Claudette Joannis raconte l’Histoire par les bijoux

Histoire | Marqué avec 9 commentaires

Claudette Joannis

Claudette Joannis, conservateur en chef honoraire du musée de Malmaisona contribué tout au long de sa carrière à enrichir notre connaissance sur les bijoux, thème auquel elle a consacré une grande partie de ses travaux et qu’elle poursuit. Pour le Magazine de Notes Précieuses, elle présente aujourd’hui son parcours et explique son approche.

Notes Précieuses : Une grande partie de vos travaux est consacrée au bijou. Pourquoi cet intérêt ?

Claudette Joannis : C’est vrai que mes travaux m’ont amenée à suivre la « route du bijou », très peu explorée par mes confrères conservateurs de musée.

Au début de ma carrière, c’est un peu le hasard qui m’a conduit vers le bijou. Mais la curiosité et l’ouverture que m’a donnée ma formation d’ethnographe ont très vite consolidé mon intérêt.

Je dois reconnaître aussi qu’à titre personnel je suis très attirée par les bijoux de sentiment, principalement ceux du XIXème siècle … que je recherche dans les salles de vente et les brocantes et que mon mari m’a souvent offert.

Bijoux de sentiments

Bague rébus « Pensez à moi »

NP : Vous avez commencé votre carrière au Louvre.

CJ : Après des études d’ethnographie française, j’ai passé le concours de conservateur des musées. Nommée en 1980 au service de l’Inspection des musées au Louvre, je devais m’occuper des collections ethnographiques. Il y avait là tout ce qui a trait aux arts et traditions populaires : des objets concernant l’agriculture et la vie rurale, des costumes et parfois des bijoux. Mon premier travail, dans ces collections un peu oubliées, a porté sur les jouets et les jeux.

Le bijou est véritablement apparu dans ma carrière un peu plus tard lorsque le département des Objets d’Art du Louvre m’a demandé d’écrire un article sur les bijoux populaires pour la revue des Métiers d’art. Cela m’a permis de découvrir, ce que j’ai appelé par la suite « le bijou régional ».

NP : Puis vous êtes passée par les Arts décoratifs et la Bibliothèque Nationale.

CJ : Quand j’ai quitté l’Inspection en 1988, j’ai intégré le Musée des Arts Décoratifs où j’ai étudié les vêtements sous l’angle ethnographique : garde robes, textiles … J’ai aussi constitué une collection de bijoux de mode grâce à des dons de couturiers que j’avais rencontrés tels Castelbajac, Rochas, Carven, Billy Boy. Cela n’avait jamais été fait auparavant. Je ne suis pas restée longtemps au musée de la mode. Il a fermé, pour rouvrir par la suite.

J’ai ensuite intégré le département des Arts du Spectacle de la Bibliothèque Nationale. Il y avait de tout : costumes, masques, marionnettes, et seulement quelques bijoux de théâtre. Cela m’a permis de suivre la « route des bijoux » à travers ces bijoux un peu spéciaux.

NP : Et enfin le Musée de Malmaison …

CJ : C’est après six ans de Bibliothèque Nationale, que je suis arrivée au Musée de Malmaison, en 2000. C’était complètement différent de ce que j’avais connu jusqu’alors. J’entrais dans l’Histoire, la grande. J’ai eu la chance dans un premier temps d’organiser une exposition sur les Jouets princiers. Je retrouvais ainsi le fil de mes premières recherches.

Puis il a été question de faire une exposition sur les bijoux car le musée de Malmaison possède des joyaux qui ont des origines historiques illustres : certains ont appartenu à l’impératrice Joséphine et quelques uns à Napoléon. J’ai alors mis toute mon énergie pour concevoir : « Bijoux des deux Empires » qui fut la dernière exposition d’envergure que j’ai organisée.

Je suis actuellement conservateur honoraire du musée de Malmaison pour lequel je viens de terminer la mise en ligne sur Internet de la totalité des collections de bijoux des musées de Malmaison et de Compiègne.

Les bijoux artisanaux régionaux

NP : Vos premières études concernant le bijou ont porté sur le bijou régional auquel vous avez consacré votre première exposition.

CJ : Dès le début de ma carrière, en fréquentant les musées, je me suis aperçue qu’il y avait en France de très nombreuses variétés de bijoux, tous différents d’une région à l’autre. Avec des collègues, désireux comme moi de mettre en valeur des collections jusqu’alors peu exploitées, j’ai créé un groupe d’étude vers la fin des années 90.

Nous avons pu mesurer la variété de ces bijoux régionaux et envisager de leur consacrer une exposition. Je devrais dire des expositions, car celle qui s’est tenue en 1992 à Paris au Musée du Luxembourg était la première d’une longue série.

Elle a voyagé pendant près de 5 ans. D’abord en France : musée de Niort, Martainville, musée de la vie en Bourgogne à Dijon, musée de l’Ain, musée de Quimper. Elle a ensuite été à Montréal et dans d’autres villes du Canada.

Une des particularités de cette exposition était qu’elle se renouvelait constamment : dans chaque ville où elle se tenait, les conservateurs locaux ajoutaient quelques bijoux spécifiques à la région. A Niort par exemple, l’exposition s’est enrichie de bijoux en argent tels des châtelaines et des bijoux masculins.

Bijoux des régions de France

NP : Vous avez également écrit un ouvrage sur les bijoux régionaux

CJ : En préparant l’exposition, avec l’aide de mes collègues, j’ai écrit un ouvrage « Bijoux des Régions de France ». C’était mon deuxième livre (le premier étant « Les petits métiers des jardins publics ») et le premier livre généraliste sur les bijoux de France. Il est sorti au moment de l’exposition. D’autres auteurs ont écrit par la suite des livres sur les bijoux de leur région : bijoux provençal, bourguignon, bressan, des Deux Sèvres. Ces ouvrages ont été diffusés à la suite de l’exposition.

Personnellement, mes recherches en vue de réaliser cet ouvrage m’ont permis d’avoir une vue globale des bijoux régionaux. Il y a eu un colloque au musée des Arts et traditions populaires et j’ai fait plusieurs conférences dans différents musées de France. J’ai aussi rédigé la partie consacrée aux bijoux régionaux dans le « Grand dictionnaire du bijou ».

C’est ainsi que je suis devenue, un peu par la force des choses, la spécialiste du bijou régional ayant également écrit plusieurs articles dans une très belle revue intitulée « Bijou » mais qui n’a été éditée qu’à quelques numéros .

Les bijoux fantaisie mode et théâtre

NP : Que pouvez vous nous dire sur les bijoux de théâtre et de mode ?

CJ : A la Bibliothèque Nationale, j’ai étudié les bijoux de scène, à partir de ceux que possédait la bibliothèque et ceux d’une collection privée conservée par la maison des Artistes (maisons des vieux comédiens de Couilly Pont aux Dames). J’ai découvert qu’à partir de matériaux très frustres comme le laiton ou les fausse pierres tels le strass, le verre ou les perles, on pouvait faire des choses magnifiques et très spectaculaires.

On ne s’est pas encore vraiment intéressé à ces bijoux en France. Il n’y a pas de livre sur ce sujet contrairement à l’Italie et les USA, où on trouve des ouvrages sur les bijoux des grandes Divas ou les bijoux fantaisie.

On met quelquefois en parallèle bijoux de théâtre et bijoux mode car ils ont des points communs : ce ne sont pas de très beaux bijoux, mais ils bénéficient d’un réel savoir-faire. Je trouve néanmoins que les bijoux de mode sont généralement plus inventifs ; les bijoux de théâtre ne sont généralement que des reproductions des très belles pièces de l’antiquité ou des siècles passés.

Collier torque pour homme

A gauche :

Le bijou homme

NP : Vous avez aussi révélé le bijou masculin

CJ : Quand j’ai étudié les bijoux régionaux, j’ai découvert non sans surprise, qu’il existait des bijoux homme autres que les boutons de manchette et les épingles de cravate. Il s’agissait souvent de bijoux rituels, en liaison par exemple avec le compagnonnage : boucles et anneaux d’oreilles, broches, boutons … Quelques fois aussi des châtelaines ou des bagues, symboles de métiers. C’était des bijoux beaucoup plus identitaires que ceux que pouvaient porter les femmes, d’où le titre de l’exposition réalisée en 1999 au Musée de la chemise à Argenton sur Creuse : « Bijoux d’hommes, signes et insignes ».

Ces bijoux masculins m’ont beaucoup intéressée, en particulier l’anneau d’oreille. Cela m’a occupé au moins deux ans. Déjà en 1997, j’avais rédigé avec une ethnologue allemande un Rapport pour la Mission du patrimoine ethnologique « Entre Bagouze et chevalière; les bijoux masculins aujourd’hui ». Une enquête avait été réalisée auprès de 200 personnes. Le rapport n’a pas été publié mais diffusé largement dans les milieux professionnels. Il a connu un vif succès auprès des bijoutiers, des joailliers et de quelques musées. J’en avais rédigé la partie historique.

Bijoux des deux Empires

A gauche :

NP : Votre exposition « Bijoux des deux Empires » a également marqué les esprits. Quelle en est la genèse ?

CJ : A Malmaison, j’avais d’emblée constaté que le musée possédait une collection de bijoux prestigieuse, certes, mais très peu fournie. Elle ne permettait pas véritablement de construire une exposition. En revanche, le musée possédait une importante collection de plus de 100 bijoux de la période 1830 – 1880 déposée au musée de Compiègne, spécialisé dans le Second Empire.

L’exposition « Bijoux des deux Empires (1804-1870), modes et sentiments », fut l’occasion de rassembler tous ces bijoux et de les faire restaurer. L’exposition s’est ensuite produite à Romans, à Roanne, à Ajaccio dans la maison Bonaparte.

NP : Comment aviez vous conçu l’exposition ?

CJ : Ma sélection de bijoux répondait à certaines thématiques. Quatre vitrines montraient les bijoux ayant appartenu ou en relation avec quatre personnalités :

  • l’Impératrice Joséphine,
  • la reine Hortense (beaucoup de bijoux en cheveux)
  • l’Impératrice Eugénie
  • et la princesse Mathilde.

Il y avait les bijoux qui étaient à la mode surtout à partir de 1840, beaucoup de parures et demi parures. J’ai conçu aussi une vitrine comportant des « peignes corbeilles » en corail, perles, strass … Une autre était consacrée aux camés. J’avais aussi exposé des bijoux accessoires qui concernaient le bal : porte bouquet et « pinces relève jupe ».

Bijoux-d-homme-Malmaison

A gauche :

NP : Que vous a apporté personnellement cette exposition ?

CJ : J’ai eu beaucoup de liberté pour faire cette exposition qui était la dernière que j’ai faite ayant une telle importance. Ce projet m’a beaucoup plu. J’ai pu enrichir les bijoux exposés de toute une iconographie.

Dans une exposition sur le bijou, la présence de tableaux précisant le contexte est pour moi très importante. Deux jeunes femmes, stagiaires en provenance de l’école du Louvre et de l’Université m’ont aidée.

NP : Avez vous participé à d’autres expositions que celles évoquées jusqu’à présent ?

CJ : J’ai participé à plusieurs expositions, soit par des prêts soit par des textes dans les catalogues comme « Les bijoux romantiques » au Musée de la vie romantique en 2000, où j’ai prêté plusieurs parures de La Malmaison ainsi que l’exposition sur la Franc maçonnerie au musée de St Denis en 2003.

Parures et bijoux

Parures et bijoux – Malmaison

NP : Vous venez de terminer l’inventaire des bijoux de Malmaison et de Compiègne. Pourquoi avoir choisi internet ?

CJ : Le catalogue que j’avais réalisé pour l’exposition « Bijoux des deux Empires » était assez succinct. Les notices étaient intéressantes, mais il manquait au moins une centaine de bijoux. J’ai donc souhaité être plus exhaustive. On peut dire que le site Parures et bijoux des musées nationaux de Malmaison et du Palais de Compiègne, qui vient d’ouvrir en juillet 2010, est le prolongement du livre et de l’exposition.

Les « inventaires scientifiques » tels qu’on les conçoit en France, sont assez ennuyeux à consulter sur papier. La Réunion des Musées nationaux (RMN) a donc choisi ici d’utiliser uniquement Internet.

Par ce canal on peut donner la même information et, en plus, elle peut être accompagnée d’un nombre important de photographies, montrant le bijou sous tous ses angles. Avec cette présentation, j’ai moi même pris conscience de l’importance des images. En outre, le contenu d’un site internet peut être constamment enrichi.

NP : Quel est l’objectif d’un tel travail ?

CJ : C’est une nouvelle façon de faire connaître le bijou et de faire découvrir des choses parfois insoupçonnées. Par exemple, que sont des bijoux en cheveux, qu’est qu’un camée, à quoi sert le corail … Ce sont des informations à la fois techniques et historiques auxquelles on a facilement accès.

Il s’agit également d’informer sur ce que possèdent les musées et de faire en sorte que les gens s’intéressent au musée. Ils pourront par exemple faire connaissance avec les donateurs.

J’espère que tout le monde aura envie de regarder ce catalogue et pas uniquement les professionnels. J’espère que les gens vont s’amuser et que nous aurons un public plus large et plus nombreux.

Boucles-et-pendants-d-oreillesNP : La tâche a dû être lourde

CJ : J’ai travaillé pendant deux ans. J’ai beaucoup lu et me suis servi du travail des archivistes pour rédiger les notices. Cela a été difficile pour moi car il ne s’agissait pas seulement de raconter l’histoire du bijou, mais de l’examiner sur un plan plus technique ce qui m’était moins familier.

J’ai été aidée par d’autres spécialistes pour la lecture des poinçons, l’identification des pierres … J’ai étudié les bijoux ; je les ai mesurés, fait nettoyer … Le nettoyage était très important ; beaucoup de ces bijoux, dont on ne s’occupait pas, étaient en argent et avaient noirci. On ne voyait plus le poinçon. Parfois on s’apercevait qu’il y avait deux ors.

Ensuite les bijoux étaient confiés au photographe. Ce travail a permis de réaliser une exposition qui ouvre le 21 octobre au musée de Compiègne sous le titre Ecrins impériaux.

NP : Pourquoi le bijou est-il si peu étudié, si peu mis en valeur dans les musées français ?

CJ : Un bijou est porteur d’infiniment d’informations au plan esthétique, historique, social … Peu de gens encore en ont conscience en France. Hors des musées, vous remarquerez que les catalogues de vente Drouot sont également toujours extrêmement succincts lorsqu’il s’agit de bijoux. Ils comportent peu d’informations contrairement aux catalogues anglo-saxons.

Dans les musées, le manque de mise en valeur a également d’autres explications. Au cours de mes visites, j’ai souvent découvert dans les réserves, des collections qui n’étaient pas exploitées. Il m’est apparu que les conservateurs ne montrent que ce qu’ils connaissent. C’est pourquoi, des objets très variés – et notamment des bijoux – dorment tant qu’un spécialiste ne les a pas exhumés et étudiés.

Le bijou nécessite une connaissance particulière. La formation des conservateurs les prédispose plutôt à étudier le mobilier, les tabatières, les horloges, les montres … Beaucoup moins le bijou qui est tellement hétéroclite : les matériaux sont des plus variés … et il y a des bijoux à toutes les époques. En outre, les bijoux sont de petits objets, peu faciles à montrer. Il faut des vitrines adaptées, très bien éclairées. Le coût de présentation est important.

Je suis heureuse, maintenant que j’ai un peu plus de temps, d’être appelée dans différents musées pour mettre en valeur des collections de bijoux. Je suis allée notamment au musée Bertrand de Châteauroux où l’on a rassemblé et étudié la collection en vue d’une exposition au printemps ainsi qu’au musée Masséna à Nice.

Epingles-de-cheveux

A gauche :

NP : Quelle est la spécificité de votre regard sur le bijou ?

CJ : La manière de poser des questions pour connaître davantage de choses sur le bijou étudié, c’est toujours cela qui m’a guidé. La curiosité et l’ouverture d’esprit due à ma formation d’ethnographe a aiguisé chez moi l’intérêt qu’on peut avoir pour les gens : ce qu’ils faisaient, disaient, confectionnaient, utilisaient comme matériaux …

Cette approche m’a conduit à parler du bijou différemment. Mon livre sur les bijoux régionaux a beaucoup surpris et intéressé. C’était un apport nouveau, différent de celui de l’historien ou de l’esthète. Je sais que je peine un peu dans deux disciplines : l’étude des poinçons – qui a été faite très savamment par bien des personnes – et l’étude des pierres et des matériaux.

En revanche, je suis très à l’aise quand il s’agit de raconter des histoires autour des bijoux. Les bijoux, je les comprends, je suis très intéressée par tout ce que je peux trouver comme informations dans la littérature, au théâtre, partout. J’en fais mon miel.

Bijoux-d-hommes

A gauche :

NP : Que peut nous apprendre le bijou au plan personnel ?

CJ : Le bijou nous apprend tout de la vie de quelqu’un. Quand j’ai fait des interviews pour les bijoux d’hommes, je me suis aperçue qu’on touchait souvent à l’intime, au secret. J’ai pu mesurer également tout le poids de la société sur les comportements. L’image que l’on a d’un homme qui porte des bijoux est généralement celle d’un homme efféminé. C’est une image qu’il supporte difficilement, surtout lorsqu’elle est reflétée par sa femme.

Beaucoup d’hommes ne portent donc pas de bijoux, malgré le désir qu’ils peuvent en avoir. Souvent, quand ils sont à la retraite, ils se laissent aller à porter ce qu’ils veulent. Ils considèrent qu’ils n’ont plus de devoir envers la société. C’est assez étonnant. Beaucoup d’hommes également m’ont avoué qu’ils auraient aimé vivre au XVIIème ou au XVIIIème siècle, pour porter des bijoux, et porter des vêtements ornés. Chez les hommes, il y a beaucoup de désir rentré concernant les bijoux.

agrafes-de-cape

Agrafes de capes en argent, Poitou XIXème siècle – Vitrine de l’exposition « Bijoux de régions de France » au musée du Luxembourg en 1992

NP : … et au plan social ?

CJ : Je mets aussi beaucoup en valeur dans mes conférences, articles, la différente représentation du bijou en fonction des âges de la vie.

Pour les hommes, il y a des bijoux d’enfants, les bijoux d’adolescents, les bijoux qui sont plutôt des insignes de la vie de jeunes gens (j’inclus là, les insignes que l’on porte lorsqu’on est militaire qui se portent comme une décoration).

Les bijoux marquent les moments forts de la vie : il y a les bijoux de fiançailles comme les bagues, les bijoux de mariage dont la médaille de mariage, les bijoux de deuil. Il y a aussi les échanges que l’on peut faire en cas de séparation. Il y a aussi les bijoux liés à la religion : pour le baptême, la communion, la confirmation.

Avec les bijoux, on parcourt un peu la vie de ceux qui les portent. Indéniablement, le bijou a aussi un rôle de porte bonheur. Il a un rôle dans l’apparence, la beauté et la rareté mais surtout de talisman qu’on retrouve partout : aussi bien dans l’Egypte antique qu’à l’époque contemporaine.

Bijoux-de-cheveux

Médaillon, bracelets, bague et chaine en cheveux – Musée National de Malmaison et Bois Préau

NP : Parlez nous des bijoux de cheveux.

CJ : Il y a beaucoup de bijoux avec des cheveux au musée de Malmaison : médaillons, bracelets … La plupart du temps, ce sont des cheveux d’un être aimé, d’un enfant, les siens que l’on a coupé. On s’aperçoit que cette pratique est commune aux souverains comme aux personnes les plus simples.

Cela apparait dans les romans du XIXème siècle. Sous l’Empire, les jeunes soldats qui devaient partir à la guerre devaient couper leur « cadenette ». Napoléon ne voulait plus que dans l’armée on ait des boucles comme le voulait la coutume. La famille voulait les garder en souvenir. La littérature nous aide à comprendre pourquoi nous avons des médaillons, des bracelets qui contiennent des cheveux.

NP : Quelles sont vos activités présentes ?

CJ : Plusieurs collègues – conservateurs me font signe pour étudier leurs collections. Je fais des colloques, des réunions. Je suis aussi sollicitée pour écrire des textes dans des catalogues comme dernièrement pour l’exposition Pour l’honneur et la gloire et les joyaux de l’Empire qui se tient à Anvers au musée du Diamant.

Je continue à écrire pour les musées et pour le grand public. Je suis en train de rédiger un livre qui s’appellera Le petit roman des bijoux pour les Editions Du Rocher et qui sortira début de l’année prochaine. Il n’y aura pas de photos, mais j’espère que cela sera accessible et plaisant.

NP : Quels sont les champs que vous n’avez pas abordés et que vous aimeriez explorer ?

CJ : J’ai envie de mieux connaitre et aider à faire connaitre les collections des musées, de poursuivre mon enquête sur les bijoux masculins car en dix ans les mœurs ont évolué.

J’aimerais savoir aussi si les pratiques européennes du port du bijou se retrouvent dans d’autres civilisations. En fait ce qui me plait ce n’est pas seulement de raconter l’histoire des bijoux mais de raconter l’Histoire par les bijoux.

  • Interview réalisée le 2 septembre 2010

9 réponses à Claudette Joannis raconte l’Histoire par les bijoux

  1. Lesiourd dit :

    Bonjour,

    Dans le cadre d’un chantier d’insertion intitulé « Culture du Bijou » et consacré à la Maison Murat de Saint Martin de Valamas (07) et à l’industrie du bijou dans les Boutières, je souhaite prendre contact avec Claudette Joannis.

    Vous est-il possible de me transmettre son adresse mail ?

    Cordialement.

  2. lodier jacques dit :

    Après la conférence de ce 16/01/13 à la bibliothèque Marmottan que des questions complémentaires à vous poser.

  3. FERRY dit :

    Bonjour,

    Travaillant actuellement sur les bijoux lorrains « patriotiques » réalisés après l’annexion de l’Alsace -Lorraine en 1871, je souhaiterais contacter Mme Claudette Joannis.

    Cordialement

    Merci

  4. Buonasera,

    scrivo da Milano. Anche io avrei desiderio di comunicare alla Dottoressa Claudette Joannis alcune notizie interessanti circa gioielli storici in mio possesso per uno scambio di informazioni.

    Cordialmente

    Paolo Franzini

    • Notes Précieuses dit :

      Hello Paolo,

      Thank you for your interest and comments about website Notes Précieuses Magazine.

      Sorry, I can’t answer you in italian. I sent your message to Claudette Joannis. She will answer you personally.

      Best regards.

  5. Anne-Caroline Le Mintier dit :

    Bonjour,

    Ayant fait mon mémoire de fin d’études sur le costume aristocratique au XVIIIe siècle en France et passionnée d’histoire de la parure, je m’intéresse beaucoup aux bijoux régionaux, aux bijoux anciens et aux parures du XIXe siècle.

    Je souhaite rentre en contact avec Madame Joannis, auriez-vous la gentillesse de lui transmettre ma demande?

    Je vous en remercie par avance

    Bien à vous,

    Anne-Caroline Germaine Le Mintier

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