère du butin de Waterloo – Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie – 2, rue de la Légion d’honneur (parvis du Musée d’Orsay) – 75007 Paris – Du 7 mars au 8 juillet 2012

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