Plumes dans la mode et le spectacle à Bourgoin-Jallieu

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PlumeAvec l’exposition Plumes : motif, mode & spectacle, le musée de Bourgoin-Jallieu nous fait découvrir les différents usages vestimentaires de la plume, qu’elle soit utilisée en tant que telle ou comme motif sur des tissus. Les 140 pièces présentées vont du petit accessoire de mode à la toilette complète en passant par des coiffes, des toilettes de ville ou des vêtements de scène. Elles montrent combien, dans l’univers de la mode, on a pu évoluer entre désaffection et engouement concernant l’utilisation de la plume. Elles permettent aussi d’apprécier l’évolution des motifs sur tissus en fonction des modes et du contexte socio-économique. Le monde du spectacle n’est pas oublié car la plume a toujours tenu une place essentielle dans les costumes de scène. L’exposition s’est également donné pour objectif de mettre en avant le savoir-faire des métiers de plumassier et d’ennoblissement textile.

Carre-hermes

A gauche : Carré pour Hermès – Olivier Kermit, 1985 © DR, Musée de Bourgoin-Jallieu, A droite : Empreinte à la planche – Manufacture Brunet-Lecomte, coll. Musée de Bourgoin-Jallieu © Musée de Bourgoin-Jallieu, photo Utopikphoto

Les plumes dans la mode

L’ethnologue Anne Monjaret souligne, dans le catalogue de l’exposition, que les plumes, qui aujourd’hui sont assimilées à la beauté et la fragilité féminine, ne sont devenues un atour féminin qu’au XVIIIème siècle, lorsque cette parure a disparu des costumes d’hommes.

Rapidement, ce nouvel ornement a fait fureur chez les femmes, sous l’impulsion notamment de Rose Bertin, marchande de mode de Marie Antoinette, célèbre pour ses « forêts de plumes ».

A la fin du XIXème siècle, les plumes ne sont plus cantonnées dans les coiffures. On les retrouve aussi dans les colliers, les manchons, les boas, les palatines … C’est à cette époque également qu’on peut remarquer, sur les étoffes imprimées, des motifs imitant avec plus ou moins de réalisme les plumes d’autruche, de paon ou de toute autre variété d’oiseaux.

Motif-plume

A gauche : Empreinte à la planche – Manufacture Brunet-Lecomte – Coll. Musée de Bourgoin-Jallieu © Utopikphoto, Au centre : Empreinte – Manufacture Brunet-Lecomte, vers 1930 © DR Musée de Bourgoin-Jallieu, A droite : Empreinte – Manufacture Brunet-Lecomte, vers 1930 – Coll. Musée de Bourgoin-Jallieu © DR Musée de Bourgoin-Jallieu

Sur les vêtements des élégantes, les plumes ont été déclinées en une multitude de compositions, de coloris et d’interprétations, allant de l’imitation pure et simple de la nature et des oiseaux jusqu’aux dessins stylisés, en passant par diverses compositions telles que bouquets, bijoux, semis, bordures …

Parmi les collections du Musée de Bourgoin-Jallieu, ce sont les plumes de paons et d’autruches qui sont le plus fréquemment représentées en raison de leur caractère ornemental prononcé. Destinées à habiller les élégantes du XIXème siècle, les étoffes imprimées de plumes se coordonnaient aux coiffures élaborées mêlant rubans, plumes et bijoux précieux alors en vogue.

Peu à peu, le luxe des plumes s’est popularisé comme l’attestent aujourd’hui les vêtements dit « de rue » des enseignes Kookaï, Etam et René Derhy. Dans l’exposition, ces vêtements cohabitent avec des pièces couture et haute couture de Carven, Hermès, Marithé & François Girbaud, Léonard, Paco Rabanne ou Lanvin …

Bijoux plume

A gauche : Boucles d’oreilles plume, A droite : Collier plume © Photos Notesprecieuses.com

Les bijoux plume

La plume revient également sur le devant de la scène sous forme de bijoux : pendentif plume sur de fines chaines d’argent chez Swarovski, collier plume chez le créateur finnois Gilles et Dada ou sous forme d’un plastron noir chez le bijoutier parisien Césarée, boucle d oreille plume chez Notes Précieuses.

La plume entre aussi dans la confection de pampilles, de bagues, de broches, de barrettes. Elle est aussi imitée : en bois, elle forme un bijou de tête chez le styliste britannique Aminaki Wilmont ; en plastique, elle orne les chaussures de la griffe Vivienne Westwood Red Label.

Parure-bijoux

A gauche : Plastron en plumes de coq noires et rangs de torsades – Maison Césarée, 2010 © DR, A droite : Coiffe de la revue « Féerie » – Moulin Rouge, 1999 © Collection privée Moulin Rouge, Photo S.Klein et F.Claudel

Le Music hall

Derrière l’exotisme de la plume, se cache aussi l’érotisme de la femme – fatale ? – dont il convient, selon la tradition qu’elle exerce son art sur scène. L’exposition ne néglige pas, loin s’en faut, le monde des revues de Music Hall – Folies Bergères, Moulin Rouge … – dans lesquelles les ornements de plumes sont incontournables.

« Il faut savoir porter la plume pour être danseuse de revue » est un des adages, pilier du cabaret. Et ce n’est pas une sinécure. Une des coiffures de Mistinguett par exemple pesait plus de 7 kg …

A Bourgoin-Jallieu, on peut donc découvrir des toilettes de danseuses de revues, le tutu du cygne noir du Lac des cygnes et celui, majestueux, de l’opéra de Faust, mais aussi le costume de l’héroïne du film « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » de Luc Besson.

Robe-plume

A gauche : Robe en laine métal lavée et plumes d’autruche bleu marine, chaussures en veau souple noir – Alber Elbaz pour Lanvin, Collection Automne Hiver 2010 © Lanvin, A droite : Tutu « anglais » en tulle noire et plumes rehaussé de peinture dorée, costume pour le rôle du cygne noir dans Le Lac des Cygnes, Opéra National de Paris Bastille – Tomio Mohri, 1992 © CNCS/Jacques Moatti

Plumassier, un métier en voie de disparition

Paris a toujours été reconnu pour la qualité de ses productions en matières de plumes. Mais si, en 1890, à l’époque des chapeaux volières, les plumassiers y étaient si nombreux qu’ils ne s’occupaient que d’une sorte de plume à la fois, on ne compte plus aujourd’hui que trois entreprises de paruriers sur plume, les Maisons Lemarié, Marcy et Février.

Elles fournissent théâtres, music-halls et majorettes le cinéma et la haute couture … Elles reçoivent aussi des commandes pour les carnavals de Rio, de Venise … Mais la relève sera-t-elle assurée ? Un seul établissement, le lycée professionnel Octave Feuillet à Paris, dispense actuellement la formation au CAP d’ouvrière sur plume.

  • Plumes, motif, mode & spectacle – Musée de Bourgoin-Jallieu – 17, rue Victor Hugo – 38300 Bourgoin-Jallieu – Du 30 avril au 23 octobre 2011

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