Archive pour septembre 2010

Exposition bijoux autour de la perle pour fêter les 30 ans de l’Institut de Bijouterie de Saumur

Lundi 27 septembre 2010

Après une exposition sur la bague en 1995 et une autre sur le “Bijoux de France, de l’atelier à la vitrine” en 1999, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire organise cette année à Saumur l’exposition “Perles de Nacre et de l’Anjou”. Le thème n’est pas choisi par hasard : les noces de perle consacrent les 30 ans de mariage et il s’agit ici de célébrer les 30 ans de l’Institut de Bijouterie de Saumur (IBS). Le visiteur découvrira des pièces de nacre mais aussi de toute matière pouvant adopter la forme sphérique : pierre, bois, corail, métal … Ouverte au grand public, l’exposition est accompagnée de l’édition d’un catalogue. Parallèlement, 30 anciens apprentis de l’IBS exposent une œuvre qu’ils ont réalisée pour l’occasion.

Creation bijou

A gauche : Bague "Barbaresse" en argent granité et petites perles en or jaune - Sylvie Naulin, Au milieu : Bague pouce et bracelet manchette "Essence" en argent 925 et diamants, support bras sculpté en tilleul et patine ocre - Bijoux de corps, bijoux d'écorce sur mesure - Laëtitia Andrighetto, A droite : Bracelet manchette "Tepoe" en argent texturé, perle de culture de Tahiti, serti de rubis et décoré de granulation d’or et d’argent - Emmanuelle Garaud et Cyril Brunault © Photos : Philippe Noisette

Le coup d’envoi de la manifestion sera donné à l’Abbaye Royale de Fontevraud par une journée consacrée aux professionnels du secteur. Ils seront amenés à réfléchir sur l’avenir de la bijouterie à partir des études du cabinet Optred. Au plan plus intime, le psychiatre Christophe André soumettra des pistes de discussion sur le bonheur et le rôle possible de la détention d’or pour atteindre cet état .

Bijoux de creation

A gauche : Pendentif "Atlas" en or jaune texturé monté sur une maille type omega, quartz rutilé, 5 diamants - Sébastien Sagniez, Au milieu : "Libellule de l'aube", pièce réalisée en or jaune, sertie de 28 diamants et laque translucide bleu-vert, ailes articulées et abdomen, tête démontables - Sylvain Apert (Luis Gomez, Roland Reynaud, Colette Besnard, Francis Siboun, Sylvie Eric ont permis la finalisation de cette pièce), A droite : Bague "Arenui" en or rose, serti clos en platine et diamant - Bruno Chene © Photos Philippe Noisette

Le pôle de formations “Bijouterie” de Saumur s’est structuré pour apporter, en partenariat avec les entreprises et les organisations professionnelles, une réponse globale aux besoins en compétences du secteur de la bijouterie. L’institut de formation s’adresse aux apprentis – avec une grande variété de disciplines enseignées : bijouterie, joaillerie, gemmologie, sertissage – et aux professionnels par la formation continue. Il propose également une formation supérieure longue et qualifiante, la seule en France qui forme des responsables de magasin en bijouterie-horlogerie.

Bijou créateur

A gauche : Bague "Pinctada" en or blanc, pavage diamants et perle gold - Jérôme Bonneville, Au milieu : Collier "Dys'Heol" en or jaune et 9 perles de Tahiti baroques cerclées - Catherine Roul, A droite : Bague "Tectonia" en or jaune, perle de Tahiti, oxydes de zirconium - Emmanuel Bouquié (fabrication ossature par Charlène Bert) © Photos : Philippe Noisette

L’activité bijoutière à Saumur remonte au XVIème siècle. Ses habitants qui fabriquaient des chapelets destinés aux pèlerins venant se recueillir suite à une apparition de la vierge, s’appellaient les “patenôtriers” – en référence au “Pater Noster”. Au XVIIIème siècle, s’est organisé un colportage à grande échelle et dans le monde entier de bijouterie religieuse. Plus de la moitié de la population saumuroise se consacrait alors à cette activité. Et au XIXème siècle, s’est développée, cette fois dans des entreprises, la fabrication de médailles. Aujourd’hui, cette activité génère environ 200 emplois répartis au sein de 3 entreprises.

  • Exposition Perles de Nacre et de l’Anjou – Institut de Bijouterie de Saumur – Espace Formation du Saumurois (CCI Maine et Loire) – Square Balzac – 49412 Saumur - Du 4 au 15 octobre 2010 – Entrée libre
  • Institut de Bijouterie de Saumur – Le 4 octobre 2010, de 13h30 à 19h, pour les professionnels – 13h30 : Inauguration et visite commentée de l’exposition de bijoux – Abbaye Royale de Fontevraud à 16h30 : Conférence La bijouterie : évolution, tendances et perspectives – Cabinet Optred, 17h30 : Conférence L’or du bonheur : pépites ou paillettes – Christophe André

Exposition/vente de bijoux au profit de l’UNICEF et remise du prix Talents de mode à Lyon

Lundi 20 septembre 2010

Du 21 au 25 septembre, les étudiants DMA de la section Art du Bijou et du Joyau de la SEPR (Lycée des Métiers d’art) exposent 12 bijoux-objets en argent sur le thème des “Enfants invisibles”. Ces œuvres, qui peuvent être admirées à la salle d’exposition du Village des Créateurs à Lyon, seront vendues aux enchères, sur place, le samedi 25 septembre à 17 h. L’intégralité des bénéfices est destiné à l’UNICEF. C’est la deuxième fois que les jeunes artistes de la SEPR, encouragés par Olivier Cartallier, professeur d’Art Appliqué, mettent leur talent au profit de cet organisme qui, sous l’égide des Nations Unies, a pour vocation d’assurer santé, éducation, égalité et protection à chaque enfant dans le monde.

De gauche à droite et de haut en bas : Collier "Le futur est entre vos mains" en argent et ruban de velours - Marina Stanimirovic, Collier "Gourmandise" en fil satiné, bonbons, perles fantaisie et chocolat - Gianni Tripet, Bague "Prison de verre Argent" en plexiglas et laiton - Aurélie Guillemin, Bague "Trous de mémoire" en argent et éponge naturelle - Margaux Clavel, Collier "Protège-moi" an argent, coton et perles de rocaille - Alizée Duparchy, Bracelet "Je m’appelle Maya" en argent - Marie Gatti, "Kit blessures" en argent, fil de coton rouge, aiguille, dé à coudre et carton - Clémentine Manuel © SEPR

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la manifestation les “2 jours du Village des Créateurs” qui verra également la remise des prix de la 4ème édition du concours “Talents de mode 2010″ destiné à découvrir et à lancer les talents de demain. Le jury, présidé cette année par Jérôme L’Huillier, a attribué le premier prix à Sharon Benson et Anthony Tentativa, créateurs de la marque de prêt-à-porter féminin Les Tentativas. Un prix Coup de Coeur a également été décerné à Louise Vurpas pour sa marque de bijoux éponyme. Originaire de Lyon, Louise Vurpas est une ancienne élève de la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) de Genève. Elle travaille les matériaux ou les objets du quotidien (bande gaze, sucre, allumettes, etc) en les associant à des métaux nobles tels l’or ou l’argent.

A gauche : Boucles d'oreilles "bleues grises" en peau de poulet et argent - Louise Vurpas, A droite : Boucles d'oreilles queue de poissons en os de poulets et argent - Louise Vurpas © Louise Vurpas

  • Exposition Enfant Invisible – Village des créateurs – Passage Thiaffait – 19, rue René Leynaud – Lyon 1er – Du mardi 21 au samedi 25 septembre 2010, de 12h à 19h
  • Vente aux enchères pour l’Unicef – Village des créateurs – Samedi 25 septembre 2010 à 17h
  • Remise des prix de la 4ème édition du concours Talent de mode – Village des créateurs – Vendredi 24 septembre 2010 à 12h30

Haute joaillerie et bijoux anciens à la XXVème Biennale des Antiquaires

Jeudi 16 septembre 2010

Biennale des AntiquairesLe Grand Palais de Paris accueille actuellement la 25 ème Biennale des Antiquaires. Du 15 au 22 septembre, les collectionneurs du monde entier peuvent y découvrir des œuvres d’exception allant de l’archéologie aux tableaux modernes en passant par le mobilier du XVIIe au XXe siècle, les arts d’Asie ou encore les livres anciens et bien sûr des bijoux. Ce sont 80 antiquaires et 7 grands joailliers qui, cette année, présentent leurs plus belles pièces.

Boucles d'oreilles Dior et collier Cartier

A gauche : Boucles d'oreilles du "Coffret de Victoire" en or jaune, diamants, opales vertes, béryls jaunes, saphirs roses, spessartites, tsvarorites, tourmalines Paraiba, laque - Dior © Dior Joaillerie, A droite : Collier en platine, opale, saphir poire, 8 diamants - Cartier © Cartier

Cartier présente soixante pièces de haute joaillerie, objets rares et précieux, pierres d’exception et pièces sculptées. Ces saphirs, diamants, émeraudes, d’un grand classicisme, choisies pour la géométrie de leur taille, figurent au palmarès des plus belles pierres de la Maison. Chez Chanel, les visiteurs pourront admirer les rééditions des bijoux créés en 1932 par Gabrielle Chanel pour son exposition de “Bijoux de Diamants” : au total une centaine de pièces. Pour sa seconde participation à la Biennale des antiquaires et pour la première fois depuis la création de son département joaillerie, Dior réunit 150 pièces dans sa boutique-écrin. La joaillerie Dior livre un mélange de matières fait de pierres précieuses, de pierres ornementales, d’opales, de volumes mini ou maxi, de laque s’offrant parfois le luxe de recouvrir l’or. Van Cleef & Arpels dévoile sa nouvelle collection :  Les Voyages Extraordinaires. Alfredo Arias a signé la mise en scène de cette interprétation de l’oeuvre de Jules Verne. Oniriques, fantastiques, magiques, intemporelles, ces créations, attestent du savoir-faire de la Maison.

Joaillerie Van Cleef et collier Piaget

A gauche : Collection Les Voyages extraordinaires, clip Olindias en or blanc, diamants ronds, baguette et taille rose - Van Cleef & Arpels © Van Cleef & Arpels, A droite : Collier Limelight en or blanc 18 carats sertis de diamants et 2 émeraudes taille poire, en forme de corset, inspiré du thème de la couture - Piaget © Piaget

Pour sa première participation à la Biennale, Piaget présente dans la collection limelight un collier en forme de corset et par ailleurs des bagues cocktail “Mojito” et “Cosmopolitan”.  La Maison Harry Winston a également rassemblé ses plus belles œuvres d’art. Chacune des pièces présentées met en vedette des pierres précieuses exceptionnelles aux couleurs étincelantes. S’inspirant de l’architecture et de la culture, magnifiant la nature et la vie, Harry Winston a toujours sublimé la Haute-Joaillerie.

Tiare Faerber et parure Boivin

A gauche : Tiare montée sur or et argent, sertie de topazes roses et de diamants - Faerber Collection, 19ème siècle © Faerber, A droite : Parure en argent et micro-mosaïque de miroirs - Collection Irradiante - Réné Boivin, 1932-1933 - Galerie Véronique Bamps © Galerie Véronique Bamps

Des bijoux anciens sont aussi présents. La Maison Faerber expose pour sa part, une parure exceptionnelle de provenance royale. Il s’agit d’un ensemble composé d’une tiare, d’un collier, d’une paire de bracelets, d’une broche et d’une paire de boucles d’oreilles. L’ensemble, qui date de la première moitié du 19ème siècle, est monté sur or et argent, serti de topazes roses et de diamants. Il existe aujourd’hui neuf parures de topazes roses, mais aucune n’est complète ou restée intacte comme cette dernière. Quant à Véronique Bamps, elle propose notamment des bijoux Art Déco de la Maison Boivin. La collection “Irradiante” intrigue et surprend : ces bijoux, datant des années 30, sont sertis en mosaïques de miroirs. Il existe très peu de bijoux réalisés dans cette technique car généralement elle était réservée aux objets.

  • XXVème Biennale des Antiquaires – Galeries Nationales du Grand Palais, la nef du Grand Palais – Avenue Winston Churchill – 75008 Paris
  • Du 15 au 22 septembre 2010

L’Or des Incas : Symbole et pouvoir

Lundi 13 septembre 2010

Ce sera sans doute l’une des manifestations les plus marquantes de la rentrée : en présentant les trésors inédits des plus brillantes civilisations précolombiennes, la Pinacothèque de Paris garantit le plaisir des yeux et permet de découvrir des cultures méconnues. L’exposition “L’or des Incas, origines et mystères” dévoile les différents aspects des sociétés andines préhispaniques et permet d’explorer leur relation complexe à l’or. Pour la première fois en France, on peut découvrir 253 œuvres majeures en provenance des plus prestigieux musées péruviens. S’ils témoignent de l’extrême habileté des orfèvres locaux, les objets présentés permettent surtout de découvrir les rituels et la vie quotidienne des Incas et de leurs prédécesseurs.

Bijoux Incas

Vitrines mettant en valeur les bijoux et autres objets de l'exposition © Photo : Notes Précieuses

4000 ans de traditions

Bien que porteuse encore de bien des énigmes, la civilisation Incas est la plus connue aujourd’hui car, en un siècle, les Incas ont bâti un immense empire allant de l’Equateur au Chili, des hauts plateaux des Andes aux plaines désertiques de la côte pacifique. Mais lorsqu’ils se sont installés dans la région de Cusco, à la fin du XIIIème siècle, c’est en héritiers de traditions sophistiquées élaborées pendant plus de 4000 ans. Plus de dix civilisations les avaient précédés. En métallurgie, notamment, les Incas se sont souvent contentés de consolider des techniques ancestrales. Dès les premiers siècles de notre ère, les Mochicos, avaient déjà réalisé des pièces remarquables en or et en métaux précieux. Et c’est durant la période 900-1400 après JC que la région andine a connu sa production la plus importante, grâce à une parfaite maîtrise des techniques, surtout en orfèvrerie.

Pectoral et vase

A gauche : Pectoral en perles de coquillages (spondyle ou mullu) cylindriques, polies et découpées - Culture Mochica (100 av JC - 850 après JC) - Intermédiaire ancien - Musée Larco, Lima © Photo : Joaquín Rubio Roach, A droite : Vase-portrait en argent laminé, repoussé et embouti. Utilisé par les Incas pour les libations accompagnant les cérémonies - Culture Inca (1440 - 1532 après JC) - Horizon récent - Musées Or du Pérou, Armas del Mundo, Fondation Miguel Mujica Gallo, Lima © Photo : Manuel Figari Rouillon

La force symbolique de l’or

Les objets présentés tout au long de l’exposition soulignent l’importance de l’or et de sa force symbolique dans les civilisations précolombiennes. D’abord, il est étroitement associé au rituel religieux. C’était la “sueur du soleil”, la divinité la plus importante. L’or est le principe viril tandis que l’argent, “larme de la lune”, est associé à la féminité et à la fécondité. C’est dire que la transformation de ces métaux précieux supposait également une parfaite connaissance des croyances religieuse. Celui qui les possédait devenait l’intercesseur des dieux et était investi d’un pouvoir divin. Les Andins adoraient et vénéraient les métaux et les minerais précieux. L’or tenait entre les trois mondes incas – le monde du ciel, le monde des hommes et le monde souterrain des défunts – un rôle d’intermédiaire et la transcendance spirituelle des temples était directement liée à la quantité de richesses en métaux précieux qu’ils renfermaient.

L’empereur étant l’incarnation humaine du soleil, l’or est également central dans la représentation du pouvoir. Les vêtements d’apparat brodés de métal, les pectoraux et les bracelets d’or ou d’argent étaient réservés à l’élite. Le souverain les offrait à ses sujets qu’il souhaitait récompenser et interdisait qu’on les porte sans son autorisation.

Ornement frontal et pectoral

A gauche : Ornement frontal avec un alliage or, argent, cuivre laminé, repoussé, ajouré, ciselé. Décor de félins et d'oiseaux. Probablement destiné à être cousue sur un tissu, par les trous encadrant le visage - Culture Mochica (100 av. JC, -850 après JC) - Intermédiaire ancien - Musée Larco, Lima © Photo : Joaquín Rubio Roach, A droite : Pectoral constitué de 410 plaques carrées d'or laminé et 32 plaques circulaires avec perforation centrale permettant de les coudre sur un vêtement. Laminé, découpé et cuit. Zone de Lambayeque, Intermédiaire récent (900 - 1400 parès JC) - Musée archéologique national Brüning, Lambayeque © Photo Joaquín Rubio Roach

De l’or dans les tombes

L’or était aussi un élément indispensable du trousseau funéraire. On notera que la plupart de objets présentés à Paris ont été retrouvés dans les tombes. Dans le grand cycle du monde andin, la mort n’était qu’un passage : l’Homme quittait la sphère terrestre pour le monde des morts. Avant d’être inhumé, le défunt était paré et on lui joignait un trousseau qui variait selon son statut et ses fonctions. Il pouvait être composé de nourriture, de vêtements, d’outils, de bijoux. Le métal y tenait toujours une place essentielle, sous forme de gobelets, boucles d’oreilles, pectoraux, coiffes ou diadèmes, mais parfois aussi sous forme de simples lingots d’or ou d’argent placés sur le corps, entre les mains, ou dans la bouche.

Masque

Masque funéraire en or laminé, repoussé et soudé. Les boucles d'oreilles et l'ornement nasal seraient ceux d'une divinité Sicán. Censé représenter les traits du défunt, ce masque faisait partie de son trousseau funéraire - Culture Sicán (800 - 1350 après JC) - Intermédiaire récent - Musée Archéologique national Brüning, lambayeque © Photo : Joaquín Rubio Roach

C’est cette civilisation complexe, où l’or n’avait pas de valeur numéraire, qu’ont rencontré les conquistadors en envahissant le Pérou des Incas en 1532. Mais la richesse des sols en métaux précieux et la magnificence de l’orfèvrerie ont fait naître en Europe le mythe de l’Eldorado. La soif d’or et d’argent amena les Espagnols, à partir du XVIème siècle, à fondre systématiquement tout ce qui était précieux, détruisant ainsi les témoignages capitaux d’une civilisation avancée. De récentes découvertes, heureusement, nous permettent aujourd’hui d’admirer ces objets qui ont échappé à l’avidité humaine.

Ornement frontal et gants

A gauche : Ornement frontal en or laminé, repoussé, embouti et incrusté. Tête de félin orné de plumes, nez et bec d'oiseau. 2 singes (partie supérieure) et serpents bicéphales (partie inférieure) - Culture Chimú ( 900 - 1470 après JC) - Intermédiaire récent - Musée Larco, Lima © Photo Joaquín Rubio Roach, A droite : Gants, main votive en or et argent laminé, repoussé, embouti, assemblage mécanique. Feuilles de métal assemblées en crochets - Culture Sicán (800 - 1350 après JC) - Intermédiaire récent - Musée Or du Pérou - Armas del Mundo - Fondation Miguel Mujica Gallo, Lima © Photo : Manuel Figari Rouillon

La technique des orfèvres andins

Chez les Andins, l’or était principalement obtenu par orpaillage – lavage d’alluvions ou de sédiments aurifères. Il pouvait aussi provenir, comme l’argent ou le cuivre, de gisements miniers. L’alliage se faisait toujours à base de cuivre - cuivre et or ou cuivre et argent. La mise en forme des objets se réalisait de manière mécanique : après avoir été alternativement soumis au martelage et à la chaleur, le métal prenait la forme d’une plaque pouvant être découpée avec des ciseaux de pierre dure. Suivaient alors différentes opérations : le cintrage ou le pliage, la déformation de la plaque sur une “âme” (matrice de bois ou de pierre), puis la gravure, l’emboutissage ou le repoussage à l’aide d’instruments en bronze, en bois dur, en corne ou  en os. La forme pouvait également s’obtenir par moulage : le métal était alors coulé en fusion dans un moule d’argile. Le polissage et le brunissage rendaient ensuite au métal lustre et éclat et l’immersion dans des bains d’acides pouvait en modifier la couleur. L’assemblage des objets complexes se faisait par pliages imbriqués, au moyen de clous, de rivets, d’agrafes et de fils, ou bien par brasure et soudure ; ce qui exigeait une dextérité et une maîtrise parfaite des températures de fusion.

  • L’Or des Incas, origines et mystères – Pinacothèque de Paris – 28, place de la Madeleine – 75008 Paris
  • Du 10 septembre 2010 au 6 février 2011

Bijoux de la Couronne de France : Nouvelles acquisitions du Musée du Louvre

Lundi 6 septembre 2010

JoaillerieA partir du 16 septembre, pour la première fois, le public pourra admirer le Grand Nœud de Corsage de l’Impératrice Eugénie. Ce joyau, provenant des Diamants de la Couronne de France, sera exposé au Musée du Louvre dans la salle de la Collection Thiers du département des Objets d’Art (aile Richelieu, 1er étage, salle 74), à proximité des appartements de Napoléon III.  C’est grâce à la Société des Amis du Louvre que le musée a pu faire revenir des Etats-Unis ce bijou exceptionnel, réalisé en 1885 par le joailler François Kramer. C’est grâce également  aux crédits que la Société avait mis à sa disposition que le Louvre a pu préempter, lors de la vente Yves Saint Laurent – Pierre Bergé, la Boîte à portrait de Louis XIV. Ce portrait a été présenté à Versailles à l’automne 2009, lors de l’exposition “Louis XIV, l’homme et le roi“. Il est actuellement en réserve et sera bientôt exposé au Département des Objets d’Art. Née en 1897, la Société des Amis du Louvre compte aujourd’hui près de 70 000 membres. C’est le premier mécène privé du Louvre. Depuis sa fondation, 704 œuvres d’art ont été acquises et offertes aux huit départements du musée.

Joaillerie Noeud de corsage

Grand Noeud de Corsage de l'impératrice Eugénie © Musée du Louvre 2008, Martine Beck-Coppola, avec l'aimable autorisation de la Société des Amis du Louvre

Le Grand Noeud de Corsage de l’impératrice Eugénie : Le dessin du nœud, assorti de glands de passementerie, s’inspire librement de modes de la fin du XVIIème siècle. L’œuvre est composée de 2934 diamants dont 2438 pèsent 140 carats. Le sertissage est entièrement ajouré, articulé et traité en relief, afin que les pierres puissent scintiller au moindre mouvement. En fait, il ne s’agit là que d’une pièce d’un ensemble plus conséquent commandé par Napoléon III lors de l’exposition Universelle de 1855. L’Empereur avait passé des commandes à huit grands joaillers parisiens afin de promouvoir le savoir-faire français. Parmi les réalisations, il y avait une parure de feuilles et fruits de groseilliers par Bapst et Kramer comportant une longue guirlande, un devant de corsage, une suite de broches à pampilles et une ceinture. Cette ceinture, œuvre du  jeune François Kramer, réunissait à elle seule 4500 diamants. Mais, dès 1864, l’impératrice avait renoncé à porter une pièce aussi imposante pour n’en garder que l’élément central, adapté en grand nœud de corsage.

Boîte à portrait

Boîte à portrait de Louis XIV (après restauration), de face et de dos © Les Amis du Louvre 2009, photo : Adrien Dirand, avec l'aimable autorisation de la Société des Amis du Louvre

La boîte à portrait de Louis XIV : Ce joyau, dû au miniaturiste Jean Petitot (1607-1691), a conservé sa riche garniture : sur la face quatre-vingt douze diamants brillent autour du buste émaillé du roi Louis XIV, sommé de la couronne fleurdelisée ; au revers, tout en émail, le chiffre royal au double L entrelacé est environné de rinceaux. Si de telles boites étaient dans la première moitié du XVII ème siècle des objets de sentiment, Louis XIV en a fait, à partir des années 1660, des instruments du pouvoir royal. Il les distribuait comme marques de distinction honorifique aux dignitaires étrangers, aux hommes de guerre et aux fidèles serviteurs de la monarchie. En dehors de celle-ci, seules deux autres boîtes sont aujourd’hui connues : l’une conservée à Bologne, qui a aussi gardé tous ses diamants, l’autre conservée au musée de La Haye, mais qui n’est plus qu’une carcasse émaillée, sans ses pierres.  L’or et les pierreries ont causé la perte de ces boîtes trop coûteuses. La boîte présentée au Louvre est sans doute la plus ancienne : l’âge du roi incite les spécialistes à proposer une date proche de 1670.

  • Le Grand Noeud de Corsage de l’impératrice Eugénie (collection permanente, Aile Richelieu, 1er étage, salle 74), à partir du 16 septembre 2010 et la boîte à portrait de Louis XIV – Musée du Louvre
  • Société des Amis du Louvre – 75058 Paris Cedex 01