Alfons Mucha ou l’art théâtral du bijou

Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha Mucha trust 2009

Lithographie La Princesse Hyacinthe - Alfons Mucha 1911 - Prague, Fondation Mucha © Mucha Trust 2009

De lui, nous connaissons surtout ses affiches, dont le style Art Nouveau est rapidement reconnaissable. Ce dessinateur de talent était aussi décorateur, illustrateur et peintre. Jusqu’au 20 septembre, le Musée Fabre de Montpellier lui rend hommage à travers une exposition qui réunit près de 280 de ses œuvres. Le visiteur y découvre une production foisonnante – allant de petits objets, de “bijoux d’artistes”, aux grands panneaux décorés – qui jalonne une vie hors du commun.

C’est grâce au succès immédiat d’une affiche exécutée pour une représentation théâtrale de Sarah Bernhardt, que Mucha va être lancé sur la scène artistique internationale et construire sa renommée.

Il deviendra l’affichiste exclusif de la Grande tragédienne et sera remarqué par Georges Fouquet, joaillier parisien alors soucieux d’innover dans la création. Fouquet, privilégiant l’originalité, voire l’exubérance, engagera avec Mucha une collaboration fructueuse. Sa première commande, en 1899, est destinée à Sarah Bernhardt. Il s’agit d’une reprise du bracelet de Médée relié par une chaînette à une bague également à tête de serpent.

En même temps, il lui propose de dessiner un ensemble de parures de tête et de corsages, de colliers de chien, de broches et de bagues pour le stand Fouquet de l’exposition universelle de 1900. D’une grande audace, rompant avec la représentation classique, mêlant l’émail et l’opale aux matériaux précieux, ces “bijoux d’artistes” exécutés dans les ateliers de Fouquet, séduisent la critique. Fouquet décide alors d’ouvrir une nouvelle boutique, rue Royale à Paris juste en face de chez Maxim’s, dont il confie la réalisation à Mucha. Le visiteur pourra admirer la reconstitution de ce lieu mythique que les Parisiens peuvent voir au Musée Carnavalet.

Ce focus sur les bijoux ne doit pas faire oublier le “temps fort” de l’exposition qui est la mise en scène des décors peints par Mucha pour orner le pavillon de la Bosnie Herzégovine à l’Exposition Universelle de 1900. A voir absolument cette exposition qui restitue la créativité foisonnante de la Belle Époque, dans tous les domaines.

  • Exposition Alfons Mucha – Musée Fabre – 39, bd Bonne-Nouvelle – 34000 Montpellier
  • Du 20 juin au 20 septembre 2009
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Pendentif en or, émail, nacre, opale, émeraude, pierres de couleur, peinture dorée - Georges Fouquet, vers 1900 - New York, Metropolitan Museum of Art, don de Eva et Michael Chow, 2003


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