Archive pour mars 2010

L’art verrier sous Louis XIV

Mercredi 24 mars 2010

verreries-royales-dorleansGrâce à Bernard Perrot, des chefs-d’œuvre – pièces de prestige ou verres du quotidien – sont nés de la Verrerie Royale d’Orléans, puis de celle de ses successeurs à Fay-aux-Loges (Loiret). À l’occasion du tricentenaire de son décès, le musée des Beaux-Arts d’Orléans consacre une exposition à celui qui fut le plus célèbre artiste verrier du siècle de Louis XIV. Pour la première fois sont rassemblés, autour de la collection du Musée historique et archéologique de l’Orléanais, près de 200 pièces prêtées par des musées et des collectionneurs français et européens.

Bernardo Perrotto (1640- 1709), né en Italie, immigré en France et naturalisé en 1666 est le produit d’une longue tradition de l’art verrier : pratiqué en Italie et diffusé en Europe par des migrations successives depuis le XVème siècle. C’est parce que la ville d’Orléans bénéficiait d’une situation privilégiée – approvisionnement facile en bois, en sables et proximité de Paris pour les débouchés – que le jeune homme, à 28 ans, y a créé la Verrerie Royale. Il va très rapidement contribuer aux avancées techniques et artistiques du moment. D’emblée, il est reconnu pour ses découvertes comme le verre rouge transparent. La cathédrale d’Orléans fut ainsi le premier monument à retrouver des vitraux rouges. On lui doit également l’émail, l’imitation de la porcelaine importée d’Orient, des pierres dures comme l’agate, le lapis-lazuli … Il était aussi reconnu pour ses innovations comme le procédé du verre coulé en table pour réaliser notamment les grands médaillons représentant le Roi et, vraisemblablement, le duc d’Orléans.

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, oncolore, cadre en bois sculpté et doré - bernard Perrot - Orléans entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais A.7162, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et à droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince transparent, incolore et rouge - Attribué à bernard perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Paris, Les Arts décoratifs, musée des Arts décoratifs 23438, © Paris, Les Arts décoratifs, photo : Jean Tholance

Portrait de Louis XIV en verre coulé, moulé, transparent, incolore et cadre en bois sculpté doré - Bernard Perrot - Orléans, entre 1687 et 1695 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie et A droite : Présentoir à confiserie en verre soufflé et travaillé à la pince, transparent, incolore et rouge - Attribué à Bernard Perrot - Orléans, derniers tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Les Arts décoratifs, Musée des Arts décoratifs de Paris © Les Arts décoratifs de Paris, photo : Jean Tholance

A la lumière de découvertes historiques récentes, l’exposition propose un éclairage neuf sur la production de verre du XVIIème siècle. On y découvre de nouvelles pièces attribuées à Perrot. Sont également livrés des secrets de fabrication pour lesquels il avait obtenu l’exclusivité du Roi puis du Régent. On sait par exemple aujourd’hui que le rouge transparent, dont la formule avait été perdue au Moyen Âge, était obtenu en associant l’or et l’arsenic. On sait aussi que l’aiguière marbrée de rouge, œuvre majeure de Perrot prêtée par le musée d’Écouen, est opacifiée aux arséniates de plomb alors que d’autres pièces porcelanées le sont à l’antimoine. Du musée des Beaux-Arts de Dijon viennent d’exceptionnels vases en verre transparent ambré, auxquels l’étamage intérieur donne l’aspect de l’or, comme c’est également le cas pour des salerons, flacons et autres objets précieux.

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot, Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée national de la Renaissance E.Cl. 8626, © RMN photo presse / Gérard Blot A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot, Orléans ou Fay-aux-Loges en 1727 - Orléans, Musée historique et archéologique de l’Orléanais 2006.2.3, © musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo François Lauginie

A gauche : Aiguière en verre porcelané marbré de rouge - Bernard Perrot - Orléans, dernier tiers du XVIIème et début du XVIIIème siècle - Ecouen, Musée National de la Renaissance © RMN, photo : Gérard Blot et A droite : Gobelet à devise en verre soufflé, opalin à décor émaillé polychrome - Attribué aux successeurs de Bernard Perrot - Orléans ou Fay-aux-Loges, 1727 - Orléans, Musée Historique et Archéologique de l’Orléanais © Musée des Beaux-Arts d’Orléans, photo : François Lauginie

La production d’objets de luxe de Perrot est le plus souvent liée aux arts de la table : flacons, gobelets, vases, aiguières… Certaines des pièces annoncent les nouveaux usages qui rompent avec les traditions culinaires médiévales au profit de la gastronomie française. D’autres pièces sont purement décoratives comme des statuettes figurant des putti ou des bergers de fantaisie ; mais il n’y a pas à proprement parler de bijoux. Beaucoup à découvrir néanmoins sur un matériau, le verre, jusqu’ici mal connu du grand public. L’étape s’impose donc à Orléans d’autant qu’on peut en profiter pour visiter les collections permanentes du musée des Beaux-Arts qui, comptant parmi les plus anciens musées français, offre un vaste panorama de la création artistique en Europe du XVème au XXIème siècle.

En marge de l’exposition, on notera les Colloques des 28 et 29 mai prochains organisés en collaboration avec l’Association française pour l’archéologie du verre.

  • Exposition Bernard Perrot, Secrets et chefs-d’oeuvre des verreries royales d’Orléans – Musée des Beaux-Arts d’Orléans – 1, rue Fernand Rabier – 45000 Orléans – Du 13 mars au 27 juin 2010
  • Colloque Perrot et l’influence des verriers d’Altare et de Venise sur les productions françaises et européennes des XVIIème et XVIIIème siècles – Le 28 mai 2010
  • Colloque Actualité de la recherche sur l’histoire et l’archéologie du verre, de la plus haute Antiquité aux périodes contemporaines, en France et à l’étranger – Le 29 mai 2010

7ème Biennale des Métiers d’Art à Saint Amand Montrond

Jeudi 18 mars 2010

biennale-des-metiers-dartLes 23, 24 et 25 avril prochains, la Ville de Saint‐Amand‐Montrond organise la 7ème édition de la Biennale des Métiers d’Art. Soixante exposants appartenant à trente cinq métiers différents valoriseront leur savoir‐faire. Cette année encore, le bijou occupera une place importante. Un espace sera réservé aux métiers de la bijouterie et l’on pourra rencontrer dix artisans bijoutiers, un lycée professionnel – le lycée Jean Guéhenno -, un bijoutier fabricant et deux villes labellisées Ville et Métiers d’Art pour la bijouterie : Baccarat et Saint-Amand-Montrond.

Echanges, animations et démonstrations sont au programme. L’objectif de cette manifestation est de fournir un lieu de rencontre à tous les acteurs du monde de l’artisanat d’art et de la formation. Il s’agit aussi de faire découvrir les métiers artistiques au grand public – durant le week end – et aux scolaires – le vendredi. Tous les collèges (élèves de 3ème) et lycées de la région Centre sont invités à participer.

Gageons que l’édition 2010 connaîtra un grand succès, à l’image du “cru” 2008 où les exposants avaient pu partager leur passion avec plus de 6000 visiteurs, dont 750 scolaires. La 7ème Biennale se tiendra au sein de la Cité de l’Or et du complexe “salle Aurore”. Et, pour la première fois cette année, chaque visiteur recevra un ticket lui permettant de visiter à tarif réduit la Maison de l’Or, espace muséographique interactif et ludique. De plus, les œuvres présentées pourront être achetées.

  • 7ème Biennale des Métiers d’Art – Cité de l’Or – Espace Serge Vinçon et complexe  “salle Aurore” – Avenue Pelletier Doisy – 18200 Saint-Amand-Montrond
  • Du 23 au 25 avril 2010 : Journée scolaire le 23 avril, de 9h à 17h et journées grand public les 24 et 25 avril, de 10h à 19h

Bijoux ethniques et pierres gemmes au Musée Barbier Mueller de Genève

Mardi 16 mars 2010

MQT COUVERTURE PARURES.inddDans une exposition originale, présentée actuellement à Genève, les bijoux de la collection Barbier-Mueller dialoguent avec des pierres gemmes et des cristaux multicolores réunis par un représentant de la quatrième génération des Mueller. Les bijoux occupent une place importante dans les collections initiées par Josef Mueller en 1907 et poursuivies par ses héritiers. Les quelque deux cents bijoux ethniques sélectionnés ici relèvent de toutes les époques et de tous les continents – les parisiens avaient pu en découvrir certains en 1994 au Musée des Arts Décoratifs. Ils racontent leur histoire et sont indissociables de la culture et de la pensée des peuples qui les ont produits.

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien  - Période VI (environ 1000-1500 après JC ?) - Costa Rica ou région de Diquis ? A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Inde du Sud - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Pendentif en or représentant un batracien - Période VI (environ 1000-1500 après JC) - Costa Rica ou région de Diquis A droite : Boucles d'oreilles Thandatti en feuille d'or et laque - Tamil Nadu, XIXème et XXème siècle - Inde du Sud © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

Mais si l’Homme concrétise ses ambitions esthétiques en usant le plus souvent des matériaux offerts par son environnement, une mise en perspective des bijoux n’en suscite pas moins certaines interrogations. Par exemple : pourquoi, durant l’antiquité, les populations d’Afrique, d’Asie ou des Amériques ont-elles si peu utilisé les pierres semi-précieuses alors qu’elles étaient très prisées en Europe ? Certes, il existe les colliers vieux de trois mille ans de la civilisation de Chavin (Pérou) constitués de boules de cristal de roche. Mais comment se fait-il que ces mêmes civilisations andines, disposant à profusion de cristaux d’améthyste, les aient ignorés ?

Autres questions : pourquoi les Congolais n’ont-ils jamais incorporé l’amazonite – plus dure et d’un bleu plus raffiné que la turquoise – dans leurs parures, alors qu’ils l’exportaient au Maroc où les Berbères en étaient friands ? L’agate ou le lapis-lazuli sont absents des bijoux des tribus turkmènes, du Beloutchistan ou des Bédouins. Mais pour leur part, les peuples qui ont occupé les mêmes régions du Moyen et du Proche-Orient avant notre ère, cherchaient, eux, par tous les moyens à se procurer ces mêmes pierres.

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso - A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or, XIXème XXème siècle © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

A gauche : Bracelet Kha-nikhaga to'yo en alliage cuivreux - Style gan, XIXème XXème siècle - Burkina Faso A droite : Collier en argent - Groupe Hmong ou Mien, XIXème XXème siècle - Nord de la Thaïlande, Triangle d'or © Musée Barbier Mueller, Photo : Studio Ferrazzini Bouchet

L’exposition offre une place de choix à la pratique des fondeurs de bijoux en alliage de cuivre. Les “bronzes” africains sont généralement en laiton, mélange de cuivre et de zinc et non de cuivre et d’étain et la technique employée est celle de la “cire perdue“. On peut admirer les “bronzes” remarquables des Yoruba du Nigeria ainsi que ceux des populations voltaïques, leurs “concurrents” les plus actifs.

Après Genève, l’exposition sera présentée au Musée Barbier-Mueller d’Art Precolombíen de Barcelone et au Gold of Africa Barbier-Mueller Museum de Cape Town (Afrique du Sud).

  • Exposition Bijoux de l’homme (collections du musée Barbier-Mueller) et Bijoux de la terre (collection Alexis Barbier-Mueller) – Musée Barbier-Mueller de Genève – Rue Jean Calvin, 10 – 1204 Genève
  • Du 1er décembre 2009 au 15 septembre 2010

Colloque à Bruxelles : Regards croisés sur le bijou

Mardi 9 mars 2010

bijouBonne nouvelle pour ceux qui s’intéressent au bijou à la fois au plan artistique et culturel. L’Université Libre de Bruxelles et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique organisent, en partenariat avec le Pôle Bijou de Baccarat, un colloque international : “Parures, Bijoux et Ornements – Histoire d’un Art de faire corps et de faire sens”. Il se tiendra à Bruxelles les 25 et 26 mars prochains.

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du cours d’Arts décoratifs du professeur Brigitte D’Hainaut-Zveny (ULB), qui étudie les formes et les usages du bijou de l’âge de bronze aux créations actuelles. La volonté ici est de croiser analyses et expériences. Les conférenciers viennent d’horizons les plus divers : universitaires, historiens d’art, conservateurs de musées, galeristes, experts … Ils alterneront exposés de synthèse et études de cas. Pour conclure, une table ronde réunira six créateurs belges de renom qui s’essayeront à définir la place du bijou dans la société contemporaine.

  • Colloque Parure, Bijoux et Ornements : Histoires d’un art de faire corps et de faire sens – Musées royaux d’Art et d’Histoire – Grand auditorium – Parc du Cinquantenaire, 10 – 1000 Bruxelles
  • Le 25 et 26 mars 2010, de 9h à 17h

Les Saul Bell Design Awards 2010

Lundi 8 mars 2010

Tous nos vœux accompagnent Angela Baduel-Crispin qui est en lice pour les Saul Bell Design Awards 2010. Cette talentueuse créatrice qui réside en Bretagne est l’une des cinq finalistes dans la catégorie Metal Clay.

Depuis dix ans, les Saul Bell Design Awards récompensent des joaillers du monde entier pour une œuvre originale et innovante et la qualité de sa réalisation. Palmarès : le 5 juin à Las Vegas ! A suivre …

Bague en pâte d'argent fin et or 24 carats - Angela Baduel-Crispin, septembre 2008

Bague en pâte d'argent fin et or 24 carats - Pièce présentée au Saul Bell Design Awards 2010 - Angela Baduel-Crispin, septembre 2008

Et, comme Angela aime partager son art, elle poursuit son travail de formatrice. Nous avons déjà mentionné ici les stages qu’elle anime dans le cadre du Pôle Bijou de Baccarat. Elle organise également, avec la créatrice Holly Gage, des stages-séjours en Bretagne sur des techniques novatrices : serti du Titanium ou de pierres inhabituelles, gravage de surface pour un effet style “repoussé”, bague sans joint, association de la pâte d’argent et des nouvelles pâtes de cuivre

Le Pôle Bijou de Baccarat célèbre le cristal et la coopération entre créateurs

Vendredi 5 mars 2010

bijoux-createurLe Pôle Bijou de Baccarat et l’association “Label Parure” organisent, du 15 au 27 mars prochains, une exposition à l’Espace Gruber de la CCI de Nancy. Les créateurs de bijoux lorrains y présenteront des pièces de cristal qu’ils ont librement interprétées. Parallèlement, chaque jour, un artisan fera découvrir les caractéristiques et les spécificités de son métier.

Une telle exposition symbolise les synergies progressivement développées sous l’impulsion du Pôle Bijou. La Cristallerie de Baccarat a offert un bloc de cristal permettant à chacun de réaliser l’œuvre de son choix. Les artisans créateurs se sont mis au travail et, pour leur création, ont beaucoup échangé avec d’autres acteurs du domaine du bijou : partage d’expériences et de techniques. Depuis plus de deux ans, en effet, les professionnels lorrains du bijou se rassemblent chaque mois à Baccarat pour parler de leur métier sous tous ses aspects : artistiques, techniques, économiques … En décembre 2009, ils ont institutionnalisé ces rencontres en créant “Label Parure“, association des talents créatifs du bijou et de la parure en Lorraine.

  • Exposition Créateurs de Bijoux … – Chambre de Commerce et d’Industrie de Nancy – Espace Gruber – 53, rue Stanislas – Nancy
  • Du 15 mars au 27 mars 2010

Splendeurs du temps des Maharajas : Des joyaux d’exception

Jeudi 4 mars 2010

maharajaLa chute de l’Empire britannique et l’indépendance de l’Inde en 1947 ont porté un coup fatal à leur magnificence, mais les Maharajas continuent de nous fasciner. Deux expositions permettent d’approcher leur univers. Pour découvrir les costumes des cours princières, la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent propose “Les derniers Maharajas” tandis que le musée The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich prend le relais du Victoria and Albert Museum de Londres et produit la somptueuse exposition “Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts”.

costumes-maharajaSi le colonisateur britannique n’a pas confisqué la richesse des Maharajas, il a ôté à ces princes guerriers leur moyen d’expression favori : le droit de faire la guerre. Ceux-ci ont donc eu tout le loisir de se consacrer au plaisir et à la valorisation de leur image. La fin du Raj fut une époque bénie pour la création qui stimula, comme jamais auparavant, le talent des artisans indiens. C’est toute la richesse de cette production que propose aujourd’hui la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, en collaboration avec la Hutheesing Heritage Foundation. Les costumes des cours princières des derniers Maharajas se déclinent ici en une profusion de couleurs et de matières précieuses : or, argent, soie, brocart, broderies …  Une soixantaine de modèles et accessoires illustrent cette période où l’apparat tient lieu de langage officiel.

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing - Photographie : Dominique Cohas

Achkan d'enfant en velours et broderies d'or - Collection Deepak et Daksha Hutheesing © Photographie : Dominique Cohas

Même magnificence à Munich qui célèbre, après Londres, ces grands amateurs d’art et mécènes qui dirigèrent l’Inde. C’est à une véritable leçon d’Histoire que nous sommes conviés. L’exposition raconte les Maharajas du XVIIIème siècle jusqu’en 1947, date de l’indépendance indienne. C’étaient des chefs religieux, militaires et politiques avant que le colonisateur ne les relègue à l’unique fonction de mécènes et protecteurs des arts. Quelques 250 objets, tous plus somptueux les uns que les autres, retracent cette évolution. Une place importante est réservée aux bijoux, des bijoux d’exception. Rien d’étonnant à cela si l’on suit Rudyard Kipling pour qui Dieu avait créé les Maharajahs pour que l’Homme puisse connaître la splendeur des Palais et des Joyaux

Détail d'une toile représentant la procession de Maharao ram Singh II de Kota Kota - Victoria and Albert Museum V et A Images Victoria and Albert Museum, London

Aquarelle sur papier représentant la procession de Maharao Ram Singh II de Kota Kota - 1850 - Détail - Victoria and Albert Museum © Image Victoria and Albert Museum, London

le-collier-de-patiala1Le visiteur peut admirer des bijoux de turbans, des épées de cérémonie, des parures d’éléphants … Tous ces objets sont issus des métaux et pierres les plus précieux. On découvre également de somptueux tapis incrustés de perles, rubis, émeraudes et diamants. Il apparait également que par leurs commandes d’un luxe infini, les Maharajas participèrent activement au début du XXème siècle au développement et au rayonnement des plus prestigieux joailliers et des plus grandes maisons de luxe européennes. De fastueuses commandes furent passées aux maisons Cartier et Van Cleef & Arpels. Parmi ces commandes, celle de l’emblématique collier de Patiala, la plus importante jamais passée à Cartier. Ce collier de cérémonie comptait 2 930 diamants – dont le fameux De Beers – pour près de mille carats. Achevé en 1928 il symbolise le faste dans lequel vécut Bhupindar Singh, souverain de Patiala (Penjab). Arte a diffusé, il y a quelques années, un documentaire d’Yvon Gérault – aujourd’hui disponible en DVD – racontant l’histoire de ce joyau, disparu pendant plusieurs décennies puis restauré aussi fidèlement que possible, sans toutefois le précieux diamant De Beers.

Collier de Patiala

Collier de Patiala - Cartier, Paris 1928 - En 2002, restauration du collier avec de nouvelles pierres : platine, diamants, zirconia jaune, zirconia blanc, topazes, rubis synthétiques, quartz fumé et citrine © Cartier Collection

  • Exposition Maharaja : Pracht der indischen Fürstenhöfe / Maharaja : The Splendour of India’s Royal Courts – The Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung – Theatinerstrasse 8 – 80333 München – Allemagne   ››»  Du 12 février au 24 mai 2010
  • Exposition Les derniers Maharajas, costumes du grand Durbar à l’indépendance (1911 – 1947) – Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent – 5, avenue Marceau – 75116 Paris  ››»  Du 10 février au 9 mai 2010
  • Film documentaire Le collier de Patiala – Yvon Gérault – Idéale Audience – 2003 – Prix du documentaire historique au FIFAP à l’UNESCO en 2004

Portes ouvertes au centre de formation en bijouterie de l’AFEDAP

Mercredi 3 mars 2010

afedapSi les métiers du bijou vous intéressent, plusieurs organismes de formations existent en France.

Parmi ceux-ci, l’AFEDAP, l’Association pour la Formation et le Développement des Arts Plastiques, forme aux métiers de :

Bijoutier métier d’Art, Artisan, Ouvrier qualifié

Designer en bureau d’études (dessinateur, maquettiste)

Créateur indépendant (bijoux contemporain)

Les cursus proposés s’adressent à des adultes néophytes (à partir de 18 ans) cherchant une reconversion professionnelle ou à des professionnels de la bijouterie souhaitant acquérir de nouvelles connaissances et compétences.

Profitez des portes ouvertes qui auront lieu les 5 et 6 mars, de 10h à 18h30, pour vous informer et rencontrer les équipes pédagogiques et les élèves.

  • Portes ouvertes AFEDAP – AFEDAP – 15, rue Henri Murger – 75019 Paris
  • 5 et 6 mars 2010, de 10h à 18h30