Bijoux et diamants du Brésil à Anvers

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Musee-du-diamantS’inscrivant dans le cadre de l’opération “Europalia Brasil”, l’exposition « Circuito dos Diamantes » du Musée du Diamant d’Anvers est l’occasion d’admirer de nombreuses pierres précieuses, brutes ou taillées, et de somptueux bijoux en provenance du Brésil. Ce pays est le plus riche au monde en minéraux : diamants, cristaux de tourmalines, béryls, topazes … Parcourir l’exposition d’Anvers est aussi l’occasion de plonger dans l’histoire et de découvrir le circuit commercial du diamant au XVIIIème siècle, un circuit complexe fortement perturbé par la découverte de diamants au Brésil. C’est enfin l’occasion de découvrir les intervenants brésiliens d’alors : les “garimpeiros”, aventuriers prospecteurs ; les “mineiros”, riches exploitants ; mais aussi les esclaves d’origine africaine employés à l’extraction …

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A gauche : Broche fleur - 1760 © Albion Art collection, A droite : Broche fleur "Stomacher" en diamant, argent et or - 1840 © Albion Art collection

Dans le cadre de cette exposition, on peut admirer de nombreux bijoux anciens fabriqués en Europe avec des diamants du Brésil, notamment deux broches fleurs, réalisées par Louis David Duval en 1760 pour Catherine II de Russie. Les bijoux de l’impératrice servaient à asseoir son statut et son autorité.

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A gauche : Broche fleur - 1760 © Private collection, courtesy of Albion Art Jewellery Institute, A droite : Boucles d'oreilles "Bowknot" en diamants, argent et or - 1760 © Albion Art collection

Ces broches, bien que petites, sont d’une grande qualité et restées dans leur état original. Le XVIIIème siècle ayant produit énormément de diamants, beaucoup de bijoux ont été transformés au XIXème siècle. Une broche fleur en diamant commandé par l’archiduc Charles d’Autriche pour sa fille Marie -Thérèse. On peut voir aussi des colliers, broches, couronnes en diamants provenant du trésor de l’archidiocèse d’Evora au Portugal.

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A gauche : Aigrette, broche avec 3 plumes - Fin XVIIIème siècle - Collection privée © Musée du Diamant d'Anvers, A gauche : Reine "Carlota" du Brésil © Musée du Diamant d'Anvers

Après la découverte de diamants bruts au Brésil vers 1714 – Lisbonne n’en fît état qu’en 1729 -, le marché international connut de profonds bouleversements. Le Brésil devenait pratiquement le seul producteur car les filons indiens étaient quasiment épuisés et dès 1732-1733, l’offre quadrupla en Europe par rapport aux importations moyennes antérieures. Un vent de panique souffla, chez les négociants anglais qui contrôlaient alors le marché et craignaient à juste titre que cet accroissement de l’offre entraine la chute des prix.

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A gauche : Parure en or, améthystes - Cartier, 1850 Collection Cartier © Cartier, N. Gallois, A droite : Bague en diamant, or et argent © SKD, Jurgen Karpinski

Il est vrai que dans les années trente, l’exploitation au Brésil était libre. Afin de stabiliser le prix, les mines furent fermées jusqu’en 1740. Mais d’autres solutions devaient être envisagées pour assainir le marché. Le marquis de Pombal, à qui le Portugal avait confié le pouvoir en 1750, estima que seule une compagnie commerciale composée de Hollandais et d’Anglais pouvait y parvenir.

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A gauche : Diamants © SKD, Jürgen Karpinski, A droite : Collier "4 rivières" en diamants, or et argent - 1840 © Genève Sotheby

Il fonda des compagnies commerciales monopolistiques dont les conseils d’administration étaient exclusivement portugais. Une sorte de bourgeoisie nationale vit ainsi le jour au Brésil. Pombal impliqua aussi davantage de Portugais dans les exportations. Mais, dans les faits, le commerce du diamant se déplaça de Londres à Amsterdam.

Esclaves

Lithographie représentant des esclaves provenant de différentes régions d'Afrique - Thierry Frères © Musée du diamant

Les Néerlandais avaient le monopole de l’achat des diamants brésiliens et la ville d’Amsterdam était devenue le premier centre de transformation. Anvers ne fut plus approvisionnée directement entre 1730 et 1740, ce qui provoqua une crise dans le secteur : seuls 20 tailleurs de diamants sur 180 purent survivre. Anvers récupéra seulement les pierres de moindre qualité et se spécialisa dans le travail des pierres difficilesspécialité pour laquelle elle est toujours réputée aujourd’hui.

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A gauche : Couronne de dévotion - Portugal, XVIIIème siècle - Santuario de Nossa Senhora da Conceiçao, Vila Viçosa © Fondaçao Eugenio de Almeida, A droite : Collier en argent, topaze - 2ème moitié du XVIIIème siècle - Colar, Eglise Nossa Senhora de Assunçao, Elvas, Portugal © Fundaçao Eugenio de Almeida

Si le commerce du diamant se poursuivait c’était en partie grâce à un expatrié anglais, James Dormer (1707-1758), qui s’efforçait de briser le monopole anglo-hollandais. Parallèlement au circuit commercial officiel concentré à Amsterdam, Londres restait la plaque tournante du commerce illégal. Les diamants de contrebande étaient introduits en Angleterre sur les paquebots qui rapportaient l’or du Brésil en Cornouailles, via Lisbonne, sous le sceau royal. Le « drapeau » royal dispensait les navires de tout contrôle …

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A gauche : Broche en diamants, argent, rubis, grenats, topaze - Alfinete, Santuario de Nossa Senhora da Conceiçao Vila Viçosa, Portugal, 1752 © Fundaçao Eugenio de Almeida, A droite : Couronne de dévotion en argent, cristal de roche, améthyste, topaze, typique des bijoux brésiliens - Eglise de Nossa Senhora de Anunciaçao, Vian do Alentejo © Fundaçao Eugenio de Almeida

Au XVIIIème siècle, les cours européennes étaient les principaux acheteurs de diamants. Compte tenu de ses liens avec le Brésil, la couronne portugaise était la première à faire son choix parmi les joyaux proposés; ce qui explique la présence de pierres précieuses des XVIIIème et XIXème siècles de toute première qualité dans le trésor portugais.

  • Exposition Circuito dos diamantes – Musée du Diamant d’Anvers, Diamantmuseum Provincie Antwerpen – Koningin Astridplein 19-23 – 2018 Antwerpen – Belgique
  • Du 20 octobre 2011 au 10 janvier 2012

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