Anna Quinquaud au musée des années 30 de Boulogne Billancourt

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Expo-sculptureLa ville de Boulogne Billancourt propose dans son Musée des années 30 une exposition, Sculpture’Elles, qui souligne à quel point les femmes se sont illustrées dans l’ensemble des domaines de la création : de l’art animalier au nu, en passant par l’art monumental et le portrait. Elles ont su maîtriser aussi bien le bronze, le plâtre, la terre cuite que le marbre … et ce, dès le XVIIIe siècle. Une centaine d’artistes sont réunies : des emblématiques telles Camille Claudel, Sarah Bernhardt et Niki de Saint Phalle, des sculptrices contemporaines parmi lesquelles Louise Bourgeois, Germaine Richier. Sont également exposées des artistes aujourd’hui oubliées, mais qui connurent un vif succès au début du XXème siècle. Parmi elles, Anna Quinquaud qui, dans ses œuvres ethniques, a toujours consacré une place importante aux coiffures et aux bijoux.

Quinquaud

A gauche : Anna Quinquaud dans son atelier de la rue des Plantes à Paris vers 1935, A droite : Différentes sculptures de l’exposition dont « Jeune femme Foulah » en bronze de Anna Quinquaud, collection Félix Marcilhac et « Caroline » en cuivre galvanique/cire, empreinte élastomère, soudure laiton, polyuréthane de Claude Lalanne, 1969, Paris, Musée National d’Art Moderne/Centre de création Industrielle © Photos Notes Précieuses

Anna Quinquaud et l’Afrique

En 1924, Anna Quinquaud obtint un second prix de Rome. Elle va alors découvrir l’Afrique noire : le Niger (en 1925), la Guinée (en 1930-1931) puis Madagascar et l’Ethiopie (en 1932).

En Guinée française, elle vit au milieu des peuls sédentarisés des montagnes du Fouta Djallon. Séduite et fascinée par leurs traditions, elle entend avant tout capter l’essence même de ces peuples : « N’est-ce pas le rôle de l’artiste d’indiquer au profane ce qu’il ne sait pas voir ? », affirme-t-elle.

L’artiste va restituer leurs silhouettes longilignes, leur allure altière, leurs gestes et leurs mouvements à travers ses dessins et sculptures. Elle utilise indifféremment le bois, le bronze, la terre cuite et même les matières plastiques.

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« Femme du Fouta Djalon » en grès avec rehauts d’or et d’argent – Anna Quinquaud, vers 1930 – Collection particulière © Photo Henri Delage, Adagp, Paris 2011

Les bijoux africains de la femme du Fouta Djallon

A son retour, elle expose ses œuvres majeures à l’exposition coloniale internationale de 1931, qui propose une rétrospective de création d’artiste voyageurs, parmi lesquels Gauguin.

Le public va y découvrir entre autres « La femme du Fouta Djallon » d’’Anna Quinquaud. Cette sculpture en terre cuite, reconnaissable à sa coiffure, ses bijoux et ses ornements de peau, peut être admirée actuellement à Boulogne ainsi que la « Jeune femme Foulah ».

Dans les œuvres de l’artiste, bijoux ethniques et coiffures sont très présents et traités avec réalisme. Peut-être a-t-elle bénéficié sur ce point de l’aide de son frère, administrateur colonial, qui a étudié les moyens de séduction de la femme africaine et réalisé une étude sur les bijoux.

La notoriété d’Anna Quinquaud est grande dans les années trente, souligne Anne Doridou-Heim qui a consacré un brillant ouvrage à la sculptrice. L’Illustration, une des plus importantes revues de l’époque, a publié « La femme du Fouta Djallon » en page de couverture.

Par ailleurs la Grande Maison La Hubandière reproduit en grès « La femme du Fouta Djallon ». Sont sortis de ses ateliers en 1931 une dizaine de modèles en noir, rehaussés quelquefois d’or et de platine, puis en 1957, dix nouveaux exemplaires édités cette fois uniquement en faïence et noir. Les établissements Jules Henriot, ont fait appel également à l’artiste.

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« L’Indochine », bas relief de la Cité de l’architecture et du Patrimoine au Palais de Chaillot – Anna Quinquaud, 1937 © Photo Notes Précieuses

Les bijoux ethniques du Palais de Chaillot

En 1937, la ville de Paris lui commande, à l’occasion de l’exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne, des sculptures monumentales afin de donner une tonalité Art déco à la capitale.

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A gauche : « Femme Maure » sur l’esplanade du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – Anna Quinquaud, vers 1937 © Photo Notes Précieuses

Elle a ainsi produit le bas relief du Palais de Chaillot. Curieusement, alors qu’elle n’a jamais voyagé en Asie, c’est le thème de l’Indochine qui a été choisi. Les bijoux sont ici aussi très présents.

Elle a également réalisé une statue pour le parvis des musées d’Art moderne.

  • Exposition Sculpture’Elles, les sculpteurs femmes du XVIIIème siècle à nos jours – Musée des Années Trente (M-A30), Espace Landowski – 28, avenue André Morizet – 92100 Boulogne Billancourt – Du 12 mai au 2 octobre 2011
  • Ouvrage Anna Quinquaud, sculptrice-exploratrice, voyage dans les années 30 – Anne Doridou Heim – Somogy, éditions d’art, 2011

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