Bijoux ethniques et pierres gemmes au Musée Barbier Mueller de Genève

MQT COUVERTURE PARURES.inddDans une exposition originale, présentée actuellement à Genève, les bijoux de la collection Barbier-Mueller dialoguent avec des pierres gemmes et des cristaux multicolores réunis par un représentant de la quatrième génération des Mueller. Les bijoux occupent une place importante dans les collections initiées par Josef Mueller en 1907 et poursuivies par ses héritiers. Les quelque deux cents bijoux ethniques sélectionnés ici relèvent de toutes les époques et de tous les continents – les parisiens avaient pu en découvrir certains en 1994 au Musée des Arts Décoratifs. Ils racontent leur histoire et sont indissociables de la culture et de la pensée des peuples qui les ont produits.

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien  - Période VI (environ 1000-1500 après JC ?) - Costa Rica ou région de Diquis ? A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Inde du Sud - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien - Période VI (environ 1000-1500 après JC) - Costa Rica ou région de Diquis A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle - Inde du Sud © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

Mais si l’Homme concrétise ses ambitions esthétiques en usant le plus souvent des matériaux offerts par son environnement, une mise en perspective des bijoux n’en suscite pas moins certaines interrogations. Par exemple : pourquoi, durant l’antiquité, les populations d’Afrique, d’Asie ou des Amériques ont-elles si peu utilisé les pierres semi-précieuses alors qu’elles étaient très prisées en Europe ? Certes, il existe les colliers vieux de trois mille ans de la civilisation de Chavin (Pérou) constitués de boules de cristal de roche. Mais comment se fait-il que ces mêmes civilisations andines, disposant à profusion de cristaux d’améthyste, les aient ignorés ?

Autres questions : pourquoi les Congolais n’ont-ils jamais incorporé l’amazonite – plus dure et d’un bleu plus raffiné que la turquoise – dans leurs parures, alors qu’ils l’exportaient au Maroc où les Berbères en étaient friands ? L’agate ou le lapis-lazuli sont absents des bijoux des tribus turkmènes, du Beloutchistan ou des Bédouins. Mais pour leur part, les peuples qui ont occupé les mêmes régions du Moyen et du Proche-Orient avant notre ère, cherchaient, eux, par tous les moyens à se procurer ces mêmes pierres.

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso - A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or, XIXème XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien, XIXème XXème siècle - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

L’exposition offre une place de choix à la pratique des fondeurs de bijoux en alliage de cuivre. Les “bronzes” africains sont généralement en laiton, mélange de cuivre et de zinc et non de cuivre et d’étain et la technique employée est celle de la “cire perdue“. On peut admirer les “bronzes” remarquables des Yoruba du Nigeria ainsi que ceux des populations voltaïques, leurs “concurrents” les plus actifs.

Après Genève, l’exposition sera présentée au Musée Barbier-Mueller d’Art Precolombíen de Barcelone et au Gold of Africa Barbier-Mueller Museum de Cape Town (Afrique du Sud).

  • Exposition Bijoux de l’homme (collections du musée Barbier-Mueller) et Bijoux de la terre (collection Alexis Barbier-Mueller) – Musée Barbier-Mueller de Genève – Rue Jean Calvin, 10 – 1204 Genève
  • Du 1er décembre 2009 au 15 septembre 2010

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