Les bijoux Bulgari au Grand Palais

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Bulgari-Grand-PalaisAprès le Palazzo delle Esposizioni à Rome l’an dernier, c’est le Grand Palais qui accueille aujourd’hui à Paris la splendide exposition rétrospective Bulgari. Sous l’appellation explicite « 125 ans de Magnificence Italienne », elle retrace les principaux chapitres de l’histoire du joaillier romain. Cette saga est illustrée par plus de 600 chefs-d’œuvre de joaillerie, d’horlogerie et d’arts décoratifs et expliquée par des croquis et dessins. Certaines pièces exclusives sont présentées pour la première fois au public français. Sont largement évoquées également les relations, souvent passionnées, nouées avec la marque par certains artistes, aristocrates et autres célébrités. Leurs photos ponctuent un parcours qui se termine par un étonnant jeu de miroirs – reconstituant un immense diamant – sur lesquels se reflètent les voutes du Grand Palais.

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A gauche : Vue extérieure du Grand Palais de Paris, A droite : Scénographie de l'exposition © Photos Notes Précieuses

C’est à un véritable voyage dans le temps qu’est convié le visiteur. La présentation chronologique des œuvres permet de suivre l’évolution de la marque depuis qu’un orfèvre grec, Sotirio Bulgari, a ouvert sa première boutique, via Sistina à Rome en 1884. Très rapidement, le fondateur abandonnera la fabrication des pièces en argent trop imprégnées de culture ottomane et byzantine. Au début du XXème siècle, Sotirio Bulgari ne travaille plus que le platine et le diamant. Sous l’impulsion de ses fils, Giorgio et Costantino, les créations des années 1920 et 1930 sont inspirées de l’Art déco. Jusqu’aux années 1950 elles sont encore fortement influencées par la joaillerie française.

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A gauche : Broche "Fleur" en platine, saphirs et diamants - Bulgari, 1965 environ, Collection particulière, 2ème gauche : Collier en or et diamants - Bulgari, 1969, Collection particulière Carlo Ferrero Zendrini, A droite : Broche "Feu d'artifice" en or, platine, rubis et diamants - Bulgari, 1969, Collection particulière Antonella Rodriguez, 2ème droite : Sautoir en or, saphirs jaunes et bleus, agate, citrines et diamants - Bulgari, 1972, Bulgari Vintage Collection © Photos Notes Précieuses

Les traits distinctifs de la Maison Bulgariformes stylisées et associations de couleurs inédites - apparaissent véritablement vers 1960. Cette époque marque la naissance d’une véritable « école italienne » rompant avec le classicisme de la joaillerie à la Française. Les grandes tendances artistiques n’en influencent pas moins les stylistes de Bulgari. Dans les années 70, la troisième génération dirige la Maison et sous son impulsion les créations sont plus exubérantes, voire provocatrices. On remarque une prédilection pour l’emploi de l’or jaune, quelle que soit la valeur des pierres utilisées. Sous l’influence du pop Art, des objets du quotidien deviennent des œuvres à part entière : des cartes à jouer par exemple se transforment en un précieux pendentif en or, nacre et corail ou en sautoir en onyx, nacre, corail et diamants.

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A gauche : Broche "Fleur de Lotus" en or, rubis, émeraudes, onyx et diamants sertie d'un rubis - Bulgari, 1973 environ, Collection particulière, 2ème gauche : Broche "Fuji-Yama" en or, platine, nacre, émaux polychromes et diamants - Bulgari, 1971, Bulgari Vintage Collection, A droite : Collier "Bannière étoilée" en or, émaux bleu et rouge et diamants - Bugari, 1970/1976, Collection particulière Carlo Eleuteri, 2ème droite : Broche "Cheval" en or, onyx, rubis et diamants - Bulgari, 1977, collection particulière et Broche "Carte à jouer" en or, nacre, émail et diamants - Bulgari, 1975 environ, Bulgari Vintage Collection et Pendentif "Carte à jouer" en or, corail et nacre - Bulgari, 1972, Bulgari Vintage Collection © Photos Notes Précieuses

Pour Andy Warhol, les bijoux Bulgari « sont les années 80″. La décennie 1990 est quant à elle marquée par l’apparition de matières inattendues et la création d’un véritable « prêt-à-porter en joaillerie ». Bien que toujours raffinés, les bijoux deviennent moins conventionnels et adaptés à toutes les occasions.

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A gauche : Collier en or, platine et diamants - Bulgari, 1980, Bulgari Vintage Collection, 2ème gauche : Broche "Trèfle" en platine et diamants fancy jaunes - Bulgari, 1985, Collection particulière, A droite : Collier "Naturalia" en or, améthystes, tourmalines roses et vertes, rubis et diamants - Bulgari, 1991, Collection particulière, 2ème droite : Au premier plan Collier en or et diamants - Bulgari, 1993/2000, Bulgari Vintage Collection © Photos Notes Précieuses

Quelques pièces, dont le Grand Kathé, saphir birman de 321,27 carats monté en pendentif sur un simple cordon de soie, attestent de la continuité du style dans les années 2000.

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A gauche : Collier "Bavoir" en or, saphirs multicolores et diamants - Bulgari, 2005, Bulgari Vintage Collection, Au milieu : Dessin d'un collier - Bulgari, vers 1954/1960, Archives historiques Bulgari, A droite : Collier en or, spinelles multicolores, turquoises, émeraudes et diamants - Bulgari, 2009, Collection particulière © Photos Notes Précieuses

Les espaces thématiques ménagés au fil de l’exposition soulignent les moments forts de Bulgari : par exemple, l’apparition de gemme nummarie ou « joyaux numismatiques », qui remplacent les pierres précieuses par des pièces de l’Antiquité. Bulgari a relancé cette mode au XXème siècle alors que la tradition des monnaies serties dans les bijoux, née sous le Bas-Empire romain a perduré jusqu’au VIIème siècle après JC. Parmi les bijoux orné de Gemme Nummarie présentés figure le sautoir de 1973 serti de diamants et sa chaine gourmette rehaussé de six solidi frappés sous Heraclius et son fils Heraclius Costantinius (616-625 après JC). On découvre également comment le motif du serpent, symbole méditerranéen depuis l’Egypte antique, est réinterprété au fil des ans. Sur les modèles de montres serpent les plus réalistes, les écailles du reptile sont formées par de nombreux éléments dont la réalisation est particulièrement sophistiquée. Autre thème iconique traité : le logo Bulgari, inspiré par l’épigraphie romaine.

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A gauche : Collier en or et diamants serti d'une pièce de monnaie du royaume de Sicile en argent - Bulgari, 1973, Bulgari Vintage Collection, 2ème gauche : Collier en or, saphirs et diamants avec un camée en lapis-lazuli - Bulgari, 1977 environ, Collection particulière, A droite : Ceinture "Serpent" et Montre-bracelet en or, émail polychromes et saphirs - Bulgari, 2010, Bulgari Vintage Collection, 2ème droite : Montre-bracelet "Serpent" en or, émaux orange et rouge et diamants - Bulgari, 1965 environ, Collection particulière © Photos Notes Précieuses

L’exposition consacre une place importante aux stars qui aiment ou ont aimé porter des bijoux Bulgari. Les portraits et citations des monstres sacrés du temps de la Dolce Vita – particulièrement nombreux – voisinent ainsi avec les esquisses de bijoux portés à l’écran par les plus grandes actrices : Anna Magnani, Monica Vitti, Claudia Cardinale, Sofia Loren, Romy Schneider, Ingrid Bergman, Gina Lollobrigida … Le visiteur peut également contempler un collier ayant appartenu à la Princesse Grâce.

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A gauche : Broche en diamants et rubis, 1930, A droite : Ceinture serpent en or, émail et saphir, 1970 © Bulgari

Une salle entière est consacrée à la collection privée d’Elizabeth Taylor où figurent la plupart des icônes de la production Bulgari : bague Trombino, broches Tremblant, montre-bracelet serpent, Gemme Nummarie … Le quatrième mari de Liz, Eddie Fisher, connaissait bien l’effet thérapeutique des bijoux sur sa femme et la relation houleuse de la star avec Richard Burton était ponctuée par de nombreux cadeaux. Ils étaient toujours signés Bulgari car, si l’on en croit celui qui fut plusieurs fois son mari, « le seul mot qu’elle connaisse en italien, c’est Bulgari ».

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A gauche : Extrait du film de l'exposition sur les bijoux Bulgari d'Elizabeth Taylor, A droite : Broche "Tremblant" en platine, diamants fancy jaunes et couleur cognac et diamants incolores - Bulgari, 1959, Collection particulière Elizabeth Taylor © Photos Notes Précieuses

Le public peut ainsi découvrir quelques-unes des créations les plus impressionnantes du joaillier romain, notamment le cadeau de fiançailles de Richard Burton en 1962 : une broche en diamants sertie d’une émeraude de 23,44 carats. Elizabeth Taylor demanda souvent à porter ses bijoux personnels dans ses films. Toujours à la rubrique people, sont mentionnés les excès de Grace Jones qui n’hésitait pas à superposer divers colliers de haute joaillerie en guise de couvre-chefs. On apprend aussi que Tina Turner avait menacé d’annuler un concert si on ne lui retrouvait pas ses boucles d’oreilles porte bonheur signées Bulgari …

Un catalogue richement illustré, accompagne l’exposition (Editions Skira). Directrice des archives de la maison Bulgari et de sa collection Vintage depuis 1997, Amanda Triossi a signé les deux éditions (1995 et 2007) de la monographie consacrée à l’histoire de la maison.

  • Exposition Bulgari, 125 ans de Magnificence Italienne – Grand Palais – Avenue Winston Churchill – 75008 Paris
  • Du 10 décembre 2010 au 12 janvier 2011

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