Bijoux de Braque à Saint Dié des Vosges

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Braque-Georges-oeuvresSaint-Dié-des-Vosges est une étape incontournable pour les amateurs de bijoux d’artistes. Une exposition permanente permet d’admirer les bijoux créés par le maître lapidaire Henri-Edouard Heger de Loewenfeld d’après l’œuvre de Georges Braque. Cinquante deux bijoux sont présentés dont treize ont été réalisés en un seul exemplaire, les autres ne dépassant pas les sept exemplaires. Ils proviennent de la prestigieuse collection des cent Bijoux de Braque, née de la brève mais intense collaboration entre le peintre et le maître lapidaire. La collection complète fut exposée au pavillon de Marsan du Louvre en 1963 avant de parcourir le monde durant trente ans et connaitre un extraordinaire succès : 120 expositions et 5 millions de visiteurs ! Ayant noué des liens étroits avec Saint-Dié-des-Vosges, Heger de Loewenfeld fit don à la ville de 52 de ses sculptures précieuses afin qu’elles soient « accessibles en permanence au public ». L’exposition est abritée par la Tour de la Liberté, aujourd’hui édifice emblématique de la cité vosgienne, qui avait été initialement érigé à Paris pour commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Clin d’œil artistique, cette Tour n’a-t-elle pas la forme d’un oiseau ?

L’orfèvre joaillier et le peintre

À 79 ans, à la fin de sa vie, Braque avait pris conscience du fait que son œuvre comportait peu de sculptures, contrairement à celle d’un Picasso par exemple. En 1961, pour l’aider à pérenniser sa production dans des « matières dures », il fit appel à Henri-Michel Heger de Lowenfeld, célèbre pour ses créations animalières en pierres dures enrichies de métaux précieux.

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A gauche : Broche « Iris » en or blanc et saphir, représentant un oiseau – Georges Braque, A droite : « Odysseus » en labradorite, or émail et opale du Mexique représentant un poisson – Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

Des bijoux sculptures

Sur des feuilles de papier, Georges Braque peignait à la gouache ses oiseaux, ses têtes, ses poissons, ses chevaux tandis que le maître lapidaire les traduisait en trois dimensions. Les œuvres majeures du peintre ont ainsi été synthétisées en cent-dix peintures, dont certaines sont exposées aujourd’hui à Saint Dié.

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A gauche : Clip « Thyria » en or érodé et rubis représentant un oiseau – Georges Braque, A droite : Broche « Hemera » en turquoise, saphir bleu, diamant et or représentant un oiseau – Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

Jusqu’à sa mort, en août 1963, Braque a non seulement élaboré la maquette de chacun des bijoux mais veillé à leur réalisation dans diverses pierres et métaux. C’est le maitre lapidaire qui attribuait à chaque pièce des noms tirés de la mythologie grecque, mais il s’assurait toujours de l’approbation du peintre.

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A gauche : Parure « Pandia » en or avec motifs lunaires – Georges Braque, A droite : Clip « Rhodos » en fil d’or et citrine madeire représentant une étoile – Georges Braque © Ville de Saint Dié des Vosges

George Braque

Les bijoux de Braque sont une forme d’aboutissement de la carrière d’un créateur qui occupa une place centrale dans le paysage artistique du XXe siècle. Sa notoriété est due essentiellement à sa peinture : après être passé par le fauvisme, c’est lui l’inventeur – bientôt accompagné par Picasso – du cubisme.

Il adopta ensuite un style très personnel. Considérant comme essentielle l’expression du mouvement et de l’espace, il donna aux objets des formes simples : poissons, têtes humaines inspirées de l’Antiquité, chevaux et surtout oiseaux.

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A gauche : Vue intérieure de l’exposition, Au centre : Sculpture « Séléné » – Georges Braque, A droite : Sculpture « Phaéton » – Georges Braque © Photos Notes Précieuses

Si, sur le tard, Georges Braque a pris conscience du peu de sculptures dans ses réalisations, cette discipline n’a jamais été totalement absente de son œuvre. En 1911, il avait créé des sculptures en papier qui, trop fragiles, ont aujourd’hui toutes disparu.

Entre 1932 et 1938, il a aussi crée des plâtres gravés. Le manque de toiles et de tubes de peinture durant la guerre l’a aussi dirigé vers des recherches plastiques réalisées à partir de matériaux simples. La plupart de ces œuvres se trouvent aujourd’hui au musée Georges Pompidou, à Paris.

Mais c’est avec ses bijoux que Braque a en quelque sorte rattrapé le temps perdu pour donner à ses sujets un volume que la peinture ou la gravure ne permettent pas. C’était essentiel à ses yeux ; n’a-t-il pas confié à Heger de Loewenfeld que « L’objet est à l’espace ce que la musique est au silence » …

  • Exposition permanente Les bijoux de Georges Braque – La Tour de la Liberté – Parc Jean Mansuy – Saint-Dié-des-Vosges
  • Des vacances de Pâques aux vacances de la Toussaint : du mardi au dimanche, de 14h à 18h, sauf jours fériés – Des vacances de la Toussaint aux vacances de Pâques : du mardi au vendredi (sauf vacances scolaires, du mardi au dimanche), de 14h à 18h, sauf jours fériés

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