Bijoux mayas en jade et coquillages au Quai Branly

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Expo-mayaL’exposition Maya, de l’aube au crépuscule propose une plongée dans l’histoire des Mayas du Guatemala. Quelque 160 pièces exceptionnelles – céramiques peintes, pierres fines taillées, éléments funéraires, bijoux et ornements divers … – ponctuent un parcours chronologique qui mène le visiteur de la fin du IIIème millénaire avant notre ère jusqu’à l’année 1524, date du débarquement des Conquistadors. La civilisation maya a connu trois grandes périodes au cours desquelles l’essentiel des populations a migré du littoral pacifique et des hautes terres vers les basses terres du sud, puis vers les basses terres du nord. Tant au plan des arts et de l’architecture que de l’organisation sociale et politique, les trois derniers siècles avant notre ère et la période entre 300 et 600 ans après J.-C. ont connu une intense activité et un rayonnement particulier. L’exposition bénéficie des récentes découvertes archéologiques qui permettent d’avancer dans la connaissance de l’une des trois civilisations qui ont profondément marqué l’histoire de l’Amérique précolombienne.

Bijoux-coquillage

A gauche : Conque incisée, coquillage – 250-1000 après JC, époque classique – Kaminaljuyú, Hautes terres, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni, A droite : Ornements en coquillage – 1000-1524 après JC, période Postclassique – Mixco Viejo, Hautes Terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photo Notes Précieuses

Les bijoux en matières naturelles

Dès l’origine les Mayas ont utilisés les ressources naturelles dont ils disposaient – coquillage, pierres vertes, os, silex, bois … – pour produire des armes certes, mais également des accessoires et des bijoux.

Le travail des coquillages a été l’une des grandes spécialités artisanales aux différentes époques préhispaniques. Les artisans avaient recours au raclage, à la taille, au sciage, à la perforation, à la gravure et au polissage et pour rehausser les décors, à l’inclusion de peintures et colorants voire à l’incrustation d’autres matériaux.

Collier-coquillages

A gauche : Pectoral en coquillage incisé et rehaussé de rouge (colorant ?) – 550-800 après JC, période classique récent – Uaxactun, Basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, Au centre : Pendentif zoomorphe en coquillage représentant peut-être un petit jaguar – 550-800 après JC, période classique récent – Nebaj, Hautes terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, A droite : Os sculpté – 550-800 après JC, classique récent – Los Encuentros, Hautes terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photos Notes Précieuses

Le jade

Le jade aussi était particulièrement prisé, car ce matériau était associé au centre du monde, à la fertilité et au monde aquatique. Colliers, ornements d’oreilles et pendentifs servaient de signes distinctifs à la noblesse.

Des éléments de parures, symboles du pouvoir des souverains et portés lors de cérémonie publiques ont été exhumés récemment. D’autres pièces en jade, tels les masques funéraires, jouaient un rôle symbolique.

Collier-en-jade

A gauche : Collier de jade – 250-550 après JC, époque classique ancien – Kaminaljuyú, Hautes terres, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni, A droite : Tête humaine miniature en pierre verte – 250-800 après JC, époque classique – Naj Tunich, Basses terres, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni,

Techniques et décors

Les objets en céramique – vases, bols, cruches, et plats richement décorés – sont apparus plus tard, annonçant l’émergence d’une unité culturelle au sein des petits royaumes indépendants.

Les principales techniques décoratives utilisées étaient l’incision et le chanfreinage.

Des divinités, des végétaux et des figures zoomorphes telles que jaguars, serpents, poissons, oiseaux, constituaient les décors.

Bijou-jade

A gauche : Collier de pierres vertes – 550-800 après JC, période classique récent – Dos Pilates, Basses terres, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni, A droite : Collier en pierre verte et coquillage – 250-800 après JC, classique ancien récent – Uaxactun, Basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología et Ornements d’oreilles en jade – 250-550 après JC, période classique ancien – Kaminaljuyu, Hautes terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología © Photo Notes Précieuses

Durant la période dite classique (de 250 à 1000 ans après. J.-C.), des vases présentant des éléments iconographiques et des exemples de l’écriture hiéroglyphique, des objets de pierre, d’os ou en coquillage mettent en lumière les différents aspects d’une culture particulièrement brillante.

Art-maya

A gauche : Siflet en céramique représentant un personnage rehaussé d’une riche polychromie – 550-800 après JC – Nejab, Hautes terres, Guatemala – © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni, Au centre : Fragment de stèle en calcaire – 550-800 après JC, période classique récent – Piedras Negras, Basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, A droite : Encensoir théâtre anthropomorphe en céramique – 250-550 aprs JC, période classique ancien – Los Chatos, Côte pacifique, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photos Notes Précieuses

Les deux cités rivales de Tikal et Calakmul se disputaient l’hégémonie culturelle tandis qu’une production artisanale se développait parallèlement dans ce qui restait des grands centres des hautes terres éteints 600 ans auparavant.

Arme-maya

A gauche : Excentriques en silex – 550-800 après JC, période classique récent – Quirigua et Altar de Sacrificios, Basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, A droite : Sceau plat en céramique – 1000-1524 après JC, époque Postclassique – Q’um’arcaj, Hautes terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photos Notes Précieuses

Scribes, savants et artisans y avaient créé un style céramique de grande qualité connu sous le nom de style « codex ». Les peintures constituées de lignes noires et rouges sur fond de couleur crème soulignaient avec une grande finesse une iconographie à caractère mythologique et cosmologique.

A l’époque classique, les Mayas avaient aussi noué des contacts avec d’autres civilisations telles que la puissante Teotihuacan, localisée dans l’actuel Mexique central.

Perles-pierre

A gauche : Perles tubulaires en pierre verte – 550-800 après JC, période classique récent – Nakum, Peten, Guatemala, Au centre : Pectoral en pierre verte représentant un visage humain – 550-800 après JC, période classique récent – Nakum, Peten, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, A droite : Mosaïque en coquillages et jade – 550-800 après JC, période classique récent – Topoxte, Basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photos Notes Précieuses

Déclin puis renaissance

Après cet apogée de la civilisation maya, les grands centres de pouvoir ont progressivement été abandonnés autour des années 900 apr. J.-C. On n’a pas encore trouvé aujourd’hui une explication satisfaisante à ce brusque déclin : guerres, désastres écologiques, inondations ou encore famines … ?

Après l’an mille de notre ère, et jusqu’à la venue des Espagnols, une nouvelle situation sociale, économique, et artistique est apparue.

Tumbaga-maya

A gauche : Disque en tumbaga à décor repoussé représentant un oiseau, peu-être un hibou – 900-1500 après JC, période Postclassique – Los Limones, Côte Pacifique, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni, A droite : Récipient zoomorphe en céramique, modelée et peinte – 1000-1250 après JC, période postclassique ancien – Nebaj, Hautes terre, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni,

Des bijoux en or, cuivre et tumbaga

De nouvelles cités ont émergé dans les hautes terres du Guatemala. De nouvelles techniques de production sont apparues, comme la métallurgie et la céramique dite plombée en raison de son aspect extérieur.

Les arts témoignent de liens commerciaux avec des sociétés étrangères. C’est à cette époque que des artefacts en or, en cuivre et en tumbaga (alliage d’argent, d’or et de cuivre) apparaissent.

Objet-maya

A gauche : Marqueur de terrain de jeu de balle en pierre – 550-800 après JC, période Classique récent – Cancuen, basses terres, Guatemala – Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala © Photo Notes Précieuses, A droite : Plaque de jade 500-800 aprs JC, période classique récent – Nejab, hautes terres, Guatemala © Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala, photo Ricky Lopez Bruni

L’exposition se termine par un portrait, en photographies, de la culture maya contemporaine.

  • Exposition Maya, de l’Aube au crépuscule, Collections nationales du Guatemala – Musée du Quai Branly, Mezzanine Est – 37, quai Branly – 75007 Paris
  • Du 21 juin au 2 octobre 2011

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